Billets publiés en août 2013

Au revoir Barack, bonjour Stephen

Vendredi 16 août 2013 à 16 h 48 | | Pour me joindre

Pour me joindre

Twitter:

manonglobensky

Il existe un qualificatif en argot américain qui s’écrit « mehhh », et qu’on peut traduire par « bof ». Il s’accompagne souvent d’un mouvement de la main à l’horizontale qui oscille de gauche à droite… couci-couça.

Pour moi, au moment où je quitte Washington, Barack Obama est un président « mehhh ». « Tu es dure », m’ont dit quelques amis à qui je faisais ce commentaire. Mais je ne vois pas comment, quand on regarde tout ce qu’il a promis, on peut considérer qu’il a un bon bilan à son actif.

Bien sûr, il y a eu des circonstances qui ont joué contre lui. Les crises financière et économique ont été intenses, sa marge pour intervenir pour stimuler l’économie a été bloquée après un seul plan de relance par la conviction idéologique des républicains et le printemps arabe est venu brouiller les cartes de sa main tendue aux musulmans.

Mais ce ne sont pas les seules raisons qui ont empêché ce président qui a fait du slogan « Oui on peut » sa marque de commerce d’aller au bout de ses idées. Je lui reproche surtout de ne pas avoir tenté de changer le système comme il le disait, d’avoir laissé l’argent continuer à jouer un rôle prépondérant en politique américaine. C’est qu’il en a bien profité lui aussi.

Et puis, Barack Obama, on voudrait parfois le secouer par les épaules tellement il donne l’impression d’être distant. Ahhhh! tout pour un Bill Clinton et ses écarts, ou un George Bush et sa « texanité »!

Ce qui m’amène à l’argument que je donne à mes amis encore épris de Barack Obama. Le temps fait bien les choses, et plus les années passent, plus le souvenir qu’on garde des présidents s’améliore. Bill Clinton est au sommet de sa popularité, et George W. aussi, attendrissants tous les deux dans leurs actions humanitaires et leurs propos dénués de langue de bois.

Alors, au revoir Barack, bonjour Stephen!

Le premier ministre canadien et moi, on se connaît de notre vie d’avant : lui était chef de l’opposition, et moi correspondante parlementaire. Il était déjà maniaque du contrôle du message, déjà secret à l’excès. Il avait de l’ambition, et moi aussi. Il est devenu premier ministre d’un gouvernement minoritaire, puis majoritaire. Je suis partie neuf ans vous raconter ce qui se passe ailleurs dans le monde.

Au fil des années, je n’ai pas été toujours rassurée de ce qui se passait au pays, en voyant des diplomates brillants réduits à être des haut-parleurs de la position que le Cabinet du premier ministre avait établie sans faire appel à leur expertise, ou en voyant l’étoile du Canada s’étioler à l’ONU.

Mais maintenant que me voilà de retour à Ottawa, comme analyste cette fois, je suis prête à me tourner vers l’avenir, à m’intéresser à où s’en va le pays. Voilà ce qui m’intrigue et les réponses que je chercherai. Va-t-on bien, mal ou couci-couça?