Blogue de François Lemay

Peut-on empêcher la vente des jeux vidéo usagés?

Mercredi 1 février 2012 à 16 h 32 | | Pour me joindre

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C’est devenu un marché important avec, maintenant, plusieurs boutiques desquelles les jeux vidéo usagés constituent la marchandise principale. Les consommateurs aiment ça, les éditeurs de jeux, moins.

En effet, si certains joueurs achètent systématiquement les nouvelles parutions au moment de leur sortie, d’autres préfèrent attendre quelques semaines et payer moins cher la version usagée. Sauf que lorsque l’on achète un jeu vidéo, ou un logiciel, ce n’est pas le support que l’on achète, c’est plutôt une licence nous donnant le droit d’utiliser le programme, selon un contrat d’utilisation (que personne ne lit, de toute façon). Et, en théorie, cette licence n’est pas toujours transférable.

On a réglé une partie de ce problème en lançant des sites web de vente de jeux vidéo, comme Steam, qui permettent d’acheter des jeux téléchargeables à un coût moindre, mais qui ne sont pas transférables comme lorsque l’on achète le même produit sur support physique, comme sur un DVD ou un Blu-ray.

Alors comment les éditeurs s’y prennent-ils pour contrer le marché de l’usagé? Ils ajoutent un code d’activation au jeu, que le joueur doit faire valider en ligne, avant de pouvoir utiliser le programme. Pour l’instant, ce code est généralement relié à du contenu supplémentaire ou à une portion de jouabilité en ligne et ne nuit pas à l’expérience globale du jeu.

Mais rien n’empêcherait un éditeur de rattacher ce code à l’entièreté du jeu, ce qui rendrait sa revente impossible.

Aux États-Unis, il existe la first-sale doctrine, une loi qui permet à l’acquéreur d’un produit protégé par la loi sur les droits d’auteurs de transférer un produit dont il a fait l’acquisition. Est-ce que d’empêcher la revente de jeux vidéo transgresse cette loi? Selon Corryne McSherry, directrice de l’Electronic Frontier Foundation, qui s’intéresse au droit numérique, la réponse est non. Elle argue que les éditeurs de jeux vidéo n’ont pas l’obligation d’aider, ou de faciliter le transfert d’une licence rattachée à un jeu vidéo.

À la lumière de ces explications, on est en droit de se demander si la vente de jeux vidéo, de disques, de livres ou, encore, de DVD ou de Blu-ray usagés n’est pas en voie de disparation…

Pour en savoir plus, je vous suggère de lire cet article, « Is it legal to stop people from selling their used games? », publié sur le site web Ars Technica.

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