Billets classés sous la catégorie « Amérique latine »

Cette affaire sordide est l’une des histoires les plus importantes du Mexique depuis de nombreuses années.

Non seulement la police municipale d’Iguala, dans l’État du Guerrero, a mitraillé les autobus dans lesquels se déplaçaient les étudiants et a fait six morts, mais elle en a fait littéralement disparaître 43 autres.

Même au Mexique, c’est difficile de faire disparaître des personnes, la spécialité des narcotrafiquants. Mais 43 d’un coup, c’est un comble.

Tout ça parce qu’on les soupçonnait de vouloir perturber une activité du maire et de son épouse.

Cela fait des années qu’on sait et qu’on dit que les corps de police et la politique à bien des niveaux sont infiltrés par le crime organisé. Le phénomène touche des milliers de municipalités et bien des États.

Celui qui a donné l’ordre d’arrêter les étudiants, le maire d’Iguala, et son épouse sont en prison. Des dizaines d’agents de la police municipale également. Cette affaire est la preuve éclatante de cette infiltration.

Il faut être sur place pour sentir cette terreur sourde des habitants d’Iguala, qui savent et voient des choses horribles tous les jours dans leur ville et dans les environs. Et personne ne veut, personne ne peut en parler.

Il faut être sur place aussi pour sentir la détresse des familles des 43 disparus, dans l’angoisse depuis maintenant cinq semaines. Ils sont persuadés que leurs enfants sont encore vivants, malgré la version officielle qui les a décrétés morts.

 

À lire aussi : 

La Chine à la conquête de l’Amérique latine

Vendredi 25 juillet 2014 à 7 h 49 | | Pour me joindre

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Les présidents chinois et cubains Xi Jinping et Raul Castro à Cuba, le 23 juillet dernier.
Les présidents chinois et cubains Xi Jinping et Raul Castro à Cuba, le 23 juillet dernier

Le président Xi Jinping vient de conclure une nouvelle tournée de huit jours en Amérique latine, sa deuxième en 18 mois. Fidèle à son habitude, le numéro un chinois a profité de l’occasion pour faire le plein de contrats extrêmement lucratifs. Il a signé 15 accords de coopération avec le Brésil, 19 avec l’Argentine, 38 avec le Venezuela et 30 avec Cuba.

Ces ententes contrastent avec la longue domination économique des États-Unis dans la région. La Chine investira 4 milliards de dollars au Venezuela en échange de pétrole. En tout, c’est près de 35 milliards de dollars qui déferleront dans toute l’Amérique latine et le bassin des Caraïbes dans des projets d’infrastructure.

Même si le dirigeant chinois a insisté pour dire que ce voyage n’était pas un voyage « d’idéologie », puisqu’il a d’abord participé aux rencontres du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) qui se tenaient au Brésil, il a cependant passé la plupart de son temps à côtoyer des dirigeants de gauche à la suite de la conférence. Des dirigeants qui ont peu ou pas d’atomes crochus avec les États-Unis, comme à Cuba et au Venezuela.

Mauvaises nouvelles pour Bombardier

La région est un marché clé pour la Chine. Le commerce bilatéral avec l’Amérique latine est passé à 262 milliards de dollars l’an dernier. Le Brésil et l’Argentine sont d’ailleurs devenus les principaux partenaires de Pékin sur ce continent.

Le séjour de Xi Jingping a aussi permis de signer une série d’accords avec Embraer, dont un pour la vente de 60 jets d’une valeur de près de 7,5 milliards de dollars.

Cette vente « ferme » contraste avec les « engagements de commandes » obtenus par Bombardier il y a une semaine, lors du salon aéronautique de Farnborough en Grande-Bretagne, pour son futur moyen-courrier CSeries d’une valeur potentielle de 1,5 milliard de dollars.

Influence croissante de l’Asie

Des milliards de dollars pourraient aussi arriver bientôt en Argentine. La Chine s’est engagée à construire 2 barrages hydroélectriques dans le sud du pays d’une valeur de 4,4 milliards de dollars et 11 navires qui pourraient représenter un investissement de 423 millions de dollars.

Le dernier arrêt du président chinois s’est fait à Cuba. Une visite à la fois stratégique et de convenance, puisque la Chine est depuis quelques années l’un des principaux alliés économiques de La Havane. Comme dans les autres pays, son arrivée a été rapidement suivie par une vague d’accords principalement dans le domaine des télécommunications et de la construction immobilière.

Certains analystes voient dans cette visite une tentative de la Chine pour élargir son influence dans une région qui a toujours été la « cour arrière » des États-Unis. D’ailleurs, malgré le danger d’investir dans des économies volatiles comme l’Argentine, Cuba et le Venezuela, Pékin semble pour le moment penser que le risque en vaut la peine.

 

Le narcotrafiquant colombien Pablo Escobar, descendu par la police en 1993, est un des plus grands criminels du XXe siècle. Il a littéralement changé la face de la Colombie en lui infligeant le narcoterrorisme dont elle souffre encore (cf. les FARC), mais il a aussi changé la face du monde en introduisant massivement le fléau de la cocaïne en Amérique du Nord et en Europe.

Sa vie fait l’objet d’un film hollywoodien en cours de tournage au Panama en ce moment (Paradise lost, d’Andrea di Stefano avec Benicio del Toro, Carlos Bardem, Josh Hutcherson et Corbet Brady).

Il reste peu de témoins directs et surtout encore vivants de l’entourage de Pablo Escobar. Mais il y a son frère Roberto, personnage étonnant, qui était le comptable du Cartel de Medellin. Il vit, très discrètement, toujours à Medellin.

Roberto voulait être coureur cycliste. Son surnom : « El Osito », l’ourson, le nounours. Son frère Pablo l’entraîne sur le chemin du narco trafic. Il raconte sa vie de comptable du Cartel de Medellin, dans ce livre, qu’il a dicté en espagnol et qui a été traduit en anglais : L’histoire du comptable. Dans le monde violent du Cartel de Medellin. Selon Roberto, le livre est un best-seller en Australie (!?!). Il dit aussi qu’il n’a jamais rencontré son coauteur, David Fisher. Il ne lui a jamais parlé directement non plus! À l’époque de notre rencontre, il se plaignait de n’avoir pas reçu le moindre dollar de droits d’auteur, autre qu’une avance d’un montant non précisé.

Le reportage à Une heure sur terre, dimanche 19 mai 2013 à 14 h. 

Images Benoît Roussel, montage André Roch.

Escobar était un sujet tabou en Colombie jusqu’à récemment : trop douloureux pour beaucoup de familles victimes de meurtres et d’attentats. Une série télévisée de prestige intitulée Pablo Escobar, le patron du mal, vient de battre toutes les cotes d’écoute à la télévision en Colombie. Elle a été jugée très fidèle à la réalité.

Comme tous les personnages encore vivants, le nom de Roberto a été changé dans la série télévisée du réseau Caracol de Colombie pour éviter les poursuites. Il se nomme Alberto Escobar, et son surnom, « el Osito » devient « Peluche », la peluche. L’acteur qui l’incarne, Carlos Narciso Napan, lui a parlé et il rapporte que Roberto n’a pas aimé la série : en particulier qu’on dise de lui qu’il ne connaissait rien aux mathématiques alors qu’il a fait des études d’ingénieur. Et surtout que leur mère est dépeinte comme quelqu’un qui se mêlait aux affaires louches de Pablo tandis qu’elle ne s’occupait que de philanthropie et d’œuvres sociales.

Aujourd’hui, la veuve de Pablo Escobar, Maria Victoria, et leurs enfants Juan Pablo et Manuela ont changé de nom et ils vivent paisiblement à Buenos Aires en Argentine.

Juan Pablo (aujourd’hui  Juan Sebastian Marroquin Santos) a produit un documentaire intitulé Juan Pablo Escobar, les péchés de mon père.

http://www.youtube.com/watch?v=OvEYZ2ouNT8

Le journal Le Monde rapporte qu’il a lancé sa marque de vêtements « Escobar-Henao » (Henao est le nom de jeune fille de sa mère) et que sur certains modèles figurent des reproductions de la carte d’identité et la carte de crédit du baron de la drogue.

http://www.lemonde.fr/style/article/2012/11/06/pablo-escobar-effigie-d-une-marque-de-vetements_1786250_1575563.html

Comme Roberto Escobar, la famille affirme que des milliards de dollars brassés par Pablo Escobar, il ne leur reste rien.

 

Jamais le Mexique n’a connu un tel vent de réformes structurelles fondamentales et, surtout, à une telle rapidité.

Élu en juillet 2012, Enrique Peña Nieto a pris le pouvoir le 1er décembre dernier.

Très tôt il conclut un Pacte pour le Mexique entre son parti, le PRI, et l’opposition du PAN et du PRD. Du jamais vu. Le Pacte, par contre, montre des signes d’effritement.

L’agence de notation Fitch vient de reconnaître les progrès du Mexique en relevant la note souveraine qu’elle lui attribue d’un échelon, à BBB+, en soulignant les bases économiques solides de l’économie mexicaine et en saluant la volonté de réforme.

« L’élan des réformes a dépassé nos attentes et nous avons assisté à des réformes structurelles qui, selon nous, vont favoriser la confiance dans le Mexique, ainsi que l’investissement et la dynamique de croissance à moyen terme », a déclaré Shelly Shetty, analyste senior de Fitch.

Après la décision de Fitch, le Mexique n’est plus qu’à un échelon de la catégorie A, dans laquelle le Chili est pour l’instant le seul pays latino-américain à figurer (Reuters).

Les réformes

La réforme des télécommunications brise le duopole de Televisa et TV Azteca et le quasi-monopole de Telcel, qui appartient à l’homme le plus riche du monde, Carlos Slim.

La réforme des lois du travail vise à réduire les emplois dans l’économie informelle en faveur d’emplois reconnus et encadrés.

Le gros morceau c’est la réforme de l’éducation. Il s’agit d’améliorer la qualité d’un enseignement public qui en a bien besoin. La réforme a été lancée en même temps que l’arrestation pour détournement de fonds de 200 millions de dollars de la « Maestra », Elba Esther Gordillo, présidente du tout-puissant syndicat des enseignants du Mexique.

Le syndicat contrôlait entièrement l’embauche des enseignants, dont les postes pouvaient s’acheter ou s’hériter. 79 % des Mexicains approuvent cette arrestation.

La « Maestra » est à présent derrière les barreaux.

Un mouvement de résistance à la réforme est en train de s’étendre à partir des États de Guerrero et d’Oaxaca. Un groupe dissident du syndicat proteste contre ce qu’il voit comme une tentative de privatiser davantage l’enseignement public. Il devrait être gratuit, mais les parents doivent payer toujours davantage les fournitures ou les uniformes scolaires.

Le président Peña Nieto veut maintenant s’attaquer à deux autres gros morceaux : la réforme financière et fiscale (les Mexicains paient très peu d’impôt) et la réforme du secteur pétrolier entièrement, contrôlé par la compagnie d’État Pemex et son puissant syndicat. Le but : ouvrir l’industrie pétrolière aux investissements étrangers sans dénationaliser Pemex.

Sécurité au Mexique

Mercredi 8 mai 2013 à 10 h 34 | | Pour me joindre

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jmleprince

Le nouveau président mexicain, Enrique Peña Nieto, aborde la question de la lutte contre les cartels de la drogue différemment de son prédécesseur, Felipe Calderon, qui avait envoyé l’armée les combattre jusque dans les rues.

Il veut s’attaquer d’abord à la violence, quelle qu’elle soit, pas forcément celle des narcotrafiquants, celle aussi des petits délinquants, et protéger d’abord les citoyens. Il ne veut plus compter sur l’armée, mais sur une nouvelle gendarmerie mieux adaptée.

Le dossier de la sécurité a été mis entre les mains de son ministre de l’Intérieur (Secretaria de Gobernación), Miguel Ángel Osorio Chong. Les États-Unis collaborent avec son plan Mérida, soit 2 milliards de dollars en aide matérielle (hélicoptères, drones) et renseignements. Les agences américaines (CIA, DEA), qui avaient un accès direct et libre aux polices et aux bureaux du procureur général du Mexique, passeront sous les ordres du ministre.

Tout le monde s’attendait à des frictions à ce sujet, mais Barack Obama a accordé toute sa confiance à la stratégie de son homologue, et son appui total, quelles que soient les décisions du dirigeant mexicain. Nouveau tout ça.

Le président Barack Obama et le président Henrique Peña Nieto à Mexico.
Le président Barack Obama et le président Henrique Peña Nieto à Mexico.

Il reste à voir Peña Nieto à l’oeuvre. Il est trop tôt (il a pris le pouvoir le 1er décembre 2012) pour voir si sa stratégie fonctionne.

Les milices d’autodéfense

La violence a diminué dans certains États du nord, mais elle est de plus en plus inquiétante dans des États comme Guerrero, Michoacan, Jalisco et Vera Cruz, et dans des villes comme Acapulco et Cuernavaca (Morelos), à une heure à peine de Mexico.

Un phénomène nouveau qui montre à quel point des communautés ont totalement perdu confiance en leurs institutions : polices, tribunaux, gouvernements locaux.

Au coeur d’une terre aride, rude, turbulente, entre Tierra Colorada et Chilpancingo

Des milices formées de bénévoles se sont constituées spontanément depuis le début 2013, et certaines polices communautaires ont réussi à rétablir la paix et la tranquillité dans leurs villes et campagnes. D’autres alimentent encore plus l’anarchie.

Regardez mon reportage au Téléjournal 21 h :

Nouvelle stratégie et changement radical d’attitude des États-Unis

Un phénomène inquiétant, notamment au Michoacan, où on ne sait pas toujours si les milices travaillent pour la population ou les narcotrafiquants.

Obama au Mexique

Mardi 7 mai 2013 à 15 h 42 | | Pour me joindre

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La grande séduction

Vous vous souvenez des « Tres Amigos »? Bush père avec Brian Mulroney? Les présidents Carlos Salinas puis Vicente Fox? Bill Clinton avec Jean Chrétien et Vicente Fox? W. Bush avec Vicente Fox puis Felipe Calderon?

Le Canada a toujours gardé un peu ses distances, mais les États-Unis, comme voisin immédiat, ont toujours prétendu entretenir une relation spéciale avec le Mexique. On l’aime bien le Mexique, pour la photo de groupe et les grandes déclarations d’amitié éternelle. Et puis, on l’oublie tout de suite après la visite officielle pour s’occuper de choses plus urgentes ailleurs dans le monde. Le Mexique se sent tenu pour acquis. (Le Canada aussi parfois, il faut l’avouer.)

Après s’être longtemps senti oppressé, menacé, par le géant du nord, le Mexique ne le craint plus vraiment, surtout depuis l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), mais il s’en méfie encore. Non sans raison…

Discours du président Obama devant des jeunes au Musée d'anthropologie de Mexico, le 3 mai
Discours du président Obama devant des jeunes au Musée d’anthropologie de Mexico, le 3 mai. Photo : AFP/Yuri Cortez

Mais c’est fini. Obama a séduit les Mexicains. Jamais président américain ne leur avait paru aussi sympathique, chaleureux, sincère, ouvert à leur histoire, à leur culture. Il les a tous fait craquer, le 3 mai dernier, avec son discours sous le parasol géant du magnifique Musée d’anthropologie de Mexico.

« Malgré les liens profonds et nos valeurs partagées, nos attitudes – dans les deux pays – restent piégées par les vieux stéréotypes. »

« Je suis venu au Mexique, car il est temps de mettre au rancart les vieilles mentalités. »

« En tant que président, j’ai été guidé par cette proposition de base : dans notre relation, il n’y a pas de partenaire senior ou de partenaire junior. Nous sommes deux partenaires égaux, deux nations souveraines qui doivent travailler dans un intérêt mutuel et un respect mutuel. » — Barak Obama

Pourvu que ça dure, pensent les Mexicains… Trop beau pour être vrai?

Selon le professeur Gabriel Fernandez de Castro, de l’université privée ITAM, « ce président est un internationaliste. Quelqu’un qui comprend bien l’importance du Mexique et de l’Amérique latine pour les États-Unis. »

Gabriel Fernandez de Castro

Il croit que Barak Obama est aussi un réaliste : « Obama comprend parfaitement que c’est grâce au vote hispanophone qu’il a été élu il y a quatre ans et réélu en novembre dernier. Obama sait qu’il a une dette importante envers les immigrants et (avec sa réforme migratoire) il essaie de tenir sa promesse électorale. [...] Il y a 11 millions de Mexicains aux États-Unis et plus de la moitié d’entre eux n’ont pas de documents (sont en situation illégale). »

Grâce à l’intégration des Mexicains illégaux et à l’arrêt du flux migratoire des Mexicains vers les États-Unis, le rapport entre les deux pays voisins devrait changer radicalement à moyen et à long terme.

Nicolas Maduro

  • Le dauphin, 50 ans, ancien chauffeur d’autobus, syndicaliste. Après le coup d’État manqué d’Hugo Chavez en 1992, il a milité pour sa libération.
  • Député, président de l’Assemblée, ministre des Affaires étrangères depuis 2006, il a développé des talents de diplomate. Toujours calme, affable, apparemment modéré, on reconnaît ses talents de négociateur. Il passe pour être l’homme de Cuba, où il a reçu une formation de syndicaliste.

Nicolas Maduro, vice-président du Venezuela, a été désigné par Hugo Chavez comme son successeur s’il n’était plus en mesure d’exercer le pouvoir alors qu’il a annoncé le 8 décembre le retour de son cancer.
Nicolas Maduro, vice-président du Venezuela

  • Le 7 décembre 2012, avant son départ pour Cuba, Hugo Chavez le nomme vice-président.

« Si quelque chose devait arriver, m’empêchant de gouverner de quelque manière que ce soit, Nicolas Maduro, dans ce cadre, doit conduire les affaires comme le prévoit la Constitution. »

  • Il évoque même la possibilité d’une élection due à son absence. Dans un scénario « qui obligerait à convoquer une élection présidentielle, vous devez élire Nicolas Maduro comme président ».
  • Et il ajoute : « Regardez jusqu’où il va, Nicolas, le chauffeur d’autobus du métro, comme ils se sont moqués de lui, la bourgeoisie… »

Diosdado Cabello

  • Quarante-neuf ans, une formation d’ingénieur au sein des Forces armées du Venezuela. Il a participé au coup d’État manqué de 1992 pour lequel il a fait deux ans de prison.
  • Il a occupé nombre de postes importants au sein du gouvernement. Gouverneur de Miranda, il a été défait en 2008 par le candidat de l’opposition aux présidentielles de 2012, Henrique Capriles. En tant que président de l’Assemblée nationale, c’est lui qui assurerait l’intérim avant une élection, s’il y avait vacance à la présidence.

Au Venezuela, le vice-président Nicolas Maduro (g) et le président de l'Assemblée nationale Diosdado Cabello (d)
Le vice-président, Nicolas Maduro, et le président de l’Assemblée nationale, Diosdado Cabello

  • Habile en affaires, décrit comme un membre puissant de la « bolibourgeoisie » (de la République bolivarienne du Venezuela, nom officiel du pays sous Hugo Chavez), très influent dans la fonction publique, il est détesté par l’opposition et redouté dans certains milieux chavistes.

UNE AFFAIRE DE FAMILLE

Cilia Flores

  • Épouse de Nicolas Maduro. Elle était avocate de la défense d’Hugo Chavez, emprisonné en 1992 pour sa tentative de coup d’État. Fidèle de la première heure.
  • Actuellement procureure générale, elle a été la première femme présidente de l’Assemblée nationale en 2006.

Le président du Venezuela, Hugo Chavez, et la présidente de l'Assemblée nationale, Cilia Flores, à Caracas en janvier 2009
Hugo Chavez, et la présidente de l’Assemblée nationale, Cilia Flores, à Caracas en janvier 2009

Rosa Virginia Chavez

  • Trente-deux ans, fille aînée du président et de sa deuxième épouse Nancy. Elle fait figure de première dame et accompagne son père dans toutes ses activités. Elle est l’épouse de Jorge Arreaza, 39 ans, ministre des Sciences et de la Technologie. Sa sœur cadette, Maria Gabriela , se trouve également à Cuba aux côtés de son père. Ce sont elles qui prendront les décisions importantes en ce qui a trait à sa santé.
  • De cette santé dépend l’avenir du Venezuela, superpuissance du pétrole. L’or noir a donné au Venezuela d’Hugo Chavez de l’influence à l’étranger et lui a permis de transformer radicalement le pays vers un « socialisme du 21e siècle ».

Le président du Venezuela, Hugo Chavez, et sa fille, Rosa Virginia, au balcon du palais présidentiel à Caracas en avril 2012
Hugo Chavez, et sa fille Rosa Virginia au balcon du palais présidentiel à Caracas en avril 2012

Conversation à l’émission Désautels sur l’état de santé du président Hugo Chavez et présentation d’un reportage sur l’importance du pétrole au Vénézuela (à 8 minutes du début):

Reportage diffusé sur RDI :
 

Entrevue sur la situation politique au Venezuela à l’émission Pas de midi sans info :

 

La santé d’Hugo Chavez

Lundi 7 janvier 2013 à 16 h 32 | | Pour me joindre

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jmleprince

Hugo Chavez ne va pas bien.

Opéré pour la quatrième fois d’un cancer le 11 décembre dernier après une seconde récidive, il souffre d’insuffisance respiratoire après une « grave infection pulmonaire » contractée après la chirurgie.

Le président sortant Hugo Chavez est réélu à la tête du Venezuela.
Le président sortant Hugo Chavez est réélu à la tête du Venezuela.

Le président du Venezuela est hospitalisé au CIMEQ, hôpital de l’ouest de La Havane, dans le quartier de Siboney, non loin de la résidence de Fidel Castro.

Le Centre d’investigations médico-chirurgicales se décrit comme une « institution de grand prestige national et international […] qui possède les techniques de soutien diagnostiques et thérapeutiques les plus avancées ».

Les autorités cubaines sont absolument silencieuses au sujet de l’état de santé d’Hugo Chavez. Celles du Venezuela se sont limitées à déclarer que l’état du président était « stable dans son cadre délicat » depuis presque quatre semaines.

Réélu aisément le 7 octobre 2012 pour un quatrième mandat, il devait prêter serment le 10 janvier. Il ne le pourra pas.

L’article 231 de la Constitution de 1999 stipule que : « Si pour un motif quelconque le président de la République ne peut prendre possession (du pouvoir) devant l’Assemblée nationale, il le fera devant la Cour suprême. » Aucun délai n’est précisé.

Le président de l’Assemblée nationale Diosdado Cabello a convoqué une grande manifestation d’appui à Hugo Chavez pour le 10 janvier.  L’Orchestre national des jeunes du Venezuela donnera un concert au grand théâtre Teresa Carreño.

La vie politique suit donc son cours : le vice-président Nicolas Maduro, nommé par Hugo Chavez à son départ pour La Havane, assume l’intérim. Le président a obtenu de l’Assemblée nationale son « congé » de gouvernement jusqu’à sa guérison.

Après quatorze ans de pouvoir, Hugo Chavez a profondément marqué son pays, l’Amérique latine, et il a essayé d’exercer son influence sur l’échiquier mondial. En jeu avec la santé d’Hugo Chavez, une politique étrangère plutôt originale….le reportage au Téléjournal :

Le Plan Sud du Chili

Jeudi 18 octobre 2012 à 11 h 18 | | Pour me joindre

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jmleprince

Au Québec, le nouveau gouvernement du Parti québécois veut reprendre à son compte le Plan Nord du gouvernement Charest. Mais il veut davantage le planifier et engager totalement les populations locales.

À l’extrême sud du continent, au Chili, il existe un projet semblable pour développer l’hydroélectricité de la Patagonie, qui servirait en partie l’énorme industrie minière du pays. Mais c’était sans compter sur une opposition farouche des écologistes et surtout de la population locale de la région d’Aysen, au centre de la Patagonie. Ils se sont révoltés.

Le fjord d'Aysen, en Patagonie
Le fjord d’Aysen, en Patagonie

Jean-Michel Leprince (à gauche) en compagnie d'Ivan Fuentes, pêcheur artisanal qui est devenu l'emblème de la révolte des gens d’Aysen.
Jean-Michel Leprince (à gauche) en compagnie d’Ivan Fuentes, pêcheur artisanal qui est devenu l’emblème de la révolte des gens d’Aysen.

L'humble « chaumière » d'Yvan Fuentes
L’humble « chaumière » d’Yvan Fuentes

Ivan Fuentes, pêcheur artisanal et syndicaliste, est devenu le chef naturel, emblématique de la révolte des gens d’Aysen. Sa réputation de meneur intelligent, rassembleur et modeste a fait le tour du pays. Les partis politiques le courtisent. Phénomène rare, c’est un Chilien à surveiller.

Le pont de Puerto Aysen, symbole des affrontements avec la police
Le pont de Puerto Aysen, symbole des affrontements avec la police

Le pont de Puerto Aysen est resté le symbole des violentes manifestations qui ont opposé les habitants aux forces de police en février 2012.

Puerto Chacabuco
Puerto Chacabuco

Ils protestaient d’abord contre le centralisme de Santiago, l’isolement de la Patagonie. Le manque de routes. Le bateau est le moyen de transport le moins coûteux, mais le plus long.

La carretera austral (Ruta 7)

Route légendaire à cause des paysages extraordinaires qu’elle traverse. Le dictateur Augusto Pinochet l’a commencée en 1975. Elle devait joindre Puerto Montt, la « Porte de la Patagonie » et Punta Arenas, 2286 kilomètres au sud, à la pointe du continent. Elle n’a jamais été terminée. Une partie infime de la route est asphaltée. Le reste est du gravier. Elle est coupée à plusieurs reprises, il faut prendre un traversier. Pour la terminer, il faudrait traverser deux parcs naturels privés, Pumalin, propriété du fondateur de la compagnie North Face, Douglas Thomkins. Il ne veut rien savoir.

Cette route, commencée par le dictateur Augusto Pinochet, n'a jamais été terminée.

Ce portique n’existe plus de nos jours.

Cette route, commencée par le dictateur Augusto Pinochet, n’a jamais été terminée.

Le projet d’HidroAysen

Les écologistes s’opposent aux projets de construction de centrales hydroélectriques dans l’Aysen. Le projet qu’ils visent le plus est celui de la compagnie privée d’HidroAysen, qui veut construire cinq barrages sur les fleuves Baker et Pascua.

Un hélicoptère de la compagnie HydroAysen, qui veut construire cinq barrages en Patagonie.
Un hélicoptère de la compagnie HydroAysen, qui veut construire cinq barrages en Patagonie.

Le gouvernement y ajoutera une ligne de transmission publique vers Puerto Montt, qui se connectera au réseau central et alimentera Santiago et la puissante industrie minière du nord. Les gens d’Aysen sont divisés et se demandent ce qu’ils y gagneront.

Sylvain Castonguay, cameraman, le pilote, German Wulf Gonzales, HidroAysen, Fernando Grarabito, recherchiste.

Les négociations entre le gouvernement et les gens d’Aysen sur les projets hydroélectriques, l’isolement et le manque d’infrastructures en santé et en éducation sont pratiquement rompues. Le gouvernement de Sebastian Piñera a soumis le projet de ligne électrique au Congrès pour accélérer sa construction, au grand dam des écologistes.

La population d’Aysen a le sentiment que s’il y a une sorte de « Plan Sud » au Chili (le gouvernement a des plans nommés Plan austral, Plan Aysen, Plan de développement des régions extrêmes), il n’est pas très bien planifié et ne tient pas compte de leurs besoins et de leurs revendications.

CLIQUEZ ICI pour regarder le reportage présenté à Une heure sur terre le 19 octobre 2012

Aussi, un reportage diffusé sur RDI le 18 octobre :

Les Vénézuéliens ont intérêt à aimer voter. Ils devront recommencer bientôt. Heureusement, le système est bien rodé, on l’a vu à l’élection présidentielle du 7 octobre.

Une Vénézuélienne qui vote

Élection de 24 gouverneurs le 16 décembre 2012

En fait, il s’agit d’élire 23 gouverneurs et le maire du Grand Caracas, pour un mandat de quatre ans.

En 2008, ces élections ont servi de test pour une opposition complètement discréditée qui commençait à se réorganiser à la suite du coup d’État manqué de 2002 et de son boycottage incompréhensible des élections législatives de 2005.

En 2008, le PSUV (Parti socialiste unifié du Venezuela) fait élire 15 gouverneurs et l’opposition, 9. Mais du côté de l’opposition, ce sont des poids lourds : à la marie du Grand Caracas, Antonio Ledesma et les gouverneurs d’États urbains et peuplés : Carabobo (Valencia), Lara (Barquisimeto), Miranda (Petare, banlieue de Caracas), Tachira (frontière colombienne), Zulia (Maracaibo).

Les gouverneurs du PSUV sont des amis d’Hugo Chavez, plusieurs sont d’anciens militaires.

Le 16 décembre ces candidats chavistes se présenteront sous les couleurs du GPP « Gran Polo Patriotico » et ceux de l’opposition sous celles de la MUD « Mesa de la Unidad Patriotica ».

Comme le président, les gouverneurs sortants ont le droit de se représenter.

Affiches d'Hugo Chavez

Élection des maires le 13 avril 2013

Dans son projet de réforme de la Constitution rejeté en 2007, Hugo Chavez voulait créer, en parallèle aux mairies, des conseils communaux (article 16, une nouvelle géométrie du pouvoir). Qu’importe, à partir de lois votées par l’Assemblée nationale, il veut créer 21 004 conseils communaux entre 2013 et 2016, plus 2699 autres chaque année, entre 2017 et 2019, pour couvrir l’ensemble de la population.

C’est la « démocratie participative », composante du projet de « socialisme du XXIe siècle », qu’Hugo Chavez, au cours de son nouveau mandat de 2013 à 2019, veut rendre irréversible.

« Cela [les Conseils communaux] ne va en rien affaiblir » les gouvernements régionaux, a dit Hugo Chavez (Últimas Noticias 11/9/2012). Précisément, ce que craignent les candidats de l’opposition aux municipales : ces conseillers seront-ils élus, nommés, etc.?

Dans le projet constitutionnel de 2007, des postes de vice-présidents régionaux, nommés par le président de la République, auraient été créés en parallèle à ceux des gouverneurs. Ils ne l’ont pas été.

Concrètement, depuis 2008, plusieurs gouverneurs d’opposition se plaignent d’érosion de leurs pouvoirs et de leurs transferts budgétaires fédéraux, de « nationalisation » d’infrastructures portuaires ou hospitalières, etc. qui leur apportaient des revenus autonomes.

Ce sont les plaintes du maire du Grand Caracas, Antonio Ledesma, totalement ignoré par le président qui a nommé Jacqueline Farias chef du gouvernement du district capital, une nouvelle institution.

Les plaintes aussi de Cesar Perez Vivas, gouverneur de Tachira, de Henry Falcon (transfuge du PSUV) dans Lara. Ils seront parmi les vedettes de l’opposition en décembre (entrevues à Radio-Canada, 2010).

Faute de clarté, les maires et les gouverneurs d’opposition redoutent une lente substitution des institutions qu’ils occupent par de nouvelles, dans le cadre du projet de « socialisme du XXIe siècle » d’Hugo Chavez.

N’a-t-il pas dit : « J’ai déjà mes candidats, comme Diosdado Cabello (proche et successeur possible d’Hugo Chavez) et Elias Jaua (vice-président ) pour avoir des gouverneurs avec qui je pourrai travailler? » (Últimas Noticias 11/9/2012) Prochaines nominations?

Même après la victoire éclatante d’Hugo Chavez aux élections présidentielles, la lutte entre droite et gauche au Venezuela continue de plus belle.

Affiche d'Hugo Chavez

Vive les élections!