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Une autre vie est possible?

Mardi 9 avril 2013 à 16 h 49 | | Pour me joindre

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« J’aimerais trouver les mots pour dire à quel point m’afflige la désespérance contemporaine. » C’est sur cette phrase que commence le plus récent essai de Jean-Claude Guillebaud.

Guillebaud n’aime pas le pessimisme ambiant. Pour lui, la désespérance contemporaine est un gaz toxique que nous respirons tous les jours, sans réfléchir.

J’ai dévoré son livre Une autre vie est possible. Son plaidoyer est vibrant et les idées sont fortes. Mais c’est vrai que par moment, on se demande si en voulant réenchanter le monde, on ne frôle pas l’angélisme.

Et je me dis que le malaise, il est précisément là. Pouvez-vous me dire pourquoi j’aurais une seconde d’hésitation à accepter qu’on me parle de retrouver l’espérance? Pourquoi accepte-t-on si aisément le cynisme? Pourquoi semble-t-on avoir si peur de l’espérance? Surtout dans nos médias?

J’ai rencontré Jean-Claude Guillebaud récemment. Une rencontre sympathique et inspirante. L’entrevue sera diffusée à Second Regard le dimanche 14 avril à 13 h 30.

Le pape venu de l’autre bout du monde

Mercredi 20 mars 2013 à 16 h 42 | | Pour me joindre

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Benoît XVI s’est retiré. Maintenant commence le pontificat de François. Certains s’enthousiasment. Enfin, disent-ils, un pape qui ne vient pas d’Europe. Un homme qui vient du Sud. Qui a vécu une autre réalité que celle du Vatican et de l’Italie.

Quand j’ai demandé au cardinal Turcotte si les cardinaux avaient pensé à ça en votant pour Bergoglio, il m’a répondu sans hésitation : «  Moi, oui. »

Au fil des ans, plusieurs observateurs m’ont dit que l’Église allait devoir un jour faire le geste, penser et passer au Sud. Eh bien, cette fois, les cardinaux l’ont fait.

C’est un moment historique, je crois. Est-ce une révolution? On verra. On m’a dit : « François ne va pas changer les évangiles. » Oui, mais on sait tous qu’il y a bien des manières de les interpréter. Cette fois, se pourrait-il que ce soit une voix plus humble qui lira la Bible?

ARGENTINA, Buenos Aires : Undated file photo of Argentina's cardinal Jorge Mario Bergoglio as he speaks during a ceremony in Buenos Aires.

Ça fait déjà une semaine. Depuis, il me semble que François n’a pas manqué de souligner l’axe de son pontificat. L’humilité et les moins nantis de ce monde.

On dit que le courant de la curie romaine est fort. Qu’il peut emporter les plus nobles intentions. On verra. Après tout, c’est la première fois que cette institution conservatrice devra écouter son chef venu de loin, de l’autre bout du monde.

Benoît XVI, une démission révolutionnaire?

Dimanche 17 février 2013 à 18 h 41 | | Pour me joindre

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Avec l’agonie de Jean-Paul II sur la place publique, nous avons tous eu le sentiment que lorsqu’un cardinal accepte de devenir pape, il donne sa vie pour de bon! Comme si un pape n’était plus tout à fait humain, frôlant l’univers de Dieu. De cet emploi, croyait-on, on ne peut pas démissionner. Dieu lui-même en dispose.

Benoît XVI vient peut-être de rendre un immense service à l’Église. En reconnaissant ses limites (peu importe si elles sont physiques, spirituelles ou autres), il extirpe le rôle du pape du royaume du divin. Le pape serait bien le premier des fonctionnaires de Dieu, mais un fonctionnaire. Un homme, quoi! (Pas encore une femme, mais ça, c’est une autre histoire).

Les conséquences pourraient être considérables. Demain, voudra-t-on mettre une limite d’âge au titre de pape? Après tout, tous les cardinaux et les évêques doivent rendre leur démission au pape le jour de leur 75e anniversaire. Et plus encore : même le cardinal le plus brillant perd son siège et son droit de vote au conclave le jour de son 80e anniversaire. L’Église reconnaît des limites à tous ces gens. Le pape, seul, fait exception?

On voudra maintenant que le pape soit toujours à la hauteur. Qu’il comprenne son époque. Qu’il ne perde pas connaissance face aux nouvelles technologies. On exigera peut-être qu’il fasse toujours preuve de leadership et de dynamisme.

Sinon, pourquoi rester? À bien y penser, je crois que la démission de Benoît XVI est révolutionnaire.

 

La démission de Benoît XVI

Mardi 12 février 2013 à 10 h 45 | | Pour me joindre

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Le 28 février à 20 h, Benoît XVI quittera ses fonctions. Nouvelle étonnante. Rarissime événement. Ça fait certainement partie de l’héritage qu’il laisse à l’Église.

En principe, donc, à compter du 28 février, se mettra en branle tout ce que la constitution apostolique prévoit en cas de vacance du Saint-Siège. Et la constitution prévoit pas mal de trucs. Il y aura des congrégations générales, des cérémonies officielles, des messes, des homélies sur des sujets qui préoccupent l’Église et, en principe, entre le 15 et le 20 mars, les travaux du conclave vont débuter.

Un univers qui nous échappe

Les préparatifs vont énerver pas mal de gens. À commencer par les médias qui, dans bien des cas, vont devoir se dépatouiller avec le vocabulaire du Vatican, les protocoles, les symboles et… les cardinaux, ces princes de l’Église.

Quel est leur rôle? Pourquoi parle-t-on de certains cardinaux, mais pas des autres? Qui sont ces papabili?

Mais enfin, à partir de maintenant, dans cet univers mystérieux, peu de gens parleront publiquement. Le silence va bientôt s’étendre sur ce monde étrange qui, parfois, semble échapper au temps.

Bientôt, dans l’envoûtante chapelle Sixtine, une centaine de cardinaux seront réunis en prière, à attendre que le Saint-Esprit leur vienne en aide. Ils ont été créés pour ce moment précis : choisir le successeur.

La vraie question est simple. Comment cette centaine d’hommes voit-elle le monde aujourd’hui? Et comment imaginent-ils l’avenir?

Le temps présent

Vendredi 8 février 2013 à 14 h 53 | | Pour me joindre

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Notre époque privilégie le temps présent. Le tout, tout de suite, maintenant. On vit dans l’immédiat, le nez collé sur le présent. C’est dans l’air du temps, non?

C’est même une source d’inspiration spirituelle profonde, vous ne trouvez pas? Je pense à ces courants spirituels qui nous enseignent que trop souvent nous demeurons coincés dans la mélancolie des jours passés. Des nostalgiques, nous serions. On en oublierait de vivre pleinement l’aventure de notre vie. Alors, oublions tout et vivons maintenant?

Personnellement, je ne connais pas beaucoup de gens capables de vivre entièrement, totalement dans le présent. Notre passé nous rattrape. Et nous fabrique, d’ailleurs.

Et par ailleurs, faut-il oublier l’avenir? Parce que, disons-le comme ceci, comment une société peut-elle construire de l’espoir si elle a perdu le goût de l’avenir? C’est bien dit, non? C’est de l’auteur Jean-Claude Guillebaud.

Vivre uniquement au temps présent? Il manque quelque chose à l’équation « vie ».

Prendre le temps à Second regard!

Cette semaine, mon collègue Jean-Louis Boudou aborde le rapport que nous entretenons avec le temps! Sujet fascinant et inépuisable.

Nous aurons même droit à un extrait d’une entrevue avec Albert Jacquard qui, un jour, m’a dit (en paraphrasant saint Augustin) : « Je sais que si rien ne se passait, il n’y aurait pas de temps passé. »

Quelle phrase extraordinaire!

Changer le monde

Vendredi 1 février 2013 à 13 h 33 | | Pour me joindre

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Qui n’a pas rêvé de changer le rythme de sa vie? Qui n’a pas rêvé de donner un sérieux coup de pied à ses habitudes? Pour se réapproprier ses jours, ses semaines, sa vie. Pour retrouver une harmonie perdue.

Dans les années 70, on a appelé ça le retour à la terre. On écoutait les Séguin. On consommait du macramé. Et je pense que pour un instant, on a cru, on a vraiment cru que nous allions réinventer le monde! Oui monsieur! J’ai 56 ans. Et j’y ai cru.

Que peut-on retenir de cet épisode? Que nous étions jeunes, fous et irresponsables? Le temps a fait son œuvre et nous a ramenés à la raison?

Dommage d’en tirer une si maigre leçon. Personnellement, j’ai gardé en moi l’idée que changer le monde, c’est possible. Et d’ailleurs, j’ai une primeur : le monde change. Maintenant. Tous les jours. Souvent profondément!

Cette semaine à Second regard, Jean Bédard. Vous connaissez?

Bédard est travailleur social. Et aussi, auteur et philosophe. Il habitait sur le bord du fleuve avec une femme qu’il aime et tout. Et puis, du jour au lendemain, ils ont tout vendu pour vivre un truc fou. Une ferme, des chèvres, des dindes, un cheval. Et surtout, une sorte d’émerveillement contagieux. Entre son potager et l’utopie!

Ça se voit dans ses yeux : Jean Bédard redécouvre ce qui l’entoure. Une sorte de réappropriation de la réalité qu’on a tendance à ne pas voir.

C’est fou, son truc? Pas tant que ça. Pensez à ceux qui ont changé leur mode de vie en s’inspirant de la simplicité volontaire. Pensez à ceux qui, on les voit dans les allées de nos épiceries, lisent les listes d’ingrédients sur les boîtes de céréales. Pensez à ceux qui achètent du bio quand on leur en donne le choix.

Marginaux? Probablement. Mais une réalité quand même. Comme l’auteur Jean-Claude Guillebaud dirait, une autre vie est possible.

 

Jean Bédard, à Second regard, dimanche, 13 h 30. C’est mon inestimable collègue Jean-Louis Boudou qui a rencontré Jean Bédard.

 

Guy Corneau, vivant

Vendredi 25 janvier 2013 à 16 h 13 | | Pour me joindre

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Guy Corneau est un psychanalyste bien connu. Et c’est de notoriété publique, à deux reprises, il a sérieusement frôlé la mort. Colite ulcéreuse et plus tard un cancer, grade 4.

Récemment, il me disait : « Moi, j’ai vécu 30 ans de maladie chronique. On ne peut pas dire que c’est une partie de plaisir. Il y a bien des moments qui ne le sont pas du tout. »

De la plus récente épreuve, il a tiré une réflexion étonnante. Au milieu des traitements de chimiothérapie, ce n’était pas tant la mort qu’il craignait. Mais plutôt l’idée de survivre au cancer. Vivre, oui. Mais pour faire quoi?

Pour Guy Corneau, nous sommes des créateurs de sens. Nous avons besoin de donner du sens aux événements, à nos émotions, à ce qui nous arrive. Pour lui, le cancer aura été une occasion de prises de conscience, d’engagements et de changements.

Peut-être est-ce le propre du psychanalyste que de rechercher le sens des choses. Mais sincèrement, il y a des moments où le sens, on a bien du mal à le trouver.

J’ai une amie qui est décédée du cancer cet été. Jeune quarantaine. Cancer du sein. Rechute fatale. J’ai bien du mal à trouver un sens à son cancer.

Je vous ai déjà parlé de ma mère qui est décédée de la maladie d’Alzheimer. Je n’ai toujours pas trouvé le sens à cette sale maladie.

En fait, je crois que Guy Corneau a raison : nous sommes des créateurs de sens. Nous avons du mal à imaginer une vie, un monde, un univers qui n’aurait pas de sens.

Mais je me demande si, parfois, nous ne sommes pas prêts à inventer le sens plutôt que d’accepter le vide, l’absence, le hasard, l’absurde.

Guy Corneau est à Second regard, dimanche. Vous allez voir, il est serein et bien vivant!

Mourir ou ne pas mourir

Vendredi 18 janvier 2013 à 11 h 22 | | Pour me joindre

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Peu de pays ont ouvert la porte à l’euthanasie, le suicide assisté ou, comme on le dit maintenant, l’aide médicale à mourir. Le sujet soulève bien des débats.

Et des craintes. « Oui, mais quand je serai vieux, est-ce qu’on n’aura pas tendance à mettre deux tonnes de pression sur mes frêles épaules pour que j’opte pour une sortie de scène rapide plutôt que de me placer dans un foyer où il faudra venir me voir tous les dimanches, s’occuper de moi, peut-être même me nourrir, endurer mes pertes fabuleuses de mémoires, assister à ma déchéance et tout? » L’argument a maintes fois été entendu. Il y beaucoup de craintes comme celle-là. Dites-moi qu’elles ne sont pas valables.

Le Québec est entré dans un débat délicat. Le printemps dernier, la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité ouvrait la porte à une aide médicale à mourir. Cette semaine, ce sont les experts juridiques qui ont soufflé dans les voiles de la commission. Un projet de loi sera déposé et débattu à l’Assemblée nationale d’ici peu.

Une toute petite porte

On dit qu’on ouvre une toute petite porte. Avec plein de balises. Pour résoudre des cas précis et rarissimes. Une toute petite porte. N’empêche qu’on ouvre un vaste débat. Qu’est-ce que la souffrance? Quand devient-elle insoutenable? Qui peut en juger? Et qui peut juger de la manière de vivre et de mourir?

Et puis viendront d’autres questions. Pourquoi celui-ci aurait-il accès à une aide médicale pour terminer une vie de malheur que lui inflige un épouvantable cancer, et pas l’autre, dont les jours et les nuits ne sont tapissés que de désespoir… sans être un cancer?

Il y a consensus au Québec, dit-on. C’est étonnant, quand on pense à la complexité et à la gravité des questions soulevées. La vie. La mort. La souffrance.

M’est avis que le débat ne fait que commencer.

La conversion d’Ani Lodro

Vendredi 11 janvier 2013 à 11 h 54 | | Pour me joindre

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Il y a, en ce bas monde, 350 millions de bouddhistes. Certains diront que, finalement, c’est fort peu si on compare au milliard de musulmans et aux deux milliards de chrétiens. Mais ce qui frappe, c’est le rayonnement du bouddhisme.

C’est peut-être l’effet du dalaï-lama? Un charisme exceptionnel. Un sourire invitant. Une simplicité désarmante.

Mais, disons-le franchement, nous ne connaissons pas beaucoup le bouddhisme. On y puise des techniques de méditation et quelques paroles de sagesse. Et ça nous convient.

Le bouddhisme est apparu sur nos écrans radars au moment où nous en avions besoin. Avec un discours souple. Une proposition de spiritualité avec peu d’obligations. Bref, quelque chose de peu contraignant. Parfait pour nos sociétés qui ne pouvaient plus endurer la rigidité de l’Église catholique.

Mais enfin, comment expliquer le rayonnement du bouddhisme dans nos sociétés occidentales qui n’ont pas le profil ni la sagesse du bouddha?

Ani Lodro, la conversion d’une Québécoise

Dimanche, à Second regard, toute notre émission tourne autour du bouddhisme. Notre collègue Catherine Mercier, à Beijing, nous parle du regain de popularité du bouddhisme en Chine, étrangement au moment où l’on ne compte plus les moines qui s’immolent pour la cause du Tibet!

On vous présentera brièvement Lama Samten qui a quitté à pied le Tibet et qui habite maintenant la région de Québec.

Mais surtout, je vous propose de rencontrer une Québécoise qui a fait le choix de devenir nonne bouddhiste. On la connaissait sous le nom de Danièle Lamoureux. Aujourd’hui, c’est Ani Lodro. Une rencontre chaleureuse qui nous permet de mieux comprendre l’impact du bouddhisme dans le cœur de certains d’entre nous.

Second regard, dimanche, 13 h 30

Gazouillis papal

Mercredi 12 décembre 2012 à 16 h 05 | | Pour me joindre

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Eh oui! Depuis mercredi matin, 5 h 35, Benoît XVI gazouille. Le pape est maintenant sur Twitter.

Ma première réaction : Benoît XVI est l’antithèse de Twitter. Tenez, encore mardi, je lisais son plus récent motu proprio qui touche la charité catholique. Je m’y suis pris à deux fois. C’est que Benoît XVI est un homme de détails, de précision. Alors, je me suis dit, 140 caractères, ce n’est pas pour lui.

Au Vatican, au contraire, on s’enthousiasme. La plupart des versets de l’Évangile ne dépassent pas 140 caractères, fait-on remarquer. Twitter serait-il donc un formidable outil d’évangélisation?

De toute manière, en ce début de troisième millénaire, il faut faire court. Il faut faire preuve de concision. Aller droit au but. À l’essentiel. Oui… peut-être… pourquoi pas? C’est clair que ça va faire plaisir à beaucoup de gens. Bientôt un million de personnes suivront Benoît XVI sur Twitter. Succès assuré, je vous dis.

L’Église avait besoin de moderniser sa manière de communiquer avec le vaste monde qui carbure à Google, Facebook, Twitter, textos et autres. Et personne n’est dupe. On a compris que ce n’est pas Benoît XVI qui va gazouiller chaque jour. Alors, il n’y a pas de mal.

Je suis allé voir les messages du dalaï-lama. Hé! Cinq millions d’abonnés. Néanmoins, j’ai eu un petit, tout petit doute. Avec 140 caractères, est-ce que les tweets de Benoît XVI et du dalaï-lama ne risquent pas de devenir de jolies pensées du jour? Courtes, concises, jolies. De quoi bien démarrer votre journée!

Un peu court, non, pour la pensée des plus grands chefs spirituels de ce monde?

@pontifex_fr (pour les francophones). Je suis abonné. On verra.