Q : Comment évaluez-vous le travail de Randy Cunneyworth derrière le banc du Canadien? Fait-il du bon boulot depuis qu’il a pris la place de Jacques Martin?
- Sébastien Masse
R : J’ai beaucoup de respect pour Cunneyworth, mais il a été placé dans une situation extrêmement difficile. Cela l’a empêché de faire les choses à sa façon.
S’il fait maintenant les choses à sa façon, je reste sur mon appétit. Quand on demande aux joueurs de jouer avec un sentiment d’urgence et la rage au cœur, il faut diriger de la même façon. C’est une question de cohérence.
Souvent, la cohérence est très près de la crédibilité. Et sans crédibilité, on ne peut pas être un meneur. Dans le dernier match, Cunneyworth a montré qu’il a l’étoffe d’un chef, car il a récompensé l’effort avant tout. Son équipe a immédiatement répondu. J’espère qu’il poursuivra dans la même veine.
Q : Le Canadien doit-il tenter d’échanger Tomas Plekanec d’ici la date limite des transactions? Il pourrait représenter une bonne monnaie d’échange si on ajoute un défenseur comme Yannick Weber.
- Alexandre Brassard
R : Soyons sérieux, on n’échange pas un joueur qui n’a pas de problème. Plekanec est le genre de joueur qui se présente à tous les matchs et à tous les entraînements. Il se comporte comme un vrai professionnel. Il est un ambassadeur pour le Canadien.
Pour moi, échanger Plekanec serait de la folie et un manque de jugement. Ce sont plutôt d’autres joueurs avec une attitude comme celle de Plekanec que ça prendrait.
Q : Avec la parité qui règne dans la Ligue nationale, est-ce qu’on devrait déplacer la date limite des transactions d’une ou deux semaines pour avoir un meilleur tableau des équipes qui feront et ne feront pas les séries? Ceci permettrait de savoir si une équipe est en mode vendeur ou pas et provoquerait plus de transactions.
- Stéphane Pelichet
R : C’est une excellente idée. Plus la saison est avancée, plus il y a de mouvements de personnel.
La période des transactions serait ainsi plus intéressante. Les équipes hésiteraient moins à échanger des joueurs, car il y aurait peu d’impact sur le plafond salarial pour l’année en cours.
Q : Le nombre de commotions cérébrales semble augmenter de façon exponentielle cette saison. Il n’y a quasiment plus d’autres blessures. Est-ce que le jeu est devenu plus violent et vicieux?
- Emmanuel Farvaque
R : C’est simplement que le jeu est beaucoup plus rapide et que les athlètes sont plus puissants. Il n’y a presque plus de temps de réaction, ce qui augmente le nombre de blessures.
La seule façon de remédier à ce problème serait de passer de 12 à 10 attaquants. Moins il y a de joueurs, plus il y a de fatigue, plus le jeu est lent, ce qui donne l’avantage aux joueurs talentueux.
Q : Est-ce que le retour de joueurs québécois, dont la fierté est alimentée par un sentiment d’appartenance fort, est une piste de solution pour redonner une âme au Canadien? N’est-ce pas l’intention plus ou moins secrète du retour des Nordiques à Québec? Le Canadien joue mal, en partie car il n’a plus d’âme, plus d’identité sociale. J’aimerais avoir vos réflexions sur ce sujet.
- Daniel Roy
R : Le sentiment d’appartenance n’est pas nécessairement lié à la langue. Il y a eu de très mauvais ambassadeurs francophones.
C’est plutôt que l’organisation du Canadien a perdu son âme et se cherche une identité. C’est l’effet pervers d’une équipe en manque de confiance. Cette confiance ne doit pas être basée seulement sur les résultats.
De plus, le Canadien devrait arrêter de parler de la tradition à ses joueurs. La tradition, c’est le passé. C’est bien de savoir d’où on vient pour savoir où on va, mais tout change et le hockey ne fait pas exception à la règle.
J’ai vu des équipes bourrées de Québécois connaître des saisons médiocres. Parlez-en à Alain Vigneault, qui a perdu son emploi pour cette raison.
Le Canadien doit tout faire pour développer et recruter le talent francophone, mais pas au profit de sa crédibilité.
Dans les belles années des Nordiques, Peter Stastny et Dale Hunter n’étaient pas des Québécois, mais ils étaient bons et étaient fiers de jouer pour cette équipe. Ils étaient de vrais Nordiques. Je crois que vous êtes assez intelligent pour tirer vos propres conclusions.

