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À propos de Manon Globensky

Manon Globensky a fait ses débuts comme reporter radio en 1986. Après avoir été correspondante parlementaire à Ottawa, elle a été nommée correspondante au Proche-Orient en 2004. À ce titre, elle a suivi le retrait israélien de la bande de Gaza, l'élection du Hamas et la guerre entre le Hezbollah et Israël en 2006. De 2007 à 2010, elle a été correspondante de la radio de Radio-Canada à Paris. Depuis l’automne 2010, elle est correspondante à Washington. Visitez le carnet de Manon Globensky

Au revoir Barack, bonjour Stephen

Vendredi 16 août 2013 à 16 h 48 | | Pour me joindre

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Il existe un qualificatif en argot américain qui s’écrit « mehhh », et qu’on peut traduire par « bof ». Il s’accompagne souvent d’un mouvement de la main à l’horizontale qui oscille de gauche à droite… couci-couça.

Pour moi, au moment où je quitte Washington, Barack Obama est un président « mehhh ». « Tu es dure », m’ont dit quelques amis à qui je faisais ce commentaire. Mais je ne vois pas comment, quand on regarde tout ce qu’il a promis, on peut considérer qu’il a un bon bilan à son actif.

Bien sûr, il y a eu des circonstances qui ont joué contre lui. Les crises financière et économique ont été intenses, sa marge pour intervenir pour stimuler l’économie a été bloquée après un seul plan de relance par la conviction idéologique des républicains et le printemps arabe est venu brouiller les cartes de sa main tendue aux musulmans.

Mais ce ne sont pas les seules raisons qui ont empêché ce président qui a fait du slogan « Oui on peut » sa marque de commerce d’aller au bout de ses idées. Je lui reproche surtout de ne pas avoir tenté de changer le système comme il le disait, d’avoir laissé l’argent continuer à jouer un rôle prépondérant en politique américaine. C’est qu’il en a bien profité lui aussi.

Et puis, Barack Obama, on voudrait parfois le secouer par les épaules tellement il donne l’impression d’être distant. Ahhhh! tout pour un Bill Clinton et ses écarts, ou un George Bush et sa « texanité »!

Ce qui m’amène à l’argument que je donne à mes amis encore épris de Barack Obama. Le temps fait bien les choses, et plus les années passent, plus le souvenir qu’on garde des présidents s’améliore. Bill Clinton est au sommet de sa popularité, et George W. aussi, attendrissants tous les deux dans leurs actions humanitaires et leurs propos dénués de langue de bois.

Alors, au revoir Barack, bonjour Stephen!

Le premier ministre canadien et moi, on se connaît de notre vie d’avant : lui était chef de l’opposition, et moi correspondante parlementaire. Il était déjà maniaque du contrôle du message, déjà secret à l’excès. Il avait de l’ambition, et moi aussi. Il est devenu premier ministre d’un gouvernement minoritaire, puis majoritaire. Je suis partie neuf ans vous raconter ce qui se passe ailleurs dans le monde.

Au fil des années, je n’ai pas été toujours rassurée de ce qui se passait au pays, en voyant des diplomates brillants réduits à être des haut-parleurs de la position que le Cabinet du premier ministre avait établie sans faire appel à leur expertise, ou en voyant l’étoile du Canada s’étioler à l’ONU.

Mais maintenant que me voilà de retour à Ottawa, comme analyste cette fois, je suis prête à me tourner vers l’avenir, à m’intéresser à où s’en va le pays. Voilà ce qui m’intrigue et les réponses que je chercherai. Va-t-on bien, mal ou couci-couça?

Hillary Clinton TBD

Mardi 11 juin 2013 à 14 h 35 | | Pour me joindre

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Hillary Clinton a fait une entrée remarquée sur Twitter. Sur ce qui sera son site officiel maintenant qu’elle n’occupe aucune fonction publique, @HillaryClinton met en ligne une biographie très intéressante d’elle-même où, après avoir résumé les fonctions qu’elle a occupées (FLOAR veut dire première dame de l’Arkansas, FLOTUS, première dame des États-Unis), elle relève avec humour l’intérêt démesuré parfois accordé à sa coiffure ou à ses tailleurs-pantalons. Démolisseuse de plafonds de verre, conclut-elle, et TBD -to be determined- ou « à suivre » dirait-on en français.

L’engouement a été immédiat. Mille abonnés à la minute au début, plus de 350 000 après une journée, le suspense que cet « à suivre » entretient à propos de ses plans pour les élections présidentielles de 2016 a donné lieu à une vague d’excitation chez les observateurs politiques.

Et son premier tweet remercie les créateurs d’un site Tumblr, « Texts from Hillary », qui à la blague faisait état de toutes sortes de spéculations sur la candidature de l’ancienne secrétaire d’État. Dorénavant ce sera #TweetsFromHillary!

Officiellement Mme Clinton se repose (n’oubliez pas l’incident du caillot de sang près du cerveau du début de l’année), et elle écrit un livre. Elle fait un peu de travail pour la Fondation Clinton, avec son mari Bill et sa fille Chelsea. Il y a d’ailleurs un lien avec le site web.

Plusieurs personnalités ont salué son arrivée sur Twitter : Bill Clinton bien sûr, Ellen DeGeneres, John King, Julia Gillard, Cécile Duflot, John McCain et son ancien rival à la présidence, un certain Barack Obama, qui lui souhaite la bienvenue et écrit qu’il faut désormais rester à l’écoute des vrais #TweetsFromHillary.

 

Au début de la semaine, Brian Williams, le présentateur numéro un du téléjournal de début de soirée au réseau NBC commençait ainsi son bulletin :

 « Bon nombre d’Américains se rappelleront malheureusement que la dernière fois où le gouvernement se mêlait d’espionner les coups de fil des journalistes et utilisaient le fisc à des fins politiques remonte à l’ère Nixon. Et bien que les temps aient changé, et que les circonstances soient différentes, les mêmes façons de faire font maintenant surface pendant l’administration Obama, qui tente de contenir des affaires en série ces temps-ci. »

Je me suis dit, ça doit être grave. Faire un rapprochement Obama-Nixon sur NBC, c’est inusité. Sur Fox, ce serait autre chose. Les critiques excessives du président sont fréquentes, et le réseau avait même fait un bilan vidéo des 100 premiers jours d’Obama au pouvoir sur la musique du Carmina Burana de Carl Orff.

Barack Obama est aux prises avec trois controverses. J’hésite à utiliser le mot scandale : « grave affaire qui émeut l’opinion publique à la fois par son caractère immoral et par la personnalité des gens qui y sont compromis » (Petit Robert).

Aux yeux des républicains, il ne fait aucun doute que ce sont des scandales. Il y a donc un côté partisan à ces affaires. Par exemple, 41 % des républicains, dans un sondage récent, croient que la mort de quatre Américains dans l’attaque contre la mission diplomatique américaine à Benghazi, en Libye, est le plus important scandale de l’histoire (Watergate? Iran-Contra?). Mais dans l’opinion publique générale, les répercussions se font attendre.

Des controverses qui font mal

« Les gens qui font ces comparaisons (NDLR : avec l’administration de Richard Nixon) doivent revoir leur histoire », a dit le porte-parole de la Maison-Blanche, Jay Carney.

N’empêche que, pour la première fois, ce ne sont pas des controverses qui sont la conséquence de facteurs extérieurs à l’administration (les décisions prises sous Bush, les désastres naturels, le comportement des banques ou encore le printemps arabe), mais bien des controverses alimentées par ce qui se passe dans son administration.

Les trois cauchemars de relations publiques que l’administration Obama peine à contenir ont pour nom Benghazi, AP-Associated Press et IRS.

Dans le cas de Benghazi, les républicains veulent d’une part démontrer que la Maison-Blanche a caché que l’attaque avait été perpétrée par des terroristes. Elle affirmait, au départ, que c’était plutôt une manifestation spontanée en réaction à une vidéo anti-Mahomet. D’autre part, ils veulent établir que les mesures de sécurité n’étaient pas adéquates à cause de décisions prises par Hillary Clinton, alors secrétaire d’État et maintenant potentielle adversaire des républicains pour les élections présidentielles de 2016.

Le président Obama a, avec un certain succès, réussi à dépeindre les hauts cris des républicains comme une chasse aux sorcières partisane. Il invite tout le monde à se tourner vers des solutions pour empêcher qu’une telle attaque se produise de nouveau.

Dans le cas d’AP, c’est-à-dire la saisie en secret par le ministère de la Justice de deux mois de relevés téléphoniques de l’agence de presse Associated Press dans l’espoir de trouver la source d’une fuite de renseignements, l’administration justifie le geste par l’importante menace pour la sécurité américaine des renseignements publiés. On parle d’un agent double de la CIA au Yémen qui a réussi à déjouer un complot contre un avion de ligne il y a un an. L’administration Obama a la main lourde dans les histoires de fuite, et elle ne s’en cache même pas.

Ironiquement, un projet de loi sera présenté au Sénat sous peu sur la protection des sources des journalistes. Est-ce une réponse à cette controverse? La Maison-Blanche a évité de répondre aux questions parce qu’une enquête du FBI est en cours. Mais Barack Obama sait très bien que le journalisme n’est pas la profession tenue en plus haute estime par les Américains.

Il reste la controverse entourant le fisc, l’Internal Revenue Service ou IRS. Des fonctionnaires ont indûment ciblé les dossiers d’organismes conservateurs comme le Tea Party, leur posant des questions excessives et intrusives quand ils demandaient le statut d’organismes sans but lucratif. Le rapport de vérification interne ne fait aucun lien entre ces pratiques abusives et la campagne pour la réélection de Barack Obama ou l’administration Obama. Si un lien était mis au jour, cette affaire deviendrait un scandale de grande proportion.

La faute d’Obama?

Plusieurs présidents américains ont souffert de la malédiction du second mandat : le Watergate pour Nixon, le scandale Iran-Contra pour Reagan, l’affaire Monica Lewinski pour Clinton et l’ouragan Katrina pour George W Bush. Est-ce cette malédiction qui frappe aussi Barack Obama?

Je reviens à la définition du mot scandale et je voudrais faire valoir que pour entacher une réputation, un scandale doit avoir un lien fort avec la personnalité — et les valeurs — d’un président. Par exemple, Richard Nixon et son mépris de la loi ou Bill Clinton et sa faiblesse pour les femmes. Dans le cas de Barack Obama, on peut dire qu’aucune de ces controverses n’aurait eu de souffle si le président n’était pas si obsédé par la politique, n’était pas si isolé dans sa Maison-Blanche et ne croyait pas tant au pouvoir du gouvernement comme institution.

Barack Obama, depuis cinq ans, fait des discours où il dit que le gouvernement peut jouer un rôle positif dans la vie des gens et qu’il peut s’acquitter de ce rôle de façon compétente. Les adversaires du président disent, eux, que le gouvernement est dangereux et que même les meilleures intentions se perdent dans l’exercice du pouvoir. La controverse sur l’IRS est en ce sens la plus dommageable et c’est une des raisons pour lesquelles le président a réagi si rapidement et limogé la seule personne qui pouvait l’être, le directeur par intérim de l’agence.

Mais déjà, les critiques s’adoucissent. « Ceux qui évoquent déjà la destitution sont absurdes », écrit un commentateur de droite dans son blogue quotidien. « La Maison-Blanche a repris le dessus », écrit l’influent reporter du quotidien Politico, Mike Allen. Barack Obama a peut-être réussi à ce que quelques mauvais jours en mai ne deviennent pas des mois, voire une année horrible.

Il y a dans le mot séquestration, l’idée qu’on est retenu « contre son gré », et c’est la seule explication que je vois à l’utilisation de ce mot si bizarre pour désigner les réductions de dépenses de 85 milliards de dollars dans le budget du gouvernement américain, qui vont s’appliquer automatiquement le 1er mars.

Les républicains et les démocrates ont donné leur accord à ce mécanisme jadis, lors du débat sur la hausse du plafond de la dette, en se disant que ces réductions sans discernement à tous les postes de dépenses étaient si insensées qu’on trouverait bien un accord pour réduire le déficit autrement avant la date-butoir. Eh bien non… On n’en a pas trouvé. Et dans les quatre jours qui restent, rien ne semble indiquer qu’un compromis soit possible.

Les républicains disent depuis un moment déjà que s’il faut avaler la pilule, on l’avalera. Selon eux, 85 milliards de dollars sur 6 mois ce n’est pas une diète mortelle. C’est le montant que le gouvernement emprunte tous les 28 jours. L’administration Obama prédit un cataclysme? La croissance économique a déjà un peu reculé le trimestre dernier en anticipant les compressions, et reculera encore? Qu’à cela ne tienne dit le président républicain de la Chambre, John Boehner, son parti a les yeux tournés vers l’avenir :

Je ne sais pas combien d’emplois seront perdus en raison des réductions de dépenses, mais ce que je sais c’est que si nous ne réglons pas le problème des dépenses ici à Washington ce seront des dizaines de millions d’emplois futurs qui ne seront pas créés à cause du poids de la dette que nos enfants et nos petits-enfants devront supporter. Je suis venu ici pour sauver le rêve américain pour mes enfants et les vôtres. La dette et la dépendance du président aux dépenses menacent notre avenir. (point de presse du 25 février 2013)

Le président Obama fait parader chaque jour des hauts responsables de son administration : le secrétaire d’État, John Kerry, jeudi, le secrétaire au Transport, Ray Lahood, un républicain, vendredi, la secrétaire à la Sécurité intérieure, Janet Napolitano, lundi, pour prédire un ralentissement des services, la suspension de contrats, des mises à pied temporaires ou la réduction de la semaine de travail des fonctionnaires (furloughs). Même l’association canadienne des manufacturiers s’est mise de la partie, craignant des problèmes aux douanes pour les exportations canadiennes si près de 3000 inspecteurs sont effectivement mis à pied quand les coupes s’appliqueront. L’argument canadien n’est peut-être pas déterminant, mais dans l’ensemble il s’agit de faire comprendre à chaque élu que ces compressions budgétaires vont frapper beaucoup plus fort qu’on le croit.

Le président Obama ne veut pas l’abandon de la séquestration, mais il veut que l’échéance soit reportée et qu’on s’entende pour réduire le déficit en combinant réductions de dépenses et nouveaux revenus par l’élimination de certains avantages fiscaux. La réponse des républicains est claire : le président a obtenu de nouveaux revenus en janvier quand des réductions d’impôts ont cessé de s’appliquer aux tranches de revenus au-delà de 400 000 $. Le robinet est fermé, disent-ils. Le président Obama laisse entendre que les élus du parti adverse défendent les intérêts des plus riches parce qu’ils ont les yeux fixés déjà sur la campagne de mi-mandat en 2014 :

Il y a toujours des questions sur lesquelles nous ne serons pas d’accord ici à Washington et dans chacun des États. Mais il y a un grand nombre de questions sur lesquelles nous pouvons faire preuve de plus de collaboration que ce que nous avons vu jusqu’à présent. Mais pour ce faire, il faut que cette ville aille au-delà de son obsession pour les prochaines élections et se concentre sur les prochaines générations. Nous sommes tous des élus et nous nous préoccupons beaucoup de politique dans notre parti et dans le parti adverse, mais à un moment donné il faut gouverner. (discours aux gouverneurs, 25 février 2013)

Et voilà donc pourquoi à quatre jours de l’échéance, il n’y pas de négociations, mais plutôt une sorte de partie de ping-pong qui consiste à se rejeter mutuellement la faute quant aux compressions qui vont faire mal.

Barack Obama est convaincu que ce sont les républicains, déjà mal aimés, qui vont en porter l’odieux. Les républicains croient que c’est la popularité du président qui va chuter.

Et des dizaines de millions d’Américains et leurs économies sont pris entre les deux, séquestrés, c’est le cas de le dire, par cette logique.

Le « départ » d’Hillary

Vendredi 1 février 2013 à 14 h 22 | | Pour me joindre

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Hillary Clinton quitte ses fonctions de secrétaire d’État, et comme la plupart des femmes journalistes qui couvrent la politique ou la diplomatie américaine, son départ me touche presque personnellement.

Hillary Clinton n’est pas la première femme secrétaire d’État, bien sûr. Madeleine Allbright et Condoleezza Rice, avant elle, ont aussi mené ce portefeuille d’une main ferme.

Mais Hillary fait remonter à la surface cet esprit de sororité encore plus que les autres, peut-être parce qu’elle s’est tant attachée à défendre la cause des femmes et des jeunes filles pendant ses quatre ans au département d’État.

Et peut-être aussi parce qu’elle a moins senti le besoin que ses prédécesseures de se comporter exactement comme un homme. La chef de la diplomatie américaine n’a pas hésité à danser à plusieurs reprises pendant ses voyages. Elle n’a pas caché son émotion lorsqu’elle a enfin pu rencontrer Aung San Suu Kyi à Rangoon.

Bien sûr, ses « sœurs » journalistes, moi la première, ne lui ont pas fait de cadeau, s’esclaffant ou se désolant chaque fois qu’elle se présentait mal coiffée, mal habillée ou parée d’un collier beaucoup trop gros pour elle.

Mais n’allez surtout pas parler à Hillary Clinton de sa coiffure ou de ses rides, elle s’en fout. D’ailleurs, une des meilleures photos d’elle est probablement celle où elle surveille la progression de l’opération contre Ben Laden aux côtés de Barack Obama : pas maquillée, la main devant la bouche, la tension clairement visible sur son visage.

Pendant la série d’entrevues qu’elle a accordées, elle a répondu à une question d’un jeune homme en Inde qui s’interrogeait sur le fait que les femmes aujourd’hui doivent encore démontrer qu’elles sont capables d’occuper des postes comme le sien :

« Voilà une question qui mériterait une entrevue au complet, mais permettez-moi de dire deux choses. D’abord, les choses se sont améliorées. Je suis à même de le constater, puisque j’ai fait de la politique, ou je l’ai côtoyée depuis plusieurs années. Mais il y a quand même un double standard. Et ce double standard, il s’applique aux petites choses, comme ce que vous portez, et aussi aux choses extrêmement sérieuses, comme le fait que les femmes ne peuvent pas encore voter partout, elles ne peuvent pas toujours être candidates ou même paraître en public. C’est une vaste série de barrières culturelles et légales au respect des femmes, à leur pleine participation à la société. Et donc, il y a encore du chemin à faire. […]

Et la deuxième chose que je dirais, c’est que ça a été et ça va demeurer la cause de ma vie, même après mon départ du département d’État. […] Quand on met des obstacles sur la route de la moitié de la population, on freine ni plus ni moins le développement même d’une nation. […] J’ai été très encouragée et même fière de voir tant de jeunes hommes et de jeunes femmes manifester contre la façon dont les femmes sont traitées par des hommes qui ne comprennent pas ou n’ont pas appris qu’il n’y a pas que leurs sœurs et leurs mères qui sont dignes de respect, mais toutes les filles et toutes les femmes. » (Hillary Clinton, Townterview, Newseum, 28 janvier 2013)

Hillary Clinton part, mais elle ne prend pas sa retraite. Elle insiste sur le fait qu’elle doit d’abord rattraper 20 ans de sommeil perdu, puis qu’elle va se remettre au travail, probablement faire des discours et travailler de concert avec la fondation de son mari Bill.

Il faut donc mettre le mot « départ » entre guillemets dans son cas. Surtout qu’on sait qu’elle ne ferme pas la porte à une course à la présidence en 2016, à 69 ans. Elle ne la ferme ni ne l’ouvre en fait. Comme à son habitude, Hillary Clinton va évaluer très rationnellement au cours des prochains mois quelle sera à l’avenir la meilleure façon pour elle, en tant que femme, d’avoir le plus d’influence.

L’héritage d’Obama

Lundi 21 janvier 2013 à 10 h 08 | | Pour me joindre

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Barack Obama amorce son second mandat, les 48 mois au bout desquels il voudrait, selon ses proches, que les Américains de la classe moyenne soient plus prospères, mais surtout plus confiants en l’avenir.

Les seconds mandats sont souvent l’occasion pour les présidents de consolider leur marque sur l’histoire. Mais c’est aussi parfois l’occasion d’écueils importants. Le Watergate a fait tomber Richard Nixon en 1974, après sa réélection en 1972. L’affaire Monica Lewinsky a terni la fin de la présidence de Bill Clinton.

Alors, que réserve ce deuxième mandat du premier président noir des États-Unis? Le président a commencé la journée de son assermentation officielle par une cérémonie du souvenir au cimetière militaire d’Arlington, en Virginie, un rappel s’il en faut un que la nation américaine est encore en guerre; contre le terrorisme sur le plan domestique, et en Afghanistan, même si cet effort militaire se terminera à la fin de 2014.

Mais le principal défi de politique étrangère de Barack Obama sera d’abord et avant tout de rétablir la santé de l’économie américaine. Le monde a besoin d’une économie américaine revigorée, et ce sont donc les défis budgétaires qui vont très certainement opposer Barack Obama aux républicains qui vont retenir l’attention.

Les relations entre eux seront-elles aussi tumultueuses qu’au cours des deux dernières années? Les républicains ont tout tenté, sans succès, pour limiter Barack Obama à un seul mandat. Maintenant qu’il est réélu, certains agissent comme si c’étaient leurs propositions de réduction du déficit à tout prix qui avaient été plébiscitées, et non celles du président de faire payer plus aux riches. Barack Obama a réussi, in extremis, à obtenir un compromis qui va dans le sens de ses propositions, pour éviter des hausses d’impôt à 98 % des Américains. Et il s’est promis de n’offrir aucune contrepartie aux républicains en échange de la hausse de la capacité d’emprunt du pays. Le soi-disant plafond de la dette sera atteint quelque part entre la mi-février et le début mars. Les républicains ont battu en retraite pour l’instant, promettant de hausser la capacité d’emprunt pour trois mois, le temps de s’attaquer au délicat dossier des réductions de dépenses.

Dans cette épreuve de force, le Barack Obama qui leur fera face est différent de celui qui n’avait pas son pareil depuis quatre ans pour croire qu’on pouvait en arriver à une entente raisonnable entre gens de bonne foi. Plus coriace, désillusionné même. N’a-t-il pas admis durant la campagne qu’il n’est pas possible de changer Washington de l’intérieur?

En fait, le président faisait allusion, dans ce discours électoral, au pouvoir réel de persuasion de l’opinion publique. Il est convaincu que les campagnes citoyennes fonctionnent. Que le poids de l’opinion publique a forcé une entente sur le précipice budgétaire, et qu’il pourrait aussi influencer le sort qui sera réservé à ses propositions sur le contrôle des armes à feu.

Dans son discours d’investiture, le président, semble-t-il, tendra la main à tous les Américains, même à ceux qui n’ont pas voté pour lui, telle une proposition de pacte pour la prospérité, qui continue d’être seulement un rêve pour beaucoup d’Américains.

Pour constater à quel point la présidence fait vieillir, ces photos.

Chronique postélectorale américaine

Jeudi 15 novembre 2012 à 16 h 28 | | Pour me joindre

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Les leçons qu’en tire Mitt Romney

Mitt Romney ne s’est pas expliqué publiquement depuis sa défaite, mais l’enregistrement (encore un!) d’une conférence téléphonique avec les riches donateurs qui ont financé sa campagne lève le voile sur la façon dont il explique la victoire du président Obama.

M. Romney dit que la campagne Obama s’est concentrée sur les éléments importants de sa coalition électorale, c’est-à-dire les jeunes, les minorités et les femmes, qu’elle leur a fait des « cadeaux »  importants et s’est ensuite assurée qu’ils iraient voter en grand nombre. Par cadeaux, il entend par exemple :

  • certains avantages de l’Obamacare;
  • la politique qui inclut les moyens contraceptifs, dont la pilule, dans ce qui est remboursé par l’assurance fournie par l’employeur;
  • sa main tendue aux jeunes immigrants arrivés illégalement au pays avec leurs parents et qui ont maintenant un statut légal et la possibilité de travailler pour deux ans, renouvelable.

Donc ce n’est pas de sa faute, ce n’est pas de la faute du Parti républicain, malgré tous les commentaires après les élections comme quoi le parti devait faire un examen de conscience et trouver une façon de faire de la place aux minorités, aux jeunes et aux femmes, parce que son électorat d’hommes blancs diminue à vue d’œil.

C’est tout simplement que le président Obama a su s’acheter un autre mandat en utilisant l’État providence pour fidéliser ses électeurs.

Alors, on est de retour au 47 %?

Mitt Romney a eu beau jurer, après que la vidéo clandestine de ses propos à des donateurs en Floride ait fait surface durant la campagne, qu’il faisait campagne pour 100 % des Américains, on peut se demander ce qu’il pensait vraiment.

Rappelez-vous que M. Romney avait dit que 47 % des électeurs américains ne voteraient jamais pour lui parce qu’ils refusent d’être responsables de leur vie, qu’ils préfèrent se fier à l’État providence et donc qu’ils sont acquis à Barack Obama, beau temps mauvais temps.

Quelle est la différence avec son explication actuelle de la défaite? Mitt Romney semble acquis à la théorie des « makers and takers », qui veut que tous les républicains soient des « makers », des gens qui prennent les choses en main, et tous les démocrates, des « takers »,  des accros à tout ce que l’État peut faire à leur place.

Mitt Romney n’est pas seul

La conférence des gouverneurs républicains, à Las Vegas, fait entendre des voix qui vont tout à fait dans le sens de M. Romney. Par exemple, un sondeur du parti, Glenn Bolger, a expliqué que les jeunes adultes s’identifient plus au socialisme parce qu’ils sont paresseux, satisfaits de ne pas travailler et de vivre dans le sous-sol chez leurs parents. L’ancien gouverneur Haley Barbour constate que le parti n’a pas perdu par une grande marge, 2 %, alors ce n’est pas une si grande victoire pour Barack Obama, et surtout pas un effondrement total du Parti républicain.

Les cadeaux étaient-ils seulement chez les démocrates?

Enfin, une chose m’échappe dans la logique de Mitt Romney : ne promettait-il pas lui aussi des cadeaux à quiconque voterait pour lui? La promesse d’une baisse des taux d’imposition? La promesse de ne pas toucher ni à Medicare ni à la sécurité sociale pour les 10 prochaines années? Celle de se débarrasser des nouveaux règlements sur les institutions financières? Tous des « cadeaux » ciblés vers des éléments importants de sa base électorale, les plus aisés et les plus âgés.

Sans surprise, le porte-parole de la Maison-Blanche, Jay Carney, trouve que l’interprétation du résultat des élections que fait Mitt Romney ne colle pas avec la réalité.

À lire

Si vous pouvez le retrouver, cet article du magazine Time donne un coup d’œil éclairant sur la réalité du rôle de l’État dans la vie de tous les jours, même pour ceux qui se voient comme des « makers » qui prennent les choses en main.

Que faut-il surveiller?

Ça y est, tout a été dit, tout l’argent a été dépensé, tous les bénévoles sont en place. Et maintenant les files d’attente d’électeurs devant les bureaux de scrutin s’allongent et s’allongent. Je suis étonnée chaque fois de la ferveur avec laquelle les Américains votent, même si ce n’est pas toujours en grand nombre. C’est un devoir, c’est une fête. Ce soir devant leurs téléviseurs, ils seront à moitié heureux de découvrir le dénouement et à moitié heureux que ce soit enfin fini.

Alors, que faut-il surveiller ce soir? Les neuf États-clés. Ils sont tous détenus par les démocrates, mais lesquels Barack Obama pourra-t-il retenir, ou lesquels Mitt Romney réussira-t-il à faire basculer?

  • Ohio (18 grands électeurs) Obama +4,6 % en 2008, Bush +2,1 % en 2004
  • Floride (29 grands électeurs) Obama +2,8 % en 2008, Bush +5 % en 2004
  • Virginie (13 grands électeurs) Obama +6,3 % en 2008, Bush +8,2 % en 2004
  • New Hampshire (5 grands électeurs) Obama +9,6 % en 2008, Kerry +1,3 % en 2004
  • Caroline du Nord (15 grands électeurs) Obama +0,3 % en 2008, Bush +12,4 % en 2004
  • Wisconsin (10 grands électeurs) Obama +13,9 % en 2008, Kerry +0,4 % en 2004
  • Iowa (6 grands électeurs) Obama +9,5 % en 2008, Bush 0,7% en 2004
  • Colorado (9 grands électeurs) Obama +9 % en 2008, Bush 4,7 % en 2004
  • Nevada (6 grands électeurs) Obama 12,5 % en 2008, Bush 2,6 % en 2004

On pense que la Caroline du Nord ira à Mitt Romney, et le Nevada à Barack Obama. Les sept autres États sont plus imprévisibles, mais le prix le plus important, c’est l’Ohio, qui semble être la clé pour les deux candidats pour arriver à 270 votes de grands électeurs au Collège électoral.

Vous pouvez créer votre propre carte électorale. Il y a plusieurs liens, dont celui-ci, et plusieurs applications dont 270towin et celle de NBC Politics

À surveiller aussi

Le vote populaire. À cause du système d’élection indirecte (par le Collège électoral), quatre présidents dans le passé ont gagné les élections sans remporter le vote populaire. Trois, John Quincy Adams, Rutherford Hayes et Benjamin Harrison, au 19e siècle. Et George W. Bush, en 2000, a gagné les fameuses élections où le verdict en Floride était si contesté qu’il a fallu que la Cour suprême tranche cinq semaines plus tard. En fin de compte, George W. Bush a remporté le collège électoral avec 271 voix contre 266, mais il a perdu le vote populaire : 47,9 % contre 48,4 % pour Al Gore.

S’il y a beaucoup de griefs, de plaintes, de litiges et de recomptages, les élections de 2012 pourraient bien se terminer par un scénario semblable.

Bon à savoir

Pourquoi les élections américaines sont-elles toujours le premier mardi de novembre? Le jour des élections a été décidé en 1845, à une époque où la société américaine était encore majoritairement agraire. Comme il fallait aux fermiers un jour pour voyager vers le bureau de scrutin, un jour pour voter et un jour pour rentrer chez eux, et en éliminant les jours de culte, il ne restait que les mardis ou mercredis. Comme le mercredi était typiquement un jour de marché, on a choisi le mardi.

Il y a un mouvement pour essayer de tenir le scrutin pendant la fin de semaine, mais ça ne fait pas l’unanimité.

Chronique électorale américaine J-3

Samedi 3 novembre 2012 à 7 h 08 | | Pour me joindre

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Le suspense jusqu’à la dernière minute

Peu importe la façon dont on tente d’y arriver, il est impossible de prédire qui va gagner les élections mardi prochain. Il n’y a qu’à écouter les campagnes qui, à quelques jours du scrutin, présentent deux versions diamétralement opposées de la réalité. Les responsables de la communication pour Mitt Romney affirmaient cette semaine que leur candidat allait non seulement l’emporter, avec les 270 votes nécessaires au Collège électoral, mais que la campagne faisait des efforts maintenant pour l’emporter largement, avec 300 votes pourquoi pas, avec des États comme la Pennsylvanie, le Minnesota et le Michigan qui semblent pourtant pratiquement acquis aux démocrates.

Karl Rove, l’ancien conseiller de George W. Bush, dans sa chronique au Wall Street Journal, donne 279 grands électeurs à Mitt Romney et 51% du vote populaire. Pour dire cela, il se base sur le fait que le candidat républicain est en avance, parfois très légèrement, dans 19 des 31 sondages publiés en une semaine et que la machine républicaine aurait eu un certain succès à faire voter ses supporteurs par anticipation.

La machine démocrate affiche la même confiance à propos du vote par anticipation. Et lors de mon passage en Ohio, je n’ai vu à Cleveland, sur deux jours, que des démocrates se présenter aux bureaux de vote. David Exelrod, le principal conseiller de Barack Obama, promet de raser sa moustache légendaire s’ils perdent le Michigan, la Pennsylvanie ou le Minnesota.

Et ça vaut la peine de mentionner que le porte-parole de Mitt Romney, dans une conférence téléphonique avec les journalistes en début de semaine, n’a jamais mentionné l’Ohio ni le Wisconsin comme des États que les républicains pensent pouvoir faire basculer.

Un scénario plus prudent tourne autour du mot imprévisible. Barack Obama obtenant les 270 voix qu’il lui faut au Collège électoral, mais sans avoir la majorité du vote populaire est une possibilité souvent évoquée.

Quoique

Celui qui agrège les sondages et fait les prévisions pour le New York Times, Nate Silver, ne voit pas pourquoi les gens refusent l’évidence que Barack Obama est le favori.

Sur son blogue FiveThirtyEight, il écrit que tout se résume aux quatre petites lettres du mot OHIO avec ses 18 votes au Collège électoral et où Barack Obama mène selon M. Silver, quoiqu’on en dise.

Charlie Cook

Et Charlie Cook, reconnu comme l’autorité suprême pour ses prévisions, fait le calcul suivant : une fois tous les États sûrs pour Obama et tous les États sûrs pour Romney écartés, il reste 98 votes au Collège électoral à départager. Barack Obama doit en gagner 18 pour arriver à 270, Mitt Romney 80.

Mon sentiment personnel

Je plonge!!! Il y a un an, quand le cycle électoral a commencé, je donnais Barack Obama gagnant, avec un pourcentage du vote plus faible que ses 52,9 % de 2008. Mon raisonnement était que la radicalisation du Parti républicain vers une droite religieuse et intransigeante allait décourager les indépendants. Cependant, je pensais aussi que les deux chambres du Congrès iraient au Parti républicain, ce qui ferait une cohabitation difficile du second mandat de Barack Obama.

Mais Mitt Romney a réussi le pari de changer les perceptions. Son image et ses propos sont plus modérés depuis le premier débat, au début octobre. Et c’était le bon moment de le faire, puisque les Américains ne portent vraiment attention à la campagne que dans les dernières semaines. Alors on est de retour à l’impossible à prédire.

JFK invite les Américains à voter

Pour encourager le vote, la commission électorale a trouvé ce message d’intérêt public de John Fitzgerald Kennedy tourné quelques jours après la fin de la crise des missiles cubains, et qui invite les Américains à voter le 6 novembre… 1962

L’effet Halo 4

Est-ce que la mise en vente le 6 novembre de Halo 4, le populaire jeu vidéo mettant en vedette Master Chief, pourrait avoir un impact négatif sur le vote des jeunes? Des études sérieuses démontrent que les amateurs de tels jeux se terrent parfois pendant des heures sinon des jours, pour jouer. Ils pourraient en oublier d’aller voter et cela nuirait plus aux démocrates qu’aux républicains. Ils sont des millions à attendre la suite de Halo 3.

Comment Barack Obama et Mitt Romney font-ils pleurer une petite fille

Tout le monde a souri jeudi quand cette vidéo a fait surface.

La petite Abigael Evans allait au supermarché avec sa mère. Un reportage de NPR, la radio publique, sur les élections était diffusé et la fillette de 4 ans a commencé à pleurer. Questionnée par sa mère, elle dit qu’elle n’en peut plus de «Bronco Bamma» et de Mitt Romney. NPR, sur son site Internet, a présenté ses excuses à Abigael et l’assure que, tout comme le père Noël existe vraiment, le 7 novembre viendra aussi et on n’entendra plus parler des élections… Enfin, presque plus.

 

 

 

Chronique électorale américaine J-3

Vendredi 2 novembre 2012 à 21 h 44 | | Pour me joindre

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manonglobensky

Le suspense jusqu’à la dernière minute

Peu importe la façon dont on tente d’y arriver, il est impossible de prédire qui va gagner les élections mardi prochain. Il n’y a qu’à écouter les campagnes qui, à quelques jours du scrutin, présentent deux versions diamétralement opposées de la réalité. Les responsables de la communication pour Mitt Romney affirmaient cette semaine que leur candidat allait non seulement l’emporter, avec les 270 votes nécessaires au Collège électoral, mais que la campagne faisait des efforts maintenant pour l’emporter largement, avec 300 votes pourquoi pas, avec des États comme la Pennsylvanie, le Minnesota et le Michigan qui semblent pourtant pratiquement acquis aux démocrates.

Karl Rove, l’ancien conseiller de George W. Bush, dans sa chronique au Wall Street Journal, donne 279 grands électeurs à Mitt Romney et 51% du vote populaire. Pour dire cela, il se base sur le fait que le candidat républicain est en avance, parfois très légèrement, dans 19 des 31 sondages publiés en une semaine et que la machine républicaine aurait eu un certain succès à faire voter ses supporteurs par anticipation.

La machine démocrate affiche la même confiance à propos du vote par anticipation. Et lors de mon passage en Ohio, je n’ai vu à Cleveland, sur deux jours, que des démocrates se présenter aux bureaux de vote. David Exelrod, le principal conseiller de Barack Obama, promet de raser sa moustache légendaire s’ils perdent le Michigan, la Pennsylvanie ou le Minnesota.

Et ça vaut la peine de mentionner que le porte-parole de Mitt Romney, dans une conférence téléphonique avec les journalistes en début de semaine, n’a jamais mentionné l’Ohio ni le Wisconsin comme des États que les républicains pensent pouvoir faire basculer.

Un scénario plus prudent tourne autour du mot imprévisible. Barack Obama obtenant les 270 voix qu’il lui faut au Collège électoral, mais sans avoir la majorité du vote populaire est une possibilité souvent évoquée.

Quoique

Celui qui agrège les sondages et fait les prévisions pour le New York Times, Nate Silver, ne voit pas pourquoi les gens refusent l’évidence que Barack Obama est le favori.

Sur son blogue FiveThirtyEight, il écrit que tout se résume aux quatre petites lettres du mot OHIO avec ses 18 votes au Collège électoral et où Barack Obama mène selon M. Silver, quoiqu’on en dise.

Charlie Cook

Et Charlie Cook, reconnu comme l’autorité suprême pour ses prévisions, fait le calcul suivant : une fois tous les États sûrs pour Obama et tous les États sûrs pour Romney écartés, il reste 98 votes au Collège électoral à départager. Barack Obama doit en gagner 18 pour arriver à 270, Mitt Romney 80.

Mon sentiment personnel

Je plonge!!! Il y a un an, quand le cycle électoral a commencé, je donnais Barack Obama gagnant, avec un pourcentage du vote plus faible que ses 52,9 % de 2008. Mon raisonnement était que la radicalisation du Parti républicain vers une droite religieuse et intransigeante allait décourager les indépendants. Cependant, je pensais aussi que les deux chambres du Congrès iraient au Parti républicain, ce qui ferait une cohabitation difficile du second mandat de Barack Obama.

Mais Mitt Romney a réussi le pari de changer les perceptions. Son image et ses propos sont plus modérés depuis le premier débat, au début octobre. Et c’était le bon moment de le faire, puisque les Américains ne portent vraiment attention à la campagne que dans les dernières semaines. Alors on est de retour à l’impossible à prédire.

JFK invite les Américains à voter

Pour encourager le vote, la commission électorale a trouvé ce message d’intérêt public de John Fitzgerald Kennedy tourné quelques jours après la fin de la crise des missiles cubains, et qui invite les Américains à voter le 6 novembre… 1962

L’effet Halo 4

Est-ce que la mise en vente le 6 novembre de Halo 4, le populaire jeu vidéo mettant en vedette Master Chief, pourrait avoir un impact négatif sur le vote des jeunes? Des études sérieuses démontrent que les amateurs de tels jeux se terrent parfois pendant des heures sinon des jours, pour jouer. Ils pourraient en oublier d’aller voter et cela nuirait plus aux démocrates qu’aux républicains. Ils sont des millions à attendre la suite de Halo 3.

Comment Barack Obama et Mitt Romney font-ils pleurer une petite fille

Tout le monde a souri jeudi quand cette vidéo a fait surface.

La petite Abigael Evans allait au supermarché avec sa mère. Un reportage de NPR, la radio publique, sur les élections était diffusé et la fillette de 4 ans a commencé à pleurer. Questionnée par sa mère, elle dit qu’elle n’en peut plus de «Bronco Bamma» et de Mitt Romney. NPR, sur son site Internet, a présenté ses excuses à Abigael et l’assure que, tout comme le père Noël existe vraiment, le 7 novembre viendra aussi et on n’entendra plus parler des élections, enfin presque plus.