Blogue de Dany Dubé

Un exemple d’unité

Mercredi 20 février 2013 à 13 h 00 | | Pour me joindre

Pour me joindre

Aucun doute, la raison principale qui explique les succès actuels du Canadien, c’est son sens commun. En d’autres mots, c’est une vraie équipe.

Il est toujours impressionnant de voir un groupe qui montre son unité dans toutes ses facettes.

C’est là un élément d’autant plus important pour le Canadien, une équipe qui devra constamment faire face à de l’adversité en raison de ses nombreuses petites lacunes, de ses nombreux petits points d’interrogation. Je parle entre autres de la grosseur de ses défenseurs, de sa ligne de centre très moyenne, de la fragilité de certains de ses joueurs vedettes.

Jusqu’à maintenant, rien de cela n’a eu d’impact en raison de l’unité affichée par l’équipe et de son jeu collectif. Et le Canadien occupe, mercredi, le 1er rang dans l’Association de l’Est.

Pour cela, il faut certainement mettre en perspective la part du travail des entraîneurs dans ces succès, tant dans leurs décisions quotidiennes que dans l’implantation de leur système de jeu.

Là où le Canadien est meilleur que l’an passé, c’est dans le jeu à cinq contre cinq. Ainsi, le dernier but de l’équipe en avantage numérique à cinq contre quatre remonte au 6 février, contre les Bruins. Son dernier but marqué sur une patinoire adverse dans ces circonstances a été réussi le 30 janvier, à Ottawa.

Le Tricolore n’a accordé qu’un total de deux buts à ses adversaires lors de ses quatre derniers matchs. Il ferme le jeu à outrance, et ça marche.

Et maintenant?

Ces succès peuvent-ils continuer longtemps?

D’abord, j’admets que j’en suis très surpris. Mais si le Canadien reste en santé, je n’entrevois pas de problème en saison. Je pense que le retour d’Andrei Markov et l’arrivée des jeunes ont insufflé beaucoup d’enthousiasme dans l’équipe.

Depuis le match du 12 février contre le Lightning de Tampa Bay, le Canadien ne donne rien à ses adversaires. Il faut admettre que lorsqu’on a un gardien comme Carey Price devant le filet et qu’on accorde moins de 10 occasions de marquer, cela met pas mal moins de pression sur les épaules de l’attaque.

Bien sûr, l’absence de grande vedette et le fait que l’équipe se soit classée au 15e rang de l’Association de l’Est la saison dernière facilitent l’intégration d’un tel système. Dans la vie, quand on n’a pas de succès, on souhaite seulement voir arriver une solution. Et quand ça fonctionne, c’est magique.

Le Canadien va participer aux séries éliminatoires. Va-t-il rester premier d’ici là? Je n’ai malheureusement pas de boule de cristal, mais j’en serais quand même étonné. Les Bruins forment, à mon avis, une meilleure équipe sur papier. Les Maple Leafs se débrouillent très bien aussi.

Quand on s’y arrête, on constate que le Canadien est capable de vaincre les bonnes équipes de l’Est présentement. Ce qui sera intéressant, ce sera de voir comment il va se débrouiller dans les séries contre les grosses équipes au plan physique.

Battre les Rangers dans une série quatre de sept, ce ne sera pas la même chose que de les vaincre un soir donné.  Je ne remets aucunement en doute le Canadien, je souligne simplement qu’il devra monter son jeu à un autre niveau.

Michel Therrien et ses adjoints ont donc un autre défi devant eux. Il s’agit maintenant, pour eux, d’effectuer chaque manœuvre avec beaucoup de doigté et de s’assurer que les joueurs gardent leur attention sur l’objectif à atteindre.

C’est probablement là l’une des choses les plus difficiles à faire pour un entraîneur. Il est assez facile de faire croire à des joueurs qu’ils sont bons. Ce l’est moins de leur faire croire qu’ils ne le sont pas tant que ça. Au cœur d’une série de succès, il est humain d’en oublier les causes.

Il est là, le défi de l’entraîneur.

Mon message aux amateurs est donc le suivant : savourez le moment. Tout comme les membres de l’équipe, les supporteurs ne peuvent se permettre de regarder trop loin devant.

Le concept d’équipe est un élément fragile et volatil. Si on ne l’entretient pas, on le perd. Mais ces jours-ci, nous en avons, devant nous, un bel exemple.