Accueil

Bienvenue à Montréal, Michael Sam!

Samedi 23 mai 2015 à 12 h 11 | | Pour me joindre

Pour me joindre

Si la vie et l’histoire sportive de Montréal sont le reflet de la tolérance et de l’ouverture d’esprit des gens qui habitent cette communauté, alors je suis extrêmement fier d’en faire partie.

Les Alouettes de Montréal ont annoncé vendredi la mise sous contrat de d’ailier défensif Michael Sam, qui était devenu en 2014 le premier joueur de football de l’histoire à affirmer publiquement son homosexualité. Poser ce geste dans un univers comme celui du football nord-américain, qui n’est pas tout à fait avant-gardiste, demandait une tonne de courage.

Le réseau américain ESPN, qui a relayé vendredi la nouvelle de l’embauche de Sam, a essuyé un déluge de réactions épouvantablement homophobes. À Montréal? Très largement, les partisans et les joueurs étaient simplement contents d’accueillir un joueur susceptible d’améliorer leur équipe! Et les amateurs de sport avec lesquels j’ai discuté ressentaient un brin de fierté en imaginant Michael Sam porter les couleurs de Montréal, dans quelques semaines, lorsqu’il prendra part à son premier match dans les rangs professionnels.

Je n’y étais pas en 1946. Mais il est facile d’imaginer que la réaction des Montréalais avait été à peu près semblable quand les Dodgers de Brooklyn avaient cédé Jackie Robinson aux Royaux de Montréal, qui étaient alors leur club-école AAA. Le DG des Dodgers, Branch Rickey, croyait (à raison) que la tolérance du public montréalais allait permettre à Robinson de mieux se préparer à devenir le premier joueur Noir de l’histoire du baseball majeur.

Jackie Robinson et sa femme Rachel habitaient sur la rue de Gaspé, dans un quartier entièrement habité par des Blancs. Curieux et ouverts d’esprit, leurs voisins les avaient accueillis avec délicatesse. Rachel Robinson a d’ailleurs souvent raconté à quel point elle et son mari s’étaient sentis acceptés par les Montréalais. Pareille réaction était impensable de l’autre côté de la frontière.

Et quand les Royaux avaient remporté la Petite Série mondiale à la fin de l’été 1946, les partisans montréalais avaient spontanément hissé Jackie Robinson sur leurs épaules pour lui offrir un tour d’honneur du stade De Lorimier. Aux États-Unis, un tel scénario relevait de la science-fiction. Témoins de la scène, un journaliste de Pittsburgh avait d’ailleurs écrit : « C’était la première fois qu’une foule blanche courait après un Noir sans avoir l’intention de le lyncher ».

***

On entend souvent des gens dire que la vie sportive de Montréal se limite au Canadien. C’est totalement faux.

La vie sportive de Montréal et les coups de cœur des amateurs de sport montréalais nous révèlent souvent une richesse et une ouverture d’esprit qu’on retrouve peu (ou de manière mois sentie) ailleurs en Amérique du nord.

Prenons les Internationaux de tennis, par exemple. Montréal accueille le volet féminin tous les deux ans, en alternance avec Toronto. À Montréal, le tournoi féminin est celui qui vend le plus de billets dans le monde (parmi les tournois d’une semaine)! À Toronto, les organisateurs en arrachent une année sur deux aux guichets. Allez savoir pourquoi.

Et que dire du Grand Prix de F-1?

Depuis les années 1970, Bernie Ecclestone et les dirigeants de la F-1 ont tout tenté afin de s’implanter en Amérique du nord, et plus particulièrement aux États-Unis, où se trouve le plus lucratif marché automobile de la planète. Or, malgré une dizaine de déménagements, la F-1 n’a jamais pu percer le marché américain. Aux États-Unis, réunir 300 000 spectateurs une fois par année pour applaudir des pilotes britanniques, allemands ou brésiliens semble être un exercice extrêmement difficile à réaliser.

À Montréal, le grand cirque est l’événement sportif et touristique de l’année!

Michael Sam ne s’est pas encore officiellement taillé un poste avec les Alouettes. Mais s’il y parvient, il découvrira rapidement que Montréal n’est pas une ville comme les autres.

Nos rues sont trouées et pleines de cônes oranges. Nos infrastructures sont chambranlantes. Mais nous avons le cœur à la bonne place. Nous pouvons être fiers de cela.

Phil Kessel (à droite) et Dion Phaneuf (au centre)
Phil Kessel (à droite) et Dion Phaneuf (au centre)

Les Maple Leafs de Toronto vont participer aux séries éliminatoires la saison prochaine. Dans la Ville Reine, personne n’y croit en ce moment. Mais ça va arriver.

La nomination de Mike Babcock à titre d’entraîneur en chef des pôvres Leafs permettra de vérifier une théorie maintes fois exprimée dans cette chronique au cours des dernières années : la formation des Leafs n’est pas aussi mauvaise qu’on le croit.

Quand Randy Carlyle a été congédié le 6 janvier dernier, Toronto occupait le 8e rang dans l’Association de l’Est. Et surtout, son attaque était la deuxième de toute la LNH, derrière celle du Lightning de Tampa Bay. En 2013-2014, l’attaque des Leafs se situait au 14e rang dans la Ligue, et la saison précédente (2012-2013), elle était 6e.

Comment expliquer que, malgré cette force de frappe fort respectable (qui fait partie de sa personnalité depuis de nombreuses années), cette équipe ait été exclue des séries éliminatoires huit fois au cours des neuf dernières saisons?

***

Dans les heures suivant l’annonce de la nomination de Babcock, un thème revenait dans presque toutes les analyses publiées dans les médias torontois : l’entraîneur devra être patient. Et il faudra attendre au moins deux ans avant de pouvoir espérer une participation des Leafs aux séries éliminatoires.

Pourtant, cette équipe n’est qu’à un changement de culture d’une participation aux séries.

Considérant son potentiel offensif, cette formation redeviendra rapidement compétitive si elle se dote d’une structure défensive valable. Or, c’est exactement ce que Babcock apportera à cette équipe.

Le nouvel entraîneur des Leafs ne marche pas sur l’eau. Mais il est un formidable artiste de la défense. Ses équipes pratiquent un style de jeu serré, patient et elles remettent rarement la rondelle à l’adversaire. C’est pour cette raison que les Red Wings ne rataient jamais les séries. Et c’est pour cette raison que, malgré l’incroyable potentiel offensif qu’elle recelait, l’équipe canadienne des Jeux de Sotchi passera peut-être à l’histoire comme la meilleure équipe défensive de tous les temps.

***

L’embauche de Babcock signifiera aussi la fin de la culture de country club qui s’était installée dans le vestiaire. D’anciens entraîneurs des Leafs ont laissé entendre que les hauts salariés de l’équipe ne jouaient que pour eux-mêmes et qu’ils étaient à peu près impossibles à diriger.

Avec Babcock, les tire-au-flanc et ceux qui ne suivront pas la parade seront rapidement largués. Si vous n’êtes pas professionnel jusqu’au bout des ongles, et si vous n’êtes pas un everydayer (un terme inventé à Détroit pour désigner ceux qui répondent aux attentes tous les jours), vous ne jouez pas pour cet entraîneur.

Rappelez-vous ce qui est survenu au Centre Bell le 9 avril dernier. Assis au banc des Red Wings, le défenseur Brendan Smith se trouvait drôle d’avoir capté une rondelle qui était en jeu. Les Wings ont écopé d’une pénalité qui a permis au Canadien de créer l’égalité et, éventuellement, de remporter le match en prolongation.

Brendan Smith a été confiné à la passerelle de la presse pendant les trois matchs suivants. Il a raté les deux premiers matchs des séries pour avoir commis cette bourde.

La récréation est terminée à Toronto. Et les Leafs vont participer aux séries.

***

Le téléphone de Mike Babcock n’a pas dû dérougir de la journée mercredi. Outre les appels de ses amis et des membres de sa famille, le 30e entraîneur de l’histoire des Maple Leafs a dû recevoir des messages de remerciements des 29 autres entraîneurs de la LNH.

Parce que le contrat de 50 millions de dollars de huit ans qu’il vient de négocier constitue probablement le plus grand progrès de l’histoire de la confrérie.

Tous sports professionnels majeurs confondus, les entraîneurs de la LNH ont toujours été les moins bien rémunérés. Il y a deux ans, on disait qu’Alain Vigneault avait fait sauter la banque en acceptant un contrat de cinq ans, d’une valeur de 10 millions, avec les Rangers de New York. Après la signature de Vigneault, des entraîneurs comme Lindy Ruff, Michel Therrien et Claude Julien ont tous signé des ententes comparables. Et voilà que Babcock, avec sa moyenne salariale annuelle de 6,25 millions, vient de planter l’étalon de mesure dans une autre stratosphère.

Quand les meilleurs entraîneurs de la LNH, comme Joel Quenneville des Blackhawks de Chicago, vont renégocier leurs ententes ou se chercher du travail quelque part, ils revendiqueront désormais un salaire semblable à celui de Babcock. Et avec raison. Au sein d’une organisation, un entraîneur de premier plan est aussi important, sinon plus, qu’un joueur de premier trio.

Pour prouver la véracité de cette théorie, Babcock ne pouvait choisir un meilleur endroit que Toronto.

Patrick Roy
Patrick Roy

Quand les entraîneurs adjoints d’une équipe de hockey se précipitent vers la porte de sortie, ça n’annonce rien de bon.

Il y a deux ans, alors qu’il s’attaquait au plus grand défi de sa carrière d’entraîneur, Patrick Roy avait personnellement choisi André Tourigny comme adjoint et Mario Duhamel à titre d’entraîneur responsable de la vidéo pour le seconder à l’Avalanche du Colorado. Et avec raison! Les deux figuraient parmi les meilleures têtes du hockey junior majeur québécois.

Remettons les choses en contexte : Tourigny était à l’époque le directeur général et l’entraîneur en chef des Huskies de Rouyn-Noranda. Il était engagé dans le programme d’excellence de Hockey Canada (l’équipe canadienne junior), et il ne cachait pas son ambition d’accéder aux rangs professionnels. Malheureusement, les ouvertures étaient (et sont encore) peu nombreuses pour les entraîneurs francophones. Même chose pour Duhamel. Il était solidement implanté comme entraîneur en chef des Voltigeurs de Drummondville, et il gravissait les échelons à Hockey Canada. Il rêvait à la LNH.

Vingt-trois mois plus tard, prenant leurs jambes à leur cou, Tourigny et Duhamel quittent ce qui devait être leur job de rêve, même s’ils ont encore des contrats valides en poche! A-t-on déjà vu pareille situation dans la LNH? La cohabitation, de toute évidence, n’a pas été facile cette saison au sein du personnel d’entraîneurs de l’Avalanche.

Quelle désolation qu’une bisbille pareille survienne entre trois entraîneurs québécois!

Un porte-parole de l’Avalanche a indiqué au Denver Post que Tourigny a remis sa démission et que Duhamel a obtenu la permission de chercher un autre emploi. Selon mes informations, une clause du contrat de Duhamel lui permettait de quitter l’Avalanche après deux ans si son niveau de responsabilité au sein de l’équipe d’entraîneurs restait inchangé.

***

À travers les branches, on a entendu toutes sortes d’histoires émanant de Denver cette saison. Une inimitié réciproque semble s’être développée entre Roy et ses adjoints. Il m’est difficile ici d’élaborer sans risquer de trahir une ou des sources. Disons simplement que les deux parties ne se sentaient plus capables de véhiculer le même message, et que les joueurs s’en rendaient compte.

Une source bien au fait de la situation analyse ce divorce avec un grain de sel.

« Pensez-vous que c’est facile de travailler avec Mike Babcock ou avec Michel Therrien? Il faut avoir de grandes affinités avec quelqu’un pour être capable de cohabiter dans un environnement aussi exigeant que celui de la LNH. Parfois, à l’usage, on découvre qu’on a moins d’atomes crochus qu’on le croyait au départ. »

C’est sans doute vrai. Sauf que les adjoints de Babcock et de Therrien, de mémoire, n’ont jamais volontairement quitté leur emploi, sauf pour accepter une promotion dans une autre organisation. Ce n’est pas le cas ici, puisque Tourigny a clairement fait savoir qu’il recherche un autre poste d’adjoint dans la LNH. Quant à Duhamel, il lui faudra probablement reprendre du service au niveau junior majeur parce que son récent poste d’entraîneur responsable de la vidéo ne sera sans doute pas suffisant pour lui permettre de gravir un échelon et d’obtenir un poste d’entraîneur en chef dans les rangs professionnels.

Ce qui ressort de cette histoire, c’est que seulement un an après avoir remporté le trophée Jack-Adams, le leadership de Patrick Roy semble grandement fragilisé au sein de l’organisation de l’Avalanche. Il sera très intéressant de voir comment il s’entourera pour corriger et faire oublier cet étrange épisode.

***

Décidément, ça brasse dans la confrérie des entraîneurs québécois! Vendredi dernier, l’excellent confrère Guillaume Lefrançois, de La Presse, nous apprenait que Stéphan Lebeau ne ferait plus partie du personnel d’entraîneurs des Bulldogs de Hamilton. Il y a environ deux semaines, l’entraîneur-chef Sylvain Lefebvre a annoncé à Lebeau que son contrat n’allait pas être renouvelé.

Avec franchise, Lebeau a admis que sa relation avec Lefebvre avait été difficile au cours des deux dernières années. « Je ne veux pas sortir sur la place publique avec ça, mais ça se sentait. On voyait le hockey différemment », a indiqué Lebeau.

Lors de sa dernière rencontre avec les représentants des médias, Marc Bergevin a donné un vote de confiance à Lefebvre quand je lui ai demandé s’il était préoccupé par le fait que les meilleurs espoirs de l’organisation, année après année, se développent dans un contexte perdant dans la Ligue américaine. Les Bulldogs n’ont pas participé aux séries lors des quatre dernières saisons, dont trois avec Lefebvre aux commandes.

L’entraîneur en chef fait-il le travail? La banque d’espoirs de l’organisation est-elle dépourvue de talent par rapport aux autres organisations? Le CH embauche-t-il suffisamment de vétérans de la Ligue américaine pour bien entourer ses jeunes et leur permettre de participer aux séries éliminatoires et de se développer dans un contexte gagnant?

« Sylvain fait un excellent travail, mais nous lui enlevons tout de suite ses meilleurs joueurs pour les faire graduer à Montréal. Et tous les jeunes que nous rappelons avec le Canadien font bien leur travail. Aussi, il n’est pas question pour nous d’embaucher des vétérans de la Ligue américaine et d’asseoir des jeunes sur le banc simplement pour gagner des matchs dans les ligues mineures », a plaidé Bergevin, en substance.

N’empêche, je suis très inquiet pour Sylvain Lefebvre. Le poste d’entraîneur du club-école du CH devrait normalement servir de tremplin au prochain entraîneur-chef du Canadien.

Or, peu importent les raisons des insuccès des Bulldogs ces dernières années, quand viendra le temps de remplacer Michel Therrien, Marc Bergevin ne pourra jamais se tourner vers un entraîneur ayant compilé une fiche de 96-105-27 et n’ayant jamais participé aux séries. Ce serait très mal accepté.

Quant à Lebeau, on lui souhaite la meilleure des chances. C’est un chic type, un passionné et une excellente tête de hockey.

L’évaluation finale du Canadien

Jeudi 14 mai 2015 à 13 h 57 | | Pour me joindre

Pour me joindre

Les joueurs du Canadien
Les joueurs du Canadien

Une dernière rencontre avec l’entraîneur et le directeur général à Brossard. Une évaluation médicale. La cueillette des effets personnels et d’une bonne provision de bâtons pour l’entraînement estival. Et ultimement, un court bilan en compagnie des représentants des médias. Le temps des vacances, et du bulletin final, est arrivé pour les joueurs du CH.

À lire aussi :

Les attaquants :

Max Pacioretty : Dommage qu’il ait subi une commotion cérébrale juste avant les séries éliminatoires. Sur la patinoire, il a encore frôlé la marque des 40 buts en plus d’ajouter constance et profondeur à son jeu. Son bilan défensif de +38, notamment, a été extrêmement impressionnant, et la prestance dont il a fait preuve à l’extérieur de la patinoire l’a été encore plus. Donnez-lui le « C » et qu’on n’en parle plus!

Tomas Plekanec : A connu une saison extrêmement solide, marquant 26 buts (60 points) et formant avec Pacioretty l’un des plus redoutables duos de la LNH en désavantage numérique. Le hic, c’est qu’il a connu des séries éliminatoires lamentables (encore). En plus de commettre des bévues coûteuses contre Tampa Bay, Plekanec a parfois semblé désintéressé dans cette importante série. Sans compter cette ténébreuse histoire de conflit personnel avec son jeune compatriote Jiri Sekac, qui a peut-être fini par faire expédier ce dernier hors de Montréal. Tant pour l’équipe que pour Plekanec, un changement d’air ferait peut-être du bien.

Brendan Gallagher : A bouclé la saison avec 24 buts en plus de jouer la pédale au plancher du premier match du calendrier jusqu’au dernier match éliminatoire. Il est le guerrier par excellence de l’organisation. Le temps est venu de l’insérer dans le groupe de meneurs de l’équipe.

Alex Galchenyuk : Il n’a que 20 ans et vient de connaître une saison de 20 buts et 26 passes. Tout le monde aurait aimé qu’il produise davantage, mais on ne fait pas pousser une fleur en tirant dessus. Statistique intéressante : seulement 33 joueurs de 20 ans ont posé leurs patins sur des patinoires de la LNH cette saison. Et seulement trois d’entre eux ont inscrit 20 buts ou plus. Galchenyuk est l’un de ceux-là. Soyons patients. Et souhaitons qu’on finisse enfin par lui confier un poste au centre.

David Desharnais : Il existe deux types d’attaquants offensifs : les tireurs et les passeurs. Desharnais appartient à la deuxième catégorie, ce qui fait en sorte qu’il soit un peu démuni lorsqu’on l’éloigne de Max Pacioretty (le seul vrai tireur de la formation). En séries, Desharnais a mené un trio composé du jeune Galchenyuk et de Dale Weise, ce qui n’était évidemment pas idéal pour lui. Il ne sera jamais un premier centre, mais il va à la guerre tous les soirs et ne fait jamais mal à son équipe.

Dale Weise : S’est avéré la bouée de sauvetage par excellence de Michel Therrien cette saison, ce qui lui a valu le trophée Jacques-Beauchamp. Au sein d’une équipe aspirant à la Coupe Stanley, Weise serait un joueur de troisième ou de quatrième trio. Or, dans les séries, il patrouillait dans le flanc droit au sein de la deuxième unité. Cela en dit aussi long sur la saison qu’il a connue que sur la profondeur du CH à l’aile droite.

Brandon Prust : Un guerrier qui déteste la défaite, qui fait le sale boulot et dont le sens du hockey est mésestimé. Rien à lui reprocher.

Lars Eller : Sans doute le joueur le plus surestimé de l’organisation. Son sens du hockey et sa vision du jeu sont déficients pour un joueur de centre. Son plafond offensif se situe entre 25 et 30 points par saison. Eller a connu une saison extrêmement difficile et n’a jamais montré de réels progrès depuis son arrivée dans la LNH. Il n’est clairement pas un centre de troisième trio. Pas au sein d’une équipe aspirant à la Coupe Stanley, en tout cas.

Pierre-Alexandre Parenteau : Obtenu en échange de Daniel Brière, Parenteau a connu un peu le même sort que son prédécesseur. Il était promis à un rôle offensif important en début de campagne, mais il s’est vite retrouvé dans les mauvaises grâces de son entraîneur. Son manque de constance (et parfois d’implication) a constitué une déception. Mais à sa décharge, les blessures (une sévère commotion cérébrale, notamment) ont sérieusement miné sa saison. En évitant la clinique, Parenteau pourrait offrir de 15 à 20 buts au CH la saison prochaine.

Jacob De La Rose : Voilà un attaquant de 19 ans dont le gabarit, la vitesse et le sens du jeu sont nettement du calibre de la LNH. L’adaptation à la LNH s’est faite très facilement pour lui. Et malgré son inexpérience, il n’a jamais placé son équipe en difficulté. Il lui manque toutefois une touche offensive pour évoluer dans les deux premiers trios. De La Rose excelle aussi au centre, ce qui donne une marge de manœuvre à Marc Bergevin. Le CH n’y perdrait pas au change en lui confiant son troisième ou son quatrième trio.

Torrey Mitchell : Un fier Montréalais qui a répondu aux attentes depuis son arrivée à Montréal. Malgré une utilisation limitée, de tous les centres de l’équipe, c’est lui qui a obtenu le plus de points en séries. Il n’a que 30 ans et Bergevin devrait faire un effort pour le garder dans un rôle de quatrième centre. Mais Mitchell sera joueur autonome, et il sera probablement difficile de le mettre sous contrat à moins de 2 millions par saison. Le CH ne dépensera pas autant pour un quatrième centre.

Devante Smith-Pelly : Bergevin l’a acquis contre Jiri Sekac, un jeune qui présentait un intéressant potentiel offensif. Smith-Pelly a obtenu plusieurs occasions de se faire valoir à l’attaque. Il a, entre autres, commencé les séries aux côtés de Pacioretty et Desharnais. Mais chaque fois, l’entraîneur a dû se résoudre à le rétrograder au troisième ou au quatrième trio. Il ne faudra guère espérer plus de la part de cet attaquant robuste au cours des prochaines saisons.

Manny Malhotra : Un athlète fier et un bon coéquipier. Il n’est malheureusement plus capable de contribuer à l’attaque. Ce sera sans doute la retraite pour lui.

Brian Flynn : Il n’a fait que passer. Acquis à la date limite des transactions, Flynn aurait visiblement aimé être utilisé davantage. Il a connu quelques bons matchs en séries. Mais, même si le flanc droit du CH était ordinaire, on ne parviendrait pas à lui trouver une place.

Michaël Bournival : Une saison horrible. On l’a d’abord mis de côté pour faire place à d’autres jeunes. Puis quand on a commencé à l’utiliser, il a subi des blessures sérieuses (clavicule, commotion cérébrale). Le prochain camp sera important pour lui.

***

Les défenseurs :

Andrei Markov : Malgré ses 36 ans, Markov a connu une saison exceptionnelle. Il a joué du grand hockey. Compte tenu du surplus de défenseurs que comptait le CH cette saison, et compte tenu du fait que la place de l’équipe dans les séries était assurée, il est étonnant que Markov n’ait pas eu droit à plusieurs congés dans la dernière ligne droite du calendrier. En séries, il n’avançait plus. La saison prochaine marquera son avant-dernière année de contrat. Il aura 37 ans. Ne serait-ce que pour préparer la transition, et pour lui permettre de maintenir un certain niveau d’efficacité, on lui rendrait grand service en réduisant son temps d’utilisation.

P.K. Subban : Il a mis du temps à se mettre en marche en début de campagne, mais Subban a redressé la barre à compter de décembre. Il a terminé la saison avec force et a connu de très bonnes séries. Son jeu s’est avéré plus constant qu’il ne l’était lors de sa première nomination pour le trophée Norris.

Alexei Emelin : Méconnaissable et inquiétant en première moitié de saison, Emelin a retrouvé ses repères après les Fêtes. Il s’est bien acquitté de son rôle par la suite et a formé un duo intéressant avec Jeff Petry en fin de saison et en séries. Le seul défenseur robuste de la formation.

Jeff Petry : Acquis à la date limite des transactions, Petry s’est rapidement hissé parmi le top 3 de l’équipe à la ligne bleue. Il est grand, il est extrêmement mobile, il possède certaines habiletés offensives et il compétitionne à tous les matchs. Marc Bergevin stabiliserait grandement sa ligne bleue en le convainquant de renoncer à son autonomie et en s’entendant avec lui.

Nathan Beaulieu : En des termes de hockey, on dirait que Beaulieu a fini par trouver sa chaise. Au lieu de se considérer uniquement comme un défenseur offensif, cet arrière de 22 ans a appris à rehausser et à valoriser son jeu défensif. Il choisit mieux ses occasions pour appuyer l’attaque et il est devenu beaucoup plus fiable. Il a connu une belle éclosion, presque une métamorphose, en fait. L’une des belles réussites du personnel d’entraîneurs cette saison.

Tom Gilbert : La transition n’a pas été facile à son arrivée avec le CH l’automne dernier. Le personnel d’entraîneurs a donc dû ajuster son niveau de responsabilité en conséquence. De fil en aiguille, Gilbert a formé un troisième duo fiable en compagnie du jeune Beaulieu. On l’a vu sacrifier son corps et bloquer des tirs dans les dernières secondes de matchs où le Canadien détenait des avances pourtant confortables. Cela en dit long sur le type de joueur qu’il est. Michel Therrien a même pu l’utiliser sur le flanc gauche quand des blessures sont survenues. Un bon vétéran.

Sergei Gonchar : Il rendait de bons services à l’équipe jusqu’à ce qu’on décide de le mettre totalement à l’écart dans la dernière ligne droite du calendrier. Gonchar est âgé de 40 ans et l’arrivée de Jeff Petry rehaussait la qualité du flanc droit de la formation. La direction s’est tournée vers l’avenir. Ce n’est sans doute pas la fin de carrière qu’il avait anticipée.

Mike Weaver : N’a été utilisé que dans 31 matchs cette saison. Il avait pourtant apporté une contribution intéressante la saison précédente. Un excellent coéquipier qui n’a jamais laissé sa situation personnelle nuire à son humeur. Ne sera évidemment pas de retour.

Greg Pateryn : Un défenseur limité, dont la robustesse apporte quand même un petit plus à la brigade défensive du CH. N’empêche, quand Nathan Beaulieu s’est blessé dans les séries, il a été surprenant de voir le personnel d’entraîneurs miser sur Pateryn au lieu de faire appel au vétéran Sergei Gonchar.

Jarred Tinordi : Voilà un premier choix qui tarde à s’installer dans la LNH. Ses prises de décision avec la rondelle et sa constance font défaut. Et il se bat trop souvent. Tinordi a aussi été blessé sérieusement à quelques reprises (commotion, épaule) cette saison à Hamilton, ce qui n’a guère favorisé sa progression. Son père a surpris, cet hiver, en suggérant publiquement qu’un changement d’organisation pourrait faire du bien à son fils. Une histoire à suivre.

***

Les gardiens :

Dustin Tokarski : Il est loin d’être sûr que le DG soit à l’aise de maintenir le statu quo en ce qui concerne son gardien auxiliaire. C’est un rôle ingrat auquel les jeunes gardiens peinent parfois à s’acclimater. Cela dit, Tokarski a connu une deuxième moitié de saison décevante. Chancelante même. Le deuxième gardien doit être capable de rassurer les dirigeants lorsqu’ils évoquent le pire scénario possible : une blessure à moyen ou à long terme au titulaire principal. Le rendement de Tokarski cette saison ne commande pas ce type de confiance.

Carey Price : Il a été le meilleur joueur du monde, toutes positions confondues. Que dire de plus?

Une fin abrupte à une belle saison
Une fin abrupte à une belle saison

Quand une équipe en bat une autre 9 fois en 11 matchs au cours d’une même saison, le verdict est sans appel.

Plus explosif en attaque, plus rapide et plus jeune que le Canadien, le Lightning méritait amplement d’expédier les hommes de Michel Therrien en vacances mardi soir. La logique a été respectée. Et il n’y a pas de honte à y avoir : Tampa Bay est un aspirant sérieux à la conquête de la Coupe Stanley.

Quand Tomas Plekanec a commis un revirement sur le premier jeu du match, on s’est dit que la soirée du CH n’allait peut-être pas être facile. Puis, avec moins de cinq minutes à écouler au premier tiers, le même Plekanec a permis au Lightning d’ouvrir la marque en remettant mollement à l’adversaire une rondelle qu’il avait récupérée devant le filet de Carey Price.

À partir de là, on a cru revoir le film des cinq matchs que les deux équipes s’étaient livrés durant la saison. Le CH, qui peinait déjà à suivre la cadence des rapides patineurs floridiens, n’a plus été dans le coup par la suite. L’équipe s’est alors lentement éteinte, sans trop protester.

« Pour une raison qui m’échappe, le réservoir semblait vide », a admis Therrien, perplexe, lors de sa dernière rencontre avec les journalistes.

***

À juste titre, l’entraîneur du CH a ensuite ajouté : « Mais ce n’est pas ce soir que nous avons perdu cette série. »

Le Canadien, qui avait bénéficié de plusieurs jours de repos avant d’entreprendre le second tour éliminatoire, s’est incliné en deuxième période de prolongation dans le premier match, alors que Tampa Bay venait à peine de se défaire des Red Wings de Détroit. Ce revers a fait extrêmement mal. Dans le deuxième, le CH s’est lui-même sabordé en péchant par indiscipline.

Et que dire de l’effondrement dans le troisième affrontement, quand un jeu mollasson de… Tomas Plekanec(!) a permis au Lightning de déjouer Carey Price avec 1,1 seconde à écouler au cadran?

Avec le recul, il faut saluer le caractère du CH, qui a fait fi de ces cruels revers de fortune et qui est tout de même parvenu à prolonger la série à six matchs. Mais parions une chose : quand Marc Bergevin réunira son état-major pour procéder au bilan de la saison, sa ligne de centre sera sérieusement remise en question. Tout comme l’éternel problème que constitue la force de frappe offensive de cette formation.

Le système Carey Price a ses limites. Le Lightning l’a éloquemment démontré.

***

Le Canadien a terminé au 20e rang en attaque dans la LNH cette saison. Les 10 formations qui ont fait pire que Montréal ont été exclues des séries éliminatoires. À elle seule, cette statistique illustre toute la minceur de la glace sur laquelle le Tricolore patinait durant son périple printanier. « C’est difficile de toujours remporter des matchs au compte de 2 à 1 », témoignait d’ailleurs P.K. Subban, après l’élimination de son équipe.

Rehausser l’attaque du CH s’avérera la tâche la plus complexe de Bergevin depuis son arrivée à Montréal. Le talent offensif est le plus rare et le plus cher sur le marché. Les bons marqueurs ne se dénichent pas au coin des rues.

Réorganiser l’attaque massive, qui a été affreuse en saison et atroce en séries, pourrait s’avérer un grand pas en avant. Et que dire de l’unité de désavantage numérique, qui a cédé 7 fois sur 20 face au Lightning?

***

Cela dit, regardons le portait dans son ensemble, comme l’a si souvent répété Michel Therrien au cours des derniers jours. Il faut mettre les choses en perspective et saluer l’extraordinaire saison que cette équipe, pourtant en processus de rajeunissement, a offerte à ses partisans.

Quelle incroyable campagne Montréal a connue! Incrédules, les scribes ont passé leur temps à fouiller dans les archives des années 1970 et 1980 pour retrouver des points de comparaison valables et mesurer avec plus de justesse les succès de la formation de 2014-2015.

Malgré une défense rapiécée au jour le jour (l’équipe a fait appel à 18 formations de défenseurs différentes en 82 matchs), le Tricolore a amassé 50 victoires et 110 points. Il a fallu remonter jusqu’à la fin des années 1980 pour retrouver une édition du CH aussi constante et dominante.

Michel Therrien n’avait pas que des as dans son jeu. Loin de là. Il a toutefois eu le mérite de très bien jouer ses cartes. La manière dont ses hommes ont répondu quand ils avaient le dos au mur face à Tampa Bay a d’ailleurs montré qu’après trois saisons, Therrien est encore bien en selle.

Le grand responsable de ces succès collectifs, Carey Price, a connu une saison historique, effaçant au passage les records de victoires de Jacques Plante et de Ken Dryden. Il remportera sans doute les trophées Vézina et Hart. Il a été le meilleur joueur du monde cette année.

Malgré un début de saison en dents de scie, P.K. Subban a reçu une autre nomination pour le trophée Norris. Max Pacioretty a encore flirté avec la marque des 40 buts. Et que dire du hargneux Brendan Gallagher, qui s’est incontestablement élevé au rang de meneur?

L’élimination du Canadien contre le Lightning a clairement prouvé que cette équipe est encore une œuvre inachevée. Mais ses bases sont solides. Et ses nouveaux meneurs ont assuré la transition avec panache.

Mardi soir, le CH a rendu les armes contre un adversaire plus fort que lui. N’empêche, pour une troisième année de suite, cette équipe a progressé et connu une saison au-delà des attentes. Qui dit mieux?

P.K. Subban est un fabuleux impressionniste

Dimanche 10 mai 2015 à 11 h 49 | | Pour me joindre

Pour me joindre

P.K. Subban
P.K. Subban

Qui est le meilleur pointeur du Canadien en séries cette année? P.K. Subban. Qui était le meilleur pointeur du CH en séries l’an passé? P.K. Subban. Et qui était le meilleur pointeur du CH en séries il y a deux ans? Si vous avez répondu P.K. Subban, vous êtes en plein dans le mille.

Il y a deux semaines, quand P.K. Subban avait été mis en nomination  pour l’obtention du trophée Norris, on demandait à Andrei Markov d’expliquer ce que ça représentait pour lui d’être jumelé à un partenaire dont la personnalité et le style sont tellement différents des siens.

« C’est vraiment amusant de jouer en compagnie d’un gars comme Subban! », avait spontanément répondu le vétéran russe.

« Mais en même temps, c’est difficile », avait-il ajouté, sourire en coin, incapable de retenir ce complément de réponse.

L’an dernier, un autre coéquipier de Subban faisait le même genre de confidence : « Ce gars-là est un joueur étoile, mais ce n’est pas toujours évident de jouer avec lui. Il est tellement imprévisible! Parfois, nous n’avons aucune idée de ce qu’il va faire quand il a la rondelle. »

Pour des athlètes habitués d’être encadrés par un système de jeu, et dans un sport où les entraîneurs prêchent sans cesse les choix de jeux les moins risqués, P.K. Subban a beaucoup plus souvent l’air d’un impressionniste que d’un type qui fait de la peinture à numéros. Cela lui vaut de fabuleux coups de génie.

***

Il restait un peu plus de quatre minutes à jouer samedi soir quand P.K. Subban a reçu la rondelle près de la bande, à la ligne bleue du Lightning. Alex Killorn, l’un des meilleurs et des plus combatifs attaquants de Tampa Bay, se dirigeait rapidement vers lui pour appliquer de la pression.

Le score était de 1 à 1. Le CH faisait face à l’élimination. Subban était, pour ainsi dire, peinturé dans le coin. Dans cette situation, 99,9 % des défenseurs auraient choisi l’option la plus simple et la moins risquée : rejeter la rondelle dans le fond de la zone. Avec raison, d’ailleurs.

Subban, même s’il n’avait presque plus de marge de manœuvre, a plutôt choisi de garder la rondelle et de feinter Killorn, qui a été déjoué par ce choix de jeu non orthodoxe. Le jeu du match en fait. Une fraction de seconde plus tard, la rondelle était sur la palette de P.A. Parenteau, et une autre fraction de seconde après, le disque passait au-dessus de l’épaule de Ben Bishop.

Merci et bonsoir! La série se prolonge à six matchs et on se revoit à Tampa mardi prochain!

Ce n’est peut-être pas un hasard si, à l’époque de la saison où l’application des systèmes de jeux atteint son apothéose, P.K. Subban finit toujours par terminer au premier rang des pointeurs de son équipe.

Peu importe l’enjeu ou la gravité du moment, il est toujours susceptible de sortir du moule. Alex Killorn l’a appris à ses dépens dans le cinquième match.

***

Peu importe l’issue de cette série, on sait déjà une chose : malgré les difficiles contraintes budgétaires auxquelles il fait face, Marc Bergevin doit tout faire pour mettre Jeff Petry sous contrat et le garder dans le giron du Canadien pour les années à venir.

Quand le CH avait acquis Petry à la date limite des transactions, il y avait plusieurs raisons d’être sceptique. L’arrière de 27 ans montrait (notamment) un bilan défensif de « -47» à ses deux dernières saisons, ce qui lui conférait la pire fiche parmi tous les défenseurs des pauvres Oilers d’Edmonton.

Dans la grande majorité des cas, les joueurs pour qui le mercure descend aussi bas deviennent rarement des joueurs fiables en défense.

« Petry jouait constamment contre les meilleurs trios adverses à Edmonton, mais nous allons lui dénicher une chaise qui lui convient mieux», avait alors expliqué le DG du Canadien.

De l’aveu de son propre père, Petry n’a jamais aussi bien joué qu’en ce moment depuis le début de sa carrière. Son jeu s’est amélioré au point de lui valoir une place dans la première unité en avantage numérique. C’est tout à l’honneur de Petry, mais aussi de Jean-Jacques Daigneault, qui semble donner une intéressante plus-value à tous les arrières qu’on lui confie.

Samedi soir, c’était de toute beauté de voir Petry, en compagnie de P.K. Subban, semer la confusion dans le territoire du Lightning. Depuis quelques mois, l’avantage numérique du CH n’avait jamais créé autant de bonnes chances de marquer au cours d’un match.

« L’avantage numérique du Canadien a bourdonné, et ça leur a donné beaucoup d’élan »,  a d’ailleurs reconnu Jon Cooper.

Jeff Petry est un défenseur de grande taille (1,91 m/6 pi 3 po) extrêmement mobile, combatif et dont le style cadre parfaitement avec celui du Canadien.

Le CH a employé 18 combinaisons différentes à la ligne bleue cette saison, alors qu’il n’y a presque pas eu de blessés! Compte tenu du fait qu’Andrei Markov ne rajeunit pas, voilà un ajout qui ne ferait certainement pas de tort.

 Max Pacioretty
Max Pacioretty

Comme Michel Therrien, qui travaillait pour Bell et qui cherchait à arrondir ses fins de mois, et comme Alain Vigneault, qui était retourné à l’université et qui ne voulait plus rien savoir du hockey, Jon Cooper est un peu devenu entraîneur par accident.

Au milieu des années 2000, quand il était un jeune avocat voué à un brillant avenir, Jon Cooper avait été recommandé par un juge du Michigan pour diriger l’équipe de hockey d’une école secondaire. Le juge voulait que l’équipe connaisse du succès parce que son fils en faisait partie. Seulement six ans plus tard, Cooper faisait son entrée dans le monde du hockey professionnel. On parle ici d’une ascension rapide!

L’entraîneur du Lightning de Tampa Bay a gravi les échelons aussi rapidement parce qu’il est un fin analyste et un excellent communicateur. Auprès de ses joueurs, sa finesse d’esprit et ses habiletés sociales imposent le respect et suscitent un engagement total.

Tout cela pour dire que Jon Cooper est un type brillant, et qu’il sait parfaitement que son équipe ne fournit pas le rendement souhaité depuis le début de cette série contre le Canadien. Durant la saison, Cooper a vu son équipe tomber sur le Canadien comme la misère sur les pauvres gens. Mais depuis le début du deuxième tour éliminatoire, le CH a nettement eu le dessus dans trois matchs sur quatre.

En fait, les deux seules périodes où Cooper a vu son équipe prendre les commandes sont survenues dans le deuxième match, quand le Canadien s’est mis à empiler les punitions d’indiscipline les unes sur les autres.

Il est extrêmement rare de voir se dégager des tendances aussi lourdes au cours d’une série 4 de 7. Cela signifie que la meilleure attaque de la LNH peine à s’ajuster au carcan défensif que lui impose Michel Therrien.

***

Cooper est un interlocuteur captivant. Mais bon sang qu’il serait intéressant de le brancher sur un polygraphe et de lui demander d’analyser cette série!

L’entraîneur du Lightning sait que le Canadien a obtenu près de deux fois plus de chances de marquer que ses hommes dans le premier match. Après la troisième rencontre, Cooper a lui-même admis que son équipe avait été supplantée et qu’elle pouvait s’estimer heureuse d’avoir gagné. Le taux de possession de rondelle favorisait le Canadien par 62,7 % contre 37,3 %, soit l’équivalent d’une dégelée. À plusieurs reprises, durant cette fameuse troisième rencontre, on l’a d’ailleurs vu exprimer son mécontentement derrière le banc.

Mercredi soir, encore ébahi par son improbable avance de 3-0 dans la série, Cooper avait promis de réunir ses hommes et d’apporter les correctifs nécessaires. Or, malgré ces ajustements, la digue a fini par céder, et le Canadien l’a décisivement emporté par la marque de 6 à 2.

Et c’est ici que ça devient particulièrement fascinant.

***

Parce que le CH, comme l’a rappelé Michel Therrien dans son point de presse, n’a absolument rien changé à sa manière de jouer. « Pour cela, je suis très fier de mes joueurs », a souligné l’entraîneur du CH.

Lorsqu’elles ont le dos au mur et que leurs partisans souhaitent les assassiner(!), la plupart des équipes paniquent et s’éloignent de la recette qui leur a valu du succès.

Mais le Canadien vient de maintenir une vitesse de croisière supérieure à 100 points pendant trois saisons consécutives. Et l’équipe dispute sa sixième guerre printanière en trois ans. Le comportement du CH a effectivement été très impressionnant jeudi soir. Cette équipe est suffisamment confiante, et elle connaît suffisamment son identité pour s’accrocher, sans changer d’un iota, à son système de jeu.

Qui plus est, sachant que son unité de désavantage numérique peine contre l’attaque massive du Lightning, le Tricolore s’est résolument attardé à son problème d’indiscipline.

Dans le quatrième match, on a notamment vu Tomas Plekanec recevoir un solide double échec en plein visage, baisser la tête et rentrer au banc sans même tenter de rendre la monnaie de sa pièce à son assaillant. En fait, depuis deux matchs, à peu près personne ne s’est engagé dans des échanges de coups susceptibles de placer l’équipe dans le pétrin.

Cela montre que tout le monde pousse dans la même direction et que l’intérêt collectif prime encore, malgré la position difficile dans laquelle se trouve le CH.

Le match de samedi s’annonce donc palpitant.

Il n’y a rien de plus fatigant qu’un adversaire qui croit en lui et qui frappe obstinément sur le même clou. Le CH s’est un peu cogné sur les doigts depuis le début du second tour. Mais quand même, jusqu’à maintenant, malgré son avance de 3 à 1 dans la série, c’est un peu le Lightning qui campe le rôle du clou.

Tomas Plekanec
Tomas Plekanec

Pour le CH, c’est une série qui fait mal. Particulièrement mal. Soir après soir, le Lightning de Tampa Bay trouve une nouvelle manière de s’en sortir, de déjouer les probabilités et de tuer le moral des hommes de Michel Therrien.

Dans le troisième match, mercredi, la défaite du CH était comparable à celle du boxeur qui domine outrageusement durant 12 rounds et qui, nonchalamment, laisse passer un crochet de droite au moment où la cloche s’apprête à sonner. Il termine la soirée K.-O., la face contre le tapis. Ou encore, cet invraisemblable revers se compare à celui d’une équipe de baseball qui cogne 15 fois en lieu sûr et dont le lanceur domine, mais qui finit par s’incliner 2 à 1, après deux retraits en neuvième, parce qu’un roulant de routine passe entre les jambes du deuxième-but.

Le Lightning n’a pour ainsi dire pas touché à la rondelle de la soirée. Les pourcentages de possession ont été en faveur du CH par 62,7 % à 37,3 %. On parle ici d’un véritable tabassage.

Quelles sont les chances qu’une équipe misant sur un gardien en nomination pour le trophée Vézina et dominant aussi clairement un match éliminatoire puisse quitter la patinoire avec une défaite de 2 à 1?

Et quelles sont les chances que le but assommoir soit marqué au moment où il ne reste que 1,1 seconde à écouler au cadran?

***

Dans des rencontres aussi serrées, ce sont d’infimes détails qui font la différence.

Les dernières secondes de la deuxième période s’étaient écoulées dans la panique la plus totale, alors que P.K. Subban et Andrei Markov faisaient face à une attaque à 4 contre 2 (!). Pendant que les deux arrières tentaient de sauver les meubles (Markov a bloqué un tir in extremis), Tomas Plekanec, Brendan Gallagher et Max Pacioretty revenaient péniblement vers leur zone défensive. Pris au fond de la zone du Lightning, ils étaient vidés, incapables de se replier et de suivre la cadence. Ça a été une présence affreuse.

Une fois ce second engagement terminé, en se relevant, Markov a vivement crié son déplaisir. Plekanec aurait dû assurer le repli sur ce jeu. Malgré une deuxième période presque parfaite, à cause de ce manque d’engagement, le CH aurait pu rentrer au vestiaire en retard de 0-2 dans le match.

Dans la dernière minute de la troisième, Tomas Plekanec a une fois de plus saboté une présence importante. Avec une dizaine de secondes à écouler, il ne lui restait que deux enjambées à faire pour franchir la ligne rouge, mais le Tchèque a plutôt tenté une remise molle à Pacioretty, par la bande.

Si Plekanec plaçait le disque en fond de territoire comme il était censé le faire, le match s’en allait en prolongation. La rondelle a plutôt bondi derrière la jambe de Pacioretty, et le Lightning l’a récupérée. Neuf secondes plus tard, elle se trouvait derrière Carey Price. Jeu, set et match!

***

Dans le premier duel, le CH a étourdi la défense du Lightning et a dominé par 24 à 15 au chapitre des chances de marquer. Mais il a été battu par une extraordinaire performance de Ben Bishop en deuxième période de prolongation.

Dans le deuxième, le CH dominait outrageusement… jusqu’à ce que l’indiscipline et son unité de désavantage numérique le coulent.

Puis, dans la troisième rencontre, les hommes de Michel Therrien ont dominé de bout en bout, mais ils ont été coulés par une crampe au cerveau.

Comment peut-on se remettre de ça?

Dès leur tout jeune âge, les hockeyeurs apprennent qu’on ne contrôle pas l’issue d’un match. On leur enseigne toutefois qu’en jouant de la « bonne façon » et en déployant un effort honnête, ils seront récompensés la majorité du temps.

Aujourd’hui, le défi de Michel Therrien consiste à convaincre ses joueurs qu’ils pourraient détenir l’avance dans cette série, et que s’ils poursuivent dans la même voie, cette implacable loi de la moyenne finira par s’appliquer à eux.

C’est tout ce qu’il leur reste.

CH, comme dans CHâteau de cartes

Lundi 4 mai 2015 à 12 h 10 | | Pour me joindre

Pour me joindre

Brandon Prust s'en prend encore à Ben Bishop
Brandon Prust s’en prend encore à Ben Bishop.

Quelle série étrange!

Vendredi soir, le Canadien a malmené le Lightning de Tampa Bay comme il n’en avait probablement jamais rêvé.

Dans le premier match, les hommes de Michel Therrien ont littéralement étourdi la défense des « Éclairs » en appliquant un échec avant extrêmement combatif. Et ils ont très nettement dominé, par 24 à 15, au chapitre des chances de marquer. Au cours des 42 dernières minutes de jeu, Tampa Bay a été limité à 4 ridicules chances de marquer.

Quand une équipe domine de la sorte, elle récolte la victoire dans 80 % des cas.

Malgré la cruauté de cette défaite en deuxième période de prolongation, le CH venait clairement de livrer une performance positive. Il avait clairement marqué son terrain et passé un sérieux message à un rival qui l’avait facilement vaincu cinq fois de suite durant la saison.

Au lieu de bâtir sur cet excellent départ, l’entraîneur a toutefois choisi de voir le verre à moitié vide et a vertement blâmé un juge de lignes pour avoir raté un hors-jeu sur une séquence extrêmement serrée.

***

Le Canadien n’a pas de plaisir durant ces séries éliminatoires. Il véhicule plutôt l’image d’une équipe qui se sent assiégée, et dont la confiance est extrêmement fragile. Peut-être s’agit-il d’une suite logique au lent déraillement des deux derniers mois du calendrier.

Souvenons-nous du cinquième match au premier tour. Ottawa avait alors réduit l’écart à 2-3 après avoir accusé un retard de 0-3 dans la série. Le Canadien était toujours confortablement assis dans le siège du conducteur, mais c’était les Sénateurs qui festoyaient. Les Montréalais, pour leur part, affichaient tous des mines d’enterrement et leur entraîneur commentait sèchement leurs performances, à grands coups de monosyllabes.

***

Dans le second match, qu’ils ont perdu par l’écrasante marque de 6 à 2, les hommes de Michel Therrien ont outrageusement dominé le Lightning pour ce qui est de la possession de rondelle : 60,7 % à 39,3 %!!!

Au cours des 14 premières minutes de jeu, jusqu’à ce que Brandon Prust écope d’une double mineure, les joueurs du Lightning ne touchaient pas à la rondelle. Ils avaient l’air d’une équipe inscrite par erreur dans un tournoi trop relevé pour elle.

Puis, Subban a été puni pour avoir servi un inutile double-échec, après le sifflet, derrière la tête d’un rival. Valtteri Filppula a profité de cet avantage numérique pour marquer sur un tir raté. On n’a plus revu le Canadien par la suite.

« Il est difficile de se ressaisir quand l’indiscipline survient », a témoigné Michel Therrien après la rencontre.

***

Le Canadien n’a pas de plaisir dans ces séries éliminatoires.

Le score dans le match était alors égal 1 à 1. Le Tricolore accusait un déficit de 0-1 dans la série, mais il avait clairement dominé les 102 minutes 6 secondes qui avaient été disputées jusque-là. Rien n’était encore joué.

Et ce club-là n’a pas été capable de se remettre de deux mauvaises pénalités?

Si c’est vraiment le cas, le Canadien n’a plus sa place dans le tournoi printanier. Si le leadership de cette formation n’est pas capable de convaincre le reste du vestiaire de redresser le bateau et de coller au plan de match, et si ce groupe s’écroule à la moindre avarie, la fin sera beaucoup plus rapide, et moins glorieuse, qu’on le pensait.

Peut-être s’agit-il d’une suite logique aux lourds pilonnages que le Lightning a infligés au Tricolore au cours de la saison?

Au lieu de combattre, le CH a continué à pécher par indiscipline et à étaler sa frustration au cours des 40 dernières minutes. Et que dire de ces contacts répétés avec le gardien Ben Bishop? Il n’y a pas si longtemps, croix sur le cœur, Michel Therrien ne demandait-il pas à la LNH de mieux protéger les gardiens?

Brandon Prust qui écope d’une double pénalité mineure, Brandon Prust qui lance un protège-coude au banc du Lightning, Brandon Prust qui règle ses comptes avec l’arbitre Brad Watson auprès des journalistes après une défaite de… 6-2.

On croirait revoir les Bruins lorsqu’ils ont perdu la carte face au Canadien le printemps passé. Michel Therrien a peut-être raison, après tout, d’affirmer qu’il est difficile de se ressaisir quand l’indiscipline survient.

Quel gâchis! Quel château de cartes!

On doit maintenant se demander si cette équipe videra ses casiers avant la fête des Mères.

Quant à Brad Watson, ses séries éliminatoires prendront probablement fin, elles aussi, au second tour. À l’heure où l’on se parle, les officiels mineurs postés au banc des pénalités ont probablement déjà acheminé leur rapport aux autorités de la ligue. C’est ainsi, discrètement, que la LNH sanctionne les officiels qui perdent leur sang-froid et qui se transforment en source de distraction.

Michel Therrien
Michel Therrien

Il était assez étonnant, après ce premier match de la série Canadien-Lightning, d’entendre Michel Therrien invoquer un hors-jeu raté par un juge de lignes pour expliquer la défaite des siens.

Le métier de juge de lignes au hockey est l’un des plus difficiles, tous sports confondus. La rondelle se déplace à grande vitesse et bondit dans tous les sens, tandis que les joueurs se présentent à la ligne bleue en accélérant, en ralentissant ou en bifurquant pendant que leur coéquipier drible le disque pour le protéger, effectue une passe, ou encore, décide de le tirer en fond de zone.

Posté contre la bande, l’officiel a une ligne bleue de 100 pieds de long à surveiller. Son champ de vision est constamment obstrué, et il n’a qu’une fraction de seconde pour prendre une décision. À côté de cela, arbitrer un match de la MLB au premier coussin est un véritable pique-nique.

Pour toutes ces raisons, les juges de lignes sont les officiels qui commettent le plus d’erreurs au cours d’une rencontre. Toutefois, en cas d’incertitude, ils préfèrent généralement siffler et stopper le jeu. Ils préfèrent signaler un hors-jeu qui n’en était pas un plutôt que fermer les yeux, et ainsi commettre une faute susceptible d’influencer le résultat du match.

***

Lorsqu’on arrête l’image au bon moment (dès que la rondelle effleure la ligne bleue), on constate que le juge de lignes vilipendé par Therrien n’a raté le jeu controversé que par quelques centimètres. Et Devante Smith-Pelly, du CH, lui obstruait la vue pendant qu’il franchissait la ligne bleue entre le porteur de la rondelle (Brian Boyle) et le joueur responsable du hors-jeu (Valtteri Filppula).

Mais ce n’est pas tout. On blâme généralement un juge de lignes quand le joueur ayant franchi la ligne bleue trop rapidement en profite pour se rendre directement au filet et marquer. Or, ce n’est pas ce qui s’est produit vendredi. Le jeu s’est poursuivi dans la zone du Canadien pendant 12 secondes, et ce sont des erreurs commises par les Montréalais qui ont mis fin au match.

Après avoir récupéré le disque derrière le filet de Carey Price, Greg Pateryn patinait avec le disque (qu’il aurait facilement pu refiler à Jacob De La Rose) quand Filppula le lui a facilement soutiré. Ce dernier l’a ensuite remis à Nikita Kucherov, qui s’est retrouvé seul dans l’enclave (oublié par Smith-Pelly) et qui a déjoué Price.

Therrien a dirigé trop de matchs au cours de sa vie pour s’attarder sur un jeu de la sorte. Surtout en sachant que le but injustement refusé à Jean-Gabriel Pageau, dans le sixième match de la série précédente, lui a permis d’éliminer les Sénateurs.

Dans les médias, samedi matin, personne ne parlait de l’erreur de Pateryn. Je préfère croire que l’entraîneur voulait davantage protéger son défenseur recrue que blâmer ce pauvre officiel sur un jeu extrêmement serré, et qui était loin d’être « noir ou blanc », comme l’a soutenu Therrien.

***

Cela dit, que faut-il retenir de ce premier duel entre le CH et le Lightning?

La série sera ardue pour les défenseurs floridiens : Trois des six défenseurs du Lightning (Braydon Coburn, Jason Garrison et Andrej Sustr) ont effectué des séjours passablement longs sur la liste des blessés à la fin du calendrier. Cette brigade défensive est amochée, et c’est fort probablement ce qui a incité Jon Cooper à utiliser sept défenseurs dans la série précédente contre Détroit.

À juste titre, Michel Therrien a entrepris le second tour éliminatoire en puisant dans le cahier de jeux des Red Wings et en préconisant un échec avant serré, à deux hommes. Cette tactique a produit l’effet souhaité. Les arrières du Lightning ont multiplié les revirements et les cafouillages dans leur zone, et le jeu de transition de la formation (sa grande force) en a beaucoup souffert.

Résultat : pour la première fois cette saison, le CH a très nettement dominé le Lightning en attaque. Voilà une recette à répéter.

Pacioretty ne souffre plus du « décalage horaire » : Après le premier tour éliminatoire, Max Pacioretty avait confié qu’il avait eu de la difficulté à retrouver son synchronisme et que, à la suite de sa commotion cérébrale en fin de saison, il avait eu de la difficulté à composer avec la vitesse du jeu.

Or, vendredi, Pacioretty a connu un match extrêmement solide au cours duquel il a bénéficié de cinq occasions de marquer, ce qui est énorme. On a revu le patineur énergique et le tireur qui a dominé la colonne des marqueurs tout au long de la saison.

Compte tenu des ennuis du CH en attaque (l’équipe n’a marqué que quatre buts à ses quatre derniers matchs, dont un dans un filet désert), il s’agit d’une bonne nouvelle pour le camp montréalais.

Stamkos et Drouin, le mystère : Durant la saison, Steven Stamkos causait énormément de problèmes au Canadien. Mais voilà, la supervedette du Lightning est méconnaissable depuis le début des séries. En huit matchs, il n’a pas marqué et ne revendique que trois mentions d’aide. Il y a fort à parier qu’il est blessé.

Dans ces circonstances, et compte tenu du facteur fatigue qui défavorise le Lightning, il est plutôt hallucinant de constater que Jon Cooper n’ait pas encore daigné utiliser le jeune prodige Jonathan Drouin depuis le début du tournoi printanier, et plus particulièrement contre le Canadien.

Cooper invoque l’inexpérience de Drouin pour expliquer son retrait de la formation. Pourtant, le même entraîneur utilisait la recrue Cédric Paquette dans des moments cruciaux, l’an dernier, alors que le Lightning luttait pour sa survie contre le CH.

Chose certaine, Drouin serait en uniforme ce printemps s’il était membre de l’organisation du Canadien.