Billets publiés le 3 novembre 2012

Chronique électorale américaine J-3

samedi 3 novembre 2012 à 7 h 08 | | Pour me joindre

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manonglobensky

Le suspense jusqu’à la dernière minute

Peu importe la façon dont on tente d’y arriver, il est impossible de prédire qui va gagner les élections mardi prochain. Il n’y a qu’à écouter les campagnes qui, à quelques jours du scrutin, présentent deux versions diamétralement opposées de la réalité. Les responsables de la communication pour Mitt Romney affirmaient cette semaine que leur candidat allait non seulement l’emporter, avec les 270 votes nécessaires au Collège électoral, mais que la campagne faisait des efforts maintenant pour l’emporter largement, avec 300 votes pourquoi pas, avec des États comme la Pennsylvanie, le Minnesota et le Michigan qui semblent pourtant pratiquement acquis aux démocrates.

Karl Rove, l’ancien conseiller de George W. Bush, dans sa chronique au Wall Street Journal, donne 279 grands électeurs à Mitt Romney et 51% du vote populaire. Pour dire cela, il se base sur le fait que le candidat républicain est en avance, parfois très légèrement, dans 19 des 31 sondages publiés en une semaine et que la machine républicaine aurait eu un certain succès à faire voter ses supporteurs par anticipation.

La machine démocrate affiche la même confiance à propos du vote par anticipation. Et lors de mon passage en Ohio, je n’ai vu à Cleveland, sur deux jours, que des démocrates se présenter aux bureaux de vote. David Exelrod, le principal conseiller de Barack Obama, promet de raser sa moustache légendaire s’ils perdent le Michigan, la Pennsylvanie ou le Minnesota.

Et ça vaut la peine de mentionner que le porte-parole de Mitt Romney, dans une conférence téléphonique avec les journalistes en début de semaine, n’a jamais mentionné l’Ohio ni le Wisconsin comme des États que les républicains pensent pouvoir faire basculer.

Un scénario plus prudent tourne autour du mot imprévisible. Barack Obama obtenant les 270 voix qu’il lui faut au Collège électoral, mais sans avoir la majorité du vote populaire est une possibilité souvent évoquée.

Quoique

Celui qui agrège les sondages et fait les prévisions pour le New York Times, Nate Silver, ne voit pas pourquoi les gens refusent l’évidence que Barack Obama est le favori.

Sur son blogue FiveThirtyEight, il écrit que tout se résume aux quatre petites lettres du mot OHIO avec ses 18 votes au Collège électoral et où Barack Obama mène selon M. Silver, quoiqu’on en dise.

Charlie Cook

Et Charlie Cook, reconnu comme l’autorité suprême pour ses prévisions, fait le calcul suivant : une fois tous les États sûrs pour Obama et tous les États sûrs pour Romney écartés, il reste 98 votes au Collège électoral à départager. Barack Obama doit en gagner 18 pour arriver à 270, Mitt Romney 80.

Mon sentiment personnel

Je plonge!!! Il y a un an, quand le cycle électoral a commencé, je donnais Barack Obama gagnant, avec un pourcentage du vote plus faible que ses 52,9 % de 2008. Mon raisonnement était que la radicalisation du Parti républicain vers une droite religieuse et intransigeante allait décourager les indépendants. Cependant, je pensais aussi que les deux chambres du Congrès iraient au Parti républicain, ce qui ferait une cohabitation difficile du second mandat de Barack Obama.

Mais Mitt Romney a réussi le pari de changer les perceptions. Son image et ses propos sont plus modérés depuis le premier débat, au début octobre. Et c’était le bon moment de le faire, puisque les Américains ne portent vraiment attention à la campagne que dans les dernières semaines. Alors on est de retour à l’impossible à prédire.

JFK invite les Américains à voter

Pour encourager le vote, la commission électorale a trouvé ce message d’intérêt public de John Fitzgerald Kennedy tourné quelques jours après la fin de la crise des missiles cubains, et qui invite les Américains à voter le 6 novembre… 1962

L’effet Halo 4

Est-ce que la mise en vente le 6 novembre de Halo 4, le populaire jeu vidéo mettant en vedette Master Chief, pourrait avoir un impact négatif sur le vote des jeunes? Des études sérieuses démontrent que les amateurs de tels jeux se terrent parfois pendant des heures sinon des jours, pour jouer. Ils pourraient en oublier d’aller voter et cela nuirait plus aux démocrates qu’aux républicains. Ils sont des millions à attendre la suite de Halo 3.

Comment Barack Obama et Mitt Romney font-ils pleurer une petite fille

Tout le monde a souri jeudi quand cette vidéo a fait surface.

La petite Abigael Evans allait au supermarché avec sa mère. Un reportage de NPR, la radio publique, sur les élections était diffusé et la fillette de 4 ans a commencé à pleurer. Questionnée par sa mère, elle dit qu’elle n’en peut plus de «Bronco Bamma» et de Mitt Romney. NPR, sur son site Internet, a présenté ses excuses à Abigael et l’assure que, tout comme le père Noël existe vraiment, le 7 novembre viendra aussi et on n’entendra plus parler des élections… Enfin, presque plus.