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Le sport est-il trop dangereux?

Vendredi 21 novembre 2014 à 15 h 08 | | Pour me joindre

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Le hockey est-il trop dangereux pour les jeunes?
Le hockey est-il trop dangereux pour les jeunes?
L’Association des neurologues du Québec a émis en début de semaine des recommandations parfaitement sensées dans le but d’éviter aux jeunes Québécois de subir des commotions cérébrales dans la pratique du sport. Le fait saillant de cette étude est le possible abandon des mises en échec au hockey avant d’atteindre un haut niveau de compétition (dans la catégorie midget).

 

Bon. Vous savez tout ça.

 

J’ajoute quand même que les conclusions de l’association sont mathématiquement incontestables. Elles sont basées sur des observations irréfutables. Bref : elles sont scientifiques.

 

Et elles nous placent aussi devant un choix. Tout un tas de choix!

 

Le sport est dangereux. La plupart des sports le sont. Développer ses habiletés pour atteindre un niveau supérieur implique une prise de risque qui, parfois, dépasse l’entendement. À des degrés divers, la boxe, le hockey, le ski alpin, la course automobile, le football  peuvent entraîner de sévères blessures, de graves commotions et même la mort.

 

Dans la logique de nos amis neurologues, on ne devrait pas cogner un rival au hockey avant d’avoir 16 ans. Paroles de sagesse. Mais le sport d’élite exige qu’on sache le faire et qu’on maîtrise cet aspect du jeu.

 

L’usage de la tête au soccer est essentiel. Et c’est une technique qu’on n’apprend pas qu’à la fin de l’adolescence. Sinon, on ne fera jamais partie des meilleurs. L’association suggère qu’on ne fasse usage de la tête qu’à partir de 12 ans. L’association déconseille aussi le football. Et elle a raison. On se tape dessus dans ce sport-là. J’ajouterais que la limitation de la vitesse en ski alpin serait garante d’une meilleure protection… et d’une progression athlétique plus lente.

 

Et ne parlons pas de la boxe. L’objectif dans ce sport-là est d’infliger une commotion cérébrale à son rival. C’est clair, non? Qui voudrait d’une boxe où les athlètes seraient bardés de protections et porteraient des gants si enrobés  qu’on ne sentirait plus les coups?

 

Et la course automobile? Et la gymnastique? Pourquoi les gymnastes ne portent-elles pas des casques protecteurs lorsqu’elles pirouettent sur la poutre? Et encore. Ça ne protégerait pas leurs articulations.

 

L’atteinte de l’excellence dans la plupart des sports est synonyme d’excès. Éliminer ces excès, c’est se protéger. Bravo. Mais c’est aussi, dans certains cas, renoncer à l’excellence et même à la possibilité d’exceller.

 

C’est un choix. Un choix éminemment défendable que les parents devront faire et assumer.

 

 

 

Plekanec, la constante étincelle offensive du CH

Vendredi 21 novembre 2014 à 12 h 00 | | Pour me joindre

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Tomas Plekanec, le no 14
Tomas Plekanec, le no 14

NDLR : Parce que les statistiques traditionnelles du hockey sont souvent trompeuses, notre chroniqueur vous offre un regard différent sur le Canadien cette saison. Chaque semaine, en s’appuyant sur une compilation des chances de marquer (CM) obtenues par les joueurs de Michel Therrien, ainsi qu’une compilation des actions déterminantes (AD) qui ont créé ces fameuses chances de marquer, il mesure l’évolution de la formation et commente les défis qui se posent à l’entraîneur. 

(Les définitions de ce que sont les chances de marquer (CM) et les actions déterminantes (AD) sont incluses à la fin du texte.)

La chronique de Martin Leclerc

D’abord, voici le portrait dans son ensemble :

     Joueurs  CM    AD   Total
14- Plekanec 43 42 85
67-Pacioretty 45 27 72
11-Gallagher 41 26 67
27-Galchenyuk 37 28 65
15-Parenteau 36                 22 58
51-Desharnais 13                23 49
81- Eller 27                24 45
79- Markov 11                25 40
26- Sekac 18                26 36
08- Prust 11                27 34
76- Subban 15                28 31
22- Weise 15                29 30
77- Gilbert 4                30 14
20- Malhotra 9                31 13
28- Beaulieu 4                32 8
55- Gonchar 1                33 4
74- Emelin 1                34 4
43- Weaver 0                35 3
24- Tinordi 1                36 3
49- Bournival 2                37 3
38- Bowman 0                38 0

 

Six réflexions sur le Canadien 

1. Andrei Markov a été un catalyseur important de l’attaque du CH au cours des quatre derniers matchs, en générant pas moins de 10 actions décisives. Au total, Markov été l’auteur de 29 actions décisives durant le premier quart de la saison, soit presque le double des chances générées par P.K. Subban (16).

2. Face aux Blues de Saint Louis jeudi soir, Jiri Sekac a été impliqué dans cinq actions décisives. Aucun joueur du CH n’avait généré autant de chances de marquer pour ses coéquipiers (au cours d’un seul match) depuis le début de la saison. Pour les quatre derniers matchs, Sekac vient d’ailleurs au second rang chez le Canadien en ce qui a trait aux étincelles qu’il a provoquées en attaque. Il a obtenu six chances de marquer en plus d’être l’auteur de neuf actions décisives (total de 15). Le rendement de Sekac est d’autant plus impressionnant, que son temps d’utilisation (à titre de joueur du troisième trio) est moins important que celui des deux premiers ailiers droits de la formation (Gallagher et Parenteau).

3. Pour une deuxième semaine consécutive, Tomas Plekanec est celui qui a mené l’attaque du CH au cours de la dernière semaine, en obtenant neuf chances de marquer et en menant 13 actions décisives (total de 22) en quatre rencontres. Sur la feuille de pointage, ses efforts lui ont valu un but et trois mentions d’aide (4 points).

4. Dans cette rubrique, on soulignait il y a quelques semaines que Brandon Prust n’était peut-être pas à sa place au sein du quatrième trio, étant donné le grand nombre d’actions décisives qu’il commettait. Depuis que Prust a été jumelé à Lars Eller et Jiri Sekac, la troisième unité génère de l’attaque de façon constante. Si bien, que Prust a maintenant généré 23 chances de marquer pour ses coéquipiers, soit plus que Pierre-Alexandre Parenteau (22), et presque autant que Brendan Gallagher (26) et Max Pacioretty (27). Tout cela, sans avoir accès à l’avantage numérique et en disputant entre trois et six minutes de moins par rencontre que les trois autres! Prust devrait être prudent et ne pas se battre trop souvent, car il est fort utile au CH sur la patinoire.

5. Suite à la transaction qui emmène le vétéran défenseur Bryan Allen chez le Canadien, il y a fort à parier que Nathan Beaulieu sera renvoyé à Hamilton afin de poursuivre son apprentissage. Selon ce scénario, P.K. Subban redeviendra (à l’âge de 25 ans) le plus jeune défenseur de la brigade défensive de la formation. Subban et Alexei Emelin (28 ans) seront désormais entourés de cinq défenseurs dont la moyenne d’âge s’élève à presque 36 ans. Compte tenu des rigueurs des calendriers régulier et éliminatoire, la gestion du temps d’utilisation des arrières sera à surveiller au cours des prochains mois.

6. Outre Tomas Plekanec, les centres du Canadien ont connu une semaine plutôt discrète à l’attaque. Lars Eller n’a créé qu’une chance de marquer à ses six derniers matchs. Grâce au brio de Prust et Sekac, le Danois a toutefois bénéficié de cinq chances de marquer durant cette période. Quant à David Desharnais, le centre numéro un de la formation, il n’a commis que trois actions décisives lors des quatre derniers matchs, dont deux jeudi contre les Blues. Il s’agit de sa période la moins productive depuis le début de la campagne. Par ailleurs, Desharnais n’a obtenu que deux chances de marquer à ses cinq dernières rencontres.

 

Définitions :

Qu’est-ce qu’une chance de marquer? C’est un tir décoché à partir d’un endroit où, statistiquement, les probabilités de tromper la vigilance d’un gardien sont les plus élevées. Cette zone privilégiée a en quelque sorte la forme du marbre au baseball. Elle commence à la hauteur du filet et s’élargit jusqu’aux points de mise au jeu. Et à partir des deux points de mise au jeu, elle s’élève en ligne droite, vers la ligne bleue, et dépasse d’environ cinq pieds l’extrémité des cercles.

Un tir qui rate la cible peut être considéré comme une chance de marquer, puisque c’est la position d’où provient le tir qui compte.
Par contre, un tir bloqué par un joueur défensif autre que le gardien ne constitue pas une chance de marquer. À moins que le gardien soit hors position et que ce joueur (par exemple un défenseur) soit le dernier à défendre le filet.

Qu’est-ce qu’une action déterminante? Effectuer une passe est une habileté de base que possèdent tous les joueurs de la LNH. Par contre, créer une chance de marquer (pour soi-même ou pour un coéquipier) est une habileté que peu de hockeyeurs maîtrisent. De nombreux joueurs de la LNH récoltent régulièrement des mentions d’aide après avoir effectué des passes de routine qui n’ont eu aucune influence directe sur le déroulement subséquent du jeu. Ils obtiennent donc des points parce qu’ils ont la chance d’être bien entourés.

En revanche, les joueurs qui réussissent des actions déterminantes savent battre leurs adversaires à un contre un, ou encore, ils savent trouver les ouvertures et repérer leurs coéquipiers qui se démarquent. Ce sont eux qui animent l’attaque de leur équipe. Lorsqu’une équipe obtient une chance de marquer, il est aussi possible que cette occasion ne soit le fruit d’aucune action déterminante (par exemple, une rondelle déviant par hasard sur la palette d’un attaquant).

Stéphane Lepage
Stéphane Lepage

Dans sa biographie, intitulée Game over, l’ex-lanceur Éric Gagné raconte qu’un tournant de sa vie est survenu quand il était adolescent, au début des années 1990, lors d’une conversation avec un ami.

« En 1991, j’avais 15 ans quand j’ai appris qu’il était possible de pratiquer le baseball à l’année au Québec. Un bon jour, mon coéquipier Philippe Yaworsky est tout simplement arrivé au parc en parlant d’un nouveau programme de baseball sport-études qui venait d’être mis sur pied à l’école secondaire Édouard-Montpetit, à Montréal. Ce fut pour moi une sorte d’illumination. Au point où cette conversation d’adolescents, somme toute anodine, est à jamais restée cristallisée dans ma mémoire », raconte Gagné, qui a ainsi atteint le premier échelon qui lui a permis de lancer sa formidable carrière.

Je vous parle de cela aujourd’hui parce que le programme de baseball sport-études d’Édouard-Montpetit, une école publique de l’est de Montréal, célébrera son 25e anniversaire en fin de semaine. Et surtout, je souligne cet anniversaire pour rendre hommage à Stéphane Lepage, un gars de Rimouski qui dirige ce programme depuis le début, et qui a formé pas moins de 40 joueurs qui ont été repêchés par des équipes du baseball majeur.

Quarante joueurs! Vous avez bien lu. Et cinq d’entre eux sont parvenus à atteindre le Show, comme disent les Américains : Éric Gagné, Steve Green (lanceur, Angels d’Anaheim), Pierre-Luc Laforest (receveur, Rays de Tampa Bay et Phillies de Philadelphie), Éric Cyr (Padres de San Diego) ainsi que Russell Martin, qui vient tout juste de parapher un contrat de 82 millions avec les Blue Jays de Toronto.

***

Pour fêter ça, Stéphane Lepage a organisé une petite soirée de retrouvailles. Il a invité tous ses anciens samedi de 15 à 18 h, dans le gymnase où il les a tant fait travailler.

Nombreux sont ceux qui ont répondu à l’appel. Gagné reviendra spécialement d’Europe pour participer à cette soirée. Russell Martin, qui vit les moments les plus fastes de sa carrière, a aussi confirmé sa présence. Même Julien Brisebois, un ancien de ce programme de baseball et qui est aujourd’hui directeur général adjoint avec le Lightning de Tampa Bay, a aménagé son horaire pour renouer avec ses anciens camarades et son ancien entraîneur.

« Stéphane Lepage a été très bon pour moi », explique Brisebois, qui a étudié à Édouard-Montpetit à la même époque que Gagné.

« Si je n’étais pas passé par ce programme en secondaire 3, je n’aurais jamais pu jouer dans les rangs midget AAA dès l’âge de 15 ans. Les valeurs que j’ai apprises dans ce programme m’ont outillé. Ça m’a donné des ressources qui m’ont toujours servi par la suite. Pour cela, chaque fois que je peux aider mon ancien coach, ça me fait plaisir de le faire. »

***

Stéphane Lepage n’avait que 14 ans lorsqu’il a fait ses débuts comme moniteur adjoint dans une école de baseball de Rimouski. À 21 ans, il supervisait les huit écoles de baseball de la ville. Puis, l’année suivante, il était à la tête des 30 équipes de baseball mineur de son coin de pays.

De fil en aiguille, en 1989, l’ex-directeur technique de Baseball Québec Albert Marier l’a recruté pour diriger une équipe du Réseau de développement midget AAA. Et la même année, quand Baseball Québec a décidé d’innover en créant son premier programme sport-études, c’est à Lepage qu’on a décidé de confier l’accouchement de ce précieux bébé.

« Il y a 25 ans, à part Claude Raymond, il n’y avait pas trop de Québécois qui avaient joué dans les majeures (et encore, le dernier match de Raymond remontait à 1971!). On voulait que les jeunes puissent rêver aux rangs professionnels, mais notre objectif premier était de développer nos joueurs pour le midget AAA, pour l’équipe du Québec et pour l’équipe nationale. Et on se disait que plusieurs allaient sans doute pouvoir obtenir des bourses dans des universités américaines. On voulait leur faire vivre de belles expériences », raconte Stéphane Lepage.

En plus des 40 anciens d’Édouard-Montpetit qui ont été repêchés (et qui ont presque tous joué dans des collèges ou universités américaines), une vingtaine d’autres diplômés du programme ont étudié et joué au baseball aux États-Unis.

***

En 2007, Lepage se souvient d’avoir croisé par hasard Éric Gagné et Russell Martin à Mont-Tremblant. Les trois ont brièvement fraternisé, puis quand ses deux anciens élèves sont repartis, l’entraîneur dit avoir ressenti une grande fierté.

« Je me suis dit que je venais de jaser avec un récipiendaire du trophée Cy-Young et un récipiendaire du gant doré et du bâton d’argent. Je ne prétends aucunement être le responsable de leurs succès, mais j’étais vraiment fier qu’ils soient passés chez nous, à Édouard-Montpetit », dit-il.

Dans sa biographie, Éric Gagné raconte que son cheminement dans le baseball professionnel lui a donné suffisamment de recul pour comprendre à quel point il est surréaliste que des jeunes à qui on enseigne le baseball dans un gymnase de l’est de Montréal finissent par gravir les échelons jusqu’au sommet.

« Je peux te dire une chose, même si nous n’avons pas accès aux mêmes installations que les high schools et les collèges américains, nous maximisions toutes les ressources qui sont mises à notre disposition. Il n’y a pas un centimètre de gymnase qui ne soit pas utilisé, souligne fièrement Lepage.

« Pat Daoust (un ancien du programme qui a porté les couleurs des Capitales de Québec et qui s’investit maintenant dans le développement des plus jeunes à Édouard-Montpetit) me dit souvent que si nous avions les mêmes installations que les autres, notre programme serait l’un des plus renommés en Amérique du Nord. »

***

Il y a 25 ans, les jeunes baseballeurs qui fréquentaient Édouard-Montpetit avaient six périodes de baseball de 75 minutes par cycle de deux semaines.

Aujourd’hui, dans la même période de temps, ils ont droit à 11 périodes de baseball de 75 minutes, en plus de 5 séances de musculation, sans compter l’accès à un psychologue sportif. Chaque année, les élèves d’Édouard-Montpetit disputent aussi un calendrier automnal de 20 matchs, dont 4 en Ontario. Au printemps, ils participent à un camp de deux semaines en Floride, au cours duquel ils disputent aussi une douzaine de matchs.

« Je suis content de voir que notre programme a bien traversé le temps. Nous nous sommes toujours assurés de rester au goût du jour, et de bien suivre l’évolution des méthodes d’entraînement, soutient Lepage.

« Mais ce qui est encore plus extraordinaire, c’est que nous avons fait des petits. Il y a maintenant 19 écoles au Québec où l’on enseigne le baseball à l’année. Il y en a dans toutes les régions, et ça va jusqu’à Rivière-du-Loup! »

Il y a des choses époustouflantes qui se font dans le monde du sport au Québec. L’engagement de Stéphane Lepage et de l’école Édouard-Montpetit en sont un fort bel exemple. Bravo pour cet incroyable parcours!

Les anciens du programme d’Édouard-Montpetit qui ont été repêchés par des équipes du baseball majeur :    

- Daniel Brabant, lanceur, Indians de Cleveland 1993

- Éric Boisjoly, arrêt-court, Dodgers de Los Angeles 1994

- Bruno Vaillancourt, lanceur, Expos de Montréal 1995

- Jean-François Émard, lanceur, Dodgers de Los Angeles 1997

- Ntema Ndungidi, voltigeur, Orioles de Baltimore 1997

- Marc-André Houle, lanceur, Orioles de Baltimore 1998

- Charles Dubuc, lanceur, Expos de Montréal 1998

- Reggie Laplante, lanceur, Yankees de New York 1999

- Martin Bérubé, lanceur, Orioles de Baltimore 1999

- Éric Bernier, voltigeur, Mets de New York 1999

- Verissimo Pereira, receveur, Mets de New York 2000

-Étienne Ratté-Delorme, lanceur, White Sox de Chicago 2000

- Jonathan Forest, lanceur, White Sox de Chicago 2001

- Jean-Sébastien Varney, lanceur, Expos de Montréal 2001

- Ivan Naccarata, arrêt-Court, Astros de Houston 2002

- Jonathan Malo, arrêt-court, Mets de New York 2002

- Patrice Lepage, receveur, Angels d’Anaheim 2003

- Pierre-Alexandre Valiquette, lanceur, Reds de Cincinnati 2003

- Jean-Michel Rochon-Salvas, arrêt-court, Mets de New York 2003

- Issaël Gonzalez, arrêt-court, Pirates de Pittsburgh 2004

- Sébastien Vendette, lanceur, Brewers de Milwaukee 2004

- Émmanuel Garcia, 2e but, Mets de New York 2004

- Jean-Luc Blaquière, receveur, Mets de New York 2004

- Pierre Miville-Deschênes, lanceur, Mets de New York 2005

- Jonathan Prévost, voltigeur, Marlins de la Floride 2005

- Medhi Djebbar, lanceur, Brewers de Milwaukee 2006

- Josué Peley, arrêt-court, Pirates de Pittsburgh 2006

-Olivier Routhier-Paré, lanceur, Phillies de Philadelphie 2006

- Ruddy Roi Nunez, voltigeur, Phillies de Philadelphie 2008

-François Lafrenière lanceur, Braves d’Atlanta 2010

- Tommy Tremblay, receveur, Giants de San Francisco 2010

-Jesen Dygestile-Therrien, lanceur Phillies de Philadelphie 2011

-Jonathan Jones, 1er but, Giants de San Francisco 2011

-Simon Gravel, receveur, Red de Sox Boston 2013

-Louis-Philippe Pelletier, 2e but, Padres de San Diego 2014

Ayant joué dans les ligues majeures

- Éric Gagné, lanceur, Dodgers de Los Angeles 1994

- Steve Green, lanceur, Angels d’Anaheim 1997

- Pierre-Luc Laforest, 3e but, Rays de Tampa Bay 1997

- Éric Cyr, lanceur, Padres de San Diego 1998

- Russell Martin-Jeanson, receveur, Dodgers de Los Angeles 2002

 

Le hockey trop dangereux pour les jeunes?
Le hockey est-il trop dangereux pour les jeunes?

J’étais censé être en congé aujourd’hui, mais c’est plus fort que moi. Je ne peux m’empêcher de remercier le Ciel, publiquement et sincèrement, de ne pas être né de parents neurologues.
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Le Qatar ne respecte pas les droits des travailleurs. Vive le Qatar, non, mais?

Il y a des jours où l’on se pose vraiment des questions sur la nature humaine. Le 18 novembre, on a appris que les Championnats du monde d’athlétisme se tiendront au Qatar en 2019… Oui! Et pourquoi je suis surprise et que je ne comprends pas?
C’est que pas plus tard que le 12 novembre on a reçu la confirmation, par l’entremise d’Amnistie internationale, que les travailleurs qui construisent les infrastructures pour la Coupe du monde de soccer en 2022 sont toujours exploités.

Amnistie internationale juge « insuffisantes » les mesures qui ont été prises par le Qatar pour limiter les abus contre les travailleurs migrants. « Une action urgente est nécessaire pour ne pas aboutir à une Coupe du monde bâtie sur le travail forcé et l’exploitation », dit le chef de la section des réfugiés et des migrants de l’ONG, Sherif Elsayed-Ali.

Pourtant, au mois de mai, le Qatar s’était engagé à améliorer la sécurité au travail, le logement et les conditions salariales de la main-d’œuvre. Mais six mois plus tard, et un an après une enquête du quotidien anglais The Guardian, presque rien n’a changé.

Qu’est-ce que cette enquête du Guardian nous a appris? Des choses alarmantes. Une douzaine d’ouvriers meurent chaque semaine, et si aucun changement n’est fait ce sont 4000 personnes qui vont trouver la mort sur ces chantiers d’ici 2022. Le Qatar est le pays le plus riche de la planète, sa population est composée majoritairement de travailleurs migrants…

On en compte autour de 1 million et demi sur une population totale d’un peu moins de 2 millions. Quatre-vingt-dix pour cent de ces travailleurs étrangers sont originaires de l’Inde, du Népal et du Sri Lanka.

Toujours d’après l’enquête du Guardian, pour recruter cette main-d’oeuvre on lui fait miroiter un excellent salaire. Une fois sur place, dans le meilleur des cas, les émoluments sont pas mal plus bas. Et bien souvent, plusieurs mois se passent avant qu’ils ne voient la couleur de leur argent, ou encore ils ne sont carrément pas payés.

Plusieurs entrepreneurs saisissent les passeports. Ces personnes sont logées dans des conditions totalement insalubres, souvent à 12 par chambre. Et pour ajouter à cette misère, les mois d’été, le mercure monte à 50 degrés Celsius et l’eau est rationnée. Pas surprenant que plus de la moitié des décès soient dû à des arrêts cardiaques, ce qui est plutôt inusité pour des jeunes dans la vingtaine.

Les organisations de défense des droits de la personne, qui soutiennent les travailleurs du Qatar, insistent particulièrement sur deux points : la révision de la kafala et l’abolition des visas de sortie.

D’abord la kafala fait en sorte qu’un ouvrier est lié à un seul employeur. Ce qui ouvre la porte à toutes les exploitations. La seule réforme proposée en ce moment serait de limiter le temps de « l’association », mais on parle d’un contrat qui aurait une durée potentielle de cinq ans. Allo! l’autonomie.

Pour le visa de sortie, le travailleur migrant doit absolument demander la permission à son employeur pour avoir le droit de quitter le pays… Contre-proposition, l’employeur aurait 72 heures pour refuser une demande de sortie. Pour la liberté de mouvement, on repassera.

Les conditions des travailleurs immigrés au Qatar demeurent mauvaises
Les conditions des travailleurs immigrés au Qatar demeurent mauvaises.

Du côté des autorités du Qatar, on insiste pour dire qu’il y a eu des progrès. Depuis le mois de mai, le nombre d’inspecteurs a augmenté, et 33 sites ont été fermés parce qu’ils ont été jugés dangereux. On a aussi diminué le nombre de travailleurs par chambre.

Le ministre des Sports Salah Bin Ghanem Bin Nasser Al-Ali a déclaré : « Nous comprenons le problème, c’est une question d’humanité. Nous ne sommes pas des vampires, nous avons des émotions et l’on se sent mal. On ne se cache pas, on sait que nous devons travailler très fort pour améliorer les conditions des ouvriers. »

Je vous rappelle que le 12 novembre Amnistie internationale a jugé « insuffisantes » les mesures qui ont été prises par le Qatar pour limiter les abus contre les travailleurs migrants.

En organisant des événements de grande envergure, le Qatar cherche à se donner une crédibilité sur la scène internationale et a les moyens financiers de ses ambitions. Mais maintenant que l’on sait que ces événements sportifs sont organisés sur le dos de travailleurs qui vivent dans des conditions qui sont totalement répréhensibles, comment en leur âme et conscience les dirigeants des grandes fédérations sportives peuvent-ils accepter de se faire complices de ces exploitations?

 

 

Marc Bergevin, le directeur général du Canadien
Marc Bergevin, le directeur général du Canadien

La Canadian Taxpayers Federation, un lobby de droite qui milite pour la réduction des impôts, a publié une étude fort  intéressante lundi, quant à l’impact de la fiscalité sur les équipes de la LNH. Qu’est-ce qu’on peut en conclure? Marc Bergevin doit faire quelque chose de bien parce que son club est en première place et qu’il est le DG le plus désavantagé de toute la ligue!

Réalisée en collaboration avec un lobby américain du même genre (Americans for Tax Reform), l’étude montre ce que plusieurs autres études semblables ont prouvé dans le passé. Entre autres : que parmi toutes les localités qui abritent des équipes de la LNH, le Québec est celui où le taux d’imposition (53,9 %) est le plus élevé, et que l’Alberta est celle où les gouvernements sont les moins gourmands, avec un taux combiné de seulement 38,5 %.

La Floride, le Texas et le Tennessee figurent aussi parmi les oasis de la LNH en matière d’impôts. Les contribuables n’y sont taxés qu’à 40,5 %.

Concrètement, selon l’étude, cela signifie qu’un joueur comme Pierre-Alexandre Parenteau paiera 349 535 $ de plus en impôts cette année parce qu’il a été envoyé au Canadien par l’Avalanche du Colorado. En revanche, Jason Spezza aura 394 732 $ de plus dans son compte en banque parce que les Sénateurs d’Ottawa l’ont cédé aux Stars de Dallas. Et si Benoît Pouliot était resté avec les Rangers de New York et avait signé exactement le même contrat que celui offert par les Oilers d’Edmonton, il aurait dû payer 575 752 $ de plus en impôts!

* * *

Le plus intéressant dans tout cela, c’est que les auteurs de l’étude ont pris le temps de préparer un tableau qui illustre (en tenant compte du plafond salarial de la saison 2013-2014, soit 64,3 millions) à combien se chiffrait la masse salariale réelle (après impôts) des équipes de la LNH l’an passé.

On sait d’avance que le CH termine au 30e rang de cette liste parce que les impôts québécois sont plus élevés. Mais concrètement, le désavantage auquel Marc Bergevin fait face est énorme. La saison dernière, le CH avait 29,577 millions de dollars d’argent net à offrir à ses joueurs, comparativement à 39,561 millions pour les équipes de l’Alberta. On parle d’un désavantage de 25,2 %! Ce n’est pas rien, surtout quand on négocie avec un joueur libre de choisir l’endroit où il gagnera sa vie.

Malheureusement pour les Oilers et les Flames, le climat albertain fait en sorte que les joueurs autonomes évitent quand même Edmonton et Calgary (!). Cependant, même lorsque l’on compare avec des fiscalités qui se retrouvent en milieu de peloton (comme celles de Philadelphie, Saint Louis, Détroit ou Pittsburgh), la direction du Canadien doit composer avec un désavantage de 13 % et plus lorsqu’elle négocie avec ses joueurs.

Ceci expliquant cela, on comprend mieux pourquoi Bergevin a consenti une moyenne salariale de 9 millions par saison (le troisième salaire de la LNH) à P.K. Subban l’été dernier. De nombreux observateurs ont sursauté en constatant que Subban allait toucher un salaire moyen plus élevé que les 8,7 millions versés en moyenne à Sidney Crosby.

Mais s’il avait joué à Pittsburgh, Subban aurait pu parapher un contrat de 7,74 millions par saison pour obtenir le même salaire net qu’à Montréal. Cela aurait fait de lui le troisième salarié des Penguins.

* * *

La morale de cette histoire?

Marc Bergevin, dont l’équipe se situe au sommet du classement de la LNH, s’en tire extrêmement bien, malgré le désavantage auquel il fait face. Depuis son arrivée à la barre du CH, au moment où la formation était en dernière place, il est un premier de classe.

Cela explique aussi sa constante obsession à se départir très rapidement des salaires trop généreux par rapport au rendement, comme ceux de Josh Gorges et de Travis Moen, qui ont été largués récemment.

Pour que son équipe reste compétitive, Bergevin doit faire plus de contorsions et se montrer plus inventif que ses homologues. Le dossier Jiri Sekac en est un bon exemple.

Malgré ce contexte difficile, c’est possible de réussir. Après le Québec, la Californie est l’état le plus désavantagé en matière de fiscalité. Et cela n’a pas empêché les Ducks d’Anaheim et les Kings de Los Angeles de remporter trois des huit dernières Coupes Stanley.

Glen Constantin
Glen Constantin

Depuis le début des années 2000, tous sports confondus, aucun entraîneur et aucun programme canadien n’ont connu autant de succès et n’ont autant symbolisé l’excellence que Glen Constantin et le Rouge et Or de l’Université Laval.

À un point tel, que la victoire serrée de 12-9 des Carabins de l’Université de Montréal sur le Rouge et Or samedi, à Québec, en finale de la Coupe Dunsmore figurera assurément parmi les plus grands exploits de l’année 2014. Ce n’est pas tous les jours qu’on parvient à mettre fin à une série de 11 championnats consécutifs et à battre un rouleau compresseur qui revendique 70 victoires de suite devant ses partisans!

Dans les minutes qui ont suivi cette défaite historique, Constantin a éloquemment montré que sa grandeur ne se limite pas à son hallucinant palmarès sportif. L’entraîneur en chef du Rouge et Or s’est longuement attardé sur le terrain pour féliciter ses rivaux montréalais. On l’a vu servir de sincères accolades, ainsi que des félicitations bien senties, à de nombreux joueurs et représentants des Carabins. Idem pour le président du programme de football du Rouge et Or, Jacques Tanguay.

L’esprit sportif dans toute sa splendeur.

* * *

Les quelque 14 000 spectateurs au Stade Telus, ainsi que les centaines de milliers qui l’ont vu à la télé, se sont dit qu’ils venaient d’être témoins d’un grand moment sportif et que les joueurs et entraîneurs des deux organisations venaient d’offrir le meilleur d’eux-mêmes.

Mais lorsqu’on regarde le portrait dans son ensemble, n’est-il pas triste que les deux meilleures équipes de football québécoises ne puissent disputer plus que deux ou trois vrais matchs par année? N’est-il pas invraisemblable qu’autant de talent, de ressources humaines et financières soient investis pour se mesurer, 7 fois sur 10, à des adversaires qui ne sont pas de taille?

C’est un non-sens. Un peu comme si on tentait de développer des descendeurs de niveau international, mais en leur permettant uniquement de skier à Bromont et à Saint-Sauveur, et seulement contre les champions des buttes voisines.

Quand la victoire des Carabins s’est concrétisée samedi, j’étais convaincu d’une chose : Glen Constantin n’était pas mortifié de voir la séquence victorieuse de son équipe prendre fin. Cet homme-là n’est pas devenu entraîneur pour empiler et astiquer des trophées. Il s’est engagé dans le monde du football pour faire face à de l’adversité, pour enseigner à ses joueurs à livrer de vraies batailles et à se surpasser.

En réalité, ça fait un bout de temps que Constantin tente d’extirper le Rouge et Or des cadres actuels du RSEQ. Il ne se cache pas pour dire qu’il rêve d’amener son équipe ailleurs, sur un terrain plus difficile.

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Il y a quelques semaines, avant que le Rouge et Or perde son dernier match du calendrier contre les Carabins, je suis allé rencontrer Glen Constantin à Québec. Nous avons parlé de sa philosophie d’entraîneur, de ses valeurs, ainsi que des rêves qu’il entretient pour ses joueurs et pour le plus prestigieux programme de football universitaire au Canada.

J’insiste sur le fait que notre rencontre a eu lieu bien avant l’élimination de son équipe. Il s’agit donc d’un propos réfléchi, soupesé, et dénué de frustration.

« J’ai déjà proposé à l’université d’explorer la possibilité que l’on se joigne à la NCAA », a-t-il raconté.

« Il y a la conférence Atlantic 10 (division 1) qui n’est pas loin [de Québec]. Je pense que ce serait possible d’y jouer. Pour moi, la finalité n’est pas de remporter un championnat. Si ton équipe finit troisième, quatrième ou cinquième dans une ligue de 10 clubs, et si ton équipe est compétitive et qu’elle joue à un haut niveau [tu as tout ce qu’il te faut].

« C’est un projet que j’aurais aimé réaliser. Mais je me suis fait dire [par la direction de l’Université Laval] que ce n’est pas dans les mœurs de notre université. Je me suis fait dire que ce n’est pas dans notre culture. Ce que je trouve ironique, par contre, c’est que lorsque nos équipes de basketball ou de volleyball jouent contre des équipes américaines, il y a des pancartes au coin des rues qui annoncent fièrement : On joue contre Duke! J’aimerais qu’un projet semblable surgisse pour notre programme de football. »

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Un programme de football comme celui de Laval pourrait-il être compétitif dans la NCAA? Constantin est convaincu que oui.

« J’échange des films de nos matchs avec des amis qui sont entraîneurs aux États-Unis. Certains disent que nous serions dominants en division 2, et qu’on se situerait dans le deuxième ou dans le troisième tiers en division 1 », explique-t-il.

Son regard le trahit. Clairement, il aimerait beaucoup avoir une chance de les faire mentir.

« Le fait de jouer dans la NCAA nous permettrait de recruter encore mieux. Je ne dis pas que nous remporterions le championnat dans l’Atlantic 10. Mais je pense que nous pourrions au moins être compétitifs dans cette conférence », persiste-t-il.

Cela dit, la réaction des dirigeants de l’Université Laval étonne. Comment une université peut-elle soutenir que s’ouvrir sur le monde et se mesurer aux meilleurs ne cadre pas dans ses valeurs? Comment un porte-étendard du fait français comme l’Université Laval peut-elle se montrer frileuse à l’idée de véhiculer et de défendre ses couleurs outre-frontière?

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Respectueux de la position de ses supérieurs, Glen Constantin s’est rabattu sur une autre option : la création d’une vraie première division de football universitaire canadien, au sein de laquelle se retrouveraient les 10 meilleurs programmes au pays. Bien que, géographiquement, ce concept serait plus difficile à réaliser qu’une adhésion à l’Atlantic 10, en raison des distances à parcourir.

« Il me reste 10 ou 12 ans à diriger des équipes. J’aimerais voir d’autres bons défis se dresser devant nous. Soit on joue aux États-Unis, soit on joue au niveau pancanadien. Mais il faut qu’on se trouve une niche quelque part », confie-t-il.

En gros, on ne peut pas, année après année, se contenter de jouer dans une ligue à deux équipes.

Ironiquement, pendant que l’entraîneur du Rouge et Or cherche à relever la barre pour projeter le football québécois vers l’avant, le RSEQ essaie de rendre le programme de l’Université Laval moins compétitif. Pour plaire aux universités qui perdent tout le temps, un « comité de parité » a été formé afin de voir comment on pourrait s’y prendre pour niveler les équipes vers le bas.

Ça aussi, ça doit donner envie à Constantin d’aller jouer ailleurs. Ce n’est pas une question de trophées ni de championnats. C’est une question de valeurs, et de soif de dépassement. Ce sont exactement les mêmes valeurs dont Constantin a fait étalage, samedi, en félicitant sincèrement ceux qui venaient de détrôner son équipe.

PRÉCISION : Certains lecteurs ont souligné que la Conférence Atlantic 10 n’est pas (ou n’est plus) une conférence de football. Cela est exact. Ce ne sont pas toutes les universités qui font partie de l’Atlantic 10 qui possèdent des programmes de football. En 2007, les universités membres de l’Atlantic 10 qui avaient des programmes de football se sont jointes à la Colonial Athletic Association (CAA), qui est affiliée à la division 1 de la NCAA. Les universités membres de la CAA sont situées sur la côte est des États-Unis. En 2014, la CAA compte 12 équipes, parmi lesquelles : New Hampshire, Villanova, James Madison, Richmond, William & Mary, Delaware et Maine.

La présence apaisante de Sergei Gonchar

Vendredi 14 novembre 2014 à 13 h 06 | | Pour me joindre

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Sergei Gonchar
Sergei Gonchar
NDLR : Parce que les statistiques traditionnelles du hockey sont souvent trompeuses, notre chroniqueur vous offre un regard différent sur le Canadien cette saison. Chaque semaine, en s’appuyant sur une compilation des chances de marquer (CM) obtenues par les joueurs de Michel Therrien, ainsi qu’une compilation des actions déterminantes (AD) qui ont créé ces fameuses chances de marquer, il mesure l’évolution de la formation et commente les défis qui se posent à l’entraîneur. 
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« Nul n’est prophète en son pays », dit le proverbe. Et c’est aussi vrai au hockey, semble-t-il. Jusqu’à maintenant cette saison, le meilleur buteur du hockey universitaire américain (NCAA division 1) est Kevin Dufour, un ailier gauche originaire de Beauport qui est devenu une véritable vedette sur le campus de l’Université Bowling Green, en Ohio.

Dufour est un joueur de deuxième année (sophomore) à Bowling Green, une université publique qui compte une longue tradition en matière de hockey. Après 10 matchs cette saison, Kevin Dufour revendique 9 buts et 1 mention d’aide. La saison est encore jeune, mais au chapitre des buts marqués, cela se compare au rythme que maintenait la saison dernière le phénoménal Johnny Gaudreau, qui en était alors à sa troisième année dans l’uniforme de Boston College. Cette saison, Gaudreau fait fureur dans l’uniforme des Flames de Calgary.

« Ma production semble pas mal déséquilibrée lorsqu’on voit que j’ai obtenu une seule mention d’aide comparativement à neuf buts, mais je suis certain que ça va rentrer dans l’ordre. À titre d’exemple, j’ai connu une saison de 35 buts et 34 mentions d’aide quand je jouais au collège Saint Lawrence (à Québec) dans le passé. Je ne suis pas seulement un marqueur », explique l’ailier gauche de 22 ans.

« Kevin possède un instinct offensif très développé. Il voit sur la patinoire des choses que les autres ne voient pas. Et c’est un marqueur naturel. Son explosivité sur patins lui permet de générer des transitions très rapides en zone neutre et de rehausser le tempo d’un match. Il a fait d’immenses progrès depuis son arrivée avec nous l’an dernier. Il joue beaucoup mieux sans la rondelle, et il est maintenant très difficile de lui enlever le disque lorsqu’il en a possession », dit l’entraîneur de Bowling Green, Chris Bergeron (un Américain).

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Kevin Dufour
Kevin Dufour

Dufour évolue dans un trio mené par un autre Québécois, Pierre-Luc Mercier, qui a été développé par le Cégep André-Laurendeau, à LaSalle. Mercier montre une fiche de 1 but et 7 mentions d’aide en 10 matchs.

Dufour et Mercier n’ont sans doute pas de difficulté à développer une complicité sur la patinoire. Ils étudient tous les deux en finances, en plus d’être cochambreurs! Ils sont pour ainsi dire toujours ensemble.

Les exploits offensifs ont fortement contribué à propulser les Falcons de Bowling Green au 19e rang du classement national, chose qui ne s’était pas vue en sept ans.

« Ça fait 15 ans que je dirige des équipes au niveau universitaire, et c’est la première fois que j’ai l’occasion de diriger des joueurs francophones. Nous sommes chanceux de les avoir! Et j’espère que leurs succès nous permettront d’en recruter d’autres », confie Chris Bergeron.

Et tant sur le campus que dans la petite ville de Bowling Green, qui compte un peu plus de 29 000 habitants, tout le monde parle de Kevin Dufour. Il a notamment inspiré ses nouveaux « disciples » à se rallier, sur Twitter, sous la bannière #ChurchOfDufour (l’Église de Dufour). Allez y jeter un coup d’œil. Les cris du cœur, humoristiques et très enthousiastes, des partisans de l’équipe sont très amusants.

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Je m’en veux un peu d’avoir inséré le nom de Johnny Gaudreau en début de chronique parce que les histoires des deux hockeyeurs ne se comparent pas du tout. Gaudreau, un Américain, a été une vedette partout où il est passé durant son ascension dans le monde du hockey. Mais Kevin Dufour, lui, est pour ainsi dire passé loin sous le radar dans le système de hockey mineur québécois. Il doit sa présence à Bowling Green à un mentor ainsi qu’à une extraordinaire détermination.

« J’ai participé au camp de l’équipe midget AAA du Séminaire Saint-François il y a six ou sept ans. Et j’ai été le dernier joueur retranché, même si j’avais récolté le plus haut total de points durant les matchs préparatoires. Quand je me suis présenté à l’équipe midget AA, l’entraîneur n’a pas voulu me prendre parce qu’il avait déjà complété son alignement. Je me suis donc retrouvé au niveau midget CC », raconte Dufour, encore incrédule.

« J’ai récolté quelque 130 points dans le CC, et les Tigres de Victoriaville m’ont invité à leur camp. Mais on m’a retranché après deux jours. Quand tu viens du midget CC, on ne te regarde pas beaucoup dans un camp junior majeur. »

Après son stage midget, Dufour a décidé de poursuivre son cheminement au collège Saint Lawrence, dans la nouvelle ligue collégiale. C’est à cet endroit qu’il est tombé sur l’entraîneur Mike Labadie. « Mike a changé le cours de ma vie. Il m’a dit que je pouvais rêver à autre chose qu’au hockey junior majeur et c’est lui qui m’a dirigé vers le hockey universitaire », raconte le prolifique attaquant.

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Saint Lawrence a remporté deux championnats lors des deux saisons où Dufour jouait pour cette équipe. Et le jeu de l’attaquant a attiré l’attention d’un des entraîneurs adjoints de Bowling Green, Ty Eigner. Dans la NCAA, ce sont presque toujours les entraîneurs adjoints qui sont responsables du recrutement.

« Coach Eigner m’a envoyé jouer au niveau Junior A en Ontario (à Carleton Place) pendant un an pour parfaire mon jeu. Et je suis arrivé à Bowling Green la saison passée », dit Kevin Dufour.

La nouvelle vedette des Falcons de Bowling Green, qui fait 1,83 m et 89 kg (6 pi 195 lb), insiste sur le fait qu’il n’a pas l’intention de se satisfaire de son extraordinaire début de saison et de s’asseoir sur ses lauriers. Quand on connaît son cheminement, on comprend pourquoi.

« Je ne proviens pas d’une famille riche, et mes parents ont fait d’immenses sacrifices financiers pour me permettre de venir étudier et jouer ici. Les entraîneurs m’ont consenti 80 % d’une bourse d’études à ma première année. Et en plus de l’aide de mes parents, il fallait que je travaille 65 heures par semaine (dans une entreprise de pavé) durant l’été afin de pouvoir payer mes dépenses. Le soir venu, j’allais m’entraîner seul au gym.

« Pour cette année, Bowling Green m’a accordé une bourse complète. J’ai ainsi pu réduire mes semaines de travail à 45 heures l’été dernier », dit-il fièrement.

« Kevin Dufour est un jeune homme extraordinaire, qui travaille tout le temps, sans relâche. Et c’est un très bon étudiant. Personne ne s’attendait à ce qu’il entreprenne la saison avec 9 buts en 10 rencontres. Mais en même temps, quand on connaît la somme de travail qu’il a déployée, on peut difficilement être surpris. Il a pris les moyens pour réussir », de conclure l’entraîneur Chris Bergeron.

Si Marc Bergevin avait pu publier une petite annonce dans la section « Emplois » d’une revue spécialisée en hockey ces dernières semaines, elle aurait ressemblé à ceci : « Organisation bien établie, recherche candidate capable d’évoluer à la position de défenseur dans la LNH. Qualités recherchées : spécialisation en avantage numérique, excellente capacité à travailler sous  pression et, surtout, talent particulier pour acheminer des rondelles au filet. »

La chronique de Martin Leclerc

La direction du Canadien est à ce point préoccupée par la chute vertigineuse de son attaque massive (qui était naguère le pain et le beurre de la formation) qu’elle s’est résolue à investir 4,6 millions de dollars sur Sergei Gonchar, un arrière de 40 ans qui sera avant tout utilisé comme spécialiste dans cette situation. Quitte à retarder d’une autre année le développement du jeune Nathan Beaulieu.

Lors de l’arrivée de Michel Therrien en 2012-2013, l’unité de supériorité numérique du CH était l’une des plus redoutables de la LNH (5e rang) avec une efficacité de 20,7 %. Ce niveau d’excellence s’est maintenu jusque dans la dernière ligne droite de la saison dernière. Puis, soudainement, l’AN du Tricolore a été blanchie dans les huit dernières rencontres du calendrier 2013-2014. Lors des 11 derniers matchs, l’équipe n’a connu que 2 réussites en 37 tentatives (5,4 %).

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Cette saison, la tendance se maintient. Rien ne va plus.

Le CH occupe le 28e rang dans la LNH lorsqu’il jouit d’une supériorité numérique, avec un taux de réussite anémique de 7,1 %. Pourtant, ce sont les mêmes joueurs, à quelques exceptions près, qui se retrouvent sur la patinoire dans ces situations.

« Les joueurs de pointe constituent le moteur de notre avantage numérique. Mais ils ont de plus en plus de difficulté à acheminer des rondelles au filet. Nous pensons que c’est le facteur qui fait la différence [entre les résultats passés et ceux de cette saison]», confiait un membre de la brigade défensive hier.

Il est vrai que les défenses adverses déploient plus d’efforts pour contrer P.K. Subban, qui fait l’objet d’un marquage plus serré en zone offensive. L’an passé, Subban apparaissait au 10e rang dans la LNH pour la moyenne de tirs. Cette année, l’ex-gagnant du trophée Norris occupe le 47e rang, avec une moyenne de 1,9 tir par rencontre.

Le Canadien 2014-2015, au jeu!

Dans les faits, Erik Karlsson des Sénateurs d’Ottawa obtient en moyenne plus de tirs par match (4,1) que Subban et Andrei Markov réunis! Ensemble, les deux défenseurs offensifs du CH totalisent une moyenne de 3,9 tirs au filet par soirée de travail.

On parle ici des deux principaux animateurs de l’avantage numérique du CH. Subban et Markov, qui totalisent une maigre récolte de 1 but et 1 passe en supériorité numérique, sont aussi les deux joueurs du CH qui passent le plus de temps sur la patinoire dans cette situation, avec des moyennes respectives de 3 min 43 s et 3 min 29 s par rencontre.

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Gonchar lorsqu'il portait les couleurs des Sénateurs
Gonchar lorsqu’il portait les couleurs des Sénateurs.

L’arrivée de Gonchar ne signifie pas que Markov ou Subban perdront des responsabilités en avantage numérique. Mais elle donnera certainement plus d’options à Michel Therrien, surtout dans la seconde vague, où les résultats sont carrément catastrophiques.

Nathan Beaulieu et Tom Gilbert jouent moins d’une minute par match en moyenne en avantage numérique. Surtout parce que le CH soutire peu de pénalités à ses adversaires depuis le début de la saison. Les hommes de Michel Therrien viennent au 29e rang à ce chapitre, ayant profité de seulement 42 occasions en AN.

Gilbert avait été acquis en partie pour la qualité de son tir et pour sa capacité à jouer dans la seconde vague en avantage numérique. Mais il obtient en moyenne 0,9 tir par rencontre. Quant à Beaulieu, qui se fait bloquer une incroyable quantité de tirs, il n’est visiblement pas encore mûr pour camper un rôle de distributeur de rondelles dans ces situations. Pas dans la LNH en tout cas.

Parce qu’il partage la même définition de tâches que Gonchar (et le même temps d’utilisation), Beaulieu est celui qui est le plus menacé par l’arrivée du vétéran russe.

« Gonchar a bâti sa carrière sur la qualité de son jeu en avantage numérique », a répondu Marc Bergevin, mardi, lorsqu’on lui a demandé ce que sa nouvelle acquisition allait apporter à l’équipe. Le temps est maintenant venu de voir si Gonchar sera capable de conclure sa remarquable carrière sur la même note.

C’est un coup de dés de 4,6 millions de dollars qui n’aurait pu être réalisé sans expédier Travis Moen à Dallas, et sans rétrograder Rene Bourque à Hamilton.

Il sera très intéressant de voir ce que donnera cette étonnante acquisition.

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