Blogue de Martin Leclerc

Débat avant-gardiste à l’assemblée générale de Hockey Québec

Jeudi 12 juin 2014 à 11 h 04 | | Pour me joindre

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Un sujet particulièrement intéressant figure à l’ordre du jour de l’assemblée générale annuelle de Hockey Québec, qui se mettra en branle vendredi à Mont-Tremblant. Et si ce débat est bien mené, il changera positivement l’expérience sportive de milliers de hockeyeurs au Québec au cours des prochaines années.

Les dirigeants du hockey mineur de toutes les régions seront invités à réfléchir à la mise sur pied d’une « politique de reclassification » des équipes.

Selon le système actuel, toutes les associations de hockey mineur au Québec doivent respecter des ratios établis d’avance pour déterminer le niveau au sein duquel joueront leurs équipes. Par exemple, une association où l’on retrouve de 106 à 120 joueurs d’âge atome (9-10 ans) doit obligatoirement former une équipe de niveau compétition en classe BB, et une autre en classe CC.

Malheureusement, année après année, ce tableau de classification quantitative « aveugle » donne lieu à des histoires d’horreur. Invariablement, des équipes de toutes les régions se retrouvent dans des catégories beaucoup trop fortes pour elles, et elles subissent des dégelées toute l’année. Il n’est pas rare de voir des équipes remporter seulement un ou deux matchs sur 45! Les jeunes qui font partie de ces équipes passent tout l’hiver dans un contexte négatif. Ils n’apprennent pas grand-chose, ne progressent pas et n’éprouvent aucun plaisir à jouer au hockey.

L’inverse est aussi vrai. Ces tableaux quantitatifs produisent aussi des formations invincibles qui connaissent des saisons presque parfaites. Mais quels progrès les enfants peuvent-ils réaliser s’ils ne font face à aucune opposition valable? Perdent-ils leur temps?

Au cours de la dernière année, j’ai consacré deux chroniques à ce phénomène. Et je suis extrêmement fier que ce sujet soit maintenant à l’ordre du jour de l’assemblée générale de Hockey Québec.

Pour rehausser l’expérience sportive de ces jeunes, il suffirait d’apporter des ajustements mineurs aux calendriers des différentes ligues, avant la période des Fêtes, pour promouvoir les équipes dominantes à un niveau supérieur et pour reléguer les « perdants chroniques » à un niveau de jeu qui leur convient davantage.

On y reviendra quand le débat aura eu lieu.

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Par ailleurs, je profite de l’occasion pour faire une autre suggestion aux dirigeants de Hockey Québec. Cette fois, pour abaisser considérablement le taux d’absentéisme des petits hockeyeurs à l’école.

C’est une idée qui émane de USA Hockey et qui est franchement géniale.

Auparavant, les équipes participant aux championnats nationaux des États-Unis (toutes catégories) étaient tenues de se présenter sur le site du tournoi le mercredi pour le début du tour préliminaire, tandis que les finales étaient disputées le dimanche. Or, la fédération américaine a récemment voté une résolution qui fera en sorte que, dorénavant, les championnats nationaux commenceront une journée plus tard et les finales seront disputées le lundi.

Comme il y a beaucoup moins d’équipes dans les matchs de finale que dans le tour préliminaire, on permet ainsi à un plus grand nombre d’élèves de profiter d’une journée de plus à l’école.

Le Québec pourrait facilement faire la même chose, d’autant plus que le championnat provincial est disputé durant le congé pascal et que le lundi est un jour férié. Par exemple, la dernière édition de la Coupe Dodge (le championnat provincial) réunissait pas moins de 3000 hockeyeurs. Le tournoi a commencé le jeudi 17 avril et les finales ont eu lieu le dimanche 20 avril.

En adoptant la même règle que USA Hockey, c’est potentiellement 2500 jours de classe qui auraient été maintenus (exception faite des journées pédagogiques que décrètent certaines commissions scolaires le jeudi précédant Pâques). En tous les cas, c’est certainement 2500 parents de moins qui auraient été obligés de prendre congé du bureau le jeudi pour assister au tournoi.

Imaginons un peu l’impact qu’une telle politique pourrait avoir si elle était adoptée par l’ensemble des tournois de hockey mineur au Québec. La plupart des 100 000 hockeyeurs membres de Hockey Québec disputent trois tournois chaque saison. Et pour différentes raisons (difficultés scolaires, calendriers d’examens, etc.) les directions d’écoles et les professeurs déplorent constamment les absences des élèves qui pratiquent le hockey.

Jouer les finales et (et peut-être les demi-finales) le lundi pourrait facilement (et fortement) atténuer ce problème.