Blogue de Martin Leclerc

Le lock-out achève, Subban se frotte les mains

Mercredi 2 janvier 2013 à 14 h 35 | | Pour me joindre

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Puisque les propriétaires d’équipes de la Ligue nationale et les représentants de l’Association des joueurs sont maintenant engagés dans le sprint final de leurs interminables négociations, pourquoi n’entreprendrions-nous pas l’année 2013 en parlant un peu du Canadien, pour faire changement?

Cette fin appréhendée de lock-out risque d’être fort spectaculaire. La poignée de main scellant l’entente de principe qui surviendra entre Gary Bettman et Donald Fehr ne sera pas encore terminée, que les 30 directeurs généraux et les 30 entraîneurs-chefs de la ligue se lanceront dans toutes les directions. Avec un semblant de camp d’entraînement pour préparer leur équipe et un calendrier écourté qui ne leur laissera aucune marge de manœuvre, personne n’aura de temps à perdre.

« Dans ces conditions, aucune équipe ne pourra se permettre de connaître un mauvais départ. Si une formation entreprend la saison avec deux ou trois victoires à ses 10-12 premiers matchs, il sera probablement déjà trop tard pour redresser la barque et participer aux séries. À l’inverse, si une équipe négligée connaît un départ canon, cet élan pourrait lui permettre de se qualifier », me racontait un entraîneur de la LNH ces derniers jours.

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Dans ces conditions, il sera intéressant de voir si Marc Bergevin a commis une erreur stratégique importante l’automne dernier. Pendant que les 29 autres formations de la LNH se précipitaient pour accorder de longs et généreux contrats à tous leurs joueurs-clés avant le déclenchement du lock-out, le Canadien a préféré laisser P.K. Subban sur la ligne de touche et régler la question après le conflit.

Maintenant que le lock-out achève, il n’y a qu’une seule équipe dont le défenseur numéro un n’est pas sous contrat : le Canadien. Il est désormais permis de se demander qui aura le gros bout du bâton dans cette négociation entre Bergevin et Don Meehan, l’agent de Subban.

Bergevin est un jeune directeur général qui s’apprête à plonger dans une marmite à pression. Aussitôt débarqué à Montréal le printemps dernier, il a chambardé l’organigramme du CH en promettant d’instaurer une nouvelle philosophie. Son nouvel entraîneur Michel Therrien se prépare à effectuer son deuxième tour à la barre du club et il veut compter sur ses joueurs-clés. Il sait que ce ne sont pas Tomas Kaberle et Yannick Weber qui le feront gagner. Quant à Geoff Molson, il veut évidemment empocher les recettes des séries.

Bref, Bergevin ne peut se passer de Subban.

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De l’autre côté, Subban est mort de rire. Il est déjà acquis que tous les joueurs qui ont signé de longs et lucratifs contrats dans les heures précédant le déclenchement du lock-out ne toucheront pas 100 % de leur argent. Or, Subban signera son contrat sous le nouveau régime et il encaissera son salaire jusqu’au dernier cent. Il y a peu de gens qui l’avaient vue venir celle-là!

Par ailleurs, Subban sera le premier à se présenter à la plaque dans le cadre de la nouvelle convention collective. La négociation de son contrat sera donc suivie de très près par l’AJLNH, puisqu’elle donnera une indication de l’allure que prendra le nouveau marché pour les jeunes défenseurs.

Âgé de 23 ans, Subban était l’an passé le 18e défenseur le plus utilisé de la LNH. Et tous les arrières qui avaient des responsabilités comparables aux siennes (et qui avaient au moins terminé leur premier contrat dans la LNH) touchent tous 5,5 millions de dollars et plus par saison.

Bien sûr, les cas des défenseurs plus âgés sont difficilement comparables à celui de Subban. Mais Drew Doughty, des Kings de Los Angeles, est presque du même âge et il affiche des statistiques comparables à celles de Subban. Et Doughty a paraphé l’an dernier un contrat de 8 ans qui lui vaut une moyenne de 7 millions de dollars par saison. Pour obtenir son dû, il a toutefois raté presque tout le camp d’entraînement des Kings en 2012.

Doughty et Subban ont le même agent…

Bergevin et Meehan n’ont pas été capables de s’entendre pendant les trois mois qui ont précédé le déclenchement du lock-out. Il sera donc très intéressant de voir si plus de 100 jours de silence radio les ont ramenés à de meilleurs sentiments.

Chose certaine, dès que le lock-out prendra fin, la position de Subban apparaîtra beaucoup plus solide qu’elle ne l’était avant le conflit.