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La nouvelle donne

Vendredi 3 août 2012 à 18 h 51 | | Pour me joindre

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MCAuger

Difficile de dire si c’est une plus mauvaise nouvelle pour Jean Charest ou pour Pauline Marois. Mais reste que si Jacques Duchesneau rejoint la Coalition avenir Québec, ce sera toute une prise pour François Legault. Un « game changer », comme on dit à Washington.

D’emblée, c’est une grosse tuile pour Jean Charest qui voulait par-dessus tout éviter de parler du dossier de la corruption. Or, la présence de Jacques Duchesneau change nécessairement la donne. On va parler de corruption au cours de cette campagne parce que la personne la plus identifiée à la lutte contre la corruption n’est plus un spectateur. Il est sur la glace avec les autres joueurs.

On ne sait pas si Jacques Duchesneau a encore des révélations à faire, mais il est clair que pendant son témoignage à la commission Charbonneau, il donnait nettement l’impression d’avoir encore des dossiers dans sa mallette.

Mais surtout, on a bien senti que Jacques Duchesneau en voulait au gouvernement Charest qui l’a embauché comme enquêteur anticorruption au ministère des Transports, pour ensuite le congédier en laissant son rapport ramasser la poussière sur une tablette, au point où il s’est senti autorisé de le donner aux médias.

L’effet Duchesneau se fera aussi sentir dans le ton de la campagne libérale. Pas mal plus difficile de parler de loi et d’ordre avec le ton du chef de police, comme Jean Charest le fait depuis quelques jours, quand le chef de police est candidat. Mais pas pour le parti du premier ministre…

Pour le PQ, la nouvelle est presque aussi mauvaise. Que ce soit justifié ou pas, Jacques Duchesneau est largement considéré comme la personne la plus crédible au Québec actuellement en matière de lutte contre la corruption. Le PQ n’a aucun porte-parole qui puisse l’approcher en termes de notoriété ou de crédibilité dans ce dossier.

Cela va surtout nuire à l’argument qui allait inévitablement venir du côté du PQ, soit qu’il fallait « voter utile » et que le seul moyen de mettre fin à la corruption serait d’élire un gouvernement péquiste. Mais, pour cela, il faut que le PQ soit le parti le plus crédible dans ce dossier. Avec l’arrivée de Jacques Duchesneau, ce sera bien plus difficile pour le parti de Pauline Marois.

Évidemment, il y a des risques à la candidature d’une forte personnalité comme celle de Jacques Duchesneau. Il a la réputation — méritée — de ne pas toujours suivre les ordres et d’être un franc tireur. Soit.

Mais c’est surtout après les élections que les fortes têtes risquent de faire faire des cheveux gris à leur chef. En attendant, François Legault a réussi à changer la donne de cette campagne et il gagne d’emblée la course aux candidats vedettes.