Billets publiés en avril 2014

Un bouc émissaire nommé Donald Sterling

Mercredi 30 avril 2014 à 15 h 59 | | Pour me joindre

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Paul Millsap (24) du Jazz de l’Utah et Ryan Hollins (15) des Clippers de Los Angeles Photo : AFP/JEFF GROSS

La controverse entourant le propriétaire des Clippers de Los Angeles a rapidement touché une corde bien sensible aux États-Unis. À peu près tout le monde y a ajouté son grain de sel. Le président Barack Obama, lui-même noir, croit que « quand les ignares veulent montrer leur ignorance, il n’y a rien d’autre à faire que de les laisser parler ». Cette semaine, personne ne semble aimer Donald Sterling aux États-Unis. Encore moins depuis que la NBA l’a puni si fortement et l’a répudié si publiquement.

En quelques jours, Donald Sterling est devenu le symbole du raciste ignorant et intolérant. Celui venu d’une autre époque. Le cinéaste Spike Lee est même allé jusqu’à le comparer à un esclavagiste (« the mentality of a slave master »,  a-t-il lancé à CNN, après avoir marqué une pause, comme pour bien peser le poids de ses mots).

Dans le passé, Donald Sterling avait déjà été accusé de racisme. Des poursuites ont été intentées contre lui. Après des années de tolérance, la NBA s’est finalement résolue à sanctionner son comportement. « C’est contraire aux principes d’inclusion et de respect » de la NBA, une ligue « multiculturelle et multiethnique ».

Les Américains ont été très nombreux à applaudir les sanctions contre Donald Sterling. Ils ont aussi salué le courage du nouveau commissaire de la NBA Adam Silver. L’ancien n’avait rien fait, malgré les multiples allégations de racisme lancées par des joueurs, des employés et des locataires de ses appartements. Ce qu’on a moins entendu, c’est un rappel que le racisme est encore bien présent dans l’ensemble de la population américaine. Des Donald Sterling, il y en a probablement des milliers aux États-Unis. La grande différence avec le milliardaire? Leurs commentaires privés ne sont pas diffusés aussi publiquement. Aux sondeurs, ils sont cependant prêts à l’admettre.

« C’est un rappel très clair, a lancé Kevin Johnson, un ancien joueur vedette de la NBA (aujourd’hui maire de Sacramento). Nous avons encore beaucoup de travail à faire. Oui, nous avons un président afro-américain. Oui, la justice a été rapide (dans le cas Sterling). Tout cela nous rappelle que la haine et le sectarisme sont encore bien présents. J’espère que chaque intolérant dans ce pays voit ce qui est arrivé à M. Sterling et qu’il reconnaisse que, s’il peut être puni, vous pouvez l’être aussi. »

Le joueur canadien Steve Nash (un Blanc) a aussi fait des commentaires dans le même sens. L’intolérance est subtile, discrète. Par exemple, on conteste devant les tribunaux la légalité des programmes de discrimination positive, notamment pour l’entrée à l’université. La Cour suprême a récemment tranché contre la discrimination positive. Une décision qui a été hautement décriée par l’une des juges, la première hispanophone à siéger au plus haut tribunal du pays.

Depuis l’élection de Barack Obama, les Américains se disent plus racistes qu’auparavant. Prenez les statistiques et voyez par vous-même. Séparez les Américains selon la couleur de leur peau. C’est frappant et presque immanquable : plus la peau est pâle, plus facile semble la vie aux États-Unis. Même les bambins à la peau noire auraient la vie plus difficile à l’école.

Je ne dis pas qu’il n’y a pas eu de progrès depuis les émeutes raciales des années 60. Les données illustrées au bas de cette page montrent une certaine progression de la qualité de vie des Afro-Américains. Mais comme l’indique le titre de l’article, l’égalité raciale est encore insaisissable. Ce qui est plus palpable, ce sont les commentaires de Donald Sterling. Il est devenu un symbole du racisme, un symbole bien visible pour un problème qu’il est plus facile d’ignorer.

Le tuteur à 4,5 millions $US par année

Mardi 22 avril 2014 à 15 h 49 | | Pour me joindre

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Kim Ki-hoon, tuteur chez Megastudy lors de l'un de ses cours d'anglais
Kim Ki-hoon, tuteur à Megastudy lors de l’un de ses cours d’anglais

Samedi matin, Séoul, le soleil réchauffe les rues de la capitale et le printemps s’installe progressivement dans le pays. Un temps idéal pour s’amuser à l’extérieur, pourtant presque aucun jeune ne joue dans les parcs ou ne court dans les ruelles. Rien de nouveau,  vous diront les Sud-Coréens, « ils sont tout simplement en classe ».

Kim Ki-hoon y est aussi depuis très tôt le matin. Le nez dans ses manuels, le tuteur apporte les derniers correctifs à son cours. Dans moins d’une heure, 25 jeunes se présenteront devant lui pour apprendre les rudiments de l’anglais.

« Le système public a changé ses méthodes d’enseignement à 40 reprises au cours des dernières années, indique Kim Ki-hoon. Il n’y a aucune stabilité dans les écoles. C’est pourquoi les élèves et leurs parents se tournent vers nous pour apprendre à lire et écrire. »

Étudier du matin au soir

Jihyun Park, élève de 17 ans. Ses parents dépensent plus de 150 $ par mois pour ses cours de rattrapage.
Jihyun Park, élève de 17 ans. Ses parents dépensent plus de 150 $ par mois pour ses cours de rattrapage.

Une obsession pour l’enseignement qui pousse 3 jeunes sur 4 à se rendre dans les « Hagwons », les cours privés du soir ou de fin de semaine après les heures de classe.

Le rythme scolaire en Corée du Sud est effréné. La journée débute à 7 h 30 et se termine à 16 h. Puis commence le rattrapage qui se prolonge bien souvent jusqu’à 23 h. Ici, pas de samedi ni de dimanche. Les jeunes étudient 7 jours sur 7.

« Je n’ai pas le choix si je veux atteindre mes buts, lance Jihyun Park, 17 ans. Je tiens à décrocher une place dans l’une des trois meilleures universités du pays. J’aimerais bien m’amuser avec mes amies, mais je me dis que ça viendra plus tard. »

La manne pour les tuteurs

Une ardeur à apprendre qui permet d’ailleurs aux élèves sud-coréens de se classer parmi les meilleurs du monde, selon l’OCDE. En effet, 93 % des élèves décrochent un diplôme secondaire en Corée du Sud, soit 20 % de plus qu’au Québec.

Un acharnement qui constitue aussi une véritable manne pour les tuteurs, comme M. Kim. Certains parents dépensent 10 % de leurs revenus dans ces cours de rattrapage. Une industrie qui génère des retombées de 17 milliards de dollars dans le pays.

« Mon salaire est uniquement basé sur l’offre et la demande. Plus j’ai d’élèves plus je fais de l’argent », explique M. Kim.

Chaque cours de Kim Ki-hoon est filmé avant d'être disponible en ligne. Une heure coûte 3,5 $.
Chaque cours de Kim Ki-hoon est filmé avant d’être disponible en ligne. Une heure coûte 3,5 $.

Un système de libre marché qui lui sourit. En plus de ses cours, Kim Ki-hoon rédige ses manuels, a sa propre maison d’édition et produit chaque semaine du matériel web que des centaines de milliers de jeunes s’arrachent en ligne. Résultat : le tuteur est devenu une véritable vedette dans le pays et son salaire est pratiquement irréel : pas moins de 4,5 millions de dollars américains l’an dernier.

Vous allez être surpris, mais même si je fais beaucoup d’argent, je n’aime pas du tout ce système. Les jeunes étudient 12 à 15 heures par jour. Vous ne pouvez pas vous imaginer ce qu’ils subissent. Ils n’ont aucune activité à l’extérieur des études. Je crois que c’est une forme de torture. - Kim Ki-hoon, tuteur

Un supplice qui engendre de la discrimination entre jeunes, des dépressions et même de nombreux suicides. Devant une telle situation, le gouvernement a décidé d’encadrer les services que peuvent offrir les Hagwons. Dorénavant, il sera interdit aux tuteurs d’offrir un cours qui va au-delà du curriculum proposé par le ministère de l’Éducation.

Mais dans une société où l’éducation est considérée comme un outil de succès et de richesse, l’idée n’a pas été bien accueillie. Plusieurs enseignants ont rechigné, prétendant que la loi allait ralentir toute une génération de jeunes dans leur apprentissage. Le gouvernement a donc décidé d’assouplir sa proposition et d’adopter un décret qui sera testé pendant six mois.

« L’irréparable, c’est pétrir chaque matin ma peine avec des larmes qui peinent à couler. C’est cette odeur de charogne humaine qui envahit mes vêtements à tout moment, qui envahit mon repas, mon eau, cette charogne humaine qui n’est rien d’autre que les nôtres qui pourrissent au soleil.

L’irréparable c’est de savoir que je suis une tombe et que dans cette tombe grouillent les morts.

L’irréparable c’est me retrouver dans le trou où je me suis caché en avril dans la peur que ne me surprennent mes deux ennemis. C’est d’avoir peur de dormir pour ne pas être tué dans mon sommeil.

L’irréparable c’est de savoir que je vivrai à jamais amputé et que mon amputation ne connaîtra jamais de prothèse.

Le génocide, c’est une absurdité énorme, on cesse d’être humain pour devenir un produit de boucherie.

C’est ce vomi du passé qui n’a de honte à se mettre entre moi et mon avenir, entre moi et l’autre.

Quand on met le passé devant nous, on avance à reculons.  Il faut accepter que notre passé ne soit jamais derrière nous, mais il nous faut le mettre à côté, pour un jour voir le soleil se lever à l’autre bout de notre douleur.

J’ai passé ces 20 dernières années à m’assommer de médicaments dans l’espoir que demain sera toujours possible.

J’ai arrêté de souhaiter la mort quand j’ai réalisé que mourir, c’était cédé la victoire aux génocidaires.  Je suis debout aujourd’hui pour dire :  ils n’ont pas réussi.  Je ne me suis pas réconcilié avec le passé, ce n’est pas possible. Je me suis réconcilié avec la vie. »

Eugène Nshimiyimana est professeur de littérature française à l’Université McMaster à Hamilton.  Il a perdu son père, deux frères, six neveux et nièces, quatre oncles, presque tous ses voisins et amis, massacrés durant le génocide contre les Tutsis.  Sa mère a survécu après avoir été attaquée par des chiens lancés à ses trousses.  Il n’est pas encore capable de raconter comment sa fiancée a été tuée.

Le rescapé, qui a maintenant 46 ans, sera bientôt le papa de jumelles.  « Cela m’a pris 20 ans à être capable d’envisager avoir des enfants. »

Le malaise rwandais

Vendredi 4 avril 2014 à 16 h 56 | | Pour me joindre

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SRCLanglois

Il y a 20 ans lundi, commençait un des pires massacres collectifs de l’histoire. Le 7 avril 1994, 800 000 Rwandais, presque tous des Tutsis, ont été horriblement assassinés en moins de 100 jours.

Vendredi matin, j’ai dû faire une entrevue à la radio de Winnipeg sur le génocide. L’animatrice Martine Bordeleau a expliqué que parmi les Rwandais vivant au Manitoba qu’elle a contactés, aucun n’avait accepté de parler publiquement du terrible drame qui continue de hanter le magnifique pays aux 1000 collines. Même les Rwandais de la diaspora installés au Canada depuis 20 ans refusent d’en parler à nos micros. J’ai aussi beaucoup de difficulté à convaincre des victimes de parler à la caméra. Pourquoi?

Évidemment, il est extrêmement difficile de se souvenir et de parler des horreurs vécues il y a 20 ans. Beaucoup ne sont pas encore capables de raconter avoir vu leur famille se faire massacrer à la machette. Et on le comprend parfaitement.

Malgré la douleur extrême de l’exercice, nous avons toujours trouvé des Rwandais prêts à témoigner, des rescapés pour qui parler est un devoir de mémoire, pour éviter que le génocide ne tombe dans l’oubli, pour éviter une prochaine fois. Cette année, la douleur semble plus puissante, paralysante. Pourquoi?

Des opposants au régime du président Paul Kagame, qu’ils soient Hutus ou Tutsis, disent craindre les représailles depuis que l’ancien patron des services de renseignement, devenu un dissident, a été assassiné en Afrique du Sud le 31 décembre dernier. Paul Kagame a alors déclaré ceci : « Quiconque trahit notre cause ou souhaite du mal à notre peuple deviendra une victime. Il reste seulement à savoir comment il deviendra une victime. »

On peut comprendre cette peur de parler contre celui qui a été réélu, en 2010, avec 93 % des suffrages, après avoir écrasé toute opposition.

Mais la très grande majorité des victimes du génocide ne sont ni des opposants ni des critiques du régime de Kigali. Pour eux, Paul Kagame demeure le héros qui a mis fin aux massacres des Tutsis en 1994, alors que la planète fermait les yeux. Le héros qui a réunifié et reconstruit le Rwanda de façon spectaculaire. Pourquoi ces Rwandais, qui sont habitués de témoigner des horreurs qu’ils ont vécues durant le génocide, refusent-ils de le faire cette année?

Ils m’ont posé une condition :  qu’ils soient les seuls à témoigner, qu’on s’engage à ne parler que du génocide contre les Tutsis en 1994, qu’on ne fasse pas le bilan des 20 dernières années, qu’on ne se demande pas si les Rwandais ont réussi à se réconcilier, si le génocide pouvait se reproduire. Ils jugent que les médias font preuve d’insensibilité en posant ces questions durant les commémorations des 20 ans du génocide.

D’un côté, des Tutsis nous demandent de taire une partie de la vérité (comme cela se fait au Rwanda) pour leur permettre de prier leurs morts en paix. De l’autre, des Hutus se plaignent de n’avoir jamais pu pleurer leurs morts, car les crimes de l’armée de Paul Kagame n’existent pas dans l’histoire officielle imposée depuis 1994.

Simplement en parler peut attirer une accusation de divisionnisme et une peine de prison. Car tout le monde est désormais Rwandais, il n’y pas plus de Tutsis ni de Hutus. Nommer les ethnies comme je le fais dans ce blogue, c’est jouer le jeu des divisionnistes, et c’est un crime.

Qu’en pensez-vous, les Rwandais sont-ils réconciliés?

Si vous êtes un rescapé du génocide, j’aimerais beaucoup vous parler.

Un sergent de l'armée américaine attend des nouvelles des victimes de la fusillade de Fort Hood, au Texas, le 3 avril 2014. Photo : Tamir Kalifa

Un sergent de l’armée américaine attend des nouvelles des victimes de la fusillade de Fort Hood, au Texas, le 3 avril 2014. Photo : AP/Tamir Kalifa

La fusillade de Fort Hood brasse toutes sortes d’émotions aux États-Unis. Des militaires, chargés de défendre la nation, tués par un des leurs. Sur leur propre territoire. Il y a encore bien des questions à éclaircir dans cette tragédie. Déjà, elle semble illustrer combien il est difficile de bien protéger ceux dont le travail est de protéger les États-Unis.

Le fait qu’une autre fusillade ait eu lieu sur cette même base, la plus vaste du pays, n’aide en rien. On a l’impression que la grande machine militaire américaine n’a rien retenu de la tragédie de 2009, qui avait fait 13 morts. Les responsables savent qu’il y a un problème. « Quelque chose ne fonctionne pas », admet le secrétaire à la Défense, Chuck Hagel. Les soldats « ont besoin de se sentir en sécurité lorsqu’ils sont à la maison », affirme le président Barack Obama, qui veut aller au fond des choses.

Les Américains ont bien sûr tiré des leçons de la fusillade de 2009. Et de celle au Navy Yard, l’automne dernier. Mais ce genre de tragédie se produit entre autres parce qu’une personne « veut » y déjouer les systèmes de prévention en place. Lorsqu’interrogé par les médecins du gouvernement, Aaron Alexis a nié avoir des pensées suicidaires. Un des signes qui peut alerter les autorités. C’était trois semaines avant qu’il ne fasse feu dans une cafétéria au Navy Yard.

Physiquement, il semble bien difficile de faire plus pour empêcher une arme à feu d’entrer sur une base militaire. L’accès est déjà très limité à Fort Hood. La plupart des soldats ne peuvent en porter. Les armes admises sur la base doivent être sous clé, utilisées seulement après autorisation. « Des dizaines de voitures entrent et sortent de Fort Hood chaque jour, expliquait Dan Corbin, le maire de Killeen, la ville qui abrite la base. C’est  impossible de fouiller chaque véhicule pour s’assurer à 100 % qu’aucune arme n’entre en douce. »

De toute façon, les Forces armées font face à d’importantes contraintes budgétaires. Et plusieurs craignent que cela ne nuise aussi au niveau de sécurité des installations militaires. L’hypothèse a déjà été soulevée après la tragédie au Navy Yard.

Ce dont il est moins question, ce sont des méthodes des Forces armées pour aider les jeunes soldats qui souffrent de difficultés mentales après leur expérience outre-mer. Selon les autorités, le tireur de Fort Hood était dépressif, avait de la difficulté à dormir. On lui a prescrit des médicaments. On évaluait sa condition mentale, mais il ne montrait pas de signe d’agressivité. Un suivi médical plus serré aurait-il permis de sauver des vies? Impossible d’y répondre. Les Forces semblent dire que non.

Ce qu’on sait, c’est que beaucoup de soldats américains sont atteints de problèmes mentaux. Un soldat sur cinq revenus d’Irak ou d’Afghanistan souffre du syndrome de stress post-traumatique, selon les données officielles. Beaucoup utilisent l’alcool, les médicaments ou les drogues illégales pour chasser leurs démons.

Certains chercheurs soutiennent que les programmes militaires pour aider à soulager les problèmes mentaux sont inefficaces. Qu’ils coûtent énormément d’argent, mais qu’ils ont eu d’impact à long terme. Les forces britanniques et canadiennes auraient plus de succès. Pas parce que leurs soldats vivent des situations moins difficiles outre-mer. Mais plutôt parce que les soldats américains sont plus jeunes que les autres, et qu’ils restent plus longtemps en zone de combats.

Les conclusions de ces études sont contestées par les bonzes des Forces américaines, qui promettent de faire mieux après cette autre tragédie. Ce qui est plus difficile à réfuter, c’est le nombre de soldats qui s’enlèvent la vie aux États-Unis. Vingt-deux par jour. Pas par mois. Presque un à l’heure.

Sans égard aux raisons qui ont poussé Ivan Lopez à tirer sur ses confrères d’armes, ils sont plusieurs à croire qu’il faut mieux épauler ceux qui ont vécu le stress d’un déploiement à l’étranger, vu l’horreur des conflits. Ceux qui ont tant sacrifié pour les idéaux d’une patrie. Ma collègue Joyce Napier le soulignait récemment : ces soldats rentrent au pays, mais ne voient pas toujours d’avenir devant eux. Ils sont 22 à s’enlever la vie chaque jour. Une longue liste à laquelle il faut maintenant ajouter le nom d’Ivan Lopez.