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Mariage gai, Obama et l’Église

Jeudi 10 mai 2012 à 16 h 29 | | Pour me joindre

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La position du président Obama était ambiguë, dit-on. Elle ne l’est plus. Mercredi, dans une entrevue accordée au réseau ABC, le président est arrivé à la conclusion que, pour lui, « il était important de déclarer que les conjoints de même sexe devraient pouvoir se marier ».

Toute une déclaration! C’est la première fois qu’un président américain, à titre personnel, défend une telle idée. Elle ne manquera pas de faire réagir. Déjà, le cardinal Dolan, de New York, a affiché son mécontentement et prévenu Obama que les catholiques ne demeureront pas silencieux.

« J’ai hésité sur la question du mariage gai notamment parce que je croyais que le mariage civil était suffisant. » Mais l’institution du mariage est un symbole puissant, chez nos voisins du sud. Et l’opinion du président a évolué. (L’expression n’est pas de moi, mais du président).

D’ailleurs, le New York Times souligne le fait qu’il n’y a pas que le président américain qui change d’opinion sur cette question. L’appui grandissant des Américains au mariage entre conjoints de même sexe étonne même les maisons de sondages. « Les générations plus âgées qui ont tendance à s’y opposer fortement sont supplantées par les plus jeunes qui, elles, y sont fortement en faveur. »

Réaction catholique

Depuis un moment, aux États-Unis, on sent un virage à droite de l’Église de Benoît XVI. Réforme de la santé d’Obama, la mise sous tutelle de la plus importante organisation de religieuses américaines, le débat sur la liberté de religion, etc.

La frange conservatrice des catholiques américains, déjà bien mobilisée, doit déjà fourbir ses arguments. On le devine, ce sera bientôt le sujet de nombreuses homélies dans les églises catholiques. Préparez-vous, ça va faire du bruit entre deux prières.

Habemus papam… et vous?

Lundi 7 mai 2012 à 10 h 19 | | Pour me joindre

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J’ai revu Habemus papam. Cette fois, sans crayon ni papier. Pour le plaisir. Première constatation : c’est vrai que prendre des notes dans la noirceur d’une salle de cinéma, ce n’est pas toujours évident. Ce qui fait que, la semaine dernière, dans mes notes, le psy est devenu psychiatre alors que Moretti tient le rôle du psychanalyste. Scusi!

Aussi, c’est vrai qu’on peut considérer le film de Moretti comme un simple divertissement, une comédie légère. Mais personnellement, j’y vois une réflexion plus sérieuse. Par exemple, j’ai un collègue qui trouvait lassant le tournoi de volleyball. Moi, au contraire, j’ai beaucoup rigolé. Et surtout, j’y ai vu une superbe métaphore.

Le tournoi de volleyball

Dans le scénario, pour désennuyer les cardinaux, le psychanalyste organise un tournoi de volleyball. Pour les équipes, il propose de les regrouper par continents.

Ai-je trop d’imagination? Peut-être, mais j’ai vu là toute la problématique de la géopolitique du collège des cardinaux qui, en principe reflétant la catholicité du monde, ont la responsabilité d’élire le souverain pontifie. Or, le collège des cardinaux est loin de refléter la réalité catholique. Par exemple, la majorité des catholiques se trouvent dans les pays du Sud. Pas la majorité des cardinaux.

Dans Habemus papam, un cardinal italien propose que les Italiens soient tous regroupés dans la même équipe. Le psychanalyste lui répond « mais non, les Italiens sont trop nombreux »! Il a bien raison, le psy. Dans la réalité, les cardinaux italiens représentent 25 % de tous les cardinaux-électeurs! Rien à voir avec la réalité catholique. Les cardinaux brésiliens, le plus grand pays catholique? 5 %.

Benoît XVI?

Enfin, ce film n’est pas une charge à fond de train contre le pontificat de Benoît XVI, mais son pontificat n’est pas épargné non plus. Pensez à la toute fin du film quand Michel Piccoli, vêtu en pape, parle de l’Église qui a besoin de grands changements.

Si le film n’avait rien à voir avec le pontificat de Benoît XVI, pourquoi alors situer l’action au moment du décès de Jean-Paul II? Ça nous place à un moment précis de l’histoire. En le faisant, Nanni Moretti nous offre un questionnement : et si, en 2005, les choses s’étaient déroulées autrement…

Et pour vous, Habemus papam? Simple divertissement ou réflexion?

Habemus papam!

Mardi 1 mai 2012 à 13 h 56 | | Pour me joindre

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C’est le titre du plus récent film de Nanni Moretti. L’histoire : après le décès du pape, les cardinaux réunis en conclave ont choisi le nouveau souverain pontife. Au moment où, du haut du balcon, le cardinal protodiacre s’apprête à lancer le célèbre Habemus papam (« nous avons un pape »), l’élu perd les pédales et court se réfugier dans la chapelle Sixtine. (Quel scénario! Et quel acteur, Michel Piccoli!)

Là, commence toute une réflexion sur… sur quoi, au fait? Sur la nature de la papauté? Le poids inhumain de sa charge? Sur les cardinaux? Personnellement, je crois que c’est plus que ça.

Moretti situe l’action du film à un moment très précis : le décès de Jean-Paul II. Pas de n’importe quel pape. Jean-Paul II. D’ailleurs, au début du film, Moretti utilise des images d’archives. Si bien que si on ne se souvient pas du visage des cardinaux de 2005, on ne se rend pas compte qu’après quelques minutes, on a quitté les images d’archives pour entrer dans la fiction de Moretti.

Tout le scénario se passe donc entre le décès de JPII et l’annonce du nouveau pape.

À mon avis, la proposition métaphorique de Moretti est simple : l’Église a besoin de changements. Le pape que les cardinaux auraient dû élire devait être un homme de changement. Celui qui a été élu… aurait bien fait de refuser le poste. 

Je ne veux surtout pas tout dévoiler. Alors, je vous propose qu’on s’en reparle la semaine prochaine. Vous me direz ce que vous y avez vu? Habemus papam… une fiction ou commentaire sur l’état de la papauté et de l’Église catholique aujourd’hui?

 

Note de bas de page. J’ai beaucoup aimé. Des moments jouissifs et drôles, des acteurs magnifiques, des images splendides. Et dire que nous sommes passés à un cheveu de rencontrer Moretti, l’été dernier!

Benoît XVI

Dimanche 22 avril 2012 à 13 h 20 | | Pour me joindre

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Je me souviens du moment où Joseph Ratzinger a été élu, il y a sept ans. J’étais en ondes, en direct, à RDI. Nous attendions la fumée qui allait sortir de la chapelle Sixtine où les cardinaux étaient réunis en conclave. Équation simple : fumée noire, pas de successeur. Fumée blanche… habemus papam!

Le plus difficile dans cet exercice, c’est que la fumée semble toujours grise! Mais enfin…

 

Habemus papam

Après la fumée blanche, il y a de longues minutes qui s’écoulent avant que, du balcon, place Saint-Pierre, on vienne nous annoncer le nom du successeur. Pendant ces longues minutes d’attentes, les spéculations vont bon train. Je me souviens du commentaire d’un homme d’Église très respecté : pourvu que ce ne soit pas Joseph Ratzinger!

Ratzinger! Pas possible. À quoi pensaient donc les cardinaux? Après tout, Ratzinger avait été le gardien de la doctrine de la foi catholique. Intransigeant personnage! À l’époque, on prédisait la fin du monde. Ou de l’Église.

Puis, on a dit que ce serait un pontificat de transition, un beau moment de calme après le quart de siècle turbulent de Jean-Paul II. Quelle erreur!

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Surprenant Benoît XVI

Il faut reconnaître une chose : jusqu’ici, le pontificat de Benoît XVI a été surprenant. Il a voyagé beaucoup plus qu’on ne le prédisait. Il a posé des gestes symboliques puissants. Il est entré dans une synagogue (en Allemagne!), il a prié dans une mosquée (à Istanbul).

Et puis il a posé des gestes franchement politiques. Ratzinger, politique?!? Que oui! Je pense à sa présence en territoires occupés, une image étonnante. Ou encore quand, en se rendant à Cuba, il a soutenu que le marxisme n’était plus pertinent.

Et il a provoqué des débats gigantesques. Sur la violence et la religion et… l‘Islam (non, je ne crois pas une seconde que c’était une erreur de communication); sur l’utilisation du condom (en se rendant en Afrique); sur l’homosexualité (un péril pour l’humanité?), etc.

Et devant les interminables scandales de prêtres pédophiles, il a répété son indignation, rencontré des victimes, blâmé les agresseurs et l’Église pour sa piètre gestion de la crise (je pense particulièrement à sa lettre aux Irlandais). Dossier toujours ouvert. À suivre.

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Un virage à droite?

Mais voilà, depuis quelques mois, on a l’impression que quelque chose a changé. Tout semble plus… tranquille? Benoît XVI vient d’avoir 85 ans. On le voit bien, il est fatigué. Ce qui semble réapparaître, c’est un virage à droite que les coups d’éclat ne masquent plus.

L’accueil réservé aux ultraconservateurs, la mise sous tutelle de la plus importante association des religieuses aux États-Unis, la bataille du clergé américain contre la réforme de la santé du président Obama, la mise en doute de ceux qui disent « L’Église, c’est nous », etc. 

Comme si le pendule du pontificat de Benoît XVI était passé par la gauche (ou presque) pour revenir… à droite au bout de sept ans.

 Et vous, que retenez-vous du pontificat de Benoît XVI?

Chasse aux sorcières?

Vendredi 20 avril 2012 à 14 h 04 | | Pour me joindre

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On apprenait cette semaine que le Vatican avait ni plus ni moins placé sous tutelle une organisation qui regroupe des religieuses américaines, la Conférence des supérieures des religieuses catholiques des États-Unis (Leadership Conference of Women Religious). Au Vatican, on connaît très bien cette organisation qui représente 95 % de toutes les religieuses américaines, soit 68 000 femmes.

Depuis des années, cette association de religieuses inquiète les autorités de l’Église. Officiellement, ce qui accroche ce sont leurs discours sur le sacerdoce des femmes, sur l’homosexualité et la primauté de la foi catholique.

Un exemple. En 1977, la Conférence des supérieures des religieuses catholiques des États-Unis a publiquement dénoncé l’idée que le sacerdoce était réservé aux hommes. Au Vatican, on ne l’a pas oublié. Trente-cinq ans plus tard, on reproche à ces femmes non seulement d’espérer un jour avoir accès au sacerdoce, mais aussi de ne pas faire la promotion de la position officielle de l’Église,  un sacerdoce réservé aux hommes.

 

Enquête et mise en tutelle 

Féminisme radical, discours pas très catholiques, différents doctrinaux… Il y a quelques années, le Vatican a déclenché deux enquêtes sur l’association. Cette semaine, le cardinal Levada, le patron de la Congrégation pour la doctrine de la foi (anciennement l’Inquisition) a nommé un archevêque pour revoir et solidifier l’organisation de la LCWR. Terminées, les rencontres annuelles de ces femmes où elles accueillaient des conférencières qui osaient s’opposer aux hommes de Rome sur des questions comme la sexualité. Finis ces discours qui montraient de douteux et graves manquements à l’obéissance.

Ça ressemble à une mise en tutelle. Des hommes prennent maintenant le contrôle et mettront au pas cette organisation de religieuses. Certains diront, c’est le retour de la chasse aux sorcières?

 

Le monde de la politique

Dans toute cette affaire, il y a un élément qui me semble troublant. En fait, il y en a plusieurs, mais enfin…

En mars 2010, la Conférence des supérieures des religieuses catholiques des États-Unis appuyait publiquement la réforme de la santé du président Obama. Oh la la! La confrontation est tellement évidente. Parce que la conférence des évêques américains, elle, a déclaré la guerre à la réforme Obama. Ça fait les manchettes régulièrement aux États-Unis.

La position des religieuses dérange les évêques américains.  À tel point que la Congrégation pour la doctrine de la foi, cette semaine, a pris le soin de rappeler que l’autorité en matière de foi et de morale… ce sont les évêques. Pas les religieuses!

Rarement, dans l’histoire récente, a-t-on vu le Vatican clamer aussi nettement l’autorité indiscutable des hommes dans son institution.

Le novice et moi

Lundi 16 avril 2012 à 9 h 32 | | Pour me joindre

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Le novice, Thich Nhât Hanh, Le jour

Avez-vous entendu parler du dernier livre de Thich Nhât Hanh, Le novice? Un succès, dit-on.

 Un roman…

Le roman de Thich Nhât Hanh raconte l’histoire de Kinh Tam qui mène une vie enrichissante au monastère Dharma Cloud. L’aspect extraordinaire c’est que Kinh Tam est une femme qui cache son identité pour vivre la vie de moine dont elle rêvait. Mais le fond de l’affaire c’est que Kinh Tam est victime de plusieurs injustices. Par la compassion et le travail propre au bouddhisme, jamais elle ne cherchera vengeance ou même à confronter ceux qui lui ont fait du tort. Plutôt, elle offre amour et compassion. 

Le roman de Thich Nhât Hanh est fascinant en ce sens qu’il nous montre bien, je crois, ce sur quoi misent les bouddhistes. La compassion. S’oublier au profit de l’autre. Même (et surtout?) au profit de ceux qui ne nous veulent pas du bien!

Davantage bouddhiste?

On entend souvent des gens dire qu’ils se sentent davantage bouddhistes que catholiques, malgré leurs origines. Ça se dit bien, mais…

J’ai eu le plaisir de rencontrer quelques bouddhistes dans ma vie. Tibétains, Français, Américains, Népalais et évidemment des Québécois. Des rencontres vraiment enrichissantes. La dernière fois, c’était au Népal. Mais j’ai eu beau me concentrer, faire appel à la compassion, travailler la méditation… je suis quand même arrivé à la conclusion que je ne serai jamais bouddhiste. Probablement.

Moi, à la place du novice, dans le roman de Thich Nhât Hanh, j’aurais trouvé un avocat et potentiellement entrepris un recours juridique. Je n’aurais pas été en mesure de dire à ceux qui voulaient bousiller ma vie combien je les comprends et combien je les aime.

Je ne serai probablement jamais bouddhiste, mais j’apprécie ce qu’ils m’enseignent. Ils enrichissent mes réflexions. Et qu’en sais-je? Peut-être sont-ils en train de me transformer au fil de mes lectures et de mes rencontres. Me transformer lentement. Très lentement.

Mais enfin… je crois que le roman de Thich Nhât Hanh est une magnifique fenêtre ouverte sur un univers qu’on croit comprendre. En tournant les pages, on constate à quel point il faut être patient pour entreprendre la route qui mène à la sagesse bouddhiste. Du moins, pour certains d’entre nous.

 Tiré du site officiel de Thich Nhât Hanh :

Thich Nhât Hanh est né le 11 octobre 1926 à Thua Thien (Vietnam central). Moine bouddhiste vietnamien militant pour la paix. Écrivain, poète, inlassable défenseur de la paix, il figure parmi les personnalités les plus engagées du bouddhisme dans le monde occidental après le dalaï-lama.

Réussir?

Vendredi 13 avril 2012 à 10 h 07 | | Pour me joindre

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Jacques Ménard, banquier de profession, a publié récemment un livre qui porte un titre tout simple, Réussir. Jacques Ménard a rencontré une vingtaine de personnalités de tous les horizons. Jean Béliveau, le Dr Gilles Julien, Alexandre Despatie, Felipe Alou, Julie Payette, le cardinal Turcotte, Ricardo Larrivée et… Céline Dion.

Ils ont en commun une chose qui nous semble évidente : la réussite.

Mais de quelle réussite parle-t-on? Affaires? Amour? Amitié? De quoi parle-t-on au juste? Pas si évident.

« Lorsqu’on est jeune, on est souvent attaché aux choses que l’on peut compter », nous dit Kent Nagano. « C’est beaucoup plus tard que l’on se pose naturellement cette question : est-ce que j’ai réussi ma vie? »

Elle n’a l’air de rien, la question de Nagano, mais c’est une « sacrée » question. En fait, je me demande si ce n’est pas LA question. Le jour où vous vous dites « ai-je réussi ma vie? », c’est fou à quel point un tas de trucs qui nous semblaient tellement importants disparaissent dans le rétroviseur.

David Suzuki

Le personnage qui m’a le plus touché dans ce livre, c’est David Suzuki. Il dit plein de choses intelligentes et intéressantes et à la toute fin de l’entretien avec Jacques Ménard, il nous balance deux paragraphes qui nous touchent dans nos émotions, là où devrait se trouver quelque chose qui se nomme « humilité ».

J’espère que monsieur le banquier ne m’en voudra pas, je résume les propos de Suzuki.

« Ma mère est l’une des personnes les plus merveilleuses que j’aie connues. C’est elle qui était la colonne vertébrale de notre famille. J’ai commencé à réaliser cela lorsqu’elle a été atteinte de la maladie d’Alzheimer. […] Mes enfants l’ont connue eux aussi. Mais quand ils vont disparaître, ma mère va disparaître avec eux, sa mémoire n’aura survécu que deux générations.

« Dans ce contexte, qui suis-je pour m’imaginer quoi que ce soit? Ma mère était une géante. […] Et pourtant, elle sera bientôt oubliée… Vu comme ça, qu’est-ce que la réussite? »

Touché, Monsieur Suzuki!

Réussir de L. Jacques Ménard, VLB éditeur

 

N.B. — J’ai rencontré L. Jacques Ménard. L’entrevue sera diffusée éventuellement à Second regard. Je vous ferai signe.

Revenir à la foi?

Mercredi 11 avril 2012 à 16 h 28 | | Pour me joindre

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Un article intéressant du USA Today. À la une du quotidien! « Revenir à la foi » (Back to faith). Je ne suis pas certain de ma traduction. Peut-être devrions-nous dire « Revenez à la foi ». C’est plus impératif. Plus américain, je dirais. Mais enfin…

L’article de Cathy Lynn Grossman parle de ces Américains qui redécouvrent leur foi. Des témoignages où on raconte comment, après des années d’abandon, certains sentent la vacuité et le besoin de revenir à l’Église. Et, apparemment, ce n’est pas un truc paradoxal comme on le voit si souvent dans les sociétés sécularisées où les églises sont pleines à craquer à la messe de minuit ou à Pâques… et vides le reste de l’année. Bon nombre de ceux qui reviennent auraient l’intention de rester. Pour de bon?

Dans cet article du USA Today, on nous raconte que selon un sondage (Pew Forum on religion & public Life), « la moitié des Américains ont déjà changé de religion au moins une fois dans leur vie. Mais seulement 9 % des adultes sont revenus à la pratique religieuse et aux prières ». Seulement 9 %, dites-vous?!? Mais… 9 %, c’est considérable. C’est énorme, non? 

Remarquez, ça ne change rien aux statistiques qu’on utilise habituellement. Par exemple, quand on dit que 25 % des Américains sont catholiques. Ça, c’est le reflet des baptisés. Pas de ceux qui pratiquent activement leur religion. Ce qui soulève une question que nous avons déjà abordée : qu’est-ce qu’être catholique? Être baptisé? Ou pratiqué activement sa religion?

La photo à la une du USA Today

 

* « Come back to faith », USA Today, 9 avril 2012.

Xavier et les nouveaux chrétiens

Jeudi 5 avril 2012 à 15 h 53 | | Pour me joindre

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Je vous ai parlé à quelques reprises de ceux que je surnomme « les nouveaux chrétiens ». Des croyants qui, malgré les désaccords, ont fait le choix de rester dans l’Église.

Ils ont parfois d’étranges et sympathiques slogans. Par exemple : « Ne rien demander, tout espérer. » Ou encore : « Ne pas partir, ne pas se taire. » Ils sont croyants. Souvent en rupture avec l’institution. Ils veulent affirmer leur foi et faire les choses autrement. 

Xavier

Ça fait 15 ans qu’à Second Regard, nous suivons Xavier Gravend-Tirole. À l’époque, il avait 21 ans. Il parlait ouvertement de sa foi chrétienne. Depuis, Xavier a fait des études en théologie. Montréal, Lausanne, Boston. Un personnage fascinant!

Tout récemment, Xavier me disait un truc que j’ajoute à la liste des slogans révélateurs de ces nouveaux chrétiens. Il me disait : « L’Église, c’est nous. » Autrement dit :« L’Église, ce n’est pas le Vatican, c’est nous! On n’a pas à attendre de permission. On a le droit de s’affirmer. Et en le faisant, on change l’Église. » Et enfin : « Le plus important, ce n’est pas le Vatican. C’est la foi. »

Vraiment sympathique. Et ça soulève des questions. Par exemple, quand on croit à l’égalité entre les hommes et les femmes, comme valeur fondamentale, « L’Église, c’est nous », est-ce suffisant pour faire avancer les choses?

 J’ai revu Xavier récemment pour la publication de son premier roman, Lettres à Kateri, publié aux éditions Le Jour. L’entrevue est diffusée dimanche. Vous allez voir, il est dynamique, convaincu, entier. Quelque chose me dit qu’on entendra souvent parler de Xavier.

Xavier Gravend-Tirole

La 24e recommandation

Dimanche 1 avril 2012 à 11 h 45 | | Pour me joindre

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La Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité a rendu public son rapport. Vingt-quatre propositions qui ouvrent la porte à l’euthanasie, à l’aide médicale à mourir. C’est la 24e recommandation qui m’intéresse. La voici :

 La Commission recommande qu’un comité mixte d’experts soit créé sous l’égide du Collège des médecins du Québec afin d’étudier la possibilité pour une personne atteinte d’une démence causée par une maladie dégénérative du cerveau de faire une demande anticipée d’aide médicale à mourir.

Qu’ont de particulier les maladies dégénératives du cerveau pour que la commission propose un traitement à part, une étude plus spécifique? Je crois qu’une partie de la réponse se trouve dans l’angoisse et la peur qu’elles inspirent.

Douleur et souffrance

Des experts soutiennent que ce n’est plus tellement la douleur qui nous porte à penser à une aide à mourir. La douleur, me dit-on, on peut s’en occuper. Mais la souffrance? La détresse?

Alzheimer et Parkinson, pour ne nommer que ces deux-là, font partie de ces terribles maladies du cerveau qui remettent tant de choses en question. Elles s’attaquent, dit-on, à notre identité, à ce que nous sommes.

Une des difficultés, avec ces maladies, c’est précisément qu’elles sont dégénératives. Aujourd’hui, peut-être que ça va. Mais demain? Tantôt? Bientôt? Et voici donc que se pointe le principe de la demande anticipée d’aide médicale à mourir. Prévoir. Prédire. Se faire entendre avant qu’il ne soit trop tard. En espérant que plus tard on prendra au sérieux vos volontés écrites, notariées, renouvelées.

Le sens et l’absence

La recommandation no 24 ouvre la porte sur un vaste domaine où se croisent le sens, l’absence, la peur, l’angoisse et l’incertain. Se trouvent ici toute la pertinence, toute la profondeur du débat sur l’euthanasie.

Alors… dans les cas de maladies dégénératives du cerveau, doit-on permettre de faire une demande anticipée d’aide médicale à mourir?