Blogue de Manon Globensky

L’héritage d’Obama

Lundi 21 janvier 2013 à 10 h 08 | | Pour me joindre

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Barack Obama amorce son second mandat, les 48 mois au bout desquels il voudrait, selon ses proches, que les Américains de la classe moyenne soient plus prospères, mais surtout plus confiants en l’avenir.

Les seconds mandats sont souvent l’occasion pour les présidents de consolider leur marque sur l’histoire. Mais c’est aussi parfois l’occasion d’écueils importants. Le Watergate a fait tomber Richard Nixon en 1974, après sa réélection en 1972. L’affaire Monica Lewinsky a terni la fin de la présidence de Bill Clinton.

Alors, que réserve ce deuxième mandat du premier président noir des États-Unis? Le président a commencé la journée de son assermentation officielle par une cérémonie du souvenir au cimetière militaire d’Arlington, en Virginie, un rappel s’il en faut un que la nation américaine est encore en guerre; contre le terrorisme sur le plan domestique, et en Afghanistan, même si cet effort militaire se terminera à la fin de 2014.

Mais le principal défi de politique étrangère de Barack Obama sera d’abord et avant tout de rétablir la santé de l’économie américaine. Le monde a besoin d’une économie américaine revigorée, et ce sont donc les défis budgétaires qui vont très certainement opposer Barack Obama aux républicains qui vont retenir l’attention.

Les relations entre eux seront-elles aussi tumultueuses qu’au cours des deux dernières années? Les républicains ont tout tenté, sans succès, pour limiter Barack Obama à un seul mandat. Maintenant qu’il est réélu, certains agissent comme si c’étaient leurs propositions de réduction du déficit à tout prix qui avaient été plébiscitées, et non celles du président de faire payer plus aux riches. Barack Obama a réussi, in extremis, à obtenir un compromis qui va dans le sens de ses propositions, pour éviter des hausses d’impôt à 98 % des Américains. Et il s’est promis de n’offrir aucune contrepartie aux républicains en échange de la hausse de la capacité d’emprunt du pays. Le soi-disant plafond de la dette sera atteint quelque part entre la mi-février et le début mars. Les républicains ont battu en retraite pour l’instant, promettant de hausser la capacité d’emprunt pour trois mois, le temps de s’attaquer au délicat dossier des réductions de dépenses.

Dans cette épreuve de force, le Barack Obama qui leur fera face est différent de celui qui n’avait pas son pareil depuis quatre ans pour croire qu’on pouvait en arriver à une entente raisonnable entre gens de bonne foi. Plus coriace, désillusionné même. N’a-t-il pas admis durant la campagne qu’il n’est pas possible de changer Washington de l’intérieur?

En fait, le président faisait allusion, dans ce discours électoral, au pouvoir réel de persuasion de l’opinion publique. Il est convaincu que les campagnes citoyennes fonctionnent. Que le poids de l’opinion publique a forcé une entente sur le précipice budgétaire, et qu’il pourrait aussi influencer le sort qui sera réservé à ses propositions sur le contrôle des armes à feu.

Dans son discours d’investiture, le président, semble-t-il, tendra la main à tous les Américains, même à ceux qui n’ont pas voté pour lui, telle une proposition de pacte pour la prospérité, qui continue d’être seulement un rêve pour beaucoup d’Américains.

Pour constater à quel point la présidence fait vieillir, ces photos.