Billets publiés en août 2012


Invoquer la stabilité politique et économique pour redonner le pouvoir à un gouvernement usé, comme le fait La Presse vendredi matin en endossant Jean Charest, est un argument universel. En Angola, les alliés du régime de José Eduardo Dos Santos, au pouvoir depuis 33 ans, disent la même chose. 

Après 27 ans de guerre civile, le président sortant a reconstruit et relancé le pays, riche en pétrole, de façon spectaculaire : une croissance économique moyenne de 10 % depuis 10 ans, une des plus fortes de la planète. « Laissons-le continuer le beau travail », entend-on dans les chambres de commerce. 

Toute comparaison est toutefois boiteuse. Au Québec, on a beau se désoler de nos politiciens et dénoncer, avec raison, nos scandales de corruption, quand on se compare, on se console. Les Québécois ont le pouvoir, mardi, de changer de gouvernement. Les Angolais, eux, ne l’ont pas, même s’ils votent aujourd’hui. Le président Dos Santos sera réélu, malgré toute la corruption qui mine le développement économique du pays. Il restera au pouvoir. Car malgré un système démocratique sur papier, l’État angolais ne l’est pas encore. L’opposition continue d’être opprimée, souvent violemment écrasée.  

J’étais à Luanda en juin. Quelques centaines de vétérans manifestaient pour réclamer la pension qu’ils n’ont jamais reçue depuis la fin de la guerre civile, il y a 10 ans, malgré les 45 milliards de revenus du pétrole empochés annuellement par le gouvernement. Ces hommes ont permis au régime communiste de Dos Santos de combattre et de remporter une guerre sanglante contre des rebelles puissamment armés, et appuyés par les États-Unis et l’Afrique du Sud. Au lieu de les écouter, on leur a tiré dessus. Si on traite ainsi des alliés naturels du régime, imaginez le traitement réservé aux opposants. 

J’ai rencontré Luaty Beirao à sa sortie de prison, après une arrestation rocambolesque à l’aéroport de Lisbonne en juin. « C’était un piège », raconte l’opposant angolais dans un beau français chantant, appris pendant ses études à Paris. « Le gamin qui a fait l’enregistrement à Luanda s’est approché de moi pour me dire : « Il y a quelque chose, ils ont fait quelque chose dans ton bagage, fait attention. »  

L’économiste devenu rapeur allait en Europe pour une tournée de concerts. Après une dénonciation anonyme, des douaniers portugais trouvent un kilo de cocaïne planté dans sa bicyclette. « C’était pas possible que moi, j’avais mis ce gros paquet dans ma roue, c’était même pas dissimulé, c’était mis comme ça, à la con. C’était tellement mal fabriqué, c’était trop flagrant comme piège. Je suis sûr que le juge a trouvé que c’était scandaleux, il m’a remis en liberté en attendant le procès. »

Pourquoi aurait-on voulu piéger Luaty?  « Pour me mettre en prison, me faire taire à deux mois des élections, faire passer l’idée que, comment quelqu’un qui est un trafiquant de drogues peut avoir une opinion valide, crédible? »

Luaty est un des chefs de file des « indignés » angolais, ces jeunes qui ébranlent les murs du temple Dos Santos depuis mars 2011, inspirés par les révoltes populaires en Tunisie et en Égypte. Lors d’une manifestation, en mars dernier, des policiers en civil lui ont fracassé le crâne.

« J’aurais pu être mort avec ça, un coup dans la tête », dit-il en me montrant une cicatrice longue de 10 cm, sur le côté droit. « Mais je ne peux pas arrêter, je ne peux pas me taire par peur de mourir. Je préférerais qu’on me laisse vivre. Mais si la conséquence c’est aussi grave, on prend les risques, tous les jours. J’espère seulement planter une semence, qu’on puisse lui mettre un peu d’eau, et que ça puisse donner quelque chose, quoi. »

Malgré la campagne de répression, Luaty a organisé d’autres protestations, il y a deux semaines.
« Le mouvement des jeunes a creusé, depuis 18 mois, des trous dans la dure carapace du régime », déclarait-il à Reuters le 18 août. Et l’argument de la stabilité, de la croissance économique qu’on risquerait d’affaiblir en changeant de gouvernement?  « Pour moi, nous disait-il en juin, ces chiffres ne veulent rien dire, c’est bon pour impressionner les gens du business, mais ça ne contribue qu’à enrichir une petite bourgeoisie, ça ne se reflète pas dans la vie des gens communs. »

L’Angola, complètement dévasté il y a 10 ans, est maintenant un des pays les plus riches de l’Afrique, avec un revenu national brut (RNB) de  4874 $ par habitant. Mais l’écart entre riches et pauvres est aussi un des plus grands au monde. Cette cassure saute aux yeux dans la capitale. Le centre pullule de tours à condos de luxes, souvent vides, d’autoroutes flambant neuves qui ne suffisent déjà plus à un parc exponentiel de voitures rutilantes, pendant que deux millions d’Angolais s’empilent dans les bidonvilles autour de la ville, avec des chemins de terre à peine carrossables et un accès très limité à l’eau potable. 

« On a la paix depuis 10 ans, dit Luaty, mais on ne voit rien sauf ces dirigeants qui s’enrichissent, que des gratte-ciel que 98 % de la population ne va jamais mettre le pied dedans, ça sert à quoi, ça sert à qui? »

Chronique électorale américaine J-70

Mercredi 29 août 2012 à 15 h 55 | | Pour me joindre

Pour me joindre

Twitter:

manonglobensky

Le rebond dans les sondages

La convention républicaine bat son plein, et celle des démocrates occupera l’actualité pendant trois jours la semaine prochaine. On peut se demander quel sera l’effet de ces conventions dans les sondages. Ça s’appelle le rebond des conventions et, en moyenne, aux États-Unis, on estime que chacun des candidats voit ses appuis augmenter de 5 %, une augmentation qui demeure souvent jusqu’à la fin de la course.

En fait, celui qui a profité du rebond le plus important, c’est Bill Clinton en 1992. Il avait terminé la convention démocrate avec une augmentation de 16 % de ses appuis, trois fois les 5 % dont a bénéficié son adversaire républicain, George Bush père. Cette question du rebond est très sérieuse : elle fait l’objet de plusieurs études statistiques. Il y en a même pour dire que le rebond moyen est plutôt de 3 %.

Alors, cela changera-t-il la donne dans la course serrée Obama-Romney? The Economist émet l’hypothèse que Mitt Romney pourrait en profiter un peu plus que Barack Obama, dont les appuis sont probablement déjà un peu surévalués dans les sondages compte tenu des piètres performances de l’économie.

Un site intéressant

Le site Electnext permet aux internautes de savoir lequel des candidats défend les positions les plus proches des siennes. Ce n’est pas la Boussole électorale, mais ça m’a amusée.

Les coulisses de la convention républicaine

En plus des activités de la convention et de leurs délégations régionales ou étatiques, les délégués sont conviés à plusieurs cocktails et fêtes, dont la plus intéressante semble avoir été la Nuestra Noche, une fête aux accents cubains organisée lundi soir sous les auspices du sénateur de Floride, Marco Rubio, à laquelle on accédait sur invitation seulement.

Une reporter de la télévision locale a réussi à entrer et a tenté de filmer les délégués buvant des mojitos et dansant au rythme de l’orchestre cubain, mais elle a été reçue par des personnes à l’air sérieux et aux bras croisés. Pas question d’avoir l’air de s’amuser au moment où Isaac progressait vers les côtes américaines…

Ces conventions peuvent être une manne pour les restaurants locaux bien placés. Ainsi, un bistro avec vue sur la baie de Tampa et sur l’aréna où se déroule la convention a été loué pour la semaine par un mystérieux lobbyiste qui pourrait avoir AT&T comme client, rapporte la Sunlight Foundation. Le restaurant est ensuite prêté pour des réceptions et des activités de financement qui sont aussi le pain et le beurre de ces conventions.

Les médias sont de la partie. Google a installé un café pour les journalistes dans le centre des congrès, CNN, comme par le passé, a ouvert le CNN Grill, un vrai restaurant qui sert de décor à son plateau central, et MSNBC a installé son émission phare du matin, Morning Joe, dans un bar.

Incident déplorable

Une personne qui assistait à la convention, on ne sait pas à quel titre, a été expulsée après avoir lancé des cacahuètes en direction d’une camerawoman noire de CNN et dit : « C’est comme ça qu’on nourrit les animaux. » Les médias ne sont pas en odeur de sainteté chez les républicains, qui font référence presque systématiquement dans leurs discours au « liberal media ». Bien sûr, pour les républicains, il n’y a de couverture équilibrée que sur Fox News.

Chronique électorale américaine J-75

Vendredi 24 août 2012 à 10 h 01 | | Pour me joindre

Pour me joindre

Twitter:

manonglobensky

Dans 75 jours, les Américains choisiront entre le candidat républicain,  Mitt Romney, ou le président démocrate sortant, Barack Obama. Ils renouvelleront aussi la totalité de la Chambre des représentants et le tiers du Sénat. Cette chronique, que je me promets de faire assez régulièrement, nous mènera jusqu’au mardi 6 novembre et peut-être au-delà, si un État décide de se prendre pour la Floride…

L’allure de la campagne

Il y a une multitude de sondages, chaque média national a le sien, puis il y a les sondages d’organisations partisanes, des instituts indépendants, etc.  J’aime bien consulter le site Real Clear Politics, qui propose une moyenne des sondages et donc, une façon de suivre les variations semaine après semaine. Et si vous vous attardez au graphique, sous le tableau, vous verrez que depuis avril, moment où Mitt Romney est devenu le candidat pressenti du Parti républicain, il est au coude-à-coude avec Barack Obama.

Rien de ce qui a été fait et dit au cours des 19 dernières semaines de campagne (les dizaines de millions de dollars dépensés en publicité par les deux candidats, leurs partis et les « super-PAC » qui les appuient) n’ont fait bouger l’opinion publique américaine. On dit même que le nombre d’indécis est très peu élevé pour ces élections.

Il y a quand même ceux que les sondeurs appellent les « décidés mous », que tant M. Obama que M. Romney tente de faire changer d’idée. En ce sens, l’argent dépensé par la campagne Obama dans le but avoué de définir Mitt Romney aux yeux des électeurs avant qu’ils apprennent à le connaître vraiment l’a bien servi. 

Jusqu’à maintenant (et je rappelle qu’il reste 10 semaines avant le vote, donc ça pourrait changer et rechanger), Barack Obama a évité que l’élection soit perçue comme un référendum sur son premier mandat. Il voulait la présenter comme un choix entre deux visions, et c’est comme ça que la campagne est perçue.

Calculs mathématiques

Vous savez que le président n’est pas élu au suffrage universel, mais par les grands électeurs du collège électoral, où chaque État a droit à un nombre de votes selon son poids au Congrès. Il faut 270 grands électeurs pour l’emporter. Il y a de nombreux sites web qui présentent des cartes où on extrapole sur la mathématique nécessaire à la victoire pour l’un ou l’autre des candidats, comme Politico. On peut même faire ses propres prédictions sur celui-ci.

Vu à la télévision

Au moment où la convention républicaine approche à grands pas, au moins deux réseaux de télévision, ABC News et NBC News, ont réalisé des reportages sur le mormonisme, la religion de Mitt Romney, qui est un mystère pour beaucoup d’Américains. Entre 10 et 20 % d’entre eux, selon les sondages, sont même tentés d’appeler ça une secte. Mitt Romney est très discret sur son rôle dans l’Église de Jésus Christ et des Saints des Derniers Jours. Il a quand même accepté la semaine dernière que les journalistes l’accompagnent jusqu’au service, mais pas à l’intérieur.

Ce que je lis

Convention oblige : The real Romney, écrit par deux journalistes du Boston Globe, Michael Kranish et Scott Helman, qui s’appuient sur cinq ans d’entrevues et de recherche.

Ce que je voudrais lire

No easy day, the autobiography of a navy seal, par Mark Owen (nom de plume), qui raconte l’histoire du raid qui a mené à la mort d’Oussama ben Laden. L’auteur a participé au raid et a pris sa retraite depuis. Les services secrets n’ont pas tenté d’en empêcher la publication. Je me demande si ça fait bien paraître le président Obama…..

Le livre sera disponible le 11 septembre, mais il est déjà en tête des ventes d’Amazon.

L’amendement Akin

Mercredi 22 août 2012 à 17 h 20 | | Pour me joindre

Pour me joindre

Twitter:

manonglobensky

La question de l’avortement revient à l’avant-scène pour les républicains, bien malgré eux.

Todd Akin, élu du Missouri à la Chambre des représentants qui se présente à un poste de sénateur en novembre, connaît son 15 minutes de « gloire ». Ses propos voulant que le corps de la femme ait les moyens d’empêcher la grossesse si elle résulte d’un viol véritable lui ont attiré une condamnation unanime de la classe politique, y compris de la part des plus hautes instances de son parti, le Parti républicain. Mitt Romney ne pouvait pas aller assez vite pour prendre ses distances de M. Akin.

Malgré les pressions, le candidat a décidé de rester dans la course, ce qui pourrait permettre à la démocrate Claire McCaskill de s’accrocher à son siège. Vraisemblablement, sans cette victoire au Missouri, les républicains ne reprendront pas la majorité au Sénat. Todd Akin, lui, croit encore qu’il peut gagner.

En présentant ses excuses, il a expliqué qu’il s’est trompé de mots. Il admet qu’il est possible qu’une femme tombe enceinte après avoir été violée. Mais dans tous les cas, Todd Akin s’oppose à une interruption de cette grossesse. La punition doit être contre le violeur, dit-il, pas contre l’enfant à naître.

Il n’est pas le seul de son parti à penser ça : le candidat pressenti à la vice-présidence, Paul Ryan, un catholique pratiquant, pense la même chose. Et le Parti républicain vient de se prononcer, dans les délibérations sur son programme électoral qui précèdent la convention de la semaine prochaine, en faveur d’un amendement constitutionnel qui interdit l’avortement sans exception. On appelle ça
« l’amendement pour la vie humaine », mais les démocrates se sont empressés de le surnommer
« l’amendement Akin ».

Cette position du Parti républicain n’est pas nouvelle. En fait, le comité n’a fait que renouveler l’inscription de l’amendement pour la vie humaine dans le programme du parti. Mais, en campagne, la position de Mitt Romney, et de son colistier donc, sera plus nuancée : l’avortement peut être permis dans les cas de viol, d’inceste, et quand la vie de la mère est en danger.

Par ailleurs, l’opinion de Todd Akin que les femmes violées tombent rarement enceintes lui vient des écrits d’un médecin antiavortement, John Willke, qui affirme que le traumatisme résultant du viol est suffisant pour empêcher, la plupart du temps, la grossesse. Le Dr Willke faisait partie de l’équipe rapprochée de Mitt Romney lors de sa première campagne d’investiture, en 2008.

Todd Akin dit qu’il aurait dû parler de viols forcés au lieu de vrais viols. Mais même cette notion de viols forcés est contestée. Elle a en fait été introduite dans un projet de loi républicain qui visait à définir le viol de façon plus serrée pour restreindre les remboursements d’avortements par l’assurance fédérale. Devant les protestations, le mot forcé est disparu du projet de loi parrainé tant par Todd Akin que par Paul Ryan.

« Un viol est un viol », a dit le président Barack Obama en réagissant à la controverse Akin, et ce n’est surtout pas à un groupe de politiciens, en majorité des hommes, a-t-il dit, de se mettre à prendre des décisions de santé au nom des femmes.

La controverse Akin n’est pas terminée. Il a jusqu’au 25 septembre pour se retirer de la course, mais il encourra des pénalités.

Les démocrates n’ont pas encore donné la pleine mesure de la façon dont ils comptent exploiter la gaffe aux dépens des républicains, qui ont des difficultés avec l’électorat féminin. Dans le plus récent sondage NBC-News/WSJ, les femmes appuient Barack Obama à 51 %, contre 41 % pour Mitt Romney.

À voir la moisson déjà impressionnante des Chinois aux Jeux, il ne fait pas de doute qu’ils sont à Londres pour une seule raison : récolter des médailles. Et même si le bronze et l’argent figurent à leur tableau, ce qui compte vraiment, c’est l’or. D’ailleurs, le gouvernement chinois affiche clairement ses couleurs : les messages de félicitations aux athlètes diffusés par l’agence de presse officielle sont envoyés seulement aux médaillés d’or.

À la télévision centrale chinoise – CCTV, qui compte 13 chaînes en Chine et en a monopolisé 3 pour la retransmission des Jeux –, les « perdants » ont quand même droit à leur minute de gloire. Et cela donne lieu à des entrevues crève-cœur.

À l’issue de la compétition d’haltérophilie dans la catégorie des 56 kg, le champion du monde en titre, Wu Jingbiao, est inconsolable. « J’ai fait honte à la Chine, je suis la honte de l’équipe d’haltérophilie, je vous demande pardon. »  Il pleure si fort que le journaliste le serre dans ses bras pour le consoler. Wu Jingbiao vient pourtant de gagner la médaille d’argent.

Après le concours par équipe de gymnastique féminine, épreuve que les Chinoises avaient remportée à Pékin en 2008, la journaliste tend son micro à l’une des jeunes athlètes. Étranglée par l’émotion, celle-ci n’arrive pas à émettre un son.  Yao Jinnan est foudroyée par la défaite, incapable de comprendre ce qui vient de se passer. À travers les larmes, elle finira par expliquer comment elle connaît ces mouvements par coeur, mais n’arrivait pas à les exécuter… Les Chinoises ont terminé au 4e rang.

Pourtant, en Chine, des voix s’élèvent pour protester contre un système qui ne valorise que les champions et qui martèle la règle de « l’or ou rien ». « Si un enfant chinois lance 10 ballons et qu’il rate une seule fois le panier, on va lui reprocher de ne pas avoir bien réussi.  Si c’est un enfant étranger, on va l’applaudir même s’il n’arrive qu’à marquer un seul point. C’est vraiment pas facile d’être Chinois! », pouvait-on lire sur le Twitter chinois.

Selon plusieurs internautes, la Chine fait certes bonne figure avec toutes ses médailles, mais le peuple ne s’en porte pas mieux. Le système qui arrive à produire ces médaillés est basé sur un réseau d’écoles d’élite. Les ligues de sport amateur, où l’on ne joue que pour s’amuser, n’existent pratiquement pas.  « Ce que l’on devrait mesurer, c’est la forme physique des gens, pas le nombre de médailles d’or », écrivait un internaute.

 

Comptabilité olympique…

Puisque l’or, c’est aussi de l’argent (et pas seulement en Chine), il est intéressant de calculer ce qu’un titre de champion olympique peut rapporter.

Yi Siling, la toute première médaillée d’or chinoise des Jeux (elle a remporté l’épreuve de carabine 10 m)  s’est vue offrir jusqu’à maintenant :

79 000 $ de la province de Canton;

126 000 $ de la ville de Zhu Hai, où elle habite;

24 000 $ de sa ville natale au Hunan;

Une Audi A6 d’une valeur de 118 000 $;

Une voiture chinoise d’une valeur de 40 000 $;

Un promoteur immobilier lui a aussi promis un appartement d’une valeur de 110 000 $.

Total : 497 000 $.

Tout cela sans compter la prime du gouvernement central, dont le montant n’a pas encore été annoncé, mais qui pourrait aller chercher dans les 75 000$. Sans compter évidemment les contrats publicitaires et les commanditaires.

Yi Siling, première médaillée chinoise des Jeux de Londres et fierté de la Chine.

 

La première médaillée des Jeux de Pékin en 2008, l’haltérophile Chen Xiexia, avait empoché 630 000 $, une véritable fortune en Chine.

À vaincre sans péril…

Dans plusieurs disciplines, les Chinois sont tout simplement trop forts et ils le savent.

Aux Olympiques de Pékin, l’équipe de tennis de table a remporté tous ses matchs et a gagné les quatre médailles d’or de la discipline. L’entraîneur-chef de l’équipe, Cai Zhenhua, a alors eu une idée… Son plan? Faire en sorte que la Chine aide les autres pays à s’améliorer pour rehausser le niveau de la compétition. Le programme appelé « Élever des loups » permet à des joueurs étrangers de participer à la ligue de ping-pong chinoise.

D’autres sports dans lesquels les Chinois excellent faisaient déjà l’objet d’échanges entre pays. L’haltérophilie féminine en est un bon exemple : la Chine compte une telle abondance d’athlètes de haut niveau dans cette discipline qu’elle peut se permettre d’en laisser aller quelques-unes qui n’auraient, dit-on, jamais pu se qualifier pour les Jeux. Mais la pratique laisse aujourd’hui certains Chinois sceptiques, surtout depuis que Zulfiya Chinshanlo, née dans la province du Hunan en Chine, mais portant les couleurs du Kazakhstan, a remporté l’or dans la catégorie des 53 kg.

Mme Chinshanlo s’appelle en fait Zhao Changling.  Même exploit pour Yao Li, originaire de la province de Liaoning. Elle est aujourd’hui connue sous le nom de Maiya Maneza et vient de remporter l’or dans la catégorie des 63 kg pour… le Kazakhstan.

Maiya Maneza portant le maillot rouge… du Kazakhstan. Source: Ria Novosti

 

Ah oui, j’oubliais, les deux femmes ont aussi battu le record olympique dans leur catégorie respective.

Comme quoi le loup peut finir par mordre.