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Bienvenue en Syrie libre

Lundi 26 novembre 2012 à 12 h 59 | | Pour me joindre

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Environ 700 personnes vivent dans ce camp de réfugiés situé dans une zone contrôlée par les rebelles, tout près de la frontière avec la Turquie :

La porte de la paix

Lundi 26 novembre 2012 à 10 h 07 | | Pour me joindre

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Killis, dernière ville turque avant la frontière syrienne de Bab Es-Salam. Alla el Dine et Mohamed, qui allaient nous accompagner durant tout notre séjour dans leur pays, attendent à l’entrée de notre hôtel que nous ayons fini de descendre la monstrueuse pile de bagages amenés avec nous de Montréal. Quelques affaires personnelles, mais surtout le matériel qu’il faut traîner avec soi quand on fait de la radio et de la télévision.

Bab Es-Salam, c’est la porte de la paix, dernier passage avant d’entrer sur la terre syrienne.

À peine franchie, et déjà les premiers stigmates de la guerre. Ici commence la « Syrie libre », celle que les rebelles ont arrachée aux forces restées fidèles à celui qu’ils veulent abattre, Bachar Al-Assad.

Sur la gauche, un camp de toiles blanches, abri temporaire, pour quelques centaines de familles.

Ceux qui sont là vivaient à Alep, Tall Rifaat, Ain Dakne ou Azaz. Chassés par les bombes, ils sont venus se réfugier aux portes de la Turquie.

Déjà, les premières victimes de la guerre.

Sur la grande place qui jouxte le camp, une ribambelle d’enfants suit la caméra de Sylvain. Hormis une balançoire installée sur un terrain boueux, les loisirs sont rares.

Alla, H’sin, El Anka et les autres ne vont plus à l’école. C’est connu, les guerres se foutent des enfants, quand elles ne les tuent pas.

Alors, en attendant que celle que les adultes leur imposent batte en retraite, ils nous l’ont racontée. Les obus sur leur maison, les tireurs embusqués, le pain qui manque…

Marie-Ève, Luc, Sylvain et moi les avons écoutés parler et chanter toute leur haine du « Nidham », le pouvoir, qui, comme le leur répètent les adultes, est seul responsable de la tragédie syrienne.

J’en ai parlé avec Joane Arcand à Dimanche magazine :

Au radiojournal, ce matin :

À C’est bien meilleur le matin :

Voici, en photos, les premiers visages d’une guerre que nous ne nous attendions pas à rencontrer si vite.

Frontière syrienne de Bab Es-Salam
Frontière syrienne de Bab Es-Salam

Frontière syrienne de Bab Es-Salam

Des enfants dans un camp de réfugiés syriens tout près de la frontière avec la Turquie

Des enfants dans un camp de réfugiés syriens tout près de la frontière avec la Turquie

Un camp de réfugiés syriens tout près de la frontière avec la Turquie

Le camp de réfugiés syriens en Turquie

Le Syrien Mahomed s’est réfugié dans un camp près de Hatay, en Turquie. Le camp de réfugiés est rigoureusement contrôlé par le Croissant-Rouge turc et l’armée turque. De quoi rassurer Mahomed. Malgré tout, il ne se sent pas en sécurité ici à cause des chabihas, ces miliciens syriens en civil qui rôdent autour des camps de réfugiés. Le Croissant-Rouge  donne aux réfugiés qui le demandent  des permissions d’une heure ou deux pour aller au marché s’acheter de la nourriture. Mahomed ne sort jamais seul du camp, c’est plus sécuritaire de sortir à plusieurs. Il y a un mois, un réfugié n’est jamais revenu du marché. Il a disparu. Probablement l’œuvre des chabihas, murmure-t-on dans le camp.

En Syrie c’est souvent eux qui déclenchent les hostilités, me raconte Mahomed. Ils se mêlent aux manifestants, ils tirent sur l’armée pour la provoquer, puis l’armée tire sur les manifestants pacifiques. Mahomed a peur pour ses amis qui sont restés en Syrie. Si jamais ils tombent entre les mains de ces voyous, qu’on dit payés par le régime de Bachar Al-Assad, ils n’en sortiront sans doute pas vivants.

Mahomed regarde constamment de l’autre côté de la montagne vers son pays. Il espère pouvoir y retourner un jour en homme libre.

Ginette Lamarche et son guide

Le camp

Ginette Lamarche et son guide dans le camp