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Les enfants les plus mal en point du Québec

vendredi 17 février 2012 à 16 h 21 | | Pour me joindre

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gravela_rc

Il y a plusieurs types d’enquêtes journalistiques. Souvent, celles que nous faisons ont un caractère dénonciateur. À partir de faits solidement documentés, nous enquêtons sur des situations qui sont déplorables.

C’est ce que notre équipe, formée de la journaliste Pasquale Turbide, de la réalisatrice Catherine Varga et du caméraman Pierre Mainville, avait commencé à faire en enquêtant sur le foyer de groupe Lafontaine, dans l’est de Montréal, au printemps dernier.

On y avait découvert un endroit où, clairement, les enfants n’étaient pas au centre des préoccupations des gestionnaires. Après plusieurs mois d’enquête, nous avons réussi à bien établir les faits, entre autres à partir du témoignage de plusieurs éducatrices courageuses qui ont accepté de témoigner à visage découvert.

Entre-temps, nous avons eu la bonne idée d’aller voir ailleurs s’il y avait des endroits où on s’occupait bien des très jeunes enfants maltraités ou négligés. Nous sommes tombés sur la Maison L’Escargot, sur la Rive-Sud (Montréal).  Notre équipe est sortie bouleversée de la brève rencontre avec les petits et de l’après-midi passé avec Denyse Leclerc et la psychoéducatrice Emmanuelle Courcy. Tout de suite, nous avons voulu parler du travail extraordinaire qui se faisait là.

Mais l’accès à une équipe de télévision dans ce type d’endroit est généralement impossible, surtout avec notre réputation de dénonciateur. Les dirigeants de la Maison L’Escargot étaient on ne peut plus méfiants. Ils craignaient même qu’on ne cache des caméras partout. Nous ne sommes quand même pas à ce point des vautours. Pour une fois, nous voulions faire une enquête positive! Finalement, après beaucoup de négociations, le centre jeunesse nous a fait confiance.

Les éducatrices ont mis quelques jours à s’habituer à notre présence; pas toujours évident d’avoir une caméra à ses côtés lors d’interventions délicates. Pour les enfants, le contact s’est fait plus rapidement, sauf peut-être pour Julie, qui a gardé ses distances pendant quelques semaines.  

En est ressortie une enquête journalistique touchante où on constate que dans la vie, on ne part pas tous égaux. L’autre chose qui ressort de ce reportage, c’est qu’il existe encore aujourd’hui de nombreux professionnels oeuvrant auprès des plus démunis, qui exercent leur métier comme une forme d’engagement.

Ça fait du bien de le constater, en cette période où on a l’impression que tout ne tourne pas rond au Québec.