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Mercredi 28 mars 2012 à 0 h 03 | | Pour me joindre

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Les gagnants, Ian Beaulieu et Simon Côté
Les gagnants, Ian Beaulieu et Simon Côté
Ils ont tout fait pour ne pas remporter la troisième étape, et par le fait même, le premier Raid international Nunavik. Tout.

Après une dure nuit de camping d’hiver pour tous les concurrents, Simon Côté (Gaspé) et Ian Beaulieu (Baie-Comeau) ont entamé la dernière étape avec l’intention de mieux profiter de leur expérience.

Premièrement, ils ont offert leurs skis de course aux Américains Mike et Kristian Kloser, privés de leurs valises et équipements sportifs en raison de la grève des bagagistes d’Air Canada. Deuxièmement, ils ont navigué dans la toundra de Kangiqsualujjuaq sans GPS, dont les piles étaient à plat. « Pour la première fois du raid, nous avons suivi la piste et regardé la boussole! », a expliqué Côté à l’issue de la course. Finalement, les deux Québécois ont mis la pédale douce tout au long des 55 km de cette dernière étape conclue dans la joie devant 200 personnes venues les acclamer à l’école du village.

Or, l’avance de 40 minutes mardi matin, avait fondu à 23 minutes à l’issue du parcours. « Nous sommes fiers de notre parcours, en sachant que nous avons battu un grand athlète en la personne de Mike Kloser», a dit Ian Beaulieu au sujet du quadruple champion du monde de raids d’aventure.

Soutien local

Au-delà de la victoire, les deux Québécois de l’équipe Spin-Sport se souviendront des paysages rencontrés tout au long du parcours arctique de 150 km. Et des gens! « Nous faisons souvent des raids dans le sud du Québec et les gens ne daignent pas sortir de leur maison. Ici, la population locale n’a pas hésité à nous rechercher en motoneige dans les montagnes pour nous saluer et nous encourager! », a dit un Ian Beaulieu visiblement ému par l’accueil des Inuits.

Les équipes étrangères repartiront avec le même sentiment. « Quand je raconterai mon raid dans 10 ou 15 ans, l’image de cette dame qui nous a servi du pain banique et de la viande au milieu de nulle part me reviendra sans cesse », a confié Anthony Robbi, dont l’équipe Team Endurance a conclu au 4e rang. « Je n’ai pas arrêté de penser à ces gens qui vivent dans des conditions si glaciales huit mois par année, alors que nous, on souffre durant trois jours à -35 degrés avant de repartir pour notre pays », a expliqué son compatriote Sylvain Boisset.

L’édition 2013 du Raid Nunavik n’est pas encore confirmée. Mais à l’heure des bilans, Daniel Poirier et Jean-Thomas Boily, les coorganisateurs du raid, étaient somme toute satisfaits du travail accompli ici par et pour les gens de Kangiqsualujjuaq. De neuf équipes représentant sept pays, ils aimeraient doubler cette présence internationale l’an prochain, et pourquoi pas, faire passer de deux (dont une a abandonné à la deuxième étape) à 14 le nombre d’équipes inuites présentes sur la grille de départ. Quatorze pour représenter chacun des villages du Nunavik. Un grand projet, à l’image du territoire immense. Un beau projet, à l’image des gens qui y vivent. Merci Kangiqsualujjuaq.

Le Yéti, version italienne!
Le Yéti, version italienne!

Kangiqsualujjuaq mon amour
Kangiqsualujjuaq mon amour

Mike et Kris Kloser à la poursuite des Québécois après le 2e point de contrôle
Mike et Kris Kloser à la poursuite des Québécois après le 2e point de contrôle

Les Américains Mike et Kris Kloser ont dû se rendre à l'évidence : les Québécois étaient trop forts en ski... et trop forts pour contrer le vent polaire!
Les Américains Mike et Kris Kloser devront se rendre à l’évidence: les Québécois étaient trop forts en ski… et trop forts pour contrer le vent polaire!

L'équipe française a peaufiné son ski pour terminer le raid au 4e rang.L'équipe française a peaufiné son ski pour terminer le raid au 4e rang.L'équipe française a peaufiné son ski pour terminer le raid au 4e rang.
L’équipe française a peaufiné son ski pour terminer le raid au 4e rang.

Abri de fortune des bénévoles du Raid... en attendant les coureurs.
Abri de fortune des bénévoles du Raid… en attendant les coureurs.

Les Québécois Ian Beaulieu et Simon Côté à mi-parcours.
Les Québécois Ian Beaulieu et Simon Côté à mi-parcours.
Ouf! Quelle journée… froide! Je rentre à peine du « camp blanc. » C’est le nom du coquet bivouac préparé pour les raideurs par les organisateurs… au milieu de nulle part, à 25 km du village de Kangiqsualujjuuaq. Quelques tentes de type yourte disséminées au milieu des résineux rabougris, adossées à une falaise géante.

Petit détail : une descente en rappel de cette falaise constituait l’avant-dernière surprise de la deuxième journée du Raid international Nunavik. La dernière surprise étant? Une nuit en camping d’hiver dans le fameux bivouac… à -35 degrés. Après 50 kilomètres de ski de fond, de raquette, d’orientation et d’escalade, quoi de mieux que de se glisser dans un sac de couchage par une nuit polaire…

Les Québécois sont toujours aussi forts. Après le prologue, Ian Beaulieu de Baie-Comeau et Simon Côté de Gaspé avaient une avance de 5 minutes sur l’équipe à battre, celle formée du quadruple champion du monde des raids aventure, Mike Kloser, et de son fils Kris. À mi-parcours de la deuxième journée, les Québécois avaient réussi à instaurer jusqu’à 16 minutes d’écart sur leurs plus proches poursuivants. Ils sont en feu!

« Nous prévoyons une fin de course serrée. Parce que les Américains sont très forts en orientation et la deuxième partie du parcours est plus ou moins balisée, donc ils devraient fermer l’écart », a laissé entendre Daniel Poirier, l’un des coorganisateurs d’un des Raids les plus extrêmes de la planète.

Exemples?

- L’équipe française a fait la gaffe de préférer ses raquettes aux skis de fond pour tracer le prologue. Douleurs aux cuisses clairement perceptibles au départ du deuxième parcours.

- L’équipe sud-africaine ne veut plus rien savoir du ski de fond. Trop technique, trop tout. Elle poursuit donc son aventure en raquettes… 100 km d’ici mercredi soir.

- L’une des équipes italiennes a délibérément laissé tomber la portion extrême du deuxième parcours. Après trois points de contrôle, elle est arrivée la première au bivouac blanc. Exténuée. « On n’a jamais eu si froid », ont-ils baragouiné dans une langue que tous comprendraient.

- L’Italienne qui formait une équipe avec deux concurrents inuits s’est égarée pendant un moment. Mauvaise décision au mauvais moment. Les organisateurs l’ont retrouvée perdue, dans la vallée d’à côté.

- Un journaliste français a été victime d’engelures importantes aux jambes et aux pieds. Quand j’ai quitté le point de contrôle numéro 9, trois personnes le massaient pour réactiver la circulation et limiter les dégâts.

Bref, ce Raid international est extrême parce que les conditions sont hostiles. Mais Kangiqssualujjuaq, son peuple et sa banlieue sont tellement beaux. Douleur du décor, chaleur de ses acteurs… Dans des conditions aussi difficiles, l’être humain n’a pas le choix de revenir à ce qu’il a de mieux: manger, dormir, s’entraider pour survivre. Parce que sans aide, sur le Raid comme dans la vie, impossible d’avancer ici.

Les Québécois Ian Beaulieu et Simon Côté à mi-parcours.
Les Québécois Ian Beaulieu et Simon Côté à mi-parcours.

Bivouac temporaire au point de contrôle numéro 8 avec eau chaude et sapinage au sol. Mais aucun coureur ne prend le temps d'en profiter.
Bivouac temporaire au point de contrôle numéro 8 avec eau chaude et sapinage au sol. Mais aucun coureur ne prend le temps d’en profiter.

« Je n'ai jamais eu aussi froid de ma vie », a dit ce participant italien à mi-parcours. Vraiment extrême...
« Je n’ai jamais eu aussi froid de ma vie », a dit ce participant italien à mi-parcours. Vraiment extrême…

Vue aérienne du parcours, entre les points de contrôle 12 et 13.
Vue aérienne du parcours, entre les points de contrôle 12 et 13.

Ian Beaulieu et Simon Côté, participants du Raid Nunavik
Ian Beaulieu et Simon Côté, participants du Raid Nunavik
Ian Beaulieu et Simon Côté n’entendent pas à rire et veulent montrer ce qu’ont dans le sang et les jambes les gars de Baie-Comeau (Ian) et de Gaspé (Simon).

Partis en fou de l’école de Kangiqsualujjuaq, ils avaient bien l’intention de rallier les six points de contrôle et le fil d’arrivée avant tout le monde, y compris les 41 équipes de jeunes du village qui les accompagnent pour la première journée du Raid Nunavik.

En 1 h 38 min, l’équipe québécoise a réussi à couvrir une dizaine de kilomètres en ski de fond et à faire l’ascension de deux montagnes avec les raquettes dans le sac à dos. Bref, aucun pépin technique n’a perturbé leur première journée, si ce n’est le vent qui, par moment, pince la joue et se la joue « frisquet », pour les concurrents et les journalistes!

Le champion du monde des raids d’aventure, Mike Kloser, et son fil Kristian ont peiné au départ.

L’ajustement à du matériel emprunté à toutes les équipes (ils ont perdu leurs bagages dans la grève d’Air Canada) a sans doute pesé dans la balance. Mais rapidement, le duo de Denver s’est ressaisi.

Bref, les Kloser ont croisé le fil avec seulement cinq minutes de retard sur Beaulieu et Côté. Or, il semblerait qu’ils auraient égaré une carte qui leur sert de preuve qu’ils ont croisé les points de contrôle 1 et 2…

Ils pourraient se voir imposer une pénalité de temps par les organisateurs. Les Italiens, Roberto Mattioli et Michele Sartori, ont suivi, chauffés par les Français Anthony Rabeau et Sylvain Boisset. Bref, ça promet pour la suite lundi, une cinquantaine de kilomètres en direction des ours polaires.

Un panneau d'arrêt en inuktitut
Comment est votre inuktitut?

Une participante locale faisant partie des 41 équipes de jeunes qui ont pris part au prologue avec les 9 équipes d'experts.
Une participante locale faisant partie des 41 équipes de jeunes qui ont pris part au prologue avec les 9 équipes d’experts.

Dimanche 25 mars, midi

Dimanche 25 mars 2012 à 12 h 04 | | Pour me joindre

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À 90 minutes du départ du prologue, le champion du monde des raids, l’Américain Mike Kloser, qui a été victime de la grève des bagagistes chez Air Canada, s’est remonté un équipement avec les surplus de matériel des autres équipes.

La chance d’une vie : notre avion a dû faire un arrêt aux puits à Baie-Comeau hier pour faire le plein. Et qui possède un magasin de plein air à Baie-Comeau? Ian Beaulieu, l’un des membres de l’équipe québécoise Spin-Sport (le nom de la boutique, justement). Un appel à Montréal… et Mike Kloser se faisait livrer à l’aéroport de Baie-Comeau des bottes, des lunettes de ski, des peaux de phoque pour coller sous les skis et d’autres gadgets utiles pour un raid extrême, comme on se fait livrer un quart-cuisse au coin de la rue.

Petite jasette avec les Sud-Africains. Hugo de Plessis, descendance française coloniale, mais accent afrikans indiscutable, a subi une opération pour une appendicite il y a deux semaines. Je crois comprendre qu’il n’a jamais marché dans la neige. Choc thermique à prévoir…

Dimanche 25 mars, 9 h

Dimanche 25 mars 2012 à 9 h 41 | | Pour me joindre

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L’arrivée à Kangissualujjuaq s’est fait en douceur samedi soir. -19 degrés. Ajoutez un vent à écorner les caribous… La sensation de sombrer dans les eaux de l’Antarctique au milieu de nulle part. Saisissant. Dépaysant. À la limite, hostile. Mais tellement beau.

L’accueil des gens est fantastique. Les huit équipes internationales (France, Italie, États-Unis, Afrique du Sud, Toronto!, Baie-Comeau! et Gaspé!) sont attendues de crampon ferme. Nous aussi. Dans quelques heures, première étape de trois jours qui nous mèneront au bout du monde, au bout de soi.

L’appréhension est palpable, autant chez les «raideurs» que chez les organisateurs et les médias. Dans quelle (belle) galère nous apprêtons-nous à monter?

 

 

Quelques kilos en trop

Samedi 24 mars 2012 à 10 h 58 | | Pour me joindre

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L'avion d'Air Inuit
L’avion d’Air Inuit
Le Raid international Nunavik n’est pas encore commencé que déjà, c’est l’aventure.

Samedi matin, au moment de partir de l’aéroport Trudeau, chaque passager a dû monter sur la balance avec son bagage à main pour calculer les kilos en trop.

Il faut le dire, un Raid aventure comme celui-là demande énormément de matériel et de logistique.

Après réflexion (et addition de tous les kilos), Air Inuit a décidé de changer d’avion pour un plus puissant.

L’équipe américaine, menée par le champion du monde des raids d’aventure, ne pourra être blâmée pour l’excès de poids.

Elle est forcée ce matin à partir sans valises, sans skis, sans rien, à cause de la grève des bagagistes d’Air Canada. À quelques minutes du départ, les équipes québécoises tentent de trouver du matériel pour qu’elle puisse quand même participer à la course!

Préparez-vous!

Vendredi 23 mars 2012 à 15 h 12 | | Pour me joindre

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Pour avoir une idée de ce qu’est le Raid international Nunavik, voici la vidéo promotionnelle de l’événement. N’oubliez pas, il fait -25 degrés le jour!

NAC INTERNATIONAL RAID TEASER from EnduranceAventure on Vimeo.

Vive le froid!

Jeudi 22 mars 2012 à 12 h 42 | | Pour me joindre

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Je fous le camp! J’en ai assez! Assez d’un printemps trop chaud qui vient d’arriver trop vite. Mais surtout, assez d’un hiver qui n’a pas vraiment eu le temps de s’installer. Je fous le camp. Direction : le nord. Le Grand Nord! Pour le Raid Nunavik international. Le Raid quoi? Le Raid Nunavik international, la première édition internationale d’une course d’aventures de trois jours qui comprend des épreuves de ski de fond, de raquette, d’escalade de glace, de course à pied et d’orientation.

Ce qu’il y a de bien, c’est que moi, je vais assister à tout ça, comme spectateur. Si vous me surprenez à courir la semaine prochaine, c’est pour les reportages télé, radio et web (blogue et photos) que je vous enverrai « d’en haut » pour vous faire vivre les épreuves et le Grand Nord « de l’intérieur ».

Déjà, prononcer le nom du village au pied des monts Torngat qui sert de théâtre à cette belle aventure sportive et communautaire tient de l’exploit. Répétez après moi : Kan-giq-sua-lu-jjuaq. Où mercredi, le blizzard et les vents de 80 km/h ont empêché les organisateurs de tracer le parcours pendant une partie de la journée. Où mercredi, il faisait -25 degrés Celsius. Où samedi, j’y serai avec mon collègue caméraman André pour vous faire découvrir les coulisses du peuple inuit, si différent mais si semblable à la fois.

Allez, je vous emmène. De toute façon, après quatre jours de chaleur, vous en avez déjà assez, vous aussi, du Sud. À samedi!