Billets classés sous « vote »

Le Venezuela aux urnes

samedi 6 octobre 2012 à 18 h 03 | | Pour me joindre

Pour me joindre

Twitter:

jmleprince

Élections au VenezuelaUn scrutin impeccable

Treize scrutins en quatorze ans, le système est bien rodé. C’est le meilleur du monde, a dit Hugo Chavez à de nombreuses reprises.

Le Centre Carter confirme. Dans un rapport préélectoral, il écrit : « Le système de scrutin vénézuélien est un des plus automatisés du monde, à chaque étape, de l’inscription du candidat à l’identification biométrique des électeurs aux tables de scrutin, en passant par l’émission des votes sur les machines à écran tactile, la transmission électronique des résultats et la tabulation centralisée des résultats. »

Le système de scrutin vénézuélien
Bref, la fraude est impossible. Les partis sont d’accord : 97 % des électeurs du Venezuela sont inscrits sur les listes électorales.

Il conclut : « Les deux campagnes ont rendu publiques leurs craintes de ce que la partie adverse ne veuille accepter les résultats. » Cela se produit à chaque élection.

Dans ce cas, le compte électronique est le résultat officiel, le Conseil national électoral publie les résultats de chaque urne et les compare. Si un parti politique n’est toujours pas satisfait, il peut faire appel à la Cour électorale de la Cour suprême de justice.

Le rapport du Centre Carter »

Le Centre Carter a été fondé en 1982 par l’ancien président des États-Unis Jimmy Carter. Il jouit d’un grand respect en Amérique latine et au Venezuela.

Une campagne moins reluisante

Au Venezuela, il n’y a pas de financement public des partis. Ces derniers doivent faire état de leurs contributions et de leurs dépenses au CNE, mais il n’y a aucune limite, et les données ne sont pas rendues publiques.

Le rapport du Centre Carter dit : « L’usage des ressources de l’État pour la campagne d’un président sortant est illégal au Venezuela. Le CNE a demandé à la campagne Chavez d’ôter des affiches d’édifices publics, mais des ONG ont rapporté un vaste usage de ressources gouvernementales pour appuyer la campagne Chavez, des véhicules pour le transport des volontaires et des partisans. »

Ministère du Pétrole et de l’Énergie (PDVSA) / Photo : Jean-Michel Leprince

Ministère du Pétrole et de l’Énergie (PDVSA) / Photo : Jean-Michel Leprince

« Les dépenses gouvernementales en programmes sociaux et services sont légales cependant… Le gouvernement a profité du prix élevé du pétrole et de l’emprunt public pour accélérer grandement les dépenses publiques, avec une augmentation particulièrement visible dans la construction de logements pour les pauvres. »

Logements sociaux recouverts d’affiches électorales / Photo : Jean-Michel Leprince

 

Logements sociaux au Venezuela / Photo : Jean-Michel Leprince

Dans les médias

Une « cadena »

Autrefois, les médias étaient presque totalement privés. Aujourd’hui, l’État possède cinq chaînes de télévision et plusieurs stations de radio qui font la promotion du programme et de l’idéologie du gouvernement. Mais, souligne le rapport, les télés d’État attirent 5,4 % de l’auditoire contre 61 % pour les privées et 33% pour la télé payante.

Chaque candidat a droit à trois minutes de publicité de télévision et à quatre de radio par jour et par station. « Cependant, la loi permet au gouvernement de diffuser des publicités institutionnelles, qui ressemblent beaucoup à des publicités de campagne, jusqu’à 10 minutes par jour et par station », dit le rapport.

« De plus, le président peut ordonner la diffusion obligatoire de ses discours (cadenas), ce qui a résulté en 40 heures et 57 minutes [d’antenne] pendant la campagne officielle du 1er juillet au 1er octobre. »

Finalement, le rapport Carter conclut qu’à l’exception de quelques médias qui ont fait d’importants efforts pour équilibrer leur couverture, « les médias vénézuéliens restent polarisés et tendent à rapporter sans contraste dans leur couverture, présentant un seul point de vue politique dans un seul article. Quelques médias ne rapportent qu’une vision négative du candidat auquel ils s’opposent et une vision positive du candidat qu’ils appuient ».

Journal Correo Orinoco / Photo : Jean-Michel Leprince

Cette polarisation se retrouve dans les médias internationaux, parallèles, de gauche, en particulier.

Il y a des inconditionnels fanatiques d’Hugo Chavez et du chavisme.

http://www.michelcollon.info/Chavez-5-mediamensonges-du-Soir-et.html
http://www.alterinfo.net/Venezuela-ce-que-ne-dit-pas-le-journal_a82137.html

Les liens précédents ont été fournis. Nos inconditionnels au Canada :

http://www.vigile.net/Attention-Arme-de-Manipulation
http://jacques.tourtaux.over-blog.com.over-blog.com/article-oscar-fortin-et-serge-charbonneau-s-expriment-sur-les-elections-presidentielles-au-venezuela-110897317.html

D’autres sons de cloche, à gauche également :

http://www.liberation.fr/monde/2012/10/03/caracas-la-mort-au-coin-de-la-rue_850662
http://america-latina.blog.lemonde.fr/2012/10/04/une-critique-de-gauche-du-venezuela-de-chavez/
http://fr.news.yahoo.com/antimod%C3%A8le-%C3%A0-gauche-141920120.html

Au Téléjournal : le thème de la santé de Hugo Chavez a été totalement absent de la campagne électorale. Pourtant, elle est dans l’esprit de tous les Vénézuéliens.