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Cuba : les Cinq de Miami

Lundi 6 février 2012 à 17 h 07 | | Pour me joindre

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C’est le nom donné aux cinq agents des renseignements cubains emprisonnés depuis 13 ans aux États-Unis pour espionnage et complicité dans le meurtre de quatre aviateurs cubano-américains du groupe anti-Castro Brothers to the Rescue (Hermanos al Rescate) le 24 février 1996.

Cuba mène une campagne internationale sans précédent pour obtenir leur libération auprès du président Barack Obama, car les recours légaux des Cinq sont pratiquement épuisés.

Cuba affirme qu’ils ont été victimes d’une injustice, condamnés sans vraies preuves et dans un climat hostile par un tribunal de Miami.

Amnistie internationale a émis de sérieux doutes sur les procès.  Le 10 octobre 2010, l’organisation a demandé au gouvernement américain de revoir le cas des cinq Cubains. « Amnistie internationale dit que, même si nous ne prenons pas position sur leur culpabilité ou leur innocence, nous croyons qu’il y a des doutes sur l’équité et l’impartialité du procès qui n’ont pas été résolus en appel ». Voir la déclaration complète.

Amnistie remarque aussi la fragilité des preuves dans l’accusation de complicité pour meurtre de Gerardo Hernandez et fait appel à la clémence des autorités américaines.

Les peines vont de 15 ans de prison à la double prison à perpétuité pour le chef du groupe, Gerardo Hernandez.

L’ENQUÊTE DU PILOTE MATT LAWRENCE

Matt Lawrence a été un des pilotes bénévoles de l’organisation Brothers to the Rescue. Il a publié ce livre : Betrayal, Clinton, Castro & The Cuban Five.

 

 

Après une enquête de 13 années sur l’incident qui a entraîné la mort de ses quatre collègues, il affirme avoir toutes les preuves que l’administration du président Bill Clinton était au courant des intentions cubaines ce jour-là.

« Au fil des années, une quantité substantielle de preuves indique que les plus hauts niveaux du gouvernement des États-Unis étaient au courant de l’attaque (aérienne). [...] À strictement parler, la définition légale de complicité dans le meurtre des quatre Brothers to the Rescue ne s’applique pas. Toutefois, il n’y a aucun doute que du personnel haut placé de la Maison-Blanche avait connaissance de l’attaque planifiée sur les Brothers to the Rescue – et ils ont gardé le silence. » (Betrayal, P. 102)

« Des membres de l’administration Clinton, y compris Sandy Burger, Richard Nuncio, le gouverneur Bill Richardson, ils sont plusieurs et je les nomme tous dans mon livre, aucun d’entre eux n’est jamais venu me trouver pour débattre de la question et je doute qu’ils ne viennent jamais. » (En entrevue)

Matt Lawrence s’interroge encore sur les motifs de ce silence de l’administration Clinton sur cet événement. Qui au juste ne voulait pas de « la détente » qui commençait à s’amorcer dans la relation Cuba-États-Unis?

Voir le site web de Matt Lawrence.

La conséquence a été un nouveau durcissement des sanctions contre Cuba avec la loi Helms-Burton, toujours en vigueur.  Elle vise à sanctionner toute personne ou entreprise dans le monde qui « trafique » avec des biens américains nationalisés par Fidel Castro dans les années 1959-1961. Entre autres, la compagnie canadienne Sherritt, qui exploite du nickel à Cuba, et ses dirigeants sont interdits de séjour aux États-Unis sous peine de poursuites.

 

  

 

Sites en soutien aux  Cinq de Miami : National Committee to free the Cuban Five  et  Cuba Si France.

La puissante Fondation nationale cubaine américaine de Miami estime qu’ils ont eu droit à un procès juste et équitable et qu’ils méritent leurs peines. Elle s’oppose à tout échange de prisonniers : les Cinq contre l’Américain Alan Gross condamné à 15 ans de prison à Cuba pour importation illégale de matériel de communication par satellite.

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