Blogue de Martin Leclerc

Bien amorcer la saison et survivre à la période des camps

Mardi 26 août 2014 à 13 h 09 | | Pour me joindre

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Bien plus que la rentrée scolaire, c’est le début des camps d’entraînement du hockey mineur qui annonce la fin de l’été au Québec! Le cœur joyeux, quelque 100 000 enfants déterminés ont déjà commencé à envahir les arénas et à déployer tout leur savoir-faire dans l’espoir de se tailler une place dans une équipe qui correspond à leurs aspirations.

Voici donc quelques conseils susceptibles d’aider les joueurs – et surtout leurs parents – à traverser sereinement la période des camps et à amorcer la saison du bon pied.

Responsabilisez votre enfant : Confiez-lui la responsabilité de remplir son sac d’équipement et de s’assurer que toutes ses pièces d’équipement s’y trouvent avant de se rendre à l’aréna. Apprenez-lui à vérifier si ses patins doivent être aiguisés. Donnez-lui aussi la responsabilité d’apporter sa propre bouteille d’eau (réutilisable, bien entendu). Ce sera plus hygiénique que les bouteilles qui passent la semaine dans le coffre de voiture de l’entraîneur et qui sont remplies à la va-vite dans les salles de bains des arénas.

Responsabilisez votre enfant (2) : Si le petit hockeyeur de la famille est capable de porter son équipement sur la patinoire pendant une heure et demie, il est aussi capable de transporter son sac et ses bâtons du stationnement au vestiaire. Et s’il est capable de nouer les lacets de ses souliers, il devrait normalement être capable d’attacher ses patins. Bref, encouragez-le à développer son autonomie et éloignez-vous du vestiaire! C’est son équipe. Pas la vôtre.

Survivre aux coupes : Votre enfant vient d’être retranché du niveau AA au niveau BB, ou encore, du niveau A au niveau B. Vous êtes furieux. Vous criez à l’injustice, et vous êtes certain que votre enfant est bien meilleur que le dernier joueur choisi par l’entraîneur pour compléter sa formation.

Vous savez quoi? Si vous devez comparer votre enfant aux trois ou quatre moins bons joueurs de l’équipe pour dénicher un candidat qu’il aurait été susceptible de déloger, l’entraîneur lui a rendu service en le retranchant. Au lieu d’être en « mode survie » ou en « mode rattrapage » tout l’hiver, votre enfant aura davantage la chance de parfaire ses habiletés à un niveau inférieur. Il aura probablement plus de responsabilités au sein de son équipe, et il développera une plus grande confiance et une meilleure estime de soi. Bref, il progressera beaucoup plus.

Être retranché au terme d’un camp d’entraînement fait partie intégrante de l’expérience sportive, même jusqu’à la LNH. Apprenez à votre enfant à aborder cette étape de la saison comme un défi et une invitation à parfaire ses habiletés.

Et surtout, mettez votre déception de côté. C’est ridicule! En réagissant ainsi, vous faites sentir à votre enfant que lui ou les entraîneurs sont coupables de quelque chose, alors qu’il n’en est rien. De grâce, ne gâchez pas son début de saison.

Le rôle des parents : Les joueurs sont là pour jouer et les entraîneurs ont été formés pour leur enseigner la pratique du hockey. Quant aux parents, leur rôle consiste à assurer une présence tranquille lorsqu’ils franchissent les portes de l’aréna. Si vous pensez avoir une manette de jeu vidéo entre les mains, et si vous croyez aider votre enfant en lui hurlant chaque manœuvre qu’il devrait (selon vous) accomplir sur la patinoire, sachez que vous sabotez son processus d’apprentissage. Et vous montrez à tous ceux qui sont assis autour de vous que vous ne connaissez rien au hockey. La saison dernière, Erik Karlsson et P.K. Subban, deux récents vainqueurs du trophée Norris, figuraient parmi les meneurs de la LNH pour le nombre de revirements commis. Et vous ne pouvez supporter l’idée que votre enfant de 10, 12 ou 13 ans commette quelques erreurs au cours d’un match? Sérieusement?

Faites confiance à l’entraîneur (coupez le cordon!) : Vous trouvez que la dame qui s’époumone près de vous dans les gradins est un peu cinglée. De votre côté, vous préférez agir plus discrètement, même si vous cherchez aussi à diriger votre enfant à partir des gradins. Parfois, vous lui lancez des regards désapprobateurs quand il commet une erreur, ou encore lorsqu’il tente une passe au lieu de tirer au filet. Vous communiquez aussi avec lui par signes (vous avez développé un code avec le temps) chaque fois qu’il revient au banc. Et après le match, vous lui soulignez toutes ses « fautes » durant le trajet de retour à la maison.

Peut-être l’ignorez-vous, mais vous êtes un cancer pour votre enfant et son équipe.

Vous déconnectez votre enfant de ses coéquipiers et des objectifs collectifs qu’ils poursuivent. Vous sabotez par le fait même l’autorité et les consignes de l’entraîneur.

À l’adolescence, par dépit, il y a de fortes chances que votre enfant cesse de pratiquer le hockey, ou qu’il vous demande de ne plus assister à ses matchs.

Le rôle de l’entraîneur : Habituellement, les entraîneurs organisent une réunion de parents tout de suite après le camp d’entraînement pour se présenter et pour expliquer leur projet sportif. Ne vous gênez surtout pas pour leur poser des questions quant à l’utilisation des joueurs.

Ont-ils l’intention de miser uniquement sur leurs cinq meilleurs joueurs et de faire sauter des tours aux autres? Se sentent-ils investis de la mission de développer tous leurs joueurs en répartissant le temps de jeu équitablement? Ont-ils une vision à court terme (remporter des matchs à tout prix) ou une vision à long terme (maximiser le développement de chacun de leurs athlètes)?

Mieux vaut clarifier ces questions dès le départ. Si l’entraîneur, peu importe le niveau, estime qu’il doit d’abord gagner avant d’enseigner, votre enfant est peut-être tombé au mauvais endroit.

Si vous jugez que le projet qu’on vous présente n’est pas convenable, prévenez les coups. Il est encore temps de demander au directeur de votre association de hockey mineur d’intervenir, ou de lui demander de confier votre enfant à un autre entraîneur.