Billets classés sous « élections »

Les promesses du modéré Hassan Rohani

Mardi 18 juin 2013 à 13 h 59 | | Pour me joindre

Pour me joindre

Twitter:

chartrlu

Hassan Rohani, le 14 juin, à Téhéran

Faut-il croire en Hassan Rohani? Cette question, ce sont bien sûr les réformateurs iraniens qui se la posent. Ils se sont ralliés derrière ce candidat dit « modéré » qui ne paraissait pas prédestiné à surfer sur une vague de contestation du régime.

Ce religieux, ex-négociateur dans le dossier nucléaire, est apparu dès le début de la campagne électorale comme l’héritier du mouvement vert de 2009, celui que les Gardiens de la révolution avaient écrasé à coups de matraque en 2009. On a compris que quelque chose pouvait se passer dès le 2 juin lorsque, dans un discours, M. Rohani a déclaré que l’obsession sécuritaire du régime devait cesser. Il a aussi demandé la « libération des prisonniers politiques », et la foule s’est mise aussitôt à scander : « Moussavi-Rohani! », établissant la filiation idéologique entre le chef du mouvement vert et le nouveau candidat.

            Qui est Moussavi?

Les réformistes Mirhossein Moussavi et Mehdi Karoubi, qui avaient mené la contestation contre la réélection de Mahmoud Ahmadinejad en 2009, sont assignés à résidence sans inculpation depuis plus deux ans, depuis qu’ils ont appelé à manifester pour soutenir les mouvements de révolte dans le monde arabe en 2011.

M. Rohani a aussi déclaré qu’il était temps de cesser de harceler les jeunes femmes à propos de leur tenue vestimentaire. Dans les jours qui ont suivi, les foules se sont massées toujours plus nombreuses à ses rassemblements.

Entre espoir et méfiance

Un candidat, Mohammad Reza Aref, s’est retiré de la course, puis deux ex-présidents aussi associés au camp réformateur, Mohammad Khatami et Akbar Hashemi Rafsanjani, ont donné le mot d’ordre de voter en grand nombre.

Vainqueur au premier tour, devant une cohorte d’opposants très conservateurs, Rohani a certainement créé une vague d’espoir. Dans ce contexte, la réaction du ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, paraît quelque peu brutale. M. Rohani, dit-il, « ne sera qu’une autre marionnette entre les mains des ayatollahs ». Il ajoute que « les résultats du scrutin du 14 juin ne veulent rien dire dans les faits ».

L’avenir lui donnera peut-être raison, mais on se demande d’où vient cette précipitation à fermer la porte lorsqu’elle semble s’entrouvrir.

La réponse se trouve peut-être du côté de Jérusalem. Le Canada et Israël sont en train de former un véritable axe diplomatique. Or, le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a fait de l’échéancier nucléaire iranien une quasi-obsession. Il craint que le régime de Téhéran ne réussisse à endormir la communauté internationale, à gagner du temps, et finalement à se doter de la bombe atomique.

M. Nétanyahou a invité la communauté internationale à ne pas se laisser duper par le nouveau visage apparemment plus conciliant de l’Iran des ayatollahs. « Quoiqu’il en soit, dit-il, c’est le soi-disant guide suprême de l’Iran (l’ayatollah Khamenei) qui détermine sa politique nucléaire, pas le président. Plus les pressions sur l’Iran seront fortes, plus grandes seront les chances de mettre fin au programme nucléaire iranien. »

Les États-Unis se montrent plus circonspects que le Canada et Israël. Le secrétaire d’État américain, John Kerry, a reconnu que les Iraniens avaient exprimé un désir de changement et qu’il faudrait voir quels seraient les résultats concrets dans les mois à venir.

De son côté, le nouveau président iranien s’est dit prêt à plus de transparence que son prédécesseur dans le dossier nucléaire, tout en précisant que son pays poursuivrait l’enrichissement de l’uranium « à des fins pacifiques » et que le dialogue avec les États-Unis ne pourrait reprendre que si ces derniers reconnaissaient le droit des Iraniens d’avoir un programme nucléaire national.

Bref, pas de rupture en vue dans la position iranienne. Mais une évolution, possible, oui.

Sabbat et veille d’élections en Israël

Dimanche 20 janvier 2013 à 20 h 14 | | Pour me joindre

Pour me joindre

Twitter:

chartrlu

À Jérusalem, n’essayez même pas d’obtenir une entrevue d’un politicien israélien en campagne lors du sabbat. Ici, où le taux de pratique religieuse est très élevé, le respect du sabbat est quelque chose de sérieux.

Dans la ville, les rues sont désertées par les voitures. Chercher un taxi est une épopée : les seuls chauffeurs, pratiquement, sont des Arabes israéliens. La vie moderne s’arrête. Le téléphone, la télévision, Internet sont débranchés dans de nombreux foyers. Les juifs savent s’arrêter!

Les autres ont de la difficulté… En particulier les journalistes, drogués de communication, toujours rivés à leurs courriels, leurs comptes Twitter ou Facebook.

Radio-Canada a Jérusalem

Ce soir, nous sommes invités, le caméraman Martin Cloutier et moi, avec une amie, Hélène, au souper du sabbat chez Peggy Cidor. C’est touchant et chaleureux. Mais, alors que nous ne pouvons nous empêcher de jeter des coups d’œil furtifs à nos téléphones intelligents, Peggy nous dit : « La prochaine fois, vous laissez vos téléphones à la porte! »

Nous sommes avec la famille de Peggy. La famille est au coeur du sabbat. L’effervescence extérieure ne doit pas venir troubler ce moment. C’est une leçon.

Je risque tout de même : « Pendant le sabbat, a-t-on le droit de parler politique? » Ils rient! « C’est même encouragé! » Le sabbat n’exige pas que l’on soit déconnecté de ce qui se passe dans le monde.

On finit donc par parler politique, à quelques jours des élections du 22 janvier. Et on parle de ce phénomène annoncé par les sondages : la montée d’un parti d’extrême droite, Maison Juive, dirigé par un jeune chef, Naftali Bennett, dont les propos entrent en résonnance avec une grande partie de l’électorat . En résumé, à peine caricatural : assez parlé des Palestiniens, il n’y aura jamais d’État pour eux sur notre terre (c’est-à-dire sur les Territoires occupés) et nous devons en annexer déjà une grande partie.

« Le problème avec Bennett, dit Peggy Cidor, c’est qu’il est un écran de fumée. Il a une allure moderne. Il a fait fortune dans la haute technologie. Il met de l’avant quelques candidats pas trop radicaux. Mais plusieurs de ses candidats sont des extrémistes. » Pour en savoir plus, cet article du New Yorker .

On n’ira pas plus loin. Après tout, c’est sabbat et, même s’ils sont d’accord pour parler politique, les journalistes en nous peuvent aussi – enfin, un peu – relaxer…

 

Que faut-il surveiller?

Ça y est, tout a été dit, tout l’argent a été dépensé, tous les bénévoles sont en place. Et maintenant les files d’attente d’électeurs devant les bureaux de scrutin s’allongent et s’allongent. Je suis étonnée chaque fois de la ferveur avec laquelle les Américains votent, même si ce n’est pas toujours en grand nombre. C’est un devoir, c’est une fête. Ce soir devant leurs téléviseurs, ils seront à moitié heureux de découvrir le dénouement et à moitié heureux que ce soit enfin fini.

Alors, que faut-il surveiller ce soir? Les neuf États-clés. Ils sont tous détenus par les démocrates, mais lesquels Barack Obama pourra-t-il retenir, ou lesquels Mitt Romney réussira-t-il à faire basculer?

  • Ohio (18 grands électeurs) Obama +4,6 % en 2008, Bush +2,1 % en 2004
  • Floride (29 grands électeurs) Obama +2,8 % en 2008, Bush +5 % en 2004
  • Virginie (13 grands électeurs) Obama +6,3 % en 2008, Bush +8,2 % en 2004
  • New Hampshire (5 grands électeurs) Obama +9,6 % en 2008, Kerry +1,3 % en 2004
  • Caroline du Nord (15 grands électeurs) Obama +0,3 % en 2008, Bush +12,4 % en 2004
  • Wisconsin (10 grands électeurs) Obama +13,9 % en 2008, Kerry +0,4 % en 2004
  • Iowa (6 grands électeurs) Obama +9,5 % en 2008, Bush 0,7% en 2004
  • Colorado (9 grands électeurs) Obama +9 % en 2008, Bush 4,7 % en 2004
  • Nevada (6 grands électeurs) Obama 12,5 % en 2008, Bush 2,6 % en 2004

On pense que la Caroline du Nord ira à Mitt Romney, et le Nevada à Barack Obama. Les sept autres États sont plus imprévisibles, mais le prix le plus important, c’est l’Ohio, qui semble être la clé pour les deux candidats pour arriver à 270 votes de grands électeurs au Collège électoral.

Vous pouvez créer votre propre carte électorale. Il y a plusieurs liens, dont celui-ci, et plusieurs applications dont 270towin et celle de NBC Politics

À surveiller aussi

Le vote populaire. À cause du système d’élection indirecte (par le Collège électoral), quatre présidents dans le passé ont gagné les élections sans remporter le vote populaire. Trois, John Quincy Adams, Rutherford Hayes et Benjamin Harrison, au 19e siècle. Et George W. Bush, en 2000, a gagné les fameuses élections où le verdict en Floride était si contesté qu’il a fallu que la Cour suprême tranche cinq semaines plus tard. En fin de compte, George W. Bush a remporté le collège électoral avec 271 voix contre 266, mais il a perdu le vote populaire : 47,9 % contre 48,4 % pour Al Gore.

S’il y a beaucoup de griefs, de plaintes, de litiges et de recomptages, les élections de 2012 pourraient bien se terminer par un scénario semblable.

Bon à savoir

Pourquoi les élections américaines sont-elles toujours le premier mardi de novembre? Le jour des élections a été décidé en 1845, à une époque où la société américaine était encore majoritairement agraire. Comme il fallait aux fermiers un jour pour voyager vers le bureau de scrutin, un jour pour voter et un jour pour rentrer chez eux, et en éliminant les jours de culte, il ne restait que les mardis ou mercredis. Comme le mercredi était typiquement un jour de marché, on a choisi le mardi.

Il y a un mouvement pour essayer de tenir le scrutin pendant la fin de semaine, mais ça ne fait pas l’unanimité.

Déluge de sondages

Ça y est, je me rends. Même moi qui mange de la politique, je n’en peux plus des sondages (et des publicités électorales, mais j’en dirai plus sur ce sujet plus tard). Il y avait déjà beaucoup de sondages nationaux et aussi ceux des neuf États-clés que tout le monde surveille : Nevada, Colorado, Wisconsin, Iowa, Ohio, Floride, Caroline du Sud, Virginie et New Hampshire.

Il y a eu les sondages instantanés d’après-débat, puis les statistiques du vote par anticipation, et maintenant elles ne sont pas moins de huit maisons de sondage à faire des « tracking polls », c’est-à-dire des sondages au quotidien. Si bien qu’on voit tout et son contraire dans les résultats.

Par exemple, jeudi matin, un sondage effectué pour l’Associated Press nous apprend que l’écart favorable à Romney chez les hommes et à Obama chez les femmes n’existe plus. Le jour même où le New York Times publie un bon papier sur le vote crucial des femmes pour les deux campagnes et à quel point Mitt Romney doit combler son déficit chez les femmes.

Mais je ferais une fausse promesse si je jurais d’ignorer dorénavant les sondages.

Il y a ceux qui nous informent encore, comme celui de Time Magazine en Ohio qui nous dit qu’Obama mène largement le vote par anticipation (60-40), alors que chez ceux qui voteront le 6 novembre il est au coude-à-coude avec Mitt Romney 45-45.

Il y a ceux que je refuse de prendre en compte au jour le jour, ces fameux tracking polls où « Obama +3, Romney -1 » ne veut plus rien dire sauf quand on regarde la tendance à plus long terme. Dans ce cas, Nate Silver, du New York Times (encore et toujours lui, c’est une référence), a un bon exposé sur la surutilisation du mot momentum pour qualifier la remontée de l’un ou de l’autre candidat dans les sondages

Les sondages qui font rire

Et puis il y a les sondages à prendre avec un grain de sel. Le premier est le sondage des masques d’Halloween. Très sérieusement, un magasin de costumes et de masques du Texas affirme qu’il a vendu plus de masques de Barack Obama que de Mitt Romney et que c’est bon signe pour le président. En effet, les ventes ont été un bon baromètre des élections présidentielles depuis 1996.

Il y a aussi le sondage des tasses de café des dépanneurs 7-11. Plus de clients versent leur café dans des tasses en carton bleu Barack Obama que dans des tasses rouges Mitt Romney. Le 7-Eleven a réussi à prédire le résultat des trois dernières élections présidentielles de cette façon. Mais attention, ces résultats de vente datent déjà du début octobre, on ne sait pas si la tendance se maintient!

Donald Trump, encore lui

M. Trump, qui ne rate pas une occasion de faire parler de lui, a offert de verser 5 millions de dollars à une œuvre de charité si le président Barack Obama publie ses demandes d’entrée à l’université et ses demandes de passeport.

Le milliardaire espère encore pouvoir prouver sa théorie que le président n’est pas né aux États-Unis, mais plutôt au Kenya (et ne serait donc pas qualifié pour être président), malgré le fait que le président ait publié son acte de naissance à Hawaï. Donald Trump affirme que les demandes d’entrée à l’université et les demandes de passeport de Barack Obama ne sont pas accessibles parce que le candidat y a indiqué son véritable lieu de naissance.

Le président a ri des efforts de M. Trump lors d’une entrevue au Tonight Show avec Jay Leno

Raz-le-bol des pubs aussi

Je rentre de Floride et si je leur envie le temps magnifique qu’il y fait, je n’envie pas les Floridiens pendant cette campagne électorale parce qu’ils sont inondés de publicités.

À la télévision il n’y a que des annonces politiques, semble-t-il. Quand ce n’est pas la campagne nationale d’un des candidats, c’est un Super PAC, une campagne au Congrès ou une élection floridienne. À la radio commerciale, c’est pareil, et les gens reçoivent en plus des appels téléphoniques automatisés pour les inciter à voter.

Les électeurs de la Floride sont pris dans le déluge depuis le cycle des primaires républicaines, donc depuis presque un an.

Moi qui pensais que c’était déjà trop dans le District de Columbia où je réside. Ici, l’élection présidentielle n’est pas un enjeu passionnant, la victoire de Barack Obama fait peu de doutes, mais les résidents de DC sont tout de même inondés de pubs électorales parce que l’État voisin de Virginie est un enjeu, et qu’il y a deux référendums au Maryland qui sont chaudement débattus. À heure de grande écoute, 4 des 6 publicités de chaque pause sont électorales. Mais je ne les écoute plus, je ne fonctionne qu’avec l’enregistreur vidéo numérique.

Et je me demande si les Américains ne font pas comme moi. Qu’est-ce qui prouve qu’ils portent encore attention à tout cela? Quels arguments n’ont-ils pas déjà entendus mille fois?

Il faut croire que les campagnes y croient encore. Elles viennent de placer 100 millions de dollars de publicité pour les deux semaines à venir surtout dans les marchés de l’Ohio, de la Floride et du Nevada.

Pour comprendre l’ampleur du phénomène, voyez ce reportage tourné au Nevada par ma collègue Joyce Napier :
 

Le Venezuela aux urnes

Samedi 6 octobre 2012 à 18 h 03 | | Pour me joindre

Pour me joindre

Twitter:

jmleprince

Élections au VenezuelaUn scrutin impeccable

Treize scrutins en quatorze ans, le système est bien rodé. C’est le meilleur du monde, a dit Hugo Chavez à de nombreuses reprises.

Le Centre Carter confirme. Dans un rapport préélectoral, il écrit : « Le système de scrutin vénézuélien est un des plus automatisés du monde, à chaque étape, de l’inscription du candidat à l’identification biométrique des électeurs aux tables de scrutin, en passant par l’émission des votes sur les machines à écran tactile, la transmission électronique des résultats et la tabulation centralisée des résultats. »

Le système de scrutin vénézuélien
Bref, la fraude est impossible. Les partis sont d’accord : 97 % des électeurs du Venezuela sont inscrits sur les listes électorales.

Il conclut : « Les deux campagnes ont rendu publiques leurs craintes de ce que la partie adverse ne veuille accepter les résultats. » Cela se produit à chaque élection.

Dans ce cas, le compte électronique est le résultat officiel, le Conseil national électoral publie les résultats de chaque urne et les compare. Si un parti politique n’est toujours pas satisfait, il peut faire appel à la Cour électorale de la Cour suprême de justice.

Le rapport du Centre Carter »

Le Centre Carter a été fondé en 1982 par l’ancien président des États-Unis Jimmy Carter. Il jouit d’un grand respect en Amérique latine et au Venezuela.

Une campagne moins reluisante

Au Venezuela, il n’y a pas de financement public des partis. Ces derniers doivent faire état de leurs contributions et de leurs dépenses au CNE, mais il n’y a aucune limite, et les données ne sont pas rendues publiques.

Le rapport du Centre Carter dit : « L’usage des ressources de l’État pour la campagne d’un président sortant est illégal au Venezuela. Le CNE a demandé à la campagne Chavez d’ôter des affiches d’édifices publics, mais des ONG ont rapporté un vaste usage de ressources gouvernementales pour appuyer la campagne Chavez, des véhicules pour le transport des volontaires et des partisans. »

Ministère du Pétrole et de l’Énergie (PDVSA) / Photo : Jean-Michel Leprince

Ministère du Pétrole et de l’Énergie (PDVSA) / Photo : Jean-Michel Leprince

« Les dépenses gouvernementales en programmes sociaux et services sont légales cependant… Le gouvernement a profité du prix élevé du pétrole et de l’emprunt public pour accélérer grandement les dépenses publiques, avec une augmentation particulièrement visible dans la construction de logements pour les pauvres. »

Logements sociaux recouverts d’affiches électorales / Photo : Jean-Michel Leprince

 

Logements sociaux au Venezuela / Photo : Jean-Michel Leprince

Dans les médias

Une « cadena »

Autrefois, les médias étaient presque totalement privés. Aujourd’hui, l’État possède cinq chaînes de télévision et plusieurs stations de radio qui font la promotion du programme et de l’idéologie du gouvernement. Mais, souligne le rapport, les télés d’État attirent 5,4 % de l’auditoire contre 61 % pour les privées et 33% pour la télé payante.

Chaque candidat a droit à trois minutes de publicité de télévision et à quatre de radio par jour et par station. « Cependant, la loi permet au gouvernement de diffuser des publicités institutionnelles, qui ressemblent beaucoup à des publicités de campagne, jusqu’à 10 minutes par jour et par station », dit le rapport.

« De plus, le président peut ordonner la diffusion obligatoire de ses discours (cadenas), ce qui a résulté en 40 heures et 57 minutes [d’antenne] pendant la campagne officielle du 1er juillet au 1er octobre. »

Finalement, le rapport Carter conclut qu’à l’exception de quelques médias qui ont fait d’importants efforts pour équilibrer leur couverture, « les médias vénézuéliens restent polarisés et tendent à rapporter sans contraste dans leur couverture, présentant un seul point de vue politique dans un seul article. Quelques médias ne rapportent qu’une vision négative du candidat auquel ils s’opposent et une vision positive du candidat qu’ils appuient ».

Journal Correo Orinoco / Photo : Jean-Michel Leprince

Cette polarisation se retrouve dans les médias internationaux, parallèles, de gauche, en particulier.

Il y a des inconditionnels fanatiques d’Hugo Chavez et du chavisme.

http://www.michelcollon.info/Chavez-5-mediamensonges-du-Soir-et.html

http://www.alterinfo.net/Venezuela-ce-que-ne-dit-pas-le-journal_a82137.html

Les liens précédents ont été fournis. Nos inconditionnels au Canada :

http://www.vigile.net/Attention-Arme-de-Manipulation

http://jacques.tourtaux.over-blog.com.over-blog.com/article-oscar-fortin-et-serge-charbonneau-s-expriment-sur-les-elections-presidentielles-au-venezuela-110897317.html

D’autres sons de cloche, à gauche également :

http://www.liberation.fr/monde/2012/10/03/caracas-la-mort-au-coin-de-la-rue_850662

http://america-latina.blog.lemonde.fr/2012/10/04/une-critique-de-gauche-du-venezuela-de-chavez/

http://fr.news.yahoo.com/antimod%C3%A8le-%C3%A0-gauche-141920120.html

Au Téléjournal : le thème de la santé de Hugo Chavez a été totalement absent de la campagne électorale. Pourtant, elle est dans l’esprit de tous les Vénézuéliens.

 

14 + 6 = 20 ans de Chavez?

Jeudi 4 octobre 2012 à 9 h 47 | | Pour me joindre

Pour me joindre

Twitter:

jmleprince

Et pourquoi pas 32 ans? Car Hugo Chavez a dit récemment qu’il voudrait être au pouvoir jusqu’en 2031.

Deux questions : les Vénézuéliens le voudront-ils le 7 octobre? La santé de Chavez, atteint d’un cancer, lui permettra-t-elle de finir un autre mandat de six ans?

Un « règne » mouvementé

  • Octobre 1992 – Coup d’État manqué du lieutenant-colonel Hugo Chavez et de quelques autres officiers de l’armée. Il fera deux ans de prison.
  • 1998 – Hugo Chavez est élu président de la République (56 %).
  • 1999 – Nouvelle Constitution adoptée par référendum.
  • 2000 – Chavez réélu pour six ans.
  • 2002 – Tentative de coup d’État de la droite. Chavez démissionne. Quarante-huit heures plus tard, des militaires loyalistes le restaurent au pouvoir.
  • 2003 – Grève du secteur pétrolier qui paralyse le pays.
  • 2004 – Chavez gagne le « référendum révocatoire » exigé par l’opposition.
  • 2005 – L’opposition boycotte les élections à l’Assemblée nationale, qui devient « chaviste » à 100 %.
  • 2006 – Chavez remporte l’élection présidentielle avec 61,3 % des voix.
  • 2007 – Chavez perd son référendum sur une nouvelle réforme constitutionnelle radicale.
  • 2009 – Chavez gagne son référendum pour pouvoir se faire réélire indéfiniment.
  • 2010 – L’opposition remporte la majorité des voix à l’élection législative, mais pas la majorité des sièges.
  • 2011 – Chavez est opéré d’un cancer à Cuba.
  • 2012 – Henrique Capriles Radonski, gouverneur de l’État de Miranda, est choisi candidat unique de l’opposition dans une primaire où 3 millions de personnes votent.

Hugo Chavez salue ses partisans au cours d’un rassemblement à Caracas le 17 septembre 2012.
Hugo Chavez salue ses partisans au cours d’un rassemblement à Caracas le 17 septembre 2012.

Le candidat de l’opposition, Henrique Capriles, salue ses partisans à Petare, le 16 septembre 2012.
Le candidat de l’opposition, Henrique Capriles, salue ses partisans à Petare, le 16 septembre 2012.

Hugo Chavez aime les scrutins

Depuis qu’il est au pouvoir, en 1999, il y a eu à peu près un scrutin par an. Élections présidentielles, législatives, référendaires… Chaque scrutin auquel j’ai assisté au Venezuela (4 ou 5) s’est déroulé de façon remarquablement pacifique, et les résultats n’ont jamais été remis en doute. Les campagnes électorales violent toutes les règles auxquelles nous sommes habitués et même les règles électorales du Venezuela (financement opaque, temps d’antenne déséquilibré, insultes, injures, campagnes de peur, etc.). Mais le scrutin lui-même, non. Cela permet à Hugo Chavez de dire que sa « démocratie » est exemplaire.

L’élection 2012 ne devrait pas faire exception.

Les élections au Venezuela

Des résultats serrés?

J’ai mis la couverture de la campagne en veilleuse une semaine pour couvrir l’Assemblée générale de l’ONU, et elle en a profité pour changer d’allure. Les sondages changent au quotidien maintenant, et Barack Obama semble vraiment avoir creusé l’écart avec son rival Mitt Romney, en particulier dans les États-clés de l’Ohio, de la Floride et de la Virginie, qui auront un impact sur la victoire.

Certains modèles de prévision s’emballent. Le politologue Sam Wang, de l’Université Princeton, affirme même que l’élan de Barack Obama va donner du souffle aux candidats démocrates. Son modèle donne maintenant 74 % de chances aux démocrates de remporter les 25 sièges dont ils ont besoin pour reprendre la majorité à la Chambre des représentants.

Un autre modèle, français celui-ci, voit le président Obama l’emporter, mais avec encore moins de pourcentage du vote populaire qu’en 2008.

Le consensus des prévisions est que les élections du 6 novembre prochain ne changeront rien au partage actuel du pouvoir : la Chambre demeurera aux mains des républicains, et le Sénat, aux mains des démocrates, avec un président démocrate, Barack Obama, réélu. Ce que les modèles n’arrivent pas à prévoir, c’est si les républicains seront plus enclins à collaborer avec les démocrates pendant ce second mandat!

Mais il reste cinq semaines…

Je continue de prêcher la prudence. L’élection présidentielle sera serrée et il faudra attendre les résultats dans une poignée d’États pour savoir qui l’emporte. Mais c’est vrai que la campagne de Mitt Romney a sérieusement dérapé, on n’a qu’à compter le nombre de fois où ses conseillers ont dit qu’ils réorientaient leur stratégie pour en avoir la preuve. Hier, de nouveau, son conseiller principal Kevin Madden affirmait que d’ici la fin de la campagne, M. Romney allait se concentrer sur le message suivant : les États-Unis ne peuvent pas se permettre quatre autres années semblables aux quatre dernières.

Les sondages sont-ils erronés?

Si les deux candidats sont au coude à coude, pourquoi voit-on que le fossé entre les deux candidats se creuse au-delà de la marge d’erreur dans certains sondages? Cela peut venir du fait que certains sondages ne mesurent que les électeurs enregistrés qui n’iront pas tous voter, contrairement aux électeurs probables. Et puis dans certains sondages, dans les États en particulier, les échantillons sont moins fiables.

Mais des républicains ont trouvé une autre explication : une conspiration des sondeurs pour donner un élan à la campagne de Barack Obama! Selon eux, la campagne de Mitt Romney va très bien et il l’emportera. Cela contredit les propos des conseillers de Mitt Romney, qui admettent que le candidat a besoin de renverser la vapeur…

Le débat

Je n’en dirai qu’une chose : le jeu pour les deux camps est de réduire les attentes, de dépeindre leur candidat comme bien moins bon que son adversaire. Cela, pour pouvoir ensuite qualifier la performance d’extraordinaire, ou dire qu’il fallait s’attendre à cette performance qui ne levait pas. On l’avait dit dès le départ.

Et voilà, lisez-moi après le débat, j’ai plein de choses encore à raconter, entre autres, à propos des tentatives de suppression du vote dans plusieurs États.

Chronique électorale américaine J-60

Vendredi 7 septembre 2012 à 16 h 31 | | Pour me joindre

Pour me joindre

Twitter:

manonglobensky

J-60, vraiment? Il y a un peu de confusion sur le calendrier. Si on compte la journée d’aujourd’hui comme jour 1, dans 60 jours on sera à la veille des élections, le lundi 5 novembre. Si on ne compte pas la journée d’aujourd’hui, dans 60 jours les Américains voteront, le mardi 6 novembre. C’est ce que la plupart des calendriers qui font le décompte semblent faire, alors allons-y pour J-60…

La fin des conventions

Comparer la campagne que font les candidats à la présidence à la cour que feraient deux prétendants pour le coeur d’une belle n’est pas nouveau. Mais hier soir, les républicains ont enfoncé ce clou en mettant en ondes une publicité dans laquelle une jeune femme dans un bar déclare à un Barack Obama en carton qu’elle le quitte, et que ce n’est pas sa faute à elle, mais sa faute à lui, que c’est lui qui a changé.

Barack Obama a renforcé cette image de la relation amoureuse dans son discours, comme en témoigne la manchette du USA Today : « Obama aux Américains : ne vous détournez pas (don’t turn away) ». Une relation amoureuse en difficulté si on revient aux mots du président jeudi soir.

« And while I’m very proud of what we’ve achieved together, I’m far more mindful of my own failings, knowing exactly what Lincoln meant when he said : « I have been driven to my knees many times by the overwhelming conviction that I had no place else to go. » » (« Je suis très fier de ce que nous avons accompli ensemble, mais je suis conscient de mes propres échecs, comprenant complètement ce qu’Abraham Lincoln voulait dire quand il a déclaré : « Je suis souvent tombé à genoux avec l’intime conviction que je ne pouvais pas faire autrement. » »)

Comme s’il était en thérapie de couple, le président a expliqué qu’il a changé, et il demande aux Américains de lui donner sa chance de le prouver. La chronique du New York Times reprend cette image du mariage en péril.

Avec Obama ça ne fonctionne pas

Les républicains avaient mis sur pied une machine à réactions très efficace durant la convention démocrate à Charlotte, avec une conférence de presse tous les jours et des communiqués de réactions presque immédiates après les grands discours (Michelle Obama, Bill Clinton…)

Le site Internet www.obamaisntworking.com a notamment mis en ligne une publicité qui reprend des extraits des discours de Barack Obama en 2008 et quasiment le mot-à-mot repris dans ses discours de 2012, avec le slogan « Toujours les mêmes platitudes ».

Mitt Romney, qui n’a pas fait campagne pendant que les démocrates étaient occupés à Charlotte, préférant se préparer au premier débat le 3 octobre où il affrontera le président Obama, a tout de même anticipé le discours d’investiture de son rival. Il a déclaré que le président devrait remplir les promesses qu’il a faites il y a quatre ans avant d’en faire des nouvelles.

Les démocrates confiants

David Plouffe, conseiller de Barack Obama, dans l’avion qui emmenait le président vers le New Hampshire pour un rallye, a estimé que la convention avait été très bonne pour les démocrates, qui ont réussi à gonfler à bloc leur organisation de terrain. Un autre haut responsable du parti a rappelé que le président a un peu d’avance sur Mitt Romney dans les sondages dans les États-clés. Il ne voit pas comment le candidat républicain réussirait à convaincre les indécis dans une proportion de 4 pour 1 dans ces États, ce dont il a besoin pour remporter la victoire. Très confiants ces messieurs, malgré les huit semaines de campagne et les quatre débats à venir…

Souvenirs de convention

Il y avait beaucoup plus de vendeurs de souvenirs de la convention et de la campagne à Charlotte qu’à Tampa. Chez les républicains, on ne trouvait à peu près rien d’autre que les souvenirs officiels, dont la vente va garnir les coffres du parti.

Ça m’a rappelé la Coupe du monde de football et les Jeux olympiques, où la FIFA et le CIO ont le monopole des souvenirs vendus aux abords des stades…. à prix d’or. Chez les démocrates, ça avait plutôt l’air d’une foire, et des gens sont venus de loin pour tenter de faire un peu d’argent. Il y avait les articles officiels, mais aussi beaucoup de place pour les initiatives personnelles.

Les deux articles qui se sont le mieux vendus? Un t-shirt imprimé « Obama Y’all » (vous tous), pour rappeler que la convention se tenait bien dans le sud des États-Unis, où ce patois pimente chaque fin de phrase ou presque. Aussi, une marionnette à main en feutre très simple de Barack Obama, que les deux jeunes Noirs qui l’ont imaginée destinaient aux enfants. Ils ont vite compris que les adultes aimaient cette allusion à la manipulation des politiciens. Le souvenir d’un goût douteux? Une paire de shorts pour dames avec en grosses lettres, côté postérieur, « Behind Obama ».


Invoquer la stabilité politique et économique pour redonner le pouvoir à un gouvernement usé, comme le fait La Presse vendredi matin en endossant Jean Charest, est un argument universel. En Angola, les alliés du régime de José Eduardo Dos Santos, au pouvoir depuis 33 ans, disent la même chose. 

Après 27 ans de guerre civile, le président sortant a reconstruit et relancé le pays, riche en pétrole, de façon spectaculaire : une croissance économique moyenne de 10 % depuis 10 ans, une des plus fortes de la planète. « Laissons-le continuer le beau travail », entend-on dans les chambres de commerce. 

Toute comparaison est toutefois boiteuse. Au Québec, on a beau se désoler de nos politiciens et dénoncer, avec raison, nos scandales de corruption, quand on se compare, on se console. Les Québécois ont le pouvoir, mardi, de changer de gouvernement. Les Angolais, eux, ne l’ont pas, même s’ils votent aujourd’hui. Le président Dos Santos sera réélu, malgré toute la corruption qui mine le développement économique du pays. Il restera au pouvoir. Car malgré un système démocratique sur papier, l’État angolais ne l’est pas encore. L’opposition continue d’être opprimée, souvent violemment écrasée.  

J’étais à Luanda en juin. Quelques centaines de vétérans manifestaient pour réclamer la pension qu’ils n’ont jamais reçue depuis la fin de la guerre civile, il y a 10 ans, malgré les 45 milliards de revenus du pétrole empochés annuellement par le gouvernement. Ces hommes ont permis au régime communiste de Dos Santos de combattre et de remporter une guerre sanglante contre des rebelles puissamment armés, et appuyés par les États-Unis et l’Afrique du Sud. Au lieu de les écouter, on leur a tiré dessus. Si on traite ainsi des alliés naturels du régime, imaginez le traitement réservé aux opposants. 

J’ai rencontré Luaty Beirao à sa sortie de prison, après une arrestation rocambolesque à l’aéroport de Lisbonne en juin. « C’était un piège », raconte l’opposant angolais dans un beau français chantant, appris pendant ses études à Paris. « Le gamin qui a fait l’enregistrement à Luanda s’est approché de moi pour me dire : « Il y a quelque chose, ils ont fait quelque chose dans ton bagage, fait attention. »  

L’économiste devenu rapeur allait en Europe pour une tournée de concerts. Après une dénonciation anonyme, des douaniers portugais trouvent un kilo de cocaïne planté dans sa bicyclette. « C’était pas possible que moi, j’avais mis ce gros paquet dans ma roue, c’était même pas dissimulé, c’était mis comme ça, à la con. C’était tellement mal fabriqué, c’était trop flagrant comme piège. Je suis sûr que le juge a trouvé que c’était scandaleux, il m’a remis en liberté en attendant le procès. »

Pourquoi aurait-on voulu piéger Luaty?  « Pour me mettre en prison, me faire taire à deux mois des élections, faire passer l’idée que, comment quelqu’un qui est un trafiquant de drogues peut avoir une opinion valide, crédible? »

Luaty est un des chefs de file des « indignés » angolais, ces jeunes qui ébranlent les murs du temple Dos Santos depuis mars 2011, inspirés par les révoltes populaires en Tunisie et en Égypte. Lors d’une manifestation, en mars dernier, des policiers en civil lui ont fracassé le crâne.

« J’aurais pu être mort avec ça, un coup dans la tête », dit-il en me montrant une cicatrice longue de 10 cm, sur le côté droit. « Mais je ne peux pas arrêter, je ne peux pas me taire par peur de mourir. Je préférerais qu’on me laisse vivre. Mais si la conséquence c’est aussi grave, on prend les risques, tous les jours. J’espère seulement planter une semence, qu’on puisse lui mettre un peu d’eau, et que ça puisse donner quelque chose, quoi. »

Malgré la campagne de répression, Luaty a organisé d’autres protestations, il y a deux semaines.
« Le mouvement des jeunes a creusé, depuis 18 mois, des trous dans la dure carapace du régime », déclarait-il à Reuters le 18 août. Et l’argument de la stabilité, de la croissance économique qu’on risquerait d’affaiblir en changeant de gouvernement?  « Pour moi, nous disait-il en juin, ces chiffres ne veulent rien dire, c’est bon pour impressionner les gens du business, mais ça ne contribue qu’à enrichir une petite bourgeoisie, ça ne se reflète pas dans la vie des gens communs. »

L’Angola, complètement dévasté il y a 10 ans, est maintenant un des pays les plus riches de l’Afrique, avec un revenu national brut (RNB) de  4874 $ par habitant. Mais l’écart entre riches et pauvres est aussi un des plus grands au monde. Cette cassure saute aux yeux dans la capitale. Le centre pullule de tours à condos de luxes, souvent vides, d’autoroutes flambant neuves qui ne suffisent déjà plus à un parc exponentiel de voitures rutilantes, pendant que deux millions d’Angolais s’empilent dans les bidonvilles autour de la ville, avec des chemins de terre à peine carrossables et un accès très limité à l’eau potable. 

« On a la paix depuis 10 ans, dit Luaty, mais on ne voit rien sauf ces dirigeants qui s’enrichissent, que des gratte-ciel que 98 % de la population ne va jamais mettre le pied dedans, ça sert à quoi, ça sert à qui? »

Chronique électorale américaine J-75

Vendredi 24 août 2012 à 10 h 01 | | Pour me joindre

Pour me joindre

Twitter:

manonglobensky

Dans 75 jours, les Américains choisiront entre le candidat républicain,  Mitt Romney, ou le président démocrate sortant, Barack Obama. Ils renouvelleront aussi la totalité de la Chambre des représentants et le tiers du Sénat. Cette chronique, que je me promets de faire assez régulièrement, nous mènera jusqu’au mardi 6 novembre et peut-être au-delà, si un État décide de se prendre pour la Floride…

L’allure de la campagne

Il y a une multitude de sondages, chaque média national a le sien, puis il y a les sondages d’organisations partisanes, des instituts indépendants, etc.  J’aime bien consulter le site Real Clear Politics, qui propose une moyenne des sondages et donc, une façon de suivre les variations semaine après semaine. Et si vous vous attardez au graphique, sous le tableau, vous verrez que depuis avril, moment où Mitt Romney est devenu le candidat pressenti du Parti républicain, il est au coude-à-coude avec Barack Obama.

Rien de ce qui a été fait et dit au cours des 19 dernières semaines de campagne (les dizaines de millions de dollars dépensés en publicité par les deux candidats, leurs partis et les « super-PAC » qui les appuient) n’ont fait bouger l’opinion publique américaine. On dit même que le nombre d’indécis est très peu élevé pour ces élections.

Il y a quand même ceux que les sondeurs appellent les « décidés mous », que tant M. Obama que M. Romney tente de faire changer d’idée. En ce sens, l’argent dépensé par la campagne Obama dans le but avoué de définir Mitt Romney aux yeux des électeurs avant qu’ils apprennent à le connaître vraiment l’a bien servi. 

Jusqu’à maintenant (et je rappelle qu’il reste 10 semaines avant le vote, donc ça pourrait changer et rechanger), Barack Obama a évité que l’élection soit perçue comme un référendum sur son premier mandat. Il voulait la présenter comme un choix entre deux visions, et c’est comme ça que la campagne est perçue.

Calculs mathématiques

Vous savez que le président n’est pas élu au suffrage universel, mais par les grands électeurs du collège électoral, où chaque État a droit à un nombre de votes selon son poids au Congrès. Il faut 270 grands électeurs pour l’emporter. Il y a de nombreux sites web qui présentent des cartes où on extrapole sur la mathématique nécessaire à la victoire pour l’un ou l’autre des candidats, comme Politico. On peut même faire ses propres prédictions sur celui-ci.

Vu à la télévision

Au moment où la convention républicaine approche à grands pas, au moins deux réseaux de télévision, ABC News et NBC News, ont réalisé des reportages sur le mormonisme, la religion de Mitt Romney, qui est un mystère pour beaucoup d’Américains. Entre 10 et 20 % d’entre eux, selon les sondages, sont même tentés d’appeler ça une secte. Mitt Romney est très discret sur son rôle dans l’Église de Jésus Christ et des Saints des Derniers Jours. Il a quand même accepté la semaine dernière que les journalistes l’accompagnent jusqu’au service, mais pas à l’intérieur.

Ce que je lis

Convention oblige : The real Romney, écrit par deux journalistes du Boston Globe, Michael Kranish et Scott Helman, qui s’appuient sur cinq ans d’entrevues et de recherche.

Ce que je voudrais lire

No easy day, the autobiography of a navy seal, par Mark Owen (nom de plume), qui raconte l’histoire du raid qui a mené à la mort d’Oussama ben Laden. L’auteur a participé au raid et a pris sa retraite depuis. Les services secrets n’ont pas tenté d’en empêcher la publication. Je me demande si ça fait bien paraître le président Obama…..

Le livre sera disponible le 11 septembre, mais il est déjà en tête des ventes d’Amazon.