Billets publiés en octobre 2011

Le camp de réfugiés syriens en Turquie

Le Syrien Mahomed s’est réfugié dans un camp près de Hatay, en Turquie. Le camp de réfugiés est rigoureusement contrôlé par le Croissant-Rouge turc et l’armée turque. De quoi rassurer Mahomed. Malgré tout, il ne se sent pas en sécurité ici à cause des chabihas, ces miliciens syriens en civil qui rôdent autour des camps de réfugiés. Le Croissant-Rouge  donne aux réfugiés qui le demandent  des permissions d’une heure ou deux pour aller au marché s’acheter de la nourriture. Mahomed ne sort jamais seul du camp, c’est plus sécuritaire de sortir à plusieurs. Il y a un mois, un réfugié n’est jamais revenu du marché. Il a disparu. Probablement l’œuvre des chabihas, murmure-t-on dans le camp.

En Syrie c’est souvent eux qui déclenchent les hostilités, me raconte Mahomed. Ils se mêlent aux manifestants, ils tirent sur l’armée pour la provoquer, puis l’armée tire sur les manifestants pacifiques. Mahomed a peur pour ses amis qui sont restés en Syrie. Si jamais ils tombent entre les mains de ces voyous, qu’on dit payés par le régime de Bachar Al-Assad, ils n’en sortiront sans doute pas vivants.

Mahomed regarde constamment de l’autre côté de la montagne vers son pays. Il espère pouvoir y retourner un jour en homme libre.

Ginette Lamarche et son guide

Le camp

Ginette Lamarche et son guide dans le camp

Adieu Yueyue

Vendredi 21 octobre 2011 à 9 h 52 | | Pour me joindre

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La petite Yueyue n’est plus. Près d’une semaine après avoir été happée par deux camionnettes, la fillette de deux ans a succombé à ses blessures dans la nuit de jeudi à vendredi.

Sur les sites de médias sociaux chinois, la nouvelle suscite beaucoup plus de réactions que la mort de Kadhafi.

Quelques exemples :

Yuanyuan Tongxue écrit « Bonne route petite Yueyue. Au paradis, là où tu vas, il n’y a pas de voitures qui vont, qui viennent ».

AiMFace note « Petite Yueyue est allée au paradis, la bonne conscience des Chinois, elle, est partie en enfer. J’ai honte d’être Chinois aujourd’hui ».

Depuis le début de cette histoire, il n’y a eu aucune réaction officielle du gouvernement chinois. Toutefois, à la fin d’une rencontre du Parti communiste un peu plus tôt cette semaine, les dirigeants chinois ont indiqué que le « développement culturel » du pays faisait défaut. Ils souhaitent donc voir émerger une nouvelle culture socialiste, culture qui permettrait d’« améliorer les qualités idéologiques et morales de la nation ».

À mots couverts, on reconnaît donc qu’il y a un problème. Sans nommer directement Yueyue, ni les autres qui ont succombé dans des circonstances similaires.

La croissance économique peut nourrir un peuple, mais affamer son âme. Alors, comment mettre fin à l’indifférence, comment instaurer de nouvelles valeurs, faire que le grand paquebot chinois change peu à peu de cap?

Quand vient le temps de répondre à ces questions, tout le monde en Chine semble muet.

L’indifférence des Chinois

Mercredi 19 octobre 2011 à 10 h 01 | | Pour me joindre

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冷漠

Leng + Mo

Froid + désert = indifférence

Voilà l’un des mots qui revient le plus souvent quand il est question de la réaction des passants à la suite de la tragédie de Foshan. Dans cette ville du sud de la Chine, Yueyue, une fillette laissée quelques instants sans surveillance, a été écrasée par deux voitures et ignorée par 18 passants, tandis qu’elle gisait sur le bord de la route.

Sur les sites de microblogues chinois, nombreux étaient les internautes qui affichaient la phrase « Cessons d’être indifférents », sorte de leitmotiv rappelant la tragédie.

Les images troublantes ont fait le tour du monde, mais c’est probablement ici, en Chine, qu’elles soulèvent le plus de questions. Sur la toile, on se perd en analyses pour tenter de comprendre ce qui a bien pu arriver à cette société pour qu’elle perde ainsi « son âme », pour employer l’expression de nombreux blogueurs. Le tissu social de la Chine se serait-il déchiré dans la course folle du pays vers l’avant?

« Ce comportement est pire que celui des animaux », me disait cette semaine le professeur de sociologie Zhang Ming. Comme plusieurs, la détérioration des relations humaines et la baisse des standards moraux l’inquiètent.

Les raisons pour expliquer l’insensibilité des passants sont nombreuses, selon lui : un gouvernement à la taille démesurée, perçu par le peuple comme froid, voire cruel, un système d’éducation qui oublie d’enseigner l’entraide, le respect de la vie aux jeunes… Mais, comme plusieurs, il évoque aussi un facteur historique.

Avant les grandes réformes lancées par Deng Xiaoping à la fin des années 70, la Chine était « une société où la violence était monnaie courante. Les individus étaient en lutte constante les uns contre les autres. » C’était l’époque de la Révolution culturelle, 10 années troubles au cours desquelles même les familles se dénonçaient, s’entre-déchiraient. Une époque dont les livres d’histoires chinois ne font pas mention et que l’on évoque aujourd’hui bien souvent à mi-voix, de peur de réveiller de douloureux souvenirs.

Après les réformes, la Chine s’est tournée vers l’avenir, à toute vapeur, et n’a plus jamais regardé en arrière. « Aujourd’hui, notre société est basée sur l’argent, elle est très matérialiste. Tout le monde n’a qu’un but : faire de l’argent », explique M. Zhang.

Et il n’est pas anodin que ce soit justement l’argent que l’on évoque pour justifier la non-intervention des passants dans l’histoire de Yueyue. À cause d’un cas célèbre il y a cinq ans, où un bon Samaritain a été forcé de payer une forte somme à la dame qu’il avait tenté d’aider, les gens n’osent plus tendre la main. Ainsi, le cas de Yueyue est loin d’être isolé.

En septembre, un homme de 88 ans a chuté sur le trottoir dans la grande ville de Wuhan. Entouré de badauds, il est mort, face contre terre, étouffé dans une mare de son propre sang. Personne n’a daigné lui venir en aide.

Mais le destin tragique de la petite Yueyue semble forcer à tout le moins la réflexion. Cette semaine, un sondage sur un site de microblogue indiquait qu’une majorité d’internautes étaient d’avis que la Chine devrait introduire une loi du « bon Samaritain », pour que les gens n’hésitent plus à porter secours à leurs concitoyens en détresse.

 

Washington — Le Parti républicain avait coutume d’être un parti discipliné et qui finissait toujours par choisir le candidat à la présidence qui a le plus d’expérience et qui a été approuvé par l’establishment. Même quand le parti avait des doutes — comme ça a été le cas pour George W. Bush en 2000 —, il finissait toujours par choisir le favori et celui qui pouvait le mieux unir le parti devant des démocrates, dont le sport national a longtemps été de s’entredéchirer en public.

La méfiance envers Mitt Romney

Normalement, donc, les républicains devraient être en train de couronner Mitt Romney, l’ancien gouverneur du Massachusetts, candidat malheureux en 2008 et qui a l’appui de l’establishment du parti.

En débat, aucun des autres candidats ne lui arrive à la cheville. Il peut parler autant d’économie que d’affaires étrangères. Il a une campagne professionnelle et bien financée.

Surtout, il est perçu par l’électorat en général comme un modéré et, contre Barack Obama, il pourrait compter sur l’appui de nombreux électeurs indépendants. Bref, Romney devrait avoir tout pour lui.

Sauf que l’aile la plus conservatrice du Parti républicain ne veut rien savoir de Mitt Romney. On s’en méfie. On ne le croit pas. Après tout, s’il est vu comme modéré, c’est qu’il ne peut pas être un vrai conservateur, non? On se souvient aussi que sur des sujets comme l’avortement, les droits des homosexuels ou le contrôle des armes à feu, il a changé d’idée et n’a épousé que récemment les idées conservatrices. Et il y a cette réforme de l’assurance maladie au Massachusetts, qui a inspiré celle de Barack Obama.

Les conservateurs soupçonnent Romney d’avoir appris à parler leur langage, mais sans y croire vraiment. C’est pourquoi, depuis le début de cette course à l’investiture républicaine, ils cherchent un candidat acceptable et qui ne serait pas Romney. Insatisfaits des candidats actuels, ils ont longtemps essayé d’en recruter de nouveaux. Mais après les refus des Sarah Palin, Donald Trump et, plus récemment, de Chris Christie, ils ont fini par comprendre qu’il leur faudrait vivre avec le groupe actuel.

Les faiblesses des « saveurs du mois »

Depuis l’été, on a eu droit au phénomène de la « saveur du mois ». En août, la favorite du Tea Party, la représentante Michelle Bachmann, trônait en tête des sondages. Mais sa propension à lancer des faits sans les vérifier l’a rendue moins attrayante.

En septembre, c’était le gouverneur Rick Perry du Texas. Mais il a déçu dans les débats des candidats et, surtout, il a prouvé qu’en matière de lutte au terrorisme ou en affaires étrangères en général, il n’était vraiment pas prêt à devenir président des États-Unis.

En octobre, contre toute attente, c’est Herman Cain, le magnat de la pizza, qui a été propulsé en tête. Mais, selon la plupart des experts, son plan économique de 9-9-9 (9 % d’impôt sur le revenu pour tous, 9 % d’impôt sur les sociétés et une taxe de vente nationale de 9 %) ne tient pas la route.

Les « saveurs du mois » ont en commun d’en être à leur première campagne présidentielle et d’avoir des points faibles qui deviennent évidents dès qu’on commence à considérer sérieusement leurs propositions. Ce qui devrait inciter les républicains à regarder Romney avec un œil un peu plus favorable.

Le temps file…

Romney fait toutefois du sur-place avec environ le quart des intentions de vote des électeurs républicains. Une proportion des voix qui est stable, mais insuffisante pour une victoire rapide dans les trois ou quatre premiers États à tenir des primaires pour forcer les autres candidats à abandonner la course.

Incapable de s’imposer d’emblée, Romney a donc changé de stratégie. Il se présente maintenant comme le candidat inévitable : le seul dont l’organisation, le financement et les qualités de rassembleur lui permettront, à la fin, de s’imposer.

Il essaie donc de rester au-dessus de la mêlée et d’attendre que les électeurs lui reviennent, même sans enthousiasme, quand ils se rendront compte que les autres candidats ne sont pas aussi attrayants qu’ils le pensaient.

Mais il risque de manquer de temps : on vient, en effet, de retrancher un mois à la campagne à l’investiture. Certains États ont décidé de devancer leurs primaires et on commencera donc à voter dès le début de janvier 2012 et non en février. Et il y a même une petite possibilité que la primaire du New Hampshire se tienne en décembre.

À une dizaine de semaines des  premiers votes, et peut-être un peu moins, Romney se trouve dans une position plutôt vulnérable. Avec aussi peu de temps, il devient bien plus difficile d’attendre que les électeurs conservateurs finissent par lui trouver des qualités.

Romney pourrait commencer à dépenser de l’argent en publicité télévisée pour tenter de se présenter sous un nouveau jour aux électeurs. Mais s’il a 15 millions de dollars en banque, son rival Rick Perry en a tout autant. Toute tentative du camp Romney de saturer les ondes serait très certainement contrée par un barrage de publicité négative de la part de Perry qui, au point où il en est, n’a plus grand-chose à perdre.

Il y a encore quelques semaines, le temps semblait être le meilleur allié de Mitt Romney. Aujourd’hui, il est en voie de devenir son ennemi.

Le front du refus

Vendredi 14 octobre 2011 à 17 h 06 | | Pour me joindre

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Un spectre hante l’Occident : la colère des masses contre le système. Samedi 15 octobre, à Londres, Rome, Athènes, Francfort, Madrid, mais aussi à Montréal, Toronto, Santiago, Johannesburg… et dans des centaines d’autres localités petites et grandes de dizaines de pays, les « indignés » du monde entier auront manifesté.

Les causes de la colère sont diverses. Le joyeux méli-mélo des revendications donne une forte impression de brouillon, d’improvisation. L’absence d’un leadership clair vient ajouter à ce méli-mélo, et inspire de légitimes questions : « Mais que veulent-ils au juste? » et « Quels sont leurs objectifs; comment comptent-ils les atteindre? »

Les analystes ont vite fait de souligner les impasses potentielles d’un mouvement sans programme et sans chef, qui multiplie les slogans, parfois au-delà du réalisme et qui risque, à l’instar d’un certain altermondialisme venu au monde à Seattle, en 1999, avant de s’étioler au milieu de la décennie suivante, de faire « pschitt »… après quelques beaux éclats médiatiques.

Une crise politique et morale

Devant une crise financière, politique et morale qui se mondialise chaque jour davantage, ce mouvement est d’abord une réaction viscérale et instinctive, inspirée par l’angoisse et la colère. Angoisse devant l’insécurité économique, et devant ce qui est de plus en plus perçu comme l’impuissance. ou la complicité, selon les cas, des gouvernements face à un chaos que l’on sent monter.

C’est d’abord un mouvement « contre », qui n’a pas l’ambition de proposer un programme positif… Ce qu’il affirme et demande, ce n’est pas de changer tel ou tel règlement, telle ou telle loi précise, telle ou telle pratique. Mais que le « système », avec ses résultats actuels, n’est pas globalement acceptable. Et devant une crise « systémique », émerge un cri de refus, mais pas un programme politique.

Les manifestants anti-Wall Street se sont surtout fait connaître par leur fameux slogan « Nous sommes les 99 % » (nous, les manifestants) et « Vous êtes les 1 % » (vous, les banquiers, les capitalistes et l’élite politique à leur service).

Mais le mouvement Occupons Wall Street, outre son thème fondamental de l’explosion des inégalités sociales, nous a également donné à lire des slogans parmi les plus diversifiés : sur le chômage, l’endettement étudiant, le réchauffement climatique, la brutalité policière, la stupidité des politiciens, la corruption des agents de change, le scandaleux renflouement des banques par les gouvernements, sans contrepartie politique…

On a même vu, au parc Zuccotti dans le centre-ville de Manhattan, les mots « révolution » et « révolutionnaire » sur plus d’une pancarte. Marx, es-tu là?

L’ébauche d’un mouvement mondial?

Même si l’ordre de grandeur des foules mobilisées à New York et ailleurs aux États-Unis – Boston, Chicago, San Francisco – reste modeste, avec des manifestations dans les milliers plutôt que dans les dizaines ou les centaines de milliers de participants (comme on a vu en Europe, Puerta del Sol à Madrid et place Syntagma à Athènes), tout cela commence à ressembler à l’ébauche d’un mouvement mondial.

Ce qui ne signifie pas pour autant un mouvement coordonné, dirigé verticalement, avec une idéologie précise. Marx, es-tu là? Pas vraiment… Il est même possible que cette mobilisation ne se coordonne jamais au-delà de ce qu’on voit aujourd’hui, et qu’elle finisse par se perdre dans les premières neiges et les premières nuits sous zéro.

Pour autant, et au grand dam non seulement des pouvoirs établis, mais également des utopistes catastrophistes – intellectuels européens de l’ultragauche comme Slavoj Zizek ou Alain Badiou qui voudraient récupérer et orienter ces foules en « joyeuse colère » pour en faire une sorte d’avant-garde néocommuniste –, ce mouvement, qui va laisser des traces, est en quelque sorte « irrécupérable » par les idéologies et organisations établies.

Que tout cela soit généralement inspiré par des idées de gauche, c’est plausible et même assez évident. D’ailleurs, la férocité des commentaires venus des grands ténors de la droite semble le prouver : « Hippies, vagabonds, bande de fainéants! » ont tonné en choeur Fox News et le Wall Street Journal.

Symétrique de gauche du Tea Party de droite? Peut-être en partie, pour ce qui est des États-Unis… Mais aussi, et surtout, une réaction contre tous les corps constitués, d’où qu’ils viennent, une critique postmoderne et postidéologique de la politique et de l’économie contemporaines.

Dans cette optique, même des questions du type « Quels seront les relais politiques et partisans de ces manifestations? » ne sont pas vraiment recevables. Elles sont hors sujet ou à tout le moins prématurées. Il faudra bien, par la suite, revenir à la politique et aux institutions, aux propositions et à la redistribution économique. Mais pour l’instant, place au joyeux et chaotique mouvement social.

Nous étions en tournage au village palestinien de Nabi Saleh, là où chaque semaine depuis cinq ans, se tient une manifestation contre l’occupation israélienne et contre la présence d’une colonie juive aux portes du village.

Ces manifestations suivent un rituel bien établi : marche avec slogans, rencontre de l’armée, jets de pierre et gaz lacrymogènes (et l’argument des deux côtés :  ce sont eux qui ont commencé!)

Nous pensions que l’affrontement était terminé. Nous avions rangé notre voiture sur le bord du chemin et nous nous étions défaits de nos casques et masques à gaz. Erreur!

Nous étions en train de ranger le matériel dans la voiture quand, sans prévenir, une chargeuse sur roues de l’armée israélienne s’est avancée vers nous, pelle levée, avec l’intention de détruire une barricade installée par les manifestants.

Il n’a fallu que quelques instants pour voir une vingtaine de ceux-ci surgir dans notre dos et canarder le véhicule israélien avec des pierres grosses comme le poing. Le hic : nous étions en plein sur la trajectoire!

Les images parlent d’elles-mêmes…

Jeune tue jeunes

Vendredi 14 octobre 2011 à 12 h 06 | | Pour me joindre

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Soupe populaire à Mogadiscio. Photo : Sophie Langlois

 

En Somalie, le seul espoir des enfants qui survivent à la famine est d’étudier et d’obtenir une bourse pour sortir du pays. La semaine dernière, le kamikaze qui s’est fait exploser à Mogadiscio cherchait précisément à anéantir cet espoir. 

Bashar Abdullahi Nur était au volant d’un camion bourré d’explosifs. En plus de se suicider, il a tué 82 personnes et en a blessé gravement plus de 110. La majorité des victimes était de jeunes étudiants faisant la file pour savoir s’ils avaient obtenu une bourse turque. La liste des « heureux élus » venait d’être affichée au mur du ministère de l’Éducation.  

 « Nur voulait avant tout tuer ces étudiants qui voulaient quitter leur pays, dévasté pas des décennies de guerre civile, pour aller étudier en Turquie grâce à des bourses de scolarité », lit-on sur Magharebia.com.

Ce qu’on apprend ces derniers jours sur le jeune kamikaze somalien donne froid dans le dos. Dans un enregistrement qui lui a été attribué et qui a été diffusé dans les médias somaliens, Nur explique que ces étudiants étaient coupables, selon lui, d’aller étudier sur des terres étrangères où ils seraient soumis à l’influence des « infidèles » et d’idées laïques, au lieu de mener le djihad pour défendre les musulmans somaliens.

« [L'étudiant] s’éveille le matin, part à la faculté, étudie et accepte ce que lui dit l’infidèle, tandis qu’on massacre des musulmans », avait-il expliqué, ajoutant que le dessein de cette opération était de « plaire à Dieu ». — Magharebia.com.

Il est impossible de vivre en Somalie sans accumuler une somme inimaginable de souffrances, de souvenirs d’horreur. Le kamikaze et les jeunes Somaliens qu’il a tués avaient sans doute tous beaucoup souffert. Ses victimes s’étaient accrochées, pour survivre, à l’espoir d’une vie meilleure au-delà des frontières de la guerre. Nur, lui, s’est accroché à l’espoir d’une vie meilleure après la mort.

À ne pas manquer, à l’émission Désautels le 14 octobre, un reportage sur l’école qui sert de rempart à la guerre en Somalie.

Des soldats au stade nouvellement conquis des rebelles Al-Shabab. Photo : Sophie Langlois

 
 

Vue de Mogadiscio d'une fenêtre du Parlement. Photo : Sophie Langlois

 

Le caméraman Gilbert Drouin prend des images de l'entrée du Parlement somalien. Photo : Sophie Langlois

 

L'inauguration d'un marché à Mogadiscio. Photo : Sophie Langlois

 

Une rue près du marché Bakaara, à Mogadiscio. Photo : Sophie Langlois

 

Abdirizak Hassan, un boutiquier du marché Bakaara, à Mogadiscio. Photo : Sophie Langlois

 

Une boutique abandonnée à Mogadiscio. Photo : Sophie Langlois

 

Une rue de Mogadiscio près du principal hôpital de la ville. Photo : Sophie Langlois

 

 

Des enfants dans un camp de déplacés de Mogadiscio. Photo : Sophie Langlois

 

 

La ville du printemps éternel

Medellin noir

Au début des années 90, Medellin était peut-être la capitale mondiale du meurtre. Pablo Escobar régnait en maître sur le trafic mondial de la cocaïne, à la tête du fameux cartel de Medellin.

Pablo Escobar

Assassinats, voitures piégées, les « sicarios » d’Escobar ont semé la terreur jusqu’à la capitale Bogota. Le cartel rival, celui de Cali, n’était pas en reste et a fait sauter les résidences et les repaires de Pablo Escobar.

Il a été tué sur un toit de Medellin en 1993 après une longue fugue et 3000 hommes à ses trousses.

Quand il voulait devenir président de la Colombie et qu’il s’était présenté en politique, il a fait construire un quartier de 400 maisons pour les squatteurs d’un dépotoir de Medellin. Il distribuait l’argent à la poignée.

Les habitants du quartier Pablo Escobar le considèrent encore comme un bienfaiteur.

Escobar n’était pas entièrement désintéressé;  il recrutait ses sicaires parmi les jeunes du quartier.

Colombes de la Paix/Barbarie, de Fernando Botero, fils de Medellin

Medellin blanc

Aujourd’hui, on parle de miracle d’urbanisme. De chirurgie urbaine. En reliant deux téléphériques (bientôt trois) au métro – impeccable – de Medellin, on veut mettre fin aux ghettos.

On ne cache plus la pauvreté à Medellin. On la met en valeur.

La bibliothèque España trône au sommet du barrio Santo Domingo. Son architecture osée a été abondamment primée.

Rien n’est trop beau pour les pauvres,  dit l’initiateur du « modèle Medellin », l’ancien maire Sergio Fajardo. Il se présente comme gouverneur.

Avec la transparence vient davantage de sécurité dans les « comunas » de Medellin.

Caracas et Rio de Janeiro ont imité Medellin en construisant leurs téléphériques dans leurs barrios et favelas.

 

Reportages récents ou à venir

Mercredi 12 octobre 2011 à 15 h 47 | | Pour me joindre

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jmleprince

  • Reportages récents :

Sur le Mexique
À Désautels le 17 octobre 2011 : les ravages de la guerre des narcos. Écouter le reportage
À Une Heure sur Terre le 21 octobre 2011 : le poète Javier Sicilia et son mouvement pour la paix et la justice dans la dignité. Voir le reportage

Sur le Brésil
Au Téléjournal le 18 octobre 2011 : la reconquête des favelas. Voir le reportage

Sur Cuba
Au Téléjournal  le 7 octobre 2011 : le point sur les réformes

 

 

  • Reportages à venir :

Sur le Brésil
À Une Heure sur Terre : le miracle agricole brésilien

Sur la Colombie
À Une Heure sur Terre : tourisme au pays des FARC
À Une Heure sur Terre : Roberto Escobar, le comptable, frère de Pablo

Sur Cuba
Au Téléjournal : le  tourisme médical à Cuba