Blogue de Martin Leclerc

N’importe qui sauf les Rangers!

dimanche 13 mai 2012 à 13 h 20 | | Pour me joindre

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La dernière fois que j’ai rédigé une chronique à propos des Devils du New Jersey, c’était pour dire que cette équipe n’allait nulle part. Mais bon, ne dit-on pas qu’il n’y a que les fous qui ne changent pas d’idée?

Le 3 février dernier, jour du deuxième anniversaire de l’acquisition d’Ilya Kovalchuk, les Devils présentaient un dossier de 78 victoires et 80 défaites avec l’élégant attaquant russe dans leur formation. Leur fiche au classement de la saison 2011-2012 était positive, mais on ne percevait pas d’étincelle en les regardant jouer. Ni en attaque ni en défense. Les Devils semblaient avoir perdu leur âme.

Depuis ce temps, toutefois, les Diables sont absolument dominants. En incluant les séries éliminatoires, les hommes de Peter DeBoer ont compilé depuis le 3 février un dossier de 26-16. En transposant leur rythme de croisière sur une saison de 82 matchs, on arrive à un total de 52 victoires, un exploit qu’aucune équipe n’a été en mesure de réaliser cette année. En fait, seulement sept équipes sont parvenues à atteindre un tel niveau d’excellence au cours des six dernières saisons.

Oui, les Devils du New Jersey sont bons à ce point. Pour cette raison, je les favorise pour renverser les Rangers de New York et pour se rendre jusqu’en finale de la Coupe Stanley. De toute manière, c’est la meilleure chose qui pourrait arriver au hockey.

De toute ma vie, je ne me souviens pas d’avoir vu une équipe pratiquer un style de jeu aussi abject que celui des Rangers de New York. Beaucoup de gens ont décrié le style défensif de Jacques Lemaire et le système de la trappe au cours des dernières décennies. Or, le style robotique et dénué de créativité dans lequel John Tortorella enferme ses joueurs est 10 fois pire.

Les statistiques tendent d’ailleurs à le confirmer : à leurs 13 derniers matchs éliminatoires, ni les Rangers ni leurs adversaires ne sont parvenus à inscrire plus de trois filets au cours d’un match. C’est un record (de morosité) de tous les temps.

Le succès des Rangers ne repose pas sur le talent. Il repose sur l’effort. À chaque fois qu’un adversaire se retrouve en position de tirer au filet, Henrik Lundqvist voit apparaître trois ou quatre autres gardiens devant lui, prêts à bloquer les tirs à sa place. En attaque, les hommes de Tortorella essaient simplement de diriger le plus de rondelles possible en direction du filet et de travailler plus fort que l’adversaire pour récupérer les retours. Ou d’être plus chanceux que l’adversaire pour profiter d’une déviation.

Résultat : chaque match des Rangers est une aventure. Peu importe leur adversaire, l’issue du match se joue sur un détail de couverture défensive, une déviation sur un patin ou un simple coup de chance. C’est pour cette raison qu’ils ont eu besoin de sept matchs pour sortir les Sénateurs d’Ottawa et les Capitals de Washington, deux équipes qui avaient récolté 17 points de moins qu’eux au classement pendant la saison.

Les Rangers ont déjà 14 matchs éliminatoires dans le corps. Combien de fois et combien de temps peut-on fouetter un cheval avant qu’il se mette à ralentir? Peut-on se faufiler jusqu’en finale de la Coupe Stanley en lançant une pièce de 25 cents dans les airs à chaque rencontre? En regardant jouer les Rangers depuis un mois, il est difficile de croire qu’ils ne sont pas sur le point de frapper un mur.

Les Devils en cinq.

En plus, ce serait tellement plaisant de voir un gardien de 40 ans se rendre jusqu’à la grande finale et se battre pour remporter le gros trophée!