Billets publiés en octobre 2012

Déluge de sondages

Ça y est, je me rends. Même moi qui mange de la politique, je n’en peux plus des sondages (et des publicités électorales, mais j’en dirai plus sur ce sujet plus tard). Il y avait déjà beaucoup de sondages nationaux et aussi ceux des neuf États-clés que tout le monde surveille : Nevada, Colorado, Wisconsin, Iowa, Ohio, Floride, Caroline du Sud, Virginie et New Hampshire.

Il y a eu les sondages instantanés d’après-débat, puis les statistiques du vote par anticipation, et maintenant elles ne sont pas moins de huit maisons de sondage à faire des « tracking polls », c’est-à-dire des sondages au quotidien. Si bien qu’on voit tout et son contraire dans les résultats.

Par exemple, jeudi matin, un sondage effectué pour l’Associated Press nous apprend que l’écart favorable à Romney chez les hommes et à Obama chez les femmes n’existe plus. Le jour même où le New York Times publie un bon papier sur le vote crucial des femmes pour les deux campagnes et à quel point Mitt Romney doit combler son déficit chez les femmes.

Mais je ferais une fausse promesse si je jurais d’ignorer dorénavant les sondages.

Il y a ceux qui nous informent encore, comme celui de Time Magazine en Ohio qui nous dit qu’Obama mène largement le vote par anticipation (60-40), alors que chez ceux qui voteront le 6 novembre il est au coude-à-coude avec Mitt Romney 45-45.

Il y a ceux que je refuse de prendre en compte au jour le jour, ces fameux tracking polls où « Obama +3, Romney -1 » ne veut plus rien dire sauf quand on regarde la tendance à plus long terme. Dans ce cas, Nate Silver, du New York Times (encore et toujours lui, c’est une référence), a un bon exposé sur la surutilisation du mot momentum pour qualifier la remontée de l’un ou de l’autre candidat dans les sondages

Les sondages qui font rire

Et puis il y a les sondages à prendre avec un grain de sel. Le premier est le sondage des masques d’Halloween. Très sérieusement, un magasin de costumes et de masques du Texas affirme qu’il a vendu plus de masques de Barack Obama que de Mitt Romney et que c’est bon signe pour le président. En effet, les ventes ont été un bon baromètre des élections présidentielles depuis 1996.

Il y a aussi le sondage des tasses de café des dépanneurs 7-11. Plus de clients versent leur café dans des tasses en carton bleu Barack Obama que dans des tasses rouges Mitt Romney. Le 7-Eleven a réussi à prédire le résultat des trois dernières élections présidentielles de cette façon. Mais attention, ces résultats de vente datent déjà du début octobre, on ne sait pas si la tendance se maintient!

Donald Trump, encore lui

M. Trump, qui ne rate pas une occasion de faire parler de lui, a offert de verser 5 millions de dollars à une œuvre de charité si le président Barack Obama publie ses demandes d’entrée à l’université et ses demandes de passeport.

Le milliardaire espère encore pouvoir prouver sa théorie que le président n’est pas né aux États-Unis, mais plutôt au Kenya (et ne serait donc pas qualifié pour être président), malgré le fait que le président ait publié son acte de naissance à Hawaï. Donald Trump affirme que les demandes d’entrée à l’université et les demandes de passeport de Barack Obama ne sont pas accessibles parce que le candidat y a indiqué son véritable lieu de naissance.

Le président a ri des efforts de M. Trump lors d’une entrevue au Tonight Show avec Jay Leno

Raz-le-bol des pubs aussi

Je rentre de Floride et si je leur envie le temps magnifique qu’il y fait, je n’envie pas les Floridiens pendant cette campagne électorale parce qu’ils sont inondés de publicités.

À la télévision il n’y a que des annonces politiques, semble-t-il. Quand ce n’est pas la campagne nationale d’un des candidats, c’est un Super PAC, une campagne au Congrès ou une élection floridienne. À la radio commerciale, c’est pareil, et les gens reçoivent en plus des appels téléphoniques automatisés pour les inciter à voter.

Les électeurs de la Floride sont pris dans le déluge depuis le cycle des primaires républicaines, donc depuis presque un an.

Moi qui pensais que c’était déjà trop dans le District de Columbia où je réside. Ici, l’élection présidentielle n’est pas un enjeu passionnant, la victoire de Barack Obama fait peu de doutes, mais les résidents de DC sont tout de même inondés de pubs électorales parce que l’État voisin de Virginie est un enjeu, et qu’il y a deux référendums au Maryland qui sont chaudement débattus. À heure de grande écoute, 4 des 6 publicités de chaque pause sont électorales. Mais je ne les écoute plus, je ne fonctionne qu’avec l’enregistreur vidéo numérique.

Et je me demande si les Américains ne font pas comme moi. Qu’est-ce qui prouve qu’ils portent encore attention à tout cela? Quels arguments n’ont-ils pas déjà entendus mille fois?

Il faut croire que les campagnes y croient encore. Elles viennent de placer 100 millions de dollars de publicité pour les deux semaines à venir surtout dans les marchés de l’Ohio, de la Floride et du Nevada.

Pour comprendre l’ampleur du phénomène, voyez ce reportage tourné au Nevada par ma collègue Joyce Napier :
 

Du rififi au mur des Lamentations

Vendredi 19 octobre 2012 à 14 h 40 | | Pour me joindre

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chartrlu

Quand des féministes vont provoquer les ultra-religieux sur le site le plus sacré du judaïsme…

Une fois par mois, des juives féministes – la plupart elles-mêmes pratiquantes orthodoxes – se rendent au pied du mur des Lamentations de Jérusalem pour y pratiquer des rites qui constituent une pure hérésie aux yeux des juifs les plus conservateurs.

Ces femmes – dont une vingtaine étaient présentes au moment de notre tournage (voir Une heure sur terre, émission du 19 octobre 2012) – se couvrent du châle de prière. Certaines portent une kippa sur la tête et parfois même enroulent des phylactères autour de leur bras. Chacun de ces gestes, dans le rite juif, appartient aux hommes. Venir les accomplir dans l’enceinte la plus sacrée du judaïsme tient de la provocation. Ces femmes ne s’en cachent pas. « C’est un mouvement féministe radical », explique Peggy Cidor, une des participantes.

Elles font partie d’un groupe appelé Les femmes du mur. Elles veulent « libérer le mur » de la mainmise des ultra-orthodoxes et y donner aux femmes qui le désirent, le même droit qu’aux hommes de pratiquer selon les rites de leur choix.

Le mur — le kotel, en hébreu – a été reconquis par les Israéliens pendant la guerre des Six Jours de 1967. Depuis, la supervision religieuse du site est régie par un code strict. L’espace de prière, au pied du mur, est séparé en une section réservée aux hommes et une autre, beaucoup plus petite, réservée aux femmes.

Il n’en a pas toujours été ainsi. Cette photo datée des années1880 montre qu’hommes et femmes y ont prié jadis dans le même espace.

Félix Bonfils, Mur des juifs, un vendredi

« Les ultra-orthodoxes ont littéralement conquis le mur, dit Peggy Cidor. Or, ce n’est pas une synagogue. C’est un lieu national. »

Les femmes du mur veulent donc briser l’interprétation ultra-orthodoxe qui, selon elles, les empêche de prier comme bon leur semble dans un lieu qui appartient à tous.

Jusqu’ici, les tribunaux israéliens n’ont pas accepté leur argumentation, une loi sur la protection des Lieux saints interdisant d’y tenir des cérémonies contraires à la tradition.

« Si je mets un châle de prière ici, dit Peggy Cidor, je me fais arrêter et je risque six mois de prison et 10 000 shekels (2600 $CA) d’amende. »

Trois de ses camarades viennent de se faire arrêter, le 17 octobre, pour avoir porté un châle de prière au mur.

Plusieurs Israéliens et Israéliennes voient dans ce mouvement, encore marginal, le symbole d’une lutte plus large contre l’imposition de normes de vie orthodoxes sur la société israélienne en général (le sujet d’Une heure sur terre, le 19 octobre).

« Les arrestations des Femmes du mur nous rappellent la nécessité de revoir la relation entre la religion et l’État en Israël et de renverser le monopole orthodoxe, selon le rabbin réformiste Gilad Kariv. La bataille du kotel est de même nature que celle visant à laisser les femmes s’asseoir à l’avant des autobus. »

Mitt Romney est-il en train de gagner?

C’est en tout cas ce que pense Karl Rove, un ancien conseiller de George W. Bush qui est à la tête maintenant d’un super PAC, American Crossroads, et de son organisation sœur, Crossroads GPS. Il écrit mercredi dans le Wall Street Journal que M. Romney prend la tête parce qu’il devient de plus en plus évident que le président Obama n’a rien à proposer pour les quatre prochaines années.

M. Rove répète là ce qui est devenu le mantra du camp conservateur depuis le premier débat et un des arguments que Mitt Romney a utilisés lors du deuxième débat. Et M. Rove s’appuie sur un facteur important, les perceptions des candidats, surtout en ce qui a trait à celui qui réussirait le mieux à relancer l’économie.

Dans le sondage instantané de CNN après le deuxième débat, 58 % répondaient Mitt Romney, contre 40 % Obama. Et M. Rove souligne aussi le premier sondage quotidien, Gallup Daily Tracking, qui met Mitt Romney à 50 % des intentions de vote, un seuil important puisque, explique-t-il, aucun candidat n’a été à 50 % à ce point dans la course sans l’emporter.

(J’ajoute ici une parenthèse pour ceux qui veulent s’amuser à voir cette compilation des problèmes que peuvent poser les précédents en politique.)

Karl Rove pourrait se réjouir aussi du fait que Mitt Romney mène largement chez les électeurs blancs, comme le rapporte le Washington Post.

Tout ça renforce peut-être la possibilité que Mitt Romney obtienne la moitié du vote populaire. Mais mathématiquement, il n’atteint toujours pas le seuil des 270 grands électeurs nécessaires à la victoire. Dans deux des neuf États-clés, la Floride et la Caroline du Nord (où le vote par anticipation ne commençait que mercredi), il mène. Et en Virginie et au Colorado, maintenant, on pense que l’État pourrait aller dans un sens ou dans l’autre. À moins de remporter trois de ces quatre États ainsi que l’Ohio, il lui faudra remporter deux autres des quatre États qui restent (New Hampshire, Wisconsin, Iowa ou Nevada) pour prétendre à la victoire.

Tout le monde comprend maintenant pourquoi plus de la moitié des événements des deux campagnes se déroulent en Ohio.

Bruce Springsteen

Personne n’a été surpris d’apprendre que Bruce Springsteen donne son appui au président Obama. À Parma, en Ohio (encore l’Ohio!), il a chanté une demi-douzaine de ses chansons et le grand hymne de Woodie Guthrie, This land is my land, seul à la guitare et à l’harmonica. Puis il a expliqué son choix pour les élections et incité les jeunes à voter. La campagne Obama utilise la chanson de Bruce Springsteen We take care of our own dans plusieurs de ses rassemblements.

 

Le vote des femmes

J’ai été surprise lors du débat d’entendre Mitt Romney affirmer qu’il a toujours été pour l’accès des femmes à la contraception et même pour le remboursement de la contraception par l’employeur. Et dès le lendemain du deuxième débat, sa campagne mettait en ondes une publicité télé qui reprend essentiellement cette position modérée de l’ancien gouverneur du Massachusetts.

C’est important pour la campagne Romney de convaincre le plus de femmes possible, elles sont en grande partie responsable de son rebond dans les sondages après le premier débat et sont nombreuses parmi les indécis.

Je ne suis pas la seule à avoir voulu vérifier le doute que j’avais à l’esprit, c’est-à-dire que Mitt Romney, malgré ce qu’il en dit, aurait appuyé un amendement, l’amendement Blunt, qui permettait aux employeurs de ne pas rembourser la contraception à leurs employées, si cela allait à l’encontre de leurs valeurs morales ou religieuses. L’amendement Blunt a été défait au Sénat. N’empêche que la position de Mitt Romney est plus nuancée qu’il ne l’annonce. Cela lui a valu un Pinocchio ou deux sur les sites de vérification de faits. Un lien entre autres, celui de CNN.

Gallup, en se basant sur les résultats de sondages dans 12 États-clés, montre que chez les électrices enregistrées, la position des candidats sur l’avortement est la préoccupation numéro un. Viennent ensuite l’emploi, la santé et l’économie. L’emploi et l’économie sont ex aequo en tête de liste pour les hommes.

Encore plus

La prochaine chronique parviendra en direct de la Floride, où je me trouverai pour le dernier débat. J’ai hâte de voir si les ondes radio et télé de Floride sont aussi remplies de publicités qu’ici dans le District de Columbia, à cause de l’État voisin de la Virginie, considéré comme pivot. Il y a un raz-le-bol qui se dessine chez les électeurs, il est temps que ça finisse, juste pour ne plus voir toutes ces pubs.

 

Le Plan Sud du Chili

Jeudi 18 octobre 2012 à 11 h 18 | | Pour me joindre

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jmleprince

Au Québec, le nouveau gouvernement du Parti québécois veut reprendre à son compte le Plan Nord du gouvernement Charest. Mais il veut davantage le planifier et engager totalement les populations locales.

À l’extrême sud du continent, au Chili, il existe un projet semblable pour développer l’hydroélectricité de la Patagonie, qui servirait en partie l’énorme industrie minière du pays. Mais c’était sans compter sur une opposition farouche des écologistes et surtout de la population locale de la région d’Aysen, au centre de la Patagonie. Ils se sont révoltés.

Le fjord d'Aysen, en Patagonie
Le fjord d’Aysen, en Patagonie

Jean-Michel Leprince (à gauche) en compagnie d'Ivan Fuentes, pêcheur artisanal qui est devenu l'emblème de la révolte des gens d’Aysen.
Jean-Michel Leprince (à gauche) en compagnie d’Ivan Fuentes, pêcheur artisanal qui est devenu l’emblème de la révolte des gens d’Aysen.

L'humble « chaumière » d'Yvan Fuentes
L’humble « chaumière » d’Yvan Fuentes

Ivan Fuentes, pêcheur artisanal et syndicaliste, est devenu le chef naturel, emblématique de la révolte des gens d’Aysen. Sa réputation de meneur intelligent, rassembleur et modeste a fait le tour du pays. Les partis politiques le courtisent. Phénomène rare, c’est un Chilien à surveiller.

Le pont de Puerto Aysen, symbole des affrontements avec la police
Le pont de Puerto Aysen, symbole des affrontements avec la police

Le pont de Puerto Aysen est resté le symbole des violentes manifestations qui ont opposé les habitants aux forces de police en février 2012.

Puerto Chacabuco
Puerto Chacabuco

Ils protestaient d’abord contre le centralisme de Santiago, l’isolement de la Patagonie. Le manque de routes. Le bateau est le moyen de transport le moins coûteux, mais le plus long.

La carretera austral (Ruta 7)

Route légendaire à cause des paysages extraordinaires qu’elle traverse. Le dictateur Augusto Pinochet l’a commencée en 1975. Elle devait joindre Puerto Montt, la « Porte de la Patagonie » et Punta Arenas, 2286 kilomètres au sud, à la pointe du continent. Elle n’a jamais été terminée. Une partie infime de la route est asphaltée. Le reste est du gravier. Elle est coupée à plusieurs reprises, il faut prendre un traversier. Pour la terminer, il faudrait traverser deux parcs naturels privés, Pumalin, propriété du fondateur de la compagnie North Face, Douglas Thomkins. Il ne veut rien savoir.

Cette route, commencée par le dictateur Augusto Pinochet, n'a jamais été terminée.

Ce portique n’existe plus de nos jours.

Cette route, commencée par le dictateur Augusto Pinochet, n’a jamais été terminée.

Le projet d’HidroAysen

Les écologistes s’opposent aux projets de construction de centrales hydroélectriques dans l’Aysen. Le projet qu’ils visent le plus est celui de la compagnie privée d’HidroAysen, qui veut construire cinq barrages sur les fleuves Baker et Pascua.

Un hélicoptère de la compagnie HydroAysen, qui veut construire cinq barrages en Patagonie.
Un hélicoptère de la compagnie HydroAysen, qui veut construire cinq barrages en Patagonie.

Le gouvernement y ajoutera une ligne de transmission publique vers Puerto Montt, qui se connectera au réseau central et alimentera Santiago et la puissante industrie minière du nord. Les gens d’Aysen sont divisés et se demandent ce qu’ils y gagneront.

Sylvain Castonguay, cameraman, le pilote, German Wulf Gonzales, HidroAysen, Fernando Grarabito, recherchiste.

Les négociations entre le gouvernement et les gens d’Aysen sur les projets hydroélectriques, l’isolement et le manque d’infrastructures en santé et en éducation sont pratiquement rompues. Le gouvernement de Sebastian Piñera a soumis le projet de ligne électrique au Congrès pour accélérer sa construction, au grand dam des écologistes.

La population d’Aysen a le sentiment que s’il y a une sorte de « Plan Sud » au Chili (le gouvernement a des plans nommés Plan austral, Plan Aysen, Plan de développement des régions extrêmes), il n’est pas très bien planifié et ne tient pas compte de leurs besoins et de leurs revendications.

CLIQUEZ ICI pour regarder le reportage présenté à Une heure sur terre le 19 octobre 2012

Aussi, un reportage diffusé sur RDI le 18 octobre :

Pauline Marois à Paris

Lundi 15 octobre 2012 à 16 h 03 | | Pour me joindre

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J’ai fait une entrevue avec la première ministre du Québec, Pauline  Marois, lors de son passage à Paris. Elle venait de rencontrer le président Hollande. La première ministre se dit satisfaite de cet entretien, qu’elle a qualifié de chaleureux. Elle est aussi satisfaite de la position de François Hollande sur la question nationale québécoise. Le président français a dit qu’il s’inscrivait dans la continuité de la fameuse politique de « non-ingérence, non-indifférence », qui avait été abandonnée par son prédécesseur Nicolas Sarkozy.

Voici donc l’entrevue :

Et mon compte-rendu au radiojournal : 

Chronique électorale américaine J-25

Vendredi 12 octobre 2012 à 16 h 21 | | Pour me joindre

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manonglobensky

L’Ohio

Je n’aurais pu choisir un meilleur moment pour me rendre en Ohio. Sans le savoir, tant Barack Obama que Mitt Romney y ont tenu des rassemblements partisans pendant que j’y étais.

Et en ce lendemain de débat vice-présidentiel, Mitt Romney et Paul Ryan y retournent tous les deux. Ils sont conscients que l’enjeu pour eux est vital. Ils doivent voir si une percée est possible maintenant que leur campagne a retrouvé de l’élan grâce à la bonne performance de M. Romney au premier débat contre Barack Obama.

Alors, qu’en est-il? Pour le moment, tout indique que Mitt Romney gruge l’avance du président Obama. Sur six sondages effectués en Ohio depuis le débat du 3 octobre dernier, quatre donnent le président Obama en tête, deux par un seul point, et puis par quatre ou six points dans ceux de CNN et du Wall Street Journal.

 Le sondage NBC/Wall Street Journal/Marist

Le plus récent, celui du Marist Institute for Public Opinion pour le Wall Street Journal et NBC News, donne cette avance de six points à Barack Obama, mais Mitt Romney a quand même réussi à réduire l’écart de deux points.

Selon ce sondage, Barack Obama reçoit 54 % d’appuis chez les femmes déterminées à voter, alors que Mitt Romney est à 42 %. Chez les hommes, les deux candidats sont à égalité à 47 %. Chez les moins de 30 ans, c’est 57 % Obama, 37 % Romney. Chez les 35-49 ans, le président devance son rival d’à peine 2 points, 48 contre 46. Chez les 60 ans et plus, c’est aussi serré : 49 contre 48.

On pense qu’environ le tiers des électeurs voteront par anticipation, en personne ou par la poste. Chez ceux qui avaient déjà voté lorsque le Marist Institute a fait son sondage, Barack Obama récoltait 63 % d’appuis contre 37 % pour Mitt Romney.

Il faut souligner que l’échantillon cette fois comptait 11 % plus de démocrates que de républicains. Donc à prendre avec les précautions d’usage.

Les organisations sur le terrain

Il est important tout de même de convaincre les gens d’aller voter, et les deux partis ont déployé d’importantes ressources en Ohio, souvent des travailleurs de campagne des quartiers généraux, pour encadrer les équipes de bénévoles qui font du pointage ou s’assurent que les électeurs vont voter.

Dans la région de Cleveland, où j’étais, je n’ai vu que des Afro-Américains aller voter par anticipation, un groupe qui favorise habituellement Barack Obama. Ça peut expliquer en partie l’important fossé relevé par le Marist Institute.

Mon sentiment

La bataille pour l’Ohio est serrée et les ressources investies sont importantes. Le défi pour Barack Obama, c’est de concrétiser les sondages favorables en votes. Les jeunes, les Noirs et même les électeurs qui se définissent de prime abord comme démocrates sont moins motivés en 2012 qu’ils ne l’étaient en 2008. Par exemple, Shereen, rencontrée au bureau de vote de Cayuhoga County (Cleveland) et qui n’a pas fait de choix sur son bulletin de vote pour un président, ne comprend pas ce que Barack Obama et Mitt Romney proposent au juste, elle ne les a entendus que se critiquer l’un l’autre.

Obstacles au vote

Il y a 50 États dans ce pays et plus de 56 façons de voter. Les délais pour l’envoi de bulletins par la poste varient et les dates du vote par anticipation aussi. Dans certains États, seul le vote postal est accepté, pas celui en personne.

Quelques États permettront de voter la fin de semaine précédant le jour officiel des élections, le 6 novembre prochain. D’autres, comme l’Ohio, peut-être pas. Le procureur général de l’État, un républicain, a décidé cette semaine de demander à la Cour suprême de l’État de se prononcer. Si la Cour suprême permettait le vote par anticipation les 3, 4 et 5 novembre prochain, la décision d’ouvrir ou pas les bureaux de vote serait laissée à la discrétion de chaque county (à savoir s’il a les ressources pour permettre l’ouverture des bureaux).

Mêlant? Je n’ai même pas abordé la question des États qui veulent exiger la présentation d’une pièce d’identité pour voter et des difficultés qu’ont plusieurs électeurs à se procurer ladite pièce d’identité.

On jurerait presque que ces obstacles sont imaginés à dessein pour limiter le vote par anticipation. Les organismes de droits de la personne qui se battent contre ces nouvelles limites ou exigences soulignent tous que ce sont les États menés par des républicains qui sont en première ligne.

N’empêche que les listes électorales ont besoin d’une sérieuse révision et que les républicains qui dénoncent les risques de fraude n’ont pas tout à fait tort.

Cependant, jusqu’à maintenant, les décisions des tribunaux tendent à donner raison à ceux qui s’opposent à l’imposition d’obstacles au vote, tandis qu’il reste peu de temps pour s’ajuster avant les élections de novembre.   Au moins deux États se sont fait dire que leur exigence d’une pièce d’identité pour voter est légale, mais qu’il est trop tard pour l’appliquer cette année.

Ce que je lis

Ten letters : the stories Americans tell their president, d’Eli Saslow. Le journaliste du Washington Post qui avait été affecté à la couverture de la campagne de 2008 rend compte des lettres que les Américains écrivent au président Barack Obama et de ce qu’il leur répond.

Ce que je voudrais lire

Le dernier numéro de Vanity Fair avec James Bond en couverture. Parce que ça voudrait dire que j’ai le temps de lire un vrai magazine! Et il y a un article sur Nate Silver du New York Times dont j’ai déjà mentionné la chronique, Five Thirty Eight, et des extraits du prochain livre de Tom Wolfe.

Au lendemain de l’annonce de l’attribution du Nobel de littérature à l’écrivain chinois Mo Yan, la Chine est divisée.

La presse officielle se réjouit de la nouvelle, consacrant de nombreux articles à l’auteur originaire du Shandong, de son vrai nom Guan Moye, célèbre pour sa prose empreinte d’images colorées, parfois violentes.

Jeudi, CCTV, la télé officielle, a même annoncé la nouvelle tombée en direct pendant la mise en ondes du grand bulletin du soir. Il est rare de voir les animateurs faire référence à des événements qui se déroulent en temps réel, car le contenu de cette émission doit être soumis deux fois plutôt qu’une à la censure.

L'écrivain chinois Mo Yan, récipiendaire du prix Nobel de littérature 2012
L’écrivain chinois Mo Yan, récipiendaire du prix Nobel de littérature 2012

Mais ce prix Nobel, remporté par un auteur, ancien militaire, membre du Parti communiste et vice-président de l’Association des écrivains de Chine a tout pour ravir le pouvoir, qui se méfie généralement de l’académie suédoise.

Le chef de la propagande chinoise, Li Changchun, a d’ailleurs félicité le vainqueur, disant que ce prix « incarne la richesse de la littérature chinoise ainsi que le renforcement constant de la force et de l’influence internationales de la Chine en général ».

Le principal intéressé s’est dit « fou de joie », mais aussi « terrifié » à l’annonce de sa victoire.

Les livres de Mo Yan qui s’envolent des étalages des librairies et des sites de vente en ligne (certains titres sont en rupture de stock) représentent peut-être le plus bel éloge que les Chinois peuvent offrir à l’auteur de 57 ans.

Sa nomination ne fait toutefois pas l’unanimité.

La discussion bat d’ailleurs son plein sur Internet ou Mo Yan est LE sujet de l’heure.

Il y a bien sûr les critiques qui, sans surprise, se désolent de ce choix : « c’est tel autre qui aurait dû gagner et pas lui », « un tel est bien meilleur », etc.

Mais les attaques les plus virulentes viennent de ceux qui n’aiment pas que l’Académie des prix Nobel ait choisi un écrivain si près du Parti communiste.

Ainsi, Ai Weiwei, le plus célèbre artiste dissident chinois, a écrit sur Twitter que l’Association des écrivains chinois était une « association de lèche-culs », ajoutant que l’Académie Nobel était « méprisable ».

Plusieurs reprochent à Mo Yan d’avoir boycotté la foire du livre de Francfort en 2009 pour ne pas avoir à se retrouver aux côtés de deux auteurs dissidents chinois.

D’autres ont dénoncé le fait qu’il ait recopié à la main un discours de Mao Tsé-Toung sur la littérature et les arts.

Yu Jie, un auteur chinois qui vit en exil aux États-Unis, a parlé d’une « victoire pour le Parti communiste chinois » et d’un prix qui illustrait « la négligence de l’Occident envers la question des droits de la personne en Chine ».

Mo Yan arrivera peut-être à faire taire certains critiques : vendredi, lors d’une entrevue, il a dit espérer voir son compatriote Liu Xiaobo retrouver sa liberté le plus vite possible. Auteur et critique littéraire dissident, Liu Xiaobo a remporté le prix Nobel de la paix en 2010. Il purge depuis 2009 une peine d’emprisonnement de 11 ans pour « incitation à la subversion du pouvoir de l’État ».

Mo Yan, un pseudonyme qui veut dire « ferme-la », aura donc dérogé à la règle qu’il s’était imposée jadis « ne pas trop parler, pour ne pas s’attirer d’ennuis ».

Le nom de Liu Xiaobo étant bloqué sur Internet en Chine, la nouvelle ne devrait cependant pas trop faire jaser.

Kinshasa se fait belle ces jours-ci pour recevoir en grand plus de 3000 visiteurs de 75 pays. On a rénové des hôtels, pavé des routes, rasé des marchés « illégaux », vidé des dépotoirs, déployé des armées de balayeurs, repeint les façades des petits commerces le long de la route de l’aéroport (aux frais des commerçants!). Tout est mis en oeuvre pour faire oublier aux délégués de la Francophonie qu’ils débarquent dans un pays en guerre.

Gare centrale de Kinshasa : des affiches annoncent la tenue du Sommet de la Francophonie dans la capitale de la République démocratique du Congo du 12 au 14 octobre 2012.
Gare centrale de Kinshasa : des affiches annoncent la tenue du Sommet de la Francophonie dans la capitale de la République démocratique du Congo du 12 au 14 octobre 2012.

Rien n’a été fait pour faire taire les bombes qui continuent d’exploser dans l’est du pays, bien loin de Kinshasa. Les attentats ont fait 18 morts depuis deux semaines à Goma, la capitale du Nord-Kivu, où les groupes armés continuent de tuer et de violer, comme si de rien n’était.

Le Sommet de la Francophonie se tient à Kinshasa, en RDC, du 12 au 14 octobre. L’hôte de ce grand happening est le président Joseph Kabila, réélu l’an dernier grâce à des fraudes massives, dénoncées par à peu près tous les observateurs congolais et internationaux indépendants. Le Canada a été un des principaux bailleurs de fonds de cette mascarade démocratique avec une aide de 9 millions. Depuis, la répression des opposants s’est généralisée, et l’est du pays est de nouveau à feu et à sang.

Les membres des forces rebelles au régime Kabila patrouillent une rue de Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo
Les membres des forces rebelles au régime Kabila patrouillent une rue de Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo

En 1991, le sommet qui devait avoir lieu à Kinshasa s’était finalement tenu à Paris, en signe de protestation contre les violations des droits de la personne du régime Mobutu. Cette fois-ci, les dirigeants de la Francophonie n’ont pas eu la même gêne. Le président français, François Hollande, a menacé de boycotter le sommet. Mais finalement, il y sera. Tout comme Stephen Harper, Pauline Marois et une vingtaine d’autres chefs d’États et de gouvernements. Ils vont parler de l’avenir inquiétant de notre planète et du français, en déclin même en Afrique.

Abdou Diouf et ceux qui sont favorables au maintien du sommet à Kinshasa ont plaidé que c’était l’occasion rêvée de faire pression sur Joseph Kabila pour le ramener sur le chemin de la démocratie. L’occasion de montrer à la face du monde les horreurs commises en RDC, dont on ne parle jamais autrement.

Mais les ONG craignent que les délégués soient tenus loin de la dure réalité congolaise. « J’espère qu’on n’oubliera pas de montrer le pays réel, tel qu’il est », nous disait la Québécoise Élodie Martel, juste avant de repartir pour la capitale congolaise. La directrice adjointe d’OXFAM en RDC va recevoir la nouvelle première ministre du Québec dans les bureaux de l’ONG à Kinshasa. « C’est bien beau la Francophonie, dit-elle, on va montrer de beaux côtés et y a en beaucoup dans ce pays, mais il ne faut pas oublier que les combats perdurent, que la situation est excessivement difficile pour des milliers et des milliers de Congolais. »

En RDC, la violence de l’État sanctionne toutes les autres. Chaque jour, 1100 femmes, fillettes et garçons sont violés dans l’est du pays. Et 50 % sont agressés par des militaires ou des policiers.

Malgré l’accord de paix de janvier 2008, les combats n’ont jamais cessé de façon durable. Des groupes armés se disputent le contrôle de territoires pour taxer l’exploitation des mines d’or et de coltan, le « minerai du sang » qui sert à la fabrication des téléphones cellulaires. Des mines exploitées par des multinationales chinoises, américaines, canadiennes…

« Le conflit se déplace constamment, dit la directrice adjointe d’OXFAM en RDC. On n’arrive plus à suivre sur le terrain, c’est extrêmement difficile d’aider les populations. Tout le monde veut que ça se règle, mais il manque un leadership très fort. Il faudrait une coalition de pays pour faire pression sur le gouvernement de la RDC. Le Canada a perdu de sa crédibilité ces dernières années. Mais s’il veut revenir avec ce leadership, la place est là, il pourrait la prendre. Ce serait magnifique. »

Le premier ministre Stephen Harper compte parler des droits de la personne à Kinshasa. Mais piloter une offensive diplomatique pour mettre fin au chaos dans l’est du pays? Des minières canadiennes n’apprécieraient peut-être pas…

Les Vénézuéliens ont intérêt à aimer voter. Ils devront recommencer bientôt. Heureusement, le système est bien rodé, on l’a vu à l’élection présidentielle du 7 octobre.

Une Vénézuélienne qui vote

Élection de 24 gouverneurs le 16 décembre 2012

En fait, il s’agit d’élire 23 gouverneurs et le maire du Grand Caracas, pour un mandat de quatre ans.

En 2008, ces élections ont servi de test pour une opposition complètement discréditée qui commençait à se réorganiser à la suite du coup d’État manqué de 2002 et de son boycottage incompréhensible des élections législatives de 2005.

En 2008, le PSUV (Parti socialiste unifié du Venezuela) fait élire 15 gouverneurs et l’opposition, 9. Mais du côté de l’opposition, ce sont des poids lourds : à la marie du Grand Caracas, Antonio Ledesma et les gouverneurs d’États urbains et peuplés : Carabobo (Valencia), Lara (Barquisimeto), Miranda (Petare, banlieue de Caracas), Tachira (frontière colombienne), Zulia (Maracaibo).

Les gouverneurs du PSUV sont des amis d’Hugo Chavez, plusieurs sont d’anciens militaires.

Le 16 décembre ces candidats chavistes se présenteront sous les couleurs du GPP « Gran Polo Patriotico » et ceux de l’opposition sous celles de la MUD « Mesa de la Unidad Patriotica ».

Comme le président, les gouverneurs sortants ont le droit de se représenter.

Affiches d'Hugo Chavez

Élection des maires le 13 avril 2013

Dans son projet de réforme de la Constitution rejeté en 2007, Hugo Chavez voulait créer, en parallèle aux mairies, des conseils communaux (article 16, une nouvelle géométrie du pouvoir). Qu’importe, à partir de lois votées par l’Assemblée nationale, il veut créer 21 004 conseils communaux entre 2013 et 2016, plus 2699 autres chaque année, entre 2017 et 2019, pour couvrir l’ensemble de la population.

C’est la « démocratie participative », composante du projet de « socialisme du XXIe siècle », qu’Hugo Chavez, au cours de son nouveau mandat de 2013 à 2019, veut rendre irréversible.

« Cela [les Conseils communaux] ne va en rien affaiblir » les gouvernements régionaux, a dit Hugo Chavez (Últimas Noticias 11/9/2012). Précisément, ce que craignent les candidats de l’opposition aux municipales : ces conseillers seront-ils élus, nommés, etc.?

Dans le projet constitutionnel de 2007, des postes de vice-présidents régionaux, nommés par le président de la République, auraient été créés en parallèle à ceux des gouverneurs. Ils ne l’ont pas été.

Concrètement, depuis 2008, plusieurs gouverneurs d’opposition se plaignent d’érosion de leurs pouvoirs et de leurs transferts budgétaires fédéraux, de « nationalisation » d’infrastructures portuaires ou hospitalières, etc. qui leur apportaient des revenus autonomes.

Ce sont les plaintes du maire du Grand Caracas, Antonio Ledesma, totalement ignoré par le président qui a nommé Jacqueline Farias chef du gouvernement du district capital, une nouvelle institution.

Les plaintes aussi de Cesar Perez Vivas, gouverneur de Tachira, de Henry Falcon (transfuge du PSUV) dans Lara. Ils seront parmi les vedettes de l’opposition en décembre (entrevues à Radio-Canada, 2010).

Faute de clarté, les maires et les gouverneurs d’opposition redoutent une lente substitution des institutions qu’ils occupent par de nouvelles, dans le cadre du projet de « socialisme du XXIe siècle » d’Hugo Chavez.

N’a-t-il pas dit : « J’ai déjà mes candidats, comme Diosdado Cabello (proche et successeur possible d’Hugo Chavez) et Elias Jaua (vice-président ) pour avoir des gouverneurs avec qui je pourrai travailler? » (Últimas Noticias 11/9/2012) Prochaines nominations?

Même après la victoire éclatante d’Hugo Chavez aux élections présidentielles, la lutte entre droite et gauche au Venezuela continue de plus belle.

Affiche d'Hugo Chavez

Vive les élections!

 

 

Chronique électorale J-29

Lundi 8 octobre 2012 à 13 h 58 | | Pour me joindre

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Nous voilà à moins d’un mois des élections américaines et la campagne ne pourrait pas être plus trépidante.

Les sondages commencent à donner des indications de l’effet du débat sur l’électorat, mais on n’avait pas besoin d’eux pour savoir que c’est Mitt Romney qui en est sorti vainqueur.

Et la contre-performance de Barack Obama continue de fasciner. Certains ont des explications farfelues, comme l’ancien vice-président Al Gore : l’altitude de Denver, au Colorado (1500 m au-dessus du niveau de la mer), où avait lieu le débat, lui aurait nui. Le président lui-même a choisi d’en rire : « Je ne suis pas toujours à mon mieux », a-t-il avoué à un groupe de célébrités hollywoodiennes, dimanche soir.

Nate Silver, dans sa chronique intitulée Five Thirty Eight (pour les 538 Grands Électeurs du Collège électoral américain), conclut que Mitt Romney a reçu un élan de trois points dans les sondages grâce à sa bonne performance lors du premier débat.

Il n’y a pas encore de sondages concluants dans les neuf États-clés que tout le monde surveille pour déterminer la victoire du 6 novembre prochain : Ohio, Virginie, Wisconsin, Nevada, Floride, Iowa, Colorado, New Hampshire et Caroline du Nord.

Au coude à coude

Mitt Romney a donc réussi à combler l’écart qui le séparait de Barack Obama. Gallup offre une mesure de comparaison avant et après le débat.

Bonne nouvelle aussi pour Mitt Romney : la mesure de l’enthousiasme pour les élections en 2012 comparée à 2008 est plus élevée chez les républicains et chez les 65 ans et plus, deux groupes cruciaux pour le candidat républicain. L’enthousiasme a baissé chez les jeunes et chez les latinos – deux groupes qui sont plus favorables à Barack Obama – qui sont cette année plus difficiles à motiver et plus susceptibles de ne pas aller voter.

Le camp Obama a fait le tour des émissions du dimanche pour dire qu’il n’est pas du tout inquiet de la contre-performance du président au débat et pour qualifier la performance de Mitt Romney de performance d’acteur totalement dénuée de vérité, reprenant la critique principale entendue après le débat que c’était un Mitt Romney très différent de celui qu’on avait vu en campagne jusqu’à maintenant qui a présenté ses propositions au débat.

Ils insistent sur la différence entre « Radical Mitt », qui a emporté l’investiture de son parti, et « Moderate Mitt », qui vient selon eux d’apparaître au débat.

À noter que Mitt Romney, durant les primaires de son parti, avait déjà essuyé ce genre de critiques de la part de Newt Gingrich. Il l’avait qualifié de menteur prêt à dire n’importe quoi pour gagner.  M. Gingrich avait toutefois ajouté qu’il serait prêt à voter pour lui s’il remportait l’investiture…

Au cœur de la controverse

Mitt Romney en a surpris plus d’un en affirmant durant le débat qu’il n’a pas de plan de réduction des impôts de 5000 milliards de dollars. Mitt Romney promet en effet de réduire tous les taux d’imposition de base de 20 %, une mesure qui va coûter (en baisse de revenus) 4800 milliards sur 10 ans, selon le centre indépendant Tax Policy Center.

M. Romney affirme qu’il va amortir ce coût par l’élimination d’exemptions et de crédits d’impôt. Cela justifie son affirmation qu’il n’a pas de plan à 5000 milliards de dollars.  Mais il ne précise pas ce qui sera éliminé. C’est à négocier avec le prochain Congrès, dit-il. Le Tax Policy Center croit qu’il n’y a pas assez d’exemptions à éliminer pour contrebalancer les baisses de revenus anticipées, et que la classe moyenne finira par devoir fournir plus de 2000 $ par ménage pour amortir ces réductions d’impôts pour les plus riches. Ce que le camp Romney nie, mais toujours sans offrir de détails.

En déplacement cette semaine

Je me promènerai en Ohio jusqu’à mercredi pour voir comment se déroule le vote par anticipation, un indicateur crucial de la force des organisations des deux campagnes sur le terrain dans cet État-clé.  Plus de détails dans ma prochaine chronique et le point sur les obstacles au vote.