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Joan Roch, le coureur sans limites

Mercredi 2 septembre 2015 à 12 h 16 | | Pour me joindre

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Joan Roch
Joan Roch (image : Facebook/Joan Roch / Coureur – Grand Trail)

Certains se font traiter de fou par leurs proches parce qu’ils courent des marathons. D’autres parce qu’ils font des Ironman. Joan Roch, lui, court des ultra-marathons.

Le Français d’origine, établi à Longueuil, vient de réaliser un rêve la fin de semaine dernière en terminant le prestigieux Tour du mont Blanc en France, une course en sentiers de 170 kilomètres avec 10 000 mètres de dénivelé positif.

En d’autres mots, en additionnant les montées du parcours, on se retrouve avec une ascension supérieure au mont Everest, à la différence que les coureurs ne franchissent pas les 2500 mètres d’altitude.

« L’altitude m’a fait mal, avoue sans détour Roch, 41 ans. Ç’a frappé très fort, surtout passé le cap des 2000 mètres. J’ai perdu beaucoup de temps dans les montées.

« C’est une course mythique en Ultra-Trail, comme l’est le Tour de France en cyclisme. »

Écoutez l’entrevue intégrale avec Joan Roch :

Impossible de simuler les effets de l’altitude lorsqu’il s’entraîne à Montréal. Le mont Royal c’est bien, mais on est loin du compte. Sa méthode d’entraînement est simple.

Il court une vingtaine de kilomètres chaque jour du lundi au vendredi en se rendant et en revenant du travail pour gagner du temps.

Au final, Roch a franchi la distance en 33 h 2 min 2 s, un chrono qui lui a valu la 209e position sur près de 2500 inscrits au départ.

À titre indicatif, le gagnant, Xavier Thevenard, a rallié l’arrivée après 21:09:15.

« Même après avoir réussi l’épreuve, je ne comprends toujours pas comment j’ai pu le faire. C’est encore incompréhensible pour moi. On est des milliers à l’avoir réussie depuis les 13 ans de la course. »

Joan Roch n’oubliera jamais sa course de nuit où la pleine lune lui suffisait pour voir son chemin et l’immensité des montagnes sur le versant italien.

Le silence de la nuit brisé par l’essoufflement des autres coureurs et le bruit des cloches à vaches au loin dans la vallée.

Il n’oubliera pas non plus ses micro siestes de 15 minutes, où il se faisait constamment déranger par d’autres coureurs qui voulaient s’assurer qu’il n’était pas en détresse.

La prochaine fois, il se promet de mettre une pancarte « Ne pas déranger, coureur qui sieste ».

Bien sûr, Joan Roch gardera aussi le souvenir de la souffrance. Il a eu chaud, il a eu froid, il a eu des nausées. Il jure n’avoir jamais pensé abandonner.

« Je fais ce genre de courses pour atteindre mes limites et je suis arrivé à la course. Deux jours plus tard, je n’ai pas mal nulle part. Logiquement, pour voir où sont mes limites, je devrai tenter une épreuve encore plus longue. »

Il en a déjà une en tête : Le Tor des géants en Italie. Une balade de 330 kilomètres avec 24 000 mètres de dénivelé positif, rien de moins. Et ce sera l’automne prochain si tout va bien.

Joan Roch admet que sa passion peut être perçue comme du masochisme. Il se dit souvent à l’arrivée que c’est sa dernière course.

Ça ne dure généralement qu’une heure.

Joan Roch
Joan Roch

Les Alouettes de Montréal
Les Alouettes de Montréal

Et si les Alouettes de Montréal affrontaient les Tiger-Cats de Hamilton au match de la Coupe Grey?

Un texte de Jean St-OngeTwitter

Même si plusieurs bottés de placement passeront entre les poteaux d’ici là, on pourrait se retrouver avec les quatre équipes de l’Est qui participent aux matchs éliminatoires en novembre prochain.

Pour que ça se produise, il faut que l’équipe qui finit au dernier rang dans l’Est ait une meilleure fiche que les 3es de l’Ouest.

Présentement, c’est le cas.

Les Alouettes (4-5) sont 4es de l’Est avec une victoire de plus que les Lions (3-5) et les Blue Bombers (3-6) dans l’Ouest.

Pour cette raison, le match de jeudi contre les Lions prend une tout autre importance.

Ce ne sera pas facile cependant. Les Lions reviennent d’une semaine de congé, tandis que les Alouettes ont arraché une difficile victoire de 26-23 à Hamilton dans ce que « Coach » Jacques Dussault pourrait appeler un match « très physique ».

Les Oiseaux, avec quelques plumes abîmées, seraient donc très heureux de partir en congé avec une fiche de 5-5 et trois victoires d’affilée.

Ils ne rejoueront que 17 jours plus tard. Ils recevront à ce moment les Blue Bombers de Winnipeg dans un autre match qui pourrait les favoriser s’ils veulent traverser dans l’Ouest pour les matchs éliminatoires.

Mais restons calmes et respirons par le nez. Les équipes qui ont effectué le croisement dans l’autre division n’ont jamais atteint la Coupe Grey en quatre occasions.

Bref, il faudrait peut-être que les Alouettes s’assurent d’une place traditionnelle en devançant le Rouge et Noir ou les Argonauts. Mathématiquement, ils peuvent même finir au 1er rang.

La course ne fait que commencer.

Alerte Rouge et Or

On n’a pas vu ça depuis 1997.

Le Rouge et Or perd deux matchs d’affilée sur son terrain après plus de 70 victoires. (Le chiffre exact varie si vous comptez les matchs préparatoires, éliminatoires et les matchs de Coupe Vanier disputés au PEPS, qui était en théorie un terrain neutre lors de ces affrontements.)

D’accord, la deuxième défaite est survenue en match préparatoire.

D’accord, plusieurs joueurs partants étaient absents.

Mais, la manière dont la dynastie s’est fait battre par l’Université de la Colombie-Britannique en a fait sourciller quelques-uns :

  • 27-0 à la mi-temps;
  • Moins de 100 verges par la course;
  • Quatre interceptions contre un quart qui en a lancé seulement 5 en 10 matchs la saison dernière et jamais plus d’une à la fois.

Au cours des 18 dernières années, le Rouge et Or en a joué des matchs préparatoires sans plusieurs partants, et il n’a jamais encaissé pareille claque.

J’ai l’impression que les Carabins ont besoin d’être prêts samedi soir parce que la grosse machine Rouge et Or va être affamée sur son terrain.

Justin Wilson
Justin Wilson

Justin Wilson est la dernière victime d’un sport où le danger zéro n’existe pas.

Un texte de Philippe CrépeauTwitter

La course automobile est un sport à risque, et Justin Wilson lui-même acceptait ce risque. Le Britannique a été meurtri dans sa carrière.

Il s’était fracturé la cinquième vertèbre thoracique le 11 août 2011 lors des essais de la course de Mid-Ohio. Puis le 22 octobre 2013, à la dernière course de la saison à Fontana, il s’était fracturé le bassin (en plus d’une contusion au poumon) quand une voiture l’a frappé pendant la course.

Il avait déjà expliqué qu’il connaissait ces risques, et sa femme aussi.

« Ces risques, je les accepte, mais je n’arrêterai jamais de tenter de les minimiser. Nous faisons tout pour rendre nos voitures plus sûres, mais ce sont des voitures de course. En IndyCar, les batailles sont féroces, et ça va vite. Au moindre incident, ça peut mal tourner. »

Ce sont ses propres mots, dans une entrevue à l’Associated Press en 2011.

Justin Wilson avait pris part aux discussions au sujet de la sécurité avec les dirigeants de la série. L’accident dont a été victime Dan Wheldon le 16 octobre 2011 à Las Vegas a provoqué une réflexion sur la sécurité passive, soit les mesures de sécurité entourant les circuits. Wheldon a été tué en frappant un poteau de la clôture de protection.

L’accident qui a emporté Wilson va provoquer une autre période de réflexion. À la différence que dans le cas de Justin Wilson, ce n’est pas un incroyable concours de circonstances, mais de la malchance. Pure et simple.

De là à tourner la page, sans réfléchir, non.

Terrible malchance

Justin Wilson roulait en 13e position quand le meneur de la course, Sage Karam (Chip Ganassi), a fait une erreur, une bête erreur de pilotage. Il a perdu le contrôle de sa voiture dans le virage, qui est partie en survirage et a percuté le mur extérieur.

La voiture a perdu plusieurs morceaux, dont le nez qui a rebondi plusieurs fois avant de frapper Wilson. La probabilité que ça arrive était minime, mais c’est arrivé cette fois. Les pilotes évitent des débris à chaque course. Parfois, un morceau de carbone crève un pneu.

Il y a déjà eu un précédent. À la course inaugurale du Grand Prix IndyCar d’Indianapolis le 11 mai 2014, le Canadien James Hinchcliffe avait subi une commotion cérébrale après avoir été heurté par un morceau de carrosserie. Chanceux dans sa malchance?

Wilson a été victime de la même terrible malchance qui a tué le jeune pilote de F2 britannique Henry Surtees le 19 juillet 2009 à Brands Hatch. La roue de la voiture d’un autre concurrent s’était alors détachée, avait rebondi sur la piste et avait frappé le jeune homme, mort sur le coup.

Henry Surtees
Henry Surtees au moment de l’impact de la roue lors de la course F2 à Brands Hatch

Oui, il faut faire en sorte que les roues ne se détachent pas pour la sécurité des pilotes et des spectateurs, mais après? Que cette roue soit retombée sur la tête du pauvre pilote est le résultat d’une terrible malchance.

Un habitacle mieux protégé?

Dans le cas de Justin Wilson, la voiture de Sage Karam a heurté le mur dans un mauvais angle. L’avant s’est désintégré. Il n’y a pas si longtemps, Karam aurait eu des blessures aux jambes. Mais il s’en est sorti indemne parce qu’on a amélioré la structure des voitures. Ce n’est plus le pilote qui encaisse, mais la monoplace, qui se désintègre.

La cellule de survie, l’habitacle, protège le pilote. La série IndyCar fait des tests d’impact avec des mannequins pour analyser les conséquences et trouver des solutions pour protéger les pilotes. Y a-t-il  un moyen de limiter la casse en cas d’accident? Les appendices aérodynamiques sur les voitures sont-ils tous nécessaires? Certaines pièces ne se détachent-elles pas trop facilement en cas d’accrochage ou de contact?

Comme le disait Mario Andretti lundi à l’Associated Press, le nez de la voiture n’est retenu que par quelques vis, pour pouvoir le changer rapidement aux puits en cas d’accrochage. Est-ce possible de le retenir à la structure d’une façon ou d’une autre, comme on le fait en F1 avec les pneus qu’on retient avec un câble?

Doit-on fermer le cockpit avec une bulle transparente? L’accident dont avait été victime Felipe Massa en Hongrie en 2009 (touché à la tête par un ressort qui rebondissait sur la piste) avait mené à cette réflexion en F1.

Des tests de résistance ont été effectués. Le temps a passé, et les résultats de ces recherches n’ont pas abouti en piste. La mort de Justin Wilson relancera certainement ces recherches.

La NHRA (National Hot Rod Association) a décidé en 2012 d’offrir la possibilité aux équipes de la division Top Fuel de fermer les cockpits de leurs « dragsters ». Ils se détachent à la simple pression de la main du pilote, par un système à air comprimé. Certains pilotes les ont adoptés et se sentent aujourd’hui plus en sécurité.

Est-ce envisageable en catégorie « open wheel » (roues non carénées et habitacle ouvert)? Une bulle transparente réglerait un problème, mais en créerait d’autres. Le pilote doit pouvoir s’extraire rapidement de son cockpit.

L’ancien pilote de F1 et d’IndyCar Eddie Cheever, aujourd’hui analyste à la télévision américaine, pose la question. Que faire si le pilote doit s’extraire en urgence en cas d’incendie et que la bulle reste coincée?

Déjà, la Fédération internationale de l’automobile a réagi. Son délégué technique chargé de la F1, Charlie Whiting, veut trouver une solution pour protéger la tête des pilotes.

Bien sûr, on peut aller plus loin et envisager la fin des monoplaces « open wheel ». Ne devrait-on pas rouler avec des monoplaces du style 24 heures du Mans, à habitacle fermé ? Voici un grand débat qui divisera forcément les spécialistes.

La série IndyCar fera ses devoirs, comme elle l’a fait par le passé. Mais le danger zéro n’existe tout simplement pas en course automobile.

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Justin Wilson
Justin Wilson

De Billy Martin à Jim Popp

Lundi 24 août 2015 à 14 h 37 | | Pour me joindre

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Billy Martin et Jim Popp
Billy Martin et Jim Popp

Quand le propriétaire des Yankees George Steinbrenner se fâchait, il appelait Billy Martin et l’embauchait… ou le congédiait. Le petit gérant colérique a ainsi dirigé les Yankees à cinq occasions et se préparait à le faire pour une sixième fois quand il est mort dans un accident d’auto.

Un texte de Jean St-OngeTwitterCourriel

Quand les propriétaires des Alouettes sont insatisfaits des résultats de l’équipe, ils appellent Jim Popp et ce dernier descend sur les lignes de côté. Heureusement pour Popp, les propriétaires ne le congédient pas à la crise suivante.

L’Américain vient en relève pour la quatrième fois en 14 ans. À sa deuxième mission en 2006, il a même choisi de rester en poste pour la saison suivante au complet. Résultat : les Alouettes ont fini au 3e rang dans l’Est avec une fiche inférieure à ,500 pour la première fois depuis leur retour dans la LCF en 1996.

Bref, même si Popp se dit à l’aise avec la double tâche de directeur général et d’entraîneur-chef, ce n’est certainement pas la situation idéale.

Après avoir mené les Alouettes « 2e génération » à la première saison perdante de leur histoire, Popp pourrait bien voir son équipe rater les matchs éliminatoires pour la première fois depuis leur retour à Montréal.

Avant même la nomination de Tom Higgins au poste d’entraîneur-chef, Jim Popp a donné le titre d’entraîneur-chef adjoint au coordonnateur défensif Noel Thorpe. Maintenant, Higgins est congédié, mais ce n’est pas Thorpe qui prend les rênes de l’équipe.

Lors de sa conférence de presse initiale samedi, Popp a déclaré qu’il ne voulait pas ajouter aux tâches actuelles de ses entraîneurs en leur offrant l’intérim jusqu’à la fin de la saison.

Il a mentionné Thorpe, mais aussi Kavis Reed, le coordonnateur des unités spéciales qui a déjà dirigé les Eskimos d’Edmonton. Popp a aussi souligné que Turk Schonert et Chris Tormey ont aussi des expériences d’entraîneur-chef dans leur curriculum vitae.

Bref, Noel Thorpe ne semble plus être le prochain entraîneur-chef des Alouettes, comme on l’aurait cru il y a quelques mois.

Plutôt que de se mettre à la recherche d’un nouveau pilote pour son escadron, Popp se concentre maintenant sur la relance de l’attaque montréalaise.

Il a déjà pris une décision qui semblait naturelle aux yeux de plusieurs quand il a nommé Anthony Calvillo responsable des quarts.

Il a aussi envoyé le coordonnateur à l’attaque Turk  Schonert sur la passerelle de presse pour appeler ses jeux.

Schonert a été la cible de plusieurs amateurs et commentateurs pour son choix de jeux depuis le début de la saison.

Si Tom Higgins ne semblait pas vouloir imposer une ligne directrice trop ferme à Schonert, peut-être que le patron y parviendra. Il permettra ainsi à Rakeem Cato de s’épanouir et de devenir le successeur à long terme d’Anthony Calvillo.

En même temps, Popp devra partir à la recherche du successeur à long terme de Marc Trestman.

Est-ce que les enfants de Danny Maciocia ont suffisamment grandi pour que papa quitte le nid familial pour celui des Moineaux? Et est-ce que Glen Constantin sera un jour prêt à quitter son paradis rouge doré?

Mise en échec hockey mineur

C’est fait. À la veille de son assemblée générale annuelle, qui se déroule à Sept-Îles, Hockey Québec a officiellement déclaré la guerre au hockey scolaire jeudi matin.

Le directeur général de Hockey Québec, Sylvain Lalonde, a annoncé au président de la Ligue de hockey préparatoire scolaire (LHPS), Martin Lavallée, que les mises en échec corporelles seront interdites à compter de l’an prochain dans la catégorie scolaire M-15 Divsion 2 (la catégorie M-15 regroupe des joueurs d’âge bantam, soit 13 et 14 ans).

Par ailleurs, les penseurs de HQ ont décrété que les joueurs de première division (D1) de la catégorie M-15 disputeront désormais une sorte de hockey édulcoré et n’auront le droit d’appliquer des mises en échec qu’en certaines circonstances. Par exemple, seulement quand le porteur de la rondelle patinera dans la même direction que le joueur défensif.

Ces dispositions, qui seront votées à l’assemblée générale de HQ (à laquelle, en passant, les dirigeants du hockey scolaire n’ont pas de droit de vote!), s’appliqueront aussi dans l’autre grande ligue scolaire québécoise, qui porte la bannière du Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ).

Aucun des responsables d’équipes du RSEQ que j’ai contactés jeudi n’était au courant de cette nouvelle. Et le directeur général de l’organisme, Gustave Roel, était difficile à joindre (selon certaines sources) en raison de sa participation au Grand défi Pierre Lavoie.

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Officiellement, lorsqu’il s’adressera aux médias, le DG de Hockey Québec se félicitera de l’abolition des mises en échec en milieu scolaire. Il alléguera que cette décision a pour but de favoriser la sécurité des athlètes et de prévenir des commotions cérébrales.

La réalité est toute autre.

Formée il y a seulement cinq ans par une poignée d’écoles et de spécialistes du hockey qui rejetaient le modèle civil proposé par Hockey Québec, la LHPS compte aujourd’hui quelque 900 joueurs répartis dans 53 équipes, qui représentent 18 écoles.

En fait, le modèle du hockey scolaire, qui propose un plus grand nombre de séances d’entraînement, un calendrier de matchs allégé et des horaires mieux adaptés aux familles, est en pleine expansion au Québec. Son succès est si phénoménal que Hockey Québec fait des pieds et des mains pour contraindre les joueurs de l’élite à rester dans le réseau civil. Comme si les enfants lui appartenaient, la fédération refuse carrément de « libérer » ceux qu’elle estime trop talentueux pour porter les couleurs de leur école.

Au cours de ses cinq premières années d’existence, la LHPS évoluait à l’extérieur des cadres de Hockey Québec. Voyant le phénomène grossir (et de précieuses cotisations lui échapper), la fédération avait fini l’an dernier par négocier une entente qui intégrait la LHPS au sein de HQ à titre de « membre associé », tout en garantissant à ce circuit son autonomie et la préservation de sa personnalité, qui s’inspire des prep schools américaines.

Il aura fallu seulement une année d’association pour que HQ tente de torpiller la LHPS.

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En abolissant ou en limitant les mises en échec au hockey scolaire, il est clair que les jeunes hockeyeurs talentueux qui rêvent de cheminer longtemps dans leur sport ne voudront plus y jouer. Ils opteront alors pour les niveaux civils bantam AA et bantam AAA de la fédération, où les mises en échec complètes seront toujours permises.

L’abolition des mises en échec au hockey scolaire, c’est le hockey civil qui manigance pour ne pas se faire damer le pion par les pédagogues qui enseignent notre sport national dans les écoles. L’abolition des mises en échec au hockey scolaire, ce sont les petits roitelets du hockey mineur qui tripotent les règles pour tenter de garder leur emprise sur le hockey.

Cette décision est extrêmement lourde de sens. Le Québec est probablement l’un des seuls endroits sur la planète où l’on considère que les meilleurs athlètes doivent être extirpés du sport scolaire.

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En mars dernier, flanqué de ses principaux collaborateurs, Sylvain Lalonde avait tour à tour rencontré les dirigeants du RSEQ et de la LHPS pour leur présenter les modifications qu’il tente aujourd’hui de leur enfoncer dans la gorge. Pour appuyer ses dires, le DG de Hockey Québec avait déposé sur la table une étude soulignant les dangers que représentent les mises en échec pour les athlètes de 14 ans et moins.

Selon des témoins, le directeur général du RSEQ, Gustave Roel, était alors intervenu de magistrale façon.

« Si l’abolition des mises en échec est véritablement une question de sécurité, vous (HQ) allez l’abolir dans tous les niveaux de jeu où l’on retrouve des jeunes de 13 et 14 ans au Québec. Et nous allons embarquer dans ce projet. Ce n’est certainement pas nous qui allons contester les conclusions de ces études.

« Par contre, rien dans ces études ne démontre que le niveau d’habileté d’un joueur puisse le rendre moins vulnérable aux commotions cérébrales. Alors, si vous vous servez de ces études pour abolir les mises en échec au hockey scolaire et ainsi marquer une différence entre le hockey scolaire et le hockey d’élite, nous refuserons d’abolir les mises en échec », avait plaidé Roel.

Selon les témoignages recueillis, les dirigeants de Hockey Québec n’avaient pas été en mesure de répondre à cette prise de position.

Jeudi, les dirigeants du hockey scolaire l’ont eue, leur réponse. Les jeunes de 13-14 ans qui jouent dans le réseau civil, semble-t-il, ont des parois crâniennes plus résistantes que celles des hockeyeurs qui portent les couleurs de leur école…

La LHPS, quant à elle, avait argué qu’aucune autre ligue québécoise n’offrait un environnement et un encadrement plus sécuritaires en matière d’enseignement de la mise en échec, de prévention des coups à la tête et de suivi médical en cas de blessure.

***

Lors de ces rencontres de mars, Sylvain Lalonde avait promis aux deux ligues scolaires de tenir compte de leur position et de revenir avec une proposition plus élaborée à la fin du mois d’avril.

Le président de la LHPS, Martin Lavallée, a adressé une lettre à ses membres jeudi soir pour les informer de la manœuvre, cousue de fil blanc, que tente Hockey Québec.

Bien malgré lui, en étalant toutes les dates où il a tenté d’entrer en communication avec Lalonde, et en dressant la liste des rendez-vous téléphoniques annulés par le DG de Hockey Québec au cours des derniers mois, le président Lavallée a parfaitement illustré le style de leadership dont souffre tellement Hockey Québec.

Ce n’est finalement que trois mois plus tard, à la veille d’un vote concernant la LHPS et qui aura lieu à Sept-Îles (en l’absence des représentants du hockey scolaire) que Lavallée a finalement appris la décision de Hockey Québec.

Voilà qui est très édifiant.

***

La suite des choses pourrait toutefois être fort intéressante.

La LHPS tiendra bientôt une assemblée d’urgence, au cours de laquelle plusieurs écoles membres, selon mes sources, recommanderont tout simplement que cette ligue scolaire quitte les rangs de Hockey Québec. Et du côté de certaines équipes membres du RSEQ, on tenait jeudi sensiblement le même langage.

Cela aussi, en passant, en dit long sur la qualité du leadership qu’exercent les dirigeants de Hockey Québec.

Si jamais les deux grandes ligues scolaires et leurs quelque 2000 joueurs claquaient la porte de la fédération en même temps, tout en décidant de faire front commun, cela serait susceptible de changer à jamais la face du hockey québécois.

Et vous savez quoi? Ce serait pour le mieux. Le hockey scolaire n’a nul besoin des embûches que Hockey Québec jette constamment sur son chemin.

Des partisans des Blackhawks dans une foule de partisans du Lightning
Des partisans des Blackhawks dans une foule de partisans du Lightning

Depuis le début des séries éliminatoires de la LNH, le spectacle auquel on assiste sur la patinoire est génial. Par contre, ce qui se passe dans les gradins est honteux.

Durant le premier tour, lors du duel entre le Canadien et les Sénateurs, un partisan du CH m’a raconté qu’il s’était procuré des billets pour l’un des matchs au Centre Canadian Tire. Il s’était présenté avec son chandail tricolore et, une fois le match commencé, il s’était tout bonnement mis à encourager son équipe comme on le fait normalement lorsqu’on assiste à un événement sportif.

« Rapidement, une placière est venue à ma rencontre pour me dire que je manifestais trop fort. Son ton ne laissait aucun doute. J’avais intérêt à encourager le Canadien moins fort si je ne voulais pas avoir de problèmes », m’avait-il raconté à l’époque.

J’avais peine à le croire.

Toutefois, l’exemple venait de haut. Avant la série, les Sénateurs avaient nettement fait savoir que les partisans du CH n’étaient pas les bienvenus dans leur amphithéâtre et qu’ils entendaient favoriser la vente de billets aux résidents de la région d’Ottawa, de l’Est ontarien et de l’ouest du Québec. « Les Sénateurs se réservent le droit, sans préavis, d’annuler et de rembourser toute vente de billets faite à des résidents d’autres régions », indiquait la politique des Sénateurs.

Venant de la part de dirigeants d’une entreprise sportive, une décision comme celle-là dépassait l’entendement.  Fermer les portes d’une enceinte sportive à des gens sous prétexte qu’ils n’encouragent pas l’équipe locale va à l’encontre des plus élémentaires valeurs véhiculées par le sport : le respect de l’adversaire et de l’esprit du jeu, la maîtrise de soi et la dignité peu importe le résultat, dans la victoire comme dans la défaite…

Le sport a justement été inventé pour rapprocher les peuples et les communautés. Cette valeur est notamment à la base du mouvement olympique, auquel la LNH est si fière d’appartenir.

***

Ça peut sembler difficile à croire, mais à côté de l’équipe de direction des Sénateurs d’Ottawa, les dirigeants du Lightning de Tampa Bay sont de véritables arriérés.

Depuis le début des séries éliminatoires, les dirigeants du Lightning ont tour à tour empêché les partisans des Red Wings de Détroit, du Canadien, des Rangers de New York et des Blackhawks de Chicago de se procurer des billets. Mais ils ont aussi poussé la note un peu plus loin en interdisant aux partisans de ces équipes adverses de porter les couleurs de l’équipe visiteuse dans les meilleures sections de l’Amalie Arena. Ceux qui refusent d’enlever leur chandail aux couleurs de l’équipe adverse sont déplacés ailleurs dans l’amphithéâtre, ou encore, ils sont tout simplement expulsés.

Sérieusement?

Voilà donc une organisation qui, avant chacun de ses matchs locaux, célèbre jusqu’à plus soif la contribution des militaires « qui risquent leur vie pour défendre notre liberté », mais qui, de l’autre main, réprime le droit de ses clients de manifester leur appui à l’équipe de leur choix!

« Il y a cinq ans, il y avait peu d’intérêt pour cette franchise et, lors de certains matchs, les partisans des équipes visiteuses étaient largement majoritaires dans notre amphithéâtre. Nos partisans nous ont demandé de régler cette situation et c’est ce que nous tentons de faire. Nous essayons de plaire à notre clientèle en créant pour eux un environnement agréable », a justifié le président du Lightning, Tod Leweike, au Tampa Bay Times.

On croit rêver.

Une partisane des Blackhawks de Chicago interpellée par la police lors du second match au Amalie Arena.Une partisane des Blackhawks de Chicago interpellée par la police lors du second match à l’Amalie Arena.

***

Ces derniers jours, cette paranoïa de l’organisation du Lightning a donné lieu à des incidents surréalistes. Le site Stanley25.com a notamment relayé cette histoire du Joliet Patch, un quotidien de l’Illinois, qui raconte qu’un couple de partisans des Blackhawks a été expulsé de l’Amalie Arena durant le deuxième match de la série finale parce qu’il encourageait trop les Blackhawks!

Selon le témoignage du couple, c’est un policier qui a procédé à l’expulsion, il aurait même été menacé d’arrestation s’il continuait à remettre en question la pertinence de cette décision.

Par ailleurs, le Tampa Bay Times révèle que l’administration du Lightning traque aussi ses propres détenteurs d’abonnements de saison pour les empêcher de revendre leurs billets sur le marché secondaire.

Paul Dhillon, un capitaine de l’armée américaine et fier partisan du Lightning, ne pouvait assister aux matchs de l’équipe durant les séries parce qu’il devait participer à un camp d’entraînement spécial de cinq semaines, à Fort Knox, au Kentucky.

Le malheureux a eu l’idée de vendre ses billets inutilisés sur un site de revente, ce qui lui a valu d’être harcelé au téléphone par un vice-président du Lightning. On lui a révoqué ses billets, avant de tenter de corriger cet impair en lui coupant l’accès à son compte électronique qui permet notamment d’imprimer lui-même ses billets. Il a aussi obligé le capitaine Dhillon à se présenter lui-même au guichet pour prendre possession de ses billets.

Voilà une pratique qui ne sera sans doute jamais enseignée dans les facultés de marketing ou dans un cours sur l’art de tisser des liens solides avec sa clientèle.

***

Disons les choses comme elles sont. Cette explication du président du Lightning, voulant que cette chasse aux partisans des équipes adverses vise à rendre plus agréable l’expérience des partisans du Lightning, ne tient absolument pas la route. C’est de la boulechite.

Le Lightning et les Panthers de la Floride ont justement été déplacés dans la même division que le Canadien, les Maple Leafs et les Sénateurs, notamment parce que les vacanciers du Canada remplissent les amphithéâtres floridiens durant l’hiver, et parce que le Lightning et les Panthers peinent à écouler leurs billets.

Durant la saison, le Lightning et les Sénateurs se foutent carrément de la supposée expérience de leurs partisans. Ils font main basse sur la manne que leur procurent les amateurs de hockey des autres régions et des autres villes de la ligue sans dire un mot.

Pourquoi serait-ce différent dans les séries?

Peu importe les motifs invoqués, ces pratiques honteuses et cette discrimination infantile doivent cesser. Les amateurs de hockey sont des amateurs de hockey. Point. Leur passion devrait être célébrée et le tapis rouge devrait leur être déroulé dans tous les amphithéâtres de la LNH, peu importe le chandail qu’ils portent ou l’équipe qu’ils favorisent.

Si vous avez quelques minutes de libres, prenez le temps de copier-coller cinq ou six articles qui ont été publiés depuis jeudi (hier) au sujet du jeune hockeyeur Joseph Veleno. Rangez ces textes quelque part dans votre ordinateur, et donnons-nous rendez-vous dans cinq ans, même heure, même date, pour en reparler.

J’ai un peu de difficulté à rédiger cette chronique parce que Joseph Veleno n’a que 15 ans (il est né en janvier 2000), et qu’il vit sans doute des moments forts exaltants. Quel honneur ce doit être, lorsqu’on est passionné de hockey, de se faire accorder le statut de « joueur exceptionnel » et le privilège de faire le saut dans la LHJMQ prématurément! Quelle immense fierté ce jeune homme doit-il ressentir à l’idée d’être élevé, par la plus grande fédération de hockey du monde, au même rang que John Tavares, Aaron Ekblad et Connor McDavid(1), qui sont tous devenus des premiers choix (au total) dans la LNH!

Tavares est devenu une super vedette dans la LNH. Il est le joueur de concession des Islanders de New York. À seulement 18 ans, Ekblad, un défenseur, vient de flirter avec les marques offensives de Bobby Orr à sa première saison professionnelle. Ce n’est pas rien! Et il portait pourtant les couleurs des Panthers de la Floride, une équipe très moyenne.

De son côté, McDavid a littéralement pulvérisé la Ligue junior de l’Ontario et jouera assurément dans la LNH à 18 ans la saison prochaine. Certains observateurs le croient supérieur à Sidney Crosby, au même âge. Le défenseur Sean Day a aussi obtenu le statut de joueur exceptionnel en Ontario. Mais dans son cas, le jury délibère encore. Il ne sera admissible au repêchage de la LNH qu’en 2016.

J’ai un peu de difficulté à rédiger cette chronique, en fait, parce que je m’inquiète pour Joseph Veleno. Je me demande si ce statut de « joueur exceptionnel » sert les intérêts de cet adolescent, ou les intérêts des adultes qui l’entourent.

***

Il y a un mois, Hockey Canada avait refusé d’accorder le statut de joueur exceptionnel à Joseph Veleno parce que les règlements de la fédération canadienne établissaient clairement qu’une telle demande devait lui être présentée par Hockey Québec (évaluation à l’appui) avant le 15 février. Et ces délais n’avaient pas été respectés.

La cause était entendue. On ne devait plus en entendre parler. Et le jeune hockeyeur devait poursuivre son cheminement dans le hockey mineur, soit en retournant jouer dans la Ligue midget AAA, soit en s’exilant dans un prep school américain.

Dans la LHJMQ, cette décision de Hockey Canada faisait l’affaire de bien des gens. Parce que dans l’esprit de plusieurs, Joseph Veleno n’est pas un joueur exceptionnel. C’est un excellent joueur, soit, mais pas un exceptionnel au même titre que John Tavares ou Connor McDavid.

Il y a deux ans, dans les rangs bantam AAA, Joseph Veleno a amassé 20 buts et 20 passes en 42 matchs. À 13 ans, dans les rangs bantam AAA de la Greater Toronto Hockey League (la plus grande ligue de hockey mineur du monde) John Tavares avait inscrit 95 buts et 92 passes en 90 rencontres. On parle ici de deux mondes totalement différents.

À l’âge de 14 ans, Tavares et Connor McDavid évoluaient tous les deux dans les rangs midget AAA, où ils avaient été promus prématurément, exactement comme Joseph Veleno au Québec. À cet âge, Tavares avait inscrit 91 buts et 67 passes en 72 matchs. Et McDavid avait récolté 86 buts et 141 mentions d’aides en 95 rencontres. Cette saison, Veleno a inscrit 16 buts et 36 passes en 42 matchs.

Une question : serait-il possible qu’un des joueurs ci-haut mentionnés soit moins « exceptionnel » que les deux autres?

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Malgré son jeune âge, Joseph Veleno mesure déjà 1,83 m (6 pi) et pèse 80 kg (175 lb). Son gabarit, assurent plusieurs observateurs, lui permettra assurément de se démarquer dans la LHJMQ la saison prochaine. Encore là, on a tendance à oublier qu’on a affaire à un joueur né en 2000.

Lors du récent combine de la LHJMQ, 72 attaquants admissibles au repêchage ont subi de tests physiques pour évaluer leur force et leur puissance. Selon mes sources, Veleno a terminé au 55e rang sur 72 joueurs…

A-t-on seulement tenu compte de ces résultats (tout à fait normaux compte tenu de son âge) avant de lui octroyer ce statut de joueur exceptionnel? Dans la LHJMQ, Joseph Veleno sera confronté à des joueurs âgés de 16 à 20 ans la saison prochaine. Qu’y a-t-il d’aussi urgent? Pourquoi veut-on le faire monter aussi rapidement? En quoi l’imposition d’une visibilité et d’une pression aussi forte servira-t-elle les intérêts de cet enfant?

Si Veleno était né deux semaines plus tôt, il aurait été admissible d’emblée au repêchage de la LHJMQ, qui sera tenu samedi à Sherbrooke. La question n’est donc pas de savoir s’il sera capable de jouer au niveau junior majeur. La question est de savoir s’il sera capable de porter l’étiquette de phénomène qu’on vient de lui accoler.

Lorsqu’il se confie à ses proches, Tavares affirme lui-même qu’il ne retournerait pas dans les rangs juniors à l’âge de 15 ans si c’était à refaire. Trop de réflecteurs, trop de pression. Et on parle d’un joueur qui a été choisi au tout premier rang au repêchage de la LNH.

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Il y a aussi d’autres « à-côtés » qui laissent perplexe.

Un exemple? Quand je constate qu’il en est presque à son troisième agent (à l’âge de 15 ans!!!), il y a une sorte de gros voyant lumineux rouge qui s’allume.

L’hiver dernier, c’était Petr Svoboda qui représentait Veleno. Ensuite, la famille s’est tournée vers Pat Brisson, qui représente des vedettes comme Tavares, Sidney Crosby, Patrick Kane, Jonathan Toews, et j’en passe. Les relations avec l’équipe de Pat Brisson ont duré quelques semaines. Puis, voilà que Joseph Veleno est maintenant représenté par Philippe Lecavalier!

On parle ici de trois agents reconnus et de très grande qualité. Mais en même temps, il me semble que ça fait beaucoup de conseillers en très peu de temps pour quelqu’un qui n’a pas encore posé un patin dans un amphithéâtre junior majeur. Il y a quelque chose qui cloche.

De tout cœur, j’espère que Veleno connaîtra la carrière phénoménale que les dirigeants de Hockey Québec lui prédisent, puisque ces derniers ont visiblement déployé tous les efforts imaginables afin que le statut de joueur exceptionnel finisse par lui être octroyé.

Je lui souhaite sincèrement de réussir. Parce que si les adultes qui ont participé à cette décision se sont trompés, cette étiquette inutile sera lourde à porter. Et pour longtemps.

(1)   Dans la LNH, il est établi que les Oilers sélectionneront Connor McDavid au prochain repêchage.  

Marc Bergevin
Marc Bergevin

Marc Bergevin est rapidement parvenu à régler un dossier qu’il jugeait prioritaire cette semaine en accordant un contrat de six ans, d’une valeur de 33 millions de dollars, au défenseur droitier Jeff Petry. Il s’agit d’un excellent coup de filet. Cette embauche assurera au CH une grande stabilité à la ligne bleue pour longtemps.

En même temps, la signature de Petry annonce des lendemains fort intéressants parce qu’elle procure plusieurs options au directeur général du Tricolore.

Bergevin n’a pas vraiment le choix. Il doit rehausser la qualité de sa formation parce que la Division atlantique sera beaucoup plus compétitive la saison prochaine. Les Sénateurs d’Ottawa (on l’a vu en séries) sont en pleine ascension. Les Maple Leafs de Toronto, qui seront dirigés par Mike Babcock, ne constitueront plus une proie facile. Les Bruins de Boston pourront difficilement subir autant de blessures que la saison dernière. Le Lightning de Tampa Bay sera une puissance de la LNH pour plusieurs années. Les Red Wings de Détroit seront revigorés par l’injection de jeune talent et par l’arrivée du jeune entraîneur Jeff Blashill, sans compter les Panthers de la Floride, qui possèdent l’un des plus intéressants bassins de jeunes joueurs de toute la LNH.

Ça semble étrange à dire au lendemain d’une saison de 50 victoires. N’empêche, dans cette division, le simple fait de participer aux séries constituera un exploit en 2015-2016.

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Au cours des trois dernières campagnes, Bergevin a clairement montré qu’il ne craint pas de brasser ses cartes. Et la période de l’année la plus fertile pour les DG désireux d’accoucher d’une transaction, le repêchage annuel, aura lieu dans quelques semaines. Qui sont les joueurs les plus susceptibles de déménager?

Tom Gilbert : Le contrat de Jeff Petry provoque une lourde congestion sur le flanc droit à la ligne bleue. Ensemble, P.K. Subban et Petry disputeront entre 48 et 50 minutes par match. Gilbert est âgé de 31 ans, et il est capable d’offrir de 18 à 20 minutes de qualité. Il ne lui reste qu’une année de contrat et son salaire ne s’élève qu’à 2,8 millions. Il a donc une valeur intéressante sur le marché. Pour combler les 10 à 12 minutes laissées vacantes par son départ, Greg Pateryn ferait parfaitement l’affaire.

Pierre-Alexandre Parenteau : Acquis contre Daniel Brière à l’été 2014, Parenteau a vécu le même genre d’expérience que Brière à sa première saison dans l’uniforme du CH. Il a été blessé et ne jouissait visiblement pas de la confiance de son entraîneur. À quoi bon garder dans sa formation un attaquant qui coûte 4 millions, et que son entraîneur promène constamment dans tous les trios? Marc Bergevin a démontré dans le passé qu’il ne lésine pas avec ce genre de situation. Parenteau a encore de la valeur sur le marché.

Lars Eller : Il possède plusieurs atouts intéressants. Il n’a que 25 ans, joue au centre et possède un imposant gabarit. En plus, il touchera un salaire moyen relativement modeste (3,5 millions) au cours des trois prochaines années. Toutefois, son sens du hockey et sa vision du jeu font défaut. Dans l’organisation, Jacob De La Rose pourrait accomplir un boulot comparable ou supérieur au sein du troisième trio pour trois fois moins cher. Et De La Rose vient à peine d’avoir 20 ans.

Tomas Plekanec : Voilà un cas à la fois complexe et fascinant. Plekanec est âgé de 32 ans. Il ne lui reste qu’une année de contrat à disputer, et il touche un salaire de 5 millions. Il vient par ailleurs de connaître l’une des meilleures saisons offensives de sa carrière avec 26 buts et 34 passes. En saison, sa contribution est extrêmement importante. Par contre, il a l’habitude de disparaître dans les séries. C’était encore pire ce printemps, puisqu’il a saboté deux rencontres dans la série qui opposait le CH au Lightning de Tampa Bay.

Bergevin s’imagine-t-il en train de négocier un nouveau contrat avec Plekanec à l’été 2016? Si oui, c’est inquiétant. Sinon, l’échanger maintenant, alors que sa valeur est encore élevée, constitue la meilleure option. Quoi qu’en dise le DG du Canadien (on le soupçonne d’avoir préparé le terrain pour ses négociations estivales), Alex Galchenyuk est tout à fait capable de jouer au centre dans la LNH.

Alexei Emelin : Si un homologue lui demandait d’inclure Emelin dans une transaction, Marc Bergevin serait fort mal venu de ne pas envisager ce scénario. Sur le flanc gauche de la brigade défensive, Andrei Markov est encore sous contrat pour deux ans. Et à compter de la saison prochaine, Nathan Beaulieu sera en mesure d’assumer de plus grandes responsabilités. À sa première saison dans la LNH, Beaulieu a été employé 18 minutes ou plus dans une quinzaine de rencontres. Beaulieu n’a que 22 ans. Sa façon de gérer le match et ses impulsions offensives s’est très nettement améliorée. Le jumeler à Jeff Petry doterait le CH de deux premiers duos d’arrières extrêmement mobiles et capables d’appuyer l’attaque en tout temps. Emelin, un défenseur très physique, est encore sous contrat pour trois ans, à un salaire moyen de 4,1 millions. Le CH pourrait obtenir un actif de très bonne qualité en échange.

Tyler Johnson (au centre)
Tyler Johnson (au centre)

Quelle est la différence majeure entre le style de jeu pratiqué dans l’Association de l’Ouest et celui de l’Est?

Lorsqu’il s’était fait poser cette question il y a quelques semaines, P.K. Subban n’avait pas hésité un instant. La vitesse, avait-il lancé.

Le défenseur du Canadien avait ensuite expliqué que les équipes de l’Est sont davantage construites en fonction de la vitesse, tandis que celles de l’Ouest pratiquent un style plus lourd et plus physique. Et il avait ajouté quelque chose du genre : « Parfois, quand nous affrontons des équipes de l’Ouest, nous avons presque l’impression que le jeu se déroule au ralenti. »

Durant toute la dernière saison, et depuis le début des séries, le Lightning de Tampa Bay a montré qu’il forme – et de très loin – la formation la plus rapide de la LNH. Pour cette raison, je lui prédis la conquête de la Coupe Stanley.

La vitesse du Lightning a été harnachée de belle façon par Jon Cooper. L’entraîneur de Tampa Bay mise sur un jeu de transition que les défenses adverses, même les meilleures du circuit Bettman, ont énormément de difficulté à contenir.

Aux deuxième et troisième tours éliminatoires, le Lightning a ainsi rayé de la carte le Canadien et les Rangers de New York, qui présentaient pourtant, respectivement, la meilleure et la troisième défense de toute la ligue. Au passage, sans complexe, les jeunes attaquants de Tampa Bay ont aussi expédié en vacances les deux meilleurs gardiens de la planète : Carey Price et Henrik Lundqvist.

« Oui, mais les Blackhawks ont Patrick Kane et Jonathan Toews », répondront les partisans des Hawks.

Kane et Toews sont effectivement des meneurs extraordinaires qui ont marqué plusieurs buts importants depuis le début des séries. Mais la profondeur joue quand même en faveur du Lightning. Soir après soir, Tyler Johnson, Nikita Kucherov, Steven Stamkos, Alex Killorn et Ondrej Palat sont susceptibles de causer de lourds dégâts.

Toute cette vitesse et cette profondeur constitueront une énorme commande pour la défense des Blackhawks qui n’ont, pour ainsi dire, pas de troisième duo d’arrières et qui sont lourdement handicapés par la perte de Michal Rozsival.

Ceux qui ont vu l’attaque massive du Lightning tailler le Canadien et les Rangers en pièces sourcilleront aussi en constatant que depuis le début des séries, l’unité de désavantage numérique des Blackhawks présente un taux de succès de seulement 75,5 %.

Les Blackhawks ont l’expérience de leur côté. Le Lightning, lui, mise sur l’impétuosité de sa jeunesse. Et les jeunes Floridiens ont nettement prouvé qu’ils n’ont pas froid aux yeux. Ils viennent successivement d’éliminer les Red Wings de Détroit, le Canadien et les Rangers, et en excellant dans des édifices les plus intimidants de la LNH.

Pour toutes ces raisons, je favorise le Lightning en six.

Denis Coderre dans les bureaux du baseball majeur, à New York
Denis Coderre dans les bureaux du baseball majeur à New York

Il y a parfois de drôles de coïncidences dans la vie.

Jeudi après-midi, pendant que Denis Coderre faisait la cour au commissaire du baseball majeur à New York, le maire de St. Petersburg, Rick Kriseman, tentait de convaincre son conseil de ville d’investir dans une étude pour déterminer comment le site du Tropicana Field sera développé après… le déménagement des Rays de Tampa Bay!

Lorsqu’on se place du côté montréalais de la lorgnette, voir le commissaire de Major League Baseball ouvrir la porte de son bureau au maire Coderre est un signe indéniable d’ouverture envers le marché montréalais. Un autre signe, en fait.

En janvier dernier, Rob Manfred avait déclaré au prestigieux New York Times qu’un retour du baseball majeur à Montréal était possible. Et en mars, tout juste avant le match inaugural de la saison 2015, Rob Manfred avait accordé à La Presse Canadienne une entrevue dont le principal sujet était l’éventuel retour des Expos. Il y a quatre ou cinq ans, un flirt aussi empressé entre la MLB et Montréal relevait presque de la science-fiction.

En se rencontrant au quartier général de la MLB jeudi après-midi, le maire Coderre et le commissaire Manfred ont en quelque sorte officialisé leurs fréquentations. Reste à voir si elles se concluront par un remariage.

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Aussi enthousiastes puissent-ils être, les amateurs de sport montréalais et québécois ne doivent cependant pas oublier une chose : les dirigeants de ligues sportives majeures n’aiment pas l’instabilité. Pour eux, déménager une concession est une solution de derniers recours. Si l’agonie des Expos a été aussi longue avant leur déménagement en 2004, c’est justement parce que les dirigeants de la MLB ont tout tenté pour sauver le patient d’une situation économique désespérée.

En recevant Denis Coderre dans son bureau, Rob Manfred savait parfaitement qu’il envoyait un message positif à Montréal. Mais il savait aussi qu’il servait une solide mise en garde aux élus de St. Petersburg et de la région de Tampa. Le message était le suivant : « Aidez les Rays à quitter le Tropicana Field et construisez-leur un autre stade. Sinon, une alternative se dessine. »

La visite de Denis Coderre à New York a d’ailleurs été soulignée, ce vendredi matin, dans les médias de Tampa.

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À St. Petersburg, la situation politique ressemble à ceci : les Rays ont un bail qui les lie au Tropicana Field (un stade couvert en permanence) jusqu’en 2027. Mais l’équipe termine constamment en queue de peloton du côté des assistances, même lorsqu’elle connaît des saisons gagnantes.

Le propriétaire des Rays, Stuart Sternberg, veut quitter le Tropicana Field au plus sacrant. Le maire Kriseman tient pour acquis que ce déménagement est inévitable, mais il tente de garder l’équipe dans la région. Les deux hommes ont donc négocié une entente pour permettre aux Rays d’explorer d’autres sites dans la région de Tampa. Si l’équipe était délocalisée dans les environs, les Rays obtiendraient la permission de casser leur bail moyennent des pénalités modestes, qui totaliseraient au plus 17 millions.

Au conseil municipal, pour diverses raisons, une majorité de conseillers s’oppose à cette entente. Par ailleurs, le conseil a refusé jeudi la proposition du maire Kriseman qui voulait confier à un groupe indépendant le mandat de réfléchir sur la possible rénovation du site de 85 acres, où se trouve le Tropicana Field.

Bref, les élus de St. Petersburg ne sont même pas capables de s’entendre sur l’inévitabilité du déménagement des Rays et sur la pertinence de garder cette concession dans la région de Tampa. Et même s’ils y parviennent un jour, rien ne garantit que les élus de l’État, des villes ou des comtés avoisinants accepteront de hausser certaines taxes ou de cracher des centaines de millions de fonds publics pour leur construire un stade.

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Les élus de la région de Tampa ont sans doute en tête la récente expérience des Marlins de Miami, qui a été catastrophique à tous les points de vue.

À Miami, Jeffrey Loria a obtenu plus d’un demi-milliard des autorités publiques pour construire un stade ultra moderne qui a coûté quelque 634 millions. Il a plus tard été révélé que les prêts contractés par la Ville et le comté s’échelonnaient sur 40 ans et qu’ils allaient coûter aux contribuables, en fin de compte, quelque 2,4 milliards de dollars!

Bon nombre de politiciens, dont le maire de Miami et le préfet du comté, ont vu leur carrière politique prendre fin abruptement pour avoir été associés à ce projet.

En plus, les Marlins ne sont jamais parvenus à attirer davantage de spectateurs après la construction de leur nouveau stade, alors que c’était l’objectif poursuivi au départ.

En 2003, après avoir remporté la Série mondiale, les Marlins avaient terminé au 15e rang sur les 16 équipes de la Ligue nationale au chapitre des assistances. L’équipe dispute sa quatrième saison dans l’enceinte du nouveau Marlins Ballpark, et elle figure au dernier rang de la Ligue nationale pour les assistances depuis trois ans. Rien n’a changé. Lors de la saison inaugurale de ce stade, l’équipe avait à peine connu un soubresaut de popularité, terminant au 12e rang du côté des assistances.

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Les Rays de Tampa souffrent exactement du même mal que les Marlins : gagne ou perd, ils ne suscitent à peu près pas d’intérêt dans leur région. Et il est permis de croire qu’un nouveau stade ne réglera jamais ce problème.

Certains se demandent même s’il est encore possible, pour l’industrie du sport professionnel en général, de connaître du succès en Floride, où la population est vieillissante. Dans cet État pourtant reconnu pour son amour du football, les Dolphins de Miami et les Buccaneers de Tampa Bay figurent parmi les cancres de la NFL en ce qui a trait aux ventes aux guichets.

Il n’est donc pas étonnant que Montréal soit redevenue aussi séduisante aux yeux des dirigeants de la MLB.

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Le maire Coderre a demandé à Rob Manfred de courtiser les Montréalais un peu plus sérieusement en présentant des matchs de saison  au stade olympique, plutôt que de simples matchs de la Ligue des pamplemousses.

On voit mal comment Manfred pourrait refuser cet engagement supplémentaire, puisque la MLB a souvent organisé des événements du genre dans le passé. Il ne faudrait donc pas se surprendre si des équipes entamaient officiellement la saison 2016 ou 2017 à Montréal. Ou si deux équipes débarquaient dans le Big O au cours de l’été pour y disputer une série complète.

Voici d’ailleurs la liste des matchs disputés à l’étranger par des équipes de la MLB au cours des 16 dernières années :

1999 : Rockies du Colorado c. Padres de San Diego à Monterrey, Mexique (1 match)

2000 : Mets de New York c. Cubs de Chicago à Tokyo, Japon (2 matchs)

2001: Rangers du Texas c. Blue Jays de Toronto à Puerto Rico (1 match)

2004 : Yankees de New York c. Devils Rays de Tampa à Tokyo, Japon (2 matchs)

2008 : Red Sox de Boston c. A’s d’Oakland à Tokyo, Japon (2 matchs)

2012 : Mariners de Seattle c. A’s d’Oakland à Tokyo, Japon (2 matchs)

2014 : Dodgers de Los Angeles c. Diamondbacks de l’Arizona à Sydney, Australie (2 matchs)