Blogue de Akli Aït Abdallah

La porte de la paix

Lundi 26 novembre 2012 à 10 h 07 | | Pour me joindre

Pour me joindre

Killis, dernière ville turque avant la frontière syrienne de Bab Es-Salam. Alla el Dine et Mohamed, qui allaient nous accompagner durant tout notre séjour dans leur pays, attendent à l’entrée de notre hôtel que nous ayons fini de descendre la monstrueuse pile de bagages amenés avec nous de Montréal. Quelques affaires personnelles, mais surtout le matériel qu’il faut traîner avec soi quand on fait de la radio et de la télévision.

Bab Es-Salam, c’est la porte de la paix, dernier passage avant d’entrer sur la terre syrienne.

À peine franchie, et déjà les premiers stigmates de la guerre. Ici commence la « Syrie libre », celle que les rebelles ont arrachée aux forces restées fidèles à celui qu’ils veulent abattre, Bachar Al-Assad.

Sur la gauche, un camp de toiles blanches, abri temporaire, pour quelques centaines de familles.

Ceux qui sont là vivaient à Alep, Tall Rifaat, Ain Dakne ou Azaz. Chassés par les bombes, ils sont venus se réfugier aux portes de la Turquie.

Déjà, les premières victimes de la guerre.

Sur la grande place qui jouxte le camp, une ribambelle d’enfants suit la caméra de Sylvain. Hormis une balançoire installée sur un terrain boueux, les loisirs sont rares.

Alla, H’sin, El Anka et les autres ne vont plus à l’école. C’est connu, les guerres se foutent des enfants, quand elles ne les tuent pas.

Alors, en attendant que celle que les adultes leur imposent batte en retraite, ils nous l’ont racontée. Les obus sur leur maison, les tireurs embusqués, le pain qui manque…

Marie-Ève, Luc, Sylvain et moi les avons écoutés parler et chanter toute leur haine du « Nidham », le pouvoir, qui, comme le leur répètent les adultes, est seul responsable de la tragédie syrienne.

J’en ai parlé avec Joane Arcand à Dimanche magazine :

Au radiojournal, ce matin :

À C’est bien meilleur le matin :

Voici, en photos, les premiers visages d’une guerre que nous ne nous attendions pas à rencontrer si vite.

Frontière syrienne de Bab Es-Salam
Frontière syrienne de Bab Es-Salam

Frontière syrienne de Bab Es-Salam

Des enfants dans un camp de réfugiés syriens tout près de la frontière avec la Turquie

Des enfants dans un camp de réfugiés syriens tout près de la frontière avec la Turquie

Un camp de réfugiés syriens tout près de la frontière avec la Turquie