Blogue de Dany Dubé

Une démarche malsaine

Mardi 18 décembre 2012 à 14 h 29 | | Pour me joindre

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Nous arrivons dans cette période du conflit un peu plus difficile à comprendre pour le commun des mortels. Les joueurs eux-mêmes, les journalistes et les partisans nagent dans le noir.

La difficulté n’est pas vraiment de comprendre le vote auquel se livrent les joueurs cette semaine. C’est plutôt d’en prévoir les conséquences. Joueurs comme propriétaires, personne ne peut se projeter dans le temps.

Personnellement, je me demande à quoi peut mener la dissolution de l’AJLNH, ailleurs que dans un fouillis. Plus on avance, plus le climat semble se détériorer. C’est une démarche malsaine. On détruit le peu qu’on avait bâti dans les dernières semaines.

Je ne partage pas l’optimisme de ceux qui prennent l’exemple de la NBA où, rappelons-le, la dissolution de l’Association des joueurs avait débouché sur une résolution au conflit de travail moins de deux semaines plus tard.

Après des conflits de travail dans la NBA et dans la NFL, la tendance devient prévisible. C’est une façon pour un syndicat pas trop fort, face à des propriétaires très puissants, de créer un contrepoids. Les négociateurs de la LNH ne sont pas dupes. Je suis convaincu qu’ils ont prévu cette manœuvre, puisqu’elle semble maintenant constituer la nouvelle norme de négociation.

Trop d’indiens, pas assez de chefs

En ce mardi 18 décembre, le vote se poursuit chez les joueurs, mais le temps file. Les deux parties se sont évitées pour une cinquième journée de suite.

Il y a du tort des deux côtés, mais le blocage vient en partie du côté des joueurs. Et ce n’est pas en raison de la mauvaise foi des membres. Leur structure de travail ne me semble pas fonctionnelle.

Il y a d’abord un manque flagrant de leadership. Des joueurs sans grande influence (Ron Hainsey, Chris Campoli) se retrouvent au sommet de la hiérarchie. On est loin d’un Trevor Linden omniprésent il y a huit ans.

L’autre problème est que personne n’est mandaté pour faire contrepoids à Donald Fehr. Personne n’est vraiment responsable des négociations, sauf Fehr. C’est pourquoi certains joueurs souhaitaient un vote sur la dernière offre de la LNH, croyant que la proposition était substantielle pour demander le vote. Mais Fehr a convaincu son comité de faire autrement.

S’il y avait des joueurs avec plus d’autorité, on avancerait plus vite qu’avec tous ces joueurs engagés, mais aucun qui détient un pouvoir de décision.

Les regards sur Galchenyuk

S’il y a un point positif à ce lock-out, c’est que les espoirs peuvent se développer la tête en paix dans un environnement moins exigeant, sans risque de sous-performance. Ces jeunes ne sont pas tracassés par la possibilité d’un rappel. Ils sont entièrement avec leur équipe.

Et plus le temps passe, plus il semble que les joueurs invités au Championnat du monde junior pourront disputer l’entièreté de leur tournoi sans être rappelés en Amérique.

Cela dit, j’ai entendu comme tout le monde les commentaires de Marc Bergevin sur Alex Galchenyuk, et je suis à 100 % en désaccord avec le DG du Canadien. Galchenyuk devrait terminer la saison chez les juniors.

Galchenyuk doit continuer à dominer et à ne pas être dérangé par la possibilité de jouer avec les professionnels une demi-saison. Avec un camp écourté, tu n’as pas le temps de tenter des expériences. Tu ne peux pas connaître de passage à vide. Il est mieux pour lui qu’il participe à son premier camp professionnel en septembre prochain, quand il aura une réelle chance de percer la formation.

Une des règles d’or en développement est la suivante : dans le doute, laisse le joueur là où il est. Le fait d’avancer lentement n’empêchera jamais un joueur d’atteindre son potentiel. Par contre, l’inverse peut lui nuire, encore plus dans un marché exigeant comme Montréal.

De plus, pour un développement efficace, un joueur doit offrir la même contribution à tous les niveaux. Attention : je ne dis pas que Galchenyuk doit immédiatement marquer 50 buts à Montréal. Mais s’il joue en avantage numérique à Sarnia, il doit aussi le faire dans la LNH. S’il joue dans un troisième ou quatrième trio à Montréal, c’est qu’il doit parfaire son apprentissage dans les mineures.

Cela dit, s’il n’y a pas de saison, je parle dans le vide. En attendant de le savoir, contentons-nous de le voir à l’oeuvre avec l’équipe américaine.