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Michaëlle Jean , nouvelle secrétaire générale de l'Organisation internationale de la francophonie
Michaëlle Jean , nouvelle secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie

Michaëlle Jean devient la première femme à diriger le « boy’s club » de la Francophonie. C’est un exploit. La Francophonie ne compte qu’une femme chef d’État, la présidente de la République centrafricaine, un pays suspendu par l’OIF. Ce sont donc exclusivement des hommes, 44 chefs d’État et de gouvernement, qui ont nommé la Canadienne pour succéder au Sénégalais Abdou Diouf.

Mme Jean a remporté sa première bataille au Canada. C’est ici qu’elle a mené sa première campagne. Au départ, le gouvernement conservateur de Stephen Harper n’était pas convaincu de vouloir appuyer, encore moins financer, la candidature de l’ex-gouverneure générale nommée par le libéral Paul Martin. L’ancienne journaliste est peut-être devenue fédéraliste, mais elle n’est pas réputée pour ses convictions de droite.

L’appui du gouvernement québécois n’était pas non plus gagné d’avance. L’ex-ministre des Relations internationales Jean-François Lisée, que j’avais questionné sur le sujet, refusait d’appuyer sa candidature. L’arrivée au pouvoir du gouvernement de Philippe Couillard a changé la donne pour Mme Jean. Convaincre Ottawa, le Québec et le Nouveau-Brunswick, les trois gouvernements membres en règle de la Francophonie, a été son premier exploit.

Ce « consensus canadien » a été la principale force de sa campagne, jusqu’à la fin. Le front commun canadien, avec l’appui discret de la bureaucratie de l’OIF, a fini par faire plier la France, qui, jusqu’à vendredi, privilégiait un hypothétique « candidat du consensus africain ».

Michaëlle Jean a été la seule candidate à faire véritablement campagne dans plusieurs pays stratégiques, avec un programme axé sur une francophonie plus « économique ». Son mandat ne sera pas facile, car elle aura des moyens diminués. Elle parle cinq langues, se dit du Nord et du Sud.  Elle se battra avec conviction pour la diversité culturelle, dans une mondialisation qui menace les identités plus fragiles.

Cela n’enlève rien aux qualités de sa candidature de dire qu’elle devient la numéro un de la Francophonie par défaut. Si les Africains avaient réussi à se rallier derrière une candidature africaine, Michaëlle Jean ne l’aurait pas emporté.

Les gens des délégations du Québec et du Canada étaient inquiets depuis leur arrivée à Dakar. Ils ont vu à quel point les Africains tenaient à un candidat de leur continent. Ils ont constaté aussi à quel point certaines politiques du gouvernement Harper nuisaient à la candidature de Michaëlle Jean. Le retrait du Canada de plusieurs pays africains et, surtout, la récente décision de suspendre les visas des ressortissants des trois pays touchés par l’Ebola ont hanté la candidature de la Canadienne.

La France, qui finance 53 % du budget de l’OIF, appuyait l’idée d’un candidat africain… jusqu’à hier. La chute de Blaise Compaoré, président du Burkina Faso chassé du pouvoir par la colère de la rue il y a quelques semaines, a rendu difficile la promotion, à tout prix, d’un des candidats africains. L’un avait gagné le pouvoir par un violent coup d’État. Trois autres étaient issus de régimes connus pour les abus de pouvoir et les violations des droits de l’homme.

Le candidat de dernière minute, que la France a beaucoup cherché, n’est jamais venu. Les Africains ont été incapables de faire leur propre consensus.  Sans doute parce qu’aucun des candidats africains n’était assez fort pour s’imposer.

Au-delà des jeux de pouvoir et de coulisses, au-delà de cette « défaite africaine », la Canadienne d’origine haïtienne s’est imposée aussi parce que c’est une femme noire. Michaëlle Jean a réussi à convaincre un grand nombre d’Africains et beaucoup, beaucoup d’Africaines, qu’elle était une des leurs. C’est peut-être là son plus grand exploit.

Cette affaire sordide est l’une des histoires les plus importantes du Mexique depuis de nombreuses années.

Non seulement la police municipale d’Iguala, dans l’État du Guerrero, a mitraillé les autobus dans lesquels se déplaçaient les étudiants et a fait six morts, mais elle en a fait littéralement disparaître 43 autres.

Même au Mexique, c’est difficile de faire disparaître des personnes, la spécialité des narcotrafiquants. Mais 43 d’un coup, c’est un comble.

Tout ça parce qu’on les soupçonnait de vouloir perturber une activité du maire et de son épouse.

Cela fait des années qu’on sait et qu’on dit que les corps de police et la politique à bien des niveaux sont infiltrés par le crime organisé. Le phénomène touche des milliers de municipalités et bien des États.

Celui qui a donné l’ordre d’arrêter les étudiants, le maire d’Iguala, et son épouse sont en prison. Des dizaines d’agents de la police municipale également. Cette affaire est la preuve éclatante de cette infiltration.

Il faut être sur place pour sentir cette terreur sourde des habitants d’Iguala, qui savent et voient des choses horribles tous les jours dans leur ville et dans les environs. Et personne ne veut, personne ne peut en parler.

Il faut être sur place aussi pour sentir la détresse des familles des 43 disparus, dans l’angoisse depuis maintenant cinq semaines. Ils sont persuadés que leurs enfants sont encore vivants, malgré la version officielle qui les a décrétés morts.

 

À lire aussi : 

La Caroline du Nord, l’Arkansas, la Louisiane, le Colorado et le Kansas sont parmi les États qui seront les plus chaudement disputés le 4 novembre, à l’élection de mi-mandat aux États-Unis.

Alors que la Chambre des représentants (435 sièges) restera fort probablement sous la gouverne des républicains, les démocrates tentent tant bien que mal de garder le contrôle du Sénat. À la Chambre haute, 36 des 100 sièges sont renouvelés cette année.

Actuellement, les démocrates dirigent le Sénat avec 55 sièges, contre 45 pour les républicains. Ces derniers doivent donc remporter seulement six sièges pour dominer la Chambre haute et le Congrès en entier.

Historiquement, les élections de mi-mandat aux États-Unis prennent l’allure d’un référendum sur la performance du président au pouvoir. Le 4 novembre prochain ne fera pas exception.

L’impopularité du président

Les candidats démocrates, qui se présentent pour un poste de sénateur ou de représentant au Congrès à Washington, souffrent déjà de l’impopularité de Barack Obama.

Aucun d’entre eux ne souhaite s’associer aux politiques de la Maison-Blanche, ni même à la réforme de l’assurance maladie, l’Obamacare, qui, de l’avis de plusieurs, est un succès.

Le frein mis à la réforme de l’immigration et la montée du groupe armé État islamique au Proche-Orient ont miné la crédibilité du président au cours des derniers mois.

Critiqué par son ex-secrétaire d’État, Hillary Clinton, et par son ex-secrétaire à la Défense, Leon Panetta, qui reprochent à leur ex-patron de ne pas être intervenu en Syrie pour armer les rebelles, Obama a perdu beaucoup de crédibilité en matière de politique étrangère.

Seulement 42 % des Américains approuvent le travail du président démocrate, selon le dernier sondage Gallup. C’est à peine 4 points de pourcentage de plus que Georges W. Bush juste avant les élections de mi-mandat de 2006.

Mais si les Américains sont insatisfaits du travail du chef de la Maison-Blanche, ils ne sont pas prêts à voter les yeux fermés pour les républicains, qu’ils tiennent responsables des nombreuses impasses budgétaires et législatives vécues à Washington.

Ce qui explique que plusieurs démocrates sont encore dans la course, malgré l’impopularité de leur chef.

Les républicains en excellente position

Dans ce contexte, des États comme la Caroline du Nord et le Kansas, par exemple, auraient dû être des gains plus faciles pour les républicains au lieu de courses serrées actuellement.

L’argent a aussi joué un rôle, comme toujours diront certains, mais encore un peu plus durant ces élections de mi-mandat, où les candidats auront dépensé au moins 3,6 milliards de dollars, soit 40 millions de plus qu’en 2010.

Les républicains sont, malgré tout, en excellente position pour prendre le contrôle du Congrès à Washington. Ils mènent dans les sondages dans 7 des 10 courses les plus serrées.

Mais Sénat républicain ou pas, le président Obama va devoir tout de même naviguer dans des eaux troubles durant les deux dernières années de son mandat. Entre autres, il devra procéder par décret pour imposer sa réforme de l’immigration.

Une réforme qu’il a tardé à mettre en place afin de ne pas nuire aux démocrates durant ces élections de mi-mandat, mais qui ironiquement pourrait lui coûter des sièges au Congrès en raison du mécontentement des Latino-Américains.

À lire aussi : les analyses des élections américaines de la Chaire Raoul-Dandurand, de l’Université du Québec à Montréal

Les enterrements sanitaires font partie des mesures déployées pour contrer la contagion de l’Ebola en Guinée.

Au début, les dépouilles des victimes étaient nettoyées et enterrées loin des familles, pour éviter que des gens en deuil touchent au corps hautement contagieux du défunt.

Cela a poussé certaines familles à cacher leur mort pour l’enterrer dignement, selon leurs pratiques religieuses.

La Croix-Rouge guinéenne a donc modifié ses façons de faire. Elle permet maintenant à un membre de la famille d’assister à toutes les étapes de la préparation du corps. Toute la famille peut prier le corps, à une saine distance, et assister de loin à son enterrement.

 « Il y a eu des rumeurs disant que les volontaires de la Croix-Rouge, après le décès, découpaient les membres de leur parent. Donc, ils ont décidé d’associer la famille pour que tout se passe devant eux. » –  Abdoul Aziz Sylla, un volontaire de la Croix-Rouge guinéenne qui s’occupe de ces enterrements depuis mars.

« Je suis un être humain, me dit Addoul Aziz Sylla. Si je vois des personnes en détresse, j’ai pitié d’eux et je dois agir. C’est ça qui m’a motivé à m’engager dans ça, pour sauver l’humanité. »

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La dépouille d’un diamentaire guinéen, mort de l’Ebola mardi à Conakry, est désinfectée une dernière fois à l’entrée d’un cimetière par des travailleurs de la Croix-Rouge guinéenne. Photo : Radio-Canada/Sophie Langlois

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Photo : Radio-Canada/Sophie Langlois

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Photo : Radio-Canada/Sophie Langlois

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Photo : Radio-Canada/Sophie Langlois

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Les membres de la famille regardent de loin. Ils ne s’approchent qu’à la fin, quand les rameaux recouvrent le sac mortuaire.

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Le plus jeune des fils du défunt a insisté pour pelleter un peu de terre sur son père. Photo : Radio-Canada/Sophie Langlois

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Photo : Radio-Canada/Sophie Langlois

Voici d’autres images prises à Conakry, en Guinée, sur l’épidémie d’Ebola.

L’AGONIE D’UN HOMME AU MARCHÉ DE MADINA

Des travailleurs de la Croix-Rouge récupèrent le corps d’un homme possiblement mort de l’Ebola. Il agonisait depuis trois jours sous l’étal du marché de Madina, le plus grand du pays. Aboul Aziz va chercher les corps des victimes de l’Ebola et les enterre depuis le tout début de l’épidémie, en mars dernier. « Je le fais parce que je suis un être humain. Quand l’humanité souffre, il faut l’aider », dit-il, trempé de sueur après avoir enterré un diamantaire mort dans la nuit. La température à l’intérieur des combinaisons protectrices qu’il porte peut atteindre 50 degrés Celsius. Ces travailleurs guinéens de Médecins sans frontières et de la Croix-Rouge sont mes nouveaux héros.

 

Le corps est transporté dans une camionnette jusqu’au centre de traitement de l’Ebola de Médecins sans frontières, à Conakry, pour vérifier s’il est contaminé.

 

Des centaines de personnes ont assisté à l’événement. Beaucoup d’entre elles se sont indignées du fait qu’il a fallu trois jours pour que les autorités viennent au secours du malade.

 

 

VISITE AU CENTRE DE TRAITEMENT DE L’EBOLA DE MSF

Le centre de traitement de Médecins sans frontières à Conakry soigne la majorité des malades de l’Ebola de la capitale. Quand nous y étions, 51 patients en isolement y étaient traités.

La plupart des travailleurs du centre sont guinéens. Lorsqu’on les a interviewés, ils étaient méconnaissables sous leurs masques. En effet, plusieurs travaillent là sans que leur famille le sache, de peur d’être rejetés.

 

Mohamed Lamine Kaba, médecin guinéen spécialiste des maladies infectieuses, basé à Dakar, est venu en août passer ses vacances au centre de Conakry. Il est toujours là et ne compte pas repartir avant décembre.

 

« On travaille pour sauver la nation », explique le menuisier Joseph Beavogui.


Des infirmières, des médecins, des menuisiers et des logisticiens se préparent à aller dans la zone d’isolement où sont soignés les malades de l’Ebola.

 

 

Les Américains, y compris leur président, ne cessent de répéter qu’ils sont prêts à affronter chez eux des cas d’infections au virus Ebola. Ils assurent que leur système de santé est robuste, et que leurs infirmières et médecins sont parmi les meilleurs du monde.

À la lumière du premier cas d’Ebola à Dallas, au Texas, la question se pose sérieusement : les Américains sont-ils vraiment prêts?

Thomas Eric Duncan est arrivé aux États-Unis en provenance du Liberia le 20 septembre dernier, sans aucun symptôme.

Six jours plus tard, il se rend à l’urgence d’un hôpital de Dallas en raison d’un malaise. L’infirmière lui aurait demandé s’il a voyagé en Afrique de l’Ouest au cours des derniers mois. Le patient a répondu que oui.

Malgré ce oui clair et précis, le personnel médical du Texas Health Presbyterian Hospital lui a donné congé, et il est retourné à la maison avec des antibiotiques.

Comment expliquer qu’un patient arrivant du Liberia, le pays le plus touché par l’Ebola, puisse tout simplement reprendre le chemin de la maison après s’être présenté à l’urgence avec des symptômes ressemblant à ceux du virus?

On apprenait lors d’un point de presse, le 1er octobre, que l’infirmière n’a pas transmis au reste du corps médical l’information selon laquelle le patient arrivait du Liberia. Il a été hospitalisé deux jours plus tard.

Cette erreur inexplicable a donc permis à un patient atteint de l’Ebola, aux États-Unis, de retourner chez lui. Ça multiplie les risques de contaminer des dizaines de personnes. Résultats : des enfants de la région de Dallas avec qui cet homme aurait été en contact sont actuellement sous surveillance médicale.

Ces mêmes spécialistes en santé publique répètent aussi qu’il n’y a pas d’autres cas, et que les chances que le virus se propage sont minces. Oui, peut-être, on veut rassurer la population. Mais n’est-il pas un peu trop tôt pour faire de telles prédictions, alors que la période d’incubation du virus peut s’étendre jusqu’à 21 jours?

Force est de constater que les Américains ont échoué à leur premier test concernant la présence du virus Ebola sur leur territoire.

Les États-Unis peuvent se vanter d’assurer les meilleurs soins de santé du monde. Mais sans la première ligne qui transmet l’information correctement, les risques de propagation de ce virus mortel, même en Amérique, sont bien réels.

Daphné Bégin et ses camarades du projet Bracelets de l'espoir
Daphné Bégin et ses camarades du projet Bracelets de l’espoir

Ils sont jeunes, vivent à La Prairie, en banlieue de Montréal, et ils savent maintenant qu’avoir une garde-robe et un garde-manger garnis de produits achetés au rabais coûte des vies. Grâce à Lyne Bowes, une enseignante passionnée de géographie et d’histoire, 120 jeunes de l’école secondaire la Magdeleine ont appris cette année que 168 millions d’enfants dans le monde s’usent la santé au travail, au lieu d’user des bancs d’école.

« Ça m’attriste parce que je m’imagine que ce sont mes jeunes frères et sœurs obligés de travailler au lieu d’aller à l’école, et moi je trouve que l’école c’est important », dit Victoria Galassi, l’une des élèves qui ont participé au projet Bracelets de l’espoir.

« Ça m’a touché parce que oui, ils travaillent. C’est déjà mal, mais en plus ils travaillent dans des conditions horribles. » – Jean-Félix Leduc.

Les jeunes ne se sont pas arrêtés à l’indignation. Pendant le mois de mai, ils ont vendu des bracelets qu’ils avaient fabriqués avec ces petits élastiques très à la mode ces mois-ci dans les cours d’école.

« Les élèves eux-mêmes appellent ça les bracelets de l’amitié, explique l’enseignante Lyne Bowes. Je me disais que ce serait un geste d’amitié envers ces enfants qui travaillent, de la part d’enfants choyés, pour qu’ils puissent changer le monde, une personne à la fois. »

« Il y a des enfants qui ont plein d’argent, la plus haute technologie, des maisons géantes, puis il y en a d’autres qui n’ont absolument rien, qui ont de la misère à survivre tous les jours. C’est une lutte avec la vie pour pouvoir survivre, ça n’a pas d’allure! », s’exclame, indignée, Daphné Bégin.

La jeune a conçu avec des camarades, dans leur cours d’anglais, une vidéo de sensibilisation qui montre l’horreur des enfants forcés au travail. Comme ces gamins en Côte d’Ivoire qui se blessent avec des machettes trop lourdes pour eux dans des plantations de cacao.

Antoine Poirier est scandalisé de voir qu’on tue des enfants à petit feu pour produire le chocolat à moindre coût. « Il y a des insecticides pour empêcher de nuire à la production, c’est un enfant qui fait ça, c’est super dangereux, super toxique, il n’y avait aucun équipement. C’est pour ça qu’ils meurent tôt. Ils ne sont plus vraiment en santé. Je préférerais payer le chocolat plus cher, et qu’il soit fait par du monde plus âgé, avec de l’équipement de protection. »

Les élèves ont aussi envoyé des lettres au premier ministre du Canada, Stephen Harper, et à des dirigeants d’entreprises soupçonnées d’acheter des biens et des matières premières produits par des enfants. La compagnie Hershey’s, qui achète du cacao de la Côte d’Ivoire, a répondu qu’elle avait un programme pour éliminer le travail des enfants d’ici 2020.  Les réponses reçues sont publiées sur la page Facebook du projet, Bracelets of Hope, conçue dans le cours d’anglais.

« Avec plusieurs petites actions comme ce qu’on fait avec les bracelets, on peut faire beaucoup d’argent. On a réussi à ramasser un gros montant, ce qui va aider à ouvrir des écoles dans les pays de pauvreté », dit Jean-Félix.

« On peut changer le monde, petit à petit, renchérit son copain Antoine Montpetit. Mais ça prend beaucoup de temps et beaucoup d’argent pour le faire. »

En vendant leurs bracelets 2 $, les élèves ont collecté 4217 $. L’argent sera remis à une petite ONG de Longueuil, Aide internationale pour l’enfance, qui sort des enfants de l’esclavage en Inde. Les fonds amassés par les jeunes de La Prairie serviront à scolariser, pendant un an, 25 enfants de 6 à 11 ans, qui travaillaient dans une décharge publique.

Un bouc émissaire nommé Donald Sterling

Mercredi 30 avril 2014 à 15 h 59 | | Pour me joindre

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Paul Millsap (24) du Jazz de l’Utah et Ryan Hollins (15) des Clippers de Los Angeles Photo : AFP/JEFF GROSS

La controverse entourant le propriétaire des Clippers de Los Angeles a rapidement touché une corde bien sensible aux États-Unis. À peu près tout le monde y a ajouté son grain de sel. Le président Barack Obama, lui-même noir, croit que « quand les ignares veulent montrer leur ignorance, il n’y a rien d’autre à faire que de les laisser parler ». Cette semaine, personne ne semble aimer Donald Sterling aux États-Unis. Encore moins depuis que la NBA l’a puni si fortement et l’a répudié si publiquement.

En quelques jours, Donald Sterling est devenu le symbole du raciste ignorant et intolérant. Celui venu d’une autre époque. Le cinéaste Spike Lee est même allé jusqu’à le comparer à un esclavagiste (« the mentality of a slave master »,  a-t-il lancé à CNN, après avoir marqué une pause, comme pour bien peser le poids de ses mots).

Dans le passé, Donald Sterling avait déjà été accusé de racisme. Des poursuites ont été intentées contre lui. Après des années de tolérance, la NBA s’est finalement résolue à sanctionner son comportement. « C’est contraire aux principes d’inclusion et de respect » de la NBA, une ligue « multiculturelle et multiethnique ».

Les Américains ont été très nombreux à applaudir les sanctions contre Donald Sterling. Ils ont aussi salué le courage du nouveau commissaire de la NBA Adam Silver. L’ancien n’avait rien fait, malgré les multiples allégations de racisme lancées par des joueurs, des employés et des locataires de ses appartements. Ce qu’on a moins entendu, c’est un rappel que le racisme est encore bien présent dans l’ensemble de la population américaine. Des Donald Sterling, il y en a probablement des milliers aux États-Unis. La grande différence avec le milliardaire? Leurs commentaires privés ne sont pas diffusés aussi publiquement. Aux sondeurs, ils sont cependant prêts à l’admettre.

« C’est un rappel très clair, a lancé Kevin Johnson, un ancien joueur vedette de la NBA (aujourd’hui maire de Sacramento). Nous avons encore beaucoup de travail à faire. Oui, nous avons un président afro-américain. Oui, la justice a été rapide (dans le cas Sterling). Tout cela nous rappelle que la haine et le sectarisme sont encore bien présents. J’espère que chaque intolérant dans ce pays voit ce qui est arrivé à M. Sterling et qu’il reconnaisse que, s’il peut être puni, vous pouvez l’être aussi. »

Le joueur canadien Steve Nash (un Blanc) a aussi fait des commentaires dans le même sens. L’intolérance est subtile, discrète. Par exemple, on conteste devant les tribunaux la légalité des programmes de discrimination positive, notamment pour l’entrée à l’université. La Cour suprême a récemment tranché contre la discrimination positive. Une décision qui a été hautement décriée par l’une des juges, la première hispanophone à siéger au plus haut tribunal du pays.

Depuis l’élection de Barack Obama, les Américains se disent plus racistes qu’auparavant. Prenez les statistiques et voyez par vous-même. Séparez les Américains selon la couleur de leur peau. C’est frappant et presque immanquable : plus la peau est pâle, plus facile semble la vie aux États-Unis. Même les bambins à la peau noire auraient la vie plus difficile à l’école.

Je ne dis pas qu’il n’y a pas eu de progrès depuis les émeutes raciales des années 60. Les données illustrées au bas de cette page montrent une certaine progression de la qualité de vie des Afro-Américains. Mais comme l’indique le titre de l’article, l’égalité raciale est encore insaisissable. Ce qui est plus palpable, ce sont les commentaires de Donald Sterling. Il est devenu un symbole du racisme, un symbole bien visible pour un problème qu’il est plus facile d’ignorer.

À regarder la télé américaine ces jours-ci, c’est tout comme s’il n’existait qu’une seule actualité vraiment importante : la disparition du vol MH370 de Malaysia Airlines.

Oubliez la Crimée, les vagues de réfugiés qui déferlent en Italie, les problèmes économiques de l’Europe, la réforme de la santé du président Obama. C’est de cet avion disparu dont tiennent à parler CNN, Fox et MSNBC.

Ne vous y méprenez pas : ce drame est important. La douleur des familles des passagers est immense, difficilement descriptible.

Radio-Canada en parle aussi, probablement beaucoup. Mais ce que font les télés américaines semble plus que trop. C’est le genre de couverture mur à mur qui rappelle les attentats de septembre 2001. Ce sont des heures de « nouveaux développements », d’innombrables « breaking news », qui sont en fait d’énormes spéculations basées sur peu de faits concrets.

Prenez l’annonce australienne d’une découverte de ce qui pourrait être des débris d’avion dans un secteur isolé et peu fréquenté du globe.

L’animateur vedette Anderson Cooper est rentré d’urgence en studio pour souligner l’importance de cette annonce, faite en fin de soirée aux États-Unis. L’animateur déjà en place à CNN ne pouvait probablement pas être à la hauteur de ce développement.

Remarquez, toute cette couverture fait un bon spectacle. Les télés ont d’impressionnants graphiques et déploient les grands moyens. Pendant au moins trois jours, l’une d’entre elles diffusait du cockpit d’un simulateur de vol de 777 basé en Ontario. Aucun aspect de la question ne semble y échapper : l’influence des courants marins sur la position des débris, la puissance des satellites commerciaux, les divers signaux que transmet un avion, les coûts pour assurer un avion de ligne (2 milliards, apparemment).

La qualité des images n’est pas très bonne, mais ça vaut la peine de vous montrer quelques exemples de la couverture américaine :




Mais à trop vouloir combler le temps d’antenne, les télés frôlent parfois le ridicule. Voici quelques perles :

  • « Breaking news », titrait l’une des chaînes : les piles des boîtes noires s’épuisent (alors qu’il leur restait plus de la moitié de leur durée de vie d’environ un mois).
  •  On a évoqué la possibilité que l’avion ait disparu dans une sorte de Triangle des Bermudes, ou se soit écrasé sur l’île mystérieuse de la série télé Lost.
  •  On a beaucoup spéculé sur la personnalité des deux pilotes, sur le fait que l’un d’eux possède un simulateur de vol, d’où des données auraient été effacées.
  •  On a présumé que l’enquête aurait été plus rapide, que plus d’info aurait été disponible si le drame avait touché une compagnie américaine.

Bien sûr, une bonne partie de tout cela sert les impératifs commerciaux des réseaux. CNN, notamment, a réussi à battre ses concurrents dans la course aux spectateurs.

Mais la qualité de l’information en souffre, au point où le spectateur que je suis n’arrive plus à distinguer les théories basées sur des faits de la pure spéculation. Reste l’aspect divertissant…

Pour les proches des disparus, le mystère ne peut probablement pas être résolu assez rapidement. Mais les réseaux américains donnent l’impression qu’en quelque sorte, plus longtemps on cherche cet avion, mieux c’est…

La vérité sur les armes à feu

Dimanche 15 décembre 2013 à 6 h 49 | | Pour me joindre

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Aux États-Unis, il y a peu de sujets aussi délicats, aussi polarisateurs que le débat sur les armes à feu. Il s’agit, dit-on, des eaux les plus troubles où naviguer en politique américaine. C’est un mélange d’argent (les millions des fabricants d’armes), d’émotions (la douleur des parents qui survivent à un enfant), d’intimidation (les politiciens ciblés par le lobby des armes) et d’ambitions (ces mêmes politiciens). La religion s’en mêle. Bref, le genre de sujet qu’on évite dans un événement social. C’est aussi un sujet qui semble être basé davantage sur les émotions que sur des faits.

Je ne parle pas des morts. Chaque victime est de trop. Dans une tuerie comme dans un accident de chasse. Mais au-delà du nombre incroyablement élevé de victimes (plus de 30 000 par année, autant que la population d’Alma ou de Côte-Saint-Luc, au Québec), il est difficile de trouver des données pour appuyer ses positions. Y a-t-il vraiment 310 millions d’armes en circulation aux États-Unis? C’est une approximation, une estimation basée sur des sondages et de vieilles statistiques. En divisant le nombre d’armes par la population totale du pays, on obtient le plus important ratio au monde, devant la Syrie et le Yémen. On ne peut pas savoir non plus combien de ménages ont des armes. Est-ce trois sur quatre? Un sur trois?

Creusez, vous le constaterez : il existe un important flou dans la qualité des données sur les armes à feu aux États-Unis. Il existe aussi peu de recherches scientifiques (impartiales, qui ne sont pas liées à des groupes de pression) sur les armes, les causes des accidents, les techniques pour rendre les fusils plus sûrs. Étrange pour un pays si préoccupé par les armes? Peut-être pas. Comme avec beaucoup de questions dans ce dossier, la réponse tient aux gestes de la NRA, le groupe le plus actif du puissant lobby des armes. (Rolling Stones en a fait un portrait bien détaillé , le New York Times aussi.)

Depuis 1996, le fédéral ne finance plus de recherches scientifiques sur la violence causée par les armes à feu. C’est aussi simple que cela. Une décision des élus américains, basée sur les pressions de la NRA. La loi qui accorde des fonds à la recherche pour prévenir des blessures interdit les travaux qui pourraient servir au contrôle des armes à feu. Il se faisait de la recherche avant (avec l’agence de santé publique des États-Unis, les CDC.) En 2012, l’interdiction a aussi été appliquée à l’équivalent du ministère de la Santé. La NRA soutient que les CDC « publiaient des articles qui étaient des opinions politiques déguisées en recherche médicale ».

Bref, on craignait la propagande. Parmi les questions qui intéressaient les chercheurs à l’époque, on en trouve une importante : êtes-vous plus en sécurité avec une arme à la maison, ou plus à risque de blesser ou de tuer un proche (accidentellement ou sous l’effet de la colère)? D’autres questions importantes demeurent sans réponse :

  • d’où proviennent les armes utilisées par les mineurs qui commettent des crimes?
  • combien de temps s’écoule-t-il entre l’achat d’une arme et un suicide?
  • la vérification des antécédents d’un acheteur fait-elle vraiment une différence?
  • est-ce que la capacité d’un chargeur a un impact sur le nombre de victimes lors d’une tuerie?

Des réponses claires à ces questions pourraient influencer les discussions, convaincre les élus d’agir pour améliorer la sécurité des Américains, sans nécessairement restreindre l’accès aux armes pour ceux qui y voient un loisir. Le président Obama le sait bien. Après Newtown, il a ordonné la reprise des recherches. « On ne profite pas de l’ignorance », avait-il expliqué. Une position qui a déclenché une mini-controverse et soulevé une certaine opposition.

Alors que le souvenir de l’horreur de Newtown revient dans nos esprits, il est utile de rappeler que des dizaines d’enfants sont tués chaque année par des armes à feu. Pas seulement dans des tueries. Surtout par accident. Deux garçons qui jouent ensemble et découvrent une carabine chargée. Une jeune curieuse qui prend l’arme supposément cachée de sa mère. Depuis Newtown, au moins 120 jeunes Américains seraient morts de cette façon. Une épidémie, selon certains. Un drame que la recherche pourrait aider à atténuer. La technologie peut-elle empêcher un enfant d’utiliser l’arme de ses parents par accident? On ne sait pas. Les cours de prévention (donné par la NRA notamment) sont-ils vraiment efficaces? Difficile à dire.

Dans les mois qui ont suivi l’ordre du président, les CDC ont établi les priorités de recherche concernant les armes à feu. La liste contient quelques dizaines de questions. Obtenir ces réponses prendra probablement des années de recherche. Si recherche il y a. L’interdiction de 17 ans sur la recherche a découragé bien des scientifiques, qui se sont trouvé d’autres spécialités. Et puis il faudra financer cette recherche. Cette tâche revient aux élus du Congrès. « Les probabilités sont presque nulles », lançait le responsable d’un groupe proche de la NRA.

Difficile d’espérer obtenir la vérité sur les armes à feu!