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Revenir, c’est possible

Vendredi 5 février 2016 à 16 h 01 | | Pour me joindre

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Les Penguins de Pittsburgh gagnent la Coupe Stanley en 2009.
Les Penguins de Pittsburgh gagnent la Coupe Stanley en 2009.

Il faut parfois regarder le passé pour en tirer des leçons. Or, l’histoire nous enseigne que la situation du Canadien de Montréal n’est pas désespérée, mathématiquement du moins.

On entend depuis deux semaines que le Tricolore devra gagner deux matchs sur trois d’ici la fin de la saison pour se glisser en séries. Ce calcul n’est pas mauvais, mais il y a eu des exceptions.

23 revenants

Depuis 10 ans, 23 formations qui auraient été exclues des séries si elles avaient commencé après le match des étoiles (1) ont réussi à remonter la pente dans les dernières semaines de la saison pour s’y tailler une place. 23, ce n’est pas rien!

Le Canadien a réussi l’exploit deux fois. En 2006, il avait conclu la saison avec une fiche de 20 victoires, 9 défaites et 3 revers en bris d’égalité, mais avait perdu dès le premier tour contre les Hurricanes de la Caroline.

En 2010, après la pause olympique, le Canadien a aussi réussi à remonter la pente et, cette fois-là, inspiré par le jeu de Jaroslav Halak. Il avait même atteint le troisième tour des séries. Le Tricolore n’avait pas connu une fin de campagne si impressionnante. Il avait offert un rendement de 14-8-5 (moyenne de ,611) à ses 27 derniers matchs. Il avait cependant profité de la double déconfiture des Rangers et des Panthers qui s’étaient effondrés. Ça arrive aussi aux autres!

Statistiquement, cette place en finale d’association est une anomalie, parce que des 23 équipes qui ont remonté la pente,  11 ont été éliminées dès le premier tour et 7 autres dès le deuxième. Phénomène plus rare, quatre formations sont allées jusqu’en finale d’association (dont le Canadien de 2010). Et rareté des raretés, il y en a même une qui a remporté la Coupe Stanley!

Les Penguins

En 2009, les Penguins de Pittsburgh étaient 4es de la Division atlantique le 27 janvier et 10es au classement de l’Est. Mais ils ont fini la saison avec un rendement de 22 victoires, 7 revers et 5 défaites en bris d’égalité (moyenne de ,721) avant de remporter la coupe et la finale en sept matchs contre les Red Wings de Détroit.

Coïncidence troublante : le déclic pour les Penguins avait été le congédiement de leur entraîneur. Et cet entraîneur était Michel Therrien.

Outre les chiffres…

Les chiffres ne disent pas tout, évidemment. Quand ton équipe est à plat, que tu as du mal à marquer trois buts par match et que tu es privé de ton meilleur gardien (qui est aussi ton meilleur joueur), ça ne fait pas de toi un candidat très relevé pour créer une surprise. Alors, ne rêvons pas trop fort. Je tenais à le préciser. Statisticien? Peut-être. Jovialiste? Pas vraiment.

L’échange Gallagher

Dans cette chronique, la semaine dernière, je défendais l’idée que le marché des transactions représente désormais la seule issue mathématique pour Marc Bergevin s’il veut respecter son plan quinquennal. J’utilisais un exemple accrocheur, une transaction impliquant Brendan Gallagher…

D’abord, mille regrets pour l’impossibilité de commenter l’article. Un pépin technique a empêché que vous puissiez formuler vos commentaires.

Comme cette chronique a pour but de susciter la réflexion et les échanges, ce serait ridicule d’occulter les commentaires volontairement. Plusieurs me l’ont reproché. Il n’en est rien. Beaucoup m’ont rejoint par courriel (guy.daoust@radio-canada.ca) . D’autres, plus nombreux encore, ont commenté sur ma page Facebook. Merci à tous… ou presque. Il y en a toujours quelques-uns qui n’ont pas de  nom, pas d’identité, pas d’argument ni de savoir vivre.

(1) Pour les années sans match d’étoiles, j’ai utilisé une date mitoyenne, le 27 janvier, comme référence.

Bergevin doit oser

Vendredi 29 janvier 2016 à 14 h 01 | | Pour me joindre

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S’il souhaite améliorer son équipe à court terme et respecter l’engagement quinquennal qu’il a pris à son arrivée avec le Canadien, Marc Bergevin devra oser. Il devra prendre des risques. Il devra conclure une ou des transactions pour transformer son équipe.

Quand on est directeur général, il y a trois façons d’améliorer son personnel. Voyez comme deux d’entre elles ne sont plus des options…

Le repêchage

La formule est connue. « C’est par le repêchage qu’on bâtit les équipes gagnantes. » On vous répète que c’est comme ça que les Blackhawks de Chicago sont devenus ce qu’ils sont. Les Kings de Los Angeles ont aussi remporté deux Coupes Stanley récemment. Ils ont bien repêché.

Mais il faut reconnaître que pour deux qui ont réussi, pendant la même période, il y en a forcément 28 qui ont échoué. Et même pour ceux qui ont du succès, il faut du temps et de la patience. Keith, Seabrook, Toews et Kane ont été repêchés de 2002 à 2007.

Si le Canadien consent à finir dans la cave pendant quelques années et qu’il repêche aussi bien que les Blackhawks, ça pourrait nous donner une équipe championne dans 8 ou 10 ans.

Dans 10 ans, Carey Price aura 38 ans. Et ça dépasse largement les cadres du plan quinquennal. Sans parler qu’on peut repêcher et bâtir comme les Blackhawks, mais on peut aussi le faire comme les Oilers.

Les joueurs autonomes

Ce marché-là se tarit. Il y en a de moins en moins. Ils sont si peu nombreux que la demande est supérieure à l’offre. Les prix grimpent. On risque de payer trop cher et le choix est limité.

En juillet prochain, les meilleurs attaquants disponibles seront Milan Lucic, Andrew Ladd, Kyle Okposo, Eric Staal, David Backes et Steven Stamkos, s’ils ne signent pas une nouvelle entente d’ici là.

Le Canadien peut offrir la lune à Stamkos, par exemple, mais un directeur général ne peut baser le développement de son équipe et toute sa stratégie sur une hypothétique embauche. C’est utopique.

Si le gars visé signe ailleurs parce que sa femme ne trouve pas de Doritos à Montréal (qui se souvient de Bryn Smith?), tu fais quoi avec ton plan?

Les transactions

Voilà un marché pour lequel Bergevin a le contrôle. Voilà un marché qui peut donner des résultats immédiats. Mais il faut oser. Il faut prendre des risques. Il faut convaincre un collègue directeur général. Il faut accepter d’être jugé, de vivre avec les conséquences.

Et j’ajoute qu’il faudra se tourner vers l’attaque. Encore là, on dit qu’il faut bâtir depuis l’arrière, mais les gagnants de la Coupe Stanley depuis 10 ans avaient tous une attaque redoutable, et les équipes qui dominent la ligue actuellement (Washington, Chicago, Dallas) aussi.

Mais les bons attaquants sont rares. Ils ont des lacunes en défense? Pas grave, je suis preneur. Le jeu défensif, ça s’enseigne, mais marquer des buts, ça ne s’apprend pas à 25 ans.

Un exemple 

Si Bergevin offrait aux Flyers Brendan Gallagher et Nathan Beaulieu contre Claude Giroux? Giroux est le gros morceau. Il a 28 ans. Gallagher et Beaulieu n’en ont que 23.

Giroux a encore six ou sept  bonnes années à offrir. Beaulieu et Gallagher en proposent 20 à eux deux.  Rien n’empêche d’assortir la transaction de quelques espoirs, de choix au repêchage et de toute la « considération future » qui vous passera par la tête.

Risqué? Et comment! J’ai fait l’exercice cette semaine avec des amateurs et des collègues. La moitié trouve qu’on donnerait trop. L’autre moitié estime que les Flyers vont refuser parce qu‘on ne donne pas assez.

Vous pourrez objecter tous les plafonds salariaux et toutes les clauses de non-échange qui vous passeront par la tête.  Mais imaginez par exemple Subban et Plekanec à Edmonton contre Taylor Hall et Justin Schultz.

C’est à Marc Bergevin de décider et de convaincre, pas à nous. Pour nous, ce n’est qu’un jeu.

Mais il y a une certitude : l’amélioration et le respect du plan quinquennal passent par une ou des transactions. La relance de l’équipe aussi.

Et là, c’est à Marc Bergevin de jouer.

Le Canadien et la patience

Vendredi 22 janvier 2016 à 13 h 12 | | Pour me joindre

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Le joueur du Canadien Alex Galchenyuk
Alex Galchenyuk

Le Canadien se retrouve dans une position intenable. Pas besoin d’en ajouter ou de vous faire un dessin.

Marc Bergevin a improvisé un point de presse jeudi  pour calmer les esprits. Il a renouvelé sa confiance en son personnel d’entraîneurs, à commencer par Michel Therrien. Pour le reste, ça revient à peu de mots. Il a, en quelque sorte, exhorté les partisans à la patience.

On attend quoi?

Cette patience risque d’être solidement éprouvée par les trois principaux points de cette conférence, des points qui ont été abordés à la suite de questions posées par les médias. Des points qui sont autant de problèmes.

D’abord, le directeur général nous a appris qu’on ne reverrait pas Carey Price avant trois semaines et peut-être un mois.  Rien à redire. Une blessure peut mettre fin à une carrière. Si Price a besoin de deux mois, de trois mois, d’une opération, qu’on les lui donne. On ne va pas risquer d’hypothéquer sa carrière pour sauver la saison d’une équipe surévaluée. Mais son absence laisse un goût amer. C’est désagréable. On nous la sert sans glace en nous demandant d’être patient… Premier problème.

En nocturne

À un collègue qui lui a demandé de revenir sur la conversation qu’il avait eue avec Alex Galchenyuk après la dispute « matrimoniale » de ce dernier, Bergevin a laissé entendre que la page était tournée et que le message était passé. Ah oui?  Le soir même, Galchenyuk se dispute à nouveau avec la petite amie (ex petite amie?) dans un bar. On apprend que P.K. Subban a chevaleresquement mis un terme à l’altercation. On apprend aussi que Nathan Beaulieu était présent.

Nouveau message (mais toujours le même) :  quand ton équipe fait la une parce qu’elle est la pire de la Ligue nationale, reste chez toi, joue au Scrabble, au Monopoly, au Nintendo et attends des jours meilleurs pour retourner prendre un verre dans la nuit… surtout le jour où ton directeur général fait un point de presse qui se veut rassurant.

On touche là un deuxième problème.  Si Galchenyuk n’a pas compris, quand comprendra-t-il? Que lui faut-il pour comprendre? Et de la façon dont il joue actuellement, Nathan Beaulieu aurait lui aussi avantage à se montrer discret.

Les échanges

Marc Bergevin a aussi parlé de la difficulté qu’il rencontre dans sa tentative de conclure un échange susceptible d’aider son équipe. C’est ce qu’il nous dit : « Si on voyait qu’il y en a partout ailleurs et que c’est juste à Montréal, on pourrait dire : « Voyons Marc, ça n’a pas d’allure. » Mais il n’y en a pas! »

Voilà un troisième problème.

En conclusion

En ce vendredi matin, je trouve tout ça assez déprimant. On dit aux partisans de se montrer patients. On leur dit que leur héros, le meilleur gardien du monde, ne pourra aider l’équipe avant longtemps. Les mêmes partisans constatent que malgré les circonstances et les premières pages, de jeunes joueurs continuent de bambocher. Et le directeur général ajoute qu’il ne faut pas se fier aux échanges pour améliorer la situation…

Vous sentez-vous patients? Et surtout, on attend quoi au juste?

Le PDG de Renault et de Nissan, Carlos Ghosn
Le PDG de Renault et de Nissan, Carlos Ghosn

Renault a donc choisi de revenir comme équipe en 2016. Chemin inverse à 2010, quand Renault avait vendu l’équipe à Gérard Lopez (Genii Capital).

Renault récupère à « bas » prix une équipe endettée (à hauteur d’un million de dollars américains), embêtée par le ministère du Revenu britannique, et elle s’associe avec M. Lopez comme actionnaire minoritaire.

« Je garde une toute petite participation, minoritaire, dont je n’ai pas le droit de parler pour l’instant », a-t-il dit le 4 décembre au journal Luxemburger Wort.

Renault s’est engagée à payer les créanciers d’ici au 16 décembre, ce qui simplifiera les discussions pour la prochaine audience de l’équipe Lotus devant la Haute Cour de Londres le 21 décembre.

Si Renault a mis du temps à confirmer son intention de revenir, c’est que le PDG du groupe Renault-Nissan Carlos Ghosn négociait ferme, en coulisse, avec M. Lopez, Bernie Ecclestone (pour obtenir une plus grande part du gâteau des droits commerciaux) et Red Bull (pour continuer à fournir des moteurs français en 2016).

« Après une étude exhaustive du dossier, j’ai décidé que Renault reviendrait en F1 en 2016 », a dit M. Ghosn par voie de communiqué.

Remarquez l’emploi de la première personne du singulier. M. Ghosn a pris soin de faire comprendre qu’il avait pris seul la décision.

Les négociations ont été complexes, car elles étaient menées sur plusieurs fronts. Ce qu’il ne voulait plus, c’était de signer des chèques (à concevoir et produire des moteurs pour les clients), sans avoir de retour, sans avoir le plein contrôle.

Il l’avait dit sans détour lors d’une conférence de presse le 28 juin dernier à Londres dans le cadre du Championnat de formule E.

« Je remarque qu’en F1, on oublie vite de vous citer quand on gagne, a dit Carlos Ghosn. Mais on vous montre vite du doigt quand on perd! »

Les relations avec Red Bull se sont dégradées au cours des deux dernières saisons après que Renault eut raté son passage au moteur hybride V6 turbo en 2014. Le divorce a même été prononcé au cours de la saison 2015, avant que la raison ne l’emporte, car Red Bull n’a pas réussi à trouver un autre partenaire moteur pour 2016.

Avec une équipe à son nom, Renault aura donc de nouveau un retour direct sur son investissement pour ce qui est des retombées médiatiques et commerciales.

Et il devrait y avoir des résultats, si on se fie aux chiffres publiés dans le magazine allemand Auto Motor und Sport. Renault aura un budget comparable à celui de Mercedes-Benz, soit autour de 260 millions de dollars américains.

Renault obtient une part accrue des droits consentis par Bernie Ecclestone, une somme supérieure à 30 millions de dollars américains par année en vertu du statut historique de Renault en F1, tout comme Ferrari. Cette somme ne comprend pas, bien sûr, les primes de résultats.

En échange d’un engagement ferme jusqu’en 2024, Renault aurait reçu un paiement de 65 millions de dollars de la FOM (Formula One Management) pour revenir en F1 (le fameux bonus à la signature). Ce qui aurait permis à Renault de racheter l’équipe Lotus sans verser un sou…

(NDLR : pour ce qui est des chiffres, il faut prendre les informations non officielles avec les précautions d’usage, car les montants varient substantiellement selon les sources.)

M. Ecclestone sait parfaitement que s’il ne s’entendait pas avec Renault, il mettait en péril l’existence de l’équipe Lotus, et la saison 2016 de l’équipe Red Bull. Il a des comptes à rendre à CVC Capital, l’actionnaire majoritaire de la F1, qui ne voulait pas voir son produit perdre de sa valeur.

Renault pourra aussi compter sur la contribution de Red Bull, avec un nouveau contrat  pour les moteurs,  évalué à 33 millions de dollars américains par année, dans lequel les deux parties y trouvent leur compte.

Red Bull va pouvoir renommer les moteurs français Tag-Heuer, au nom du nouveau commanditaire qu’elle a « volé » à McLaren. Plus d’argent pour Red Bull, qui s’assure d’une continuité technique pour le développement du moteur. Et le groupe Renault-Nissan récupère l’image (et le budget) d’Infiniti, la marque de luxe de Nissan, que Red Bull possédait depuis 2011.

Renault a fait ses devoirs

Grâce à des négociations de coulisse rondement menées, Renault aura donc une structure qui permettra à l’équipe de F1 de revenir dans le trio de tête, avec Mercedes-Benz et Ferrari.

Trois entreprises dirigées par des conglomérats, rigoureux en matière de gestions technique et financière. Et qui n’hésiteront pas à donner leur avis.

« La F1 attire des millions d’amateurs, grâce aux possibilités offertes par les nouvelles technologies, les réseaux sociaux, les jeux vidéo, qui restent à être exploitées à leur plein potentiel », peut-on lire dans le communiqué de Renault.

Si les grands constructeurs invitent la F1 à changer, la F1 (comprenez Bernie Ecclestone…) doit les écouter.

La F1 perd de sa valeur à force de s’éparpiller dans des accords financiers secrets négociés à la tête du client et des règlements techniques complexes et changeants, qui ne permettent plus la moindre comparaison sérieuse de saison en saison. Et ce sera encore la révolution technique en 2017…

Avec Mercedes-Benz, qui est la référence depuis deux ans, Ferrari, qui revient à l’avant-scène, dynamisée par Sebastian Vettel, et Renault, la F1 retrouve un noyau dur sur lequel bâtir.

Bâtir autour du noyau et donner une vraie place aux équipes indépendantes pour ne pas laisser toute la place aux constructeurs automobiles. La crise boursière de 2008 et le départ des constructeurs japonais sont encore frais en mémoire. L’équilibre des forces est à la base du succès.

Bernie Ecclestone doit donc faire le ménage dans sa propre cour, et commencer à préparer la F1 à son départ (inévitable). Sortir de l’ère de la négociation à la tête du client…

La Commission européenne l’aidera peut-être, si elle donne suite aux plaintes de Force India et de Sauber sur l’état des finances des petites équipes, déplorable, en raison des déséquilibres dans le partage des  revenus. Surtout si elle leur donne raison.

Carlos Ghosn sera le premier à surveiller les décisions de la Commission européenne.

À la défense d’Eller

Vendredi 27 novembre 2015 à 15 h 05 | | Pour me joindre

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Lars Eller est pourchassé par Marc Staal.
Lars Eller est pourchassé par Marc Staal.

Vous êtes durs envers Lars Eller. Je ne suis pas membre de son fan-club, mais je vous trouve un peu intransigeants avec le pauvre Lars. J’ai donc résolu de vous offrir quelques chiffres pour adoucir votre perception. Les Fêtes approchent après tout.

On entend dire toute sorte de choses pas très flatteuses sur le compte de Lars. Il paraît qu’il manque de vision du jeu, qu’il repère mal ses coéquipiers, qu’il a du mal à s’offrir en cible… Pourtant, sa production offensive est très adéquate. Il a marqué six buts en date du 27 novembre. À ce rythme il va franchir la barrière des 20 buts pour la première fois de sa carrière. Et un seul de ces buts a été marqué en avantage numérique, où Michel Therrien l’emploie parfois, dans la deuxième unité.

C’est honnête comme production, non? Pour un ailier gauche de troisième trio, c’est même très bien.

Vous dites qu’il appartient au deuxième trio. Mais non. À forces égales, les trios de Plekancec et de Desharnais bénéficient de plus de temps d’utilisation que le trio de Galchenyuk. Pour ce qui est du « temps de glace », Eller appartient donc au troisième trio.

Et puis, juste pour le plaisir, ses six buts comme ailier gauche, c’est mieux que les quatre de Matt Moulson, les trois de Chris Kunitz, les trois de Chris Kreider ou les deux de Carl Hagelin.

Une spécialité

En prime, Eller joue remarquablement bien en désavantage numérique.

Au cours des cinq derniers matchs, il a passé 10 minutes et 41 secondes sur la patinoire à court d’un homme sans que l’adversaire marque une seule fois. Mieux : il a marqué en désavantage numérique contre les Canucks pour relancer le Canadien dans une remontée qui a conduit à un gain de 4 à 3.

Michel Therrien le voit bien. Son temps d’utilisation en désavantage numérique (influencé par le nombre de pénalités, évidemment) est passé de 1 min 23 à 3 min 23 en cinq matchs.

Je ne suis pas en train de vous dire qu’il faut poser sa candidature pour le trophée Hart, mais si on le laissait un peu tranquille, hein?

Une bonne idée

C’est celle du collègue Sean McIndoe d’ESPN.

Le nombre de transactions est très réduit dans la Ligue nationale. Le plafond salarial embête les directeurs généraux. Alors, McIndoe propose un truc pour augmenter le nombre d’échanges. Ça a le mérite d’être original.

Il propose d’accorder à chaque formation un choix au repêchage additionnel, une sorte de carte gratuite.

Dans son plan diabolique, le 20e choix au repêchage serait attribué à l’équipe ayant terminé au dernier rang l’année précédente, le 25e à l’équipe ayant terminé au 29e rang, le 30e à la formation ayant conclu l’année au 28e rang, etc. Et McIndoe propose que ce choix ne puisse être exercé que s’il est échangé. C’est là qu’est tout l’intérêt.

Ainsi, la formation ayant terminé au dernier rang à l’issue de la saison en 2016 se verrait attribuer le 20e choix du repêchage de 2017 et aurait 14 mois pour l’échanger. Si elle ne l’échange pas, elle le perd, comme s’il n’avait jamais existé. Si elle l’échange, l’équipe qui l’obtient peut l’exercer, mais dans l’opération, celle qui a terminé au dernier rang aura obtenu un joueur.

Il serait interdit, évidemment, d’échanger ces « passes gratuites » contre d’autres « passes gratuites ». Comme Sean McIndoe, je suis convaincu que ça augmenterait un peu le nombre et peut-être même l’importance des transactions. Et ça donnerait un peu de latitude aux directeurs généraux.

Je sais, c’est audacieux comme idée. Mais dans une ligue qui considère la possibilité d’agrandir les filets, ce n’est certainement pas une hérésie.

Dans l’objectf de Johany

Jeudi 26 novembre 2015 à 17 h 23 | | Pour me joindre

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La photographe Johany Jutras
La photographe Johany Jutras

Les terrains de football n’ont plus de secret pour la photographe Johany Jutras. Depuis des années, elle patrouille les lignes de touche du football collégial, universitaire et professionnel à la recherche du cliché parfait.

Ses trois frères ont joué au football dans les rangs collégiaux et universitaires.

Au début de l’été, elle a vendu une partie de ses biens, a libéré son condo, a vendu ses caméras et a mis son projet à exécution.

À bord de sa voiture, elle voulait traverser le pays d’est en ouest pour visiter toutes les équipes de la Ligue canadienne de football. Le tout avec à peine 7000 $ en poches.

Le but? S’imprégner de la culture des différentes formations de la LCF et partager le tout dans un livre de photos. Moins de cinq mois plus tard, le bouquin s’est matérialisé et est déjà en vente.

« J’ai le livre en main et je ne réalise toujours pas que j’ai réussi mon pari, confie Jutras, Je suis très fière et je suis certaine que tous les amateurs de football y apprendront quelque chose. »

Le livre de Johany Jutras, intitulé Notre ligue, notre pays
Le livre de Johany Jutras, intitulé Notre ligue, notre pays

Le livre, intitulé Notre ligue, notre pays, est écrit majoritairement en anglais, mais il compte deux chapitres bilingues pour les Alouettes de Montréal et le Rouge et Noir d’Ottawa. Au-delà des textes, ce sont surtout les photos qui transmettent la passion des amateurs canadiens.

« J’ai passé une semaine dans chaque ville pour bien saisir les différences et subtilités entre les divers marchés canadiens. Les équipes m’ont donné des accès privilégiés pour que je puisse prendre des photos. J’ai rencontré beaucoup d’amateurs passionnés. C’était aussi l’objectif. »

Bien sûr, la réponse n’a pas été égale partout. Les Eskimos d’Edmonton ont été plus réticents à ouvrir leurs portes à la photographe québécoise. La formation albertaine a d’ailleurs la réputation d’être plutôt fermée aux représentants des médias.

« Pourtant, je ne me considérais pas comme une journaliste, mais plutôt comme une personne qui voulait mettre l’équipe en valeur. Ce n’est pas grave, on m’a bien reçu quand même. »

Le Rouge et Noir d’Ottawa et les Stampeders de Calgary ont été particulièrement accueillants et ouverts. On l’a fait sentir comme si elle faisait partie de la famille.

« J’ai dû rentrer une semaine à Montréal quand j’étais rendue à Calgary. Je cherchais un endroit où garer ma voiture et le président de l’équipe m’a écrit un message pour me dire de laisser mes clés sur son bureau, qu’il allait s’occuper de tout. J’étais renversée. À Montréal, Jim Popp a aussi été très accueillant. »

L’histoire derrière la photo 

Il est cruel de demander à l’auteure de choisir sa photo préférée dans le livre qui en contient des centaines. Johany Jutras a accepté de trancher et de nous raconter l’histoire derrière ce cliché.

« Je voulais prendre une photo aérienne du stade des Tiger-Cats, mais les immeubles en hauteur sont plutôt rares à Hamilton. J’ai donc eu l’idée de prendre la photo à partir d’un hélicoptère. »

« Je quitte donc le stade en plein match pour me rendre à l’aéroport, mais l’orage éclate. Rendue sur place, j’essaie de convaincre le pilote de voler quand même, mais il refuse. Trop dangereux. Je lui demande de vérifier de nouveau ses radars pour une ultime tentative. »

« Puis, comme un miracle, le ciel s’est dégagé pour une période de 25 minutes. C’est tout le temps qu’on a eu pour voler et aller prendre notre photo. C’était le plus beau coucher de soleil de ma vie. Prendre une telle photo, à bord d’un hélicoptère sans porte, ça ne s’oublie pas. »

On vous laisse juger du résultat :

Le stade des Tiger Cats de Hamilton
Le stade des Tiger Cats de Hamilton

La carte manquante de Susie Wolff

Lundi 23 novembre 2015 à 14 h 28 | | Pour me joindre

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Le Québécois Lance Stroll, 17 ans, doit son poste de pilote affilié dans l’équipe F1 Williams à la décision de Susie Wolff de prendre sa retraite.

Une décision prise à regret par la pilote écossaise, qui montre que ce n’est ni demain ni après-demain qu’une femme pilotera en Grand Prix…

Après avoir été nommée pilote de développement en avril 2012, elle avait été promue pilote d’essais pour la saison 2015. Elle a participé à des séances privées, puis a tourné en essais libres à sept reprises.

Il lui manquait une carte dans son jeu, le poste de pilote de réserve pour éventuellement être invitée sur une grille de départ, mais l’équipe Williams ne lui a pas fait confiance jusqu’au bout.

Plusieurs ont pensé, peut-être naïvement, que Susie Wolff avait une meilleure chance de réaliser son rêve dans une équipe dirigée par une femme, Claire Williams.

N’est-ce pas Claire Williams qui avait défié l’ordre de son père il y a 15 ans pour monter les échelons dans l’entreprise familiale? Frank Williams avait dit que jamais il n’offrirait un poste à sa fille dans son équipe.

Les temps changent.

Claire Williams a prouvé sa valeur, tout comme Susie Wolff a prouvé la sienne, en faisant ses classes patiemment, en formule Renault, en F3, en DTM avec Mercedes-Benz avant d’entrer en F1.

« Je voulais montrer à l’équipe que je pouvais faire le métier. Je n’aurais jamais demandé à le faire si je ne m’en sentais pas capable, avait dit Susie Wolff en juillet 2014. J’ai dû répondre à tellement de questions merdiques sur le fait que j’étais un outil de marketing, alors je voulais faire du bon boulot. »

Et comme Williams n’avait pas de pilote de réserve au début de la saison 2015, plusieurs pensaient qu’elle serait de facto choisie pour remplacer les pilotes titulaires Felipe Massa et Valtteri Bottas en cas d’urgence.

Cette toute petite fenêtre s’est ouverte trop tôt. Quand Valtteri Bottas s’est blessé au dos le 14 mars lors de la séance de qualification du GP d’Australie, premier rendez-vous de la saison, on croyait que Claire Williams allait offrir le poste de pilote de réserve à Susie Wolff.

Elle avait déjà tourné trois fois en 2014 dans des essais libres et s’était approchée à deux dixièmes des chronos de Felipe Massa.

L’occasion était belle pour Williams, pour Susie Wolff, pour la F1.

La décision de Williams

Claire Williams a préféré engager l’Allemand Adrian Sutil comme pilote de réserve à la veille du Grand Prix de Malaisie. Frank Williams a appuyé la décision de sa fille, estimant qu’il serait le mieux placé pour prendre le volant.

La fenêtre s’est refermée brutalement…

« La réalité a frappé fort. J’ai compris ce jour-là que peut-être ce serait plus dur que prévu… », a-t-elle admis.

Plusieurs ont compris que Susie Wolff ne réussirait pas son pari de piloter en Grand Prix. La fenêtre ne s’est pas rouverte. Aujourd’hui, par rectitude politique, on lui reproche son âge… 32 ans.

C’est avec une énorme désillusion dans la voix que Susie Wolff a dit adieu à la F1 le 4 novembre.

« Si je crois que la F1 est prête à accueillir une femme pilote qui serait compétitive? Oui. Si je crois que les femmes peuvent y arriver? Bien sûr. Si je crois que ça arrivera bientôt? Non, malheureusement. »

Au cours de la petite histoire de la F1, six femmes pilotes ont participé à des week-ends de Grand Prix : Maria Teresa de Filippis, Lella Lombardi, Divina Galica, Désiré Wilson, Giovanna Amati, et maintenant Susie Wolff.

Filippis et Lombardi ont participé aux qualifications et pris le départ.

Lella Lombardi a connu le plus de succès. Elle a participé à 12 courses de F1 de 1974 à 1976. Elle a fini le Grand Prix d’Espagne de 1975 en 6e place et a marqué un demi-point (en raison d’une épreuve raccourcie). Elle est à ce jour la seule femme à avoir marqué des points en Grand Prix.

Durant ses trois ans en F1, l’Italienne a piloté pour les équipes March, RAM et… Williams. La maladie l’a emportée à l’âge de 50 ans en 1992.

Susie Wolff aurait dû être la prochaine à s’installer sur une grille de départ, compte tenu de son expérience, du sérieux de sa démarche. Ce rêve inachevé la hantera longtemps.

Et sa décision de tourner la page découragera toutes les jeunes pilotes de choisir la F1 comme objectif de carrière. «Pity indeed (vraiment dommage)», comme disent les Britanniques.

La vocation de Desriveaux

Jeudi 19 novembre 2015 à 16 h 14 | | Pour me joindre

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Danny Desrivaux
Danny Desrivaux

Ils sont nombreux les athlètes professionnels à douter lorsque l’heure de la retraite sonne. Que faire? Il est parfois difficile de trouver une passion qui les fera vibrer autant que leur carrière sportive.

Danny Desriveaux n’a pas eu ce problème. Il a rapidement trouvé son salut lorsqu’il a accroché son chandail des Argonauts de Toronto en 2013 après six saisons dans la Ligue canadienne de football, dont cinq avec les Alouettes.

Aujourd’hui, à 33 ans, il conclut sa troisième saison comme entraîneur avec les Carabins de l’Université de Montréal. Avec une victoire samedi à Guelph, Desriveaux et sa bande obtiendraient leur billet pour la Coupe Vanier.

« J’ai eu la piqûre pour le coaching. Si je le pouvais, je ferais ça toute ma vie», explique le coordonnateur des unités spéciales et le responsable des receveurs de passes

« J’ai toujours eu la fibre de l’enseignement. Déjà, quand j’étais joueur avec les Alouettes, j’adorais rencontrer les jeunes dans les écoles. »

« J’aime guider, j’aime encadrer et motiver des jeunes. L’université, pour nos joueurs, c’est une étape très importante de leur vie parce que c’est la dernière marche avant le football professionnel ou le marché du travail. Je sens que je peux les aider en leur transmettant mes expériences universitaires et professionnelles. »

À lire aussi : Des Carabins modestes à Guelph

Desriveaux reconnaît qu’il était plus simple d’être un joueur. Moins de préparation, moins de responsabilités et plus d’action le jour de match.

« Il y a un immense sentiment d’impuissance lorsqu’on est entraîneur pendant le match. Rendu là, on attend de voir si les joueurs vont mettre en pratique ce qu’ils ont assimilé durant la semaine de préparation. »

Bien sûr, les entraîneurs s’ajustent et prennent des décisions pendant les matchs. Une fois la décision prise, ils s’en remettent à l’exécution des joueurs sur le terrain.

Botté bloqué (bis)

Le sentiment d’impuissance était omniprésent à la fin du quatrième quart de la Coupe Dunsmore à Québec samedi dernier.

Le Rouge et Or remontait le terrain et s’approchait pour une tentative de placement d’une quinzaine de verges. Une formalité dans le monde du football. Une formalité, mais pas contre les Carabins.

Danny Desrivaux
Danny Desrivaux

Un an après avoir fait le coup aux Marauders de McMaster en finale de la Coupe Vanier, les Carabins ont de nouveau bloqué un botté au dernier jeu du match. La même stratégie a de nouveau fonctionné.

« Oui, je commençais à douter, mais il faut reprendre le contrôle de nos émotions, dit Danny Desriveaux. On n’avait pas d’autres options que d’y croire. J’ai dit aux joueurs qu’on avait déjà réussi le jeu et qu’il fallait y croire. On était capable et c’est arrivé. »

Les unités spéciales de Desriveaux ont donc mis la main à la pâte sur le dernier jeu du match, après un après-midi difficile. Les botteurs de l’équipe, tant pour les dégagements que les placements, en ont arraché.

« J’avais le sentiment que l’unité n’avait pas assez contribué, alors j’étais soulagé de quitter Québec avec la victoire. On s’est rapidement remis au travail et je n’ai aucun doute que les gars seront à la hauteur cette semaine. »

Apprendre de Maciocia

Desriveaux s’estime chanceux de travailler sous les ordres de Danny Maciocia, qu’il porte en haute estime.

« Il a une approche très professionnelle, ça me rappelle beaucoup mes années de joueur dans la LCF. C’est un grand travaillant qui ne compte pas ses heures. J’apprends beaucoup juste en le regardant aller. »

« Ça reste mon boss, alors c’est évident qu’il y a des choses que tu aimes plus, d’autres moins, dit-il en souriant. Mais dans l’ensemble, je suis privilégié de travailler avec lui. Je tripe à ses côtés. »

Mieux vaut s’amuser parce que les journées sont longues dans les installations d’une équipe de football. Desriveaux y passe plus de 12 heures par jour de la mi-août à la fin de la saison. Pas évident pour le père de deux enfants de 5 mois et de 2 ans.

« Aucun entraîneur de football ne peut vivre son rêve sans une conjointe très compréhensive. Ça demande beaucoup de sacrifices. Pendant la saison, je vois souvent seulement ma famille de 6 h 30 à 8 h 30 le matin. Quand je reviens en fin de soirée, tout le monde est couché. Je suis vraiment choyé d’avoir ce soutien à la maison. »

Le légendaire entraîneur Bud Grant a déjà résumé la clé du succès pour un entraîneur à une simple phrase. « Un bon entraîneur de football a besoin d’une conjointe patiente, d’un chien loyal et d’un bon quart-arrière. »

On a oublié de demander à Desriveaux s’il avait un chien. Visiblement, il a les deux autres.

Popp pour le meilleur ou pour le pire

Mardi 10 novembre 2015 à 8 h 03 | | Pour me joindre

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Jim Popp avec le président Mark Weightman
Jim Popp avec le président Mark Weightman
Pour le meilleur ou pour le pire, par choix ou par défaut, les Alouettes ont choisi la continuité.

Jim Popp reste en postes au pluriel, comme directeur général ET entraîneur-chef.

Comme entraîneur, Popp présente une fiche de 20 victoires et 31 revers.

Quand un journaliste lui a demandé si le directeur général Jim Popp garderait à son emploi l’entraîneur Jim Popp, qui a fini la saison avec 3 victoires contre 7 défaites, le grand manitou y est allé d’une réponse laconique expliquant qu’on se serait assis à la fin de la saison et qu’on aurait évalué le travail de l’entraîneur afin de prendre la meilleure décision pour l’organisation.

Jim Popp est-il le meilleur choix? Les Alouettes avaient-elles vraiment le choix?

Depuis le départ de Marc Trestman, les entraîneurs et les coordonnateurs se sont succédé à un rythme effarant et Popp est venu en relève à deux occasions. Y a-t-il beaucoup d’entraîneurs de qualité qui accepteraient de venir travailler sous Popp sans demander une certaine latitude?

Jim Popp est un brillant homme de football. On ne va pas huit fois à la Coupe Grey sans être un excellent bâtisseur. L’ennui, c’est que pendant qu’il est sur lignes de côté, Popp ne peut se consacrer complètement à son travail de reconstruction et les Alouettes ont grandement besoin d’être regarnis en talents.

Contre les Eskimos d’Edmonton il y a deux semaines, 9 des 12 partants en attaque étaient âgés de 30 ans ou plus.

Le grand patron des Alouettes estime qu’il peut continuer de faire le travail de directeur général comme avant. Le seul moment où ça se complique pour Popp, selon lui, c’est pendant les camps de la NFL où il sera retenu à Montréal.

Qui sera l’homme de confiance chargé de faire le recrutement pour les Alouettes dans cette période importante où des athlètes talentueux deviennent disponibles? Ça n’a jamais été un one-man-show aux dires de Popp. Il peut compter sur d’excellents dépisteurs.

La famille Wettenhall semble convaincue que Jim Popp peut cumuler les deux fonctions avec succès.

La tâche ne sera certainement pas facile avec une équipe vieillissante qui s’est contentée d’une fiche de 23 victoires et 31 défaites depuis le départ de Marc Trestman.

Stabilité chez les coordonnateurs

Jim Popp bénéficiera d’un appui qui aurait certainement fait le bonheur de ses prédécesseurs.

Les vétérans Noel Thorpe et Kavis Reed reviennent dans leurs rôles de coordonnateurs à la défense et aux unités spéciales, tandis qu’Anthony Calvillo sera le coordonnateur à l’attaque, avec ou sans son co-coordonnateur Ryan Dinwiddie dont le sort n’a pas encore été annoncé.

Calvillo dit avoir beaucoup appris à sa première saison comme entraîneur en attaque et il en a désarçonné plusieurs avec son intervention lors de la conférence de presse.

Généralement placide, l’ancien quart y est allé d’un vibrant plaidoyer en appui à Jim Popp. Mais, il s’est aussi exprimé avec vigueur sur ce qu’il attendait de ses joueurs en attaque. Son aplomb et la détermination dans son discours ont laissé voir un homme qui semble avoir terminé sa transition de joueur à entraîneur.

Pardonnez le cliché, mais il avait vraiment l’air de quelqu’un qui a l’Alouette tatouée sur la poitrine. Ça a fait du bien.

VOUS êtes Marc Bergevin (2)

Vendredi 6 novembre 2015 à 14 h 12 | | Pour me joindre

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Nathan Beaulieu (gauche) avec Dale Weise et David Desharnais
Nathan Beaulieu (gauche) avec Dale Weise et David Desharnais

Chose promise, chose due, voici le podium des suggestions de transactions que vous avez proposées en vous mettant dans la peau de Marc Bergevin.

J’ai utilisé plusieurs critères pour déterminer les meilleures propositions.

Le manque de réalisme de certaines transactions suggérées a parfois posé problème et m’a permis de trancher en cas d’égalité.

Vous trouverez l’ensemble des suggestions ici dans la première chronique sur le sujet : VOUS êtes Marc Bergevin.

Vous ne serez peut-être pas d’accord avec mes choix. Et c’est très bien. Chacun son évaluation…

Médaille d’or : François Poulin pour l’acquisition de Jakub Voracek

M. Poulin propose d’offrir Nathan Beaulieu, Mike Condon et Tomas Fleischmann aux Flyers contre Jakub Voracek.

Il fait valoir que les Flyers cherchent toujours un gardien. Et les récentes performances de Condon vous rendent presque trop généreux, M. Poulin. Mais la transaction est réaliste. Nathan Beaulieu est au cœur de votre offre.

Voracek a un mauvais début de saison (comme toute l’attaque des Flyers), mais c’est tout un attaquant! Un défenseur capable de devenir no 1 ou no 2, un gardien très prometteur et un attaquant pouvant aider dès maintenant? Ça pourrait tenter les Flyers. Et Galchenyuk irait probablement chercher Voracek à l’aéroport!

Pour le Canadien, c’est une perte en défense et un gain appréciable en attaque.

Bravo pour votre audace.

Médaille d’argent : Camille Pharand pour l’acquisition de Blake Wheeler

Mme Pharand propose d’offrir Lars Eller, Nathan Beaulieu et Zachary Fucale aux Jets de Winnipeg contre l’attaquant Blake Wheeler, un géant de 1,96 m (6 pi 5 po) qui a 29 ans et amasse 60 points par année.

Encore une fois, Nathan Beaulieu est au cœur de votre offre. Un défenseur très prometteur contre un attaquant accompli? Pas certain que les Jets acceptent le pari. Mais avec Eller et Fucale comme incitatifs, peut-être…

En défense, le Canadien passerait de Beaulieu à Pateryn. C’est un recul. En attaque, il passerait de Semin à Wheeler. C’est un gain qui, à court terme, me semble beaucoup plus appréciable. Si on cherche à s’améliorer maintenant, c’est un beau pari. Les échanges de choix sont une formule plausible pour équilibrer le tout.

Médaille de bronze : Pierre St-Arnaud pour l’acquisition de Jordan Eberle

M. St-Arnaud obtient dans cette transaction un attaquant déjà établi et très jeune. Il cède Beaulieu (c’est une manie dans cet exercice) et Gilbert.

L’ancienne administration des Oilers aurait probablement marché. La nouvelle est plus prudente. Il faudra sans doute ajouter un choix ou négocier. C’est ce petit ajout qui vous vaut (dans mon humble évaluation) la troisième place du podium, M. St-Arnaud, plutôt que la deuxième ou même la première.

Mention spéciale à Clément Levasseur, qui a l’âme d’un directeur général adjoint. Il ne propose aucune transaction, mais analyse celles des autres et se fait le défenseur de l’adage sportif qui dit que « la meilleure transaction est parfois celle qu’on ne fait pas ».

Par ailleurs, j’ai trouvé une seule mention de Tomas Plekanec dans vos suggestions. Dans mes conversations de corridor cet été et au début de l’automne, Plekanec était dans les suggestions de tous les Marc Bergevin du dimanche. Intéressant.

Merci de votre participation et de vos commentaires. J’ai noté beaucoup de civisme dans ces échanges, même dans les désaccords. C’est très apprécié.