Billets classés sous « meurtres »

Que dire de plus sur l’affaire Shafia? Rien, sauf chercher à comprendre davantage pour que jamais une histoire comme celle-là ne se reproduise.

C’est pourquoi mes collègues Madeleine Roy et Martyne Bourdeau ont patiemment recueilli les observations de parents et amis de la famille Shafia pour tisser le fil des événements présentés à Enquête cette semaine.

Bien avant le procès et le verdict condamnant les Shafia à la prison à vie, Madeleine et Martyne ont commencé leur travail d’enquête.

Elles ont recueilli des témoignages montrant que pendant des semaines, avant de noyer ses filles et sa première épouse, Mohammad Shafia avait confié ses intentions à plusieurs membres de sa famille.

Ce reportage nous fait vivre de l’intérieur l’enfer que les enfants Shafia ont vécu. Il nous amène aussi des années en arrière pour découvrir qui est vraiment Mohammad.

Quel parcours l’a mené d’Afghanistan au Canada, où il a été admis comme immigrant-investisseur? Comment sa famille s’est-elle constituée? Comment a-t-il pu contourner les lois canadiennes qui interdisent la bigamie?

Des extraits du journal de Rona, sa première femme, nous aident à mesurer le calvaire qu’elle a vécu ici.

Pourquoi, malgré le fait que chacune des quatre victimes ait lancé des appels à l’aide, ont-elles quand même été assassinées? Pourquoi n’ont-elles pas été entendues?

Grâce aux témoignages de ceux et celles qui ont observé de près la famille, Enquête a démonté cet engrenage fatal sur fond de malentendu culturel.

Cela étant dit, que faire pour retenir la leçon?

Déjà, la DPJ a fait son mea culpa et a annoncé qu’elle avait corrigé le tir pour une meilleure coordination dans ses interventions.

Mais au-delà de toutes les mesures préventives à prendre, une chose ressort de toute cette histoire.

L’importance de comprendre que le concept de crime d’honneur existe bel et bien au Canada et qu’il faut tout faire pour le réprimer.

La mort des trois jeunes Shafia et de Rona aura au moins tristement servi à éveiller les consciences sur le fait qu’ici même, il subsiste encore des traditions appartenant à une autre époque et qui portent en elles le germe des plus grands dangers.

Avant de tourner la page sur cette horrible histoire, essayons de garder en tête la photo des victimes et de leurs sourires ressemblant à celui de nos filles, adolescentes ou jeunes adultes, qui ne cherchent qu’à s’épanouir! Elles avaient soif de liberté, cette valeur universelle qui transcende les cultures et les époques, ici comme ailleurs.