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« Morte cuite! »

jeudi 26 janvier 2012 à 16 h 19 | | Pour me joindre

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gravela_rc

Vous l’avez vue comme moi dans notre enquête de cette semaine, cette femme de 35 ans, Chantal Lavigne, morte en raison d’une activité de « sudation par enveloppement » à Durham-Sud l’été dernier.

Vous avez surtout entendu la chef du groupe de développement personnel, Gabrielle Fréchette,  qui dirigeait cette séance intitulée « Mourir en conscience », crier à son intention et à celle des huit autres participants que « la mort est la liberté… la vérité! ».

Chantal Lavigne et une autre femme ont dû être hospitalisées après cette séance qui a duré neuf heures. Chantal Lavigne est morte le lendemain.

Le coroner qui est aussi médecin a déclaré à mes collègues Claire Frémont et Allan Johnson, qui ont réalisé le reportage, qu’elle est morte cuite après avoir été enrobée de boue et enveloppée d’une bâche de plastique et de couvertures, la tête recouverte d’une boîte de carton.

Un reportage qui glace le sang tellement son dénouement est dramatique.

Zones d’ombre

Comment expliquer qu’un pareil événement puisse se produire dans une société comme la nôtre au 21e siècle?

Surtout que Gabrielle Fréchette poursuit ses activités avec son groupe de croissance, sans être inquiétée par qui que ce soit.

La police a complété son enquête et, à ce jour, aucune accusation n’a été portée. Le dossier pourrait être déposé dans quelques jours à un procureur.

Gabrielle Fréchette, qui a refusé de nous accorder une entrevue à la caméra, nous a dit au téléphone n’avoir aucune responsabilité quant à la mort de Chantal Lavigne. Elle dit avoir fait son devoir en appelant le 911.

Bien sûr, nous ne sommes pas là pour la juger. Mais au-delà de l’enquête en cours, plusieurs questions demeurent.

Comment expliquer que rien n’encadre au Québec les activités de ce genre de groupes qui, selon une spécialiste entendue dans notre enquête, peuvent avoir beaucoup de pouvoir sur leurs adeptes? Que n’importe qui peut se livrer à n’importe quelle activité de ce type et empocher d’importantes sommes d’argent, sans encadrement et sans permis?

Chantal Lavigne a tout abandonné pour suivre les formations de Gabrielle Fréchette. Elle s’était engagée à débourser près de 19 000 $ en trois ans pour y participer.  L’a-t-elle fait en toute conscience? Avait-elle tout le discernement voulu pour prendre une décision éclairée en suivant cette formation, qui se terminait par la séance de sudation qui lui a été fatale?

Quelqu’un pourrait répondre à ces questions avant qu’un autre événement aussi triste et dramatique ne survienne.