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Moments de grâce pour Obama

Mercredi 1 juillet 2015 à 13 h 28 | | Pour me joindre

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En chantant Amazing grace dans une église de la Caroline du Sud, vendredi dernier, le président Barack Obama rendait non seulement un émouvant hommage aux neuf victimes de la tuerie de Charleston, mais terminait du même coup la meilleure semaine de sa présidence.

Lundi, il a tout d’abord réussi à convaincre le Congrès de lui accorder la voie rapide (fast track) pour en arriver à une entente de libre-échange avec les pays de l’Asie et du Pacifique.

Un accord crucial pour les États-Unis qui tentent de consolider leur présence économique dans cette région du monde, où la Chine est très active.

Une entente qui pourrait représenter 40 % des exportations et importations du commerce américain.

Jeudi, une autre journée mémorable pour le président. La Cour suprême, dans une étonnante décision, maintenait tel quelle la loi sur l’assurance maladie (Obamacare). Ses opposants contestaient les subventions offertes par Washington aux États qui n’avaient pas mis en place leur propre système de marchés d’assurance.

L’Obamacare aura donc survécu à de nombreuses attaques judiciaires depuis son adoption en 2010. Cette assurance maladie a permis à plus de 10 millions d’Américains d’obtenir une couverture médicale. Cette réforme sera un des legs les plus importants de la présidence d’Obama.

Vendredi, est ensuite survenue l’encore plus étonnante décision de la Cour suprême ordonnant à tous les États de rendre légal le mariage pour les conjoints de même sexe. Le président qui, il y a trois ans, s’était dit en faveur des mariages gais, a déclaré que les Américains devaient être très fiers de ce jugement. « Love is love », a- t-il conclu.

Et toujours vendredi, ce moment inoubliable, historique, où le président des États-Unis a chanté devant une communauté d’Afros-Américains en deuil, en Caroline du Sud. Il a envoyé un message de paix et d’unité dans un moment de grande douleur. Il a montré au monde entier sa fierté d’être noir en chantant cet hymne religieux. Un rare moment, une rare semaine de grâce dans la vie d’un politicien.

Et au moment d’écrire ces lignes, Barack Obama annonce la réouverture de l’ambassade américaine à Cuba. L’actuel président passera-t-il à l’histoire comme un réformateur? Il est encore trop tôt pour l’affirmer, mais les derniers jours laissent croire aux Américains que tout est possible lorsqu’on a une vision et la Cour suprême de son côté.

La Caroline du Nord, l’Arkansas, la Louisiane, le Colorado et le Kansas sont parmi les États qui seront les plus chaudement disputés le 4 novembre, à l’élection de mi-mandat aux États-Unis.

Alors que la Chambre des représentants (435 sièges) restera fort probablement sous la gouverne des républicains, les démocrates tentent tant bien que mal de garder le contrôle du Sénat. À la Chambre haute, 36 des 100 sièges sont renouvelés cette année.

Actuellement, les démocrates dirigent le Sénat avec 55 sièges, contre 45 pour les républicains. Ces derniers doivent donc remporter seulement six sièges pour dominer la Chambre haute et le Congrès en entier.

Historiquement, les élections de mi-mandat aux États-Unis prennent l’allure d’un référendum sur la performance du président au pouvoir. Le 4 novembre prochain ne fera pas exception.

L’impopularité du président

Les candidats démocrates, qui se présentent pour un poste de sénateur ou de représentant au Congrès à Washington, souffrent déjà de l’impopularité de Barack Obama.

Aucun d’entre eux ne souhaite s’associer aux politiques de la Maison-Blanche, ni même à la réforme de l’assurance maladie, l’Obamacare, qui, de l’avis de plusieurs, est un succès.

Le frein mis à la réforme de l’immigration et la montée du groupe armé État islamique au Proche-Orient ont miné la crédibilité du président au cours des derniers mois.

Critiqué par son ex-secrétaire d’État, Hillary Clinton, et par son ex-secrétaire à la Défense, Leon Panetta, qui reprochent à leur ex-patron de ne pas être intervenu en Syrie pour armer les rebelles, Obama a perdu beaucoup de crédibilité en matière de politique étrangère.

Seulement 42 % des Américains approuvent le travail du président démocrate, selon le dernier sondage Gallup. C’est à peine 4 points de pourcentage de plus que Georges W. Bush juste avant les élections de mi-mandat de 2006.

Mais si les Américains sont insatisfaits du travail du chef de la Maison-Blanche, ils ne sont pas prêts à voter les yeux fermés pour les républicains, qu’ils tiennent responsables des nombreuses impasses budgétaires et législatives vécues à Washington.

Ce qui explique que plusieurs démocrates sont encore dans la course, malgré l’impopularité de leur chef.

Les républicains en excellente position

Dans ce contexte, des États comme la Caroline du Nord et le Kansas, par exemple, auraient dû être des gains plus faciles pour les républicains au lieu de courses serrées actuellement.

L’argent a aussi joué un rôle, comme toujours diront certains, mais encore un peu plus durant ces élections de mi-mandat, où les candidats auront dépensé au moins 3,6 milliards de dollars, soit 40 millions de plus qu’en 2010.

Les républicains sont, malgré tout, en excellente position pour prendre le contrôle du Congrès à Washington. Ils mènent dans les sondages dans 7 des 10 courses les plus serrées.

Mais Sénat républicain ou pas, le président Obama va devoir tout de même naviguer dans des eaux troubles durant les deux dernières années de son mandat. Entre autres, il devra procéder par décret pour imposer sa réforme de l’immigration.

Une réforme qu’il a tardé à mettre en place afin de ne pas nuire aux démocrates durant ces élections de mi-mandat, mais qui ironiquement pourrait lui coûter des sièges au Congrès en raison du mécontentement des Latino-Américains.

À lire aussi : les analyses des élections américaines de la Chaire Raoul-Dandurand, de l’Université du Québec à Montréal

Le père Noël est déjà passé chez les Obama

Dimanche 22 décembre 2013 à 6 h 53 | | Pour me joindre

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Noël est arrivé tôt à la Maison-Blanche. Deux bonnes semaines avant le reste de la planète. Le 10 décembre, c’est le jour où un républicain et une démocrate ont annoncé qu’ils étaient parvenus à un accord sur le budget. Un accord bien modeste, certes, mais un accord qui offre deux ans de répit aux élus. Plusieurs y voient le début de la fin de la partisanerie sans limites, celle qui a mené les États-Unis au bord d’un précipice budgétaire à plusieurs reprises. D’autres, moins nombreux, y lisent l’inverse : le budget signale que les deux partis refusent toujours de vraies concessions.

Un texte de Yanik Dumont Baron

L’année qui vient nous permettra d’en juger. Dans l’immédiat, cet accord dans un Congrès divisé (bien rare, faut-il le souligner) permet aux politiciens de tourner une page et de profiter du temps des Fêtes en famille. L’an dernier, les négociations sur le fameux mur financier s’étaient terminées dans la nuit du 1er janvier 2013… Pour Barack Obama, ça veut dire des vacances en familles à Hawaï, très loin de Washington. Avec l’année que vient de vivre le président, ce répit et des vacances au loin sont sûrement les bienvenus.

Certes, 2013 est la première année du second mandat du président. Une période qui s’est avérée difficile pour plusieurs de ses prédécesseurs. Le Barack Obama sur les plages hawaïennes (son calendrier d’activités semble bien chargé) est beaucoup moins populaire et apprécié qu’après sa réélection, il y a un an. En fait, sa popularité n’a cessé de chuter au cours de l’année.

L’année avait pourtant commencé sur une note d’espoir. Révolté par le massacre d’une vingtaine de jeunes enfants, le président promettait de resserrer le contrôle sur les armes à feu. À peine les cerisiers de Washington avaient-ils perdu leurs pétales roses que le vent tournait pour le président. Les élus ne voulaient pas changer les lois sur les armes à feu. Dans les mois qui ont suivi, il semble que la Maison-Blanche a sauté de crise en crise, en réagissant aux événements hors de son contrôle.

Prenez les révélations concernant l’immense réseau de surveillance électronique de la NSA (le meilleur résumé est ici). Les fuites d’info ressemblent au supplice de la goutte pour le gouvernement américain. Un détail explosif ou deux dans les médias… presque chaque semaine durant six mois. Chaque détail renforçait l’image d’un gouvernement omnipotent, qui s’infiltre en toute impunité dans la vie privée de millions de citoyens. Ces révélations ont suscité la colère de plusieurs chefs d’État. Et Obama a dû s’excuser, essuyer le blâme. En fin d’année, un comité consultatif propose au président de réduire fortement la liberté d’action de cette agence. Nul doute que cette brique de 300 pages fera partie des lectures de vacances du président Obama. Il doit détailler sa vision de réforme dans les prochaines semaines.

Il y a aussi le fiasco entourant le fameux site Internet www.healthcare.gov. C’est au cœur de l’importante réforme du système d’assurance maladie du président. Même si les fonctionnaires ont eu trois ans depuis l’entrée en vigueur de la loi pour préparer le site Internet, il n’était pas prêt pour le lancement début octobre. Ce qui devait être si simple à faire, soit comparer les diverses assurances en fonction des prix, s’est transformé en débâcle politique. Ajoutez à cela la fameuse promesse du président (« si vous aimez votre assurance, vous pourrez la conserver ») qui s’est avérée être une illusion pour quelques millions d’Américains. Peu importe si la promesse était en partie vraie, une impression demeure : le président a menti. La loi comporte des mesures en ce sens, mais les assureurs ont décidé de ne pas en profiter. Obama a, encore une fois, senti le danger. Il s’est excusé. Encore une fois.

Conséquence : l’appui des Américains à cette réforme a chuté, leur confiance en Obama pour résoudre les problèmes de la nation aussi. Les vedettes ont beau prêter leur nom à cette réforme, parfois avec humour (cliquez, celui-ci mérite trois minutes de votre temps). C’est un boulet politique qui fait peur à plusieurs démocrates.

Une partie des problèmes de Barack Obama vient en fait de l’ensemble de la classe politique fédérale. Des élus au Congrès à l’attitude très partisane. Les républicains ont paralysé le gouvernement durant deux semaines, dans l’espoir (vain) de bloquer cette même réforme de l’assurance maladie. La loi sur les soins de santé abordables a survécu. Il faudra des années pour bien mesurer son importance et son impact pour les millions d’Américains aujourd’hui sans assurance. Mais l’incapacité du Congrès de voter des lois et de régler les problèmes concrets pèse aussi sur les épaules du président. Il ne semble plus être l’homme qui marche sur l’eau, comme l’illustre si bien The Economist.

Barack Obama dit s’être plié en quatre pour accommoder ses adversaires. 2014 est une année électorale. Une année où le président devra trouver d’autres façons de gouverner. La réponse se trouve peut-être dans le sable des plages d’Hawaï.

Et vous, quel bilan faites-vous de l’année 2013?

Mon topo au radiojournal :

À voir, ce reportage de ma collègue Joyce Napier :

Un pompier nommé Obama

Vendredi 8 novembre 2013 à 15 h 18 | | Pour me joindre

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BLOGUE DE YANIK DUMONT BARON – Il est facile d’imaginer le président des États-Unis dans le rôle d’un pompier ces jours-ci. Barack Obama multiplie les efforts pour éteindre un feu allumé par son administration… et qui menace de le brûler.

Sa fameuse réforme des politiques d’assurance maladie continue de faire la manchette  pour les mauvaises raisons. Le site web au coeur de la réforme ne marche pas. Les Américains ne peuvent pas en mesurer les bénéfices parce qu’ils ont bien de la misère à s’inscrire en ligne. Barack Obama l’a reconnu, et son administration déploie beaucoup d’énergie pour régler les problèmes avant la fin novembre. En attendant, les responsables se montrent penauds.

Puis, d’autres flammes sont apparues. Des polices d’assurance maladie sont annulées par les assureurs. Ainsi, les citoyens sont forcés de se choisir un autre plan. Tout cela, même si le président a répété à maintes reprises depuis 2010 que « si vous aimez votre plan, vous pourrez le garder. Point final ».

Peu importe que le nouveau plan soit plus abordable, ou qu’il offre une couverture plus généreuse, ou que le problème ne touche que 5 % des Américains, ce qui retient l’attention, c’est que Barack Obama a induit son peuple en erreur. Le président le reconnaît. Il vient de s’excuser dans une entrevue accordée au réseau qui a le premier souligné cet écart entre le message et la réalité.

Ce n’est pas la première fois que Barack Obama s’excuse depuis qu’il est président, mais cela demeure un fait rare. Un tel geste peut parfois jouer à l’avantage d’un président. Pour l’instant, le fiasco « Obamacare » est surtout utile aux républicains. Ceux qui se méfient déjà du président ont des munitions supplémentaires. Le populaire animateur de radio Rush Limbaugh trace un parallèle avec le débat sur le contrôle des armes à feu : « Lorsque le président dira « vous pouvez garder votre fusil si vous l’aimez »,  on saura qu’il ment. »

Barack Obama agit en pompier parce qu’il veut bien sûr sauver une importante réforme. Mais c’est le principal accomplissement de son premier mandat. Et la seule politique majeure de son second et dernier mandat (il lui reste quand même trois ans). Le président songe aussi aux élections de mi-mandat, prévues pour l’automne prochain. Le fiasco préoccupe bien des démocrates qui doivent se faire réélire en 2014. Finalement, il y a aussi la popularité du 44e président qui en prend pour son rhume. Barack Obama est impopulaire comme rarement. Son taux d’approbation est encore loin du plancher de 24 % atteint par Richard Nixon, forcé de démissionner après le scandale du Watergate, mais il n’offre rien de réjouissant pour les démocrates. Jugez-en par vous même ici.