Blogue de Christian Latreille

Guerre civile au parti de Lincoln

Vendredi 9 octobre 2015 à 14 h 06 | | Pour me joindre

Pour me joindre

C’est la guerre chez les républicains aux États-Unis.  Le parti d’Abraham Lincoln et de Ronald Reagan est incapable de se trouver un leader au Congrès.

La démission de John Boehner, le 25 septembre, après neuf ans à la tête de la Chambre des représentants, laisse vacant le troisième poste politique en importance à Washington.

Jeudi, Kevin McCarthy, le candidat pressenti pour occuper cette fonction, a surpris tout le monde en annonçant, à la dernière minute, qu’il n’était plus l’homme de la situation. Il faut dire que M. McCarthy ne s’est pas aidé en disant tout haut ce que plusieurs républicains pensaient tout bas.

En entrevue au réseau Fox, il a laissé entendre que le comité républicain, qui enquête sur l’attaque meurtrière de Benghazi, avait réussi à faire perdre des points à Hillary Clinton. Aussi bien avouer que ce comité visait à attaquer politiquement la démocrate, alors que ce genre de forum doit montrer un minimum d’impartialité. Une déclaration qui a fait dire à plusieurs qu’il n’avait pas le talent pour occuper le poste de leader.

Les républicains sont donc en crise encore une fois. Ils sont majoritaires à la chambre, mais personne ne semble avoir l’habileté politique pour diriger les troupes désunies. Personne ne veut surtout se faire montrer la porte par ce petit groupe d’une quarantaine d’élus que l’on surnomme le « freedom caucus ».

Ces républicains refusent tout compromis, et souhaitent défaire ce que l’administration Obama a mis en place en commençant par le programme d’assurance-maladie Obamacare. Ils veulent à nouveau paralyser le gouvernement en refusant de voter les fonds nécessaires à son bon fonctionnement.

Cette frange de droite, issue du mouvement Tea Party, a eu, en coulisse, la peau du leader John Boehner qui s’est épuisé à leur tenir tête.  Les tensions au sein du parti éclatent maintenant au grand jour. Et à un très mauvais moment.

Le parti républicain est divisé plus que jamais à trois mois des primaires pour l’investiture. Après le désistement de McCarthy, certains républicains voyaient Paul Ryan, le colistier de Mitt Romney à l’élection présidentielle de 2012, comme le seul capable de ramener l’unité au parti. Mais Ryan a rapidement laissé savoir qu’il n’était pas intéressé.

Les républicains donnent l’impression d’un parti qui ne sait pas où il va. Ils donnent aussi  raison à tous ces Américains qui méprisent la classe politique.  Ce qui expliquerait l’émergence de candidats qui ne sont pas des politiciens professionnels comme Donald Trump, Ben Carson et Carli Fiorina qui, comme par hasard, mènent la course à l’investiture.

Alors, comment réconcilier l’irréconciliable dans ce grand parti politique. Comment faire rentrer dans le rang ces républicains intransigeants sans faire éclater le parti? C’est un des défis qui attend le prochain leader de la Chambre des représentants à Washington. Un poste tant convoité à une certaine époque, mais que tous semblent fuir aujourd’hui.