Billets publiés en septembre 2012

Le Canada au Mali?

Mardi 25 septembre 2012 à 14 h 13 | | Pour me joindre

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SRCLanglois

Les nations du monde vont débattre cette semaine à New York de la pertinence d’appuyer – en argent et en équipement – une intervention au Mali qui serait menée par 3300 soldats des pays voisins (sous l’égide de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, la CÉDÉAO). Le but : libérer 65 % du territoire malien occupé par des groupes armés qui sont en train d’imposer, par la terreur, un islam intégriste qui nie les droits de la personne. Le gouvernement canadien affirme qu’il ne participera d’aucune façon à cette intervention. Pourquoi? 

Le Canada n’a-t-il pas une dette envers le Mali? L’argent des contribuables canadiens n’a-t-il pas nourri le butin de guerre de ces djihadistes qui amputent des mains, violent des femmes et recrutent des enfants-soldats? 

La question me hante depuis que j’ai interviewé Robert Fowler, l’ancien diplomate canadien détenu, avec son collègue Louis Guay, par Al-Qaïda au Maghreb islamique pendant quatre mois en 2008-2009. « Ils ne m’ont pas libéré pour mes beaux yeux bleus », dit Fowler, sourire en coin, quand on lui demande s’il sait combien le Canada a payé pour sa libération. Les deux diplomates étaient mandatés par l’ONU pour négocier la paix entre les rebelles touaregs du Niger et le gouvernement nigérien de l’époque, qui était hostile à cette mission.  

J’en ai parlé à des spécialistes en sécurité, qui agissent comme conseillers lors de prises d’otages. Ils sont convaincus d’une chose : les gouvernements disent tous qu’ils ne paient pas de rançons, mais tous finissent par le faire. Même si le paiement est fait par de lointains intermédiaires, mandatés par des gouvernements « amis » du Canada, le Mali et le Burkina Faso en l’occurrence, on peut dire que le Canada a contribué à enrichir les caisses d’AQMI, cela laisse peu de doute. La rançon n’aurait pas été payée sans l’accord du gouvernement canadien, qui a dû rembourser ses « amis » d’une façon ou d’une autre.

N’avons-nous pas une dette envers ces Maliens, 1,5 million de Maliens, qui sont aujourd’hui pris en otages par ces mêmes islamistes, armés en partie avec l’argent des rançons versées à AQMI? Le gouvernement Harper juge que non. Voici l’échange que j’ai eu avec le ministre de la Coopération internationale, Julian Fantino, la semaine dernière à son retour du Burkina Faso. 

JF : « Nous respectons le désir de ces nations de se définir entre elles.

SL : Mais on n’a pas laissé les voisins de l’Afghanistan régler entre eux le problème d’Al-Qaïda et des talibans, pourquoi ne pas combattre les « talibans du Sahel » comme on a combattu ceux d’Afghanistan?  

JF :  Le Canada n’est pas allé seul en Afghanistan, le Canada n’ira pas seul au Mali, le Canada n’ira pas du tout au Mali.

SL : Même pas un appui technique ou logistique?

JF : Ce que vous demandez n’est pas au menu [not on our plate]. Le Canada appuie une résolution pacifique du conflit. Notre priorité est d’aider la crise humanitaire dans le pays voisin, le Burkina Faso [qui accueille plus de 200 000 réfugiés maliens]. » Fin de l’échange.

Distribuer de la nourriture et des soins aux victimes du conflit malien réfugiées dans les pays voisins, c’est très bien. Mais pourquoi refuser d’agir aussi à la source du problème, sur la violence qui pousse ces Maliens sur le chemin de l’exil?

Sans aide extérieure, l’intervention des forces régionales est vouée à l’échec, tout le monde le sait. L’armée malienne n’est pas mieux équipée aujourd’hui qu’elle l’était au printemps, quand elle fût écrasée par la rébellion touarègue et ces islamistes armés jusqu’aux dents. Et les troupes des pays voisins ne sont pas équipées pour combattre un ennemi qui a l’immense avantage de maîtriser un terrain de combat des plus difficiles : le désert.

Les Français et les Américains ont déjà des forces spéciales et de renseignement, discrètes, sur le terrain. Le président français, François Hollande, va plaider à New York pour une intervention rapide au Mali. Paris et Washington savent à quel point il est suicidaire de laisser des forces djihadistes occuper cet immense territoire au cœur de l’Afrique. « Pour la première fois, Al-Qaïda a son propre pays », disait le Canadien Bob Fowler à Christiane Amanpour sur CNN il y a quelques semaines. « Un pays aussi grand que la France et la Belgique combinées ». 

Robert Fowler et Louis Guay, détenus 130 jours dans le désert par la bande de Mokhtar Belmokhtar, sont sans doute les Occidentaux qui connaissant le mieux ces combattants prêts à mourir pour étendre au plus grand nombre l’emprise d’un islam intégriste. Un islam complètement étranger aux musulmans d’Afrique de l’Ouest, qui sont généralement tolérants.

Au président malien, Dioncounda Traoré, qui dit que sa priorité est de négocier avec les forces qui occupent le nord du pays, Fowler répond, catégorique :  « Ce n’est pas possible de négocier la paix avec Al-Qaïda. On ne peut rien dire à ces hommes qui pourraient les faire changer d’idée, rien. »  L’ancien diplomate a consacré sa vie à la discussion comme mode de sortie de crise. Il est aujourd’hui convaincu que la seule façon de contrer l’avancée des djihadistes dans le Sahel, qu’ils convoitent de Dakar jusqu’à Mogadiscio, c’est en les combattant.

Y a-t-il, oui ou non, « une grande vague de colère » dans le monde musulman, à la suite de la diffusion planétaire d’une vidéo minable, d’origine américaine, qui ridiculise le Prophète de façon agressive? La question vaut d’être posée.

Les manchettes de nombreux médias dans le monde, après l’attaque mortelle contre le consulat américain de Benghazi, en Libye, le 11 septembre 2012,  semblent tenir pour évident que oui, bien sûr, un gigantesque feu de brousse électrise ces jours-ci le monde arabo-musulman dans son entier, avec des millions de manifestants qui hurleraient leur haine de l’Occident et leur désir de censurer toute critique de l’islam.

Le meilleur exemple de cela, c’est la une du magazine Newsweek actuellement en kiosque (numéro daté du 24 septembre). Son titre, en lettres énormes : « Muslim rage », avec la photo en gros plan de deux salafistes enturbannés, la bouche tordue et les yeux fous.

La réalité est pourtant plus nuancée. Il y a bien eu d’importantes manifestations (10 000 personnes ou plus) à Beyrouth (Liban), à l’initiative du parti chiite Hezbollah, à Khartoum (Soudan) à l’initiative du gouvernement, et dans une moindre mesure au Caire (Égypte) et à Sanaa (Yémen). Mais hormis ces quelques grosses manifestations, c’est par centaines – ou un petit millier, 1500 peut-être – qu’on peut compter les vrais participants dans chacun des 30 à 40 rassemblements qui ont suivi la diffusion sur Internet de l’extrait de la vidéo honnie, L’innocence des musulmans.

Hormis la manif de Beyrouth, organisée le 16 septembre par un Hezbollah en mal de bonnes causes, déstabilisé par le drame syrien (le parti chiite libanais soutient Bachar Al-Assad… et en paie aujourd’hui le prix en termes de prestige), et celle de Khartoum, organisée par un régime islamiste militant, lui aussi en mal de mobilisation, eh bien, les manifestations « spontanées » d’un peuple musulman planétaire, transporté par la rage, s’avèrent en réalité très, très modestes depuis le 11 septembre 2012. C’est plutôt la passivité ou l’indifférence qui dominent.

Un rapide examen des vidéos disponibles et des dépêches relatant les manifestations (par exemple : « Quelques dizaines » de militants à Benghazi le 12 septembre; « 200 salafistes » à Salé, au Maroc, le 14 septembre, etc.) révèle qu’à l’exception des quelques grosses manifestations précitées, qui ont fourni l’essentiel des images de la semaine écoulée,  il y a probablement eu, en tout, moins de 10 000 personnes qui ont manifesté, entre le 11 et le 20 septembre, dans le monde entier pour dénoncer la vidéo honnie.

Vingt fois plus de manifestants en Chine

Durant la même période de la mi-septembre, on a compté au moins VINGT FOIS PLUS de personnes qui ont défilé dans une centaine de villes chinoises, pour hurler leur haine des Japonais qui osent affirmer leur souveraineté sur quelques îlots de la mer de Chine.

Attention! Cela ne signifie absolument pas qu’il ne s’est rien passé ces jours-là. Des gens sont morts. Des manifs extrêmement agressives, sinon violentes – malgré le petit nombre de leurs participants — se sont bel et bien déroulées. La mobilisation des salafistes, ces fondamentalistes financés par l’Arabie saoudite – avec ou sans ramifications « Al-Qaïda », certains plus violents que d’autres –, cette mobilisation est bien réelle.

Ces groupes-là et ceux qui leur sont apparentés opèrent dans l’est d’une Libye toujours dominée par des milices de toutes sortes. Dans leur version la plus guerrière, ils contrôlent le nord du Mali; des secteurs du Yémen. En Égypte, ils ont gagné presque le quart des sièges au Parlement, lors des élections libres tenues fin 2011 et début 2012.

Et puis, il y a la Tunisie, berceau du printemps arabe. Tout en étant exclus de l’Assemblée constituante, les salafistes mènent dans ce pays, depuis environ un an, des actions de commando sur tous les fronts – droits des femmes, liberté artistique, laïcité de l’enseignement, contrôle des médias. Ces actions intimident un État et une société civile qu’on croyait les plus laïques du monde arabe, et qui aujourd’hui hésitent, reculent et bafouillent devant la menace.

La manifestation du vendredi 14 septembre – trois morts autour de l’ambassade américaine en Tunisie attaquée par des militants armés – n’était que l’ultime manifestation de cette offensive généralisée qui fait peur aux laïques, aux démocrates et aux féministes de ce pays.

Une lutte épique pour le pouvoir

Une lutte épique pour le pouvoir est en cours dans le monde arabe, du Maghreb à la Péninsule arabique, en passant par le Proche-Orient. En Tunisie et en Égypte, elle oppose principalement les islamistes conservateurs (mais non extrémistes), de type Ennahda ou Frères musulmans, aux vrais « ultras » qui portent la barbe et le turban blanc, qui n’ont que mépris pour la démocratie et les libertés à l’occidentale.

Dans cette phase du printemps arabe, les libéraux laïcistes et modernistes, qui avaient pourtant ouvert la voie à Tunis et au Caire, sont pour l’instant relégués au second rang. Pourtant, ils existent : leur principal candidat, Hamdine Sabahi, avait quand même obtenu 21 % des voix au premier tour de la présidentielle égyptienne, en mai 2012. À Tunis en octobre 2011, les partis laïcs éparpillés avaient obtenu plus de 50 % des suffrages exprimés. Mais où sont-ils aujourd’hui, au moment où le gouvernement à dominante Ennahda (37 % des suffrages, en octobre 2011) fait preuve d’une mollesse ou d’une complaisance que plusieurs jugent coupable à l’égard des extrémistes?

Oui, même si l’immense majorité des musulmans ne sont pas descendus dans la rue pour dénoncer la vidéo honnie, cette affaire nous montre, nous rappelle, qu’il existe un fossé culturel entre Occident et monde arabo-musulman. Qu’il y a de vraies, de graves différences d’appréciation sur la liberté individuelle, sur la liberté d’expression et de critique (y compris de la religion, y compris virulente), conquise de haute lutte en Occident, même si la rectitude multiculturaliste la remet parfois en cause.

Mais aux problèmes réels et multiformes du printemps arabe, n’allons pas ajouter des problèmes imaginaires. Non, il n’y a pas actuellement, dans cette affaire de la « vidéo blasphématoire » – en tout cas, pas jusqu’à nouvel ordre – de lame de fond de la rue arabe, qui viendrait encore ajouter aux tensions et aux frustrations existantes.

Mais il y a, oui, des groupes qui font leur pain et leur beurre de telles controverses. Qui se frottent les mains, lorsqu’en Occident, islamophobes et caricaturistes « mange-curés et mange-imams » s’en donnent à cœur joie. Mais les forces de la conciliation et de la retenue existent; en fait, elles sont peut-être même l’acteur inattendu de ce nouvel épisode.

Chronique électorale américaine J-48

Mercredi 19 septembre 2012 à 17 h 25 | | Pour me joindre

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manonglobensky

Est-ce si grave que ça pour les républicains?

On a tous vu dans l’incident de la vidéo clandestine du discours de Mitt Romney à de riches donateurs un possible tournant de campagne, mais on ne saura pas si c’est le cas tant que des sondages ne seront pas en mesure d’en évaluer l’impact auprès des électeurs.

Chose certaine, le candidat républicain et son parti sont déjà sur une pente glissante, incapables, semble-t-il, de se relever d’une performance moyenne à la convention. Et là où ça fait le plus mal, c’est dans les États-clés. Les sondages se succèdent et montrent tous une avance de Barack Obama sur Mitt Romney.

En Virginie par exemple, État qui a voté démocrate en 2008 pour la première fois en 40 ans, les républicains espéraient bien renverser la vapeur et surtout rallier le vote des militaires qui y sont basés. Eh bien, un sondage du Washington Post donne Barack Obama en avance de 8 points. Et pas chez les électeurs en général, mais chez les électeurs qui ont l’intention d’aller voter, un échantillon jugé plus fiable. L’autre maison de sondage, Quinnipiac University, a des chiffres encourageants pour le président Obama en Virginie, au Wisconsin et au Colorado.

Et au-delà des intentions de vote, le président Obama mène en ce qui a trait à tous les indicateurs (qui ferait le mieux face à une crise, qui se préoccupe le plus des intérêts des Américains)  et il est au coude à coude avec Mitt Romney sur la question de l’économie, ce qui n’est pas mauvais signe, puisque jusqu’à maintenant, c’est le seul indicateur où Mitt Romney menait, et là, son avantage a disparu.

C’est difficile de ne pas paniquer. L’ancienne collaboratrice de Ronald Reagan, Peggy Noonan, écrit dans le Wall Street Journal qu’il est temps d’admettre que la campagne Romney est un exemple d’incompétence.

Mais elle écrit aussi qu’il reste du temps pour la ramener dans la bonne voie, et arrêter les dérapages. Il faut que les discours du candidat soient plus étoffés, mais que les idées soient achevées, pas seulement nées d’un besoin de critiquer pour critiquer. Il faut réveiller la campagne dit-elle, mettre aux côtés de Mitt Romney ceux qui performent bien dans le parti, les Chris Christie, Susana Martinez, Marco Rubio, etc.  Et puis il faut y mettre de l’argent, beaucoup d’argent.

Tout ça avec une série de trois débats à préparer…

Les chiffres qu’on ne peut pas ignorer

J’ai déjà mentionné dans cette chronique la mathématique nécessaire à l’élection d’un président aux États-Unis, les 270 votes de grands électeurs par lesquels un candidat décroche le poste de dirigeant du monde libre.

Le site Real Clear Politics donne en ce moment 247 grands électeurs à Barack Obama contre 190 à Mitt Romney et met 100 votes (Colorado 9, Floride 29, Iowa 6, Nevada 6, New Hampshire 4, North Carolina 15, Ohio 18, Virginia 13) en jeu.

Le site Politico, lui, répartit les États-clés selon les résultats des sondages du moment et, compte tenu de l’avance de Barack Obama discutée plus haut, le résultat  est actuellement de 332 votes pour le président, et de 206 pour Mitt Romney

Ce que je lis en ce moment

The price of politics, de Bob Woodward, sur la façon dont s’est déroulé le bras de fer entre Barack Obama et les républicains avant la décote du crédit américain. Très cuisine interne, mais M. Woodward a eu un accès remarquable aux principaux acteurs des deux côtés du débat.

Ce que je voudrais lire

Paris, a love story, de Kati Mason, la veuve du grand diplomate américain Richard Holbrooke, qui a aussi été l’épouse du journaliste canadien, présentateur d’ABC News, Peter Jennings.

Chronique électorale américaine J-60

Vendredi 7 septembre 2012 à 16 h 31 | | Pour me joindre

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manonglobensky

J-60, vraiment? Il y a un peu de confusion sur le calendrier. Si on compte la journée d’aujourd’hui comme jour 1, dans 60 jours on sera à la veille des élections, le lundi 5 novembre. Si on ne compte pas la journée d’aujourd’hui, dans 60 jours les Américains voteront, le mardi 6 novembre. C’est ce que la plupart des calendriers qui font le décompte semblent faire, alors allons-y pour J-60…

La fin des conventions

Comparer la campagne que font les candidats à la présidence à la cour que feraient deux prétendants pour le coeur d’une belle n’est pas nouveau. Mais hier soir, les républicains ont enfoncé ce clou en mettant en ondes une publicité dans laquelle une jeune femme dans un bar déclare à un Barack Obama en carton qu’elle le quitte, et que ce n’est pas sa faute à elle, mais sa faute à lui, que c’est lui qui a changé.

Barack Obama a renforcé cette image de la relation amoureuse dans son discours, comme en témoigne la manchette du USA Today : « Obama aux Américains : ne vous détournez pas (don’t turn away) ». Une relation amoureuse en difficulté si on revient aux mots du président jeudi soir.

« And while I’m very proud of what we’ve achieved together, I’m far more mindful of my own failings, knowing exactly what Lincoln meant when he said : « I have been driven to my knees many times by the overwhelming conviction that I had no place else to go. » » (« Je suis très fier de ce que nous avons accompli ensemble, mais je suis conscient de mes propres échecs, comprenant complètement ce qu’Abraham Lincoln voulait dire quand il a déclaré : « Je suis souvent tombé à genoux avec l’intime conviction que je ne pouvais pas faire autrement. » »)

Comme s’il était en thérapie de couple, le président a expliqué qu’il a changé, et il demande aux Américains de lui donner sa chance de le prouver. La chronique du New York Times reprend cette image du mariage en péril.

Avec Obama ça ne fonctionne pas

Les républicains avaient mis sur pied une machine à réactions très efficace durant la convention démocrate à Charlotte, avec une conférence de presse tous les jours et des communiqués de réactions presque immédiates après les grands discours (Michelle Obama, Bill Clinton…)

Le site Internet www.obamaisntworking.com a notamment mis en ligne une publicité qui reprend des extraits des discours de Barack Obama en 2008 et quasiment le mot-à-mot repris dans ses discours de 2012, avec le slogan « Toujours les mêmes platitudes ».

Mitt Romney, qui n’a pas fait campagne pendant que les démocrates étaient occupés à Charlotte, préférant se préparer au premier débat le 3 octobre où il affrontera le président Obama, a tout de même anticipé le discours d’investiture de son rival. Il a déclaré que le président devrait remplir les promesses qu’il a faites il y a quatre ans avant d’en faire des nouvelles.

Les démocrates confiants

David Plouffe, conseiller de Barack Obama, dans l’avion qui emmenait le président vers le New Hampshire pour un rallye, a estimé que la convention avait été très bonne pour les démocrates, qui ont réussi à gonfler à bloc leur organisation de terrain. Un autre haut responsable du parti a rappelé que le président a un peu d’avance sur Mitt Romney dans les sondages dans les États-clés. Il ne voit pas comment le candidat républicain réussirait à convaincre les indécis dans une proportion de 4 pour 1 dans ces États, ce dont il a besoin pour remporter la victoire. Très confiants ces messieurs, malgré les huit semaines de campagne et les quatre débats à venir…

Souvenirs de convention

Il y avait beaucoup plus de vendeurs de souvenirs de la convention et de la campagne à Charlotte qu’à Tampa. Chez les républicains, on ne trouvait à peu près rien d’autre que les souvenirs officiels, dont la vente va garnir les coffres du parti.

Ça m’a rappelé la Coupe du monde de football et les Jeux olympiques, où la FIFA et le CIO ont le monopole des souvenirs vendus aux abords des stades…. à prix d’or. Chez les démocrates, ça avait plutôt l’air d’une foire, et des gens sont venus de loin pour tenter de faire un peu d’argent. Il y avait les articles officiels, mais aussi beaucoup de place pour les initiatives personnelles.

Les deux articles qui se sont le mieux vendus? Un t-shirt imprimé « Obama Y’all » (vous tous), pour rappeler que la convention se tenait bien dans le sud des États-Unis, où ce patois pimente chaque fin de phrase ou presque. Aussi, une marionnette à main en feutre très simple de Barack Obama, que les deux jeunes Noirs qui l’ont imaginée destinaient aux enfants. Ils ont vite compris que les adultes aimaient cette allusion à la manipulation des politiciens. Le souvenir d’un goût douteux? Une paire de shorts pour dames avec en grosses lettres, côté postérieur, « Behind Obama ».