Déluge de sondages
Ça y est, je me rends. Même moi qui mange de la politique, je n’en peux plus des sondages (et des publicités électorales, mais j’en dirai plus sur ce sujet plus tard). Il y avait déjà beaucoup de sondages nationaux et aussi ceux des neuf États-clés que tout le monde surveille : Nevada, Colorado, Wisconsin, Iowa, Ohio, Floride, Caroline du Sud, Virginie et New Hampshire.
Il y a eu les sondages instantanés d’après-débat, puis les statistiques du vote par anticipation, et maintenant elles ne sont pas moins de huit maisons de sondage à faire des « tracking polls », c’est-à-dire des sondages au quotidien. Si bien qu’on voit tout et son contraire dans les résultats.
Par exemple, jeudi matin, un sondage effectué pour l’Associated Press nous apprend que l’écart favorable à Romney chez les hommes et à Obama chez les femmes n’existe plus. Le jour même où le New York Times publie un bon papier sur le vote crucial des femmes pour les deux campagnes et à quel point Mitt Romney doit combler son déficit chez les femmes.
Mais je ferais une fausse promesse si je jurais d’ignorer dorénavant les sondages.
Il y a ceux qui nous informent encore, comme celui de Time Magazine en Ohio qui nous dit qu’Obama mène largement le vote par anticipation (60-40), alors que chez ceux qui voteront le 6 novembre il est au coude-à-coude avec Mitt Romney 45-45.
Il y a ceux que je refuse de prendre en compte au jour le jour, ces fameux tracking polls où « Obama +3, Romney -1 » ne veut plus rien dire sauf quand on regarde la tendance à plus long terme. Dans ce cas, Nate Silver, du New York Times (encore et toujours lui, c’est une référence), a un bon exposé sur la surutilisation du mot momentum pour qualifier la remontée de l’un ou de l’autre candidat dans les sondages
Les sondages qui font rire
Et puis il y a les sondages à prendre avec un grain de sel. Le premier est le sondage des masques d’Halloween. Très sérieusement, un magasin de costumes et de masques du Texas affirme qu’il a vendu plus de masques de Barack Obama que de Mitt Romney et que c’est bon signe pour le président. En effet, les ventes ont été un bon baromètre des élections présidentielles depuis 1996.
Il y a aussi le sondage des tasses de café des dépanneurs 7-11. Plus de clients versent leur café dans des tasses en carton bleu Barack Obama que dans des tasses rouges Mitt Romney. Le 7-Eleven a réussi à prédire le résultat des trois dernières élections présidentielles de cette façon. Mais attention, ces résultats de vente datent déjà du début octobre, on ne sait pas si la tendance se maintient!
Donald Trump, encore lui
M. Trump, qui ne rate pas une occasion de faire parler de lui, a offert de verser 5 millions de dollars à une œuvre de charité si le président Barack Obama publie ses demandes d’entrée à l’université et ses demandes de passeport.
Le milliardaire espère encore pouvoir prouver sa théorie que le président n’est pas né aux États-Unis, mais plutôt au Kenya (et ne serait donc pas qualifié pour être président), malgré le fait que le président ait publié son acte de naissance à Hawaï. Donald Trump affirme que les demandes d’entrée à l’université et les demandes de passeport de Barack Obama ne sont pas accessibles parce que le candidat y a indiqué son véritable lieu de naissance.
Le président a ri des efforts de M. Trump lors d’une entrevue au Tonight Show avec Jay Leno
Raz-le-bol des pubs aussi
Je rentre de Floride et si je leur envie le temps magnifique qu’il y fait, je n’envie pas les Floridiens pendant cette campagne électorale parce qu’ils sont inondés de publicités.
À la télévision il n’y a que des annonces politiques, semble-t-il. Quand ce n’est pas la campagne nationale d’un des candidats, c’est un Super PAC, une campagne au Congrès ou une élection floridienne. À la radio commerciale, c’est pareil, et les gens reçoivent en plus des appels téléphoniques automatisés pour les inciter à voter.
Les électeurs de la Floride sont pris dans le déluge depuis le cycle des primaires républicaines, donc depuis presque un an.
Moi qui pensais que c’était déjà trop dans le District de Columbia où je réside. Ici, l’élection présidentielle n’est pas un enjeu passionnant, la victoire de Barack Obama fait peu de doutes, mais les résidents de DC sont tout de même inondés de pubs électorales parce que l’État voisin de Virginie est un enjeu, et qu’il y a deux référendums au Maryland qui sont chaudement débattus. À heure de grande écoute, 4 des 6 publicités de chaque pause sont électorales. Mais je ne les écoute plus, je ne fonctionne qu’avec l’enregistreur vidéo numérique.
Et je me demande si les Américains ne font pas comme moi. Qu’est-ce qui prouve qu’ils portent encore attention à tout cela? Quels arguments n’ont-ils pas déjà entendus mille fois?
Il faut croire que les campagnes y croient encore. Elles viennent de placer 100 millions de dollars de publicité pour les deux semaines à venir surtout dans les marchés de l’Ohio, de la Floride et du Nevada.
























