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Le PQ et l’inéluctable démographie

Dimanche 22 mars 2015 à 9 h 08 | | Pour me joindre

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MCAuger

Il fut une époque, il n’y a pas si longtemps, où le Parti québécois croyait que la démographie était son plus grand allié. Peu après le référendum de 1995, des gens aussi sérieux que l’ex-premier ministre Bernard Landry expliquaient que la victoire de l’option souverainiste était inévitable — et à relativement court terme — par le simple jeu de la démographie.

Les électeurs les plus âgés – et dont une très forte proportion avait voté Non en 1995 – seraient remplacés par des jeunes – dont une proportion presque aussi forte avait voté pour le Oui. Les Oui allaient tout simplement remplacer les Non, c’était tout simplement inéluctable.

La réalité a été tout autre. Au tournant du siècle, le vote péquiste s’est mis à décliner de façon notable et soutenue. Pas une simple baisse conjoncturelle d’une couple de points, mais un véritable changement d’ordre de grandeur.

Ainsi, entre 1976 et 1998, le PQ a toujours obtenu au moins 40 % des voix (la seule exception étant 39 % en 1985). Cela lui aura permis, au cours de cette période, de former quatre gouvernements majoritaires. Le PQ était alors, et de loin, le premier parti dans l’électorat francophone.

Depuis les élections de 2003, le PQ s’est maintenu dans une fourchette bien différente, entre 35 % (en 2008) et 25 % des voix (en 2014). La nette majorité de francophones sur laquelle il pouvait compter depuis un quart de siècle n’est plus là.

Que s’est-il donc passé? D’abord, le vote péquiste a diminué chez les francophones dans toutes les tranches d’âge, grugé à droite par l’ADQ puis la CAQ, et à gauche par Québec solidaire.

Encore plus significatif, ce sont les plus jeunes électeurs qui ont déserté le PQ. Ainsi, dans le dernier sondage Léger Marketing avant l’élection d’avril 2014, le PQ était au 4e rang chez les jeunes de 18 à 24 ans avec 19 % des voix. Il ne faisait guère mieux chez les 25 à 34 ans avec 22 %, au 3e rang, juste devant Québec solidaire.

Pas au rendez-vous

Clairement, ces jeunes électeurs dont l’arrivée sur les listes électorales devait donner à la souveraineté sa victoire inéluctable ne se sont pas sentis invités au grand rendez-vous.

On peut trouver toutes sortes de raisons pour cette désaffection. Il y a le fait que les péquistes ont la fâcheuse habitude de se parler de souveraineté entre eux, et on peut penser que toute une génération n’a pas été très exposée au message souverainiste.

Il y a aussi le virage identitaire du PQ, caractérisé par la charte des valeurs, qui a formidablement contribué à éloigner les jeunes, qui ne se reconnaissent pas dans une société frileuse et prompte à interdire. Mais, quelle que soit la raison, il reste que l’inéluctable démographie qui allait faire triompher le Oui ne s’est pas matérialisée.

Dans les circonstances, on peut passer le temps qu’on veut à disséquer le vote des immigrants et les raisons qui font qu’ils appuient peu l’idée de la souveraineté du Québec. Mais cela n’expliquera pas que le PQ ait obtenu pratiquement le même pourcentage d’appui lors de la dernière élection qu’à sa toute première campagne électorale en 1970.

Au lieu de blâmer les autres, et les immigrants en particulier, comme il l’a fait trop souvent, le PQ devrait plutôt se demander pourquoi et comment il a réussi à se couper aussi profondément de la jeunesse québécoise. Et à voir le nombre de têtes grises aux assemblées du PQ au cours de cette course à la direction, on comprend mal comment les candidats n’en font pas leur principale, sinon unique, priorité.

La tempête parfaite

Lundi 20 octobre 2014 à 10 h 18 | | Pour me joindre

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MCAuger

Il n’y aura pas de course à la direction du Parti québécois. Il y aura sans doute des candidats qui rempliront un bulletin et qui feront quelques débats, mais l’issue du scrutin est déjà connue, et Pierre Karl Péladeau sera le prochain chef du PQ.

Le rouleau compresseur PKP est déjà passé sur le PQ, avant même que le député de Saint-Jérôme n’ait prononcé son premier discours à l’Assemblée nationale.

En fait, c’est une sorte de tempête parfaite qui propulsera l’actionnaire de contrôle de Québecor dans le siège de chef de l’opposition officielle à l’Assemblée nationale.

D’abord, c’est bien connu, le PQ a une relation d’amour-haine assez complexe avec ses chefs. Autant c’est le parti qui peut dévorer ses chefs, autant il y règne un complexe du sauveur quand il s’agit d’en choisir un nouveau.

La situation actuelle n’est pas sans rappeler la campagne d’André Boisclair en 2005. À l’époque, on cherchait un sauveur pour prouver que le PQ n’était pas le parti d’une seule génération, et le jeune âge de M. Boisclair en faisait le chef idéal.

Aujourd’hui, un grand nombre de militants péquistes sont convaincus que tout ce qui leur manque, c’est l’appui du milieu des affaires. L’arrivée d’un homme d’affaires bien connu comme M. Péladeau serait donc l’ingrédient qui va reporter le PQ au pouvoir et le lancer dans un nouveau référendum sur l’indépendance.

Dans ces circonstances, même les questions légitimes et les potentielles « bombes à retardement » sont balayées sous le tapis. Que ce soit la consommation de cocaïne de M. Boisclair à l’époque, ou le fait que M. Péladeau veuille conserver toutes ses actions dans Québecor, aujourd’hui.

L’autre atout de PKP est qu’il fait partie du star système québécois. Julie Snyder et lui sont connus, populaires, et ils savent très bien comment faire parler d’eux dans les médias. Cette popularité se reflète déjà dans les sondages.

En passant, quand les adversaires de M. Péladeau pensent à des conflits d’intérêts qui pourraient avoir une utilité électorale, ils songent moins à la ligne éditoriale de TVA ou du Journal de Québec qu’aux reportages obligeants et aux photos de famille en une du Lundi ou d’une autre publication du même type.

Les adversaires potentiels de M. Péladeau ne le savent que trop bien. Et après le hara-kiri de Jean-François Lisée, ils ont déjà commencé à trouver des excuses à M. Péladeau plutôt que de l’attaquer.

Ce qui montre bien que les Bernard Drainville, Martine Ouellet et autres savent qu’ils n’ont pas vraiment de chances contre le rouleau compresseur PKP et qu’ils pensent déjà à préserver leur position dans le parti sous celui qui sera leur nouveau chef.

En fait, ils se sont fait une raison et se présentent surtout pour se faire connaître en vue de la prochaine fois. Une sage précaution, dans un parti qui mange ses chefs.

Mais, en même temps, une course à la direction qui n’en est pas une peut être la pire chose qui peut arriver au PQ. Parce qu’une vraie course permet au parti de voir comment son nouveau chef réagira en situation de crise. Comment il essaiera de rassembler. Comment il réagit sous la pression. Toutes choses qui seront épargnées à M. Péladeau.

La même chose était arrivée à M. Boisclair. Le PQ ne voulait pas entendre parler de ses faiblesses pendant la course à la direction, mais les libéraux l’attendaient au détour et ont eu tôt fait de lui fabriquer une image de chef sans jugement. On connaît la suite.

La question des conflits d’intérêts potentiels de M. Péladeau ne s’en ira pas, même s’il est facilement élu chef du PQ. Pas plus que la question délicate de ses retraits fréquents et nécessaires des discussions du gouvernement sur tous les sujets qui pourraient toucher ses entreprises.

Mais le PQ a décidé de regarder ailleurs. On verra la suite. Mais pour l’instant, ça ressemble beaucoup à un scénario que le PQ a bien connu, mais qu’il a déjà oublié.

PKP : le silence est d’or

Mardi 16 septembre 2014 à 17 h 32 | | Pour me joindre

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MCAuger

Le député dont on parlera le plus au cours de la prochaine session parlementaire n’a pourtant pas encore prononcé un seul discours dans l’enceinte du Salon bleu, et sa contribution totale aux débats de l’Assemblée nationale se limite à trois questions en commission parlementaire.

Pourtant, les affaires vont on ne peut mieux pour Pierre Karl Péladeau. Il pourrait compter sur l’appui de la moitié du caucus péquiste. Deux anciens premiers ministres soutiennent plus ou moins ouvertement sa candidature, et le Parti Québécois se donne des règles qui feront en sorte d’exclure les candidats qui pourraient le plus le mettre dans l’embarras.

En fait, il n’est pas étonnant de voir le PQ ouvrir ainsi la voie au député de Saint-Jérôme. Le PQ a toujours été un parti plutôt légitimiste. Ses courses à la direction ont pratiquement toujours été des affaires réglées d’avance, et le candidat qui émerge comme le favori l’emporte assez facilement.

Historiquement, quatre des six courses à la direction du PQ se sont soldées par une élection sans opposition (Parizeau, Bouchard, Landry et Marois). Les deux autres fois, le favori l’a emporté facilement dès le premier tour de scrutin (Johnson et Boisclair).

En fait, la course à la direction qui se prépare ressemble sous bien des aspects à celle qui a suivi la démission de Bernard Landry. À l’époque, l’argument à la mode chez les militants péquistes était le changement de générations, et la candidature d’André Boisclair était considérée comme la preuve que « le PQ n’est pas le parti que d’une seule génération ».

Un argument quelque peu similaire entoure la candidature de M. Péladeau. Ce qui manque au PQ, c’est l’appui des gens d’affaires, et l’arrivée du député de Saint-Jérôme serait le moyen de les attirer au parti et vers l’option souverainiste.

Le silence de M. Péladeau a, aussi, d’autres effets bénéfiques pour sa candidature. Pendant qu’il ne dit rien, plusieurs autres députés péquistes sont en train de tenir des débats importants qui pourraient bien être réglés au sein du PQ avant même que le député de Saint-Jérôme n’annonce qu’il se lance dans la course.

Ainsi, il y a ce débat entre les « pressés » et les « réalistes » sur l’échéancier référendaire. Quand un Sylvain Gaudreault — député aussi bien considéré par ses collègues du caucus que par la population — dit que « le peuple nous regarde, mais ne nous écoute plus », il contribue fortement à faire pencher la balance du côté des « réalistes ». Et sans même que M. Péladeau n’ait eu à s’en mêler.

Ce qui permet à M. Péladeau d’être le député péquiste dont on parle le plus et qui parle le moins. C’est sans doute parce que, dans son cas et pour l’avenir prévisible, le silence est d’or.

Le PQ à la croisée des chemins

Mercredi 27 août 2014 à 10 h 29 | | Pour me joindre

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MCAuger

La précipitation ou les ambitions sont telles au Parti québécois que tout indique qu’on voudra choisir le nouveau chef tout juste un an après la défaite historique d’avril dernier.

Pourtant, rien ne presse. Le gouvernement Couillard est majoritaire et, en vertu de la loi sur les élections à date fixe qu’a fait adopter le PQ, le prochain scrutin n’interviendrait qu’en octobre 2018.

Reste que la course à la direction est déjà commencée, au point où, selon les informations obtenues par ma collègue Martine Biron, la majorité des membres du caucus péquiste se seraient déjà joints au camp de Pierre Karl Péladeau. Si bien que les ex-ministres Véronique Hivon et Sylvain Gaudreault envisagent déjà une alliance pour barrer la route au député de Saint-Jérôme.

Derrière ces stratégies, se dessine très clairement un affrontement idéologique, une bonne vieille division gauche-droite, qui risque de déchirer le PQ bien davantage que ses traditionnelles chicanes sur l’article 1 de son programme.

C’est un secret de Polichinelle que M. Péladeau veut imprimer un virage à droite au PQ. Selon lui, le retour au pouvoir suppose nécessairement qu’il faudra « chasser sur les terres de la Coalition avenir Québec » et ramener au bercail péquiste les électeurs des jeunes familles, en particulier dans les couronnes de Montréal et de Québec.

Il y a trois grands risques pour le PQ s’il décide d’accomplir un tel virage.

D’abord, le PQ pourrait se retrouver très à l’étroit dans le coin droit de l’arène politique, qui est déjà fort bien occupé par le Parti libéral du Québec et la CAQ. Il n’y a peut-être pas beaucoup de place pour un troisième parti qui voudrait séduire le même segment de l’électorat.

Ensuite, le PQ se trouverait à renier son histoire. Depuis sa première élection en 1970, le PQ a, chaque fois, présenté l’offre la plus progressiste parmi les partis susceptibles de former le gouvernement.

Vrai, le PQ a toujours été une coalition. Sur la question de la souveraineté, il a été un grand rassemblement de gens de tous les horizons. Mais, depuis René Lévesque, comme parti et comme gouvernement, le PQ s’est toujours présenté comme progressiste. Ce qui n’exclut pas des différences parfois profondes avec des alliés comme les syndicats.

On a beaucoup parlé de Lucien Bouchard ces derniers temps. Il est aujourd’hui considéré comme le chef du PQ le plus conservateur de tous. Or, c’est sous la direction de M. Bouchard que le Québec a adopté les trois programmes sociaux qui le distinguent aujourd’hui du reste du Canada, soit les centres de la petite enfance, l’assurance médicaments et les congés parentaux. Le tout, en même temps qu’on en arrivait au déficit zéro. Pas un mauvais bilan social pour un « conservateur »…

Enfin, le PQ a déjà essayé d’aller « chasser sur les terres de la CAQ ». Pas plus tard qu’à la dernière élection. Le virage a été aussi subit qu’étonnant. Par exemple, 18 mois après s’être fait élire sous un programme qui voulait sortir le Québec du pétrole, le gouvernement de Mme Marois faisait campagne pour forer le sol de l’île d’Anticosti et acceptait des projets comme l’inversion du pipeline Enbridge. On connaît le résultat : le pire score électoral du PQ depuis 1970.

Reste que la course à la direction du PQ s’annonce de plus en plus comme un débat entre la gauche et la droite. Un débat qui se déroulera dans le pire des contextes, celui d’une course à la direction, où les allégeances personnelles sont souvent plus importantes que les idées.

Avec le résultat que les péquistes pourraient bien se retrouver, à la fin de l’exercice, non seulement avec un nouveau chef, mais avec un tout nouveau parti.

Au-delà de l’élection d’un gouvernement majoritaire libéral, il reste que l’élection du 7 avril aura surtout été un vote sanction contre le gouvernement du Parti québécois.

Une sanction contre une politique de la division, étrangère jusque-là à la politique québécoise, et qui s’est surtout manifestée autour de la charte des valeurs. Cette charte, qui devait être au centre de la campagne péquiste, s’est retrouvée à la marge d’une campagne qui s’est surtout jouée sur une question de confiance envers le gouvernement.

La politique de la division est ce qu’on appelle en anglais le « wedge politics ». Il s’agit de soulever une partie de l’opinion publique contre une autre en utilisant une question remplie d’émotions et propre à soulever la controverse.

Le gouvernement péquiste a tout fait pour que sa charte des valeurs devienne un objet de divisions. Dans le discours du ministre responsable, qui a dit à quelques reprises qu’on était soit pour sa charte, soit du côté des intégristes. Il s’est même fait un point d’honneur de ne pas avoir fait d’études justifiant la charte puisqu’elle reposait sur des principes. Comme si on n’avait pas fait des années d’études avant la loi 101 ou que celle-ci ne reposait pas sur des principes!

Avec le résultat que bien des sympathisants du PQ se sont rebellés contre de telles tactiques et ont abandonné le navire. La charte s’est retrouvée appuyée par des électeurs qui n’avaient nullement l’intention de voter pour le Parti québécois quand arriveraient des élections. Cela a été au prix de s’aliéner des groupes importants de la coalition péquiste, les plus jeunes, surtout, avec lesquels le PQ devra rebâtir des ponts, ce qui risque de ne pas être facile.

Le problème avec la politique de la division, c’est qu’on ne peut la pratiquer quand on vit dans une maison de verre et qu’on peut susciter soi-même des divisions encore plus douloureuses.

C’est là qu’entre en scène la question de la souveraineté. La plus grande division qui ait jamais existé en politique québécoise.

La sanction qu’a reçue le PQ porte donc aussi nécessairement sur la question de la souveraineté. Et cette question allait s’inviter dans la campagne d’une façon ou d’une autre, que Pierre Karl Péladeau fasse son entrée tonitruante dans la campagne ou pas.

C’est parce que les péquistes se sont enfermés depuis plusieurs années dans un double discours : parler de souveraineté entre militants péquistes et décréter que l’élection ne vise qu’à élire un gouvernement quand on parle aux électeurs.

Cela obligeait des phrases avec de petites pauses, comme celle de Pauline Marois le soir du premier débat : « Il n’y aura pas de référendum (petite pause) tant que les Québécois ne seront pas prêts ». Et, bien sûr, c’est le gouvernement péquiste qui aurait déterminé quand ils auraient été prêts.

Pendant que Mme Marois tenait ce discours, plusieurs de ses ministres parlaient ouvertement de référendum « dans un cycle de gouvernement péquiste » ou de ne pas « enfermer longtemps le Québec dans le Canada ».

Les électeurs ont longtemps toléré ce double discours. Mais ce qui a changé au cours de la dernière campagne électorale, c’est qu’ils en ont eu assez. C’était une question de confiance tout simplement.

Les Québécois ne faisaient pas assez confiance au gouvernement et à Mme Marois pour leur donner un gouvernement majoritaire et penser qu’elle ne chercherait pas à provoquer la tenue d’un référendum sur la souveraineté.

Plusieurs sondages ont indiqué au cours de la campagne que les Québécois ne croyaient pas qu’un gouvernement péquiste aurait le mandat de tenir un référendum, mais qu’ils croyaient aussi qu’il en tiendrait un quand même.

Cette fois, les électeurs n’ont pas voulu donner au PQ une sorte de chèque en blanc à propos de la tenue d’un référendum. Et ils ont voulu le sanctionner autant pour son double discours de campagne électorale que pour la politique de la division quand il était au gouvernement.

Il n’y a pas meilleur exemple du caractère anecdotique et irréel qu’est en train de prendre le débat sur la Charte des valeurs que l’intervention de Janette Bertrand à un brunch de la laïcité, dimanche midi.

Pour comprendre, il vaut mieux citer Mme Bertrand au texte : « J’habite un building où il y a une piscine. Je vais me baigner une fois par semaine pour faire de l’aquagym. Et puis arrivent deux hommes, et ils sont déçus parce qu’il y a deux femmes – je suis avec mon amie. Ils s’en retournent. Bon, imaginons qu’ils partent, qu’ils vont voir le propriétaire, qui est très heureux d’avoir beaucoup d’étudiants de McGill riches qui sont là. Et puis ils demandent : bon, on veut avoir une journée. Et puis là, dans quelques mois, c’est eux qui ont la piscine tout le temps. C’est ça, le grugeage, c’est ça dont on a peur, et c’est ça qui va arriver si on n’a pas de charte. »

Le seul fait avéré dans tout cela, c’est que Mme Bertrand fait de l’aquagym dans la piscine de son immeuble. Après cela, tout est anecdotique et interprétation.

Arrivent deux hommes qui sont déçus parce qu’il y a deux femmes dans la piscine, dit-elle. On ne sait pas qui ils sont, s’ils sont musulmans ou catholiques ou quoi que ce soit d’autre. Mme Bertrand ne leur a pas parlé, alors elle ne sait pas pourquoi ils ont l’air déçus, mais elle affirme néanmoins que c’est parce qu’il y a deux femmes dans la piscine.

Ensuite, on tombe carrément dans la fiction, de l’aveu même de Mme Bertrand. « Imaginons », dit-elle, qu’ils partent, vont voir le propriétaire et demandent d’avoir une journée de piscine pour les hommes seulement. Rien de tout cela n’est un fait, c’est une imagination de Mme Bertrand qui est présentée comme un fait.

Le proprio est « heureux d’avoir des étudiants de McGill riches » chez lui — Mme Bertrand sait qu’ils sont anglophones, mais on croit deviner qu’ils seraient aussi musulmans, riches et inscrits à McGill.

Alors, toujours selon Mme Bertrand, le proprio accepte donc de donner une journée de piscine pour les hommes seulement. Encore une fois, rien de tout cela ne s’est produit. On est dans l’imaginaire de Mme Bertrand. Puis, on arrive à la conclusion : « dans quelques mois, c’est eux qui ont la piscine tout le temps. » Pas un seul fait dans la démonstration, mais la piscine appartient désormais aux hommes musulmans.

C’est la théorie du « grugeage ». Élaborée, rappelons-le, à partir d’un seul fait avéré : soit que Mme Bertrand fait de l’aquagym. Notons aussi que, de toute façon, la Charte des valeurs ne serait aucunement applicable à ce qui se passe dans la piscine d’un édifice privé, puisqu’elle ne s’applique qu’aux institutions de l’État.

Normalement, une telle intervention ne vaudrait même pas la peine d’être relevée. Mais on ne peut faire autrement quand elle se déroule dans un événement partisan, la dernière semaine de la campagne électorale, sur la même estrade que la première ministre et le parrain de la Charte des valeurs, le ministre Bernard Drainville, qui applaudissent.

Passerait encore si c’était un événement isolé. Mais c’est aussi la manière dont a été menée la Commission parlementaire sur la Charte. Un exemple parmi d’autres : Mme Michelle Blanc a témoigné en faveur de la Charte et utilisé un exemple qu’elle a elle-même qualifié de fictif. Un jeune homosexuel, rejeté de sa famille pour des raisons religieuses, comment se sentirait-il s’il demandait de l’aide à un professionnel de la santé qui porte un signe religieux de la même communauté qui l’a rejeté?

M. Drainville a tellement aimé l’exemple, qu’il l’a resservi à plusieurs personnes venues témoigner devant la commission parlementaire. Un exemple fictif était traité comme un fait avéré.

Évidemment, il est difficile d’avoir des faits quand le gouvernement a refusé systématiquement d’en rechercher, affirmant, selon le ministre Drainville, qu’on n’avait nul besoin d’études puisque la Charte est avant tout une question de principe.

Mais le résultat, en fin de compte, c’est qu’on est en train de gruger les faits, pour avoir un débat basé pour l’essentiel sur des anecdotes, des exemples fictifs, quand ce n’est pas carrément des imaginations.

S’il faut combattre le « grugeage », il faudrait surtout s’en prendre à ce qui semble vouloir marquer la fin de cette campagne : le « grugeage » des faits.

Dans toute l’agitation entourant l’arrivée de Pierre Karl Péladeau au Parti québécois, on aura peut-être sous-estimé les difficultés que pourrait soulever la décision de ce dernier de garder le contrôle de son empire médiatique — même si c’est par l’entremise d’une fiducie sans droit de regard.

Tout comme on aura sous-estimé l’ampleur des conflits d’intérêts potentiels que M. Péladeau devra maintenant gérer, autant selon les lois en vigueur que selon les règles sévères que le PQ lui-même a édictées depuis son arrivée au pouvoir.

Beaucoup de gens comprennent qu’il ne suffirait pas pour M. Péladeau, s’il devenait ministre, de placer ses actions dans une fiducie sans droit de regard. Il ne s’agit pas ici d’un portefeuille d’actions ordinaires, mais des trois quarts des actions avec droit de vote du plus grand groupe médiatique au Québec.

Un groupe dont les ramifications vont nécessairement dans le monde de la culture, des communications, de l’édition, des librairies, etc. Sans oublier que le principal actionnaire de Québecor, à part la famille Péladeau, est la Caisse de dépôt et placement.

La loi et les pratiques sur les conflits d’intérêts, réels ou potentiels, dans un Conseil des ministres sont claires : le ministre en question doit s’abstenir d’intervenir de quelque façon et immédiatement quitter la réunion. Le niveau de tolérance sur cette question est très bas.

C’est au point où l’actuel ministre de la Culture Maka Kotto quitte la pièce dès qu’il est question de la Ville de Longueuil, dont sa conjointe est la mairesse. Au fédéral, dans des circonstances similaires,  les Paul Martin et Belinda Stronach quittaient la salle quand on parlait de transports ou de l’industrie automobile. Un simple député est soumis aux mêmes règles et doit quitter toute réunion de l’Assemblée nationale ou d’un comité où il pourrait être placé en conflit d’intérêts.

Quand on voit les domaines d’activités dans lesquels Québecor est un joueur majeur, c’est à se demander si M. Péladeau ne va pas passer autant de temps dans le corridor que dans la salle du Conseil des ministres. S’il suit les règles sur les conflits d’intérêts, c’est l’efficacité de M. Péladeau comme ministre qui pourrait être en cause.

Mais le principal intéressé ne voit pas du tout les choses de la même façon. En entrevue lundi à l’émission Le 15-18 que j’anime à ICI Radio-Canada Première, M. Péladeau affirmait sans nuances qu’il ne verrait aucune raison de se retirer des discussions du Conseil des ministres sur une politique — relativement mineure — comme le prix unique du livre. Et ce, même si les sociétés qu’il contrôle sont, et de loin, les principaux éditeurs au Québec et qu’il est aussi l’un des principaux libraires au Québec par sa filiale Archambault.

Cliquez ici pour écouter l’entrevue avec M. Péladeau

Bien au contraire, affirme-t-il, son expérience dans le domaine en ferait une « personne-ressource » pour le gouvernement. De toute évidence, la notion de conflit d’intérêts de M. Péladeau est assez différente de celle de nos lois et pratiques en matière d’éthique.

Si M. Péladeau ne voit pas de conflit d’intérêts dans une situation relativement simple comme celle-là, il n’en voit pas davantage dans le fait de rester l’actionnaire de contrôle du plus grand groupe de médias au Québec.

Comme l’affirmait la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, les journalistes de Québecor ne sauront que trop bien que M. Péladeau reste l’actionnaire de contrôle et que, du jour au lendemain, il pourrait donc redevenir leur patron.

Dans les circonstances, le simple recours à une fiducie sans droit de regard peut difficilement être considéré comme suffisant, comme le croient aussi le jurisconsulte de l’Assemblée nationale et le commissaire à l’éthique. Il n’y a pas, disent-ils, de jurisprudence qui peut s’appliquer au cas de M. Péladeau. Mais il reste que le risque de conflit d’intérêts est flagrant.

Charte : assurer ses arrières (2)

Mardi 17 septembre 2013 à 12 h 38 | | Pour me joindre

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MCAuger

Sur le site du Parti québécois, il est possible de passer un petit test dont le but est de prouver que le débat sur la Charte des valeurs québécoises ressemble à s’y méprendre à celui sur la loi 101 en 1977.

Il y a certainement des ressemblances, le Quebec Bashing étant une malheureuse tradition aussi vieille que le pays lui-même. Mais quand on regarde l’histoire de l’adoption de la loi 101, on trouve d’importantes différences, surtout quant au degré de préparation du gouvernement avant de s’engager dans un tel débat.

Loi 101 : un débat soigneusement préparé

La plus remarquable chronique des années au gouvernement de René Lévesque reste encore le livre de Graham Fraser (aujourd’hui commissaire aux langues officielles) publié en 1984. Il y consacre un chapitre complet à l’adoption de la loi 101, et on y voit un gouvernement qui avait pris toutes les précautions requises pour que le débat ne dérape pas.

Après de longues discussions au Conseil des ministres — 14 versions différentes de la loi ont été présentées pendant ces débats —, le Dr Camille Laurin a commencé par déposer un livre blanc expliquant les principes que le gouvernement voulait défendre et ses intentions législatives.

Le Dr Laurin est ensuite parti en tournée dans toutes les régions du Québec pour expliquer le projet. Ses collègues du gouvernement, chacun dans leur région, ont aussi participé au débat. Ce n’est qu’ensuite qu’on a déposé le projet de loi et qu’il a été débattu, pendant tout un été, en commission parlementaire.

Difficile de voir une démarche aussi rigoureuse pour la Charte des valeurs québécoises. D’abord, le projet a été rendu public par une fuite dans les journaux. Une fuite savamment orchestrée — on le sait maintenant — puisqu’on y trouvait déjà tous les éléments importants des propositions du ministre Bernard Drainville.

Contrairement à la loi 101, pas de livre blanc, mais un simple dépliant, immédiatement appuyé par une campagne de publicité aux frais des contribuables.

Un livre blanc aurait répondu à bien des questions qui restent encore en suspens : on attend toujours, par exemple, une liste des accommodements religieux qui ont mis en péril l’égalité hommes-femmes. Ou encore les avis juridiques sur lesquels se base le gouvernement pour dire que le projet est conforme autant à la Charte québécoise des droits et libertés qu’à la Charte canadienne.

Le soldat Drainville seul au front

Ce qui est le plus remarquable dans la manière dont le gouvernement Marois a dévoilé un projet de loi aussi important pour lui, c’est d’avoir laissé le ministre Bernard Drainville pratiquement seul pour défendre le projet.

Quand on présente une importante politique gouvernementale — un budget, par exemple — on envoie tout de suite les ministres, chacun dans sa région, pour l’expliquer et en montrer les avantages. Rien de tout cela pour la Charte des valeurs québécoises. À part quelques entrevues de la première ministre, prévues pour parler du premier anniversaire de son gouvernement, on a laissé le soldat Drainville monter seul au front.

Même son collègue Jean-François Lisée, qui a beaucoup écrit sur la question et qui, comme responsable de la région de Montréal, aurait été très utile sur le terrain, se trouvait le plus loin possible de l’action, soit en tournée en Afrique. Évidemment, ces tournées sont prévues depuis longtemps, mais lorsqu’on présente une politique aussi importante, on sait qu’il est possible de s’arranger pour les remettre à un peu plus tard.

Le ministre de la Justice Bertrand St-Arnaud aurait aussi pu jouer un rôle plus actif, surtout à propos d’un projet dont les adversaires affirment qu’il violerait les chartes québécoise et canadienne des droits et libertés. Quand il doit s’y prendre à deux fois dans la même journée pour finir par dire que le projet est probablement constitutionnel — même s’il ne le saura vraiment que lorsqu’il sera passé par le comité de législation —, ça fait assez mauvais genre.

Avec le résultat que la Charte des valeurs québécoises commence déjà à perdre de la popularité et n’est certainement plus un aussi bon levier électoral pour le gouvernement Marois. Au contraire de la loi 101 qui, avec le travail concerté de l’ensemble du gouvernement de René Lévesque, avait gagné en appui tout au long du débat et avait été joué un grand rôle dans sa réélection.

Minoritaire? Non merci!

Mardi 28 août 2012 à 19 h 12 | | Pour me joindre

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MCAuger

N’importe quel parti politique ordinaire se trouverait très heureux d’obtenir le mandat de former un gouvernement minoritaire, mardi soir prochain. Après tout, ce n’était pas l’année pour une victoire glorieuse et une petite pluralité sera une victoire honorable dans les circonstances.

Mais voilà, le Parti québécois n’est pas un parti ordinaire.

Le Parti a une base militante qui attend de ses dirigeants qu’ils prennent des mesures concrètes pour faire avancer le Québec vers la souveraineté. S’ils acceptent — tout juste — qu’on ne fasse pas un troisième référendum à moins d’être certain de le gagner, les militants péquistes n’en exigent pas moins des gestes symboliques qui vont dans ce sens.

Le problème, c’est qu’avec un gouvernement minoritaire, le PQ ne pourrait faire ni l’un ni l’autre.

Évidemment, pas question pour les députés libéraux ou ceux de la Coalition avenir Québec de permettre à un éventuel gouvernement péquiste minoritaire de se lancer dans une campagne référendaire. Il est tout simplement inconcevable que l’Assemblée nationale accepte la tenue d’un référendum sur la souveraineté.

Or, quand le PQ ne peut pas faire la souveraineté, il veut, au moins, faire avancer sa cause par d’autres mesures. Cette année, on retrouve de telles mesures dans la plateforme péquiste. Des initiatives comme la création d’une citoyenneté québécoise, une nouvelle loi 101 et une Charte de la laïcité.

Or, dans une situation de minoritaire, un gouvernement péquiste devra négocier avec les partis d’opposition pour faire adopter l’une ou l’autre de ces mesures.

Il est certain que les libéraux ne pourraient voter pour de telles initiatives qui suscitent déjà de nombreuses objections auprès des électeurs non francophones qui constitueront, plus que jamais, la base électorale du PLQ.

La CAQ a déjà indiqué qu’elle ne voulait pas toucher à la loi 101. Et comme on sait déjà que ces lois contiendront des clauses qui pourront être attaquées devant les tribunaux en vertu de la Charte des droits, il est plus que douteux que la CAQ veuille suivre le PQ dans cette voie.

Reste la mince possibilité que Québec solidaire et/ou Option nationale détienne la balance du pouvoir. Même dans ce cas, il est loin d’être certain que les initiatives du PQ puissent avancer.

La coporte-parole de QS, Françoise David, a déjà exprimé très clairement son opposition à la Loi sur la laïcité. En gros, elle rejette l’idée de fermer les portes de la fonction publique à ceux et celles qui portent des signes religieux.

Le projet de citoyenneté québécoise risque fort de rester sur les tablettes s’il n’en tient qu’à QS, qui n’est pas particulièrement intéressé par ce genre d’initiatives essentiellement symboliques.

Une nouvelle loi 101 aurait une meilleure chance d’être acceptable à QS, mais comme c’est toujours le cas pour des gouvernements minoritaires, il faudra tout négocier avec le ou les partis qui auront la balance du pouvoir et on ne sait jamais ce qu’ils vont demander et ce qui sortira de telles négociations.

Mais un gouvernement péquiste minoritaire n’aurait guère le choix que de gérer le Québec comme province du Canada qui devra faire des choix déchirants en matière de finances publiques et, peut-être même, devoir subir les contrecoups de la nouvelle récession que voient venir bien des économistes.

Pour les militants péquistes, c’est avoir tous les inconvénients d’être au gouvernement sans aucun des avantages. Pas étonnant que le PQ essaie de tout faire pour faire comprendre à ceux qui sont tentés par QS ou ON qu’ils doivent « voter utile » et élire un gouvernement péquiste majoritaire, quitte à voter en se bouchant le nez.

Et si, mardi soir, mon collègue Patrice Roy devait annoncer l’élection d’un gouvernement péquiste minoritaire, il y a fort à parier qu’il y aura beaucoup de sourires forcés et quelques visages longs au quartier général du Parti québécois.

Hollande et le rétroviseur

Dimanche 26 août 2012 à 14 h 28 | | Pour me joindre

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« Pis, comment aimes-tu notre campagne à la Hollande? » Mon interlocuteur est un vieil organisateur péquiste, rencontré par hasard dans la rue.

Une campagne à la Hollande? Je n’y avais pas pensé à celle-là. Mais c’est vrai qu’il y a des ressemblances assez frappantes entre la campagne de Pauline Marois et celle de François Hollande pour la présidence française en mai dernier.

Face à un adversaire hyperactif qui allait essayer d’être partout en même temps pendant la campagne, les socialistes français avaient décidé d’une campagne calme avec un candidat qui aimait s’afficher comme un homme ordinaire qui deviendrait « un président normal ».

Au lieu de répondre à chaque attaque de son adversaire, Hollande avait décidé de ne pas dévier de son plan initial, de ne pas passer son temps à regarder dans le rétroviseur et de laisser les autres s’énerver.

Pauline Marois fait un peu la même chose : elle mène une campagne calme, qui refuse de répondre coup pour coup à ses adversaires et qui suit son plan de match contre vents et marées.

Les adversaires ne sont pas contents de l’absence de cadre financier? Qu’à cela ne tienne, le PQ le rendra public quand il l’a décidé et pas un jour plus tôt. Ils attaquent sa nouvelle loi 101? Elle ne se donne même pas la peine de leur répondre et continue de faire sa promotion auprès de l’électorat francophone.

Comme la chef est moins populaire que son parti, on lui a préparé une campagne plus discrète, où elle est moins visible que les autres chefs. Comme si le slogan non officiel de la campagne était « Petit train va loin ».

Avec le résultat que, selon les derniers sondages, Mme Marois se trouve toujours en position de former le prochain gouvernement, avec une avance encore confortable de sept points sur la Coalition avenir Québec auprès de l’électorat francophone.

Mais là s’arrêtent les comparaisons. En cette fin de campagne, les stratèges péquistes feraient bien de lire la petite phrase que l’on retrouve sur certains rétroviseurs : ceux qui vous suivent peuvent être plus proches qu’ils n’en ont l’air.

La campagne péquiste a connu quelques ratées au cours des derniers jours qui ont forcé d’embarrassantes clarifications de la part de Mme Marois, d’abord sur une éventuelle citoyenneté québécoise, puis sur les référendums d’initiative populaire.

Pas le genre d’incidents qu’on souhaite en fin de parcours.

Mais surtout, la lente progression de la Coalition avenir Québec ne semble pas en voie d’être stoppée, sauf que, de plus en plus, elle va se faire aux dépens du PQ.

Les circonscriptions les plus chaudement disputées au cours des 10 derniers jours se trouvent essentiellement dans la grande banlieue de Montréal – le 450, qui compte plus que sa part de députés péquistes. (Les députés libéraux, pour la plupart, se retrouvent dans des châteaux forts comme Saint-Lambert ou Vaudreuil).

Presque tous les gains de la CAQ se feront donc aux dépens du PQ. Là où ça compte, c’est à dire en terme de sièges, ça pourrait empêcher le PQ de former un gouvernement majoritaire. Ça pourrait même reléguer les libéraux au troisième rang en termes de sièges, même si nous n’en sommes pas encore là.

Pour les 10 derniers jours de sa campagne, Mme Marois ne peut plus se payer le luxe d’ignorer la CAQ et François Legault. Surtout que, chez les francophones, les libéraux ne sont pratiquement plus dans la course.

Même si elle s’en passerait bien, Mme Marois n’a pas tellement le choix : elle doit commencer à surveiller son rétroviseur.