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50% à peine aux législatives: un camouflet pour Vladimir Poutine.

50 % à peine aux législatives : un camouflet pour Vladimir Poutine.

99,48 %.

C’est le score qu’a obtenu le parti Russie unie de Vladimir Poutine et de Dmitri Medvedev en Tchétchénie. 99,5 %, c’est aussi le taux de participation aux élections législatives russes dans cette petite république du Nord-Caucase.

Ramzan Kadyrov, président de Tchétchénie, protégé du Kremlin, sait visiblement s’y prendre quand vient le moment de livrer les résultats électoraux escomptés…

Si la fraude a été moins manifeste dans le reste du pays (ou moins efficace), elle a tout de même marqué le scrutin de façon importante, d’après les observateurs internationaux envoyés par l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). 

Cette dernière a noté des irrégularités au niveau du décompte des voix dans 25 % des bureaux de vote visités, et de forts soupçons de bourrage d’urnes dans 11 %. L’organisation a aussi fait état d’une trop grande proximité entre l’État et le parti au pouvoir, Russie unie, un accès inégal aux médias nationaux, une campagne électorale injuste dont ont été exclus d’emblée beaucoup de joueurs.

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Le combat extrême de Vladimir

Mercredi 23 novembre 2011 à 17 h 25 | | Pour me joindre

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belangerjf

Pour ceux qui l’ignorent, la Russie est en campagne électorale. Les électeurs sont appelés aux urnes le 4 décembre prochain pour élire leurs députés. Puis à nouveau en mars pour se choisir cette fois un nouveau président. Et si l’exercice ne laisse que peu de doutes quant à son issue depuis que Vladimir Poutine a déclaré son intention de reprendre son dû, cela ne l’empêche pas de faire campagne, de multiplier les apparitions et les happenings médiatiques.

De fait, le premier ministre est en campagne perpétuelle. Que ce soit pour nourrir un besoin personnel de s’afficher ou parce que le personnel de son service de presse fait du zèle, Vladimir Poutine est partout, omniprésent dans les médias russes.

Et l’homme ne se contente pas de couper des rubans ou de serrer des mains. Non, l’ancien (et, probablement futur) président russe aime se présenter comme un homme d’action. S’il veut parler du rachat du célèbre club de hockey moscovite CSKA, il en enfile l’uniforme, chausse ses patins et échange des rondelles avec les joueurs.

L'image d'un homme d'action

Poutine endosse l'uniforme du CSKA Moscou

S’il veut parler des problèmes d’incendie de forêt, il se fait photographier aux commandes d’un avion-citerne. Au cours des derniers mois, on l’a ainsi vu retrouver des amphores en mer Noire, revêtu d’un habit d’homme-grenouille; monter à cheval, torse nu; piloter une voiture de formule un; et j’en passe.

À cheval, torse nu...

Les Russes semblent aimer cela. Sa cote de popularité flirte avec les 65 % depuis des années.

Or, alors que les élections approchent à grands pas, le surhomme Poutine vient de connaître sa première déconvenue publique. Et son service de presse, son premier couac. Vladimir Poutine s’est fait huer publiquement devant 20 000 personnes. Cela s’est passé dimanche au cours d’un gala d’arts martiaux mixtes auquel il assistait. Tout se déroulait bien jusqu’à ce que le premier ministre s’avance vers le ring et prenne le micro pour féliciter le champion russe Fedor Emelianenko pour sa victoire contre l’Américain Jeff Monson. À ce moment, la foule se met à siffler et à crier « Boohoo ».

Malaise.

Désarçonné par cette réaction inattendue, Poutine a tout de même trouvé le ressort nécessaire pour terminer son discours et repartir tête haute. Mais l’incident n’est pas passé inaperçu. Retransmis une première fois tel quel à la télé sur la chaîne d’État Russie-2, le segment a par la suite été remonté pour retirer le son importun des huées lors des diffusions subséquentes. Trop tard, la vidéo s’était déjà propagée sur YouTube. Elle a déjà été vue par plus de 2 400 000 internautes.

Vladimir Poutine se fait huer (sur YouTube)

Autre vidéo de l’incident

Hué publiquement

Alors, le service de presse est passé en mode de « contrôle des dommages », expliquant que les huées des spectateurs ne visaient pas le premier ministre. Chacun y est allé de ses explications sur l’origine des sifflements. Certains ont émis l’hypothèse qu’ils visaient l’athlète américain battu; d’autres ont expliqué le plus sérieusement du monde que les spectateurs se plaignaient de ne pas avoir accès aux toilettes pendant le discours du premier ministre.

Des explications qui n’ont convaincu personne.

En fait, l’incident pourrait paraître anodin, mais il fait tache dans un parcours médiatique jusque ici sans faute.

Surexposé, Vladimir Poutine commencerait-il à perdre de son éclat? Les Russes commenceraient-ils à se lasser?

Selon un sondage publié par le sondeur indépendant Centre Levada, l’homme recueille aujourd’hui 61 % d’opinions favorables; son parti, 51 %; en baisse constante depuis le début de l’année.

Poutine sauce satire

Vendredi 30 septembre 2011 à 11 h 12 | | Pour me joindre

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belangerjf

Les Russes viennent d’être privés de leur sport national. Je ne parle pas ici du hockey. Mais bien des discussions politiques. Depuis que Dmitri Medvedev a remplacé Vladimir Poutine à la tête du pays en 2008, la constitution empêchant l’ancien KGBiste de se représenter pour un troisième mandat, la nature de l’arrangement entre les deux hommes alimentait toutes les discussions.

Medvedev n’était-il là que pour maintenir la place de président bien au chaud en attendant le retour de Poutine? Les experts, journalistes et analystes politiques avaient pris l’habitude de passer au crible le discours de l’un et de l’autre à la recherche d’un indice trahissant leurs intentions.

Personne ne remettait en question le statut d’homme fort de Poutine, pas même les diplomates américains qui avaient comparé le tandem russe au couple Batman et Robin (Poutine étant Batman), mais beaucoup faisaient remarquer la volonté de plus en plus affichée de Medvedev de se détacher de son mentor, de s’affirmer.

Au cours du printemps dernier, le président Medvedev présentait de plus en plus une stature… présidentielle, n’hésitant pas à rabrouer publiquement Poutine au sujet de la Libye. « L’opinion exprimée par le premier ministre est son opinion personnelle et ne représente pas la position de la Russie », avait-il déclaré.

Et s’il noyait systématiquement le poisson en répondant aux nombreuses questions des journalistes au sujet de ses intentions pour la présidentielle de 2012, il avait tout de même laissé échapper un « bien sûr, j’ai envie de me représenter » avant de préciser que le moment n’était pas venu de prendre ni d’annoncer une telle décision.

Medvedev s’amusait-il avec les journalistes, ou a-t-il vraiment eu des velléités de se succéder à lui même? Peu importe. Vladimir Poutine est venu mettre un terme à ces ambitions et, du coup, à toutes les interrogations et supputations du monde politico-médiatique russe en orchestrant son grand « comeback » devant le parterre de délégués de son parti Russie unie. Devant tout le pays aussi, rassemblé devant la télé.

Poutine reprendra donc son poste dès 2012, après une élection organisée pour la forme. Son mandat durera six ans au lieu de quatre, grâce à la réforme constitutionnelle opérée par son fidèle lieutenant Medvedev. Il pourra se représenter encore une fois en 2018 et rester en poste jusqu’en 2024. De quoi dépasser le record établi par l’immobile et indéboulonnable Léonid Brejnev; 18 ans au pouvoir de 1964 à 1982.

Beaucoup s’en sont réjouis. Après tout, Vladimir Poutine est l’homme le plus populaire du pays avec plus de 60 % d’opinions favorables. Nombreux sont ceux qui lui sont reconnaissants d’avoir mis un terme au chaos des années Eltsine.

Mais devant le spectre d’un règne Poutine s’allongeant de 12 années supplémentaires, beaucoup de Russes ont éprouvé le même sentiment d’inquiétude. Et si l’opposition officielle est K.-O. depuis longtemps, une forte proportion de Russes, essentiellement citadins et éduqués, se désole – en silence — de la direction prise par le pays.

Du coup, un nouveau passe-temps traditionnel russe (risqué du temps de l’URSS, ce qui en faisait tout le charme) a refait son apparition dernièrement : la satire politique circulant sous le manteau.

Portrait composite de Brejnev et de Poutine circulant sur le web. Au 21e siècle, les samizdats ont laissé place aux réseaux sociaux. Sur Vkontakte, l’équivalent russe de Facebook, les caricatures de Poutine ont la cote actuellement. L’une des plus populaires est un portrait de l’ex/futur président russe en 2024. En fait, c’est un photomontage composite des visages de Léonid Brejnev et de Vladimir Poutine.

Le portrait ne s’accompagne d’aucun commentaire, mais l’image vaut mille mots…