Billets classés sous « Oscars »

Les Oscars du débat

vendredi 21 mars 2014 à 12 h 06 | | Pour me joindre

Pour me joindre

Twitter:

MCAuger

Même si les débats des chefs sont des événements très sérieux, il n’est pas interdit de les prendre avec un peu de recul et un tout petit peu d’humour. Voici donc les premiers Oscars du débat. Un événement qui ne risque pas de revenir tous les ans…

La meilleure réplique
Pauline Marois : « La seule personne qui a perdu son emploi est Fatima Houda-Pepin. » À Philippe Couillard qui lui demandait combien de femmes perdraient leur emploi à cause de la charte des valeurs.

La meilleure réplique (manquée)
Philippe Couillard : « Et Maria Mourani… » Elle a effectivement été la première femme à perdre son emploi à cause de la charte…

Le plus chanceux
Philippe Couillard : le sort a fait en sorte qu’il n’y a pas eu de face-à-face avec Pauline Marois sur l’éthique, ce qui lui a évité les questions les plus difficiles. Le plus grand danger pour M. Couillard n’était pas tant ses relations avec le Dr Porter ou son départ du gouvernement, mais le Parti libéral du Québec lui-même. Jusqu’à preuve du contraire, ce n’est pas au Parti québécois qu’il y a eu des perquisitions de l’Unité permanente anticorruption, c’est au PLQ. Jusqu’à preuve du contraire, ce n’est pas le PQ qui fait l’objet d’une enquête de l’UPAC sur son financement, c’est le PLQ.

Le plus pugnace
François Legault : deux questions qui ont fait mal à Pauline Marois, l’une sur le nombre d’emplois au Québec, l’autre sur la possibilité de tenir un référendum. Deux moments difficiles pour Mme Marois.

Le meilleur joueur de soutien
François Legault, en soutien au chef libéral. On aurait pu s’attendre à ce qu’il attaque Philippe Couillard parce qu’il perd des voix essentiellement au profit du PLQ. Ça a été le contraire. Il a, dans les faits, travaillé pour Philippe Couillard.

Le silence le plus éloquent
Pauline Marois pour sa petite pause, comme dans : « Il n’y aura pas de référendum [petite pause] tant que les Québécois ne seront pas prêts…»

La phrase la plus assassine dite avec le sourire
Françoise David : « L’intégrité, c’est aussi la cohérence », accusant Pauline Marois d’avoir porté le carré rouge et tapé de la casserole lors du printemps érable pour ensuite décevoir les progressistes.

La question qui va revenir
Les actions de PKP : les trois autres chefs ont insisté sur le fait qu’il était tout à fait insuffisant pour un magnat de la presse comme PKP de conserver son bloc de contrôle dans Québecor dans une fiducie sans droit de regard. Inévitable qu’on y revienne d’ici le 7 avril.

Le rappel utile de la soirée
Les chefs des trois partis d’opposition ont noté que 90 % de la charte des valeurs aurait pu être adoptée avant les élections à l’unanimité de l’Assemblée nationale. Seule la question du port des signes religieux fait débat. Le PQ aura sans doute plus de mal à prétendre qu’il est le seul à vouloir faire adopter une charte.

Le plus mauvais danseur
Philippe Couillard sur la charte des valeurs. Sa position essentiellement légaliste et au cas par cas a semblé difficile à défendre, surtout que M. Couillard ne voulait pas parler des principes dont il s’inspirait.

La suggestion qui devrait être suivie
Pauline Marois à Philippe Couillard : « Les derniers jours n’ont pas été à votre honneur…» faisant référence au niveau de langage du chef libéral qui se voulait plus populiste et qui l’a fait déraper quand il a dit que Mme Marois allait « y goûter ». M. Couillard a reconnu y être allé « un peu fort ».

La plus grande résilience
Pauline Marois : comme première ministre, elle était nécessairement la cible de tous. À la fin de la soirée, elle avait subi bien des attaques, mais elle est restée debout. Et dans le prochain débat, si Philippe Couillard est toujours en tête des sondages, ce sera son tour.