Billets publiés en janvier 2013

Chine : la fin des goulags?

Jeudi 31 janvier 2013 à 10 h 13 | | Pour me joindre

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C’était pendant les vacances, un de ces jours qui s’étirent doucement entre Noël et le jour de l’An. Je lisais distraitement les nouvelles, butinant d’un site web à l’autre, quand je suis tombée sur cet article.

Une femme de l’Oregon avait trouvé une lettre dans une boîte de décorations d’Halloween.

Un peu comme un message dans une bouteille à la mer…

La feuille était pliée en quatre, insérée entre deux pierres tombales en styromousse. Le tout était emballé dans une pellicule plastique.

L’auteur de cette missive, écrite à la main en anglais approximatif, affirmait que les décorations avaient été fabriquées dans un camp de travail à Shenyang, dans le nord-est de la Chine.

L’histoire m’a tout de suite intriguée, d’autant plus que moins de deux mois auparavant, mon collègue de Libération, Philippe Grangereau, avait écrit un excellent papier sur la « rééducation par le travail » à Chongqing.  L’homme qu’il a interviewé affirmait, lui, fabriquer des guirlandes de Noël.

Un coup de plus pour le « Made in China » déjà souvent mal-aimé.

Puis, le 7 janvier, une étonnante lueur d’espoir en provenance de la Chine. Meng Jianzhu, secrétaire de la commission politique et juridique du Parti communiste chinois, était cité dans la presse. Il affirmait que le système de « rééducation par le travail », ou laojiao comme on l’appelle en chinois, ne serait plus utilisé d’ici la fin de 2013.

Triste héritage de l’Union soviétique, ce système comprendrait, selon le gouvernement chinois, un réseau de 350 camps abritant 160 000 prisonniers.

Certains groupes de défense des droits de la personne soupçonnent que le nombre de prisonniers s’élèverait plutôt à 2 millions.

Se trouvent dans ces camps les criminels coupables de délits mineurs, dont le système judiciaire débordé n’a pas le temps de s’occuper. Mais aussi, les pétitionnaires, ces gens qui réclament sans arrêt une audience auprès des autorités pour des injustices dont ils se disent victimes. Les membres de Falun Gong viennent aussi peupler ces camps, tout comme les dissidents de toutes sortes, défenseurs des droits de la personne. Bref, tous ceux qui gueulent un peu trop fort, sur Internet ou ailleurs.

Le 7 janvier, on nous apprend donc que les jours du laojiao pourraient être comptés. Mais la joie provoquée par cette nouvelle n’a été que de courte durée.

Les articles qui rapportaient l’information ont rapidement été effacés, remplacés par une version édulcorée, dans laquelle on pouvait lire que Meng Jianzhu avait plutôt déclaré que le gouvernement allait « mettre de l’avant une réforme » du système de rééducation par le travail.

La même soupe froide, tièdement réchauffée, que le gouvernement sert au public depuis 10 ans.

Wang Yi et son mari, Hua Chunhui
Wang Yi et son mari, Hua Chunhui

Depuis la ville de Nanjing où ils habitent, Wang Yi et son mari, Hua Chunhui, surveillaient les développements de près. Et cette volte-face ne les a pas rassurés.

Tous les deux ont été emprisonnés séparément dans des camps de travail pour des propos qu’ils avaient tenus sur Twitter. Elle a été enfermée pendant un an; lui, pendant un an et demi.

Pendant leur détention, ils n’avaient pratiquement aucun contact avec le monde extérieur. Et depuis leur sortie du camp, Wang et Hua ne sont pas complètement libres. Leur téléphone est sur écoute, leurs échanges par courriel font l’objet de surveillance, tout comme leurs déplacements.

Lors de l’entrevue qu’ils nous ont accordée, loin de leur domicile, dans un lieu neutre où nous ne risquions pas d’être repérés, Hua Chunhui nous a dit :

« Le système de rééducation par le travail viole la Constitution et les lois chinoises. » (À noter qu’en Chine, techniquement, on ne peut pas emprisonner quelqu’un arbitrairement, sans procès.) Le problème, c’est que s’ils abolissent ce système, qu’est-ce qui viendra après? Vont-ils simplement le remplacer par un autre?

Cette question est légitime. Les défenseurs du système soutiennent que le laojiao est nécessaire pour maintenir la stabilité sociale. Du point de vue des autorités, il n’y a rien de plus pratique. Quelqu’un dérange un peu, pourquoi s’empêtrer dans des procédures judiciaires sans fin?  Allez hop! On l’embarque, fin de l’histoire.

Et quand vous ajoutez à cela l’aspect économique : forcément un réseau de gens profite du fait que cette main-d’oeuvre captive travaille sans obtenir de salaire. On se rend compte que le gouvernement serait fou de se passer du laojiao.

D’ailleurs, le célèbre avocat Teng Biao résumait bien la situation sur son blogue, cité par le Courrier international :

« Comme je le disais le 11 décembre, on peut prévoir que le laojiao sera aboli dans les deux ans, et que Xi (Jinping) et Li (Keqiang) en seront félicités. Mais les prisons clandestines, les mises en résidence surveillée, les éloignements forcés, les placements en hôpital psychiatrique, en centre de transit, les disparitions, les classes d’études… tout cela augmentera. »

Le 50e du traité de l’Élysée

Mardi 22 janvier 2013 à 13 h 47 | | Pour me joindre

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Il y a 50 ans, le général de Gaulle et le chancelier Konrad Adenauer signaient le traité de l’Élysée, un accord pour sceller la réconciliation franco-allemande.

Voici une entrevue sur ce fameux traité avec Anne-Marie Le Gloannec, spécialiste de l’Allemagne et directrice de recherches au CERI-Sciences Po, à Paris :

Mon reportage au radiojournal :

L’héritage d’Obama

Lundi 21 janvier 2013 à 10 h 08 | | Pour me joindre

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manonglobensky

Barack Obama amorce son second mandat, les 48 mois au bout desquels il voudrait, selon ses proches, que les Américains de la classe moyenne soient plus prospères, mais surtout plus confiants en l’avenir.

Les seconds mandats sont souvent l’occasion pour les présidents de consolider leur marque sur l’histoire. Mais c’est aussi parfois l’occasion d’écueils importants. Le Watergate a fait tomber Richard Nixon en 1974, après sa réélection en 1972. L’affaire Monica Lewinsky a terni la fin de la présidence de Bill Clinton.

Alors, que réserve ce deuxième mandat du premier président noir des États-Unis? Le président a commencé la journée de son assermentation officielle par une cérémonie du souvenir au cimetière militaire d’Arlington, en Virginie, un rappel s’il en faut un que la nation américaine est encore en guerre; contre le terrorisme sur le plan domestique, et en Afghanistan, même si cet effort militaire se terminera à la fin de 2014.

Mais le principal défi de politique étrangère de Barack Obama sera d’abord et avant tout de rétablir la santé de l’économie américaine. Le monde a besoin d’une économie américaine revigorée, et ce sont donc les défis budgétaires qui vont très certainement opposer Barack Obama aux républicains qui vont retenir l’attention.

Les relations entre eux seront-elles aussi tumultueuses qu’au cours des deux dernières années? Les républicains ont tout tenté, sans succès, pour limiter Barack Obama à un seul mandat. Maintenant qu’il est réélu, certains agissent comme si c’étaient leurs propositions de réduction du déficit à tout prix qui avaient été plébiscitées, et non celles du président de faire payer plus aux riches. Barack Obama a réussi, in extremis, à obtenir un compromis qui va dans le sens de ses propositions, pour éviter des hausses d’impôt à 98 % des Américains. Et il s’est promis de n’offrir aucune contrepartie aux républicains en échange de la hausse de la capacité d’emprunt du pays. Le soi-disant plafond de la dette sera atteint quelque part entre la mi-février et le début mars. Les républicains ont battu en retraite pour l’instant, promettant de hausser la capacité d’emprunt pour trois mois, le temps de s’attaquer au délicat dossier des réductions de dépenses.

Dans cette épreuve de force, le Barack Obama qui leur fera face est différent de celui qui n’avait pas son pareil depuis quatre ans pour croire qu’on pouvait en arriver à une entente raisonnable entre gens de bonne foi. Plus coriace, désillusionné même. N’a-t-il pas admis durant la campagne qu’il n’est pas possible de changer Washington de l’intérieur?

En fait, le président faisait allusion, dans ce discours électoral, au pouvoir réel de persuasion de l’opinion publique. Il est convaincu que les campagnes citoyennes fonctionnent. Que le poids de l’opinion publique a forcé une entente sur le précipice budgétaire, et qu’il pourrait aussi influencer le sort qui sera réservé à ses propositions sur le contrôle des armes à feu.

Dans son discours d’investiture, le président, semble-t-il, tendra la main à tous les Américains, même à ceux qui n’ont pas voté pour lui, telle une proposition de pacte pour la prospérité, qui continue d’être seulement un rêve pour beaucoup d’Américains.

Pour constater à quel point la présidence fait vieillir, ces photos.

Sabbat et veille d’élections en Israël

Dimanche 20 janvier 2013 à 20 h 14 | | Pour me joindre

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chartrlu

À Jérusalem, n’essayez même pas d’obtenir une entrevue d’un politicien israélien en campagne lors du sabbat. Ici, où le taux de pratique religieuse est très élevé, le respect du sabbat est quelque chose de sérieux.

Dans la ville, les rues sont désertées par les voitures. Chercher un taxi est une épopée : les seuls chauffeurs, pratiquement, sont des Arabes israéliens. La vie moderne s’arrête. Le téléphone, la télévision, Internet sont débranchés dans de nombreux foyers. Les juifs savent s’arrêter!

Les autres ont de la difficulté… En particulier les journalistes, drogués de communication, toujours rivés à leurs courriels, leurs comptes Twitter ou Facebook.

Radio-Canada a Jérusalem

Ce soir, nous sommes invités, le caméraman Martin Cloutier et moi, avec une amie, Hélène, au souper du sabbat chez Peggy Cidor. C’est touchant et chaleureux. Mais, alors que nous ne pouvons nous empêcher de jeter des coups d’œil furtifs à nos téléphones intelligents, Peggy nous dit : « La prochaine fois, vous laissez vos téléphones à la porte! »

Nous sommes avec la famille de Peggy. La famille est au coeur du sabbat. L’effervescence extérieure ne doit pas venir troubler ce moment. C’est une leçon.

Je risque tout de même : « Pendant le sabbat, a-t-on le droit de parler politique? » Ils rient! « C’est même encouragé! » Le sabbat n’exige pas que l’on soit déconnecté de ce qui se passe dans le monde.

On finit donc par parler politique, à quelques jours des élections du 22 janvier. Et on parle de ce phénomène annoncé par les sondages : la montée d’un parti d’extrême droite, Maison Juive, dirigé par un jeune chef, Naftali Bennett, dont les propos entrent en résonnance avec une grande partie de l’électorat . En résumé, à peine caricatural : assez parlé des Palestiniens, il n’y aura jamais d’État pour eux sur notre terre (c’est-à-dire sur les Territoires occupés) et nous devons en annexer déjà une grande partie.

« Le problème avec Bennett, dit Peggy Cidor, c’est qu’il est un écran de fumée. Il a une allure moderne. Il a fait fortune dans la haute technologie. Il met de l’avant quelques candidats pas trop radicaux. Mais plusieurs de ses candidats sont des extrémistes. » Pour en savoir plus, cet article du New Yorker .

On n’ira pas plus loin. Après tout, c’est sabbat et, même s’ils sont d’accord pour parler politique, les journalistes en nous peuvent aussi – enfin, un peu – relaxer…

 

Le Canada au Mali, pourquoi?

Lundi 14 janvier 2013 à 20 h 54 | | Pour me joindre

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SRCLanglois

Enfin arrivée à Bamako, la capitale malienne en état de crise permanente depuis le coup d’État mené en mars 2012 par des officiers qui n’en pouvaient plus de voir leurs troupes se faire massacrer dans le nord du pays.

Depuis janvier 2012, une rébellion touarègue, appuyée par Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et Ansar Dine, un groupe de touaregs et d’islamistes devenus djihadistes, écrasait une à une les défenses de l’armée malienne, gangrenée par la corruption.

Les putschistes, dirigés par le capitaine Sanogo, ont évincé du pouvoir un président démocratiquement élu qui prenait sa retraite de la vie politique un mois plus tard. Ils avaient urgemment besoin, disaient-ils, d’équipement et de munitions pour combattre la rébellion au nord. Mais ils ont trouvé des garnisons vides.

Et ils ont pris goût au pouvoir… qu’ils détiennent toujours, même s’ils sont censés l’avoir cédé à un gouvernement de transition. Il y a un mois, les militaires ont « démissionné » le premier ministre en pleine nuit, à la pointe du fusil, pour en nommer un autre.

Or, pendant qu’à Bamako on se tiraillait le pouvoir politique, fin mars 2012, les rebelles ont profité du vide pour conquérir, en moins d’une semaine, les trois principales villes du nord-est du pays, Kidal, Gao et Tombouctou. Les militaires ont fui sans aucune résistance, laissant 1,5 million de Maliens aux mains de groupes armés qui règnent par la terreur, depuis avril, sur un territoire grand comme la France et la Belgique.

Le 4 avril dernier, les rebelles touaregs déclaraient l’indépendance de ce territoire, l’Azawad. Mais le Mouvement de libération de l’Azawad (MNLA), un mouvement nationaliste laïc, s’est fait rapidement confisquer sa victoire par les « complices » islamistes. Le lendemain, un des chefs d’AQMI, Moktar Belmoktar, était à Tombouctou. Le drapeau national touareg, hissé la veille au-dessus de la mairie, a été remplacé par le drapeau noir des salafistes.

Les Touaregs, qui ont des revendications historiques ancrées dans une persécution réelle, se sont repliés sur Gao, d’où ils ont été évincés en juin par un nouveau groupe d’islamistes armés, le Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO). C’était le début de la grande noirceur.

Les djihadistes ont imposé sur plus de la moitié du Mali une charia qui ampute les mains et les pieds de présumés voleurs, marie des fillettes de 10 à 12 ans, les viole en groupe, transforme des enfants en soldats d’Allah, fouette les femmes qui oublient de porter le voile intégral. Cet islam intégriste est une agression terrible pour les Maliens, qui sont en général des musulmans à la fois pieux et modérés, tolérants, ouverts sur le monde.

Les hommes d’AQMI ne cachent pas leurs ambitions de vouloir imposer ce mode de vie, par la force, à tous les pays du Sahel, de l’Atlantique à l’océan Indien. Du Sénégal et de la Mauritanie jusqu’à Mogadiscio, en passant par le Mali, le Burkina Faso, le Niger, le Nigeria, le Tchad, le Soudan et l’Éthiopie.

Les combattants d’Al-Qaïda ont accompli au Mali ce qu’ils n’ont pas réussi ni en Afghanistan ni en Somalie : ils ont pignon sur rue, ils ont maintenant un pays, un territoire immense en plein cœur de l’Afrique.

Si l’offensive de l’armée française, depuis vendredi, en a surpris plusieurs, c’est plutôt les tergiversations qui perdurent depuis avril qui ont étonné la plupart des observateurs éclairés. Les États qui ont fait de la lutte au terrorisme le pilier de leur politique étrangère, depuis le 11 septembre 2001, avaient-ils le choix de ne pas intervenir? L’appui rapide, le week-end dernier, de la Grande-Bretagne et des États-Unis à l’offensive française ne fait aucun doute sur l’importance accordée à cette menace.

Si la France n’est pas intervenue dès le printemps dernier, c’est sans doute que le pays était alors au beau milieu d’élections présidentielles. Si les États-Unis n’ont pas lancé une attaque de drones, sérieusement envisagée par la Maison-Blanche en septembre après la mort de son ambassadeur en Libye, aux mains d’Al-Qaïda, c’est sans doute que les Américains étaient à leur tour en pleines élections présidentielles.

Le Canada fera-t-il davantage qu’envoyer un avion CC-17 pour le transport d’équipement français de Paris vers Bamako? Le gouvernement canadien a investi annuellement plus de 100 millions de dollars au Mali, 110 millions en 2011, pour être précis. Le Canada a investi cet argent pour aider au développement du Mali.

L’islam haineux imposé par les djihadistes depuis neuf mois est plutôt un retour à l’âge des ténèbres. Certains diront qu’Ottawa a déjà assez dépensé au Mali, qu’il vaut mieux arrêter la saignée maintenant. D’autres, comme Robert Fowler, l’ancien diplomate canadien kidnappé par AQMI au Niger, jugent au contraire que ne rien faire équivaut à jeter par la fenêtre les centaines de millions déjà dépensés. Qu’il faut intervenir pour sauver l’investissement canadien.

Stephen Harper a répété lundi : « Le Canada n’envisage pas d’intervention militaire directe. » Cela laisse la porte ouverte à un appui logistique, comme l’envoi du CC-17. Les militaires canadiens sont aussi au Niger, tout près du Nord malien, à former des troupes qui iront bientôt combattre au front. Une aide « indirecte » qui permet au gouvernement fédéral de jouer sur les mots. Cela permet au premier ministre Harper de rassurer, d’un côté, une opinion publique réfractaire. Et de l’autre, de dire aux alliés que l’on contribue, même minimalement, à l’effort de guerre.

Pékin : à vos masques!

Dimanche 13 janvier 2013 à 15 h 48 | | Pour me joindre

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Côté pollution à Pékin, on croyait en avoir vu d’autres. Mais ces jours-ci, la ville se surpasse.

Vendredi, nous avions déjà droit depuis deux jours à un indice de qualité de l’air jugé « Hazardous », selon le fil Twitter @beijingair de l’ambassade américaine (depuis l’année dernière, les autorités chinoises, cédant à la pression populaire, publient des données très similaires sur les sites de microblogues chinois).

Image de Pékin lorsque l'indice de pollution est très élevé (11 janvier 2013)
Vendredi 11 janvier 2013. On n’ose pas trop se hasarder à mettre le nez dehors…

Mais samedi, l’absence de vent et la basse pression atmosphérique n’ont fait qu’empirer les choses. Si bien que de « Hazardous », nous sommes passés à « Beyond Index » (autrement dit, cela dépasse les limites prévues par les scientifiques).

Sur cette photo, l’immense tour du China World Trade Center disparaît complètement dans le smog…

Le China World Trade Center, à Pékin, lors d'une journée de smog

Par beau temps, la vue a plutôt l’air de cela…

Le China World Trade Center, à Pékin, par temps clair

La pollution atmosphérique se mesure par la concentration de particules de 2,5 microns de diamètre par mètre cube.

Si l’on se base sur les standards américains (qui sont ceux de l’ambassade ici), lorsque l’on enregistre 50 microgrammes ou moins de ces petites particules par mètre cube, la qualité de l’air est jugée bonne.

De 301 à 500, elle devient « Hazardous ». Lorsque l’indice dépasse 500, on rejoint le « Beyond Index », l’échelle n’ayant été prévue pour ne mesurer que de 0 à 500.

Ce n’est pas la première fois que Pékin a l’air d’une ville où sévirait un immense feu de forêt. La différence ces jours-ci, ce sont les sommets atteints. Samedi à 20 h, au plus fort du smog, une pointe a été enregistrée à plus de 800, du jamais vu. Des médias chinois indiquaient que la situation dans la province voisine du Hebei était encore pire qu’à Pékin.

Les autorités ont bien sûr demandé aux gens de demeurer à l’intérieur. S’ils doivent sortir, le port du masque est fortement recommandé. On invite également la population à opter pour le transport en commun, dans l’espoir de limiter la pollution.

Dimanche, l’indice était retombé à « Hazardous ». Après le smog de la veille, certains internautes à l’humour grinçant indiquaient qu’ils avaient envie d’ouvrir les fenêtres pour respirer l’air (relativement) pur.

Tandis que certains Pékinois en ont carrément profité pour se faire couper les cheveux en plein air.

Des Pékinois se faisant couper les cheveux en plein air.

Décidément, cette ville nous étonnera toujours.

Nicolas Maduro

  • Le dauphin, 50 ans, ancien chauffeur d’autobus, syndicaliste. Après le coup d’État manqué d’Hugo Chavez en 1992, il a milité pour sa libération.
  • Député, président de l’Assemblée, ministre des Affaires étrangères depuis 2006, il a développé des talents de diplomate. Toujours calme, affable, apparemment modéré, on reconnaît ses talents de négociateur. Il passe pour être l’homme de Cuba, où il a reçu une formation de syndicaliste.

Nicolas Maduro, vice-président du Venezuela, a été désigné par Hugo Chavez comme son successeur s’il n’était plus en mesure d’exercer le pouvoir alors qu’il a annoncé le 8 décembre le retour de son cancer.
Nicolas Maduro, vice-président du Venezuela

  • Le 7 décembre 2012, avant son départ pour Cuba, Hugo Chavez le nomme vice-président.

« Si quelque chose devait arriver, m’empêchant de gouverner de quelque manière que ce soit, Nicolas Maduro, dans ce cadre, doit conduire les affaires comme le prévoit la Constitution. »

  • Il évoque même la possibilité d’une élection due à son absence. Dans un scénario « qui obligerait à convoquer une élection présidentielle, vous devez élire Nicolas Maduro comme président ».
  • Et il ajoute : « Regardez jusqu’où il va, Nicolas, le chauffeur d’autobus du métro, comme ils se sont moqués de lui, la bourgeoisie… »

Diosdado Cabello

  • Quarante-neuf ans, une formation d’ingénieur au sein des Forces armées du Venezuela. Il a participé au coup d’État manqué de 1992 pour lequel il a fait deux ans de prison.
  • Il a occupé nombre de postes importants au sein du gouvernement. Gouverneur de Miranda, il a été défait en 2008 par le candidat de l’opposition aux présidentielles de 2012, Henrique Capriles. En tant que président de l’Assemblée nationale, c’est lui qui assurerait l’intérim avant une élection, s’il y avait vacance à la présidence.

Au Venezuela, le vice-président Nicolas Maduro (g) et le président de l'Assemblée nationale Diosdado Cabello (d)
Le vice-président, Nicolas Maduro, et le président de l’Assemblée nationale, Diosdado Cabello

  • Habile en affaires, décrit comme un membre puissant de la « bolibourgeoisie » (de la République bolivarienne du Venezuela, nom officiel du pays sous Hugo Chavez), très influent dans la fonction publique, il est détesté par l’opposition et redouté dans certains milieux chavistes.

UNE AFFAIRE DE FAMILLE

Cilia Flores

  • Épouse de Nicolas Maduro. Elle était avocate de la défense d’Hugo Chavez, emprisonné en 1992 pour sa tentative de coup d’État. Fidèle de la première heure.
  • Actuellement procureure générale, elle a été la première femme présidente de l’Assemblée nationale en 2006.

Le président du Venezuela, Hugo Chavez, et la présidente de l'Assemblée nationale, Cilia Flores, à Caracas en janvier 2009
Hugo Chavez, et la présidente de l’Assemblée nationale, Cilia Flores, à Caracas en janvier 2009

Rosa Virginia Chavez

  • Trente-deux ans, fille aînée du président et de sa deuxième épouse Nancy. Elle fait figure de première dame et accompagne son père dans toutes ses activités. Elle est l’épouse de Jorge Arreaza, 39 ans, ministre des Sciences et de la Technologie. Sa sœur cadette, Maria Gabriela , se trouve également à Cuba aux côtés de son père. Ce sont elles qui prendront les décisions importantes en ce qui a trait à sa santé.
  • De cette santé dépend l’avenir du Venezuela, superpuissance du pétrole. L’or noir a donné au Venezuela d’Hugo Chavez de l’influence à l’étranger et lui a permis de transformer radicalement le pays vers un « socialisme du 21e siècle ».

Le président du Venezuela, Hugo Chavez, et sa fille, Rosa Virginia, au balcon du palais présidentiel à Caracas en avril 2012
Hugo Chavez, et sa fille Rosa Virginia au balcon du palais présidentiel à Caracas en avril 2012

Conversation à l’émission Désautels sur l’état de santé du président Hugo Chavez et présentation d’un reportage sur l’importance du pétrole au Vénézuela (à 8 minutes du début):

Reportage diffusé sur RDI :
 

Entrevue sur la situation politique au Venezuela à l’émission Pas de midi sans info :

 

La santé d’Hugo Chavez

Lundi 7 janvier 2013 à 16 h 32 | | Pour me joindre

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jmleprince

Hugo Chavez ne va pas bien.

Opéré pour la quatrième fois d’un cancer le 11 décembre dernier après une seconde récidive, il souffre d’insuffisance respiratoire après une « grave infection pulmonaire » contractée après la chirurgie.

Le président sortant Hugo Chavez est réélu à la tête du Venezuela.
Le président sortant Hugo Chavez est réélu à la tête du Venezuela.

Le président du Venezuela est hospitalisé au CIMEQ, hôpital de l’ouest de La Havane, dans le quartier de Siboney, non loin de la résidence de Fidel Castro.

Le Centre d’investigations médico-chirurgicales se décrit comme une « institution de grand prestige national et international […] qui possède les techniques de soutien diagnostiques et thérapeutiques les plus avancées ».

Les autorités cubaines sont absolument silencieuses au sujet de l’état de santé d’Hugo Chavez. Celles du Venezuela se sont limitées à déclarer que l’état du président était « stable dans son cadre délicat » depuis presque quatre semaines.

Réélu aisément le 7 octobre 2012 pour un quatrième mandat, il devait prêter serment le 10 janvier. Il ne le pourra pas.

L’article 231 de la Constitution de 1999 stipule que : « Si pour un motif quelconque le président de la République ne peut prendre possession (du pouvoir) devant l’Assemblée nationale, il le fera devant la Cour suprême. » Aucun délai n’est précisé.

Le président de l’Assemblée nationale Diosdado Cabello a convoqué une grande manifestation d’appui à Hugo Chavez pour le 10 janvier.  L’Orchestre national des jeunes du Venezuela donnera un concert au grand théâtre Teresa Carreño.

La vie politique suit donc son cours : le vice-président Nicolas Maduro, nommé par Hugo Chavez à son départ pour La Havane, assume l’intérim. Le président a obtenu de l’Assemblée nationale son « congé » de gouvernement jusqu’à sa guérison.

Après quatorze ans de pouvoir, Hugo Chavez a profondément marqué son pays, l’Amérique latine, et il a essayé d’exercer son influence sur l’échiquier mondial. En jeu avec la santé d’Hugo Chavez, une politique étrangère plutôt originale….le reportage au Téléjournal :