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Je vous propose quelques réflexions et quelques prédictions aujourd’hui.

C’est facile à dire quand une équipe connaît un bon début de saison, mais je ne suis pas étonné de l’excellent départ des Islanders de New York.

Garth Snow a payé cher pour obtenir Johnny Boychuck des Bruins. Il a aussi donné beaucoup aux Blackhawks pour Nick Leddy. Mais ces deux joueurs viennent consolider la défense des Islanders de façon remarquable. Boychuck jouait un rôle de second violon avec l’attaque massive des Bruins, mais il a l’un des meilleurs tirs de la Ligue nationale et on le mettra à contribution à New York.

Avec l’ajout de Jaroslav Halak qui a coûté une bouchée de pain (un choix de 4e tour), les Islanders sont en voiture. Ils seront des séries, j’en suis convaincu. Et c’est d’autant plus opportun qu’ils feront la cour à un autre public la saison prochaine quand ils déménageront à Brooklyn.

En Floride

J’ai souvent eu l’impression, l’an dernier, qu’il ne manquait qu’un bon gardien aux Panthers de la Floride pour devenir une menace réelle. J’en venais à cette conclusion entre deux bâillements, je l’avoue, parce que les Panthers pratiquent un style… euh… prudent, mettons; un style à la mesure de leur talent collectif. Quand on est poids coq, on ne fonce pas au milieu de l’arène pour échanger des coups avec un poids lourd. Élémentaire.

Maintenant, les Panthers ont Roberto Luongo. Luongo est un excellent gardien. Épargnez-moi les « il n’est plus ce qu’il était ». Bien encadré, convenablement motivé et soutenu, Luongo peut encore en donner beaucoup. Or, les Panthers ont aussi ajouté Gérard Gallant. Il manque d’expérience dans la Ligue nationale et il sera intéressant de voir comment il prendra possession de cette équipe. Mais il a déjà Jonathan Huberdeau dans son coin. Il l’a dirigé à St-John. Ils ont gagné la coupe Memorial ensemble. J’ai confiance en Gallant. C’est un pragmatique et un bon motivateur.

Au moment d’écrire ces lignes, les Panthers avaient une fiche de deux victoires, deux défaites et deux revers en bris d’égalité. Pas brillant. L’équipe n’avait marqué que neuf buts, ce qui lui valait le 29e rang. Ses deux attaquants les mieux payés, Dave Bolland et Tomas Fleischmann, n’avaient pas amassé le moindre point. Mais les Panthers n’avaient aussi  accordé que 14 buts. Gallant installe son système. L’imagination et la créativité peuvent en souffrir pendant un moment, mais ces 14 buts accordés témoignent d’un effort réel. Pendant ce temps, les talentueux Oilers en ont déjà donné 29 et Dallas Eakins prêche dans le désert.

Quand l’avantage numérique va se mettre à produire, quand Huberdeau et Barkov (qui n’ont que 21 et 19 ans) vont ouvrir leurs ailes, les Panthers pourraient causer des surprises.

Et l’une de ces surprises pourrait être leur déménagement à Québec.

Bettman dit non

Gary Bettman affirme que les Panthers sont en Floride pour y rester. Le commissaire insiste et prend pour exemple les efforts déployés en Arizona pour sauver les Coyotes. Mais attention. Phoenix est dans l’Ouest où il n’y a que 14 équipes et où une expansion serait bien plus payante qu’un déménagement. Si expansion il y a, c’est dans l’Ouest qu’on la verra. Deuxièmement, avant que les Thrashers d’Atlanta déménagent à Winnipeg, Bettman tenait le même discours. Et c’est parfaitement normal. On ne mine pas l’existence d’une équipe, même moribonde, en annonçant son déménagement pendant qu’on essaie encore de vendre des billets.

Bettman est patient, mais les propriétaires de la Ligue nationale feraient plus d’argent, verseraient moins de compensation, vendraient plus de billets, de chandails et de cossins si l’équipe était à Québec. C’est une simple question d’argent. Et vous le savez, l’argent parle fort.

En conclusion, les Islanders seront des séries de fin de saison; les Panthers en seront très proches. Et apprenez à les aimer (ou à les haïr) parce qu’ils joueront à Québec dans deux ans.

Coupe du monde: Haïti, la suite…

Vendredi 24 octobre 2014 à 14 h 45 | | Pour me joindre

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Coupe du monde:  Haïti, la suite…

Je vous disais la semaine dernière, Haïti pour l’histoire! Eh bien oui, Haïti s’est inscrit dans la petite histoire. Ces femmes de l’équipe nationale de football ont ouvert une nouvelle porte pour l’avenir du sport, pour l’avenir du sport au féminin. Non, elles n’ont pas réussi leur qualification pour la Coupe du monde qui se tiendra au Canada en juin prochain. Mais par leur résilience, leur détermination, leur persévérance, elles ont attiré l’attention sur leur situation immensément difficile. La fondation Clinton s’intéresse à elles et voudrait soutenir cette équipe à moyen et à long terme. Dans un pays, comme le dit l’entraîneur de l’équipe, Shek Borkowski: « où tout l’accent est mis sur l’équipe masculine », ce soutien, s’il se concrétise, c’est le prélude d’une révolution! Le début de la reconnaissance de l’équité…C’est immense.

Shek Borkowski
Shek Borkowski
Mais cette dernière étape de qualifications de la zone CONCACAF (Amérique du Nord, Amérique Centrale et Caraïbe), la Gold Cup, en route vers la Coupe du monde pourrait inspirer de nombreux scénaristes. Quand Haïti a été battu 1-0 par l’équipe de Trinité et Tobago, on savait déjà que c’était terminé pour les Grenadières, qui devaient jouer leur dernière rencontre contre les États-Unis. Mais du coup, la république de Trinité et Tobago pouvait prétendre devenir la première nation des Caraïbes à participer à la Coupe du monde.

Comme pour les Haïtiennes, les Soca Princesses sont menées bénévolement par un entraîneur américain, Randy Waldrum. Quand l’équipe est arrivée à Kansas City pour le début des qualifs, elle avait en poche cinq cents dollars. Waldrum a lancé un cri d’alarme sur twitter: « Les filles de T et T sont arrivées avec 500$. Pas d’équipement, pas de transport de l’aéroport à l’hôtel…Que vais-je leur donner pour dîner…J’ai besoin d’aide…Je suis censé aider ses filles à se qualifier pour la Coupe du monde…Elle mérite mieux que ça… »
La réponse a été instantanée…

Le FC Dallas de la MLS (Major League Soccer) a prêté son stade, son équipement, fourni de la nourriture…En fait, la communauté du soccer aux États-Unis a répondu à l’appel et très rapidement près de quatorze mille dollars américains ont été amassés. Disons que la méthode Waldrum n’a pas plu aux autorités de Trinité et Tobago…Waldrum a même écrit de façon préventive une lettre pour expliquer qu’il n’avait aucune intention de froisser la fédération ou le gouvernement, sa seule intention était de soutenir l’équipe. Comme par hasard, les quarante mille dollars promis aux Soca Princesses ont été débloqués.

Cette Gold Cup nous montre de façon désespérante l’immense clivage qui existe encore entre le nord et le sud. Les Américaines dominent le monde du soccer. Elles ont gagné les trois dernières éditions olympiques et depuis le début de la Coupe du monde, elles ont toujours été sur le podium et elles ont aussi gagné le titre à deux reprises. Ce qui a contribué à ce succès aux États-Unis c’est un amendement, sous le gouvernement de Richard Nixon en 1972, le Title IX. Cet amendement interdit toute discrimination sur la base du sexe dans tous les programmes d’éducation soutenus par l’État. Cette loi a permis aux projets de sport féminin dans les collèges et universités d’enfin recevoir des subventions. Depuis, il y a des sports-études et des équipes sur tous les campus.

Est-ce que cette Gold Cup pourra servir de tournant pour le développement du foot dans les pays dévaforisés? Des hommes comme Shek Borkowski et Randy Waldrum, deux Américains qui donnent leur temps pour Haïti, pour Trinité et Tobago contribuent grandement à changer le regard que l’on porte sur ces femmes dans leur pays, à faire avancer les mentalités. Bien sûr, on est encore loin du jour où les équipes féminines des Caraïbes ou de l’Amérique Centrale vont s’imposer sur la scène internationale. Mais en demi-finale de la Gold Cup, avec les États-Unis et le Mexique on retrouve le Costa Rica et Trinité et Tobago…Trois de ces quatre équipes vont obtenir une place pour la Coupe du monde, celle qui terminera quatrième ira en match de barrage contre l’Équateur pour tenter de se faire une place.

Une participation à la Coupe du monde c’est immense. Si Trinité et Tobago y arrive, ces joueuses seront récompensées pour leur ferveur, leur passion. Mais ce n’est pas suffisant. Il faudrait que ces pays qui ont peu de moyens puissent obtenir beaucoup plus de soutien, pour des programmes de développement et pour leur équipe nationale. Les joueuses d’Haïti et de T et T ont ouvert une porte, espérons qu’elle reste ouverte. Souhaitons surtout que les générations qui suivront puissent la traverser…Avec aisance!

 

En début de semaine, on a appris qu’un recours collectif avait été entrepris à Toronto afin de forcer les équipes du hockey junior majeur canadien à se conformer aux lois qui régissent le salaire minimum. Le libellé de la poursuite, qui vise la Ligue de l’Ouest, la Ligue de l’Ontario et la Ligue de hockey junior majeur du Québec, donne l’impression que les équipes juniors nagent littéralement dans l’argent.

La chronique de Martin Leclerc

Le recours, intenté au nom de l’ex-joueur Sam Berg (Ligue de l’Ontario) réclame une compensation de 180 millions de dollars, rien de moins(!), pour des bénéfices (salaire, vacances, congés, heures supplémentaires) que des milliers de joueurs d’âge junior auraient dû empocher au cours des dernières années, si les trois ligues canadiennes s’étaient soumises aux dispositions sur le salaire minimum.

Clarifions tout de suite une chose : je ne traiterai pas dans cette chronique des moyens à prendre pour améliorer le sort des joueurs d’âge junior. C’est un sujet sur lequel je reviens périodiquement depuis plus de 10 ans. Et j’y reviendrai prochainement.

* * *

Le texte de la poursuite allègue que la Ligue canadienne de hockey (qui regroupe les trois circuits juniors majeurs) et ses équipes « ont conspiré pour faire signer aux joueurs un contrat que les défendeurs savaient illégal » et que cette conduite est « cavalière, outrageuse, irréfléchie, immorale, délibérée, sans cœur, disgracieuse, délibérée et totalement méprisante en regard des droits des joueurs ».

À lire ce document, on en vient presque à se dire que les propriétaires d’équipes sont aussi méprisables que les cruels esclavagistes des pays sous-développés, qui enchaînent des enfants à des machines et qui les forcent à travailler plus de 12 heures par jour, 7 jours sur 7, pour quelques cents l’heure. Et on se demande quel genre de parents peuvent bien confier leurs enfants à de tels monstres.

Un vieil adage veut que tout ce qui est excessif soit insignifiant. Eh bien, si c’est le cas, ce recours collectif est d’une insignifiance sans nom.

* * *

Il est vrai que certaines équipes de hockey junior majeur font des profits assez intéressants. Pour les Remparts de Québec, par exemple, verser une allocation de dépenses hebdomadaire de 35 $ à un joueur (tout en payant ses études au cégep et en assumant ses frais de pension dans une famille) constitue sans doute un modèle d’affaires extrêmement lucratif. Les Remparts attirent des foules de 8000, 10 000 ou 12 000 spectateurs à leurs matchs.

Mais pour la majorité des équipes, qui sont installées dans des petites communautés, boucler le budget constitue un défi en soi. En région, les équipes appartiennent souvent à des regroupements d’hommes d’affaires locaux dont le simple but consiste à ne pas faire de déficit, et à animer leur communauté en l’inscrivant au sein de la plus prestigieuse ligue sportive qui leur est accessible.

Avec des foules de 1500 ou 1800 spectateurs, les équipes comme Val-d’Or, Rouyn ou Acadie-Bathurst sont loin de vivre dans le trèfle jusqu’aux genoux. Pour les propriétaires et les dirigeants de ces équipes, qui font partie de la majorité, le recours collectif intenté ces derniers jours à Toronto relève tout simplement de la science-fiction.

* * *

Au début de septembre, bien avant que cette poursuite soit déposée, j’ai justement effectué un grand sondage auprès des directeurs généraux des 18 équipes de la LHJMQ.

L’une des questions de ce sondage était : Votre équipe est-elle en bonne santé financière? Et les participants y répondaient en ayant l’assurance que leur identité n’allait pas être divulguée.

Les résultats?

-  Cinq ont déclaré que leur équipe dégage des profits (28 %)

-  Cinq ont déclaré que leur équipe accumule les déficits (28 %)

-  Sept ont déclaré que leur équipe alterne d’année en année entre de légers déficits et de légers profits (39 %)

-  Un n’a pas voulu répondre (5 %)

« Nos propriétaires ont les reins très solides et la communauté est extrêmement solidaire de l’équipe. Nous ne sommes pas à plaindre en comparaison à d’autres. Mais nous sommes loin de faire de l’argent. Il n’y a que des déficits depuis quatre ans », a déclaré un DG d’une équipe des Maritimes.

« Nous faisons un très léger profit. Et pour y arriver, nous devons organiser des événements de financement comme des tournois de golf. Nous avons connu quelques saisons gagnantes ces dernières années et nous en avons profité pour nous doter d’un petit coussin de sécurité. Ce fut une bonne décision parce que nous nous situons tout juste au-dessus de la ligne de flottaison », a pour sa part commenté le dirigeant d’une équipe québécoise.

« Nos propriétaires rêvent de foules de 2200 personnes à tous les matchs, mais nous n’attirons jamais autant de monde. Le modèle économique ne fonctionne pas. Parce que nous sommes en région éloignée, ça coûte un million par année pour faire voyager et fonctionner l’équipe. Ce n’est pas facile », d’ajouter un autre DG.

* * *

Alors, on fait quoi?

De plus en plus de juristes estiment que les équipes de hockey junior majeur, à titre d’entreprises privées, ne jouissent d’aucune espèce d’exception à la loi sur le salaire minimum. Et qu’à ce titre, les joueurs devraient être payés selon le même taux horaire qu’un étudiant qui, par exemple, travaille dans un McDonald’s.

C’est très noble en théorie. Mais dans la réalité, les deux tiers des équipes devraient probablement mettre fin à leurs activités si c’était le cas.

La situation des équipes et des joueurs de hockey junior au Canada est extrêmement complexe, et elle découle d’une situation historique qu’on ne peut balayer du revers de la main.

Si l’entreprise privée a un jour commencé à chapeauter les activités sportives des meilleurs jeunes hockeyeurs, c’était probablement parce que nos collèges et universités avaient les doigts dans le nez, ou tout simplement parce que nos institutions scolaires ne voulaient pas engager de dépenses dans ce domaine. Les Américains, par exemple, ont emprunté une voie différente. Et eux aussi, leur modèle n’est pas parfait.

La situation des hockeyeurs juniors peut-elle être améliorée? Je suis convaincu que oui. Mais quand on commence cette démarche en faisant fi de la réalité, et en présentant les dirigeants d’équipes comme des exploiteurs cupides et sans vergogne, l’opération perd toute crédibilité.

Au hockey, les statistiques sont parfois extrêmement trompeuses. Une équipe peut être créditée de 35 tirs au filet sans avoir été menaçante de la soirée. Ou encore, un joueur peut conclure un match avec deux points à sa fiche sans vraiment avoir participé à l’effort offensif de son club.

La chronique de Martin Leclerc

De la même manière, les manchettes des médias au lendemain d’un match ne concordent pas toujours avec ce qui s’est réellement produit sur la patinoire…

Pour cette raison, j’ai pensé vous offrir un regard différent sur le Canadien cette saison. Chaque semaine, je publie une compilation des chances de marquer obtenues par les joueurs de Michel Therrien, ainsi qu’une compilation des actions déterminantes qui ont créé ces fameuses chances de marquer. (Note : les définitions de ce que sont les chances de marquer (CM) et les actions déterminantes (AD) sont incluses après le tableau.)

Après sept rencontres, ces deux statistiques révélatrices montrent à quel point le trio composé d’Alex Galchenyuk, Tomas Plekanec et Pierre-Alexandre Parenteau sonne la charge en attaque pour le Canadien depuis le début de la saison. Depuis le début du séjour du Canadien à Montréal (3 matchs), les membres de ce trio ont obtenu et provoqué pas moins de 38 chances de marquer, contre 37 pour le trio composé de Max Pacioretty, David Desharnais et Brendan Gallagher.

PK Subban et ses coéquipiers affrontent les Wings au Centre Bell
P.K. Subban et ses coéquipiers

Pacioretty a été le joueur du CH le plus menaçant durant cette période. À lui seul, il a obtenu ou provoqué 16 chances de marquer.

L’attaque du Canadien se situe au 13e rang dans la LNH, alors qu’elle avait bouclé la saison 2013-2014 au 21e rang.

Voici, donc, le portrait d’ensemble :

Joueurs CM AD Total
14- Plekanec 14 14 28
15- Parenteau 19 8 27
11- Gallagher 14 10 24
27- Galchenyuk 13 9 22
51- Desharnais 8 13 21
67- Pacioretty 13 8 21
81- Eller 8 10 18
17- Bourque 9 7 16
76-Subban 8 6 14
79- Markov 3 8 11
26- Sekac 5 2 7
20- Malhotra 5 2 7
 8- Prust 1 6 7
22- Weise 2 4 6
28- Beaulieu 3 1 4
77- Gilbert 1 3 4
  2- Tinordi 0 2 2
74- Emelin 0 2 2
43- Weaver 0 2 2
32- Moen 0 1 1

 

Qu’est-ce qu’une chance de marquer? C’est un tir décoché à partir d’un endroit où, statistiquement, les probabilités de tromper la vigilance d’un gardien sont les plus élevées. Cette zone privilégiée a en quelque sorte la forme du marbre au baseball. Elle commence à la hauteur du filet et s’élargit jusqu’aux points de mise au jeu. Et à partir des deux points de mise au jeu, elle s’élève en ligne droite, vers la ligne bleue, et dépasse d’environ cinq pieds l’extrémité des cercles.

Un tir qui rate la cible peut être considéré comme une chance de marquer, puisque c’est la position d’où provient le tir qui compte.
Par contre, un tir bloqué par un joueur défensif autre que le gardien ne constitue pas une chance de marquer. À moins que le gardien soit hors position et que ce joueur (par exemple un défenseur) soit le dernier à défendre le filet.

Qu’est-ce qu’une action déterminante? Effectuer une passe est une habileté de base que possèdent tous les joueurs de la LNH. Par contre, créer une chance de marquer (pour soi-même ou pour un coéquipier) est une habileté que peu de hockeyeurs maîtrisent. De nombreux joueurs de la LNH récoltent régulièrement des mentions d’aide après avoir effectué des passes de routine qui n’ont eu aucune influence directe sur le déroulement subséquent du jeu. Ils obtiennent donc des points parce qu’ils ont la chance d’être bien entourés.

En revanche, les joueurs qui réussissent des actions déterminantes savent battre leurs adversaires à un contre un, ou encore, ils savent trouver les ouvertures et repérer leurs coéquipiers qui se démarquent. Ce sont eux qui animent l’attaque de leur équipe. Lorsqu’une équipe obtient une chance de marquer, il est aussi possible que cette occasion ne soit le fruit d’aucune action déterminante (par exemple, une rondelle déviant par hasard sur la palette d’un attaquant).

La justice de pacotille de Gary Bettman

Mardi 21 octobre 2014 à 8 h 58 | | Pour me joindre

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Voynov est suspendu indéfiniment...avec salaire.
Voynov est suspendu indéfiniment…avec salaire.

Notre système de justice est lent. Ça ne plaît pas à tout le monde, mais c’est beaucoup mieux ainsi. Notre système de justice est lent parce qu’il donne aux parties concernées tout le temps nécessaire pour amasser la preuve, la soupeser, et ensuite plaider leur cause devant un juge qui, en fin de compte, décide s’il y a un coupable ou non.

La chronique de Martin Leclerc

La sagesse de la justice se situe donc bien loin de celle de la LNH qui, pour préserver son image, a suspendu indéfiniment le défenseur des Kings de Los Angeles, Slava Voynov, lundi, parce que ce dernier venait d’être arrêté en rapport avec une affaire de violence conjugale.

Dans la foulée de la récente affaire Ray Rice, qui a secoué la NFL et mis en danger le poste du commissaire Roger Goodell, il est intéressant de voir que la LNH de Gary Bettman vient de se découvrir un nouvel intérêt pour la justice criminelle.

* * *

À la même époque l’an dernier, la LNH ne semblait pas préoccupée outre mesure quand la police de Denver a arrêté le gardien de l’Avalanche du Colorado Semyon Varlamov. Le Russe de 25 ans était alors accusé de voies de fait sur sa conjointe et de kidnapping. Le témoignage de la présumée victime était on ne peut plus accablant. Elle avait raconté que Varlamov l’avait lancée contre un mur avant de la piétiner. Il lui avait mentionné qu’elle était chanceuse de ne pas se trouver en Russie parce que la correction qu’elle subissait aurait été plus sévère.

Quelques heures après avoir été accusé, Varlamov était à bord d’un avion pour aller disputer le prochain match de l’Avalanche. Soutenu par son entraîneur Patrick Roy dans cette tourmente, le gardien n’a même jamais raté une séance d’entraînement à cause des accusations qui pesaient sur lui.

La LNH dans tout cela? Un de ses porte-parole avait simplement déclaré que « la ligue n’allait émettre aucun commentaire tant qu’elle n’allait pas avoir une compréhension complète des faits et des circonstances liés aux accusations qui viennent d’être déposées ».

C’était peut-être la meilleure chose à faire, puisque les accusations ont été retirées moins de deux mois plus tard. Le procureur chargé du dossier a déclaré qu’il n’était pas en mesure de produire une preuve satisfaisante devant un tribunal.

* * *

Un an plus tard, voilà que la LNH suspend Voynov indéfiniment, alors que la police ne l’a pas encore accusé de quoi que ce soit (!). Le défenseur, a indiqué la LNH, sera suspendu tant que la LNH n’aura pas terminé son enquête.

On parle ici d’un virage à 180 degrés. La LNH, qui peine déjà à faire appliquer ses règles et à protéger ses joueurs sur la patinoire, est donc en train de créer son petit département de justice parallèle. Le problème, quand on commence à se substituer à la justice, quand on veut aller au-devant des coups et qu’on veut sanctionner soi-même des actes criminels à la place des juges, c’est que ça peut rapidement mal tourner.

Il y a huit ans, trois joueurs blancs de l’équipe de crosse de l’Université Duke ont été accusés d’avoir commis un viol collectif particulièrement violent sur une stripteaseuse noire qu’ils avaient embauchée pour une fête.

Le président de l’université a aussitôt mis fin à la saison de l’équipe. L’entraîneur, qui présentait un parcours impeccable, a été forcé de démissionner. Et les trois jeunes, qui ont défrayé la manchette à la grandeur des États-Unis, ont été traités comme des parias par leur université. Un professeur a même dit de l’un d’eux qu’il était un « animal de ferme ».

Le seul hic, c’est que les accusations étaient fausses et que la jeune femme n’avait jamais été violée. En tout, on raconte que l’université a dû débourser environ 100 millions pour régler à l’amiable avec les trois étudiants, ainsi que pour assumer les dépenses légales liées à ce faux scandale.

* * *

Plus près de chez nous, pas plus tard qu’en 2011, l’ex-capitaine du Canadien Vincent Damphousse s’est retrouvé au beau milieu d’une affaire de violence conjugale. Sa conjointe l’accusait de six épisodes distincts qui s’étaient étalés, soutenait-elle, sur une période de trois ans.

Si Damphousse avait joué dans la LNH de 2014 au lieu de travailler à RDS quand cette affaire a éclaté, il aurait honteusement été suspendu par son employeur avant même de pouvoir se faire entendre.

Mais Damphousse a été chanceux dans sa malchance. Au lieu d’être à la merci de la justice expéditive de Gary Bettman, qui vise avant tout à protéger l’image de la LNH, Damphousse a été soumis au vrai système de justice, qui a lentement suivi son cours. Et deux ans plus tard, en 2013, Damphousse a été totalement exonéré. En plus, les faits ont montré que c’était lui qui avait été victime de violence. Et son ex-conjointe devra parader devant un juge pour répondre de ses actes!

* * *

Aux yeux des commanditaires et d’une catégorie de partisans qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez, ça paraît sans doute très bien quand on suspend et qu’on s’essuie rapidement les pieds sur un quelconque défenseur russe, au mois d’octobre, au début de la saison.

Mais l’autre problème, quand on commence à jouer les justiciers et à essayer de faire plus vite que la police et les juges, c’est qu’il faut agir de la même manière avec tout le monde, tout le temps.

Je n’ose donc pas imaginer la situation où, à deux jours du début des séries éliminatoires, ou à 24 heures du début de la série finale de la Coupe Stanley, une superstar comme Sidney Crosby, Jonathan Toews ou Drew Doughty se retrouvera aux prises avec des accusations criminelles.

Les athlètes professionnels et les célébrités sont des cibles de choix en cette matière. C’est d’ailleurs arrivé à Doughty en mars 2012. Une jeune femme avait accusé le défenseur étoile de viol. Les accusations avaient été totalement retirées trois mois plus tard parce que les enquêteurs étaient incapables de dénicher de la preuve, et parce que la plaignante, selon les enquêteurs, avait un problème de crédibilité.

Quand une histoire de ce genre impliquera une grande vedette au « mauvais moment », Bettman lèvera-t-il encore la main comme un fier scout et suspendra-t-il immédiatement le joueur concerné « en attendant que l’enquête de la ligue soit complétée »? Ou restera-t-il assis sur ses mains comme il l’avait fait dans l’affaire Varlamov, en arguant qu’il faut prendre le temps d’analyser les faits avant d’agir?

Quand on joue au justicier et au défenseur de la morale, on ne peut pas calibrer sa réaction en fonction de la tête du client.

Pour toutes ces raisons, la position prise lundi par la LNH est pitoyable. Parce que ce n’est pas à Gary Bettman ni à ses sbires d’enquêter et de déterminer si Slava Voynov est coupable. Le premier principe qui s’applique en matière de justice criminelle, c’est justement qu’un accusé doit être présumé innocent tant que sa culpabilité n’a pas été prouvée, hors de tout doute, devant un juge.

Quand Voynov (si jamais on finit par l’accuser) aura été entendu par un vrai juge et qu’il aura pu se défendre, la LNH pourra alors légitimement décider si sa présence dans l’uniforme des Kings est préjudiciable à la conduite des affaires de la ligue.

Plus la saison avance, plus on découvre le nouveau visage du CH. Et plus on est en mesure d’évaluer le genre d’été que Marc Bergevin a connu.

Quand un directeur général procède à une nouvelle acquisition, il y a toujours une certaine part de risque et d’incertitude quant au résultat final. Il est impossible de garantir qu’un être humain ayant atteint un niveau de performance X, dans un autre environnement et dans une autre période de sa vie, puisse reproduire la même chose ou s’intégrer aussi bien au sein d’une autre formation.

Dans la même veine, il est extrêmement difficile de sortir un joueur utile de sa formation (les contraintes du plafond salarial) et d’en trouver un autre capable d’assumer le même rôle et de parfaitement combler le vide.

Par exemple, il est clair depuis le début du calendrier que l’ajout de Tom Gilbert dans le premier quatuor de défenseurs provoque un peu plus d’incertitude dans le jeu du CH.

Gilbert, qui aime davantage faire circuler la rondelle que son prédécesseur Josh Gorges, mais qui excelle moins en défense, domine la LNH au chapitre des revirements commis (10), alors que Gorges (qui joue pour une équipe beaucoup plus faible à Buffalo) n’en a commis que deux depuis le début de la campagne. De la même manière, Gorges domine la LNH au chapitre des tirs bloqués (30), alors que Gilbert en a stoppé la moitié moins.

Ce sera à Michel Therrien et à Jean-Jacques Daigneault de faire les ajustements nécessaires pour rendre leur machine défensive aussi efficace que par le passé.

***

Revenons à Marc Bergevin. À ce jour, le coup de circuit le plus retentissant du DG du Canadien constitue sans doute l’acquisition de Pierre-Alexandre Parenteau, qui croisait justement son ancienne équipe, l’Avalanche du Colorado, samedi soir au Centre Bell.

Normalement, un directeur général doit littéralement donner sa chemise pour mettre la main sur un attaquant capable d’évoluer dans les deux premiers trios. Or, pour obtenir Parenteau, 31 ans, Bergevin a sacrifié Daniel Brière, un vétéran de 36 ans en perte de vitesse que Michel Therrien utilisait en moyenne 12 min 46 s par rencontre. Brière était certes un coéquipier apprécié dans le vestiaire et auprès des partisans, mais le fait demeure : Michel Therrien ne lui faisait pas suffisamment confiance pour l’insérer dans ses deux premiers trios.

Quand les deux équipes ont fait l’échange l’été dernier, Patrick Roy laissait entendre que Daniel Brière allait être apprécié à sa juste valeur avec l’Avalanche et que le CH avait peut-être mal exploité son talent. Or, jusqu’à présent, Brière ne joue en moyenne que 30 secondes de plus qu’il ne le faisait à Montréal. Et samedi soir, cruellement, Roy ne l’a utilisé que 8 min 46 s sur la patinoire du Centre Bell.

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L'arrivée de Parenteau avec le Canadien, un coup de maître du DG.
L’arrivée de Parenteau avec le Canadien, un coup de maître du DG

Depuis le début de la campagne, Pierre-Alexandre Parenteau est l’un des plus grands animateurs de l’attaque du Canadien. Aucun autre attaquant n’a obtenu plus de chances de marquer que lui (17). Et à l’exception de Tomas Plekanec (13 chances de marquer obtenues et 13 chances de marquer créées), aucun autre attaquant du CH n’a généré autant d’offensive que Parenteau jusqu’à présent.

Après l’élimination du CH en finale de l’Est le printemps dernier, les partisans de l’équipe s’entendaient pour dire que Thomas Vanek ne méritait pas d’offre contractuelle de Bergevin. Mais en même temps, comme Brian Gionta s’en allait lui aussi, on se demandait comment le Tricolore allait pouvoir combler le vide sur le flanc droit.

Honnêtement, depuis le début de la saison, est-ce que quelqu’un regrette Thomas Vanek? P.-A. Parenteau touche 2,5 millions de dollars de moins que l’Autrichien et il contribue à l’attaque du CH de manière importante. En plus, quand les séries éliminatoires commenceront, il ne sera pas difficile pour Parenteau de faire davantage sentir sa présence que Vanek ne l’a fait lors des dernières séries.

Pour Parenteau, contrairement à Vanek, porter les couleurs du CH signifie quelque chose. D’ailleurs, il fallait voir ses yeux s’illuminer, jeudi soir, lorsqu’on lui a demandé ce qu’il avait ressenti en soulevant le flambeau au milieu de la patinoire du Centre Bell. « Je sais que ça sonne comme un cliché, mais c’était la réalisation d’un rêve d’enfance! », a-t-il spontanément lancé.

Ce sont les transactions comme celle-là qui font progresser une équipe. Et, normalement, elles sont extrêmement difficiles à réaliser. Même si la saison est encore très jeune, Marc Bergevin doit certainement s’en féliciter.

33 $ d’amende pour Lucic

Vendredi 17 octobre 2014 à 13 h 14 | | Pour me joindre

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Aimez-vous les chiffres? On dit qu’on peut leur faire dire ce qu’on veut, mais parfois ils sont révélateurs.

La Ligue nationale a imposé à Milan Lucic une amende de 5000 $ pour le geste déplacé qu’il a fait au Centre Bell jeudi soir dernier. Lucic a perdu la tête et a fait usage d’une partie moins noble de son anatomie pour en témoigner.

5000 $, c’est une bonne mise de fonds pour l’achat d’un tracteur de jardin, mais Lucic gagne 6 millions de dollars par année. 5000 $ représentent 1/1200  de son revenu annuel. En comparaison, si vous gagnez 40 000 $ par an, c’est l’équivalent d’une amende de 33 $… Ça ne paie même pas la manette de gaz du dit tracteur.

Pas une première…

Il y a quelques années, le défenseur Andrew Ference (aussi des Bruins, à l’époque) avait adressé un doigt d’honneur à la foule après avoir marqué au Centre Bell. Ference avait plaidé l’innocence. Il voulait simplement lever le poing et, « accidentellement », son majeur était sorti du poing. Je ne vous recommande pas d’avoir ce genre de distraction avec un policier, même s’il porte une culotte de pyjama sous son uniforme. D’ailleurs, la LNH n’avait pas retenu l’explication de Ference et lui avait donné une amende de 2500 $. Selon les mêmes proportions, ça représentait 1/900 de son salaire de l’époque ou l’équivalent de 44 $ si vous gagnez 40 000 $ par an.

Tout ça pour dire que si on considérait vraiment ces gestes comme nuisibles et déplacés, on les punirait davantage. Visiblement, ils ne sont, aux yeux des dirigeants de la Ligue nationale, que des incidents anodins auxquels on accorde un traitement idoine.

Pour en revenir à Milan…

Milan Lucic
Milan Lucic

Milan Lucic est plutôt sympathique. C’est un compétiteur, un grand garçon dans un (gros) corps d’homme. Je l’ai longuement interviewé en août 2013 au moment où il prenait part au camp d’évaluation d’équipe Canada en vue des Jeux olympiques de Sotchi.

Lucic se sentait comme un enfant dans un magasin de bonbons. Il m’avait dit être prêt à transporter les bouteilles d’eau pour avoir le privilège de jouer avec les gars qui l’entouraient. Il y croyait à peine. Et il avait raison. On n’a pas retenu ses services. Mais sa seule présence au camp est révélatrice du respect qu’on porte à son jeu, à sa présence sur la patinoire. Ça ne fait pas de lui un candidat pour un Nobel. Mais si les Bruins le soumettaient au ballottage demain matin, les 29 autres directeurs généraux du circuit essaieraient de lui mettre la main dessus. Et avouez que vous en feriez autant.

Therrien ovationné

L’entraîneur du Canadien de Montréal est présenté à la foule une fois par an, le soir du match d’ouverture. Les joueurs marquent des buts, fournissent des mentions d’aide, obtiennent des étoiles et leur nom retentit dans le Centre Bell plusieurs fois par saison. Autant d’occasions de les applaudir… ou de les huer, au moment d’une pénalité.

Pour l’entraîneur, c’est une fois l’an.

Guy Carbonneau m’avait confié, quand il dirigeait l’équipe, qu’il ressentait toujours un peu de nervosité. Heureusement, à chacune des présentations dont il a fait l’objet, il a été chaudement applaudi et on a entendu les « Guy, Guy, Guy » chaleureux que lui et Lafleur ont fait entrer dans les mœurs de la Sainte-Flanelle.

Michel Therrien n’est sans doute pas différent. Cette présentation, c’est leur « Coach académie » à eux. Le vote du public est aussi tranchant qu’une lame. Des huées feraient beaucoup jaser. Geoff Molson, Marc Bergevin et les joueurs, SURTOUT les joueurs, les entendraient et ne les oublieraient pas.

Michel Therrien a passé le test. Par contre, c’était presque gênant d’entendre l’indifférence des partisans au moment de la présentation de Travis Moen. Pas de huée. Rien de méchant. Qu’un pesant silence accompagné de quelques applaudissements clapotants. Je parie que Moen aurait volontiers échangé 33 $ et son tracteur de jardin contre quelques décibels.

HAÏTI POUR L’HISTOIRE…

Vendredi 17 octobre 2014 à 13 h 04 | | Pour me joindre

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L'équipe haïtienne célèbre le but de la victoire contre le Guatémala
L’équipe haïtienne célèbre le but de la victoire contre le Guatemala.

L’équipe d’Haïti deviendra-t-elle la première formation des Caraïbes à participer à la Coupe du monde? Quelle que soit l’issue de la dernière phase de qualifications… Quelle odyssée fantastique!

Ne restent plus que huit équipes de la zone CONCACAF (Amérique du Nord, Amérique centrale et des Caraïbes) qui bataillent pour une participation à la coupe du monde qui se tiendra en juin 2015. Ces équipes  participent en ce moment à la Gold Cup (15-21 octobre). Les trois premières formations nationales à la fin de ce tournoi obtiendront directement leur ticket. Les États-Unis et le Mexique devraient normalement s’imposer, la bataille est ouverte pour la troisième position. Le Canada est qualifié d’office à titre de pays hôte.

Est-ce que l’équipe d’Haïti pourra aller jusqu’au bout?  Le parcours de ces joueuses nous rappelle que le sport pour les femmes, ce n’est pas encore gagné… Ces filles sont pour le moins résilientes. D’abord, elles ont toutes vécu le dévastateur tremblement de terre de 2010, soit elles ont perdu un ou des proches, soit elles ont failli mourir. D’ailleurs, les bureaux de la Fédération haïtienne de football se sont effondrés pendant le séisme. Et cela a fait 30 morts. Dans de telles conditions, on s’entend, le sport n’était pas une priorité.

En fait, je rajouterais, encore moins pour les filles. Le président de la Fédération haïtienne, Yves Jean-Bart, a déclaré dans une entrevue au New York Times :  « Le foot pour les filles ce n’est pas toujours accepté. Il y a des hommes et des garçons qui vont empêcher les filles de s’entraîner. Ils trouvent que le sport ce n’est pas féminin. »

Il n’est pas surprenant dans ce contexte que la capitaine de l’équipe, Kencia Marseille, nous avoue que lorsqu’elle était petite, sa mère la battait à coup de ceinture quand elle la surprenait en train de jouer. Vous aurez compris que cette équipe féminine de foot d’Haïti ne reçoit pas beaucoup de soutien.

Pour elles, le football représente le réconfort, l’espoir. Depuis février 2012, l’américain, Shek Borkowski a accepté d’être leur entraîneur, mais à ses conditions. Si bien que l’équipe passe six mois par année chez lui, à South Bend ,en Indiana. Borkowski a déclaré, au moment de son implication : « Si nous restons à Haïti, leurs familles vont vouloir qu’elles travaillent, qu’elles s’occupent des enfants, qu’elles aillent chercher de l’eau. C’est beaucoup trop de distractions. »

Borkowski a mené à deux reprises l’équipe du FC Indiana au championnat de la ligue professionnelle féminine américaine. Il a ses entrées dans le monde du ballon rond. Au cours des trois printemps que les Grenadières ont passés à South Bend, elles ont pu jouer contre les formations  universitaires de la région, comme Notre-Dame, et contre des équipes semi-professionnelles.

Mais ce groupe qui se prépare pour la plus grande compétition de foot de la planète manque de tout.  À South Bend, pour se loger, ces 17 femmes se partagent deux chambres, elles ont très peu d’équipements. En fait, elles survivent grâce à des dons, grâce à la générosité d’un petit cercle de gens qui croient en ces jeunes.

Malgré ces conditions difficiles, ou à cause de tous les défis qu’elles doivent surmonter, elles ont une motivation incroyable. Le 15 octobre, elles ont gagné leur premier match de la Gold Cup, 1-0 face au Guatemala. Elles doivent jouer le 17 contre Trinité-et-Tobago et le 20 contre les États-Unis… Les deux premières équipes de ce groupe passeront en demi-finales.

Quoiqu’il arrive, ce sont des gagnantes. Leur histoire commence à circuler et a attiré l’attention, entre autres, de la fondation Clinton… Oui, le même Bill Clinton qui a été le 42e président des États-Unis. Sa fondation est entrée en contact avec la Fédération haïtienne et souhaiterait aider cette équipe à long terme.

C’est une excellente nouvelle pour l’avenir, parce que oui le soccer féminin se développe. C’est la raison pour laquelle la Coupe du monde féminine change de format. Vingt-quatre pays y prendront part plutôt que 16. C’est fantastique! Mais comme nous le font voir les qualifications, il y a encore beaucoup de chemin à faire pour prétendre à une égalité des chances.

L’équipe d’Haïti deviendra-t-elle la première formation des Caraïbes à participer au Mondial?  On ne peut qu’avoir envie de les voir réussir. Allez! les Grenadières, on espère pouvoir vous rencontrer l’été prochain.

Milan Lucic
Milan Lucic

1. Au mois de septembre, le releveur numéro un des Phillies de Philadelphie, Jonathan Paplebon, a écopé d’une suspension de sept jours pour s’être (très momentanément) saisi les parties génitales en invectivant un spectateur pendant qu’il retraitait vers l’abri de son équipe.

Après le geste fait par Milan Lucic jeudi au Centre Bell, il est donc fort intéressant de voir où se situent les standards de la LNH par rapport à ceux de la MLB en matière de respect des amateurs.

Récapitulons les faits. Après avoir reçu une pénalité pour avoir frappé Alexei Emelin par-derrière avec 1 min 20 s à disputer au match, Lucic a vivement protesté auprès de l’arbitre avant de se rendre au banc des pénalités. Il a ensuite été accueilli par des huées de la foule. Lucic a alors choisi de répondre aux spectateurs en mimant, très explicitement, un geste à caractère sexuel.

La LNH a annoncé vendredi matin que Lucic, qui touche un salaire annuel de 6 millions de dollars, avait été soulagé de 5000 $ pour son geste. Voilà qui est fort dissuasif.

En avril dernier, durant les séries éliminatoires, l’entraîneur en chef des Blackhawks de Chicago, Joel Quenneville, avait écopé d’une amende de 25 000 $ pour avoir fait un geste semblable à l’endroit d’un arbitre. Les entraîneurs, semble-t-il, ont une moins bonne convention collective que Milan Lucic.

2. Puisqu’il est question de parties génitales, aussi bien faire le lien tout de suite : il serait intéressant de demander à un psychologue sportif de nous expliquer quelle sorte de malaise les joueurs des Bruins ressentent par rapport à l’anatomie de leurs adversaires.

La saison dernière, Milan Lucic avait timidement été mis à l’amende par la LNH pour avoir dardé Alexei Emelin ainsi qu’un joueur des Red Wings de Détroit entre les jambes. Seule la récidive auprès du joueur des Red Wings avait été sanctionnée.

Jeudi soir, c’était au tour de Brad Marchand de faire le coup à P.K. Subban. Pour son geste, le joueur des Bruins a reçu une pénalité mineure pour avoir cinglé… et Subban a été puni pour avoir réagi à ce coup de façon exagérée!

Alors docteur? La quasi-totalité des événements des dernières années ayant pour thème l’anatomie masculine concerne presque toute la même équipe. Et trois de ces actes ont été perpétrés par le même joueur.

Refoulement? Problème freudien? Que se passe-t-il dans le vestiaire des Bruins?

3. Tout cela pour dire que les Bruins ne semblent pas avoir changé d’un iota par rapport à l’équipe désordonnée et confuse que nous avons vue à l’œuvre en séries éliminatoires le printemps dernier. En fait, on aurait dit que les deux formations ne s’étaient jamais quittées…

Après la série Canadien-Bruins, j’avais émis l’opinion que les menaces proférées par Milan Lucic durant la traditionnelle poignée de main, le célèbre épisode de la bouteille d’eau mettant en vedette Shawn Thornton et les multiples gestes d’indiscipline de Brad Marchand ne constituaient pas une suite d’événements isolés.

Cette série d’incidents dressait plutôt le portrait d’une équipe qui se désolidarise et qui n’entend plus les messages qui lui sont lancés.

Dans son intéressant livre intitulé Eleven rings : The soul of success, l’ex-entraîneur des Bulls de Chicago et des Lakers de Los Angeles Phil Jackson explique qu’il y a un monde de différence entre diriger des athlètes animés par des motifs personnels ou ceux en quête d’harmonie et de succès collectifs.

Jackson, qui a mené ses équipes à trois séries distinctes de trois championnats consécutifs (!) dans la NBA, soutient aussi qu’en raison des calendriers effrénés auxquels elles sont soumises, les bonnes équipes professionnelles finissent par se blaser du succès.

Dans la même veine, je lisais récemment les commentaires de certains joueurs des Penguins de Pittsburgh, qui disaient ne plus ressentir le même plaisir après avoir remporté des matchs de saison ces dernières années. Leur succès était en quelque sorte devenu routinier sous la gouverne de Dan Bylsma.

Claude Julien entame déjà sa huitième saison derrière le banc des Bruins. Aucun autre entraîneur n’a connu un séjour aussi long derrière le banc de cette organisation.

Au fil du temps, le message de l’entraîneur finit invariablement par s’user. Et les Bruins ont remporté énormément de matchs au cours des dernières années, dont une Coupe Stanley en 2011. Pour Claude Julien, malgré le potentiel de son équipe, la saison ne s’annonce pas facile.

4. Pendant que les Bruins et le Canadien s’affrontaient sur la patinoire du Centre Bell, un spectateur a trouvé le moyen de faire rayonner son imbécillité à la grandeur de l’Amérique du Nord en utilisant un pointeur laser pour tenter de déstabiliser le gardien des Bruins Tuukka Rask.

Cette histoire a fait grand bruit du côté de Boston durant la rencontre. Des photos de Rask, sur lequel apparaissait un point lumineux de couleur verte, ont vite commencé à circuler sur Twitter.

Alertés, les gardes de sécurité du Centre Bell ont alors déclenché des recherches pour tenter de dénicher le coupable, qui a finalement été identifié au cours de la deuxième période selon les renseignements dont disposait, immédiatement après le match, le vice-président aux communications du Canadien, Donald Beauchamp.

Selon Beauchamp, l’équipement du fauteur de trouble a été saisi. Il n’était cependant pas clair si l’individu avait été expulsé de l’enceinte ou pas.

« Selon les gens de notre service de sécurité, c’est la première fois qu’une telle chose se produit ici », a indiqué Donald Beauchamp.

Après la rencontre, Rask a dit qu’il n’avait pas senti le pointeur laser sur lui durant le match, mais qu’il l’avait aperçu à l’autre bout de la patinoire.

5. Tenu en échec à ses 14 premières tentatives en avantage numérique, le Canadien a finalement brisé la glace face aux Bruins. De nombreux observateurs et partisans s’en sont réjouis. Par contre, l’histoire récente suggère que le succès de cette unité spéciale ne garantit pas grand-chose dans la LNH.

En moyenne, les cinq dernières équipes qui ont remporté la Coupe Stanley ont bouclé la saison au 20e rang dans la ligue en ce qui a trait à l’efficacité de leur unité d’avantage numérique.

Par contre, ces formations championnes étaient à peu près toutes très solides en désavantage numérique, où elles se situaient au 8e rang en moyenne.

C’est donc cette statistique qu’il faut suivre de façon plus serrée pour le CH cette saison. Après avoir terminé au 4e rang l’an dernier, l’unité de désavantage du CH, qui a été totalement remaniée, se situe au 21e rang avec une moyenne d’efficacité de 76,2 %.

6. Un petit potin pour terminer : le Canadien dispute des matchs à guichets fermés depuis plus de 10 ans au Centre Bell. Il faut remonter au 8 janvier 2004 pour retrouver un match contre le Lightning de Tampa Bay où des sièges étaient restés invendus. Or, comme il n’y a pas de petits profits, il semble que la direction de l’équipe tente maintenant d’agrandir l’amphithéâtre de l’intérieur…

Les deux bancs des pénalités ont effectivement été raccourcis durant la morte-saison pour permettre l’installation de huit sièges supplémentaires, quatre de chaque côté.

Selon les informations que j’ai recueillies, les soirées de brasse-camarade risquent d’être fort distrayantes à l’avenir parce que, dans leur forme actuelle, les bancs peuvent difficilement accueillir plus de trois joueurs. Et encore là, il faudrait qu’il s’agisse de joueurs de petite taille, dit-on.

Un abonnement de saison pour un billet à proximité du banc des pénalités se vend 7610 $.

Lire aussi : Lucic écope d’une amende de 5000 $

Le Canadien 2014-2015, au jeu!

Au hockey, les statistiques sont parfois extrêmement trompeuses. Une équipe peut être créditée de 35 tirs au filet sans avoir été menaçante de la soirée. Ou encore, un joueur peut conclure un match avec deux points à sa fiche sans vraiment avoir participé à l’effort offensif de son club.

La chronique de Martin Leclerc

De la même manière, les manchettes des médias au lendemain d’un match ne concordent pas toujours avec ce qui s’est réellement produit sur la patinoire…

Pour cette raison, j’ai pensé vous offrir un regard différent sur le Canadien cette saison. Chaque semaine, je publierai une compilation des chances de marquer obtenues par les joueurs de Michel Therrien, ainsi qu’une compilation des actions déterminantes qui ont créé ces fameuses chances de marquer. (Note : les définitions de ce que sont les chances de marquer (CM) et les actions déterminantes (AD) sont incluses après le tableau.)

Après quatre rencontres, ces deux statistiques révélatrices montrent que les deux meilleurs pointeurs du Canadien la saison dernière, Max Pacioretty et P.K. Subban, ont connu un départ plutôt discret. Elles illustrent aussi que même si Pierre-Alexandre Parenteau a souvent changé de trio dans les quatre premiers matchs, il n’a pas connu un mauvais départ avec sa nouvelle équipe.

Le Canadien 2014-2015, au jeu!

Par ailleurs, Lars Eller et Rene Bourque ont été vilipendés sur plusieurs tribunes pour leur bilan négatif (les deux présentent un différentiel de -6, dont 3 buts encaissés lors de la dégelée de 7 à 1 à Tampa). Toutefois, les chiffres montrent que pour des joueurs de troisième trio qui n’ont pas accès à l’avantage numérique, ils ont généré énormément d’attaque. Leur bilan négatif doit donc être analysé avec retenue.

Joueurs CM AD Total
14- Plekanec 10 6 16
15- Parenteau 10 5 15
11- Gallagher 9 5 14
51- Desharnais 3 7 10
81- Eller 5 5 10
17- Bourque 6 4 10
27- Galchenyuk 6 3 9
79- Markov 2 5 7
76-Subban 3 3 6
67- Pacioretty 3 2 5
22- Weise 2 2 4
26- Sekac 2 2 4
28- Beaulieu 3 1 4
20- Malhotra 3 1 4
77- Gilbert 1 2 3
74- Emelin 0 1 1
24- Tinordi 0 1 1
43- Weaver 0 1 1
8- Prust 0 0 0
32- Moen 0 0 0

 

Qu’est-ce qu’une chance de marquer? C’est un tir décoché à partir d’un endroit où, statistiquement, les probabilités de tromper la vigilance d’un gardien sont les plus élevées. Cette zone privilégiée a en quelque sorte la forme du marbre au baseball. Elle commence à la hauteur du filet et s’élargit jusqu’aux points de mise au jeu. Et à partir des deux points de mise au jeu, elle s’élève en ligne droite, vers la ligne bleue, et dépasse d’environ cinq pieds l’extrémité des cercles.

Un tir qui rate la cible peut être considéré comme une chance de marquer, puisque c’est la position d’où provient le tir qui compte.
Par contre, un tir bloqué par un joueur défensif autre que le gardien ne constitue pas une chance de marquer. À moins que le gardien soit hors position et que ce joueur (par exemple un défenseur) soit le dernier à défendre le filet.

Qu’est-ce qu’une action déterminante? Effectuer une passe est une habileté de base que possèdent tous les joueurs de la LNH. Par contre, créer une chance de marquer (pour soi-même ou pour un coéquipier) est une habileté que peu de hockeyeurs maîtrisent. De nombreux joueurs de la LNH récoltent régulièrement des mentions d’aide après avoir effectué des passes de routine qui n’ont eu aucune influence directe sur le déroulement subséquent du jeu. Ils obtiennent donc des points parce qu’ils ont la chance d’être bien entourés.

En revanche, les joueurs qui réussissent des actions déterminantes savent battre leurs adversaires à un contre un, ou encore, ils savent trouver les ouvertures et repérer leurs coéquipiers qui se démarquent. Ce sont eux qui animent l’attaque de leur équipe. Lorsqu’une équipe obtient une chance de marquer, il est aussi possible que cette occasion ne soit le fruit d’aucune action déterminante (par exemple, une rondelle déviant par hasard sur la palette d’un attaquant).

Lire aussi : Emelin et l'avantage numérique

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