Accueil

Martin Brodeur
Martin Brodeur
Le recrutement d’athlètes est une science hautement inexacte. Si bien, que lorsqu’un recruteur parvient à dénicher un joueur capable de contribuer de façon significative aux succès de son organisation, il s’agit d’un exploit considérable. Et quand on déniche un phénomène comme Martin Brodeur, c’est un peu comme gagner le gros lot. Ça n’arrive qu’une fois dans une vie.

Il y a près de 25 ans, au moment où les Devils se préparaient en vue du repêchage de 1990, Claude Carrier plaidait avec conviction la cause de Brodeur auprès de son patron Lou Lamoriello.

Les Devils, qui misaient alors sur Sean Burke et Chris Terreri devant le filet, étaient prioritairement à la recherche d’un gardien d’avenir capable de les rendre encore plus compétitifs. Cette année-là, les deux gardiens les mieux cotés au repêchage étaient Trevor Kidd, des Wheat Kings de Brandon, et Brodeur, qui défendait les couleurs du Laser de Saint-Hyacinthe.

Autour de la table des Devils, le vent soufflait très fort en faveur de Kidd. Mais Carrier, qui croyait en Brodeur, se souvient d’avoir livré un bon plaidoyer.

« Soyons honnête, je n’aurais jamais pu prédire que Martin allait devenir le meilleur gardien de l’histoire du hockey. Mais j’aimais son caractère! Il était compétitif et on voyait qu’il détestait accorder des buts. Il ne se laissait pas déjouer plusieurs fois de la même façon, raconte Carrier, qui est à l’emploi des Devils depuis 30 ans.

« Par ailleurs, j’aimais beaucoup le style de Martin. Il avait un style hybride, qui lui appartenait et qui le rendait meilleur. Il n’essayait pas de copier le style papillon de Patrick Roy, qui l’aurait probablement rendu moins efficace. La façon de faire de Brodeur, c’était de rester debout et de défier les tireurs adverses. Beaucoup de gens ont essayé de copier Roy au fil des ans, mais il n’y avait qu’un seul Patrick Roy, et lui aussi excellait parce qu’il pratiquait un style qui lui était propre. Et puis, Martin avait toute une mitaine! Il était un bon joueur de baseball, ce qui lui avait permis de développer une excellente coordination œil-main. »

Après avoir écouté son recruteur québécois, le DG des Devils a posé une courte question : Es-tu sûr, Claude?

«Oui! Je suis certain qu’il va faire le travail avec nous! Aussi, il faut que tu saches que c’est un jeune homme qui répond à tous nos critères de sélection. Il provient d’une famille tissée serrée. On lui a inculqué de bonnes valeurs et il va se dévouer à la cause des Devils.»

Avec le recul, Claude Carrier considère que cet argument supplémentaire a probablement fini par faire pencher la balance.

« OK! On va choisir Brodeur », a alors annoncé Lamoriello à son équipe de dépisteurs.

***

En 1990, les Devils détenaient le 11e choix au repêchage. Mais en apprenant que les Flames de Calgary (qui devaient choisir au 20e rang) voulaient à tout prix obtenir Trevor Kidd, Lou Lamoriello a accepté d’inverser son choix de premier tour avec son homologue Cliff Fletcher. Cette transaction a permis aux Devils d’aller chercher, en plus, un choix de deuxième tour.

« C’était un risque, concède Carrier. Mais nous calculions que les équipes qui allaient choisir entre les 12e et 19e rangs (dont le Canadien) n’avaient pas besoin d’un gardien. »

Comme prévu, Martin Brodeur a finalement été sélectionné au 20e rang.

Maintenant âgé de 66 ans, et toujours aussi passionné par le hockey, Claude Carrier ne s’attribue aucun mérite pour la flamboyante carrière qu’a connue Brodeur. Le gardien de Saint-Léonard a pour ainsi dire réécrit le livre des records des gardiens de la LNH.

« C’est Martin qui a bâti sa carrière. Tout le crédit lui revient. Et en quelque sorte, je dirais même que c’est lui qui a largement contribué à ma renommée à titre de recruteur! Je me considère chanceux de la tournure des événements et je suis fier d’avoir cru en lui. Si Martin avait connu du succès pendant cinq ans, sa sélection aurait déjà été un grand succès. Alors, quand on regarde ses 22 ans de carrière et son extraordinaire constance, ça dit tout. Il a très largement surpassé les attentes! »

***

Claude Carrier se souvient clairement de l’entrevue qu’il avait faite avec Brodeur avant le recommander à ses patrons. À l’époque, le légendaire gardien n’était âgé que de 17 ans.

« Martin n’était absolument pas arrogant, il était même très posé et un peu timide. Il était aussi très poli. Mais derrière cette légère timidité, on voyait qu’il avait confiance en lui et qu’il croyait en ses capacités », raconte le vétéran recruteur.

Au fil des années, les deux hommes ont toujours gardé le contact et ils ont développé une belle relation.

En officialisant sa retraite jeudi après-midi, Brodeur a confirmé qu’il terminera la présente campagne à titre de conseiller principal du directeur général des Blues, Doug Armstrong. Cette situation fait sourciller beaucoup de monde dans la LNH.

Pour sa part, le vétéran recruteur des Devils espère que son ancien protégé réintégrera rapidement sa vraie famille.

« Je souhaite qu’il devienne un jour l’un de mes patrons!, lance-t-il en riant. Personne ne peut nier l’évidence : Martin Brodeur, c’est l’image de notre organisation. »

Chose certaine, l’histoire des Devils aurait sans doute été bien différente si, lors de cette fameuse réunion de 1990, Claude Carrier n’avait pas plaidé avec autant de passion la cause du plus grand gardien de l’histoire de la LNH.

L'équipe canadienne qui a remporté la Coupe du monde de hockey en 2004
L’équipe canadienne qui a remporté la Coupe du monde de hockey en 2004.

Prenez un cochon. Maquillez-le, collez-lui une moustache, mettez-lui un chapeau. Donnez-lui même un prénom si vous le souhaitez. Au bout du compte, peu importe le nombre d’artifices utilisés, il s’agira toujours d’un cochon.

C’est un peu ce qu’a fait la LNH, ces derniers jours, en annonçant qu’elle allait présenter une « Coupe du monde » à Toronto à l’automne 2016.

La « Coupe du monde », annoncée par Gary Bettman et Donald Fehr le week-end dernier, est bel et bien un cochon. Dans le sens de tirelire, bien entendu. La « Coupe du monde » de la LNH sera une caisse enregistreuse déguisée en pseudo tournoi international de hockey. Ce sera un cochon maquillé, au nom trompeur, dont la seule raison d’être consistera à engraisser les coffres de la ligue.

« Nous sommes devenus une entreprise qui génère 4 milliards de dollars par année. La question est maintenant de savoir d’où proviendra notre prochain milliard. L’Association des joueurs est notre partenaire dans cette aventure, et elle se concentre sur cet objectif autant que nous », a d’ailleurs déclaré le chef des opérations de la LNH, John Collins, dans un candide élan de sincérité.

***

Oubliez donc le concert des nations et la fierté que ressentiront les joueurs à l’idée de porter les couleurs de leur pays. La « Coupe du monde » de Gary Bettman n’aura rien à voir avec les grandes compétitions internationales. Ce sera en fait un rassemblement d’employés de la LNH à qui on demandera, pendant deux semaines, de porter des chandails différents.

Ces derniers jours, un grand nombre de partisans et d’observateurs ont été étonnés de constater que seulement six « pays » seront représentés à cette « Coupe du monde », soit le Canada, les États-Unis, la Russie, la Suède, la Finlande et la République tchèque.

Pourquoi ces six pays et pas les autres nations que nous avons l’habitude de voir dans les grands tournois internationaux, comme la Suisse, la Slovaquie, la Slovénie (qui a volé le spectacle aux derniers Jeux olympiques), la Norvège ou l’Allemagne?, a-t-on demandé.

C’est pourtant simple : les six « pays » retenus sont les seuls qui comptent suffisamment de joueurs dans la LNH pour composer une équipe complète.

Par exemple, on ne retrouve que 12 Suisses dans la LNH, dont seulement 4 attaquants. Si on invitait l’équipe nationale suisse, la Ligue nationale A de ce pays devrait modifier son calendrier (qui débute au début de septembre), et il faudrait négocier des frais de déplacements et diverses compensations financières avec la ligue et la fédération helvétique. Quel intérêt la LNH et l’Association des joueurs auraient-elles à procéder ainsi, puisque leur but consiste à amasser le plus d’argent possible pour leur entreprise?

***

Pour contourner cet écueil, la LNH et l’AJLNH ont tout simplement décidé de compléter les cadres de leur tournoi en formant deux autres équipes, dont les joueurs auront comme principale qualité d’être membres de l’AJLNH.

La première équipe rassemblera des joueurs européens provenant des « pays » qui ne sont pas invités (quatre Slovaques, trois Suisses, deux Danois et une souris verte, comme disait la chanson). La deuxième sera composée de joueurs canadiens et américains de moins de 23 ans.

Tant qu’à y être, pourquoi pas une équipe de joueurs dont le nom de famille commence par la lettre « S »?

Avouons que, comme « Coupe du monde », ça fait un peu transgenre. Le titre, l’habillage et ce qu’on trouve en dessous ne correspondent pas vraiment à ce que l’on connaît.

Pour s’assurer de vendre des billets (et de les vendre cher), on a au moins eu le génie de choisir Toronto pour présenter ce tournoi. La preuve est faite depuis longtemps : on peut présenter n’importe quoi sur la patinoire de l’Air Canada Centre, et les gradins sont toujours pleins.

***

Selon John Collins, la LNH (qui est à la recherche de son prochain milliard, ne l’oublions pas), annoncera sous peu l’identité des télédiffuseurs qui ont remporté les enchères pour mettre la main sur les droits nationaux (canadiens et américains) de cette soi-disant « Coupe du monde ».

Il sera intéressant de voir qui diffusera cet événement et, surtout, pour quelle somme d’argent.

CTV/Sportsnet et TVA se sont déjà condamnés à de longues années déficitaires en déboursant 5,2 milliards pour obtenir (pour 12 ans) les droits nationaux de la LNH au Canada. Quant à RDS, l’acquisition des droits régionaux du CH lui aurait coûté plus de 800 millions pour 12 ans.

Sachant cela, il ne reste probablement pas beaucoup de monnaie dans les fonds de tiroirs pour investir dans des matchs présaison déguisés, tant bien que mal, en grand rendez-vous international. À TSN, peut-être?

Du côté des réseaux américains, qui en ont plein les antennes à cette période de l’année avec la dernière ligne droite de la saison du baseball majeur, le début du calendrier de la NFL et le début de la saison du football collégial, l’intérêt risque d’être timide.

La LNH a-t-elle atteint ses limites en matière de marketing? Les résultats de cette grande collecte de fonds de l’automne 2016 nous en donneront un bon aperçu.

Baseball
Baseball

Bien des contribuables montréalais semblent avoir de la difficulté à comprendre comment, en pleine période de restrictions budgétaires, le maire Denis Coderre a pu annoncer vendredi dernier que l’administration municipale consacrera 11 millions de dollars à l’amélioration de ses terrains de baseball au cours des trois prochaines années. 

À ces contribuables insatisfaits, je propose d’aborder le problème sous un angle différent.

D’abord, une question. Est-il souhaitable pour une métropole comme Montréal, qui tente par tous les moyens d’attirer ou de garder les jeunes familles sur son territoire, d’offrir des installations sportives variées à ses citoyens?

La réponse coule de source.

Ensuite, quand il est clairement établi que ces infrastructures sportives sont nécessaires parce qu’elles contribuent à l’épanouissement et au mieux-être des jeunes et des adultes, n’est-il pas logique de les entretenir et de les moderniser afin qu’elles soient utilisées?

Au Québec, nous avons passé la dernière décennie à blâmer nos divers gouvernements parce qu’ils avaient laissé les infrastructures de tout acabit (tunnels, viaducs, ponts, routes, réseaux d’aqueduc, etc.) se détériorer au point de tomber en ruines et de menacer la sécurité du public. Et voilà qu’on tape sur la tête du maire de Montréal parce qu’il décide de consacrer 0,0007 % de son budget triennal à la rénovation d’une centaine de terrains de baseball qui sont, pour la plupart, honteusement dépassés.

Offrir des installations et un environnement de qualité aux enfants et aux citoyens qui veulent bouger, c’est comme la maternité et la tarte aux pommes. Il est bien difficile de se positionner contre cela.

***

Au cours des dernières années, nos gouvernements et municipalités ont distribué environ 800 millions de dollars à des entreprises lucratives comme Québecor (l’amphithéâtre de Québec), le Canadien (l’amphithéâtre de Laval), les Alouettes de Montréal (les rénovations du stade Percival-Molson), le cirque de la F1 (parce que Bernie Ecclestone demande des redevances) ou la famille Saputo (l’agrandissement du stade Saputo).

Dans mes chroniques, j’ai dénoncé plusieurs fois chacune de ces annonces parce qu’elles avaient pour effet d’utiliser l’argent des contribuables, durement gagné, au profit d’entreprises privées qui n’en avaient pas besoin.

Investissement sportif pour investissement sportif, le Québec serait aujourd’hui un bien meilleur endroit si ces 800 millions avaient plutôt été consacrés à la construction d’installations sportives de qualité, sur l’ensemble du territoire, pour les enfants et les citoyens soucieux de leur santé.

À côté de ces 800 millions, les 11 millions consacrés aux terrains de baseball par le maire de Montréal apparaissent bien minuscules.

***

Plusieurs opposants à la démarche du maire Coderre posent la question Pourquoi le baseball? en soulignant à gros traits que le nombre de joueurs de soccer est nettement plus élevé que le nombre de baseballeurs à Montréal.

Depuis des années, je pose la question inverse. Pourquoi pas le baseball?

Les dirigeants de la Fédération de soccer du Québec ont été des lobbyistes fort efficaces au cours des 20 dernières années. Les gouvernements, les municipalités et les institutions scolaires leur ont aménagé des dizaines et des dizaines de terrains synthétiques aux quatre coins de la province. Au Québec, on compte par ailleurs une vingtaine de complexes de soccer intérieurs qui ont dû coûter (au total), au bas mot, une centaine de millions.

Placez-vous deux secondes dans les souliers d’un enfant de 7 ans. Vos parents vous montrent le nec plus ultra des terrains de soccer synthétiques, puis juste à côté, un terrain de baseball décrépit, mal entretenu et mal éclairé. Quel sport choisissez-vous?

Pendant que nos petits joueurs de soccer s’éclatent dans des installations dernier cri, on compte dans l’Est de Montréal une école secondaire publique, Édouard-Montpetit, qui développe des joueurs du baseball majeur en les entraînant dans un gymnase d’école conventionnel. Les installations d’Édouard-Montpetit seraient couvertes de ridicule si on les comparait avec les installations dont jouissent les bons programmes de baseball des high schools américains.

Pourtant, l’école publique Édouard-Montpetit a développé 40 joueurs repêchés ou mis sous contrat par des équipes du baseball majeur. Cette école modeste a développé un gagnant du trophée Cy-Young (Éric Gagné) et un receveur lauréat du gant doré et du bâton d’argent (Russell Martin). Quelle autre école secondaire, en Amérique du Nord, peut se vanter d’en avoir fait autant?

Pourquoi pas le baseball, un sport que l’on pratique à Montréal depuis plus de 100 ans?

Au fait, pourquoi pas le plus grand nombre de sports possible?

Le maire Coderre a osé prévoir un très modeste pourcentage de son budget pour rehausser la qualité des installations sportives de Montréal. Le bon réflexe à avoir, au lieu de lui taper sur la tête, serait de l’encourager à en faire davantage.

Brendan Gallagher
Brendan Gallagher

La constance est, de loin, la qualité la plus difficile à acquérir pour un jeune hockeyeur professionnel. Et malheureusement, ceux qui ne parviennent pas à développer cette vertu cardinale ne font pas long feu dans la LNH. 

Dans un marathon de 82 matchs, dans une ligue où chaque défaite est susceptible de coûter une place en séries, les joueurs irréguliers perdent rapidement la confiance de leur entraîneur et de leur directeur général. Les ligues mineures sont remplies de joueurs suffisamment talentueux pour jouer dans la LNH, mais incapables de répondre aux attentes soir après soir. La liste des joueurs soumis au ballottage aussi.

À l’âge de seulement 22 ans, Brendan Gallagher peut se targuer d’être devenu l’un des joueurs les plus constants du Canadien de Montréal. Depuis son arrivée avec l’équipe en 2012-2013, Gallagher a toujours été reconnu comme l’un des plus ardents et courageux travailleurs du CH. Cette saison, son incroyable fougue est doublée par une remarquable constance au niveau des résultats.

L’attaquant originaire d’Edmonton a obtenu des occasions de marquer ou en a créé (actions déterminantes) dans 39 des 45 premiers matchs de la saison, ce qui est tout à fait remarquable. À ce chapitre, seuls Tomas Plekanec, David Desharnais et Max Pacioretty ont fait mieux que le petit numéro 11. Plekanec et Desharnais ont généré des chances de produire dans 43 rencontres sur 45, tandis que Pacioretty (malgré l’étroite surveillance dont il fait l’objet) n’a été maîtrisé que trois fois par les défenses adverses (il a généré de l’attaque 42 fois en 45 rencontres).

Au cours des dernières semaines, Michel Therrien a procédé à d’innombrables changements de trios dans l’espoir de stimuler son attaque. Chaque fois que l’entraîneur apporte de telles modifications, il est intéressant de voir que Brendan Gallagher ne fait jamais partie des joueurs qu’il tente de relancer.

Au cours des quatre derniers matchs, Gallagher a d’ailleurs obtenu ou créé pas moins de 20 chances de marquer. Seul Tomas Plekanec a fait mieux que lui, avec 21. Gallagher s’est ainsi hissé au 3e rang parmi les catalyseurs offensifs du Canadien.

Puisqu’il est question du rendement offensif du Tricolore, voici le bilan des chances de marquer obtenues et des actions décisives (chances de marquer créées) lors des 41 premiers matchs de la saison. Quelques commentaires suivent à la fin du tableau.

 

     Joueurs  CM    AD   Total
14- Plekanec

83

89

172

67- Pacioretty

97

72

169

11- Gallagher

79

58

137

27- Galchenyuk

67

65

132

51- Desharnais

41

               69

110

15- Parenteau

56

               32

88

26- Sekac

41

               44

85

81- Eller

42

               41

83

76- Subban

32

               46

78

08- Prust

34

               43

77

79- Markov

20

               55

75

22- Weise

33

               28

61

55- Gonchar

5

               23

28

49- Bournival

11

               13

24

77- Gilbert

8

               15

23

20- Malhotra

16

                 7

23

28- Beaulieu

10

               11

21

74- Emelin

11

                 8

19

58- Andrighetto

9

               5

14

43- Weaver

0

               6

6

60- Thomas

3

               2

5

 

1. Parlant de constance, il serait bien mal venu de ne pas souligner l’extraordinaire qualité du jeu de Carey Price, qui représentera le Canadien au match des étoiles en fin de semaine. Nombreux sont les amateurs qui se demandent si Price est en train de connaître la meilleure saison de sa carrière. Or, les chiffres à ce sujet sont fort intéressants.

Carey Price affiche un taux d’efficacité de ,929.

Voici où se situait sa moyenne, à la même période de l’année, lors des cinq années précédentes :

  • 2014 : ,924
  • 2013 : ,905*
  • 2012 : ,914
  • 2011 : ,922
  • 2010 : ,913

La saison passée, Price avait finalement bouclé le calendrier avec un aux de ,927. Difficile d’être plus constant que ça!

(*): En 2013, le calendrier de la LNH avait débuté en janvier et ne comptait que 48 matchs. La moyenne qu’affichait Price après 45 matchs (en avril) a donc été utilisée pour cette saison marquée par un lock-out.

2. Juste avant de profiter du congé de la pause du match des étoiles, P.K. Subban a connu son meilleur match de la campagne. Face aux Predators de Nashville, l’ex-récipiendaire du trophée Norris a obtenu quatre chances de marquer en plus d’en créer quatre autres. En une seule rencontre, Subban a donc généré plus de 10 % de sa contribution offensive totale pour toute la saison.

Michel Therrien a souligné que son spectaculaire défenseur avait « joué un rôle de leader » et « pris les choses en main » dans cet affrontement contre l’une des meilleures formations de la LNH. Cette performance a d’ailleurs permis à Subban, pour la première fois cette saison, de devancer le bon vieux Andrei Markov au chapitre des chances de marquer obtenues et créées.

3. Combien de chances de marquer les meilleurs francs-tireurs du CH doivent-ils obtenir en moyenne avant de parvenir à inscrire un but?

Peut-être serez-vous surpris d’apprendre que P.K. Subban est le plus efficace de l’équipe en cette matière. Jusqu’à présent, il a inscrit un but en moyenne pour chaque 2,9 chances de marquer dont il a bénéficié. Max Pacioretty (1 but/4,6 chances), Lars Eller (1 but/5,2 chances), Alex Galchenyuk (1 but/5,6 chances) sont les autres meneurs de la formation.

 

4. Relégué à la passerelle de la presse pendant trois rencontres au cours des dernières semaines, le vétéran Manny Malhotra vient de connaître ses meilleurs moments en attaque avec le Canadien.

Malhotra n’a pas inscrit de point au cours des quatre derniers matchs, mais il a au moins obtenu quatre chances de marquer durant cette séquence. Il n’en avait obtenu que 12 à ses 38 premières rencontres de la saison. Flanqué de Michaël Bournival et de Brandon Prust, notamment, Malhotra a permis au quatrième trio de participer plus activement à l’attaque récemment.

Le faible apport offensif du quatrième trio préoccupe la direction du CH depuis le début de la campagne.

 

***

Définitions :

Qu’est-ce qu’une chance de marquer? C’est un tir décoché à partir d’un endroit où, statistiquement, les probabilités de tromper la vigilance d’un gardien sont les plus élevées. Cette zone privilégiée a en quelque sorte la forme du marbre au baseball. Elle commence à la hauteur du filet et s’élargit jusqu’aux points de mise au jeu. Et à partir des deux points de mise au jeu, elle s’élève en ligne droite, vers la ligne bleue, et dépasse d’environ cinq pieds l’extrémité des cercles.

Un tir qui rate la cible peut être considéré comme une chance de marquer, puisque c’est la position d’où provient le tir qui compte.
Par contre, un tir bloqué par un joueur défensif autre que le gardien ne constitue pas une chance de marquer. À moins que le gardien soit hors position et que ce joueur (par exemple un défenseur) soit le dernier à défendre le filet.

Qu’est-ce qu’une action déterminante? Effectuer une passe est une habileté de base que possèdent tous les joueurs de la LNH. Par contre, créer une chance de marquer (pour soi-même ou pour un coéquipier) est une habileté que peu de hockeyeurs maîtrisent. De nombreux joueurs de la LNH récoltent régulièrement des mentions d’aide après avoir effectué des passes de routine qui n’ont eu aucune influence directe sur le déroulement subséquent du jeu. Ils obtiennent donc des points parce qu’ils ont la chance d’être bien entourés.

En revanche, les joueurs qui réussissent des actions déterminantes savent battre leurs adversaires à un contre un, ou encore, ils savent trouver les ouvertures et repérer leurs coéquipiers qui se démarquent. Ce sont eux qui animent l’attaque de leur équipe. Lorsqu’une équipe obtient une chance de marquer, il est aussi possible que cette occasion ne soit le fruit d’aucune action déterminante (par exemple, une rondelle déviant par hasard sur la palette d’un attaquant).

La LNH trop tolérante avec ses délinquants?

Mercredi 21 janvier 2015 à 13 h 46 | | Pour me joindre

Pour me joindre

Zac Rinaldo
Zac Rinaldo

Jouer dans la LNH est-il un droit ou un privilège?

Mardi soir, avec un peu plus de cinq minutes à écouler à la première période d’un match opposant les Flyers de Philadelphie aux Penguins de Pittsburgh, les fils se sont (encore) touchés dans la petite tête de Zac Rinaldo.

Au moment où le défenseur Kristopher Letang, des Penguins, faisait face à la bande et qu’il n’était pas en possession de la rondelle, l’attaquant des Flyers de Philadelphie s’est élancé à pleine vitesse et lui a asséné une violente mise en échec. Pour maximiser l’impact de son attaque à la hauteur de la tête, Rinaldo a sauté juste avant d’atteindre Letang. Le Québécois s’est aussitôt écroulé sur la patinoire et a dû quitter la rencontre.

Les conséquences de ce geste idiot auraient pu et pourraient être très graves pour Letang, qui a déjà subi des commotions cérébrales dans le passé. À répétition, les commotions peuvent prématurément mettre fin à une brillante carrière. Ou même pire : à long terme, elles sont susceptibles d’engendrer de graves maladies dégénératives.

Rinaldo a été convoqué pour comparaître en personne devant le préfet de discipline de la LNH, Stéphane Quintal. Cela signifie qu’il écopera au moins d’une suspension de cinq matchs.

L’attaquant des Flyers a déjà été suspendu deux fois dans le passé (4 matchs en avril 2014 pour avoir servi un coup à la tête d’un rival, et 2 matchs en février 2012 pour un dangereux assaut sur Jonathan Ericsson, des Red Wings de Détroit). Toujours en 2012, Rinaldo avait été mis à l’amende pour avoir servi une mise en échec tardive (et dangereuse) à un joueur des Devils du New Jersey.

Voici donc le portrait, comme on dit dans les vestiaires de la LNH, d’un artiste du « cheap shot ».

***

Vendredi dernier, Dan Carcillo, des Blackhawks de Chicago, a asséné un violent double échec sur un bras de l’attaquant Mathieu Perreault, des Jets de Winnipeg.

Perreault ne se méfiait de rien, puisque l’un des officiels venait de siffler. Et la rondelle ne se trouvait même pas à proximité. Arrivant par-derrière, Carcillo s’est assuré de viser le milieu de l’humérus (l’os supérieur du bras), où les joueurs sont moins protégés parce qu’il s’agit d’une démarcation entre l’épaulière et le protège-coude.

En recevant ce violent coup de bâton, asséné à deux mains, Perreault s’est écroulé sur la patinoire. On a cru qu’il venait de se faire casser le bras. L’attaquant québécois, qui est en train de faire sa place dans la LNH, s’en est finalement tiré sans fracture. Mais il n’a plus reporté les couleurs des Jets depuis cet incident. Il ne reviendra au jeu qu’après la pause du match des étoiles.

Pour ce geste, Carcillo a reçu une suspension de six matchs en plus d’être privé d’un peu plus de 40 000 $ en salaire. C’était la 12e fois – vous avez bien lu – qu’il était suspendu ou mis à l’amende par la LNH pour avoir blessé des adversaires ou pour avoir posé des gestes qui auraient pu avoir de graves conséquences.

***

Jouer dans la LNH est-il un droit ou un privilège?

Pourquoi tolère-t-on que des athlètes fabuleux, ayant trimé extrêmement dur et ayant peaufiné leur talent toute leur vie, soient contraints de côtoyer cette racaille? Pourquoi les joueurs de la LNH devraient-ils supporter la présence de Zac Rinaldo, Dan Carcillo, Matt Cooke (qui a été suspendu six fois et qui a mis un terme à la carrière de l’attaquant Marc Savard avec une vicieuse mise en échec à la tête) et quelques autres chasseurs de têtes, qui cherchent constamment à blesser leurs rivaux?

Le hockey est un sport extrêmement rapide. Un accident fâcheux est toujours susceptible de survenir. Mais que faire quand le même individu blesse délibérément quatre, six ou 12 autres athlètes qui essaient tout simplement de gagner leur vie?

Outre l’escalade des suspensions, qui ne fonctionne visiblement pas pour des délinquants comme Rinaldo, Carcillo et compagnie, ne devrait-il pas y avoir une sorte de peine capitale quelque part? Ces récidivistes, qui écœurent leurs pairs et le public, ne devraient-ils pas, à un certain moment, finir par être exclus du hockey?

Est-ce trop ambitieux, lorsqu’on s’installe pour regarder un match de la LNH, de s’attendre à voir juste du sport?

Carey Price et Dustin Tokarski

Carey Price et Dustin Tokarski

Tout le monde s’attend à un duel du tonnerre mardi soir, au Centre Bell, puisque le Canadien reçoit la visite des détenteurs du 1er rang de la LNH, les Predators de Nashville.

Lorsqu’on gratte un peu, cependant, les statistiques disent que les Predators forment une équipe très ordinaire quand leur gardien numéro un, Pekka Rinne, n’est pas devant le filet. Et Rinne n’affrontera pas le CH parce qu’il est blessé et ne reviendra au jeu qu’après la pause du match des étoiles.

Rinne est effectivement le gardien qui a exercé le plus d’impact sur les performances de son équipe depuis le début de la campagne. Le grand  Finlandais a été appelé à défendre 74 points de classement (37 matchs), et il en a remporté 60, ce qui lui vaut une astronomique moyenne de réussite de 81,1 %.

En revanche, quand Peter Laviolette confie le filet des Predators à son gardien réserviste, Carter Hutton, ce dernier ne rapatrie que 28,6 % des points de classement qu’il est appelé à défendre. Entre Rinne et Hutton, il y a un écart de résultat de 58,5 %. C’est gigantesque!

***

Ça fait plusieurs années que je m’amuse à mesurer l’impact réel qu’exercent les gardiens numéro un de la LNH dans leur équipe respective. On peut toujours se fier aux traditionnelles moyennes d’efficacité des gardiens, mais celles-ci ne disent pas tout parce que le rendement des hommes masqués dépend largement de la qualité du jeu défensif de l’équipe qui les protège. Les 30 duos de gardiens de la LNH vivent donc 30 réalités totalement différentes.

Par contre, lorsqu’on compare les rendements des deux gardiens d’une même équipe, les choses deviennent souvent fort intéressantes. Les deux gardiens d’une même formation jouent derrière la même défense et font face au même type de chances de marquer. Sachant cela, si l’équipe récolte un plus grand nombre de points quand l’un des deux se trouve devant le filet, ça signifie qu’un des deux gardiens influence positivement les performances du groupe.

Voici, à quelques heures de la pause du match des étoiles, quelques notes fort intéressantes sur les gardiens de la LNH (matchs de lundi non compris) :

Les meneurs

  1. Pekka Rinne (NAS) 60/74 points défendus (81,1 %), écart équipe : +58,5 %
    Note : Rinne est le seul gardien de la LNH à avoir rapatrié plus de 80 % des points de classement qui lui ont été confiés. Il se situe dans une classe à part cette saison. Les Predators avaient été exclus des séries la saison passée parce que Rinne n’avait disputé que 24 matchs en raison de blessures. Et encore cette année, les autres gardiens de l’organisation ne sont pas capables de suivre son rythme. David Poile devrait en prendre note et acquérir un gardien fiable pour se donner de la profondeur à cette position cruciale.
  2. Kari Lehtonen (DAL) 45/70 points défendus (64,3 %), écart équipe : +44,3 %
    Note : Anders Lindback n’était pas capable de stopper un ballon de plage la saison dernière avec le Lightning de Tampa Bay (on l’a vu en séries contre le Canadien) et les Stars ont quand même décidé d’en faire leur deuxième gardien. Résultat : Lehtonen rapporte 64,3 % des points en banque, tandis que Lindback n’a réussi à conserver que 20 % des points qu’on lui a demandé de défendre cette saison. Cela explique pourquoi les Stars sont exclus des séries éliminatoires en ce moment.
  3. Ryan Miller (VAN) 45/67 points défendus (70,3 %), écart équipe : +33,9 %
    Note : Beaucoup de gens se demandaient si Ryan Miller était au bout du rouleau quand les Canucks l’ont embauché au cours de l’été. Le gardien de 34 ans est en train de montrer qu’il est encore capable de gagner dans cette ligue. Si seulement son jeune second, Eddie Lack, pouvait en faire autant. Lack n’a rapatrié que 36,4  % des points qu’il a défendus cette saison.
  4. Braden Holtby (WAS) 51/76 points défendus (67,1 %), écart équipe : +31,4 %
    Note : Année après année, Holtby est l’un des gardiens qui exercent le plus d’impact sur le rendement de son équipe. Par contre, le rendement du réserviste Justin Peters (qui n’a empoché que 35,7 % des points de classement qu’il a dû défendre) montre que les Capitals sont vulnérables. Une blessure à Holtby pourrait facilement les exclure des séries.
  5. Ben Bishop (TB) 48/64 points défendus (75 %), écart équipe : +28,3 %
    Note : Bishop dévore tout rond son partenaire Evgeny Nabokov, qui n’a été en mesure d’empocher que 36,4 % des points qu’il a dû défendre cette saison. Par contre, le Lightning mise sur le jeune Andrei Vasilevskiy dans la Ligue américaine. Vasilevskiy, qui a remporté trois de ses quatre matchs dans la LNH cette année, est peut-être le meilleur espoir (toutes positions confondues) dans les rangs professionnels mineurs. Le Lightning est donc très bien nanti devant le filet.

Les surprises

  1. Michael Hutchinson (WIN) 28/38 points défendus (73,7 %), écart équipe : +20,1 %
    Note : Les Jets de Winnipeg participeraient aux séries éliminatoires si elles commençaient ce soir, et c’est l’une des plus grandes surprises de l’année dans la LNH. Pour en arriver là, les Jets ont toutefois eu besoin de l’étonnante contribution de Hutchinson, alors que leur gardien numéro un, Ondrej Pavelec, n’empoche que 53,6 % des points de classement qu’on lui demande de défendre. Avant cette saison, Hutchinson n’avait disputé que trois matchs dans la LNH.
  2. Mike Smith (ARI) 17/58 pts défendus (29,3 %), écart équipe : -33,2 %
    Note : Avec une moyenne de buts accordés de 3,43 et un taux d’efficacité de ,887, Mike Smith est, de loin, le pire gardien numéro un de la LNH cette saison. Comment les Coyotes ont-ils pu persister avec lui? Smith n’a rapatrié que 17 des 58 points qu’il a été appelé à défendre, et cet entêtement à l’utiliser a coulé les Coyotes par le fond. Leurs chances de participer aux séries sont anéanties depuis plusieurs semaines. Pendant ce temps, le réserviste Devan Dubnyk empochait 62,5 % des points qu’on lui confiait! Les Coyotes ont quand même échangé Dubnyk au Minnesota, où ce dernier vient de remporter deux victoires à ses trois premiers matchs.
  3. Corey Crawford (CHI) 36/58 points défendus (62,1 %) , écart équipe : -6,6 %
    Note : Crawford défend le filet d’une équipe de premier plan, et le pourcentage de points de classement qu’il empoche cette saison est légèrement inférieur à celui des deux autres gardiens des Blackhawks, Antti Raanta et Scott Darling. Mais surtout, le pourcentage de points que Crawford empile au classement est largement inférieur à celui des gardiens de pointe de la LNH, qui flirtent davantage avec les 70 %.

Et Carey Price dans tout ça? (Les solides duos)

  1. Carey Price (MTL) 48/70 points défendus (68,6 %), écart équipe : +7,5 %
    Note : Ces dernières années, Price n’a jamais vraiment bien paru (pour ce qui est de l’impact) lorsque l’on comparait son rendement statistique avec celui de ses adjoints. Rendons toutefois à César ce qui appartient à César : le CH a toujours eu l’habitude de procurer à Price d’excellents adjoints. Dustin Tokarski a rapatrié 61,1 % des points de classement pour lesquels il a été appelé à combattre jusqu’à présent. Ça permet à Michel Therrien de planifier judicieusement l’utilisation de son premier gardien, qui connaît une saison impeccable.
  2. Jonathan Quick (L.A.) 41/72 points défendus (56,9 %), écart équipe : +1,4 %
    Note : À la suite de leur conquête de la Coupe Stanley, les Kings ont souffert d’une sorte de dépression post-partum en première moitié de calendrier. Leur gardien numéro un, Jonathan Quick (peut-être le meilleur portier de la LNH), a toujours eu l’habitude de pulvériser ses adjoints au chapitre des comparaisons statistiques. Mais, cette saison, Martin Jones fait presque jeu égal avec lui. Inscrivez-le tout de suite dans votre carnet de prédictions en vue des séries : les Kings feront partie des huit équipes qualifiées dans l’Ouest à la fin du calendrier.
  3. Brian Elliott (STL) 28/38 points défendus (73,7 %), écart avec Jake Allen : +3,7 %
    Note : Avec Elliott et Allen, les Blues de Saint Louis sont les seuls à pouvoir compter sur deux gardiens qui ont empoché 70 % et plus des points qu’ils ont été appelés à défendre cette saison. Cela explique pourquoi la présence de Martin Brodeur était devenue superflue quand Elliott a réintégré la formation après avoir soigné une blessure. Avec ces deux gardiens, les Blues sont en voiture. Elliott et Allen devront toutefois faire preuve de la même régularité en séries éliminatoires, ce qui n’est pas acquis.

Ne tirez pas sur Martin Brodeur!

Dimanche 18 janvier 2015 à 14 h 00 | | Pour me joindre

Pour me joindre

Martin Brodeur
Martin Brodeur

Le sport professionnel est un univers extrêmement cruel.

L’étroit sentier qui mène jusqu’à l’éclatante scène du sport professionnel est régi par la loi de la jungle. Vous devez donc vous battre et surpasser 99,99 % des adversaires et coéquipiers que vous croisez en cours de route pour vous rendre à destination. Puis, une fois au sommet de la montagne, la lutte n’en devient que plus féroce. À chaque instant, des athlètes plus jeunes et au moins aussi déterminés que vous tentent de s’agripper et de vous balancer vers le bas, parmi la masse, pour prendre votre place.

Si vous êtes, par exemple, un gardien de la Ligue nationale de hockey, il y a de très fortes chances que votre séjour au sommet de la montagne soit extrêmement bref. Selon Quanthockey.com, plus du tiers des gardiens de la LNH (33,69 %) voient leur carrière prendre fin après avoir disputé de 1 à 10 matchs.

Dans cette jungle incroyablement féroce, Martin Brodeur s’est moqué du temps. Il est resté au sommet de la montagne pendant 23 longues années, au cours desquelles il a disputé 1266 rencontres de calendrier et 205 matchs éliminatoires.

Dans toute l’histoire du hockey, aucun gardien n’a disputé autant de matchs que Martin Brodeur. Personne n’a remporté autant de victoires (691) que lui. Personne n’a subi autant de défaites (397) que lui. Personne n’a fait face à autant de tirs (31 709) que lui et personne n’a réalisé autant d’arrêts (28 928).

À quel point Martin Brodeur a-t-il été bon depuis le début de sa carrière dans la LNH? Dans toute l’histoire du hockey, aucun autre gardien n’a procuré à son équipe de meilleures chances de remporter un match par la marque de 1 à 0.

Après les 125 blanchissages de Brodeur, son meilleur rival parmi ses contemporains est Dominic Hasek. Ce dernier vient d’être admis au panthéon du hockey et n’a réussi « que » 81 jeux blancs au cours de son illustre carrière.

***

Je vous raconte cela parce qu’il s’est écrit et dit des choses incompréhensibles au sujet de Martin Brodeur au cours de la dernière semaine.

Relégué au rôle de troisième gardien avec les Blues de Saint Louis, l’athlète de Saint-Léonard a pris une pause d’une semaine pour réfléchir à son avenir. Au cours des prochains jours, à l’âge de 42 ans, après avoir aussi longtemps fait partie des rois de la montagne, il y a de fortes chances que Brodeur annonce sa retraite et cède officiellement sa place à un plus jeune, plus fou.

Depuis qu’il a pris cette pause, nombreux sont ceux qui prétendent qu’en essayant de disputer une saison de plus au sein d’une équipe compétitive, Martin Brodeur a gâché le dernier segment de sa carrière et qu’il a raté la chance de se retirer gracieusement, en pleine gloire.

Il est vrai que dans la jungle de la LNH, déterminer soi-même sa date de péremption est un luxe à peu près uniquement réservé aux joueurs d’exception.

Les hockeyeurs ne prennent généralement pas leur retraite comme les travailleurs normaux, en atteignant une date planifiée par l’actuaire de leur régime de retraite. La plupart du temps, les hockeyeurs se retrouvent sans emploi du jour au lendemain parce qu’on ne veut plus d’eux, ou parfois parce que leur corps n’est plus capable de suivre la cadence.

N’empêche.

Peu importe ce que Martin Brodeur décidera cette semaine, comment peut-on prétendre que sa carrière ou son image aient pu être entachées parce qu’il n’a pas organisé une conférence de presse de 30 minutes à l’ouverture des camps d’entraînement?

Comment peut-on croire que ce parfait gentleman quittera le monde du hockey par la porte de côté parce qu’il avait encore le feu sacré, le goût de jouer dans une équipe compétitive et l’ambition d’atteindre le sommet de l’Everest (le cap des 700 victoires) qu’il touchait du bout des doigts?

Au début de sa carrière avec les Devils, lorsqu’il retournait chez ses parents à Saint-Léonard, Brodeur se joignait parfois aux enfants qui jouaient au hockey dans les rues du quartier. Par pur amour du hockey.

Malgré son incroyable palmarès, c’est cette même attitude bon enfant, cette belle humilité et cette brûlante passion pour son sport qui l’ont incité à partir avec son sac d’équipement, l’automne dernier, pour s’entraîner avec les Olympiques de Gatineau en attendant, peut-être, qu’une équipe de la LNH daigne lui faire signe.

Qu’y a-t-il de mal à aimer son sport à ce point?

La saison 2014-2015 de Martin Brodeur n’entache ni son image ni sa brillante carrière. C’est même tout le contraire. Elle nous aide plutôt à comprendre à quel point il est passionné, pourquoi il a joué, et pourquoi il est devenu le meilleur de tous les temps.

P.K. Subban

P.K. Subban

Il a énormément été question des insuccès de l’avantage numérique du Canadien depuis une dizaine de jours.

C’est toujours comme ça à Montréal. Match après match, le Tricolore est tellement décortiqué sous ses moindres coutures que, lorsqu’on arrive à la mi-saison, il n’y a plus grand-chose à dire ni à écrire.

Nous traversons en ce moment l’insignifiante période des « dog days of winter », ce moment de l’année où les joueurs ont clairement perdu la fébrilité qui les animait au début de la campagne, alors qu’en même temps ils ne ressentent pas encore la montée d’adrénaline de la dernière ligne droite du calendrier.

Durant les « dogs days of winter », les équipes perdantes savent déjà que tout est fini. Leurs joueurs se concentrent sur leurs statistiques individuelles et rêvent de se retrouver ailleurs, tandis que leurs dirigeants se préparent pour le grand ménage de la date limite des transactions. Les équipes gagnantes, quant à elles, essaient simplement de maintenir une vitesse de croisière décente.

Durant les « dog days of winter », les hockeyeurs sont des robots qui exécutent leurs tâches sans émotion en attendant que le mois de janvier, la période la plus moche de l’année, finisse par finir.

Ne désespérez pas. Nous en avons encore pour quelques semaines avant que les joueurs se mettent à flairer l’odeur du printemps et à retrouver leur hargne.

***

En attendant, si vous le permettez, revenons à l’avantage numérique du CH, qui vient au 26e rang de la LNH avec un honteux taux de réussite de 14,8 %.

Parlons-en, mais parlons-en différemment.

Pendant que le CH en arrache en avantage numérique, cette unité spéciale fonctionne à plein régime du côté des Blues de Saint Louis.

La saison passée, les Blues s’étaient maintenus au 4e rang dans la LNH (19,8 % de réussite) lorsqu’ils avaient l’avantage d’un homme. Cela ne les a pas empêchés, l’été venu, d’embaucher Kirk Muller pour donner plus de mordant à leur formation. Et jusqu’à maintenant, le Capitaine Kirk leur donne raison parce que l’AN des Blues fonctionne dans 25,7 % des cas, ce qui est carrément exceptionnel.

Je vous parle de cela parce que des changements sont aussi survenus à Montréal au cours de l’été.

Kirk Muller a été responsable de l’AN du Canadien pendant cinq saisons, de 2006 à 2011. Sous sa gouverne, malgré d’innombrables changements de joueurs, le taux de réussite de cette unité spéciale s’est toujours maintenu entre 19,2 % et 24,1 %, ce qui était phénoménal.

Quand Muller est parti, l’avantage numérique du CH a été confié à Perry Pearn. Elle a chuté à 13,6 % au 28e rang de la LNH. Le Tricolore, lui, a alors bouclé la saison 2011-2012 au dernier rang dans l’Est.

En 2012-2013 et 2013-2014, c’est Gerard Gallant qui a pris les commandes de l’avantage numérique. Et son taux de succès a varié de 20,7 % à 17,2 %. Cela n’était pas vilain du tout.

Cette année, c’est Daniel Lacroix qui est responsable de l’AN du CH. Et la transition semble difficile, la cohésion n’est plus la même, malgré le fait que le Canadien compte essentiellement sur le même personnel pour assumer cette tâche.

***

Juste pour être clair : je ne suis pas en train de dire que Daniel Lacroix est entièrement responsable des insuccès du Canadien en avantage numérique. Ce serait à la fois injuste et faux. Par contre, il est bon de souligner qu’au-delà de ce que nous voyons sur la patinoire, il y a des facteurs externes qui influencent le rendement des unités spéciales d’une équipe de hockey.

Cela dit, même si un entraîneur adjoint prépare les plus savantes stratégies offensives qui soient, il reste à la merci du personnel dont il dispose.

En Floride, par exemple, l’avantage numérique de Gerard Gallant (13,5 %) occupe le 29e rang de la LNH cette saison.

Quand Kirk Muller a pris les commandes des Hurricanes de la Caroline au milieu de la saison 2011-2012, l’efficacité de l’AN de cette équipe a immédiatement bondi de 12,2 % à 19,2 %. Toutefois, au cours des deux saisons suivantes, les Hurricanes ont terminé parmi les cancres de la LNH, avec des pourcentages identiques de 14,6 %. Compte tenu de la feuille de route de Muller, il y a fort à parier que les problèmes des Hurricanes n’étaient pas attribuables à une stratégie ou à une préparation déficiente.

Bref, il est extrêmement difficile de tirer de l’eau d’une roche.

***

En regardant jouer le Canadien par les temps qui courent, il est difficile de ne pas se demander si le taux de succès de l’AN de Daniel Lacroix serait plus élevé si le moteur de cette unité, P.K. Subban, ne tournait pas si cruellement au ralenti.

Subban est le joueur qui a récolté le plus de points en avantage numérique (49) avec le Bleu-blanc-rouge au cours des deux dernières années. Mais cette saison, après 43 matchs, il ne revendique que quatre buts et deux faméliques mentions d’aide en supériorité. Aucune autre statistique n’illustre mieux à quel point Subban, un ex-lauréat du trophée Norris, connaît une saison en deçà des attentes.

Si on ajoutait à la fiche de Subban les six ou sept points de plus qu’il devrait normalement compter à sa fiche en AN à ce stade de la saison, l’unité de supériorité du Canadien fonctionnerait à la hauteur d’environ 20 %. Et personne n’en parlerait.

Si jamais les « dog days of winter » de P.K. Subban prennent fin en même temps que ceux de ses coéquipiers d’ici quelques semaines, il y a fort à parier que les problèmes de Daniel Lacroix se régleront par magie.

Le joueur de ligne Raekwon McMillan embrasse le trophée remis à l'équipe gagnante
Le joueur de ligne Raekwon McMillan embrasse le trophée remis à l’équipe gagnante.

Plus le sport « amateur » génère des revenus, plus la position de ceux qui empochent des millions, voire des milliards, sur le dos des athlètes devient difficile à justifier.

Le match de championnat du football universitaire américain (le tout premier résultant d’un système éliminatoire) a généré, lundi soir, les meilleures cotes d’écoute de l’histoire du réseau ESPN, qui a fait main basse sur 18,5 parts de marché sur la scène nationale selon Nielsen. Pour cet affrontement entre Ohio State et Oregon, une pub télé de 30 secondes coûtait un million de dollars. Au Final Four, dernière étape du championnat universitaire de basketball, le prix des pubs télé atteint 2 millions pour 30 secondes.

Il y avait 86 000 spectateurs dans les gradins de l’AT&T stadium d’Arlington au Texas lundi soir. Et le coût moyen d’un billet s’élevait à 1018 $, selon certains sites spécialisés. Faites le calcul : on parle ici de recettes aux guichets de près de 87,5 millions, en faisant abstraction des revenus des concessions et des ventes de matériel promotionnel.

En 2012, ESPN a déboursé 7,3 milliards (608 millions par année) pour diffuser annuellement sept matchs de football universitaire : soit quatre Bowls prestigieux ainsi que les deux demi-finales et le match de championnat national de lundi soir.

Et les joueurs dans tout cela? Que touchaient les étudiants qui donnaient le spectacle sur le terrain et que tout le monde s’arrachait à grands frais? À part leur bourse d’études, rien.

Voilà donc de jeunes athlètes qui, uniquement pour leurs deux derniers matchs de l’année, génèrent plus de revenus découlant des droits de télévision nationaux que la LNH au grand complet. Des jeunes à qui l’on donne une tape dans le dos en leur disant qu’ils doivent se considérer comme chanceux de pouvoir étudier gratuitement.

***

Moralement, cette position est absolument intenable. Et de plus en plus, les tribunaux semblent pencher du côté de la morale.

En août dernier, la juge Claudia Wilken a donné raison à l’ex-joueur de basketball Ed O’Bannon, qui avait intenté un recours collectif. Il alléguait que la National Collegiate Athletic Association (NCAA) violait les lois antimonopole en exploitant l’image des athlètes pour en tirer des revenus, tout en empêchant les athlètes universitaires d’obtenir leur part du gâteau.

Joueur par excellence du Final Four en 1995, O’Bannon s’était rendu compte 15 ans plus tard que la NCAA exploitait encore son image dans des jeux vidéo.

Une entente hors cours de 40 millions est intervenue pour les anciens athlètes. Et le 8 août dernier, la juge Wilken a formellement interdit à la NCAA d’élaborer toute règle visant à empêcher les universités de dédommager leurs athlètes pour l’utilisation de leur image.

À compter de 2016, les universités qui ont de lucratifs programmes de football et de basketball devront donc verser chaque année, dans un compte en fidéicommis au nom de chacun de leurs joueurs, une somme pouvant aller jusqu’à 5000 $. Les joueurs pourront toucher cet argent à la fin de leurs études.

Ce n’est pas le Pérou, mais c’est un début.

***

Toujours aux États-Unis, les joueurs de football de l’Université Northwestern ont ébranlé les colonnes du temple de la NCAA le printemps dernier. Le bureau national des relations de travail leur a alors donné raison en statuant qu’ils avaient le droit de se syndiquer parce que les 45 heures d’entraînement et de tâches reliées au football auxquelles ils étaient soumis faisaient d’eux des employés, et non pas des athlètes-étudiants comme le prétendait l’université.

Cette cause a évidemment été portée en appel. Et les étudiants ont depuis reçu des appuis de taille dans leur bataille. Les associations des joueurs de cinq sports majeurs (LNH, MLB, NFL, NBA et MLS) ont notamment déposé auprès de la Cour des documents pour soutenir les thèses défendues par les avocats des étudiants.

Plusieurs éminents professeurs de droit du travail, de même que des économistes de renom, ont jugé bon de conseiller à la cour de faire droit aux demandes des joueurs de Northwestern, qui réclament un meilleur encadrement académique, médical et sportif.

Quant à six élus républicains, ils demandent au tribunal d’ignorer les revendications des étudiants.

***

Au Canada, le sport universitaire n’a pas la même résonance que chez nos voisins américains. Les deux situations ne se comparent même pas.

Chez nous, c’est le hockey junior majeur qui est le sport amateur le plus populaire. Et, lentement mais sûrement, cette entreprise à but lucratif est en train de susciter chez ses athlètes le même genre de réflexions que chez ceux de la NCAA.

Par exemple, personne n’a oublié, j’imagine, que le prix des billets au Championnat mondial junior était supérieur au prix exigé pour assister aux matchs du Canadien. Tout cela, pendant que les joueurs touchent une allocation hebdomadaire de 50 $.

De notre côté de la frontière, le mouvement de revendication semble un peu plus lent. Probablement parce que les hockeyeurs juniors majeurs sont plus jeunes que les athlètes universitaires, et moins scolarisés.

N’empêche. En octobre dernier, un recours collectif de 180 millions a été intenté contre la Ligue de l’Ontario, la LHJMQ et la Ligue de l’Ouest.

La poursuite allègue que les équipes juniors majeures sont des entreprises à but lucratif et que, par le fait même, leurs athlètes sont des travailleurs au sens du Code du travail. La poursuite réclame donc le salaire, les primes de vacances, les congés et heures supplémentaires que des milliers de joueurs d’âge junior auraient dû empocher au cours des dernières années si les trois ligues canadiennes s’étaient soumises aux lois sur le salaire minimum.

Les trois ligues ne prennent pas ce recours collectif à la légère, loin de là. Durant le dernier Championnat mondial à Toronto, les représentants des trois circuits ont passé de longues heures en compagnie de leurs avocats (membres d’un prestigieux cabinet international) pour cerner les enjeux de cette cause et pour préparer leur défense.

Des experts en droit du travail estiment que les lois actuelles penchent du côté des joueurs dans cette affaire. Cette cause pourrait donc, comme aux États-Unis, changer de façon draconienne le paysage sportif et les conditions de vie des jeunes athlètes au cours des prochaines années.

Voilà sans doute la preuve que, lorsqu’on ne cesse de les empiler les uns sur les autres, les millions finissent effectivement par changer le monde.

Gazon artificiel

Malgré une plainte devant la Commission des droits de la personne, et malgré une avalanche de protestations des athlètes qui participeront à la Coupe du monde de soccer féminin au Canada l’été prochain, les matchs de ce tournoi seront bel et bien disputés sur des surfaces synthétiques, alors que pareille situation serait inimaginable du côté des hommes.

Lundi, à Zurich, l’attaquante américaine Abby Wambach et la milieu de terrain allemande Nadine Kessler ont rencontré le secrétaire général de la FIFA, Jérôme Valcke, pour leur faire part des doléances des joueuses.

« C’est difficile parce que, en tant qu’athlètes féminines, nous voulons être traitées de manière égale et nous voulons jouer sur du gazon naturel », a fait valoir Wambach à sa sortie de la réunion.

Du même coup, Abby Wambach a fait valoir qu’elle ne s’attendait pas à ce que la décision de présenter tous les matchs du Mondial féminin sur des surfaces synthétiques soit infirmée par la FIFA. L’Américaine a déclaré que le manque de temps et des problèmes logistiques rendent difficile l’aménagement de surfaces en gazon naturel.

Pourtant, les joueuses savent depuis 2011 que la Coupe du monde de 2015 sera disputée sur des surfaces synthétiques.

***

À première vue, le Canada et la FIFA paraissent mal dans cette affaire. Toutefois, certaines réalités doivent être mises au clair.

D’abord, contrairement à la Coupe du monde masculine, les pays ne se bousculent pas aux portes pour présenter le tournoi féminin.

En 2011, le Canada était le seul pays en lice quand il a été désigné pour présenter la compétition. Le Zimbabwe avait aussi présenté une candidature, mais il s’est désisté en cours de route.

La FIFA avait donc le choix entre accepter la candidature imparfaite du Canada et présenter la Coupe du monde féminine sur des terrains synthétiques, ou ne pas la présenter du tout. Comme rapport de force, c’était assez mince merci.

Par ailleurs, la transformation temporaire des stades canadiens – du synthétique vers le gazon naturel – aurait engendré des coûts importants que les retombées du tournoi ne justifiaient probablement pas.

Les six stades retenus sont le BC Place de Vancouver, le stade du Commonwealth d’Edmonton, l’Investor Group Field de Winnipeg, le stade TD Place d’Ottawa, le Stade olympique de Montréal et le stade de Moncton.

Or, quatre de ces six stades polyvalents (on ne parle pas ici de vrais stades de soccer comme le stade Saputo ou le BMO Field de Toronto) sont aussi le domicile d’une équipe de la Ligue canadienne de football.

Si on avait aménagé des surfaces naturelles temporaires, ces équipes peu fortunées (la LCF ne roule pas sur l’or) auraient été touchées financièrement. Ou bien elles auraient dû patienter pendant une longue période avant de réintégrer leur stade après la Coupe du monde (le temps de reconvertir la surface naturelle en synthétique), ou bien elles auraient dû poursuivre leur saison 2015 sur le gazon naturel, ce qui aurait engendré des coûts d’entretien supplémentaires.

Les vedettes internationales du soccer féminin ont tout à fait raison de se plaindre. Leur sport est fait pour être disputé sur du gazon naturel, comme le baseball d’ailleurs. D’autant plus que les surfaces naturelles minimisent les blessures, les brûlures et préservent davantage les articulations des athlètes.

Par contre, Abby Wambach et ses collègues ont tort lorsqu’elles assimilent à de la discrimination les installations qui leur seront offertes au Canada. Le Mondial féminin sera tout simplement présenté par des hôtes bien intentionnés, mais qui, pour diverses raisons, ne peuvent tout simplement pas leur offrir des conditions de jeu optimales.