Billets classés sous « Washington »

Donald Trump annonce qu'il se lance dans la course à l'investiture républicaine.
Donald Trump annonce qu’il se lance dans la course à l’investiture républicaine.

Donald Trump, le magnat de l’immobilier de New York, est la saveur politique du mois aux États-Unis. Depuis l’annonce de sa candidature à l’investiture républicaine, à la mi-juin, il tire dans toutes les directions. Pour l’instant, cette stratégie semble lui rapporter, au risque de faire des victimes.

Ses déclarations intempestives sur l’immigration en général, et sur celle en provenance du Mexique en particulier – qui amène, selon Trump, des meurtriers et des violeurs – ainsi que son intention de construire un mur entre le Mexique et les États-Unis ne l’empêchent pas de marquer des points.

Au contraire, un sondage Suffolk University/USA Today du 14 juillet le place devant le candidat Jeb Bush, ex-gouverneur de la Floride, fils de l’ex-président George Bush et frère d’un autre locataire de la Maison-Blanche, George W. Bush. Par ailleurs, Trump devance les 13 autres candidats républicains par au moins 6 points.

Donald Trump n’a rien à perdre. Il possède une fortune évaluée à près de 10 milliards de dollars. Il est devenu une célébrité en animant l’émission The Apprentice sur le réseau NBC. Il est l’anti-politicien qui vient brouiller les cartes et ajouter du piquant à une campagne qui s’annonçait plutôt tranquille chez les républicains.

Mais sa présence est loin de plaire à l’establishment du parti. La semaine dernière, le leader du Comité national des républicains, Reince Priebus, a demandé à Trump de faire attention à ses commentaires sur les immigrants latinos, dont les républicains ont grand besoin pour regagner la Maison-Blanche. En plus, de grandes entreprises comme NBC, Macy’s et la NASCAR l’ont largué en raison de ses propos.

Trump n’a cependant pas l’intention de ralentir la cadence, et encore moins de s’excuser. Il en rajoute. Sa dernière idée : faire payer 100 000 $ au Mexique pour chaque Mexicain qui franchit la frontière illégalement. Sans rire, il prédit même que s’il gagne, il va gagner la course avec le vote latino.

Donald Trump n’en est pas à une contradiction près. Son arrivée en politique le place face à toute une série de déclarations du passé pour lesquelles il doit aujourd’hui se justifier. En voici quelques-unes :

  • En 1999, il était pour une assurance-maladie universelle. Aujourd’hui, il est contre.
  • En 1999, il était pro-choix en matière d’avortement. Aujourd’hui, il est pro-vie.
  • En 1999, il souhaitait taxer les très riches. Aujourd’hui, il les taxerait le moins possible.
  • En 2010, il déclarait que le président Obama avait sorti le pays de la crise économique. Aujourd’hui, il affirme qu’il est un incompétent.
  • En 2012, il affirmait qu’Hillary Clinton était une femme formidable. Aujourd’hui, il affirme qu’elle a été la pire secrétaire d’État de l’histoire des États-Unis.

Pour l’instant, la présence de Donald Trump dans l’actuelle campagne est distrayante et divertissante. Mais quelles sont ses chances d’aller plus loin, et même, de l’emporter? Très faibles, selon la majorité des analystes politiques. Tous s’entendent pour dire que Trump va s’essouffler et, qu’après quelques débats, les Américains vont constater qu’il n’est pas sérieux.

Mais attention, l’histoire nous apprend qu’il faut se méfier de ces candidats mal aimés. En 1980, lors de l’élection présidentielle, l’acteur Ronald Reagan, qui avait pourtant été gouverneur de la Californie, a subi les sarcasmes de ces adversaires qui se moquaient de son statut de vedette de film de série B. En 2003, un autre acteur et culturiste, Arnold Schwarzenegger, est devenu gouverneur de la Californie. Alors, si ces deux personnages ont pu occuper de hautes fonctions publiques, pourquoi Donald Trump, un homme d’affaires qui a bâti un empire, ne pourrait-il pas faire de même?

Trump est, en effet, un électron libre, mais qui pose parfois des questions que les Américains veulent entendre. Par exemple, pourquoi avoir perdu le contrôle de l’Irak après y avoir dépensé des centaines de milliards de dollars et perdu 5000 hommes? Il n’est pas un politicien professionnel, et les Américains n’aiment pas beaucoup les politiciens de carrière en ce moment. C’est ce qui explique, entre autres, sa bonne performance dans les sondages.

Mais pour survivre, Donald Trump va devoir apprendre à faire un peu plus de politique et un peu moins de démagogie. Ce qui implique de ne pas toujours dire ce qu’il pense. Ce qui, dans son cas, est beaucoup lui demander. Ou peut-être les Américains préfèrent-ils un Donald Trump sans filtre?

Pour le meilleur ou pour le pire, ils vont devoir composer, pour l’instant, avec l’excentrique milliardaire qui prend toute la place. Jusqu’au moment où la saveur du mois aura peut-être perdu de son attrait.

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, lors de son discours devant les délégués de l'AIPAC, lundi matin.

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, lors de son discours devant les délégués de l’AIPAC, lundi matin.

En pleine campagne électorale chez lui, Benyamin Nétanyahou vient à Washington pour s’adresser aux élus américains. Le premier ministre d’Israël vient parler du nucléaire iranien. Une question qu’il juge critique à l’existence d’Israël. Cette visite est loin de passer inaperçue aux États-Unis et en Israël. Elle a été décriée, critiquée. Certains ont même appelé à son annulation. Beaucoup a été écrit depuis que ce discours a été annoncé en janvier. Voici quatre points à retenir.

1. LA CLAQUE AU VISAGE

« Jamais autant n’a été écrit sur un discours qui n’a pas été prononcé. » Benyamin Nétanyahou s’adressait, lundi, à un immense regroupement de juifs américains à Washington. Il voulait faire taire une partie de ceux qui lui reprochent d’avoir accepté de venir prononcer ce discours. C’est le président de la Chambre des représentants, le républicain John Boehner, qui a invité M. Nétanyahou. La Maison-Blanche n’aurait été informée de la visite du chef de l’État israélien que quelques heures avant le public. C’est une entorse au protocole qui est mal vue par bien des Américains.

« L’intention de mon discours n’est pas de manquer de respect envers le président Obama ou la présidence », assure Benyamin Nétanyahou. Si telles étaient vraiment ses intentions, il a été mal compris par la Maison-Blanche. Barack Obama demeure à quelques pas de l’hôtel où loge M. Nétanyahou, mais les deux chefs d’État ne vont pas se rencontrer. Le vice-président américain est à l’extérieur du pays. Joe Biden préside aussi le Sénat. La tradition veut qu’il soit assis derrière le chef d’État invité à présenter un discours au Congrès. Il n’y sera pas cette fois…

2. UN LIEN INDESTRUCTIBLE, MAIS PARTISAN

Benyamin Nétanyahou a aussi pris soin de répéter que l’appui américain à l’État d’Israël est une question qui transcende les divisions politiques. Le premier ministre croit que l’alliance entre les deux pays demeure forte parce qu’elle a été « défendue par les deux partis, et que ça doit rester ainsi ». Il veut éviter que son discours soit perçu comme une façon de s’attirer les faveurs des républicains, au détriment des démocrates.

Encore une fois, ses intentions semblent avoir été mal perçues. Le républicain qui a invité le premier ministre au Congrès a beau se défendre de vouloir faire de la partisanerie, plusieurs élus démocrates ont l’intention de ne pas assister au discours par solidarité avec leur président.

Oui, les Américains penchent toujours (et fortement) du côté d’Israël dans le conflit qui les oppose aux Palestiniens. Mais récemment, les démocrates se montrent moins ardents dans leur défense de l’État juif. De récents sondages montrent même une diminution de leur appui. Le sort des Palestiniens y est peut-être pour quelque chose. Les difficiles relations entre Nétanyahou et Obama aussi.

3. LES DIFFÉRENCES FONDAMENTALES

Six années à la Maison-Blanche, et Barack Obama n’a pas réussi à tisser des liens solides avec le premier ministre Nétanyahou. Les deux pays coopèrent toujours dans le domaine de la sécurité et à l’ONU, mais les deux chefs d’État ne s’entendent pas. Et ils ne se respecteraient pas vraiment. À un journaliste, un haut placé à la Maison-Blanche a même parlé de Nétanyahou comme d’un « chickenshit »!

Cette mésentente illustre probablement un manque d’affinité sur le plan personnel. Mais de grandes différences idéologiques séparent les deux dirigeants. De Washington, on voit d’un mauvais œil la politique des colonies juives en territoire contesté. L’administration Obama a aussi critiqué la construction d’une clôture de sécurité en Cisjordanie.

À Jérusalem, on ne comprend pas pourquoi le gouvernement américain négocie avec l’Iran une façon d’encadrer le développement de technologie nucléaire à des fins civiles. Nétanyahou le répète. Israël et les États-Unis s’entendent sur une chose : ils ne veulent pas que l’Iran développe l’arme nucléaire. La mésentente porte plutôt sur les façons d’y arriver. Obama préfère la voie diplomatique, et Nétanyahou, celle de la force et de la dissuasion.

4. LE DISCOURS VISE LES ÉLECTEURS ISRAÉLIENS

Benyamin Nétanyahou tente de se faire élire une quatrième fois comme premier ministre d’Israël. Il a précipité des élections, mais semble en difficulté, à deux semaines du vote. Son discours devant le Congrès américain lui offre une vaste tribune à laquelle ses adversaires n’ont pas accès. Cette tribune lui permet de projeter l’image d’un politicien qui n’hésite pas à se tenir debout. Qui n’hésite pas à défendre ses principes, même dans la controverse. Même chez celui avec qui il est en désaccord.

Ce n’est pas une coïncidence si M. Nétanyahou prononce son discours en fin d’avant-midi à Washington. Ce n’est pas à une heure de grande écoute pour les réseaux américains, mais ça tombe à temps pour les bulletins de fin de soirée à Jérusalem et Tel-Aviv!

Le père Noël est déjà passé chez les Obama

dimanche 22 décembre 2013 à 6 h 53 | | Pour me joindre

Pour me joindre

Noël est arrivé tôt à la Maison-Blanche. Deux bonnes semaines avant le reste de la planète. Le 10 décembre, c’est le jour où un républicain et une démocrate ont annoncé qu’ils étaient parvenus à un accord sur le budget. Un accord bien modeste, certes, mais un accord qui offre deux ans de répit aux élus. Plusieurs y voient le début de la fin de la partisanerie sans limites, celle qui a mené les États-Unis au bord d’un précipice budgétaire à plusieurs reprises. D’autres, moins nombreux, y lisent l’inverse : le budget signale que les deux partis refusent toujours de vraies concessions.

Un texte de Yanik Dumont Baron

L’année qui vient nous permettra d’en juger. Dans l’immédiat, cet accord dans un Congrès divisé (bien rare, faut-il le souligner) permet aux politiciens de tourner une page et de profiter du temps des Fêtes en famille. L’an dernier, les négociations sur le fameux mur financier s’étaient terminées dans la nuit du 1er janvier 2013… Pour Barack Obama, ça veut dire des vacances en familles à Hawaï, très loin de Washington. Avec l’année que vient de vivre le président, ce répit et des vacances au loin sont sûrement les bienvenus.

Certes, 2013 est la première année du second mandat du président. Une période qui s’est avérée difficile pour plusieurs de ses prédécesseurs. Le Barack Obama sur les plages hawaïennes (son calendrier d’activités semble bien chargé) est beaucoup moins populaire et apprécié qu’après sa réélection, il y a un an. En fait, sa popularité n’a cessé de chuter au cours de l’année.

L’année avait pourtant commencé sur une note d’espoir. Révolté par le massacre d’une vingtaine de jeunes enfants, le président promettait de resserrer le contrôle sur les armes à feu. À peine les cerisiers de Washington avaient-ils perdu leurs pétales roses que le vent tournait pour le président. Les élus ne voulaient pas changer les lois sur les armes à feu. Dans les mois qui ont suivi, il semble que la Maison-Blanche a sauté de crise en crise, en réagissant aux événements hors de son contrôle.

Prenez les révélations concernant l’immense réseau de surveillance électronique de la NSA (le meilleur résumé est ici). Les fuites d’info ressemblent au supplice de la goutte pour le gouvernement américain. Un détail explosif ou deux dans les médias… presque chaque semaine durant six mois. Chaque détail renforçait l’image d’un gouvernement omnipotent, qui s’infiltre en toute impunité dans la vie privée de millions de citoyens. Ces révélations ont suscité la colère de plusieurs chefs d’État. Et Obama a dû s’excuser, essuyer le blâme. En fin d’année, un comité consultatif propose au président de réduire fortement la liberté d’action de cette agence. Nul doute que cette brique de 300 pages fera partie des lectures de vacances du président Obama. Il doit détailler sa vision de réforme dans les prochaines semaines.

Il y a aussi le fiasco entourant le fameux site Internet www.healthcare.gov. C’est au cœur de l’importante réforme du système d’assurance maladie du président. Même si les fonctionnaires ont eu trois ans depuis l’entrée en vigueur de la loi pour préparer le site Internet, il n’était pas prêt pour le lancement début octobre. Ce qui devait être si simple à faire, soit comparer les diverses assurances en fonction des prix, s’est transformé en débâcle politique. Ajoutez à cela la fameuse promesse du président (« si vous aimez votre assurance, vous pourrez la conserver ») qui s’est avérée être une illusion pour quelques millions d’Américains. Peu importe si la promesse était en partie vraie, une impression demeure : le président a menti. La loi comporte des mesures en ce sens, mais les assureurs ont décidé de ne pas en profiter. Obama a, encore une fois, senti le danger. Il s’est excusé. Encore une fois.

Conséquence : l’appui des Américains à cette réforme a chuté, leur confiance en Obama pour résoudre les problèmes de la nation aussi. Les vedettes ont beau prêter leur nom à cette réforme, parfois avec humour (cliquez, celui-ci mérite trois minutes de votre temps). C’est un boulet politique qui fait peur à plusieurs démocrates.

Une partie des problèmes de Barack Obama vient en fait de l’ensemble de la classe politique fédérale. Des élus au Congrès à l’attitude très partisane. Les républicains ont paralysé le gouvernement durant deux semaines, dans l’espoir (vain) de bloquer cette même réforme de l’assurance maladie. La loi sur les soins de santé abordables a survécu. Il faudra des années pour bien mesurer son importance et son impact pour les millions d’Américains aujourd’hui sans assurance. Mais l’incapacité du Congrès de voter des lois et de régler les problèmes concrets pèse aussi sur les épaules du président. Il ne semble plus être l’homme qui marche sur l’eau, comme l’illustre si bien The Economist.

Barack Obama dit s’être plié en quatre pour accommoder ses adversaires. 2014 est une année électorale. Une année où le président devra trouver d’autres façons de gouverner. La réponse se trouve peut-être dans le sable des plages d’Hawaï.

Et vous, quel bilan faites-vous de l’année 2013?

Mon topo au radiojournal :

À voir, ce reportage de ma collègue Joyce Napier :

Rencontre entre Barack Obama et Vladimir Poutine au G8 en juin 2013

Rencontre entre Barack Obama et Vladimir Poutine au G8 en juin 2013 : pas l’entente cordiale…

Au moment où la question de la Syrie monopolise l’attention au sommet du G20 à Saint-Pétersbourg, et suscite un véritable dialogue de sourds, cette crise, et l’incapacité à la régler, est révélatrice du côté de plus en plus dysfonctionnel des relations entre la Russie et les États-Unis. S’il est exagéré de parler d’un retour à la guerre froide entre Washington et Moscou, il est tentant aujourd’hui de parler de guerre tiède.

Syrie, Libye, réduction de l’armement nucléaire, adoption internationale, Edward Snowden, affaire Magnitsky, expulsion régulière d’espions de part et d’autre… Les pommes de discorde ne manquent pas ces jours-ci entre Moscou et Washington. La remise à plat des relations voulue par Obama et Medvedev semble désormais morte et enterrée. Depuis un an, les désaccords sont si systématiques qu’on pourrait penser qu’ils sont le fruit de l’inimitié bien réelle entre Vladimir Poutine et Barack Obama.

Les deux hommes ne s’apprécient guère, certes, mais selon l’analyste Fyodor Loukianov, la tension actuelle s’explique davantage par une crise de confiance entre les deux capitales. D’après le rédacteur en chef du magazine Russia in Global Affairs, la méfiance de Vladimir Poutine envers l’Amérique vient peut-être d’un vieux réflexe d’agent du KGB formé au temps de la guerre froide, mais ce sentiment se nourrit sans cesse d’éléments nouveaux. Et le président russe craint une chose par-dessus tout, soit se trouver un jour dans le collimateur d’un des changements de régime orchestrés ou soutenus par Washington (Serbie, Ukraine, Libye et bien d’autres).

À tort ou à raison, l’homme fort du Kremlin est ainsi persuadé que les importantes manifestations d’opposition contre lui l’hiver dernier ont été aidées et financées par Washington. D’après Maria Lipman, du centre Carnegie, c’est cette raison qui l’a poussé à mettre un terme aux activités de USAID en Russie, et à faire voter une loi obligeant les ONG internationales « exerçant une activité politique en Russie et recevant des fonds de provenance autre que russe » à se déclarer auprès des autorités en tant qu’« agents de l’étranger ».

Vu sous cet angle, l’entêtement russe dans le dossier syrien prend un tout autre sens. Selon Fyodor Loukianov, Vladimir Poutine n’éprouve pas d’affection particulière pour Bachar Al-Assad, et l’importance des liens économiques, historiques ou stratégiques entre les deux capitales a été beaucoup exagérée. L’analyste en est convaincu : Vladimir Poutine veut surtout mettre un terme à la manie américaine de s’ingérer dans les affaires d’un pays souverain et d’en renverser le chef d’État, fut-il dictateur.

Barack Obama a beau dire que les frappes punitives qu’il envisage actuellement contre la Syrie ne visent pas à faire tomber le régime au pouvoir à Damas, Vladimir Poutine se méfie. Il veut à tout prix éviter une répétition de l’exemple libyen où, armée d’une résolution de l’ONU imposant une interdiction de survol, l’OTAN a changé l’équilibre des forces sur le terrain et a fini par faire tomber le régime du colonel Kadhafi.

Autre élément à ne pas négliger : la popularité de Vladimir Poutine découle en bonne partie d’un fond de nostalgie assez largement partagé en Russie pour la grandeur passée de l’URSS. Chaque fois qu’il se tient debout face à Washington et qu’il est vu comme le seul à pouvoir le faire, comme dans le cas de Snowden; chaque fois qu’il se comporte comme l’empêcheur de tourner en rond, Poutine marque des points auprès d’une frange importante de l’électorat. Il est payant politiquement en Russie de s’opposer à Washington. La position de Poutine sur la Syrie répond aussi à cette logique.

Dernier point qui a aussi son importance, Poutine, comme Obama, est un peu prisonnier de ses prises de position et de ses déclarations passées. Un duel de coqs où aucun ne peut changer d’avis ou adoucir publiquement sa position sans passer pour un faible. Et plus Obama joue les gros bras dans le dossier syrien, plus il condamne Poutine à s’ancrer dans ses positions, et ce, même s’il devient de plus en plus délicat pour lui de soutenir publiquement le régime Al-Assad. Cela dit, il n’est de pire aveugle que celui qui ne veut pas voir et, à ce chapitre, Washington a peu de leçons à donner puisque tant la Maison-Blanche que le Département d’État pratiquent l’aveuglement volontaire sur l’importance et l’influence réelle et sans doute grandissante d’Al-Qaïda au sein des troupes rebelles.

Dans ces circonstances, il ne faut pas attendre grand-chose des discussions sur la Syrie qui auront lieu au sommet du G20 à Saint-Pétersbourg. Les civils innocents en Syrie pris entre deux feux, tant au sens propre qu’au sens figuré, et qui ne savent plus depuis longtemps à quel saint se vouer devront, une nouvelle fois, chercher ailleurs une solution à leur malheur.

Syrie : le point de vue américain

mardi 27 novembre 2012 à 21 h 30 | | Pour me joindre

Pour me joindre

Washington hésite à l’idée d’armer la rébellion syrienne et redoute que les armes ne se retrouvent aux mains de groupes extrémistes :