Billets publiés en janvier 2012

Dimanche dernier, comme environ 700 millions de Chinois, je me suis assise pour regarder le Chunwan, la « Soirée du printemps », ce grand gala de la télé centrale chinoise CCTV.

Depuis près de 30 ans maintenant, cette émission de variétés est un rite de passage du nouvel An chinois. Elle serait l’une des plus regardées au monde. Tours de chants, sketchs comiques, numéros de danse, d’acrobatie et de magie, le Chunwan rythme cette soirée en famille, une soirée aujourd’hui pensée en fonction du grand spectacle de fin d’année.

On prépare les fameux jiaozi (raviolis) en regardant la télé. Dehors, le concert des feux d’artifice s’éteint peu après 20 h, moment qui marque le début de ce marathon télévisuel de plus de quatre heures. Et tout au long de la soirée, même si on n’écoute que d’une oreille les numéros, au fil des conversations, les yeux reviennent toujours sur le petit écran. Il faut dire que le contenu du spectacle est un secret d’État et que les apparitions des vedettes font tout un effet dans les chaumières.

Voyez la robe de l’une, voyez le costume de l’autre…

La télé d’État chinoise ne manque pas de moyens : quatre heures de direct dans un studio splendide, et sans pause publicitaire. Ici : Li Yugang, un homme qui a fait sa renommée en chantant les rôles féminins de l’Opéra de Pékin.

Quatre jours après sa diffusion, le Chunwan est toujours l’un des sujets les plus chauds sur les médias sociaux. Plus de 66 millions d’entrées sur Sina Weibo, l’un des équivalents de Twitter en Chine.  Et cela ne compte pas les commentaires sur chacune des entrées…

Cet engouement pour une émission de fin d’année rappelle à certains égards, la grande popularité du Bye Bye chez nous, à cette immense distinction près que le Chunwan ne tolère aucune critique sociale ou politique. (Imaginez un Bye Bye sans une seule parodie de nos politiciens, sans quelque salve acerbe contre le parti au pouvoir… impensable.)

Selon un spécialiste cité dans le LA Times, le Chunwan serait l’émission la plus censurée de la télé chinoise. Cette année, deux exemples permettent d’illustrer à quel point le Chunwan se veut « politiquement correct ». D’abord, on a interdit à la chanteuse pop Na Ying d’interpréter une chanson qui contenait quelques mots d’anglais (« Always friends. Closest friends. Best friends. » Pas exactement subversif comme refrain…)

Aussi, Jiang Kun, un célèbre comique chinois, a été écarté de l’émission. Plusieurs dans l’industrie soupçonnent qu’un sketch qui faisait allusion à l’accident de TGV de juillet dernier, un sujet ultra-sensible pour les autorités, lui aurait coûté sa place.

Si la grande fête télévisuelle est exempte de critiques, celles-ci ne manquent pas sur Internet. Car la majorité des commentaires des internautes sont négatifs : le Chunwan est complètement « dépassé »,  « propagandiste », les artistes ne peuvent que « chanter les mérites de la Chine », « on croirait voir le même spectacle, année après année »…

N’empêche, ils sont toujours des centaines de millions à le regarder, ne serait-ce que pour pouvoir mieux le critiquer! Et une émission de télé-réalité , Wo yao shang Chunwan  (Je veux être du Chunwan), qui donne la chance à trois parfaits inconnus de se produire au gala, est si populaire qu’elle fait mentir ceux qui ne cessent d’annoncer la mort du Chunwan.

Isaac Hou, l’un des gagnants de l’émission Wo yao shang Chunwan

Rami n’avait jamais réussi à monter sur scène avec sa guitare avant la révolution égyptienne. Il est devenu une star en composant une chanson avec les slogans de la place Tahrir. Sa notoriété nouvelle lui a valu d’être torturé en mars, après avoir été arrêté, avec 200 autres jeunes, pour avoir manifesté pacifiquement contre le pouvoir militaire. Bienvenue dans l’Égypte post-Moubarak!

« Les 200 qui ont été traités et maltraités comme moi (le 9 mars), on est tous sortis de prison avec la volonté ferme de mettre à nu le vrai visage de l’armée. Pour nous, ça a été l’étincelle qui nous a permis de déclencher la vraie révolution », nous disait Rami la semaine dernière, au Caire.

Rami Essam montre les marques de la torture infligée par des militaires pendant 4 heures : coups de barre de fer, tête enfouie dans la sable, électrocution.

Pour Rami Essam et les milliers de révolutionnaires qui occupent à nouveau la place Tahrir depuis mardi, le 25 janvier n’est pas un anniversaire à célébrer. Ils sont à nouveau dans la rue pour dénoncer les abus de pouvoir, l’intimidation, les arrestations abusives, les répressions violentes, la torture qui persistent depuis le départ d’Hosni Moubarak. Ces jeunes qui sont encore prêts à mourir pour libérer l’Égypte ont l’impression de s’être fait voler leur révolution.

Par les militaires et les Frères musulmans, qui auraient fait un pacte pour partager le pouvoir après un scrutin trop rapide, qui favorisait forcément le seul groupe organisé du pays. Les partis islamistes, qui ont récolté plus de 70 % des suffrages lors des récentes élections législatives, ont très peu dénoncé les abus de pouvoir des militaires. « Après 18 jours, la révolution aurait pu avancer sur un chemin rapide pour que nos demandes soient réalisées, mais malheureusement la révolution a été détournée, le trajet à parcourir reste très long », dit le musicien de 24 ans.

Malgré les reculs et les doutes, l’Égypte ne sera plus jamais comme avant. La révolution a libéré la parole, et l’intimidation n’a plus de prise sur des citoyens trop longtemps étouffés, terrorisés. « Si la révolution n’avait pas eu lieu, je ne serais pas reconnu artistiquement comme je le suis maintenant, dit Rami. Je serais toujours en train de souffrir dans l’ombre. Le seul acquis de la révolution c’est que le peuple ose maintenant dire non, le mur de la peur entre le peuple et le régime est cassé. »

Les 18 jours de manifestations qui ont fait tomber le dictateur Moubarak il y a un an ont transformé les esprits. Les Égyptiens ont pris conscience du pouvoir de leur parole collective et depuis, ils manifestent tous les jours pour réclamer leurs droits. Un changement de mentalité collective aussi radical et subit ne peut que naitre d’un choc révolutionnaire.

« On peut freiner la révolution, mais elle ne peut être vaincue », me disait le poète Abdul Rahman Youssef sur le bord du Nil la semaine dernière. L’homme de télé qui était banni des médias égyptiens depuis 2004 a maintenant son émission d’information quotidienne à la télé privée.

Découvrez Abdul, Rami, Samira et Viviane à l’émission Une heure sur terre le 10 février à 21 h.

Chine : débat sur la peine de mort

Dimanche 22 janvier 2012 à 14 h 32 | | Pour me joindre

Pour me joindre

Une affaire célèbre fait des remous en Chine et illustre un changement d’attitude envers la peine de mort. La Chine est le pays au monde qui exécute le plus de criminels et la population est majoritairement favorable à la peine capitale en cas de crimes violents.

Wu Ying, 31 ans, condamnée à la peine de mort (photo: China.org.cn)

Mais le cas de Wu Ying ne fait pas l’unanimité. Cette jeune femme d’affaires du Zhejiang, dans le Sud-Est de la Chine, a été condamnée à mort pour « crimes économiques ». Wu, 31 ans, a été reconnue coupable d’avoir détourné 770 millions de yuans (123 millions de dollars canadiens) de 2005 à 2007. 

Née dans une famille de paysans pauvres, Wu était devenue en 2006 l’une des femmes les plus riches de Chine. Mais son entrée dans les hautes sphères de la finance relevait de l’escroquerie : elle incitait des proches à lui prêter de l’argent en leur faisant miroiter des placements juteux. La condamnation à mort date de 2009, mais Wu Ying a fait appel de cette décision. C’est le rejet de cet appel à la Haute Cour populaire de la province du Zhejiang qui a provoqué un tollé sur Internet cette semaine.

Un sondage en ligne, auquel ont participé 400 000 personnes, indique que 64 % des sondés sont contre la peine de mort pour des crimes économiques. S’ils la jugent coupable, plusieurs internautes soutiennent que puisque son crime n’a pas entraîné la mort, la peine capitale est trop sévère.

Même le quotidien Global Times, propriété du Parti communiste chinois, y est allé d’un éditorial, qui bien que nuancé, laisse entendre que la justice chinoise ne devrait pas ignorer l’opinion publique. Selon le quotidien, l’attitude plus « modérée » des internautes envers la peine de mort serait un signe que la Chine est en train de devenir plus « humaniste ». Autrefois la pauvreté était telle que   « l’argent et la vie étaient intimement liés » peut-on y lire. « Un crime qui entraînait de grandes pertes financières devait naturellement être puni très sévèrement ».

Une décision devrait être rendue par la Cour suprême du peuple. Elle confirmera ou non l’application de la peine de mort.

Une des choses qui m’avait frappée pendant les trois ans où j’ai été basée à Paris, c’est à quel point le rapport à l’argent des Français (et de plusieurs autres Européens) est différent de celui des Canadiens et des Américains.

Et depuis que je vis à Washington, ce constat est renforcé. Les Français parlent peu d’argent, on peut même dire que ça les met mal à l’aise. Ceux qui parlent de prix passent pour de nouveaux riches. Même les montres trop voyantes (du président Sarkozy, entre autres) et les voitures trop tape-à-l’oeil (de Dominique Strauss-Kahn, par exemple) attirent les reproches et la déconsidération. Ce n’est pas qu’il n’y a pas de richesse, mais mieux vaut qu’elle se manifeste dans une certaine sobriété. Une petite robe noire de chez Chanel peut coûter plus de 2000 euros, mais elle ne fait pas m’as-tu-vu et jamais on ne mentionnerait son prix.

Aux États-Unis, la donne est différente. Ici, c’est le pays de la réussite. Le rêve américain c’est que tous les rêves peuvent se réaliser, à condition d’y mettre l’effort nécessaire. Et être riche c’est avoir réussi! On parle du prix des maisons, des voitures, des chaussures. Le magasinage est un sport national… « Money makes the world go round », a écrit Fred Ebb, le parolier américain de Cabaret.

Alors, il est un peu surprenant ces jours-ci de voir le Parti républicain aux prises avec pas un, mais deux débats qui tournent autour de l’argent et de Mitt Romney, le meneur de la course à l’investiture du parti, en vue des élections présidentielles de novembre prochain.

Romney et Bain Capital

Le premier débat porte sur la façon dont Mitt Romney a fait son argent lorsqu’il dirigeait Bain Capital, une société de capital de risques. Quelques-uns de ses opposants républicains laissent entendre qu’il n’a pas fait son argent de façon morale. Rick Perry, le gouverneur du Texas, l’a même décrit comme un vautour.

Au coeur du débat, le fonctionnement des sociétés de capital de risques, qui rachètent des compagnies naissantes ou en difficulté avec l’argent de leurs investisseurs, les mettent en bonne santé financière ou tirent le maximum de leurs actifs avant de les revendre ou de les fermer, à profit idéalement. Mitt Romney dit qu’il a un bilan enviable avec Bain Capital, et que sous sa gouverne, des milliers d’emplois ont été créés. Ils ne parlent pas des mises à pied qui ont dû être faites.

Un documentaire de 27 minutes commandité par les sympathisants d’un de ses opposants, Newt Gingrich, se fait un plaisir de mettre en lumière les exemples moins reluisants des investissements de Bain Capital. Le documentaire contiendrait cependant plusieurs erreurs, et Newt Gingrich a dû s’en désolidariser.

Mais la question demeure : y a-t-il une bonne et une moins bonne façon de faire de l’argent légalement?

Romney et l’impôt

L’autre débat autour de M. Romney touche aux impôts qu’il verse. Ses opposants réclament depuis plusieurs jours qu’il rende publiques ses déclarations d’impôt, dans le but bien entendu de montrer qu’il est beaucoup trop riche, bien trop loin de l’Américain moyen. Cela viendra, répond-il, ce sera même une obligation s’il est élu.

Mais M. Romney a tout de même levé un peu le voile, en affirmant qu’il est imposé autour de 15 % sur quelques millions de dollars de revenus, parce que la plupart de ses revenus sont des revenus d’investissements, moins taxés que les revenus d’emploi.

Et Mitt Romney, sur cette question, s’est mis lui-même dans le trouble avec un peu d’aide du Parti démocrate. Il a dit qu’il avait eu quelques autres revenus, dont les gages qu’il reçoit lorsqu’il prononce des discours, mais que ce n’était pas un gros montant. Or, le Parti démocrate a rappelé que selon les informations données par M. Romney lui-même, ses revenus de discours avaient été de 374 000 $ l’an dernier, soit plus de sept fois le revenu moyen d’une famille américaine.

Il n’y a qu’à espérer qu’il ne pariera 10 000 $ avec personne (autre gaffe lors d’un débat en Iowa, en décembre dernier, qui a soulevé son manque de contact avec la réalité) que ces histoires seront vite oubliées!

Déconfiture spatiale

Mercredi 18 janvier 2012 à 17 h 33 | | Pour me joindre

Pour me joindre

Twitter:

belangerjf

Lancement de la sonde Phobos-Grunt le 9 novembre 2011 de Baïkonour au Kazakhstan. Source: Roscosmos

Lancement de la sonde Phobos-Grunt le 9 novembre 2011 de Baïkonour au Kazakhstan. Source : Roscosmos

Elle avait pour objectif l’une des lunes de mars et portait tous les espoirs du programme spatial russe. Mais c’est dans l’océan Pacifique que s’est finalement retrouvée la sonde spatiale Phobos-Grunt après avoir erré quelques mois en orbite, inerte comme un zombie cosmique. Conclusion misérable pour cette première mission interplanétaire russe des quinze dernières années.

La sonde Phobos-Grunt en chute vers le Pacifique.

La sonde Phobos-Grunt en chute vers le Pacifique. Source : Institut Fraunhofer

Ce sont 170 millions de dollars et plus d’une décennie de travail partis en fumée. L’incident en lui-même n’est pas tragique. Après tout, il n’y a pas eu mort d’homme. L’échec est franchement embarrassant pour Roscosmos, l’agence spatiale russe, car il est loin d’être isolé. En un an, six missions se sont ainsi terminées en queue de poisson. Lancements ratés, satellites perdus, ravitaillement de la station spatiale compromis…

Des cafouillages sérieux d’autant plus inquiétants que la fusée Soyouz assure désormais le seul service de taxi vers la station spatiale internationale. En juillet dernier, la navette américaine effectuait son dernier vol et la NASA n’aura pas de véhicule de remplacement avant 2016. D’ici là, les astronautes américains, canadiens, japonais et européens devront acheter à Moscou leur ticket pour l’espace.

Témoignage de l’ampleur du malaise, la direction de Roscosmos cherche maintenant des boucs émissaires. Vladimir Popovkin, le chef de l’agence spatiale russe, a ainsi déclaré publiquement que la série de déboires pouvait s’expliquer par un sabotage américain. Il n’en fallait pas plus pour que le premier ministre adjoint Dmitri Rogozin ordonne la mise sur pied d’une commission d’enquête sur la question, chargée entre autres d’effectuer des tests sur l’influence possible de radars américains.

Si des experts confirment que des ondes radio très puissantes pourraient en théorie venir perturber des satellites, la plupart doutent de cette hypothèse. La vétusté des pièces détachées et des équipements utilisés dans la fabrication des satellites et des fusées russes semblent pour la majorité une explication beaucoup plus plausible. Une technologie datant d’une douzaine d’années dans le cas de Phobos-Grunt et des pièces dont la garantie avait depuis longtemps expiré.

La blogueuse Lana Sator dans l'usine de fusées Energomash .

La blogueuse Lana Sator dans l'usine de fusées Energomash. Source : Lana Sator

L’an dernier, une blogueuse russe, Lana Sator, créait le scandale en s’introduisant dans l’usine Energomash de l’un des plus grands fabricants de fusées au monde. Non seulement elle mettait ainsi en lumière les carences des mesures de sécurité, mais ses clichés révélaient surtout à quel point l’équipement était périmé.

Sous-financement chronique depuis les années Eltsine, problèmes récurrents pour ce qui est du contrôle de la qualité, manque de communication entre les différentes générations de scientifiques, c’est là qu’il faut chercher la cause des récents échecs, selon Alexander Zhelaznyakov de l’Académie spatiale russe, et non dans quelque théorie du complot.

Reste à voir si la commission d’enquête récemment mise sur pied est prête à chercher de ce côté-là l’explication…

Mise à jour: Après enquête, le directeur de Roskosmos, Vladimir Popovkine, a finalement déclaré que la panne de Phobos-Grunt était due à une défaillance informatique causée à la fois par les rayonnements cosmiques et par l’emploi de puces électroniques étrangères non conçues pour une utilisation dans l’espace.

 

WASHINGTON En se retirant de la course à l’investiture républicaine à ce moment-ci ce qui a pour effet de donner la victoire à Mitt Romney l’ex-ambassadeur des États-Unis en Chine Jon Huntsman vient de se donner le statut de favori de la course de… 2016, si, bien sûr, Romney ne l’emportait pas en novembre.

Huntsman quitte la course pour une seule et bonne raison : il ne va pas gagner en Caroline du Sud, samedi prochain, et chaque vote qu’il prendrait serait autrement allé à Romney. En se retirant maintenant, il donnera au favori 8 ou 10 % des voix supplémentaires, de quoi assurer sa victoire.

En fait, il ne fait que suivre exactement la voie qu’avait empruntée Mitt Romney, il y a exactement quatre ans. Avant qu’il ne devienne absolument évident qu’il ne pourrait battre John McCain, Romney s’est retiré de la course, même s’il avait les ressources pour continuer un bout de temps. Il a tout de suite annoncé son appui pour McCain et a passé le reste de l’année à faire campagne pour des candidats républicains d’un bout à l’autre du pays.

Avec le résultat que Romney s’est fait des amis un peu partout, et surtout dans l’establishment du Parti républicain. Et ce dernier a reconnu en lui un homme qui faisait passer l’intérêt du parti avant son intérêt personnel. Quatre ans plus tard, il est le favori pour l’investiture républicaine et en bonne voie de l’obtenir.

Pour Jon Huntsman, cette campagne se solde par un succès d’estime. Il a vite été vu comme l’un des trois (avec Romney et Newt Gingrich) candidats ayant le bagage d’expérience et la profondeur pour être président des États-Unis. Les autres, que ce soit Monsieur Pizza (Herman Cain) ou Madame Tea Party (Michele Bachmann), n’auraient jamais dû se retrouver sur l’estrade et ont surtout nui à l’image de marque du Parti républicain en passant les six derniers mois dans des débats télévisés où ils avaient autant de place que les trois autres.

Mais, pour Jon Huntsman, le succès d’estime qu’il a remporté au New Hampshire peut être un point de départ. Il peut utiliser sa notoriété pour bâtir en vue de 2016. En attendant, il fera campagne pour Romney, en prenant bien soin de collectionner les éventuels renvois d’ascenseur.

Huntsman en 2016, donc? Dans ce pays où on est en campagne électorale permanente, il y a certainement des gens qui ont commencé à y penser…

Le Tea Party

Une autre faction du Parti républicain qui pourrait avoir perdu au jeu de « Qui perd gagne » est le Tea Party. Ces représentants ont été la révélation des élections de mi-mandat en 2010 et ont largement contribué, depuis, au blocage politique que l’on constate au Congrès.

D’abord, leur représentante dans la course à la présidence, Michele Bachmann, a été la première à jeter l’éponge après les caucus de l’Iowa à cause de ses faméliques appuis.

Le Tea Party n’a surtout pu imposer un candidat crédible pour empêcher que la nomination aille à un modéré comme Mitt Romney. Pourtant, la naissance même du Tea Party est venue de la défaite du tout aussi modéré John McCain en 2008. Pour ceux qui allaient se retrouver dans la mouvance du Tea Party, c’était la preuve que la modération n’apporte pas la victoire et que, tant qu’à y être, aussi bien choisir un candidat qui partage nos valeurs.

Le problème, c’est que la campagne républicaine nous montre que lorsqu’on pose la question aux électeurs plutôt qu’aux militants, ils préfèrent encore les candidats modérés…

L’influence du Tea Party ne s’est guère fait sentir dans le choix du candidat républicain à la présidence, et elle est en nette baisse dans les autres aspects de la vie politique.

Pas étonnant que pratiquement la moitié des Américains estiment que le Tea Party nuira aux républicains lors des élections de novembre. Les partisans du Tea Party détestent peut-être le mot « compromis », mais la plupart des Américains croient que c’est essentiel quand on veut diriger un pays comme les États-Unis.

L’Écosse se séparera-t-elle bientôt du Royaume-Uni, auquel elle avait été rattachée en 1707 après quatre siècles d’une première indépendance, acquise avec le grand William Wallace, devenu Braveheart au cinéma?

En tout cas, entre Londres et Édimbourg, le sujet est revenu à l’ordre du jour depuis la réélection, en mai dernier, pour un second mandat, des indépendantistes du Scottish National Party (Parti national écossais). Et plus encore depuis le début janvier 2012, lorsque le gouvernement central de Londres a dit accepter le fait qu’il y aura bel et bien, dans les prochaines années, un référendum sur l’indépendance de l’Écosse… mais à ses conditions!

Querelle sur le calendrier

Londres veut que cette consultation se tienne au plus vite… et selon ses propres conditions de « clarté » et de formulation de la question. La polémique a éclaté lorsque le premier ministre écossais, Alex Salmond, lui a répondu : « M. Cameron, c’est nous, Écossais, qui allons décider quand, comment et selon quelles modalités on va le tenir, ce référendum. »

Résigné à un référendum sur la séparation de l’Écosse, le premier ministre britannique David Cameron exige une consultation rapide, dans les 18 mois tout au plus. Et il sait bien qu’en Écosse, l’option de l’indépendance reste aujourd’hui minoritaire : les sondages de la dernière année oscillent entre 30 et 40 % de OUI.

Mais il sait aussi qu’elle est en ascension, ce qui peut expliquer pourquoi il veut faire vite pour couper l’herbe sous le pied de M. Salmond. En disant : « OK à un référendum. Nous allons même vous aider à l’organiser. Mais avec un cadre législatif approprié, et au plus tard à l’été 2013. »

Salmond, lui, veut plutôt attendre la fin de son mandat. Il parle maintenant de l’automne 2014. Entre autres, parce qu’il pense qu’il a peut-être plus de chances en attendant un peu. Avec l’espoir, encouragé par les derniers sondages, que le OUI monte, que le sentiment national écossais vive un renouveau, grâce aussi à une économie – merci au pétrole de la mer du Nord – qui malgré la crise européenne ne va pas si mal.

Et puis dans l’ordre symbolique, 2014, ce sera le 700e anniversaire de la bataille de Bannockburn, à l’époque de la première indépendance écossaise. Ce sera aussi l’année des Jeux du Commonwealth à Glasgow. Curieusement, Alex Salmond a beau être un séparatiste écossais, il n’a rien contre la reine et la royauté. Alors le Commonwealth, c’est tout bon pour lui!

Une intervention qui fait boomerang

L’intervention de David Cameron et de ses ministres dans le débat écossais semble avoir fait boomerang. C’est d’ailleurs ce que la presse, tant britannique qu’écossaise, a écrit toute la semaine du 9 janvier. Selon un éditorialiste du quotidien The Scotsman d’Édimbourg, l’intervention tonitruante de Londres fait le jeu des indépendantistes : « Ce qui semblait il y a deux ans être le rêve perdu des nationalistes est aujourd’hui revenu en tête de l’ordre du jour… grâce au rusé Alex Salmond, qui a maintenant un jeu ouvert devant lui. »

Le 10 janvier, lors d’une tribune téléphonique à la radio de la BBC d’Édimbourg, beaucoup d’auditeurs ont appelé pour dire : mais de quoi se mêlent donc les Anglais? « Ils veulent nous organiser notre référendum? Alors moi je vais voter oui! » Certains intervenants ont également fait valoir que la présence des conservateurs au pouvoir à Londres les poussait à devenir plus favorables à l’indépendance écossaise.

Il faut savoir que le Parti conservateur est notoirement impopulaire en Écosse, où il n’a obtenu aux élections britanniques de 2010 qu’un seul député sur 59. Un peu comme le Parti conservateur canadien, très faible au Québec (16 % des voix), mais ayant obtenu presque 50 % dans le Rest of Canada. Un gouvernement central conservateur aliène les nationalistes et stimule l’indépendantisme en Écosse : un signe de ce qui pourrait se produire au Québec?

Cela dit, David Cameron a quand même des arguments lorsqu’il dit qu’il faut un cadre législatif. L’Écosse autonome n’a son propre Parlement que depuis 1999, avec des responsabilités limitées (éducation, services sociaux, infrastructures), et sans le pouvoir de lever ses propres impôts. Alors, pour changer le statut constitutionnel de façon légale, ça devrait en principe passer par Londres. C’est ce que font valoir M. Cameron et ses ministres.

Une question claire

Londres veut organiser un référendum légalement contraignant. Avec une question claire, unique, du genre : « Oui ou non, souhaitez-vous la séparation d’avec le Royaume-Uni? » La « loi sur la clarté » canadienne de 2000 inspire peut-être, en 2012, les chefs britanniques devant le nouveau défi écossais. 

La réponse d’Alex Salmond à cet argument massue de Londres? Eh bien! dit-il, moi je veux un référendum consultatif! Mais un référendum taillé à mon goût, avec l’arrière-pensée qu’il aura une portée morale très forte.

M. Salmond veut se réserver la possibilité d’une question avec trois réponses possibles : (1) statu quo (2), indépendance ou (3) superautonomie (appelée « dévolution maximale »). Il pourrait également poser une seconde question, sur la possibilité pour Édimbourg de lever directement ses propres impôts.

Le 12 janvier, Alex Salmond a publié dans plusieurs journaux, dont The Independent de Londres, un article dans lequel il dénonce les méthodes « thatchériennes » du gouvernement Cameron, disant qu’elles vont apporter de l’eau au moulin des indépendantistes. Il conclut : « La mondialisation va de pair avec le désir croissant des nations de gérer leurs propres affaires. L’Écosse se joindra bientôt à la grande famille des nations, en tant qu’indépendante et égale. »

Il n’y a pas que la crise des dettes souveraines des pays de la zone euro qui met à l’épreuve l’Europe et l’intégration européenne.

Aujourd’hui, l’Union européenne est mise devant un autre dilemme, beaucoup plus politique, qui remet en question ses fondements mêmes : quoi faire avec un pays membre qui est manifestement en train d’évoluer vers une dictature et qui vote et applique des lois et des règles allant manifestement à l’encontre des traités européens?

Au cœur de l’Europe, la Hongrie (10 millions d’habitants) et son nouveau gouvernement de Victor Orban élu il y a 18 mois, avec presque 52 % des voix, sont en train de pousser de plus en plus loin les limites de la tolérance de leurs partenaires européens.

 « Bienvenue en Orbanistan », pouvait-on lire sur les pancartes que brandissait la foule de quelques dizaines de milliers de manifestants, rassemblée au centre de Budapest la semaine dernière, pour protester contre la nouvelle Constitution hongroise, entrée en vigueur le 1er janvier.

Accompagnée d’une kyrielle de nouvelles lois (appelés constitutionnelles, puisqu’elles exigent les deux tiers du Parlement pour être révoquées!), entrées en vigueur plus ou moins simultanément, elle donne l’image d’un pays qui n’est plus vraiment un État de droit.

Un pays où :

- la liberté de presse n’existe pratiquement plus;

- l’indépendance des juges n’est qu’un vague souvenir;

- la Banque centrale est sous la tutelle du gouvernement;

- plusieurs religions (comme le bouddhisme, l’islam, certaines branches de la religion protestante, etc.) ne sont plus reconnues comme telles. Dorénavant, par contre, le christianisme, « ciment de la nation », fait son entrée dans le texte de la Constitution;

-  l’alternance politique, grâce aux nouvelles règles électorales, devient pratiquement impossible.

Ajoutons à cela la nomination de plusieurs parents et proches du premier ministre aux postes importants de l’appareil d’État et une xénophobie et un antisémitisme qui s’affiche au grand jour, et nous avons, au cœur de l’Europe un pays qui rappelle un certain autre pays européen, au milieu des années 30.

D’autant plus qu’un parti d’extrême droite, Jobbik, est entré avec force au Parlement lors des dernières élections. Du haut de ses 47 députés et de ses 16,6 % des voix, Jobbik arrive à souffler au premier ministre, Victor Orban, une bonne partie de son programme politique.

Orban est aujourd’hui considéré comme une sorte de Hugo Chavez de droite, dont le pays, gouverné par la Constitution et les lois adoptées au cours des derniers mois, ne pourrait pas être accepté comme membre de l’Union européenne… s’il ne l’était déjà!

Devant cette situation alarmante, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton ont adressé des lettres d’avertissement au premier ministre hongrois. Le Fonds monétaire international et la Commission européenne l’ont menacé de sanctions.

La Hongrie pourrait ne plus avoir accès à l’aide économique, dont elle a pourtant cruellement besoin, si elle n’amende pas plusieurs des lois adoptées récemment. Il s’agit surtout de la loi sur le système judiciaire qui ramène, entre autres, l’âge de la retraite des juges de 70 à 62 ans (envoyant ainsi chez eux, dès cette année, près de 300 magistrats, soit 10 % du total) et de la loi régissant la Banque centrale, qui a pour effet de réduire considérablement son indépendance.

La Hongrie peut-elle se passer de cette aide? Le pays subit une crise économique sans précédent. Sa monnaie est celle qui s’est le plus dévaluée parmi les 170 monnaies du monde. Sa cote a été abaissée la semaine dernière à BB-. En outre, sa dette devient de plus en plus ingérable, car les prêts à la Hongrie sont dorénavant considérés comme des prêts spéculatifs.

Il n’est pas exclu que, bien avant la Grèce, la Hongrie fasse faillite, avec des conséquences incalculables pour la zone euro, notamment pour l’Autriche, très exposée en cas de défaut hongrois. L’Allemagne, l’Italie et la Belgique le sont aussi, bien que dans une moindre mesure.

Plusieurs pensent que le gouvernement hongrois sera obligé de céder devant la menace et corrigera certaines lois adoptées ces dernières semaines. « Mais, selon Janos Samu, économiste du fonds d’investissement Concorde, le plus grand fonds d’investissement de Hongrie, l’Union européenne n’a pas non plus intérêt à être trop dure à l’égard de la Hongrie, puisque plusieurs de ses membres sont très exposés à la faillite hongroise. »

La démocratie est-elle soluble dans la crise? C’est la question qu’on peut se poser aujourd’hui.

Les pires ennemis des républicains

Jeudi 12 janvier 2012 à 16 h 35 | | Pour me joindre

Pour me joindre

Twitter:

MCAuger

WASHINGTON – Les pires ennemis du Parti républicain sont-ils les républicains eux-mêmes? On est en droit de se le demander quand on voit la tournure qu’est en train de prendre la course à l’investiture du parti en vue de l’élection présidentielle de novembre.

Depuis le début informel de la course, l’été dernier, tous les candidats ont été, chacun leur tour, en tête des sondages. Tous ont été « la saveur du mois » contre Mitt Romney, ce favori mal-aimé parce que trop modéré, qui finira sans nul doute par gagner la course à l’investiture, mais à quel prix?

Trop modéré, pas assez conservateur, vire-capot sur nombre de sujets importants pour les conservateurs comme l’avortement ou le contrôle des armes à feu, on a tout reproché à Romney. Même d’être un trop bon capitaliste.

La campagne de Newt Gingrich a même acheté une vidéo de 27 minutes qui dénonce les méthodes de Bain Capital, la société que dirigeait Romney avant d’entrer en politique.

http://www.youtube.com/watch?v=UYg_OdXNc1Q

La vidéo veut montrer des manœuvres à l’éthique douteuse de la part de Bain Capital. C’est peut-être le genre d’arguments que voudront exploiter les démocrates. Cela dit, c’est une tout autre chose que de voir un autre candidat républicain utiliser un vocabulaire qui est plutôt associé à des mouvements comme Occupy Wall Street!

Même si elles sont déplacées, les attaques personnelles désespérées contre un candidat ou un autre font partie des campagnes électorales, et les électeurs finissent tôt ou tard par les oublier. Mais les républicains ont connu une campagne à l’investiture qui a réussi à salir la réputation du parti et de sa marque de commerce.

La principale vitrine du Parti républicain, ces derniers mois, a été la quinzaine de débats des candidats à la présidence, dont les cotes d’écoute à la télévision ont été fort respectables. Sauf que ces débats, souvent organisés par des groupes représentant la droite du parti (Tea Party, Fox News, etc.), ont surtout donné une plateforme aux candidats qui défendaient des idées plus radicales.

Les débats sont vite devenus des tests pour débusquer ceux qui s’écarteraient du credo républicain de cette année : aucune hausse d’impôts de quelques formes que ce soit, une opposition totale au mariage gai, déportation pour les immigrants illégaux, refus de reconnaître les changements climatiques, abolition de la réforme de la santé et de plusieurs organismes comme l’Agence de protection de l’environnement.

Quand un candidat remettait en question cette orthodoxie, il devait encaisser les attaques nourries de ses adversaires. Même quand on ne faisait que reconnaître une certaine réalité, comme lorsque Newt Gingrich avait tout simplement noté qu’il était illusoire de penser déporter les 11 ou 12 millions d’immigrants en situation illégale, dont certains vivent aux États-Unis depuis des décennies.

Avec le résultat que le Parti républicain est en voie de s’aliéner une grande partie de la communauté d’origine latino-américaine, dont il aurait pourtant grand besoin pour gagner certains des États qui vont déterminer la prochaine élection, en particulier dans le Sud-Ouest.

C’est une réalité incontournable de la politique américaine de courtiser les militants « purs et durs » pour obtenir la nomination de son parti et d’aller ensuite à toute vitesse vers le centre, vers les indépendants, là où l’on gagne les élections.

Encore faut-il que la course à l’investiture n’ait pas obligé le candidat à défendre des positions qui deviendront autant de boulets pendant l’élection générale.

Mais les militants républicains ne croient pas à cet argument. Pour eux, la défaite du modéré John McCain contre Barack Obama, en 2008, est la preuve que modération n’est pas garantie de victoire aux élections. D’où cette insistance à obliger les candidats de cette année à prendre des engagements bétonnés sur les questions qui leur tiennent à cœur.

Romney le mal-aimé finira par obtenir la nomination. Il est le seul à avoir le financement et l’organisation pour continuer très longtemps dans cette course. Mais ce sera un candidat qui n’inspire pas tellement ses propres troupes. Un mariage de raison plutôt que d’amour, donc, et avec un contrat de mariage qui pourrait se révéler bien encombrant.

Cuba et la santé

Lundi 9 janvier 2012 à 18 h 46 | | Pour me joindre

Pour me joindre

Twitter:

jmleprince

Cuba est particulièrement fière de son système de santé. Avec 1 médecin pour 220 habitants, un taux de mortalité infantile de 4,8 pour 1000, il se compare à ceux des pays les plus développés et dépasse celui des États-Unis. À la base du système, la polyclinique, ouverte 24 heures sur 24.

polyclinique à La Havane

Des devises

Pour des milliers d’étrangers, le système cubain est une aubaine. Ils viennent pour des soins dentaires, des diagnostics, de la chirurgie de qualité à des prix très intéressants. Pour des centaines de Québécois rejetés par leur système de santé ou las d’attendre une opération, Cuba est une sortie de secours.

Voir le reportage de Jean-Michel Leprince, Marie-Ève Bédard et Martin Cloutier, au Téléjournal, lundi 9 janvier 2012.

 

Haydée Yvette Pujol, Directrice Servimed : « Notre philosophie consiste à mettre à la disposition de tous les services médicaux cubains, de manière commerciale, mais à prix modique, pour couvrir nos coûts et continuer à développer notre système de santé au bénéfice de nombreux pays du monde. »

Haydée Yvette Pujol, Directrice commerciale SERVIMED

Une médecine internationale

Cuba forme des médecins étrangers à l’ELAM, l’École latino-américaine de médecine. Plus de 8000 étudiants y font six années d’études, entièrement gratuites. Ils sont logés et nourris et reçoivent une petite allocation.

L'École latino-américaine de médecine est dans une ancienne base navale près de La Havane

Des Latino-Américains, des Africains et, surprise, des Américains étudient la médecine à Cuba.

Sous les regards de Simon Bolivar et José Marti

Voir le reportage de de Jean-Michel Leprince, France Dauphin et Gilbert Drouin diffusé en mars 2008 sur l’École latino-américaine de médecine (ELAM) à Cuba. Il y a un délai de quelques secondes avant le lancement de la vidéo.

Des centaines de jeunes Haïtiens ont été formés à l’ELAM de Santiago de Cuba et sont retournés chez eux, la plupart du temps dans leurs villages éloignés ou des quartiers pauvres, pour y exercer une médecine particulièrement axée sur la prévention en pays en voie de développement.

Plus d’un millier de médecins cubains ont été envoyés en Haïti après le séisme de janvier 2010. Ils sont restés pour combattre l’épidémie de choléra qui fait rage dans l’île.

Voir le reportage d’Emmanuelle Latraverse en Haïti le 7 janvier 2011

Médecins contre pétrole

Cabinet de consultation et demeure (au 1er étage) d'un médecin cubain à Caracas, Venezuela
Cuba envoie au Venezuela 20 000 médecins dans le cadre du programme Barrio Adentro. En échange,  le Venezuela d’Hugo Chavez exporte à Cuba du pétrole à des tarifs et conditions préférentiels.
Le modèle s’est étendu à d’autres pays d’Amérique latine comme la Bolivie, le Salvador, et aussi en Afrique.

Rien n’est parfait

Les Cubains souffrent de pénuries, de médicaments notamment, à cause de l’embargo américain, soutiennent les autorités. Cuba fabrique 80 % de ses médicaments et plusieurs produits innovateurs de l’industrie pharmaceutique et biotechnologique cubaine sont exportés.

Les médecins à Cuba ne gagnent guère plus que les autres, environ 20 $ par mois. Tous les Cubains ont des histoires de corruption à vous raconter. Un petit pot de vin peut vous valoir un traitement un peu préférentiel.

En janvier 2010, 26 patients sous-alimentés sont morts de froid à l’Hôpital psychiatrique de La Havane. Des vivres et du matériel destinés aux patients ont été détournés par les dirigeants et des employés de l’hôpital. Ils ont été condamnés à des peines de 5 à 15 ans de prison. (Voir le journal Granma du 1er février 2011)