Blogue de Martin Leclerc

Luongo n’est pas seul, plusieurs transactions se préparent

Mardi 8 janvier 2013 à 13 h 17 | | Pour me joindre

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Roberto Luongo
Roberto Luongo

J’ai longuement écrit là-dessus dans une chronique publiée au printemps dernier, mais je n’en reviens pas encore que les Canucks de Vancouver soient en train de s’activer en coulisse pour échanger Roberto Luongo.

Les Canucks formaient une bien piètre organisation quand le gardien montréalais s’est joint à eux en 2006-2007. Ils n’avaient remporté qu’une série éliminatoire en 10 ans et ils avaient raté les séries une fois sur deux durant cette période. Au cours des six dernières saisons, avec un gardien appartenant à la fine élite de la LNH, Vancouver a connu cinq saisons de 100 points et plus, a remporté six séries éliminatoires et a participé à une finale de la Coupe Stanley.

Un gardien qui aurait réussi pareil tour de force à Montréal au cours de la même période serait vénéré à toutes les tribunes téléphoniques. Le nouveau pont de la 25 porterait son nom. Certains réclameraient même sa canonisation.

Mais pas à Vancouver. En ce moment, tout le monde au Canada parle de la possibilité de voir Luongo se joindre aux Maple Leafs de Toronto. Et si cela se produit, il s’agira d’une fort mauvaise nouvelle pour les partisans du Canadien. Parce que ça signifiera qu’il y aura une place de moins pour le CH en séries éliminatoires.

Les Leafs ont une attaque très respectable. Leur défense était toutefois l’une des pires de la LNH au cours des dernières années. Avec une défense moyenne, ils auraient trouvé une place dans les séries plus souvent qu’à leur tour. Or, l’arrivée de Randy Carlyle derrière le banc corrigera assurément cette lacune. Et si Brian Burke parvient à mettre la main sur Luongo, les Leafs ne seront plus une risée. La question sera réglée pour plusieurs années.

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Le plus étonnant dans toute cette histoire, c’est que les Canucks soient disposés à se départir de Luongo, un gardien qui présente un taux d’efficacité de ,919 en 12 saisons dans la LNH, pour confier leur sort à Cory Schneider, un portier de 26 ans qui ne compte que 68 matchs d’expérience dans la ligue, et 8 en séries.

On leur souhaite bonne chance! Camper un rôle d’auxiliaire et porter un club de la LNH sur ses épaules soir après soir sont deux choses fort différentes.

Je discutais de cette étrange situation avec Alain Vigneault lundi après-midi. Et il a laissé tomber un lapsus qui en disait long sur la possibilité que Luongo soit échangé.

« Mon job consiste à gérer les joueurs que le directeur général me donne. Or, nous avons la chance de miser sur deux excellents gardiens. En fait, nous avons le meilleur duo de la LNH. Alors, je vais accueillir Roberto au camp de la même façon qu’auparavant et je vais diriger mon équipe en fonction du personnel de joueurs dont je dispose jusqu’à ce que ça change », a-t-il lancé.

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Avant la conclusion de l’entente de principe, qui a mis fin au lock-out dimanche matin, je ne croyais pas qu’il serait possible aux Canucks d’échanger Luongo compte tenu de la lourdeur et de la longueur de son contrat.

Tout le monde trouve que la nouvelle convention collective de la LNH sera très longue parce qu’elle prendra fin à l’été 2022. Le contrat de Luongo, qui ampute la masse salariale des Canucks 5,33 millions annuellement, se terminera au même moment. Il aura 42 ans. Aussi bon Luongo soit-il, peut-on vraiment espérer échanger un gardien de 33 ans qui est assis sur un généreux contrat de 10 ans? Nul besoin de réaliser une longue étude pour savoir que les gardiens de 40 ans et plus n’ont pas couru les rues au cours des 25 ou 30 dernières années.

J’en discutais lundi avec un directeur général. Et quand je lui ai posé la question, il y a eu un long silence au téléphone. Il était un peu mal à l’aise de commenter une situation qui ne concernait pas son équipe.

« Tu oublies que la nouvelle convention collective nous permettra désormais d’échanger de l’argent. Ça facilitera la conclusion d’un plus grand nombre de transactions et celle de Luongo sera peut-être du nombre », a-t-il prudemment répondu.

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Effectivement, une équipe qui échangera un joueur aura désormais le loisir d’assumer jusqu’à 50 % de son salaire et de garder au sein de sa masse salariale jusqu’à 50 % de l’espace qu’occupait le joueur échangé à une autre formation. Par exemple, un joueur dont le salaire se situe à 4 millions annuellement pourrait être échangé et voir son ancienne équipe assumer 2 millions par saison jusqu’à la fin de son contrat.

Et voilà qu’aujourd’hui, on entend toutes sortes d’histoires. La nouvelle convention collective n’est pas encore ratifiée, et il semble que ce soit déjà la furie du côté des directeurs généraux. Certains multiplient frénétiquement les appels téléphoniques auprès de leurs homologues dans l’espoir de conclure des transactions.

À Washington, George McPhee a d’ailleurs indiqué qu’il s’attend à ce qu’un grand nombre de transactions surviennent avant le début de la saison. Nous n’avons jamais assisté à un phénomène semblable entre 2005 et 2012.

Voilà une autre nouvelle intéressante pour les partisans du Canadien. Parce que malgré leurs paroles rassurantes de lundi, les dirigeants du CH savent qu’ils ne sont pas tout à fait équipés pour aller à la guerre. Pas comme ils le souhaiteraient, en tout cas.

L’échange de Luongo semble donc plus réalisable que jamais. Et de nombreuses autres, si on se fie aux rumeurs qui circulent.