Blogue de Martin Leclerc

Si le CH respecte son histoire, la saison de Price sera marquée d’un astérisque

Mardi 24 mars 2015 à 12 h 48 | | Pour me joindre

Pour me joindre

Carey Price (gauche), Jacques Plante (centre) et Ken Dryden
Carey Price (gauche), Jacques Plante (centre) et Ken Dryden

Il sera énormément question des prouesses individuelles de Carey Price d’ici la fin du calendrier, et pour cause. Le gardien du CH est en train de connaître l’une des meilleures saisons de l’histoire de la LNH.

La chronique de Martin Leclerc

Marc Dumont, de l’excellent blogue Habs Eyes On The Prize, comparait cette semaine les statistiques de Carey Price avec celles des gardiens (ayant disputé au moins 50 matchs) qui ont connu les meilleures saisons de l’histoire de la LNH. Et le nom de Price apparaît au tout premier rang.

Ce n’est pas rien.

Parmi les gardiens numéro un de la LNH, Price domine toutes les colonnes de statistiques cette saison : le plus grand nombre de victoires (40), le meilleur taux d’efficacité (,938), la meilleure moyenne de buts alloués (1,86), le plus grand nombre de blanchissages (9), alouette!

Price se situe tellement loin devant les autres portiers de la ligue que son nom est probablement déjà gravé sur le trophée Vézina. Et plus le temps passe, plus on se demande comment on pourra l’ignorer quand viendra le temps de décerner le trophée Hart, remis annuellement au joueur le plus utile à son équipe. Je me suis déjà prononcé là-dessus il y a quelques mois.

Le gardien du Canadien connaît une saison absolument phénoménale. C’est indéniable. Ceux qui contestent ce fait sont probablement, aussi, opposés à la maternité et à la tarte aux pommes.

* * *

Samedi dernier, Price a remporté sa 40e victoire de la saison face aux Sharks de San José. C’est un plateau franchement impressionnant que seuls Jacques Plante et Ken Dryden ont déjà atteint dans l’histoire de l’organisation.

À lire aussi : À quand le prochain but accordé par Carey?

Le record de l’organisation du CH s’élève à 42 victoires. Cette marque a été atteinte deux fois par Plante (1955-1956 et 1961-1962) et une fois par Dryden (1975-1976). Or, le Tricolore a encore neuf matchs à disputer. Price est donc extrêmement bien placé pour pulvériser cette marque, dont nous entendrons énormément parler au cours des prochains jours.

Le hic, c’est que la saison que connaît Carey Price n’a rien à voir avec celles qu’ont connues Plante et Dryden. C’est un peu comme si on comparait des pommes avec des oranges.

Pourquoi? Parce que Price a remporté 7 de ses 40 victoires (17,5 %) en prolongation ou en tirs de barrage cette saison. Aux époques de Plante et de Dryden, il fallait remporter un match en 60 minutes pour être crédité d’une victoire. Si Price avait été soumis aux mêmes règles que Plante et Dryden, malgré le fait qu’il connaisse une saison titanesque, il aurait donc 33 victoires au compteur au lieu de 40. Et il lui faudrait remporter les neuf derniers matchs du calendrier en temps réglementaire pour égaler le record de l’organisation.

Ça remet drôlement les choses en perspective quant à la qualité des grands gardiens qui ont déjà défendu le filet de cette équipe, et aussi des grandes formations qui leur ont permis d’atteindre ces marques fabuleuses.

Ne serait-ce que par respect pour ce qu’ont accompli Plante et Dryden, ce « record » que s’apprête à inscrire Carey Price devrait être affublé d’un astérisque. On fausserait totalement l’histoire en laissant croire que Price, en jouant derrière une équipe très moyenne, ait pu aussi facilement effacer la marque de 42 victoires.

Le Canadien 2014-2015, au jeu!