Tous les billets publiés par Anyck Béraud

À propos de Anyck Béraud

Anyck Béraud entre à Radio-Canada en 1989. De 2001 à 2004, elle est correspondante nationale pour la radio à Toronto. Elle est nommée correspondante de la radio à Washington en 2004. En trois ans, elle a parcouru 19 États américains au fil des événements et des crises. Elle est correspondante de la radio au Proche-Orient de 2007 à 2010. Depuis 2010, elle est correspondante de la radio à Paris.

Le 50e du traité de l’Élysée

Mardi 22 janvier 2013 à 13 h 47 | | Pour me joindre

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Il y a 50 ans, le général de Gaulle et le chancelier Konrad Adenauer signaient le traité de l’Élysée, un accord pour sceller la réconciliation franco-allemande.

Voici une entrevue sur ce fameux traité avec Anne-Marie Le Gloannec, spécialiste de l’Allemagne et directrice de recherches au CERI-Sciences Po, à Paris :

Mon reportage au radiojournal :

Pauvreté en France

Mardi 11 décembre 2012 à 16 h 26 | | Pour me joindre

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En France, le premier ministre Jean-Marc Ayrault a dévoilé les grandes orientations de son gouvernement pour lutter contre la pauvreté. L’accent est mis sur l’emploi des jeunes et l’accès au logement. Ce plan, qui sera échelonné sur plusieurs années, a été présenté aux participants à la Conférence nationale de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale, qui vient de prendre fin à Paris. Cette conférence était très attendue par les associations d’aide et des groupes de travail qui avaient soumis des recommandations au gouvernement, dans sept domaines comme l’emploi, l’aide à l’enfance, le surendettement et le logement.

Au moment où :

  • Au moins 8 millions et demi de Français doivent vivre avec moins de 964 euros (environ 1200 $CA) par mois, sous le seuil officiel de la pauvreté au pays.
  • Selon un sondage récent, la moitié des Français se sentent pauvres, ou ont peur de le devenir en ces temps de crise et de précarité.
  • La pauvreté touche près du quart des 16-25 ans. Un enfant sur cinq. Et de plus en plus de retraités, de familles monoparentales et de jeunes adultes comme Julie, rencontrée chez elle à Paris (voir photo).

Julie, une jeune Parisienne qui a de la difficulté à joindre les deux bouts
Julie, une jeune Parisienne qui a de la difficulté à joindre les deux bouts.

Julie a 27 ans. Elle a fait des études supérieures en théâtre, et elle fait partie des millions de travailleurs pauvres en France. Ces travailleurs sont à temps partiel, occupent des emplois temporaires ou encore obtiennent des contrats de courte durée, pratique très répandue en France. Les employeurs offrent souvent ce type de contrat aux jeunes.

Je vous propose des extraits du témoignage de Julie :

Sur la difficulté de se trouver un emploi quand on est jeune en France :

Sur la façon dont elle se débrouille, tandis qu’elle peut à peine arriver avec ses deux petits boulots, l’un de caissière, l’autre de vendeuse. Elle s’est vue obligée de se remettre en colocation, compte tenu des loyers très chers à Paris :

Sur le fait qu’elle ne peut pas toujours compter sur l’aide familiale. C’est le cas de bien des jeunes issus de foyers modestes :

Sur la façon dont elle conçoit l’avenir :

Mon reportage diffusé le 10 décembre :

Mon reportage diffusé le 11 décembre :

Pauline Marois à Paris

Lundi 15 octobre 2012 à 16 h 03 | | Pour me joindre

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J’ai fait une entrevue avec la première ministre du Québec, Pauline  Marois, lors de son passage à Paris. Elle venait de rencontrer le président Hollande. La première ministre se dit satisfaite de cet entretien, qu’elle a qualifié de chaleureux. Elle est aussi satisfaite de la position de François Hollande sur la question nationale québécoise. Le président français a dit qu’il s’inscrivait dans la continuité de la fameuse politique de « non-ingérence, non-indifférence », qui avait été abandonnée par son prédécesseur Nicolas Sarkozy.

Voici donc l’entrevue :

Et mon compte-rendu au radiojournal : 

Ce « peuple » si courtisé…

Jeudi 1 mars 2012 à 10 h 50 | | Pour me joindre

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La France qui se lève tôt. La France qui trime dur. La France qui souffre en ces temps d’austérité, de crise, de chômage élevé et de hausse du coût de la vie.

Cette France-là fait l’objet d’une intense cour de la part des prétendants à l’Élysée.

Impossible de rater le remarquable tourbillon de candidats ces jours-ci à l’incontournable Salon de l’Agriculture, immense foire annuelle très populaire aux portes de Paris.  

Certains viennent y vanter leurs origines rurales ou provinciales; d’autres se plient, même en costume-cravate, au rituel de la traite des vaches ou de la toilette des animaux;  et tous goûtent aux  produits de la ferme, de la terre et de la vigne. Et ils font un brin de jasette avec les agriculteurs et les éleveurs.

Tout ça, bien sûr, dans une nuée de micros et de caméras.

Les médias qui croquent aussi la tournée des candidats dans les usines en crise. Les annonces de sauvetage in extremis, faites par le président candidat, disputent la manchette aux promesses de protection des emplois ou de préservation des sites menacés, faites par les uns et les autres.

Plus de 700 000 emplois industriels ont disparu en 10 ans au pays.

Des statistiques.

C’est la dure réalité pour Bernard Garrigou, Robert Nagel et Éric Haennel. Ils ont travaillé pendant des années au site alsacien de la raffinerie Petroplus, qui a fermé il y a plusieurs mois. Je les ai rencontrés à Strasbourg, dans le nord de la France. J’ai bien senti leur déception.

 

Robert Nagel, Éric Haennel et Bernard Garrigou, employés de la raffinerie du géant Pétroplus de Reichstett, en Alsace, qui a fermé ses portes il y a quelques mois. Strasbourg, février 2012

En ces temps de désillusion, la chef frontiste Marine Le Pen serait en tête des intentions de vote chez l’électorat ouvrier. En tout cas, c’est ce que dit un récent sondage. Elle est devant le socialiste François Hollande, et devant Nicolas Sarkozy, qui avait courtisé avec un certain succès les ouvriers en 2007. Cinq ans plus tard, pour en savoir plus sur l’électorat ouvrier et son état d’esprit, j’en ai parlé avec Florent Gougou, de Sciences Po à Paris.

 

Florent Gougou, spécialiste du vote ouvrier et doctorant au Centre d’études européennes de Sciences Po. Paris, février 2012

En me promenant à Strasbourg, j’ai croisé d’autres travailleurs qui ne se font plus trop d’illusions. C’est le cas de François Moes, apiculteur de père en fils. Il n’est pas du tout enclin à voter Nicolas Sarkozy, qui selon les sondages, serait le favori chez les commerçants, les artisans et les chefs d’entreprise.

 

François Moes, apiculteur de père en fils, au stand de l’entreprise familiale dans un marché de Strasbourg. Février 2012

 

Adieu le franc français

Vendredi 17 février 2012 à 12 h 48 | | Pour me joindre

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Une file d’attente digne de la période des soldes. Telle était la scène, vendredi, à l’entrée d’une agence de la Banque de France, dans le chic 7e arrondissement de Paris. Beaucoup de monde. Plusieurs dans la fleur de l’âge, mais il y avait aussi des jeunes, pour marquer la fin d’une époque.

C’est la disparition du franc français. Adieu les billets à l’effigie de Debussy, sur la note de 20 francs, de Saint-Exupéry, sur le 50 francs, ou encore de Pierre et Marie Curie, sur le 500 francs.

C’était donc la dernière chance aujourd’hui de se débarrasser de ces francs qui font partie des quelques séries de billets encore convertibles en euros, et qui n’auront plus de valeur sauf pour les collectionneurs. Les pièces, elles, ne sont déjà plus convertibles depuis 2005.

Dans la file, certains étaient venus en groupe, pour tromper l’attente. Parfois dans une ambiance festive, en rigolant entre camarades ou en famille. Parfois avec une étincelle dans les yeux à l’idée de toucher, quand ils avaient une somme importante en francs, une cagnotte intéressante en euros. 

Mais la nostalgie était aussi au rendez-vous. J’ai vu des femmes et des hommes serrer contre eux une enveloppe froissée, sortie d’un tiroir ou retrouvée par hasard, et qui contenait parfois simplement un ou deux billets, contre lesquels ils ne pouvaient espérer que quelques euros. Quelques-uns m’ont dit qu’il leur en coûtait de tourner la page, définitivement, sur la monnaie nationale, qu’ils n’aiment pas du tout l’euro.

D’autres m’ont dit au contraire que de se départir des derniers francs, c’était faire confiance en l’avenir, en la monnaie unique. Malgré l’incertitude et les soubresauts de la zone euro.

Certains candidats à la présidentielle française comme Marine Le Pen, du Front national, prônent le retour au franc. Et Nicolas Dupont-Aignan, un candidat souverainiste, s’est même rendu aujourd’hui devant une succursale de la Banque de France pour inciter les gens à ne pas rendre leurs francs. Il a souligné que les Allemands, eux, gardaient leurs marks, en disant qu’ils ont compris que l’euro était condamné.

Il faut dire qu’après l’Italie, la France deviendra, à compter de ce soir, le deuxième pays seulement de la zone euro à ne plus convertir son ancienne monnaie.

Et l’État français compte bien sur les citoyens retardataires, ou nostalgiques, bref, ceux et celles qui n’auront pas rapporté à temps leurs francs oubliés ou cachés, car la Banque de France va alors lui reverser la valeur des francs inchangés, une jolie somme qui pourrait atteindre les 550 millions d’euros.