L’affaire Magnotta : chasse à l’homme sur Internet

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 publié le 29 novembre 2012 à 16 h 34

Plusieurs s’interrogent sur l’intérêt de l’émission Enquête à consacrer une heure à l’affaire Magnotta.

Certains craignent qu’on donne trop d’importance à Luka Magnotta, qui est accusé pour le meurtre crapuleux de Lin Jun. Que l’on satisfasse son désir d’attirer l’attention.

D’autres craignent qu’on présente dans notre reportage des images scabreuses des événements, qu’on sombre dans un sensationnalisme de bas étage.

Rassurez-vous, vous ne verrez aucune image répugnante dans l’enquête de mes collègues Madeleine Roy, Mireille Ledoux et Patrick Martin-Ménard. Nous ne transformerons pas non plus Magnotta en vedette de la chronique des faits divers.

Il s’agit d’un reportage réalisé dans la plus grande sobriété, qui n’a pour objectif que la prévention de crimes similaires.

La question que nous posons est de savoir s’il y avait des signes assez clairs pour que la police intervienne avant que le crime ne soit commis. L’autre question : en avait-elle les moyens?

En regardant notre enquête, on se rend compte que Magnotta a laissé de nombreux indices sur Internet sur ses intentions présumées.

En fait, c’est comme s’il voulait qu’on le suive dans son délire et qu’on finisse par l’attraper.

D’ailleurs, de nombreux internautes ont témoigné l’avoir traqué pendant des mois sur la toile après la diffusion de plusieurs vidéos montrant des chatons torturés et tués.

De fil en aiguille, ils ont réussi à localiser l’auteur présumé de ces vidéos et, ultimement, ils ont alerté la police autant aux États-Unis qu’au Canada.

Malheureusement, la police n’a pas pu arrêter Magnotta avant la mort de Lin Jun.

L’autre aspect fascinant de l’enquête de Madeleine, Mireille et Patrick, c’est ce concept d’une chasse à l’homme sur le web.

On se rend compte en le visionnant à quel point notre monde a changé.

Que les policiers ne peuvent plus uniquement concentrer leurs enquêtes sur les indices physiques les guidant dans leurs soupçons. Que les preuves virtuelles sont susceptibles dans certains cas, notamment dans l’histoire du meurtre de Lin Jun, de les éclairer tout autant, sinon plus.

Dans ce contexte, l’autre question qui se pose est de savoir si nos corps de police ont évolué aussi vite que la société en constatant les maigres ressources accordées à la lutte contre la cybercriminalité.