Blogue de Jean-Michel Leprince

La filière colombienne

Vendredi 17 février 2012 à 17 h 18 | | Pour me joindre

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Les correspondants internationaux partent rarement dans un pays sans un « fixeur ». (de fixer, en anglais). La personne qui va vous arranger tout à l’avance, qui va vous faire gagner du temps, et de l’argent parce que ces voyages coûtent cher. En plus, ils vous protègent, car ils savent, eux, quoi faire et ne pas faire.

Ces « fixeurs » sont généralement des journalistes, des réalisateurs, des cameramans qui connaissent leur pays à fond et qui ont, idéalement, beaucoup de bons contacts. Vous leur demandez : « Il me faut ce genre de personnage pour parler de tel problème. » Ils vont vous suggérer des noms et ils établiront les contacts.

Pour nos reportages en Colombie, nous avons compté sur la précieuse collaboration de plusieurs collègues.

MARTIN MOVILLA

Journaliste à Radio-Canada International, il collabore avec la radio et la télévision de Radio-Canada (Zone libre, Enquête, Une heure sur terre, Téléjournal).

Martin travaillait en Colombie pour le réseau Télévision Canal Caracol. Il a couvert le conflit armé interne de Colombie à la fin des années 90 et au début des années 2000, les négociations de paix manquées entre le gouvernement Pastrana et les FARC. Comme plusieurs autres journalistes « on » (des éléments de la droite paramilitaire) lui a reproché d’avoir approché les FARC d’un peu trop près. À la suite de menaces, il s’est résigné à demander l’asile politique et il a choisi le Canada, le Québec et Montréal.

Nous avons pu vérifier que Martin a gardé des collègues et amis fidèles et loyaux en Colombie qui nous ont permis, entre autres, d’interviewer le président de la Colombie Juan Manuel Santos et de réaliser nos reportages (voir blogue du 11 octobre 2011)

OSCAR CALDERON

Oscar Calderon. Photo Benoît Roussel

Technicien en télévision et transmissions par satellite, Oscar servait de guide et de chauffeur à des journalistes qui couvraient le conflit interne colombien dans les années 2000. C’est lui qui nous a servi de guide à Bogota et à Villavicencio pour notre reportage à Une heure sur terre : « Tourisme au pays des FARC ». Dans le Parc national de la Macarena, ancien repère du redoutable chef des FARC, le Mono Jojoy, et ancienne geôle de leurs nombreux otages. S’y trouve la magnifique rivière Caño Cristales, qui était, selon le président colombien, Juan Manuel Santos, le « Country Club » du Mono Jojoy.

Reportage diffusé à Une heure sur terre le 17 février 2012 :

JUAN CARLOS GIRALDO

Juan Carlos Giraldo. Photo Benoît Roussel

Journaliste vedette du réseau de télévision RCN à Bogota, il couvre la scène du crime en Colombie. Il ne manque pas de sujets. Ses reportages l’ont conduit à écrire un livre avec Roberto Escobar, frère du célèbre narcotrafiquant du Cartel de Medellín des années 80 et 90.

Roberto Escobar, qui a purgé 11 ans de prison et a failli y laisser la vie par une lettre piégée, est encore très méfiant. Il refuse les entrevues à moins de payer très cher. Juan Carlos n’a ménagé aucun effort pour le convaincre de nous parler en lui faisant valoir que le reportage ferait connaître ses livres : Mon frère Pablo et  The accountant’s story.

 

Le livre de Juan Carlos écrit avec Roberto Escobar.

Roberto Escobar gagne sa vie en recevant les touristes étrangers de son Tour Pablo Escobar chez lui. Juan Carlos n’a pas été épargné par les menaces de mort : les siennes proviennent du crime organisé.

Medellín, ancien fief de Pablo Escobar, mais aussi cité natale du grand Fernando Botero. Peintre et sculpteur.

Le caméraman Benoît Roussel et un Botero : deux guerriers

 

JULIAN OCHOA

Julian Ochoa (à droite) et son frère Andrès, chez Roberto Escobar (photo Benoît Roussel)

Notre homme à Medellín. Julian est journaliste. La politique colombienne lui a joué des tours également. Il a été victime d’un attentat. Dans ses « confessions », le narcotrafiquant Juan Carlos Sierra, alias El Tuso, a révélé que c’est le cousin de l’ex-président colombien Alvaro Uribe, Mario Uribe, arrêté et condamné pour complicité avec les milices paramilitaires responsables de massacres de populations en Colombie, qui a ordonné son assassinat. Ce que Julian n’a jamais voulu ou pu confirmer. Ce témoignage empoisonne sa vie et sa carrière depuis des années. Lors de notre présence à Medellín, il a dû faire, une fois de plus, une déposition au bureau du procureur pour expliquer son cas.

Le reportage « Frère de Pablo Escobar», prochainement à Une heure sur terre.

Roberto Escobar signe ses livres. (photo Benoît Roussel)

Oscar, Juan Carlos, Julian et Andrès : les amis de Martin Movilla, et les nôtres, en Colombie, où il n’est pas toujours facile d’exercer le métier de journaliste.

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