Billets classés sous « chômage »

La population est très fatiguée. Énormément de personnes ont dû quitter leur maison en raison des bombardements. L’économie d’Alep n’existe plus, les gens sont au chômage, les prix se sont envolés. Il y a d’énormes queues devant les boulangeries de la ville. La vie est un enfer :

« Quand j’étais petite, raconte Tatiana, ma mère me disait « tu dois aller à l’université pour bien gagner ta vie ». Je suis diplômée depuis cinq ans, mais je n’ai pas de quoi payer un loyer ».

La jeune publicitaire de 26 ans s’est résignée, comme plus de 100 000 Portugais depuis cinq ans, à partir en Angola, une ancienne colonie portugaise en Afrique qui connaît une croissance spectaculaire. Une des nombreuses boutiques fermées à Lisbonne, dans un édifice qui ne trouve aucun locataire.  Une des nombreuses boutiques fermées à Lisbonne, dans un édifice qui ne trouve aucun locataire.

Au Portugal, le chômage chez les jeunes atteint 35 %, du jamais vu depuis 45 ans. Les banques, qui ont longtemps prêté de l’argent qu’elles n’avaient pas, ont fermé le robinet. La crise a déjà mis au chômage les deux tiers des travailleurs de la construction du pays, soit près de 400 000 personnes. Et poussé des dizaines de milliers de jeunes professionnels sur le chemin de l’exil. 

Tatiana a pris l’avion mardi matin pour Luanda le cœur gros, car elle laisse derrière elle son fils de 10 ans. « Je veux d’abord m’installer, lui trouver une bonne école, stabiliser ma situation, mais ce matin, j’aurais voulu le mettre dans ma valise, dit-elle la voix étouffée par les sanglots. J’aime mon pays, mais mon pays ne m’aime pas ».

Le caméraman de Radio-Canada Alfonse Mondello filme un complexe géant de logements à prix modiques, abandonné il y a deux ans à Lisbonne.Le caméraman de Radio-Canada Alfonse Mondello filme un complexe géant de logements à prix modiques, abandonné il y a deux ans à Lisbonne.

En Angola, Tatiana va toucher un salaire quatre fois supérieur et son employeur fournit la maison avec domestique. « Je ne veux pas partir, mais je crois que je serai heureuse là-bas, car même si les Angolais sont très pauvres, ils sourient. Ici, la vie est belle, mais les Portugais ne sourient plus ».

Un autre chantier à Lisbonne, suspendu depuis deux ans à cause de la crise économique qui frappe de plein fouet le secteur de la construction. Un autre chantier à Lisbonne, suspendu depuis deux ans à cause de la crise économique qui frappe de plein fouet le secteur de la construction.

WASHINGTON — Quand on écrira la petite histoire de la campagne présidentielle de 2012, cette fin de semaine du Super Bowl sera sans doute considérée comme un tournant : le moment où le ton de la campagne a soudainement changé.

En grande partie, ce sont les bonnes nouvelles économiques et, plus particulièrement les chiffres du chômage, qui auront forcé ce changement.

Mais on aurait tort de penser que cette élection va se jouer strictement sur le taux de chômage, d’autant que des économistes sérieux et non partisans comme ceux du Congressional Budget Office estiment que le nombre de sans-emploi va augmenter d’ici la fin de l’année.

Mais on constate aussi que certaines politiques économiques du président Barak Obama commencent, bien que plus tard que prévu, à porter leurs fruits.

Pendant ce temps, chez les républicains, on note certains signes inquiétants. D’abord, la mobilisation n’est pas là. On note une baisse importante du taux de participation aux primaires et caucus, ce qui signifie probablement que les électeurs républicains sont plutôt déçus du groupe de candidats qui s’offre à eux.

Dans cette brochette pas particulièrement attirante, l’ancien gouverneur du Massachusetts, Mitt Romney, a réussi à s’imposer. Et il est difficile de voir comment il pourrait perdre la nomination républicaine. Aucun autre candidat n’a les ressources, l’organisation ou ne suscite suffisamment d’enthousiasme pour barrer la route à Romney.

Ce qui ne signifie pas que la course est pour autant terminée. Newt Gingrich, avec des moyens financiers limités, dit déjà qu’il va aller jusqu’au bout et qu’il peut tenir jusqu’à la convention républicaine en août.

Mais quand on voit le ton des attaques de Gingrich contre son principal adversaire, cela laisse entrevoir une sorte de long derby de démolition qui ne peut que faire mal à Mitt Romney à long terme. D’ailleurs, les sondages montrent que plus le temps passe, plus les Américains ont une image négative de Romney. Les attaques qu’il doit encaisser dans son propre parti ne peuvent être étrangères à cette situation.

En plus des critiques de ses adversaires, il devient de plus en plus clair que Mitt Romney a un petit côté gaffeur, qui pourrait lui coûter cher lors de l’élection générale. Même s’il est clair que certaines de ses déclarations ont été utilisées hors de leur contexte, il reste que des phrases échappées comme : « Je ne m’occupe pas des plus pauvres » ou « J’aime congédier des gens » vont nuire à l’image de Romney.

Mais, avec la situation économique qui s’améliore, le principal problème de Mitt Romney risque d’être ailleurs. Ce pourrait être le fait que toute la logique de sa candidature serait dépassée quand les Américains voteront en novembre.

« C’est un candidat unidimensionnel. Il veut être le PDG des États-Unis, mais la présidence, c’est beaucoup plus que cela », disait récemment Rick Santorum, l’un des adversaires de M. Romney pour l’investiture républicaine.

Depuis le début de la campagne, Romney n’a, en effet, qu’un seul discours : Obama est responsable des difficultés économiques actuelles et l’expérience de Romney dans le secteur privé reste la meilleure garantie qu’il pourra faire mieux.

C’est un discours qui ne tient la route que si le pays traverse de grandes difficultés et craint de retomber en récession à n’importe quel moment. Si les Américains ont le sentiment que les choses s’améliorent, c’est un discours qui risque de sonner de plus en plus faux.