La campagne électorale est terminée. Les jeux sont faits. Les Mexicains n’ont plus que quelques heures pour se décider. PRI, PAN ou PRD?
Les derniers sondages ont été publiés et ils coïncident, disent les journaux : Enrique Peña Nieto est largement en tête, obtenant de 10 à 17 points d’écart avec le candidat de gauche, Andrès Manuel Lopez Obrador (PRD).
Milenio cite la maison de sondage Mitofski : AMLO a plus de chances de gagner la loterie que de devenir président.
Avec Peña Nieto, le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) reprendrait le pouvoir après 12 ans dans l’ombre au niveau fédéral seulement.
Car ces 12 dernières années, le PRI n’a pas disparu, loin de là. Il dirige la majorité des États du Mexique. Les adversaires soulignent que les États les plus violents du Mexique, le long du Pacifique, dans le nord et le golfe du Mexique, sont gouvernés par le PRI.
Peña Nieto a fait campagne sur son bilan comme gouverneur de l’État de Mexico, relativement épargné par la violence. Il dispose d’une impressionnante machine électorale, très bien huilée. Il affirme que le PRI a bien changé et qu’il est capable de résister aux « dinosaures » du parti. Les adversaires en doutent, à commencer par le mouvement étudiant « yo soy 132 » qui manifeste régulièrement contre le retour du PRI.
Alors, faut-il avoir peur du PRI, ce parti autoritaire, notoirement corrompu, qui a gouverné le pays pendant 70 ans d’une main de fer?
Jean-François Prud’homme, analyste politique, vit au Mexique depuis 30 ans. Il est coordonnateur général académique du prestigieux Colegio de Mexico.
« Le contexte et les conditions sont très différents de ce qu’ils étaient il y a une vingtaine d’années.
« Le Mexique est un pays qui a changé beaucoup. C’est un pays où l’idée de démocratie, de concurrence politique est bien installée, c’est un pays où il y a une séparation du pouvoir entre l’exécutif, le législatif et le pouvoir judiciaire. C’est un pays aussi qui est doté d’institutions autonomes que ne peut pas contrôler directement le gouvernement. »
Emilio Alvarez Icaza, expert en droits de la personne, croit que l’élection de 2006 a interrompu la transition démocratique commencée par l’élection de Vicente Fox du PAN, en 2000. En 2006, Lopez Orbrador (PRD), vaincu par 0,56 % des voix, a crié à la fraude et à l’illégitimité du mandat de Felipe Calderon (PAN).
« Le grand défi est que si le PRI gagne, cela ne signifie pas un recul de la démocratie. Le dilemme du Mexique est de faire en sorte que, quel que soit le gagnant, la transition démocratique progresse. »




























