Blogue de Catherine Mercier

Chine : bye-bye Bo

jeudi 15 mars 2012 à 11 h 28 | | Pour me joindre

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Grand, charismatique, il était promis aux plus hautes sphères du pouvoir chinois. Mais finalement, le scandale aura eu raison de lui.

Bo Xilai, le chef du Parti communiste de la mégalopole de Chongqing, a été remplacé par le vice-premier ministre chinois Zhang Dejiang.

Son avenir politique est aujourd’hui incertain.

Bo et les drapeaux... Il vient de dégringoler de son piédestal. Photo : Reuters

C’est tout un rebondissement dans une affaire qui passionne la Chine depuis plusieurs semaines. Bo Xilai, connu pour sa campagne louangeant les valeurs maoïstes par des « chansons rouges » et autres démonstrations patriotiques, était, il y a à peine quelques mois, presque assuré d’obtenir l’un des neuf postes au prestigieux Comité permanent du bureau politique (politburo).

Dans l’organigramme du Parti communiste chinois, ce Comité est le vrai siège du pouvoir. Cette année, 7 de ses 9 membres, dont le président Hu Jintao et le premier ministre Wen Jiabao, doivent céder leur place. Nombreux sont ceux qui se perdent en conjectures pour savoir qui accédera à ces places convoitées. Ceux qui avaient misé sur Bo Xilai risquent d’être déçus.

Les internautes tentent de décrypter la gestuelle de Wen Jiabao lors de sa conférence de presse. Photo: Weibo

Mercredi, lors d’une conférence de presse marquant la fin de l’Assemblée nationale populaire, le premier ministre Wen Jiabao a indiqué, à mots couverts, que les bruits lui parvenant de Chongqing n’avaient rien pour lui plaire.

Il a laissé entendre que les « officiels (de Chongqing) devraient sérieusement réfléchir et tirer des leçons » de l’incident.

L’incident en question est en fait la fuite du bras droit de Bo Xilai, le chef de police Wang Lijun.

Le mois dernier, celui-ci a passé plus de 24 heures au Consulat américain de Chengdu, la capitale du Sichuan, non loin de Chongqing. Le département d’État américain a confirmé la présence de Wang Lijun au consulat, mais n’a jamais donné de détails sur les motifs de ce déplacement.

Demande d’asile politique? Transfert de documents incriminants? Tout ce que les Américains ont dit, c’est que Wang Lijun avait quitté le consulat de son plein gré (pour être cueilli à sa sortie par des agents de sécurité qui se sont empressés de l’escorter jusqu’à Pékin. Depuis, aucune nouvelle de l’ex-superflic).

L’incident a fait couler beaucoup d’encre et le limogeage de Bo au lendemain de la conférence de Wen Jiabao a relancé les discussions de plus belle.

Comme quoi même en Chine, où les dirigeants sont en poste pendant 10 ans et où stabilité et harmonie sont les valeurs maîtresses du régime, la route vers le pouvoir comporte tout de même quelques cahots.