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Ramer comme Dale Begg-Smith

Mercredi 23 avril 2014 à 12 h 35 | | Pour me joindre

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Antoine Meunier, spécialiste en C1-200m

Antoine Meunier, spécialiste en C-1 200 m

Antoine Meunier est un canoéiste de 23 ans de Lac-Beauport. Toujours parmi les quatre ou cinq premiers au Canada. Il rêve de Jeux olympiques. En fait, il rêve d’abord de se mesurer à l’élite mondiale.

Antoine est aussi un créateur de sites web. Il a lancé une boutique virtuelle, un agrégateur de blogues et d’autres projets, chaque fois dédiés au monde du sport et à ses athlètes.

Le bosseur canadien Dale Begg-Smith avait aussi ce talent. Il est devenu millionnaire avec ses applications informatiques. Il est aussi devenu médaillé d’or olympique à Turin en 2006. Pour l’Australie.

« C’est en lisant son histoire que m’est venue l’idée », me raconte Antoine, quelque part autour du Lake Lanier à Gainesville. Begg-Smith se sentait à l’étroit dans la puissante équipe canadienne. L’occasion de skier pour l’Australie s’est présentée et il a foncé.

Cette lecture remonte à octobre dernier. Assez dégourdi, Antoine a rapidement demandé et obtenu sa libération de l’équipe canadienne, l’approbation de la Fédération internationale de canoë et la permission de pagayer pour les États-Unis. Six mois plus tard, ce week-end à Oklahoma City, il devrait normalement remporter la sélection nationale… américaine.

« Nos voisins du sud ne feraient pas une finale canadienne à l’épreuve du 200 m. Ma mère est Américaine. Si tout se passe comme prévu, je pars lundi pour la première Coupe du monde à Milan jusqu’aux Championnats du monde en Russie, à titre de représentant des États-Unis. »

 « C’est clairement opportuniste. »

Il m’a répété ça plusieurs fois au bout du fil. Je le qualifie plutôt d’entrepreneur. Il veut tester « son produit » sur le marché mondial, chose dont il n’a eu droit qu’à trois reprises depuis cinq ans. Des milliers d’heures sur l’eau pour cinq jours de compétitions.

Ce sport est cruel. Chaque printemps, les essais nationaux déterminent l’équipe pour la saison : deux canoéistes par pays en Coupe du monde, un seul en championnat du monde ou aux Jeux olympiques.  Au Canada, l’athlète olympique Jason McCoombs semble inébranlable, malgré les poussières de seconde qui les séparent.

Par chance, la nationalité de sa mère lui permet un plan B, celui de tenter sa chance chez les Américains, le passeport n’étant pas nécessaire à ce stade-ci de la procédure administrative. « C’est comme en hockey professionnel, j’ai choisi mon équipe pour avoir plus de temps de glace. »

Tout le monde est gagnant au fil d’arrivée

Dans les faits, cette décision semble bonne pour tout le monde. Si Antoine se qualifie pour la saison en Coupe du monde, ça fera trois athlètes canadiens sur l’eau, deux en Championnats du monde. S’il réussit bien jusqu’en 2015, il pourrait qualifier un bateau américain pour les Jeux de Rio, une première depuis Sydney, en 2000. Et s’il n’obtient pas à temps sa citoyenneté américaine, chances qu’il évalue actuellement à 30 %, il pourra toujours tenter les essais olympiques canadiens, plus fort et expérimenté que jamais.

D’ailleurs, il jure que Canoë-kayak Canada ne lui en tient pas rigueur, même que ses entraîneurs sont les mêmes. « Je me demande pourquoi il n’a pas fait ça avant, me raconte Frédéric Jobin, entraîneur-chef de l’équipe canadienne. On ne sait jamais comment un athlète peut se développer en compagnie des meilleurs. »

« Fred m’utilise pour faire des essais », dit en rigolant Antoine. C’est un peu comme en formule 1 : le Canada a prêté un châssis et un moteur à une plus petite écurie…

Son aventure lui coûtera toutefois très cher. « 6000 $ pour les Coupes du monde, 4000 $ pour les Championnats du monde qui auront lieu en Russie. » Il payera tout, les inscriptions, les voyages, les transports et les hôtels, encore inadmissible aux brevets d’athlètes et aux bourses américaines.  « Le Canada, ce n’est pas si pire finalement », avoue Antoine.

Par chance, tout comme Dale Begg-Smith, sa fibre entrepreneuriale lui rend service et lui permet cette folle aventure. Après avoir lancé SportCafé, il a cofondé Medali.st et y dirige ses énergies. C’est une plateforme qui permet aux athlètes de créer rapidement et facilement un site web professionnel. Ils sont plus de 50 dans le monde à avoir adhéré à ses produits, dont Mikaël Kingsbury, Travis Gerrits et Mark de Jonge.

À 300 $ par athlète par année, il n’est pas encore millionnaire et encore moins médaillé olympique. Mais Antoine Meunier avance dans un bon sillage, droit devant, ou presque.

Ondrej Palat, du Lightning, et P.K. Subban, du Canadien
La chute d’Ondrej Palat, du Lightning, a profité à P.K. Subban et au Canadien

Les deux dernières fois où le Canadien a remporté une série en quatre parties, en 1989 et en 1993, il s’est rendu en finale de la Coupe Stanley.

La chronique de Martin Leclerc

La série qui oppose le CH au Lightning de Tampa Bay a pris une tournure tellement hallucinante au cours des trois premiers matchs que les scribes sont maintenant forcés d’éplucher le guide média de l’équipe, et de revenir plus de deux décennies en arrière, à la recherche d’un alignement planétaire semblable à celui auquel nous sommes en train d’assister.

Mener une série éliminatoire par 3 à 0 dans la LNH n’est pas un mince exploit. Détenir une telle avance grâce au brio offensif de son troisième trio (pivoté par Lars Eller) et avec Rene Bourque comme premier buteur? Ça frise la science-fiction!

Ça montre à quel point l’ordre des choses peut être chambardé au grand bal du printemps. Il y a un an à peine, Michel Therrien et ses hommes le découvraient d’ailleurs avec stupéfaction.

Le printemps dernier, abasourdi, le CH a été éliminé par trois jeunes attaquants qui survolaient littéralement la patinoire : Jean-Gabriel Pageau, Jacob Silfverberg et Cory Conacher.

Cette saison, Pageau a inscrit 2 buts en 28 matchs avec Ottawa. Il a passé presque tout l’hiver dans la Ligue américaine. Silfverberg? Il a été échangé à Anaheim, où il a inscrit 10 buts en 53 matchs. Quant à Conacher, il vient de boucler une saison de… sept buts, dans l’uniforme des pôvres Sabres de Buffalo.

Les choses changent vite dans le monde du sport.

Il faut être capable d’ouvrir la machine au bon moment pour connaître du succès en séries. Il faut aussi être un brin chanceux.

Il y a un an, tout ce qui pouvait arriver de mal au Canadien survenait. Les malchances s’empilaient les unes sur les autres. Lars Eller s’est fait assommer dès le premier match contre les Sénateurs. Sa participation aux séries a duré exactement 8 minutes 43 secondes. Max Pacioretty s’est aussi fait blesser dès la première rencontre. Il a été réduit au silence par la suite. Carey Price jouait mal. Et que dire de cette décision controversée du juge de lignes Jonny Murray, sur un dégagement refusé dans le quatrième match, qui a permis aux Sénateurs de créer l’égalité et de prendre une avance de 3 à 1 dans la série?

Les dirigeants du Lightning regardent les choses aller et ils se disent qu’ils sont en train de vivre exactement ce que le Canadien a vécu le printemps dernier.

Leur meilleur marqueur en saison, Ondrej Palat, s’est fait blesser dans le premier match. Il a raté la deuxième rencontre et, clairement, il est encore diminué. Dimanche soir, c’est leur supervedette, Steven Stamkos, qui a reçu un violent coup à la tête. Leur gardien numéro un est blessé et Anders Lindback accorde de mauvais buts à tous les matchs.

Et, côté malchance, que dire de ce hors-jeu appelé contre Stamkos pendant qu’il se dirigeait seul vers Price, alors que la reprise démontrait clairement qu’il n’y avait pas de hors-jeu? La décision du but refusé au Lightning aurait pu aller d’un bord comme de l’autre, mais elle a favorisé le Canadien. Et sur le magnifique but de Gallagher, orchestré par P. K. Subban, quelles étaient les chances que le poursuivant de Subban (Palat) coince son bâton dans le filet et se retrouve cul par-dessus tête? Qui, parmi nous, se souvient d’avoir assisté à une fouille semblable auparavant?

Les choses changent vite dans le monde du sport. Au point de parfois en devenir loufoques.

Ne serait-ce que pour ça, le CH devrait tout mettre en oeuvre, mardi soir, pour ne pas remonter dans un avion à destination de la Floride. Il suffit parfois d’une simple rondelle déviée, d’une mauvaise pénalité ou d’une blessure inopportune, pour qu’une agréable balade se transforme en cauchemar.

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Anders Lindback stoppe le tir de Brian Gionta en échappée, en première période.
Anders Lindback stoppe un tir de Brian Gionta.

« À cause de la taille des équipements que portent les gardiens de nos jours, il est plus difficile de départager les très bons gardiens des types qui sont juste grands et gros. » Steve Yzerman, septembre 2013

Le directeur général du Lightning a sacrifié deux choix de deuxième tour et un choix de troisième tour en 2012 pour mettre la main sur Anders Lindback, qui allait devenir, croyait-il, le gardien numéro un de son équipe pour de nombreuses années.

Or, depuis cette transaction Lindback lui montre que, finalement, il n’est peut-être que grand et gros. Depuis deux ans, le gardien de 1,96 m (6 pi 5 po) a maintenu un pauvre taux d’efficacité de ,896 dans l’uniforme du Lightning.

Lindback paraissait bien derrière le système défensif étanche des Predators de Nashville, mais il n’est pas capable de gommer avec constance les erreurs que commettent ses jeunes coéquipiers devant lui ni de compenser pour le manque de vitesse des vétérans défenseurs de son équipe.

La tendance est lourde : les chances du Lightning d’éliminer le Canadien en misant sur Anders Lindback devant le filet sont extrêmement minces.

Bien sûr, la série n’est pas terminée. Les partisans du CH sont bien placés pour le savoir. Depuis la conquête de la Coupe de 1993, le Canadien n’a pas su bien gérer les avances de 2-0 qu’il s’était taillées en séries. Une telle situation s’est présentée quatre fois, et le CH s’est fait éliminer à trois reprises.

Toutefois, les gardiens qui étaient parvenus à renverser le CH dans ces circonstances difficiles étaient Tim Thomas (en 2011, qui a remporté le Conn-Smythe cette année-là), Cam Ward (en 2006, qui a remporté le Conn-Smythe cette année-là) et Mike Richter (en 1996, un gardien étoile qui avait une Coupe Stanley derrière la cravate).

Anders Lindback n’est pas Tim Thomas, Cam Ward ni Mike Richter.

À l’entraînement du Lightning ce matin, c’est Lindback qui a quitté la patinoire en premier. Donc, tout indique que l’entraîneur Jon Cooper et Yzerman ont décidé de jouer de prudence. Miser sur la recrue Kristers Gudlevskis, le Letton qui a donné des sueurs froides au Canada aux Jeux de Sotchi, se serait avéré un coup de poker extrêmement intéressant et audacieux.

Il serait très étonnant que leur patience soit récompensée. Dans le cas de Lindback, ça fait déjà deux ans que le Lightning attend que le miracle se produise.

***

Lorsqu’il regarde sur le banc de l’équipe adverse, Michel Therrien doit parfaitement comprendre ce que vit son homologue Jon Cooper par les temps qui courent.

En 2006-2007, Therrien avait étonné le monde du hockey en connaissant une saison de 105 points avec une bande de jeunes comme Sidney Crosby (19 ans), Evgeni Malkin (20 ans), Ryan Whitney (23 ans), Jordan Staal (18 ans), Maxime Talbot (22 ans) et Marc-André Fleury (21 ans).

Or, une fois arrivée dans les séries, cette formation s’était rendu compte qu’elle n’avait pas terminé sa période d’apprentissage. La férocité du tournoi printanier est une expérience totalement différente. Et malgré une belle bataille, les Penguins s’étaient inclinés en cinq matchs devant les Sénateurs d’Ottawa.

Cette saison, le Lightning a étonné le monde du hockey en signant une campagne de 101 points. Mais dans la série qui l’oppose au Canadien, Steven Stamkos est flanqué d’un noyau de recrues ou de jeunes comme Ondrej Palat (22 ans, blessé depuis le premier match), Tyler Johnson (23 ans), Alex Killorn (23 ans), JT Brown (23 ans), Radko Gudas (23 ans) et Cédric Paquette (20 ans) qui en sont tous à leur première expérience dans les séries.

Les jeunes Penguins de Pittsburgh de 2007 ont tiré de grandes leçons de leur (difficile) première expérience en séries. Ils ont d’ailleurs atteint la finale le printemps suivant.

À regarder jouer le Lightning jusqu’à présent, on constate que cette jeune formation est en train de traverser le même genre de passage obligé.

L’expérience ne s’achète pas.

Le 21 avril 2009, au moment où ses Remparts de Québec accusaient un retard de 0-3 en troisième période et qu’ils jouissaient d’un avantage numérique à 5 contre 3, Patrick Roy avait choqué le monde du hockey en retirant son gardien pour améliorer les chances de son équipe de revenir dans le match. Le hic, c’est qu’il restait 12 minutes 22 secondes à écouler au tableau.

Les Remparts s’étaient finalement inclinés au compte de 4 à 1 et Roy avait été vertement critiqué. Toutefois, son audace avait incité les professeurs David Beaudoin (Université Laval) et Tim B. Swartz (Université Simon Fraser) à conduire une recherche pour tenter de déterminer le moment idéal pour retirer le gardien lorsqu’une équipe perd.

Après avoir simulé des millions de rencontres de la LNH, la conclusion des deux universitaires était la suivante : les chances de marquer et de revenir dans le match sont nettement meilleures lorsqu’on retire le gardien quand il reste trois minutes à disputer. Pratiquée systématiquement, cette stratégie permettrait d’aller chercher quelques points de plus au classement au cours d’une saison de 82 matchs. Pourtant, dans le monde du hockey, la quasi-totalité des entraîneurs rappelle leur portier quand il reste environ 60 secondes à jouer. Statistiquement, l’étude a révélé que les chances de créer l’égalité sont alors extrêmement faibles.

Eh bien! On ne pourra pas accuser Patrick Roy de ne pas avoir retenu les conclusions de l’étude qu’il avait lui-même provoquée!

Jeudi soir, alors que l’Avalanche du Colorado accusait un retard de 3 à 4 avec trois minutes à jouer dans le premier match de sa série contre le Wild du Minnesota, Roy a retiré Semyon Varlamov du filet.

L’entraîneur a même persisté avec cette stratégie malgré le fait qu’une mise au jeu a eu lieu en zone neutre (du côté du Wild). Et plus tard, avec 13 secondes à jouer, Paul Stastny a créé l’égalité.

L’Avalanche l’a finalement emporté en prolongation, grâce à un autre but de Paul Stastny.

Oui, les bons entraîneurs (et les études universitaires) peuvent faire une différence dans un match de hockey de la LNH! Ce revirement sera peut-être le tournant de la série.

***

Il y avait quelque chose d’irréel dans le premier match de la série opposant le Canadien au Lightning de Tampa Bay mercredi soir.

Le CH, dont la défense avait été affreuse au cours des trois dernières semaines du calendrier, a limité l’attaque du Lightning à seulement 16 tirs au filet au cours des trois premières périodes de jeu. Une telle chose ne s’était jamais produite pendant la saison. Même pas contre les pauvres formations comme les Sabres de Buffalo, les Hurricanes de la Caroline ou les Islanders de New York.

Par ailleurs, le Canadien affiche l’un des pires scores de la LNH au chapitre de la statistique « CORSI », qui consiste à additionner les tirs cadrés, les tirs ratés et les tirs bloqués par l’adversaire pour mesurer la domination d’une équipe pour ce qui est de la possession de rondelle. Or, le Canadien a eu l’avantage par 74 à 52 dans le premier match de la série.

La défense du Canadien s’est-elle redressée en un claquement de doigts, ou le Lightning a-t-il disputé un match affreux?

Au cours des 82 rencontres de la saison, Tampa Bay n’a été muselé de la sorte que cinq fois. Les chances qu’une telle contre-performance se répète d’ici la fin de la série sont donc assez minces.

***

Une autre anomalie? Le rendement de Carey Price, qui a conclu la rencontre avec un taux d’efficacité de ,840 et qui a accordé 4 buts sur les 14 premiers tirs auxquels il a fait face.

Ce que les statistiques ne disent pas, par contre, c’est que presque tous les tirs obtenus par le Lightning étaient des chances de marquer de qualité. À la fin des 78 minutes et 8 secondes de jeu, malgré l’écart de 44-25 qui séparait les deux équipes au chapitre des tirs au filet, le Canadien avait obtenu 21 chances de marquer contre 19 pour le Lightning.

Même dominé en ce qui a trait aux tirs au filet et au temps de possession de rondelle, le Lightning a trouvé le moyen d’obtenir presque autant de chances de marquer que le Canadien. Voilà un autre indice annonçant que cette série pourrait prendre une autre allure à compter du deuxième match.

Pour en revenir à Price, il a fait la différence en prolongation quand l’issue du match était en jeu. C’est cette constance et cette capacité de s’accrocher dans les matchs difficiles qui font la différence entre son rendement cette saison et celui des saisons antérieures.

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Le coup de cœur du premier match de la série? L’attaquant Cédric Paquette, qui a clairement fait sentir sa présence malgré le fait qu’il en soit à ses premiers coups de patin dans la LNH.

Tout juste avant le début de la saison 2012-2013, au moment où il portait les couleurs de l’Armada de Blainville-Boisbriand dans la LHJMQ, Paquette participait à une séance d’entraînement en compagnie de Daniel Brière, qui est l’un des actionnaires de cette formation.

Mercredi, il y avait donc quelque chose de comique à voir Paquette et Brière se colletailler et s’échanger des coups de bâton. Le jeune a visiblement l’intention de faire sa place!

Paquette, choix quatrième tour (101e au total) du Lightning en 2012, a été rappelé du club-école de Syracuse deux matchs avant la fin du calendrier. Seulement 24 joueurs de ce repêchage sont parvenus à se hisser dans la LNH jusqu’à présent. C’est tout à son honneur.

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Le défi du Lightning pour le deuxième match de la série? Contenir le trio de Pacioretty-Desharnais-Vanek, qui a obtenu 10 des 21 chances de marquer du CH.

De son côté, le CH devra se montrer plus efficace contre Steven Stamkos, qui a profité de cinq chances de marquer et qui a inscrit deux buts. Alex Killorn, qui a grandi dans l’ouest de l’île de Montréal, a aussi constitué une menace constante avec un but et trois chances de marquer.

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L’entraîneur du Lightning, Jon Cooper, a connu des succès éclatants dans la Ligue américaine. En 2012, quand il dirigeait Norfolk, son équipe a dominé du premier jusqu’au dernier jour de la saison. Et elle a remporté la Coupe Calder.

Cooper est une recrue en séries éliminatoires dans la LNH, mais il est un gagnant. Et il est extrêmement bien entouré.

Sur le banc, Cooper est secondé par Rick Bowness, qui compte 7 saisons à titre d’entraîneur-chef et 14 saisons à titre d’adjoint dans la LNH. Au cours des sept dernières années, Bowness était l’adjoint d’Alain Vigneault avec les Canucks de Vancouver. Durant cette période, leur formation a été l’une des plus dominantes de la LNH.

Bref, plusieurs facteurs annoncent que le Lightning procédera à de sérieux ajustements pour le deuxième match de la série.

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La Fed Cup pour les nuls

Jeudi 17 avril 2014 à 15 h 19 | | Pour me joindre

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Entraînement au gymnase-amphithéatre du PEPS de l'Université Laval, hôte de la Fed Cup les 19-20 avril.

Entraînement au gymnase-amphithéâtre du PEPS de l’Université Laval, hôte de la Fed Cup les 19 et 20 avril.

Le gymnase-amphithéâtre du PEPS de l’Université Laval à Québec accueille samedi et dimanche une autre étape de la Fed Cup, un tournoi de tennis féminin. On dit que la Slovaquie et le Canada jouent gros ici. Au fait, ils jouent quoi, à part au tennis?

Stanley Cup, Grey Cup… mais Fed Cup?

Non, le mot « Fed » n’est pas pour « Federer ». La « Coupe de la Fédération » a été nommée et créée en 1963 pour souligner le 50e anniversaire de la Fédération internationale de tennis (ITF). Au fil des ans, ce tournoi annuel est devenu le plus important du monde en sport d’équipe féminin, avec 97 pays participants. La Federation Cup est devenue Fed Cup en 1995. S’il reste des sceptiques parmi vous, Roger Federer n’avait que 14 ans et venait à peine de faire son entrée au Centre national suisse.

Les hommes ont la Coupe Davis depuis 1900. Ça a donc bien été long avant qu’on reconnaisse les femmes!?!

Et pourtant… Dès 1919, une Américaine, Hazel Hotchkiss Wightman, soumet l’idée d’une compétition internationale par équipe, mais sa proposition est refusée. Entêtée (et tant mieux), Wightman lance la Wightman Cup, qui opposera uniquement les meilleures Américaines et Britanniques, alors dominantes dans le monde. Ce trophée a été disputé jusqu’en 1989, puis abandonné, faute d’intérêt. Faut dire que les États-Unis avaient remporté 51 des 61 éditions, dont les 11 dernières.

Comment ça fonctionne, ce tournoi?

Depuis 1963? Trop long à expliquer. Les règles ont changé plus souvent qu’un jeu d’enfants dans une cour d’école. Mais depuis 2005 :

- Le groupe mondial I (comme le chiffre 1) est composé de huit pays : les quatre demi-finalistes de l’année précédente et les quatre gagnants du tournoi de qualification qui proviennent du groupe mondial II (comme le chiffre deux). Vous me suivez toujours?

- Ce groupe « II » est composé des quatre pays perdants du groupe « I » et des quatre gagnants de trois sous-groupes, dits « zones », composés des Amériques, de l’Océanie/Asie et de l’Europe/Afrique. Comme vous savez compter, ça ne fonctionne pas ici. Heureusement, la zone Europe/Afrique a toujours droit à deux pays en ronde finale du groupe « II », car elle-même contient un autre sous-groupe, dit groupe « III ». Laissez tomber les deux dernières phrases de ce paragraphe si vous avez mal à la tête.

- Les affrontements ont lieu toute l’année, à des dates déterminées, et la grande finale du groupe I est disputée en novembre.

Le Canada ne peut aller plus loin en 2014. Une victoire l’assure de démarrer l’année 2015 dans le top 8 mondial, donc en groupe I. S’il perd, il démarrera 2015 dans le groupe II. S’il veut gagner une première Fed Cup en 2015, il devra donc gagner ce week-end. Et le Canada est sur une lancée incroyable.

Ah oui?

Depuis 2013, l’équipe canadienne est invaincue! Appuyée d’abord par Eugenie Bouchard et Sharon Fichman, puis par Alexzandra Wozniak en 2014, le Canada a dominé la zone Amériques avec quatre victoires convaincantes contre le Pérou, le Venezuela, la Colombie et le Brésil. Promue dans le groupe II, l’équipe a ensuite défait l’Ukraine, à Kiev, une première victoire dans ce groupe depuis 2007! Le Canada a poursuivi son chemin en défaisant la Serbie, en février dernier, à Montréal.

Une victoire ce week-end contre la Slovaquie et c’est un as : le Canada est dans le groupe I pour débuter 2015. Ce serait une première depuis 1994, l’année de naissance d’Eugenie d’ailleurs.

Avantage du terrain: Les membres du Rouge et Or football attentifs aux élans d'Eugenie Bouchard.

Avantage du terrain : des membres du Rouge et Or au football attentifs aux élans d’Eugenie Bouchard.

La Slovaquie est classée 7e au monde, le Canada 11e. Pourquoi ce tournoi se joue-t-il ici?

C’est le comité de la Fed Cup qui choisit le pays hôte, avec une tonne de critères différents. Dans le cas qui nous intéresse, c’est uniquement une question d’alternance entre les pays en cause. Comme la Slovaquie avait accueilli le Canada en 1997 lors de leur seul affrontement, c’était au tour du Canada. Quelle chance quand même! Le pays a ensuite déterminé sa ville hôtesse (Québec), le terrain (intérieur) et la surface de jeu (dure) ainsi que les balles (jaunes). Ha ha. C’est bel et bien la compagnie, pas la couleur.

Les chances sont bonnes pour le Canada?

La Slovaquie est mieux classée, mais vient de subir deux grosses défaites contre la Russie et l’Allemagne. De plus, leurs vedettes Dominika Cibulkova (10e) et Daniela Hantuchova (30e) ne sont pas du voyage. L’avantage du terrain est aussi un facteur important, ne serait-ce que pour les Canadiennes qui y étaient l’automne dernier pour le Challenge Bell. Eugenie Bouchard (18e) est la meilleure des huit femmes du tournoi. En revanche, les trois meilleures Slovaques du tournoi sont mieux classées que Sharon Fichman (89e), Aleksandra Wozniak (157e) et Gabriela Dabrowski (199e). Non, y’en aura pas de facile.

On a juste à faire jouer Eugenie tout le temps, non?

Mais non… c’est un tournoi en équipe! Eugenie, par exemple, ne pourra jouer qu’un maximum de deux des quatre matchs de simple à l’horaire, samedi et dimanche. La formule 3 de 5 (le premier pays ayant 3 victoires l’emporte) se conclut par un double si nécessaire et Eugenie pourrait alors y prendre part, comme en 2013 contre l’Ukraine. Autre exemple : lors du dernier duel contre la Serbie à Montréal, Wozniak avait gagné le premier match, puis Bouchard avait joué et gagné les deux autres. Comme le Canada était déjà assuré de gagner le tournoi, on n’avait pas à jouer le quatrième simple. On a toutefois disputé, pour le plaisir, un double que le Canada a perdu avec Dabrowski et Fichman dans la mêlée.

D’autres questions? J’en suis sûr. Aussi, je prépare la suite, entre deux entraînements sur le court. Vous pouvez aussi m’en proposer une à la volée, qu’elle soit brossée, lobée ou coupée. Je la récupère au bond, promis!

marc.durand@radio-canada.ca

 

 

 

Le nombre de hockeyeurs nés au Québec qui parviennent à se tailler des postes dans la LNH continue de fondre comme neige au soleil. Au cours de la saison 2013-2014, seulement 32 joueurs québécois ont disputé au moins la moitié des matchs de leur équipe. C’est un record!

À lui seul, le Québec possède la quatrième fédération de hockey amateur au monde. Pourtant, année après année, la province voit son niveau de représentativité diminuer dans la LNH. Et la chute est vertigineuse.

Depuis le début des années 2000, le nombre de joueurs québécois qui patinaient sur une base régulière dans la LNH est passé de 62 à 32, soit une baisse de 49,4 %. Ce n’est pas rien!

En comparaison, 137 Ontariens ont disputé au moins 41 matchs dans la LNH au cours des derniers mois. C’est une hausse de 11 % par rapport à la saison dernière.

Plus tôt cette semaine, College Hockey Inc. (un organisme qui fait la promotion du hockey universitaire américain) claironnait que 305 de ses anciens joueurs avaient disputé au moins un match dans la LNH cette saison. En 1999-2000, on retrouvait 210 anciens joueurs de la NCAA dans la LNH. Durant cette période, le hockey collégial américain a donc enregistré une progression de 31,1 % en matière de développement de joueurs.

En vue du repêchage de juin prochain, seulement quatre porte-couleurs de la LHJMQ sont répertoriés parmi les 60 meilleurs espoirs. Et trois d’entre eux sont Européens.

Que se passe-t-il au juste au sein du hockey québécois? Personne ne semble être capable de trouver la réponse à cette question.

Le nombre de Québécois(1) dans la LNH au fil des ans :

1979-1980                77 joueurs

1984-1985                54 joueurs

1999-2000                62 joueurs

2005-2006               58 joueurs

2012-2013                37 joueurs

2013-2014                32 joueurs

(1) Joueurs et gardiens ayant disputé au moins la moitié des matchs de leur équipe.

Il y a trois certitudes dans la vie : la mort, les impôts et le changement de comportement des arbitres de la LNH quand les séries éliminatoires se mettent en branle.

La chronique de Martin Leclerc

De façon instinctive, tous les connaisseurs de hockey savent que les arbitres de la LNH sont beaucoup plus tolérants durant les séries éliminatoires. On dirait que pendant les 72 heures qui séparent la saison des séries, on leur fixe des pesées aux mains de manière à ce qu’il leur soit plus difficile de lever les bras pour appeler des pénalités.

Et surtout, on dirait qu’en séries, les chevaliers du sifflet travaillent avec une calculatrice dans leur poche. Quand la sirène finale retentit, le nombre de pénalités décernées aux deux équipes nous semble toujours être à peu près le même.

Eh bien, il y a deux universitaires qui prouvent qu’il ne s’agit pas seulement d’une impression!

* * *

Récemment, j’ai lu dans le Hockey News un intéressant papier sur une étude intitulée Biased impartiality among National Hockey League referees (L’impartialité biaisée des arbitres de la LNH). Cette étude a été réalisée par Michael Lopez, un étudiant au doctorat en biostatistiques à l’Université Brown, ainsi que par Kevin Snyder, qui est aide-professeur en gestion du sport à l’Université du New Hampshire.

Dans l’article du magazine, Lopez confiait avoir eu l’idée de faire cette recherche quand son équipe préférée, les Bruins de Boston, affrontait les Canucks de Vancouver en finale de la Coupe Stanley en 2011.

Dans le cinquième match de cette finale, les Canucks avaient écopé de quatre pénalités consécutives à compter du début de la rencontre jusqu’au début de la deuxième période. Et comme il fallait s’y attendre, les Canucks avaient par la suite été épargnés, tandis que les Bruins avaient reçu trois pénalités de suite. Les Canucks l’avaient finalement emporté au compte de 1 à 0. Et Lopez, lui, venait de dénicher un fort intéressant sujet d’étude.

* * *

À la lecture de cette étude de 35 pages, on apprend que Lopez et Snyder ont décortiqué tous les matchs de la LNH (saison et séries) disputés entre 2006 et 2012. Et leurs conclusions sont claires. Selon les deux chercheurs, plus les matchs sont importants, plus les arbitres tentent « inconsciemment » de niveler le nombre de pénalités décernées aux deux formations « afin de démontrer leur impartialité ».

Mais en agissant ainsi, les arbitres ratent la cible et finissent, au contraire, par devenir des facteurs déterminants dans les résultats des matchs!

Par exemple, au cours des prochaines séries, si votre équipe favorite écope d’un plus grand nombre de pénalités que l’adversaire en première période, mais qu’elle parvient tout de même à s’en tirer avec un pointage égal, réjouissez-vous! Les statistiques montrent que l’autre formation sera « inconsciemment » désavantagée par les officiels durant les 40 dernières minutes et que votre équipe aura 15 % plus de chances de l’emporter.

- Dans les séries éliminatoires de la LNH, quand le pointage est égal après une période, l’équipe la plus punie a près de deux fois plus de chances que l’autre formation (46 % contre 26 %) de recevoir moins de pénalités par la suite.

- Toujours après une période et avec un pointage égal, quand l’équipe la plus pénalisée est l’équipe locale, ses chances d’être la moins punie par la suite sont de 50 %, alors que les chances de l’équipe visiteuse sont de 21 %.

- En finale de la Coupe Stanley, l’équipe la plus punie après 20 minutes a 51 % de chances d’être la moins punie à compter de la deuxième période, alors que les chances de l’autre formation ne sont que de 20 %.

- Et dans un septième match de la Coupe Stanley (attachez-vous bien!), les chances de voir les arbitres tenter d’égaler le nombre de pénalités sont de 58 % à 5 % en faveur de l’équipe qui a été la plus punie au premier engagement.

Qu’est-ce que ça signifie au bout du compte?

« Quand le pointage est égal après une période en séries éliminatoires, l’équipe qui a reçu le plus grand nombre de pénalités a beaucoup plus de chances de remporter le match. Et après deux périodes, l’équipe la plus punie a modérément plus de chances de décrocher la victoire », écrivent les auteurs.

« En saison, pourtant, cette corrélation entre la victoire et le nombre de pénalités décernées après une ou deux périodes n’existe pas. »

Je trouve que c’est une étude très rassurante pour les amateurs de hockey. Bien sûr, elle nous confirme que les arbitres de la LNH sont moins bons durant les séries éliminatoires. Mais au moins, elle nous apprend qu’ils deviennent soudainement mauvais parce qu’ils sont remplis de bonnes intentions.

Séries 2014; Section spéciale

Linden et Shanahan : mirages ou gage de succès?

Vendredi 11 avril 2014 à 12 h 33 | | Pour me joindre

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Brendan Shanahan et Trevor Linden
Brendan Shanahan et Trevor Linden

Cette semaine, aux prises avec une importante vague de mécontentement de leurs partisans et de leurs détenteurs d’abonnements de saison, les Canucks de Vancouver ont congédié leur directeur général Mike Gillis et confié un poste de direction à l’une de leurs anciennes vedettes, Trevor Linden. Vendredi, les Maple Leafs répliquent en nommant Brendan Shanahan à titre de président.

La chronique de Martin Leclerc

Le business du hockey professionnel consiste à vendre des billets. Et pour vendre des billets, il faut vendre de l’espoir aux partisans. Et qu’est-ce qui réconforte le plus rapidement les partisans? Des dirigeants qui ont connu d’éclatants succès sur la patinoire! Les propriétaires des Canucks et le président de Maple Leaf Sports & Entertainment, Tim Leiwike, ont visiblement fait le même calcul.

Il sera intéressant de voir la suite des choses.

À Vancouver, des confrères annoncent déjà que Bob Nicholson (qui vient de démissionner de son poste de président à Hockey Canada) sera nommé à la présidence des Canucks et que Linden (nommé président responsable des opérations hockey cette semaine) assumera les fonctions de directeur général. Et à Toronto, il ne serait pas surprenant que le DG Dave Nonis soit éventuellement remplacé par une autre ancienne vedette du hockey.

Tout cela sera bien réconfortant pour les fans.

* * *

Cette semaine, je lisais un intéressant papier dans lequel on dressait la liste des anciennes vedettes de la LNH qui, au lieu de jouer au golf et de savourer la retraite, ont choisi de replonger et de camper des postes de direction. On y parlait de Patrick Roy(1) (dont les succès instantanés au Colorado ont sans doute inspiré les Leafs et les Canucks), de Steve Yzerman (Tampa Bay), de Doug Wilson (San José), de Craig MacTavish (Edmonton), de Paul Holmgren (Philadelphie), etc.

Entendons-nous bien : je ne dis pas que ces directeurs généraux ne remporteront jamais la Coupe Stanley. Par contre, lorsqu’on s’attarde au profil des DG dont les équipes ont remporté la Coupe ces dernières années, on se rend compte que les anciens joueurs sont fort peu nombreux.

En fait, au cours des 20 dernières années, seulement 2 anciens joueurs ont réussi à gagner le trophée à titre de directeur général : Jim Rutherford en 2006 avec les Hurricanes de la Caroline et Bob Gainey en 1999 avec les Vedettes de Dallas.

* * *

Quelques exemples récents? Stan Bowman a vu ses Blackhawks soulever la coupe deux fois au cours des dernières années. Il est diplômé en finances de l’Université Notre Dame et n’a jamais joué dans la LNH.

Peter Chiarelli, le directeur général des Bruins de Boston, est un avocat qui a joué au hockey à Harvard et qui a fait son droit à l’Université d’Ottawa.

Pour sa part, Dean Lombardi, le patron des Kings de Los Angeles, est diplômé de l’Université de Tulane et spécialisé en droit du travail. Et curieusement, avec les Kings, c’est un ancien joueur, Luc Robitaille, qui est le président des opérations d’affaires. Robitaille ne chapeaute pas le département sportif de l’organisation.

À Pittsburgh, Ray Shero provient d’une famille fortement ancrée dans le monde du hockey. Mais il est avant tout un ancien de l’Université Saint Lawrence. Et Ken Holland à Détroit? Il n’a joué que quatre matchs dans la LNH. Il est un recruteur de carrière qui a longtemps gravi les échelons avant de devenir le patron des Red Wings.

À Montréal, Marc Bergevin est une sorte de directeur général hybride. En plus d’avoir joué dans la LNH pendant deux décennies, il a fait ses classes pendant plusieurs années à titre de recruteur et de directeur du développement. Patrick Roy est lui aussi un « hybride ». Après sa carrière, il a très longtemps fait ses devoirs dans les rangs juniors.

N’empêche, les nombreuses Coupes Stanley récoltées par les « diplômés » ou les gestionnaires de carrière détonnent carrément avec les nominations « réconfortantes » auxquelles on a assisté cette semaine à Vancouver et à Toronto.

Il sera donc très intéressant de voir si les propriétaires des Canucks et les hauts dirigeants de MLSE ont découvert une nouvelle recette gagnante ou s’ils ont simplement sorti de leur manche la recette la plus facile.

(1)   Même s’il porte le titre d’entraîneur et de vice-président aux opérations hockey, Patrick Roy détient en réalité les pouvoirs normalement attribués au directeur général au sein des autres organisations.

Dragons et athlètes en feu

Mercredi 9 avril 2014 à 12 h 09 | | Pour me joindre

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Maxime, Chloé et Justine Dufour-Lapointe, Mike Riddle, Dara Howell, Travis Gerrits, Mikael Kingsbury et Bruce Robinson entourent Sandy Wolofsky, responsable de la participation des skieurs acrobatiques canadiens à Dragons' Den. Photo : Page Facebook de Sandy Dubya

Maxime, Chloé et Justine Dufour-Lapointe, Mike Riddle, Dara Howell, Travis Gerrits, Mikael Kingsbury et Bruce Robinson entourent Sandy Wolofsky, responsable de la participation des skieurs acrobatiques canadiens à Dragons’ Den.

- Chers Dragons, nous désirons votre participation financière dans notre entreprise.

- Et qu’avez-vous à offrir?

- Nous.

Mardi après-midi, à Toronto, sept skieurs acrobatiques canadiens, dont cinq médaillés des Jeux de Sotchi, sont venus offrir leurs « nous » aux cinq chefs d’entreprises de la populaire émission Dragons’ Den, la version originale de Dans l’œil du dragon*, présentée depuis neuf ans par nos confrères anglophones.

Selon The Star,  ils ont demandé la rondelette somme de deux millions de dollars pour une entente de quatre ans, en échange d’apparitions promotionnelles, de visibilité sur leurs uniformes et lors de Coupes du monde. On aura la réponse des Dragons à l’automne, c’est la règle du jeu.

 

Combien valent l’estime, le prestige et le succès dans le sport de haut niveau? Une réponse difficile à mesurer dans le monde des affaires. C’est la question qu’ont soulevée les trois sœurs Dufour-Lapointe, Mikaël Kingsbury, Mike Riddle, Dara Howell et Travis Gerrits dans cette opération séduction inusitée. Une première du genre, selon Sandy Wolofsky, directrice des communications de l’organisation sportive à qui l’on doit l’idée et la réalisation de cette aventure.

« C’est tellement ingénieux, hors du commun, on a tous capoté! » Au bout du fil, Maxime, l’aînée du trio, et le sauteur Travis Gerrits, porte-parole du groupe, avaient peine à se contenir.

Prévenus de leur participation à l’enregistrement vendredi dernier, ils étaient enthousiasmés par l’expérience qu’ils venaient de vivre, fraîchement sortis du studio.

« On a appris nos textes, on a pratiqué notre pitch de vente. J’étais intimidée devant les dragons, mais ils avaient une grande écoute. Ils étaient très curieux, ils ont posé de bonnes questions et on avait les réponses », dit Maxime Dufour-Lapointe.

« On a eu une audition de 45 minutes. C’est assez spécial de négocier avec de gros montants comme ça devant des gens d’affaires qui sont reconnus pour leurs investissements, ajoute Gerrits. Mais c’était aussi fascinant de les voir éblouis par notre présence, par ces athlètes qu’ils ont vus à la télévision. Des deux côtés, on était impressionné. »

« Ils étaient touchés par nos histoires, mais aussi par la situation financière de l’association canadienne », mentionne Maxime.

C’était aussi pour l’avenir de leur sport qu’ils étaient là, devant les dragons, en compagnie de Bruce Robinson, le nouveau chef de la direction de l’Association canadienne de ski acrobatique.

Même si ses meilleurs athlètes sont solidement associés à de grandes multinationales (Visa, Red Bull, Saputo…), l’organisme est à court d’argent.

Depuis les JO de 2010, aucun partenaire majeur n’a cru au potentiel de l’organisation, pourtant forte des foudroyants succès d’Alexandre Bilodeau et de Jennifer Heil à Vancouver.

C’est une tendance lourde au pays : les gros joueurs s’affichent sur les vedettes plutôt que sur les banderoles au bas d’une piste. La productivité à long terme (comprendre ici la relève du sport) écope, faute d’argent.

Rien de tout ça n’y paraît encore, dans les statistiques des performances du moins. La discipline a même réalisé le meilleur rendement canadien à Sotchi. Le secteur des bosses a doublé sa productivité avec quatre médailles, et les nouveaux produits olympiques que sont les épreuves de slopestyle et de demi-lune en ont reçu trois.

Ensemble devant les dragons, patron et vedettes du groupe avaient pour mission de convaincre ces gens d’affaires d’un placement, non d’une dépense. « En ce qui nous concerne, c’était une situation gagnante, conclut Maxime Dufour-Lapointe. On profitera de l’expérience d’affaires, de la publicité entourant la diffusion nationale et des contacts des dragons. Mon seul regret : Dragons’ Den ne sera diffusée qu’à l’automne! Moi, je dirais que c’est une émission que personne ne devrait manquer. »

Bonne vendeuse, Maxime. Souhaitons qu’elle et ses coéquipiers aient obtenu une décision favorable des juges.

 

*Dans l’œil du dragon (adaptation québécoise de Dragons’ Den) est une série télévisée qui permet à des entrepreneurs de venir présenter de nouvelles idées et inventions à cinq multimillionnaires, les dragons. Ils doivent convaincre au moins l’un d’eux d’investir une somme précise dans leur projet. Si aucun dragon n’est prêt à investir, l’entrepreneur rentre bredouille.

Le CH aura besoin d’un « printemps Price »

Mercredi 9 avril 2014 à 11 h 10 | | Pour me joindre

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Carey

Le Canadien a décidé de laisser Carey Price, Andrei Markov et Alexei Emelin à la maison, même si l’équipe n’est toujours pas assurée de l’avantage de la patinoire et qu’elle sera à Chicago mercredi soir pour y affronter les puissants Blackhawks.

La chronique de Martin Leclerc

À seulement trois matchs de la fin du calendrier, Michel Therrien et Marc Bergevin jugent que leurs chances de devancer le Lightning au classement sont suffisamment élevées pour se permettre de reposer leur gardien numéro un et deux éléments-clés de leur brigade défensive. Et à bien y penser, ce n’est peut-être pas une mauvaise stratégie…

Parce que de la manière dont cette équipe joue depuis quelques semaines, elle connaîtra des séries éliminatoires très courtes si son gardien n’est pas en mesure de lui offrir un printemps miraculeux comme celui qu’avait connu Jaroslav Halak il y a quelques années. Si la tendance se maintient (et elle est lourde), le CH aura besoin d’un « printemps Price », rien de moins, à compter de la semaine prochaine.

Au cours des neuf derniers matchs, le Canadien s’est façonné une fiche de sept victoires et deux défaites. Si on ne s’attarde qu’aux résultats et aux prouesses offensives du trio de David Desharnais, c’est absolument fantastique. Mais si on gratte un peu plus profondément, il y a lieu de s’inquiéter.

* * *

Dans cette fameuse séquence de neuf matchs (si l’on exclut une victoire contre les Sabres de Buffalo, qui battent des records de médiocrité), le Canadien a accordé une moyenne de 36 tirs au filet. En revanche, il n’en a obtenu que 26. Assez clairement, on peut en déduire que les hommes de Michel Therrien ont plus profité de leurs chances, même s’ils ont possédé la rondelle moins souvent et qu’ils ont généré beaucoup moins d’attaque que leurs adversaires.

Durant cette période, les gardiens du CH ont aussi été soumis à une pression constante et à des barrages de tirs de très grande qualité. Tôt ou tard, la loi de la moyenne va finir par rattraper le Canadien.

D’ordinaire, une bonne équipe accorde environ 12 chances de marquer au cours d’un match de la LNH. Or, par exemple, lors de récentes rencontres, le CH en a concédé 23 aux Blue Jackets de Columbus, 22 aux Maple Leafs de Toronto, 23 au Lightning de Tampa Bay, 21 aux Sénateurs d’Ottawa et 17 (2 fois) aux Red Wings de Détroit. « C’est des chances de marquer en ta… », dirait Moose Dupont.

On ne peut pas espérer faire long feu en séries éliminatoires en jouant de cette façon. En séries, le Canadien générera encore moins d’occasions de marquer parce que ses adversaires resserreront davantage le jeu et que les arbitres décerneront moins de pénalités. Il faudra alors être en mesure de remporter des matchs par des pointages de 2 à 1 ou de 3 à 2. Et ce sera très difficile à réaliser en donnant autant de chances de marquer.

Le problème du CH, c’est qu’il n’est pas facile d’apporter de tels ajustements. L’entraîneur ne peut pas entrer dans le vestiaire en décrétant : « Messieurs, à compter d’aujourd’hui, nous allons tous nous impliquer davantage en défense! »

L’engagement défensif collectif est une culture qu’il faut longtemps installer, peaufiner et valoriser pour qu’elle finisse par faire partie de l’identité d’une équipe. Et cette saison, pour différentes raisons, le CH a un peu dévié de cette route. La défense montréalaise figure au 9e rang dans la LNH, ce qui n’est pas vilain du tout. Mais ce classement est faussé par le jeu de Carey Price, qui connaît la meilleure campagne de sa carrière.

* * *

Dans la dernière édition du Hockey News, on retrouve d’ailleurs un autre indice statistique qui confirme cette analyse. Le magazine a utilisé la statistique « Corsi Close » pour mesurer le niveau de compétitivité des équipes de la LNH.

Inventée par l’entraîneur des gardiens des Sabres de Buffalo Jim Corsi, la statistique Corsi additionne tous les tirs (cadrés, manqués et bloqués) effectués au cours d’un match. On mesure ainsi la domination d’une équipe sur l’autre. La statistique « Corsi Close » tient compte des mêmes facteurs, mais seulement dans les matchs serrés ou dans les deux premières périodes des matchs qui se sont soldés par un écart de deux buts. Cette variante est considérée comme étant plus précise ou révélatrice parce que dans les matchs serrés, les deux équipes s’appliquent autant en attaque qu’en défense.

La saison dernière, les Blackhawks de Chicago étaient 3es selon cette statistique, et ils ont remporté la Coupe. En 2012, les Kings de Los Angeles étaient 2es, et ce sont eux qui ont été couronnés.

Cette saison, trois aspirants légitimes à la Coupe Stanley, les Kings, les Blackhawks et les Bruins, détiennent les trois premiers rangs dans la LNH en vertu de « Corsi Close». Et le Canadien, lui, apparaît au… 25e rang (!), ce qui en dit long sur l’importance de Carey Price pour cette équipe.

Souhaitons donc un repos salutaire au gardien numéro un du CH et, surtout, surveillons les trois derniers matchs du calendrier pour voir si, au moins, les hommes de Michel Therrien feront des efforts pour mieux jouer en défense, limiter les chances de marquer de l’adversaire et… prolonger leur printemps.