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Une recette qu’on connaît trop bien

Mercredi 8 août 2012 à 12 h 01 | | Pour me joindre

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MCAuger

« Bien que la réduction des impôts des particuliers, notamment ceux des familles de la classe moyenne, demeure un objectif important, la Coalition avenir Québec croit donc qu’un gouvernement responsable se doit, dans des circonstances comme les nôtres, de privilégier le remboursement de la dette. » – Programme de la Coalition avenir Québec
 
Quand on lit le programme de la CAQ, on voit qu’elle reconnaît que la dette du Québec est un problème important d’équité intergénérationnelle.
 
Cette dette, dit le programme de la CAQ, condamne les jeunes générations « à devoir contribuer une part disproportionnée de leurs revenus à payer des services dont ils n’auront jamais pu bénéficier et les privant de la liberté de choix qui devrait être la leur, et ce, dans un contexte o* des défis importants – particulièrement celui du vieillissement de la population – ne feront qu’accentuer le fardeau qu’ils auraient de toute manière à supporter. »
 
C’est vrai. En plus de constituer le troisième poste budgétaire de l’État et de coûter 1100 $ par contribuable chaque année, la dette fait en sorte que l’État québécois – le plus endetté au Canada – n’a, aujourd’hui, pratiquement plus de marge de manoeuvre.
 
Aujourd’hui, le Québec finance sa dette à des taux d’intérêt qui sont proches d’un plancher historique. Mais on peut facilement envisager que, dans un avenir pas si lointain, une hausse des taux fera augmenter le coût du service de la dette de façon importante, forçant ainsi soit des augmentations d’impôt importantes, soit des compressions de services tout aussi draconiens.
 
C’est ce qui explique que le programme de la CAQ faisait du remboursement de la dette une priorité qui devait passer avant les baisses d’impôt.
 
Arrive la campagne électorale et voici que la CAQ propose une baisse d’impôts qui atteindra 1000 $ pour les familles de classe moyenne et qui coûtera 1,8 milliard de dollars au Trésor québécois.
 
Bien sûr, il arrive qu’en période de récession, on prenne le pari d’augmenter la dette pour stimuler l’économie. Et l’un des meilleurs moyens est encore de retourner de l’argent dans les poches des contribuables.
 
Mais la CAQ parle d’une baisse permanente d’impôt, et dont les coûts seront totalement absorbés par une promesse pas vraiment chiffrée d’économies éventuelles à Hydro-Québec, dans la fonction publique et par l’abolition des Commissions scolaires.
 
Comme le diable est toujours dans les détails, il serait important de savoir d’avance combien ces compressions pourraient rapporter. Mais, sur ce point, on devra se contenter des promesses de la CAQ plutôt que de chiffres.
 
C’est, malheureusement, une recette que l’on connaît trop bien. De Ronald Reagan à George W. Bush, les républicains américains nous ont habitués aux baisses d’impôt tout de suite et aux compressions budgétaires plus tard, ou pas du tout.
 
Avec le résultat que, lorsque les présidents Reagan et Bush ont quitté la Maison-Blanche, ils ont tous les deux laissé des déficits record. Pour la simple raison qu’il est beaucoup plus facile de décréter de populaires baisses d’impôts que d’effectuer de difficiles compressions budgétaires.
 
On connaît tellement bien la recette, qu’il est bien étonnant de voir la CAQ tomber dans le même piège.