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La question de l’isoloir

Mercredi 5 mars 2014 à 8 h 59 | | Pour me joindre

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MCAuger

Toutes les élections sont, d’une certaine façon, un référendum. Sauf que la question n’est pas déterminée par le gouvernement, mais par les électeurs eux-mêmes quand ils vont voter. Et cette question est rarement celle que l’on prévoyait au début de la campagne.

Au départ de cette campagne, il est certain que le gouvernement Marois aimerait que l’élection devienne une sorte de référendum sur sa charte des valeurs, un projet de loi controversé, mais très populaire dans l’électorat francophone. Assez, pense le Parti québécois, pour lui permettre de former un gouvernement majoritaire.

C’est évidemment un scénario que les partis d’opposition veulent éviter, et ils vont tout tenter pour que cette campagne porte sur d’autres enjeux.

C’est ce qui explique le slogan du Parti libéral qui dit vouloir « s’occuper des vraies affaires ». Un slogan qui peut sembler étrange à première vue, mais qui vise une clientèle bien précise. Des électeurs plus âgés, favorables à la charte des valeurs, mais fédéralistes et aussi préoccupés par les questions économiques. Les « vraies affaires »… en espérant que l’expression ne prenne pas un tout autre sens pendant la campagne électorale.

Beaucoup d’autres enjeux pourraient devenir importants et, peut-être, déterminants au cours des quatre prochaines semaines. Ainsi, les finances publiques du Québec, la possibilité que le déficit soit en train de devenir structurel. Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, veut parler de politique industrielle et de ce qu’il considère comme le triste état de l’économie québécoise. Tout cela peut devenir un enjeu de l’élection.

De même, des crises totalement imprévues peuvent fortement influer sur le cours d’une campagne électorale. Une fermeture d’usine, des mises à pied chez un important employeur ou des salles d’urgences qui débordent peuvent tout à coup faire déraper la mieux planifiée des campagnes électorales.

L’inévitable question de la souveraineté

Et il y a la question de la souveraineté et du référendum. Depuis la fondation du Parti québécois, il y a plus de quatre décennies, toutes les élections ont porté d’une façon ou d’une autre sur la souveraineté, sauf peut-être celle de 1981 quand René Lévesque avait promis que la question ne serait aucunement débattue durant ce mandat.

La question est d’autant plus certaine de devenir un enjeu de la prochaine élection qu’il s’agira de la première fois que le PQ partira en campagne en étant en avance dans l’électorat le plus âgé et en seconde position chez les plus jeunes, tout cela étant, bien entendu, le corollaire de l’appui à la charte des valeurs.

Ce qui signifie qu’il y a, quelque part, un bassin d’électeurs francophones, favorables à la charte, mais plutôt fédéralistes. La capacité du Parti québécois de les retenir et des partis d’opposition de les faire changer d’idée devrait donc être l’enjeu partisan et stratégique de cette élection.