Blogue de Guy Daoust

À la défense d’Eller

vendredi 27 novembre 2015 à 15 h 05 | | Pour me joindre

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Lars Eller est pourchassé par Marc Staal.
Lars Eller est pourchassé par Marc Staal.

Vous êtes durs envers Lars Eller. Je ne suis pas membre de son fan-club, mais je vous trouve un peu intransigeants avec le pauvre Lars. J’ai donc résolu de vous offrir quelques chiffres pour adoucir votre perception. Les Fêtes approchent après tout.

On entend dire toute sorte de choses pas très flatteuses sur le compte de Lars. Il paraît qu’il manque de vision du jeu, qu’il repère mal ses coéquipiers, qu’il a du mal à s’offrir en cible… Pourtant, sa production offensive est très adéquate. Il a marqué six buts en date du 27 novembre. À ce rythme il va franchir la barrière des 20 buts pour la première fois de sa carrière. Et un seul de ces buts a été marqué en avantage numérique, où Michel Therrien l’emploie parfois, dans la deuxième unité.

C’est honnête comme production, non? Pour un ailier gauche de troisième trio, c’est même très bien.

Vous dites qu’il appartient au deuxième trio. Mais non. À forces égales, les trios de Plekancec et de Desharnais bénéficient de plus de temps d’utilisation que le trio de Galchenyuk. Pour ce qui est du « temps de glace », Eller appartient donc au troisième trio.

Et puis, juste pour le plaisir, ses six buts comme ailier gauche, c’est mieux que les quatre de Matt Moulson, les trois de Chris Kunitz, les trois de Chris Kreider ou les deux de Carl Hagelin.

Une spécialité

En prime, Eller joue remarquablement bien en désavantage numérique.

Au cours des cinq derniers matchs, il a passé 10 minutes et 41 secondes sur la patinoire à court d’un homme sans que l’adversaire marque une seule fois. Mieux : il a marqué en désavantage numérique contre les Canucks pour relancer le Canadien dans une remontée qui a conduit à un gain de 4 à 3.

Michel Therrien le voit bien. Son temps d’utilisation en désavantage numérique (influencé par le nombre de pénalités, évidemment) est passé de 1 min 23 à 3 min 23 en cinq matchs.

Je ne suis pas en train de vous dire qu’il faut poser sa candidature pour le trophée Hart, mais si on le laissait un peu tranquille, hein?

Une bonne idée

C’est celle du collègue Sean McIndoe d’ESPN.

Le nombre de transactions est très réduit dans la Ligue nationale. Le plafond salarial embête les directeurs généraux. Alors, McIndoe propose un truc pour augmenter le nombre d’échanges. Ça a le mérite d’être original.

Il propose d’accorder à chaque formation un choix au repêchage additionnel, une sorte de carte gratuite.

Dans son plan diabolique, le 20e choix au repêchage serait attribué à l’équipe ayant terminé au dernier rang l’année précédente, le 25e à l’équipe ayant terminé au 29e rang, le 30e à la formation ayant conclu l’année au 28e rang, etc. Et McIndoe propose que ce choix ne puisse être exercé que s’il est échangé. C’est là qu’est tout l’intérêt.

Ainsi, la formation ayant terminé au dernier rang à l’issue de la saison en 2016 se verrait attribuer le 20e choix du repêchage de 2017 et aurait 14 mois pour l’échanger. Si elle ne l’échange pas, elle le perd, comme s’il n’avait jamais existé. Si elle l’échange, l’équipe qui l’obtient peut l’exercer, mais dans l’opération, celle qui a terminé au dernier rang aura obtenu un joueur.

Il serait interdit, évidemment, d’échanger ces « passes gratuites » contre d’autres « passes gratuites ». Comme Sean McIndoe, je suis convaincu que ça augmenterait un peu le nombre et peut-être même l’importance des transactions. Et ça donnerait un peu de latitude aux directeurs généraux.

Je sais, c’est audacieux comme idée. Mais dans une ligue qui considère la possibilité d’agrandir les filets, ce n’est certainement pas une hérésie.