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Il y a des défaites qui, parfois, rendent de meilleurs services à ceux qui les encaissent qu’à ceux qui les infligent.

Les Mooseheads d’Halifax, l’équipe junior par excellence au Canada cette saison, ont subi un inexplicable revers de 5 à 2 aux mains des Blades de Saskatoon dimanche soir alors qu’ils disputaient leur deuxième match au tournoi à la ronde de la Coupe Memorial.

Les Blades, qui participent à titre d’équipe hôtesse, sont les négligés de la grande finale du hockey junior canadien. Ils n’avaient pas remporté un match depuis le 12 mars dernier. Auteurs d’une fiche de 44-28 en saison régulière, ils ont été balayés en quatre matchs en séries éliminatoires, ce qui les a forcés à attendre plus de 50 jours avant que le tournoi de la coupe Memorial se mette en branle.

De leur côté, les Mooseheads de Halifax n’ont perdu que six matchs en saison régulière et un seul en séries éliminatoires. Cette formation, qui aligne les deux plus talentueux attaquants admissibles au prochain repêchage de la LNH (Nathan MacKinnon et Jonathan Drouin) ainsi que le gardien le mieux classé par la centrale de recrutement de la LNH (Zachary Fucale) est un véritable rouleau compresseur.

Comment ont-ils pu échapper un match de cette importance? La veille, samedi soir, on les avait pourtant vus déchiqueter la défense des Winterhawks de Portland dans une victoire de 7 à 4. Les Winterhawks, qui alignent le défenseur format géant Seth Jones (classé au premier rang en vue du repêchage de la LNH) sont considérés comme les principaux rivaux des Mooseheads pour le titre canadien.

Que s’est-il passé? Il n’est pas difficile d’imaginer que les joueurs des Mooseheads ont un peu levé le pied. Et ils devront en payer le prix.

Au lieu d’être un fleuve tranquille, leur route vers la finale du tournoi apparaît soudainement incertaine. Leur match de mardi face aux Knights de London revêt une importance capitale.

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L’histoire des Mooseheads rappelle une mésaventure semblable qu’avaient vécue les Olympiques de Hull de Claude Julien, au tournoi de la Coupe Memorial en 1997. Aujourd’hui entraîneur des Bruins, Julien estime que cette déconfiture a eu un effet bénéfique sur son équipe de l’époque, et même sur le reste de sa carrière.

Claude Julien est l’un des rares entraîneurs à avoir remporté la coupe Memorial et la coupe Stanley. En fait, il est peut-être le seul. J’ai été incapable de retrouver un seul autre entraîneur ayant réussi cet exploit au cours des 50 dernières années.

« Je me rappelle de cet incident de la Coupe Memorial comme si c’était hier! », raconte-t-il.

« Nous avions remporté la finale de la LHJMQ en quatre matchs et les choses avaient peut-être été un peu trop faciles pour nous. Pour empirer la situation, nous avions remporté notre match d’ouverture à la Coupe Memorial au compte de 8 à 0 contre Oshawa, qui était censée être l’équipe à battre. »

Dans leur second match contre Lethbridge, les Olympiques jouissaient d’une avance de 6 à 1 après deux périodes.

« À ce moment précis, c’était facile pour mes joueurs de croire qu’ils allaient remporter le titre. Mais en troisième, Lethbridge est revenu de l’arrière et nous avons perdu au compte de 7-6 en prolongation. »

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Son équipe aurait pu imploser après avoir encaissé un revers aussi douloureux sur une scène aussi imposante que celle de la Coupe Memorial. Mais 16 ans plus tard, Julien remercie le ciel pour cette défaite.

« Au cours d’une saison de hockey, il y a souvent des embûches qui surviennent pour les bonnes raisons. Si nous avions battu Lethbridge facilement dans ce fameux match, je suis loin d’être certain que nous aurions remporté la coupe. Cet effondrement nous avait permis à tous de retrouver notre concentration et de nous rendre en finale », explique-t-il.

Dans ce contexte, il sera intéressant de voir comment l’entraîneur des Mooseheads, Dominique Ducharme, se servira de ce revers inattendu contre Saskatoon pour inciter ses joueurs à repousser leurs limites d’ici la fin de la semaine.

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Quand cette défaite contre Lethbridge était survenue en 1997, Julien avait le choix entre piquer une retentissante crise ou s’asseoir calmement avec ses joueurs pour regarder la situation en face et s’assurer que les correctifs nécessaires soient apportés.

« Cette expérience m’a servi bien des années plus tard », raconte Julien.

« En 2011, quand nous accusions un retard de 0-2 contre le Canadien au premier tour éliminatoire, la pression sortait de partout dans l’entourage de l’équipe, autant du côté des partisans et des médias qu’à l’intérieur de l’organisation. Et comme je l’avais fait à la Coupe Memorial, j’ai choisi de rester très calme. J’ai parlé aux joueurs et nous nous sommes fixés comme objectif de retourner à Montréal, de remporter le troisième match et reprendre notre élan dans la série. »

On connaît la suite : le Canadien s’est fait éliminer en sept rencontres et les Bruins ont soulevé la coupe Stanley quelques semaines plus tard.

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Quand il dresse la liste des ingrédients essentiels pour remporter un trophée comme la coupe Memorial ou la coupe Stanley, Claude Julien parle de la nécessité d’atteindre le plus haut niveau de performance au bon moment. Il parle aussi de l’importance de miser sur un noyau de leaders solide. Et il insiste beaucoup sur l’inestimable… chance.

« Si tu n’es pas chanceux, tu ne peux pas gagner. Parce que dans une compétition très relevée, il survient toujours des moments où la victoire peut pencher d’un bord comme de l’autre », dit-il.

« Quand je parle de ces moments de chance qui font la différence, je pense tout de suite à cette fameuse série contre le Canadien. Dans le cinquième match, Michael Ryder avait réalisé un arrêt avec son gant aux dépens de Tomas Plekanec alors que notre filet était désert. Si Plekanec avait marqué sur ce jeu, ils nous auraient probablement éliminés des séries. »

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Chose certaine, les Mooseheads d’Halifax doivent retrouver leurs repères rapidement. Car la conquête d’un titre comme celui-ci peut grandement influencer le déroulement d’une carrière.

« La conquête de la coupe Memorial m’a donné une visibilité et une crédibilité qui m’ont accompagné à mes débuts dans les rangs professionnels. Et dans la LNH, j’ai connu des hauts et des bas dans mes premières années. Mais la conquête de la coupe Stanley m’a apporté beaucoup sur le plan de la crédibilité. Je suis maintenant reconnu comme un entraîneur beaucoup plus solide que je l’étais auparavant. Alors oui, ces championnats sont très importants, autant pour les joueurs que les entraîneurs, parce qu’ils permettent de se forger une réputation de gagnant. »

 La coupe Memorial est probablement le trophée le plus difficile à remporter dans le monde du hockey. Encore plus que la coupe Stanley.

Il y a 60 équipes de hockey junior qui se battent pour la coupe Memorial. Et le cycle de développement d’une formation gagnante est tellement éphémère au hockey junior majeur qu’on ne peut absolument pas se permettre de rater la chance de remporter ce prestigieux trophée lorsqu’elle se présente.

Quand une bonne équipe de la LNH échoue dans les séries éliminatoires, elle conserve son noyau de vedettes et peut toujours se reprendre la saison suivante. Mais quand une formation junior majeur arrive à maturité, elle n’a pas droit à l’erreur. Ou bien elle inscrit son nom sur la coupe, ou bien elle disparaît à jamais. L’automne suivant, ses meilleurs joueurs s’éparpillent dans les dédales du hockey professionnel, tandis que les dirigeants doivent se taper deux, trois ou quatre années de patiente reconstruction.

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Il sera donc particulièrement intéressant de surveiller les Mooseheads d’Halifax au tournoi à la ronde de la Coupe Memorial au cours des 10 prochains jours. Les Mooseheads disputeront leur premier match samedi soir face aux Winterhawks de Portland. Et pour un lever de rideau, ça en sera tout un!

Halifax compte sur les attaquants Nathan MacKinnon et Jonathan Drouin, qui sont respectivement considérés comme les deuxième et troisième  espoirs en vue du prochain repêchage de la LNH. Quant au gardien Zach Fucale, il est vu comme le meilleur disponible. Et de leur côté, les Winterhawks misent sur le défenseur format géant Seth Jones, que la centrale de recrutement de la LNH considère comme le meilleur espoir pour l’encan de juin prochain.

Pour les représentants de la LHJMQ, le tournoi commencera donc par une sorte de choc des titans qui donnera sans doute le ton au reste de la compétition.

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Outre les futures superstars des Mooseheads, je m’intéresse particulièrement à cette équipe à cause de leur entraîneur, Dominique Ducharme. Jeune quarantaine, brillant, éloquent, Ducharme a mené sa barque de main de maître au cours des deux dernières saisons.

Quand une formation junior majeur connaît beaucoup de succès et qu’elle comprend plusieurs jeunes vedettes, elle devient souvent beaucoup plus difficile à diriger qu’une mauvaise équipe. Avec les nombreux recruteurs et les agents qui traînent dans le décor, sans compter les médias, il est facile pour de jeunes joueurs de perdre leur concentration et de mettre de côté le concept d’équipe.

Depuis que Ducharme est à Halifax, son équipe n’a jamais cessé de produire à plein régime, même quand ses meilleurs éléments étaient absents (au Championnat mondial junior par exemple) ou blessés. Et ce qui importe encore plus : les exceptionnels talents qu’on a confiés à Ducharme n’ont jamais cessé de se développer et de progresser.

J’ai eu la chance de discuter avec des centaines et des centaines d’hommes de hockey chevronnés pendant ma carrière, et Ducharme n’a rien à envier à qui que ce soit. Son discours est éloquent, ses convictions et ses valeurs sont solides. Un jour, il aura la chance de diriger une équipe dans les rangs professionnels.

Et qui sait, cela surviendra peut-être encore plus rapidement si les Mooseheads brillent de tous leurs feux au tournoi de la Coupe Memorial.

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Il était 7 h 30 à Saskatoon quand j’ai joint Ducharme jeudi matin. Son discours était celui d’un homme bien préparé.

« C’est certain que nos joueurs ont célébré quand nous avons remporté la Coupe du Président (les séries éliminatoires de la LHJMQ) vendredi dernier. Mais ils veulent aller plus loin. Leur façon de penser est la bonne.

« Avant de quitter Halifax, nous avons fait le bilan de ce que nous avons accompli et discuté du chemin qui reste à faire. Les gens soulignent souvent à quel point nous avons été constants en saison et en séries. Or, c’est ce que j’aime plus chez mes joueurs. Ils vivent vraiment dans le moment présent et jamais ils n’ont été satisfaits d’eux-mêmes cette année », a-t-il expliqué.

Les Mooseaheads débarquent sur la plus grosse scène qui existe pour une équipe junior. Toute la pression et l’attention seront concentrées sur les vedettes de l’équipe, qui ne sont âgées que de 17 ans. A-t-il pris des mesures pour soustraire MacKinnon, Drouin et Fucale à tout ce cirque?

« Nous sommes plongés là-dedans depuis deux ans déjà », répond-il, tout de go.

« Partout où nous allons, les gens portent toujours une attention particulière à l’endroit de Drouin et MacKinnon. Ça ne dérange pas notre équipe parce que ça fait partie de notre décor. Quand le tournoi commencera, ce sera Halifax contre Portland. Ce ne sera pas un duel entre Jonathan, Nathan et Seth Jones. »

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Cela dit, lorsqu’il est question de leadership, Ducharme est heureux de pouvoir compter sur le vétéran Stephen MacAuley, que les Mooseheads ont acquis durant la période des Fêtes et qui portait auparavant les couleurs des Sea Dogs de Saint-Jean (N.-B.).

Avant d’arriver à Halifax, MacAuley avait pris part aux trois précédentes finales de la Coupe du Président et aux deux dernières éditions du tournoi de la Coupe Memorial.

« Il y a des joueurs qui accumulent les championnats, parfois, simplement parce qu’ils ont la chance de se trouver au bon endroit au bon moment. MacAuley a cette chance, mais ce n’est pas un passager. C’est vraiment un jeune homme solide qui est respecté par ses coéquipiers. Quand il parle de quelque chose ou lorsqu’il évoque ce qui s’est produit lors des deux précédents tournois de la Coupe Memorial, les autres écoutent et ils apprennent en même temps. C’est un gros boni pour nous », estime Ducharme.

Les Mooseheads existent depuis 20 ans. Et pour la toute première fois, la minuscule fenêtre qui mène à la conquête de la Coupe Memorial s’est ouverte devant eux. Stoïque, leur entraîneur n’en fait aucun cas.

« Nous sommes tous contents et enthousiastes de pouvoir nous battre pour cette coupe. Mais ce qui nous a emmenés jusqu’ici, c’est notre niveau de concentration, notre niveau de préparation et notre désir de devenir meilleurs. Nous nous préparerons donc pour les matchs de ce tournoi comme nous l’avons fait pour tous les autres matchs.

« Après tout, la patinoire sera de la même grandeur qu’avant. Il n’y aura rien de changé. Ce sera à nous d’être à notre mieux et de nous en tenir à ce que nous pouvons contrôler », de conclure l’entraîneur des Mooseheads.

 

Enfin, Carey Price a 25 ans!

Lundi 13 mai 2013 à 20 h 59 | | Pour me joindre

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Il y a un peu plus de quatre ans, le 23 avril 2009, Bob Gainey était attablé en face d’un essaim de journalistes dans la salle des médias du complexe de Brossard. Et exactement comme Marc Bergevin l’a fait lundi midi, l’ancien directeur général du CH avait profité de son bilan de fin de saison pour exprimer, sans retenue, la ferveur de sa foi envers Carey Price.

« Carey Price est un pur-sang. […] Il y a un peu plus d’un an (je rappelle que sous sommes en 2009), j’ai pris la décision de lui confier le poste de gardien numéro un et de lui permettre de prendre de l’expérience.

« J’ai pris cette décision pour accroître le nombre de matchs auxquels il participe, pour accroître le nombre de matchs importants et riches en apprentissages auxquels il prend part. Price peut jouer. Il est âgé de 21 ans et je pense qu’il se comporte extrêmement bien. À part cela, il joue très bien. C’est un bon gardien et si je jouais contre lui, je me dirais : « Man, ce gars-là est un bon gardien » », avait lancé Gainey à un journaliste qui lui avait demandé pourquoi il persistait à utiliser Price même si Jaroslav Halak jouait mieux que lui.

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On avait donc une étrange impression de déjà vu, lundi, en entendant Bergevin plaider que Carey Price n’est âgé que de 25 ans et qu’il faut rester patient avec lui parce que les gardiens sont les hockeyeurs qui mettent le plus de temps à se développer après (dans l’ordre) les ailiers, les centres et les défenseurs.

C’était presque comique, sauf que Bergevin n’a pas tout à fait tort. Le directeur général du Canadien est bien placé pour parler du développement des gardiens, puisqu’il provient de l’organisation des Blackhawks de Chicago. Et à Chicago, le gardien numéro un, le Québécois Corey Crawford, a disputé sa première saison complète à l’âge de 26 ans.

D’autres exemples?

À Nashville, Pekka Rinne est reconnu comme l’un des gardiens les plus sûrs et les plus efficaces de la LNH. Mais on oublie souvent qu’il avait 27 ans quand Barry Trotz a décidé pour la première fois de le garder dans son équipe.

À New York, du côté des Rangers, Henrik Lundqvist a remporté son premier trophée Vézina l’année dernière à l’âge de 30 ans. L’excellent Suédois, premier gardien de l’histoire à signer au moins 30 victoires à chacune de ses sept premières saisons, était âgé de 24 ans quand il a disputé sa première campagne dans l’uniforme des Blueshirts.

En 2011, juste avant Lundqvist, c’est Ryan Miller qui avait remporté le trophée Vézina. Et quel âge avait Miller à sa première saison complète à Buffalo? Vingt-six ans, madame. Et que dire de Tim Thomas, gagnant de deux trophées Vézina, qui a fait ses débuts dans la LNH à l’âge de 32 ans!

Même chose à Détroit. Les Red Wings, l’organisation par excellence de la LNH, ont patienté jusqu’à ce que Jimmy Howard atteigne l’âge de 26 ans avant de lui confier le poste de gardien numéro un.

« Essayez de vous rappeler comment vous étiez quand vous aviez 25 ans », a lancé Bergevin aux journalistes agglutinés devant lui.

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Si on analyse la situation sous le même angle que lui, on peut reconnaître que Bergevin soulève un argument valable.

Effectivement, il est de plus en plus rare de voir un très jeune gardien casser la baraque à ses premiers pas dans la LNH. Le dernier à l’avoir fait a été Steve Mason, et le pauvre n’avait pas de fondation sur laquelle s’appuyer quand il a commencé à éprouver des difficultés.

Aujourd’hui, quatre ans après avoir remporté le trophée Calder, Steve Mason tente de sauver sa carrière dans la LNH.

Si on analyse la situation de Price sous le même angle que Bergevin, on peut aussi se demander comment quelqu’un a pu avoir l’idée de lancer un jeune de 20 ans (qui sortait à peine de son club junior de Tri-City) devant le filet dans l’un des plus impitoyables marchés du hockey.

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Carey Price a peut-être été victime de la culture d’entreprise du CH, une organisation où de jeunes gardiens ont connu des succès rapides et phénoménaux, et qui se sont rendus au panthéon du hockey comme si de rien n’était.

Bob Gainey avait joué avec Ken Dryden et Patrick Roy. Il n’est pas difficile d’imaginer qu’il ait sincèrement pu croire que l’histoire allait se répéter avec Price.

Mais ce n’est pas arrivé. Pas encore.

C’est la preuve que même si on tire sur une fleur, on ne peut la faire pousser plus rapidement.

L’émergence des uns, la débandade des autres. On parle énormément (souvent de manière très subjective) des performances des gardiens de la LNH depuis plusieurs semaines. Et encore davantage depuis le début des séries éliminatoires.

Or, voici ce que les chiffres disent quand vient le temps de déterminer les gardiens titulaires (numéro un) qui ont le plus influencé le rendement de leur équipe au cours de la dernière saison.

C’est une statistique que je compile depuis quelques années déjà et qui repose sur un principe à la fois simple et incontournable : la façon la plus fiable d’évaluer le rendement d’un gardien consiste à le comparer avec l’autre gardien de son équipe.

Les deux gardiens d’une même équipe jouent derrière la même défense et font face au même type de chances de marquer. Sachant cela, si l’équipe récolte un plus grand nombre de points quand l’un des deux se trouve devant le filet, ça signifie qu’il y en a nettement un qui se démarque et qui influe positivement sur les performances du groupe.

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Observez donc attentivement le tableau qui suit. Il contient quelques surprises.

Pour chaque gardien, j’ai inscrit le nombre de points de classement remportés par rapport au nombre de points défendus pendant la saison (par exemple, un gardien qui aurait remporté un match sur deux aurait empoché deux points sur quatre, donc 2/4). À côté de cette statistique, vous trouverez la moyenne de points empochés par le gardien (2/4 signifie que le gardien a présenté une moyenne de ,500). Enfin, vous trouverez la différence entre la moyenne du gardien et la moyenne de son équipe quand un autre portier se trouve devant le filet (si le premier gardien joue pour ,500 et que le second joue pour ,250, alors le premier obtient une cote de +250).

Voici, donc, les gardiens qui ont exercé le plus d’impact sur leur équipe au cours de la dernière saison (séries éliminatoires non incluses) :

1. Evgeni Nabokov (NYI) 53/82 pts défendus (,646), écart équipe : +504 (Note : Les Islanders ont joué pour à peine ,142 quand Nabokov ne défendait pas leur filet. Sans lui, ils n’auraient pas participé aux séries.)

2. Antti Niemi (SJ) 54/84 pts défendus (,642), écart équipe : +392

3. Cam Ward (CAR) 19/32 pts défendus (,593), écart équipe : +390 (Note : On comprend pourquoi les Hurricanes ont piqué du nez quand Ward s’est blessé au tiers de la saison.)

4. Pekka Rinne (NAS) 38/78 pts défendus (,487), écart équipe : +32

5. Braden Holtby (WAS) 47/72 pts défendus (,652), écart équipe : +319 (Note : Holtby a offert aux Capitals un luxe dont ils n’avaient pas profité depuis des années : de la stabilité devant le filet. Cela a eu pour effet de relancer cette équipe.)

6. Niklas Backstrom (MIN) 51/84 pts défendus (,607), écart équipe : +274 (Note : En séries, le Wild a été éliminé dès la période d’échauffement du premier match, quand Backstrom s’est blessé avant d’entreprendre la série face aux Blackhawks.)

7. Sergei Bobrovski (CLB) 48/78 pts défendus (,615), écart équipe : +265 (Note : Les Flyers n’ont peut-être pas eu l’idée du siècle en échangeant Bobrovsky aux Blue Jackets pour confier leur filet à Ilya Bryzgalov).

8. James Reimer (TOR) 43/64 pts défendus (,671), écart équipe : +234 (Note : Ceux qui regardent la série opposant les Leafs aux Bruins comprennent parfaitement pourquoi Reimer apparaît au 8e rang de ce classement.)

9. Martin Brodeur (NJ) 33/58 pts défendus (,568) , écart équipe : +174

10. Anders Lindback (TB) 21/42 pts défendus (,500), écart équipe : +149 (Note : Avec le recul, ce n’est probablement pas le rendement de Lindback qui constituait le problème à Tampa, mais plutôt le jeu défensif de l’équipe.)

11. Jimmy Howard (DET) 49/82 pts défendus (,597), écart équipe : +97

12. Henrik Lundqvist (NYR) 51/86 pts défendus (,593), écart équipe : +93

13. Ilya Bryzgalov (PHI) 41/78 pts défendus (,525), écart équipe : +81 (Note : Cette statistique signifie-t-elle que Bryzgalov a bien fait son boulot ou que les autres gardiens employés par les Flyers n’étaient pas capables de faire le travail?)

14. Cory Schneider (VAN) 38/60 pts défendus (,633), écart équipe : +50

15. Kari Lethonen (DAL) 33/64 pts défendus (,515), écart équipe : +47

16. Mike Smith (PHO) 35/64 pts défendus (,546), écart équipe : +46

17. Devan Dubnyk (EDM) 34/72 pts défendus (,472), écart équipe : +14

18. Brian Elliott (STL) 29/46 pts défendus (,630), écart équipe : +10

19. Ryan Miller (BUF) 39/78 pts défendus (,500), écart équipe : 0

20. Jacob Markstrom (FLO) 17/46 pts défendus (,369), écart équipe : -11

21. Jonas Hiller (ANA) 34/50 pts défendus (,680), écart équipe : -15

22. Marc-André Fleury (PIT) 46/62 pts défendus (,741), écart équipe : -23 (Note : Secondé par un auxiliaire de plus grande qualité (Tomas Vokoun), Fleury n’a pas eu le même impact chez les Penguins cette saison. Son ratio de succès est très élevé, mais l’équipe a fonctionné au même rythme sans lui.)

23. Craig Anderson (OTT) 26/46 pts défendus (,565), écart équipe : -35 (Note : Anderson a compilé des statistiques personnelles extraordinaires cette saison, mais les chiffres tendent à démontrer que son rendement était peut-être attribuable au système de jeu de Paul McLean. Les performances des Sénateurs étaient les mêmes quand Anderson ne jouait pas.)

24. Tuukka Rask (BOS) 43/68 pts défendus (,632), écart équipe : -46 (Note : Rask est très bon, mais il n’est pas parvenu à faire la différence et à voler des matchs comme Tim Thomas le faisait dans un rôle de numéro un dans le passé.)

25. Mikka Kiprusoff (CAL) 18/48 pts défendus (,375), écart équipe : -125

26. Semyon Varlamov (COL) 25/70 pts défendus (,357), écart équipe : -143

27. Corey Crawford (CHI) 43/58 pts défendus (,741), écart équipe : -153 (Note : Une autre grosse surprise ici. Les chiffres de Crawford sont extraordinaires (les mêmes que Fleury), mais que peut faire un gardien quand son auxiliaire (Ray Emery) remporte 17 de ses 18 décisions?)

28. Jonathan Quick (LA) 40/70 pts défendus (,571), écart équipe : -159 (Note : Le jeu de Quick a été irrégulier en début de saison en raison d’une intervention chirurgicale au dos. N’empêche, cette statistique est un hommage au jeune Québécois Jonathan Bernier, qui a empoché 19 points sur 26 (,730) avec les Kings cette saison. Cela montre qu’il est probablement mûr pour occuper un premier rôle ailleurs dans la LNH.)

29. Carey Price (MTL) 46/76 pts défendus (,605), écart équipe : -245 (Note : Une mauvaise fin de saison de Price et un rendement extraordinaire de Peter Budaj (qui a joué pour ,850 en récoltant 17 points sur 20) positionnent Price au bas du classement cette saison. Ce qui inquiète dans le cas du gardien numéro un du CH, c’est qu’il s’agit d’une tendance lourde. Depuis 2005, il figure parmi les gardiens qui ont le moins influé sur le rendement de leur équipe dans la LNH.)  

30. Ondrej Pavelec (WIN) 44/88 pts défendus (,500), écart équipe : -250.

Juste avant le premier match de la saison j’avais écrit que si le Canadien accédait aux séries éliminatoires, cela serait plus attribuable à l’excellente gestion de Michel Therrien qu’à la qualité du personnel de joueurs. Il faut donc considérer la saison qui a pris fin jeudi soir comme une grande réussite.

Lorsqu’il a repris les commandes de cette équipe il y a un peu plus de 11 mois, Therrien avait promis une formation qui allait se présenter pour travailler à tous les matchs. C’est exactement ce que les partisans de l’équipe ont obtenu. Et même plus.

Le Canadien de la saison 2011-2012 n’était pas une équipe de 15e place. Ce sont des tonnes de blessures et un leadership déficient qui avaient plongé le CH dans les abysses de l’Association de l’Est. Mais sur papier, le Canadien de cette année n’était pas une équipe de 2e place non plus.

Michel Therrien et son groupe d’entraîneurs ont donc tiré tout le « jus » qu’il y avait à extraire de cette formation, malgré son manque de profondeur et malgré le rendement décevant de plusieurs vétérans.

***

De quoi aurait eu l’air cette même formation au terme d’un calendrier de 82 matchs? On ne le saura jamais. Ce que l’on sait, toutefois, c’est que le club a cruellement frappé le mur autour du 40e match, quand les petits attaquants (sauf Gallagher) ont manqué de souffle en même temps et que sa brigade défensive a perdu le nord, un certain 6 avril, après la blessure à Alexei Emelin.

Marc Bergevin devra regarnir sa brigade défensive pour lui donner de la profondeur et la rendre plus costaude pour que son club puisse un jour aspirer à connaître de plus longues épopées printanières.

Une autre question intéressante finira aussi par surgir assez rapidement : quel joueur de centre le Canadien décidera-t-il de sacrifier pour permettre à Alex Galchenyuk de déployer ses ailes et de devenir le premier pivot de la prochaine décennie?

Sacrifiera-t-on Plekanec qui est au début de la trentaine ou Desharnais qui vient de signer un contrat de quatre ans? Lars Eller? Oubliez ça. Les centres de cette taille ne courent pas les rues et dans le cas d’Eller, on a l’impression que le meilleur est encore à venir.

Chose certaine, quelqu’un devra laisser sa place à Galchenyuk, et cette décision devra être prise rapidement. Galchenyuk est un pur-sang. Et un tel talent doit être exploité à sa juste valeur.

***

La saison du Canadien a été courte. Mais quelle saison ça a été! Le plus extraordinaire, c’est qu’elle a pris fin sous le leadership des jeunes. Des kids combatifs qui n’ont pas froid aux yeux et dont le talent leur sort par les oreilles.

Il y a très longtemps que cette organisation n’a pas eu de candidats au trophée Norris (Subban) et au trophée Calder (Gallagher) la même année. Galchenyuk deviendra une supervedette. Tinordi jouera dans cette ligue pendant 15 ans.

Je ne me souviens pas d’un soir où l’équipe ait été éliminée pendant lequel j’ai eu envie que le camp d’entraînement reprenne la semaine suivante. C’est le cas cette année.

Si Bergevin cultive son jardin avec doigté, cette équipe sera intéressante à regarder jouer pendant plusieurs années.

Vive le printemps!

Avec ténacité et détermination

Jeudi 9 mai 2013 à 14 h 16 | | Pour me joindre

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Ce n’est pas fini tant que ce n’est pas fini.

Je sais que c’est un peu philosophique, mais avec le grand nombre de blessés du côté du Canadien, cette formation va se battre avec l’énergie du désespoir.

Souvent, la blessure de l’un permet à l’autre de se démarquer.

Plusieurs joueurs du Tricolore ont peu ou pas d’expérience en séries éliminatoires dans la Ligue nationale. Ce sera donc pour eux la chance d’envoyer un signal à l’organisation qu’ils peuvent faire partie de la prochaine étape.

Michel Therrien jouera cette carte.

Il a beaucoup de joueurs dans le vestiaire qui ont une occasion en or, et c’est leur responsabilité de la saisir.

L’entraîneur du Canadien espère probablement un surplus de confiance d’un adversaire qui affrontera une équipe décimée avec un genou au sol.

Peter Budaj effectuera le premier départ de sa carrière dans les séries.

Ce sera intéressant de voir comment il réagira devant ce défi. Si le Canadien ne possède pas ce soir une formation de la Ligue nationale, ses espoirs reposent sur les épaules de joueurs qui veulent que ça continue.

C’est cette ténacité et cette détermination, combiné au travail de Budaj, qui pourra faire une différence.

Parce que tant que ce n’est pas fini, ce n’est pas fini…

Tout le monde s’entend pour dire que les officiels de la NFL et du baseball majeur sont les plus efficaces dans le monde du sport professionnel nord-américain. Mais juste pour être de bonne foi, il faut aussi convenir que la manière dont le football et le baseball se jouent aide grandement les arbitres de ces deux sports.

Au football, les séquences de jeu sont très courtes. Et avant chaque essai, les officiels ont le temps de se positionner adéquatement sur le terrain afin de parer à toute éventualité. Aussi, chaque fois qu’un jeu controversé survient, les officiels peuvent se réunir et débattre de la bonne décision à rendre. Et malgré tout cela, de mauvaises décisions surviennent encore.

La moyenne d’efficacité des arbitres de la NFL serait sans doute beaucoup moins élevée si les joueurs couraient, s’arrachaient le ballon des mains et se frappaient continuellement pendant 60 minutes.

* * *

Même chose au baseball, où en plus de superviser des matchs qui se déroulent en très courtes séquences, les arbitres ont à rendre des décisions extrêmement binaires. Les séquences sont rapides, mais les arbitres se trouvent toujours dans une position de grande stabilité pour rendre des décisions qui, la plupart du temps, ne laissent place à aucune interprétation. La balle est-elle arrivée avant le joueur ou pas? La balle était-elle dans la zone des prises ou pas? Le voltigeur a-t-il capté la balle avant qu’elle touche le sol ou pas?

Malgré cela, les arbitres du baseball majeur commettent régulièrement des erreurs. C’est inévitable, on n’y échappe pas. Et quelque chose me fait croire que ces gars-là rentreraient sans doute chez eux en pleurant si on leur demandait d’officier un match des séries éliminatoires de la Coupe Stanley.

Bref, sur le plan des compétences, les arbitres et juges de lignes de la LNH n’ont pas à envier quoi que ce soit à leurs homologues du football et du baseball. Les hommes qui officient les matchs de hockey de la LNH commettent des erreurs – et même un peu plus que ceux des autres sports –, mais un fait demeure : ils sont les meilleurs arbitres de hockey du monde.

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Cela étant dit, sur le plan de la constance, les arbitres de la LNH sont de très grands attardés par rapport à ceux des autres sports. Dès que l’enjeu se resserre un peu, il y a quelque chose de profondément ancré dans la culture du hockey qui les rend presque crétins.

Sur deux jeux semblables qui surviennent en saison et à la dernière séquence du Super Bowl, les officiels de la NFL rendent la même décision, interprètent le règlement de la même façon. Même chose au baseball.

Mais dans la LNH, tout le monde essaie de composer avec cette notion débile qui veut que les arbitres doivent laisser tout le terrain aux joueurs et influer le moins possible sur le résultat d’une rencontre.

Durant un match de saison de la LNH, un joueur est automatiquement puni si la palette de son bâton effleure les gants d’un rival en possession de la rondelle, ou encore, si son bâton effleure accidentellement le casque d’un joueur adverse.

Dans les séries, on peut s’en tirer en distribuant quatre doubles-échecs consécutifs dans le dos d’un adversaire ou en lui servant directement un double-échec au visage.

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Des exemples?

Quand le Canadien et les Sénateurs se sont affrontés pour la première fois de la saison le 30 janvier dernier, le match avait été ponctué de 11 avantages numériques (six pour Ottawa et cinq pour le CH). Quelques jours plus tard, le 3 février, les deux mêmes équipes avaient bénéficié de huit avantages numériques (cinq pour Montréal et trois pour Ottawa).

On parle ici de rencontres où l’intensité était élevée, mais normale. Dans ces deux matchs, les deux équipes s’étaient échangé environ 50 mises en échec.

Mardi soir à Ottawa, dans une rencontre absolument féroce et ponctuée de 105 mises en échec, les deux formations ont bénéficié de quatre avantages numériques (trois pour Ottawa, un pour Montréal).

Le ratio est assez évident. Il y a deux fois plus d’intensité et de contacts physiques en séries éliminatoires, mais il y a deux fois moins de pénalités.

Par ailleurs, si on fait exception des folies du troisième match de la série Canadien-Sénateurs, une autre tendance apparaît clairement : plus la série avance (donc, plus l’enjeu est grand), moins les officiels distribuent de pénalités.

C’est horrible, mais c’est comme ça. C’est ancré dans les mœurs au même titre que le réflexe des dinosaures qui prétendaient, dans le premier match de la série, qu’Eric Gryba avait défiguré et assommé Lars Eller en lui servant une mise en échec absolument parfaite.

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Le problème avec cette mentalité (ou cette tare culturelle), c’est qu’en rangeant leur sifflet dans leurs poches, les officiels finissent par devenir des facteurs encore plus déterminants dans l’issue des matchs.

Jonny Murray, un juge de lignes, en a servi le plus bel exemple mardi soir avec 56 secondes à écouler au cadran.

Rene Bourque venait de réussir un dégagement parfait en lobant la rondelle dans la zone des Sénateurs à l’aide de la baie vitrée. Le disque se dirigeait lentement vers le fond de la zone des Sénateurs et le défenseur Erik Karlsson aurait facilement pu la récupérer avant qu’elle franchisse la ligne des buts.

Dès que cette rondelle a touché la glace, il était évident que ce dégagement devait être permis. Mais Karlsson a ralenti et s’est arrangé pour rendre la décision de Murray un peu plus serrée. Karlsson a ralenti au point où, pour ne pas le dépasser, le juge de lignes a même cessé de patiner et s’est laissé glisser…

Si Jonny Murray avait laissé le jeu se poursuivre, sa décision l’aurait placé sous les projecteurs parce qu’elle aurait presque signifié la fin de la rencontre. Il a donc choisi de siffler et de laisser les joueurs régler la question avec une mise au jeu dans le territoire du Canadien. Murray a choisi de s’effacer du portrait, tout simplement.

Trente secondes plus tard, les Sénateurs égalaient la marque, ce qui a fini par leur permettre de prendre une avance de 3 à 1 dans la série.

C’est à cause de cette invraisemblable mentalité que les officiels de la LNH n’ont pas la même crédibilité que les arbitres des autres grands sports nord-américains. Et de toute évidence, ce n’est pas près de changer.

Encaisser pour gagner

Mardi 7 mai 2013 à 11 h 34 | | Pour me joindre

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Chris Neil et P.K. Subban

Attendez-vous à un match tranquille en ce qui concerne la bagarre…

Pour le Canadien, il n’y a qu’une seule façon de remporter et le match et la série, c’est en resserrant son jeu en défense et en étant plus habile à profiter de ses occasions en attaque.

Le style de jeu pratiqué par les hommes de Michel Therrien leur permet de récupérer la rondelle, mais ils ne profitent pas de leur temps de possession de la rondelle.

En d’autres mots, ils lancent souvent, mais pas efficacement.

Le Canadien, d’une année à l’autre, a des équipes qui se ressemblent : une ligne de centre pas très costaude, quelques bons marqueurs, une défense habile, mais pas très lourde, et un bon gardien.

Cette unité défensive a besoin d’aide en ce moment. Le jeu entre les attaquants et les défenseurs n’est pas assez compact. L’utilisation de la longue passe favorise une sortie de zone rapide, mais diminue les chances de surnombre, ce qui n’est pas nécessairement à l’avantage du Tricolore.

Lorsque le Canadien excellait en séries contre les Penguins et les Capitals en 2010, il était beaucoup plus passif en défense, axé sur un jeu à cinq joueurs.

Si ton meilleur joueur a davantage de chance d’utiliser ses habilités en avantage numérique, il faut donc pratiquer un jeu qui va frustrer l’adversaire.

Les Sénateurs ne sont pas très offensifs. Le Canadien doit être impeccable en défense. Cela permettra à Carey Price de faire face à moins de tirs dangereux.

Si le Canadien gagne, ça sera par un pointage très bas. Depuis le début de l’année, les Montréalais ont joué trois matchs à Ottawa et n’ont marqué que trois buts.

À un but par match, tu ne gagnes pas souvent.

Peut-être que tu peux gagner ce soir si ton jeu est irréprochable en défense, mais surtout si tu saisis tes chances en avantage numérique.

Après avoir dit tout cela, pensez-vous vraiment qu’il y a de la place pour la bagarre?

Si le Canadien veut venger Lars Eller, c’est en gagnant la série.

Si le Canadien veut démontrer son courage, c’est en acceptant de prendre des coups pour réussir des jeux.

Si le Canadien veut montrer qu’il est une vraie équipe, c’est en faisant preuve de solidarité.

La dernière fois que j’ai vérifié, le courage ne se mesurait pas au nombre de coups que l’on donne à l’adversaire. C’est plutôt le prix que nous sommes prêts à payer pour atteindre un objectif commun.

Personne ne pourra reprocher à Paul MacLean de ne pas savoir s’ajuster.

Le Canadien avait totalement dominé les Sénateurs dans le premier match de la série en utilisant sa vitesse. Dans la deuxième rencontre, MacLean a donc apporté les correctifs nécessaires en présentant une défense beaucoup plus structurée.

Mais dans cette fameuse deuxième rencontre, nettement plus défensive, les hommes de Michel Therrien ont battu les Sénateurs en bloquant plus de 30 tirs et en remportant la majorité des luttes individuelles pour la rondelle.

Dimanche soir, dans le troisième match, MacLean a donc choisi de mettre toutes les chances de son côté en sortant le Tricolore de sa zone de confort et en optant pour la robustesse. Avec un grand R.

Deux cent trente-deux minutes de punition plus tard, le pointage était de 6 à 1 en faveur des Sénateurs, qui détiennent maintenant une priorité de 2 à 1 dans la série.

***

Lundi matin, tout le monde au Québec parlera des nombreuses bagarres et des coups vicieux qui se sont échangés au cours de la troisième période. Il sera aussi question de MacLean, qui a pour comble d’injure a essuyé ses chaussures dans le visage de Therrien en fin de troisième.

Avec seulement 17 secondes à écouler au cadran et avec une avance de cinq buts, l’entraîneur-chef des Sénateurs a demandé un temps d’arrêt et convié ses joueurs au banc, puis il a feint de donner des consignes pour préparer l’avantage numérique qui allait s’amorcer.

Plus humiliant que ça…

En fin de match, on a vu des joueurs du CH furieux, dont Josh Gorges, se diriger vers le banc des Sénateurs pour invectiver l’entraîneur adverse. Depuis qu’Eric Gryba a blessé Lars Eller, tout le monde du côté du Canadien n’en a que pour Paul MacLean. Il y a longtemps qu’on a vu un entraîneur autant déstabiliser une équipe de la LNH.

***

Cela étant dit, ce n’est pas quand la bagarre a commencé que le CH a perdu cette première rencontre à Ottawa. La défaite s’est jouée plus tôt, sur une séquence de 21 min 18 s.

Dans les 20 minutes de la première période, les Sénateurs ont pilonné les Montréalais de nombreuses et percutantes mises en échec. Ils ont particulièrement ciblé Brendan Gallagher et P.K. Subban, les deux moteurs de l’équipe. Puis, ils ont systématiquement frappé les cinq autres défenseurs.

Le CH n’est pas à l’aise dans ce style de jeu. Plusieurs joueurs ont tendance à disparaître quand le match prend une tournure semblable. Les Maple Leafs de Toronto l’ont montré à quelques reprises cette saison. Diaz calcule ses foulées pour ne pas arriver le premier dans le coin. Plekanec perd ses moyens. Subban, lorsqu’il est traqué de la sorte, perd toute sa concentration et une grande partie de son efficacité. Gionta, qui n’a déjà pas le physique pour s’imposer dans ce genre de match, est en plus blessé. Pacioretty aussi. Alouette.

Et pendant que la chasse à l’Habitant était ouverte, il n’y a pas eu de riposte. Prust, Moen, White, Armstong… ils ont continué à jouer et à subir comme si de rien n’était, alors qu’ils avaient contribué à donner le ton dans le deuxième match à Montréal.

Quand les folies ont commencé en troisième après le quatrième but des Sénateurs, il était déjà beaucoup trop tard. Le match était perdu. Le train était passé en première et les joueurs du CH avaient préféré le regarder filer.

***

Ah oui, j’oubliais! Il manque 1 min 18 s à mon histoire. C’est le temps qu’il a fallu à Jean-Gabriel Pageau pour inscrire le troisième but des Sénateurs en début de troisième période. Un vif tir des poignets en provenance du cercle, à la droite de Price, directement dans la lucarne.

Le genre de but qui scie les jambes et qui a changé complètement l’allure du match, dont le pointage était malgré tout serré.

Félicitons Pageau pour son premier tour du chapeau dans la LNH. L’ancien porte-couleurs des Olympiques de Gatineau a même perdu une dent en inscrivant son premier filet de la soirée. Les orthodontistes vont faire fortune avec cette série.

Et terminons sur une question facile. Maintenant que Paul MacLean a découvert un filon, quelle sera, d’après vous, la stratégie des Sénateurs d’Ottawa dans le quatrième match de la série?

Attention aux Sénateurs qui dorment….

Dimanche 5 mai 2013 à 15 h 11 | | Pour me joindre

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Les Sénateurs d’Ottawa  ne sont pas très contents de leur prestation durant le match numéro 2.

Il prétendent être capables de malmener les joueurs du Canadien avec beaucoup plus de régularité, pour arriver à les déstabiliser.
Bonne nouvelle pour les joueurs du Canadien, puisque dans bien des cas, jeu robuste égale punition.

De façon générale cette saison, le Canadien a réussi à augmenter son efficacité offensive à l’étranger.
Et ce, en marquant durant les avantages numériques avec constance.

Ce soir, comme l’entraîneur local a droit au dernier changement d’effectifs, l’opposition présentée aux joueurs du Canadien à cinq contre cinq sera à l’avantage des Sénateurs.

Le seul moment où les joueurs offensifs du Canadien auront de l’espace pour travailler, ce sera en avantage numérique.
Alors, ils devront frapper tôt dans le match. Le jeu en défense du Canadien cette saison a été impeccable, sauf pour les ratés du mois d’avril. Il faudra donc voir la brigade défensive de février.

Et bien sûr, le meneur de cette brigade c’est Carey Price.

Le Canadien a gagné un premier match. Mais pour en gagner un deuxième, la qualité des unités spéciales et l’excellence du jeu défensif devront être au rendez-vous.

Et ceux qui croient que des sénateurs ça dort… méfiez-vous.